Chapitre 14 : Le poids des mots

Par Isapass

Chapitre 14 : Le poids des mots

 

Abzal

 

– Tout cela n’a pas l’air de vous bouleverser ! hurlait Bréol sous le menton de Lancel de Kelm, un doigt pointé vers sa figure comme s’il comptait le lui enfoncer dans une narine. Je pense que vous ne mesurez pas le sérieux de ces… provocations !

– Détrompez-vous, seigneur Matifas, je saisis parfaitement à quel point ces atteintes peuvent vous préoccuper, assura le commandant des pélégris sans un sourire, tandis qu’il levait à hauteur de ses yeux une affiche représentant un homme ridiculement court sur pattes, pourvu d’une tête de fouine, qui se frottait les mains au-dessus de cages pleines à craquer de prisonniers.

Hors du champ de vision de ce dernier, Abzal s’autorisa un sourire mesquin. La caricature était drôle et tout à fait reconnaissable. C’était exactement comme ça que lui-même se figurait Bréol.

Pour une fois que celui-ci ne s’en prenait pas à lui, le régent profitait de la scène en spectateur, partagé entre la jubilation et la jalousie de voir le seigneur de Kelm se moquer à mots couverts de ce petit tyran qui n’entendait pas l’ironie. Lui-même avait renoncé depuis longtemps à le moucher, car il avait beau se préparer à chaque entrevue, il tombait à son grand dam dans tous les pièges et les manipulations retorses de Bréol. Ce dernier devait détenir moins de renseignements compromettants sur Lancel ; ce qui ne voulait pas dire que l’homme était irréprochable. Pour commencer, il avait intégré le Haut-Savoir et s’était élevé jusqu’au rang de Grand-Érudit !

Évidemment, pour Bréol, ce n’était pas un argument en sa défaveur, au contraire, mais ça aurait dû l’être pour beaucoup des seigneurs de Terce qui ne cachaient plus vraiment leur aversion pour le pouvoir en place. Pourtant, de Kelm semblait remporter l’indulgence et la sympathie générale malgré son statut. Abzal avait même surpris l’incorruptible Dame Renaude et la petite Elvire en train de converser avec lui à plusieurs reprises. Pour elles, cependant, il connaissait l’explication : il était bien placé pour savoir qu’une allure avantageuse et de belles manières motivaient bien souvent les amitiés féminines, y compris les plus estimables. Or, le gaillard, en plus de sa finesse d’esprit, était indubitablement doté d’une silhouette et de traits forts plaisants. D’ailleurs, Abzal ne pouvait pas le regarder sans une sensation de familiarité dont il ne parvenait pas à trouver l’origine et cela l’agaçait. Comme l’agaçait tout le personnage, en fin de compte, qui lui rappelait bien trop l’homme encore insouciant qu’il était au même âge pour qu’il ne l’envie pas.

Pour l’heure, il mettait volontiers ce ressentiment de côté pour jouir par procuration de ses répliques à double sens.

– Alors comment se fait-il que vos pélégris n’aient pas encore arrêté les coupables ? fulminait Bréol. Ces affiches fleurissent à travers la ville depuis plus d’une lune, maintenant ! Car il ne s’agit pas uniquement de dessins de mauvais goût ! Certaines portent des inscriptions très irrespectueuses pour notre Ordre, et d’autres incitent carrément à la révolte ! Et ces impudents apposent sur leurs torchons le Selyx des Kellwin !

Le grand prévôt se tourna vers Abzal sur le visage duquel flottait encore un reste de satisfaction gommée trop lentement.

– Ne riez pas, Seigneur Abzal, vous devriez vous montrer offusqué que l’on usurpe ainsi les armes de votre famille ! Et je vous signale que vous aussi, vous avez droit à votre portrait !

Avec une moue sadique, il fouilla dans la pile de parchemins recueillis sur les murs de Terce, de plus en plus fébrile, en vain.

– Pas d’exemplaire, ici, bien sûr… finit-il par grincer. Mais je vous assure que vous y êtes affreux !

Sa tentative pour vexer Abzal tomba à plat, car celui-ci avait eu sous les yeux sa propre caricature et avait justement trouvé que le dessinateur lui avait épargné le ridicule. Il l’avait représenté offrant la clé de Cazalyne aux Érudits tandis que derrière lui, le bûcher mortuaire d’Einold fumait encore. Le régent préféra détourner la conversation, encouragé par l’attitude de Lancel.

– Il me semble avoir entendu une chanson, aussi, non ? demanda-t-il d’un ton faussement candide. Sur un air assez enjoué, d’ailleurs, facile à retenir. Attendez, je crois que je me rappelle le premier couplet :

Mais quel est donc ce mal,

Cette vile moisissure,

Ce curieux animal,

Qui sent la pourriture ?

Un démon à mille bras ?

Un fleuve de limaces noires ?

Une nuée de rats ?

Non, c’est le Haut-Savoir !

Bréol le dévisagea avec un air atterré, mais avant qu’il puisse exprimer le fond de sa pensée, le seigneur Lancel intervint en s’adressant à Abzal par-dessus sa tête.

– Oui, c’est ça, approuva-t-il en réfléchissant avec le plus grand sérieux comme s’il tentait de résoudre un problème de logique ardu. Le second couplet fait :

Dans nos rues, nos chemins,

Au détour des sentiers,

Habillés en sapin,

Prêts à nous malmener,

Ils rampent et se propagent

Les vilains pélégris

Dépourvus de visage

Et dépourvus d’esprit !

Sur un regard de connivence que le grand prévôt ne vit pas, Abzal joignit son timbre de baryton au ténor de Lancel. Ils enchaînèrent :

Drapés dans leur cuir vert

Et dans leur arrogance,

Sans bouger leurs derrières

Confits de bien-pensance,

Les Maîtres-Érudits

S’arrogent l’autorité

De concéder la vie

Ou de la retirer.

– Assez ! aboya Bréol en postillonnant, la joue agitée d’un tic nerveux sous ses yeux écarquillés. Seigneur Lancel, je veux que vos pélégris débarrassent la ville de toutes les affiches ! Et bien entendu, tous ceux qui seront surpris à coller le moindre parchemin doivent être arrêtés !

Tremblant et rougeaud, il pointait le doigt sur la poitrine du commandant qui lui opposait toujours son visage impassible. Abzal ne résista pas à la tentation de siffloter quelques mesures de la chanson.

– Ainsi que tous les joyeux drilles qui trouveraient plaisant de chanter cette horreur ! ajouta Bréol d’une voix qui atteignait des hauteurs dangereuses.

– Seigneur Matifas, répondit Lancel, je peux effectivement honorer vos souhaits et ordonner à mes troupes de nettoyer les murs, mais j’aurais tendance à penser que la priorité devrait aller à l’enquête sur le vol commis à l’armurerie de la porte de Correuse, ainsi qu’à celle concernant la libération des prisonniers du faubourg des Corneries.

Les joues de Bréol s’ornèrent d’une teinte qui tirait vers le pourpre, ses yeux se révulsèrent et il sortit du cabinet royal à grands pas sans répondre, les bras battant au rythme de la marche.

Après un instant de silence, Lancel de Kelm s’autorisa enfin un demi-sourire à l’adresse du régent, puis s’inclina avant de sortir à son tour.

Abzal s’installa devant sa table avec un soupir d’aise. Il n’avait pas passé un aussi bon moment depuis longtemps. Son seul regret concernait le dernier couplet de la chanson que les hurlements de Bréol les avaient empêchés d’entonner. Quel dommage, c’était son préféré ! Rien ne l’obligeait à s’en priver, à présent, songea-t-il en se mettant à chantonner, le sourire aux lèvres :

Parmi tout ce beau monde

Celui qui les domine

Plus vicieux, plus immonde,

C’est Bréol-la-fouine.

Ce petit coq dressé

Tout droit sur ses ergots

N’aura pourtant jamais

Plus de trois pieds de haut !

Un rire joyeux s’échappa de sa gorge. Il aurait volontiers remercié l’auteur de la chanson, d’autant que celui-ci n’avait pas jugé utile de le mentionner.

 

***

 

Themerid

 

Le jeune homme fit jouer ses doigts pour soulager ses articulations engourdies, puis se leva pour déposer les feuillets à côté d’Odile de Bazas.

– Je vous apporte encore de l’ouvrage, Madame, dit-il avec un sourire d’excuse.

– Tant mieux ! répondit-elle. Si vous saviez comme je savoure le simple fait de me servir d’une plume, vous abandonneriez cet air coupable, Prince ! Alors qu’avons-nous là ? Oh, mais c’est le dernier couplet de la chanson !

Elle s’éclaircit la gorge et lança sa voix claire sous les voûtes de la cave sans se laisser perturber par les regards qui se tournèrent vers elle :

Qui peut bien être l’homme

Qui a ainsi livré

En pâture le royaume

À ces dégénérés ?

C’est le régent félon

Qui se terre aux Cimiantes

En quêtant le pardon

De son frère qui le hante !

Des rires grinçants et des applaudissements saluèrent le dernier vers, puis chacun retourna à son ouvrage.

– Je n’ai pas réussi à y mettre autant d’ironie que dans les autres…, remarqua Themerid avec une moue contrariée.

– C’est parfait, Prince ! répliqua Dame Odile. Celui-là aussi va faire fureur dans les rues de la ville ! Vous avez bien constaté les réactions parmi nous, déjà !

Elle désigna d’un geste circulaire la salle voûtée qui fourmillait d’activité. Autour de la table, une dizaine de personnes copiaient avec application les textes qu’il avait écrits sur de grands rectangles de papier. Un jeune homme reproduisait des caricatures grâce à un ingénieux dispositif qui traçait d’un côté au charbon les traits qu’une pointe suivait de l’autre. Themerid avait insisté sur la nécessité de s’adresser aussi à ceux de ses sujets qui ne savaient pas lire. Un artisan graveur qui avait rejoint les rangs des résistants exécutait les portraits ou les scènes imaginées par le prince et par Warin d’Erens. Plus loin, Conrad et quelques hommes entassaient les armes récemment dérobées à l’Ordre. Dans tous les coins s’empilaient vêtements, papiers, pièces d’équipements militaires, également stockés dans d’autres caves et entrepôts de Terce.

– C’est un succès, Prince, s’écria l’Hiverinien en s’approchant de Themerid. Les recrutements augmentent grâce à vous ! Bientôt, nous pourrons mener de nombreuses attaques contre les pélégris, comme celles de la prison de la porte de Correuse et celle du dépôt d’armes. Et notre réseau s’agrandit dans les provinces voisines !

– Excellente nouvelle, Seigneur Conrad. Si seulement je pouvais me déplacer en personne à travers Cazalyne et parler de vive voix…

Le géant tordit la bouche en un pli que son visage ravagé rendait difficile à lire.

– Je comprends votre impatience, mais je pense que c’est trop tôt pour entreprendre ça de manière sûre. Nous ne voudrions pas vous perdre. Bien sûr, si vous décidez de partir quand même, je vous accompagnerai pour assurer votre sécurité, Prince, mais je vous le déconseille.

– Vous avez raison, Seigneur Conrad, je ne peux accaparer toute une escorte alors qu’il y a tant à faire. Si nous pouvions trouver des solutions pour nourrir le peuple, cela vaudrait toutes les affiches et tous les discours…

L’image de la rebouteuse qui les avait fait naître, Venzald et lui, s’imposa brusquement à son esprit. Pourquoi ? Quel rapport avait-elle avec la famine ? La seule fois où il l’avait rencontrée, c’était lorsque Dame Renaude les avait emmenés jusqu’au Marais-aux-Saules pour interroger Ensgarde sur la mort de leur mère. Juste avant qu’ils partent avec le roi. Celui-ci les avait autorisés à l’accompagner, en récompense de la bonne idée qu’ils avaient eu de compenser les pertes en blé par…

– L’albrui ! s’exclama-t-il en faisant sursauter son interlocuteur. Vous m’avez bien dit que vous aviez commencé des négociations avec l’Ostreterre, avant que l’Ordre tente de vous tuer ? Pensez-vous que vous pourriez renouer avec vos contacts ?

– Bien sûr ! La plupart des Hiveriniens me sont restés fidèles, ils m’aideront à passer la frontière et à organiser l’acheminement !

L’œil unique du colosse s’éclaira et il asséna sur l’épaule du prince une claque à lui faire ployer les genoux.

– Il y avait tant à faire ici que je n’ai pas pensé à l’Ostreterre. Votre idée est excellente, Sire !

Conrad n’avait pas remarqué son lapsus et se lançait déjà dans la préparation de son voyage clandestin. « Sire »… Le titre flattait Themerid, mais il était bien lourd à porter. Est-ce qu’un jour il s’en sentirait digne ? Ce qu’il accomplissait ici lui semblait tout juste suffisant pour racheter l’inaction et la couardise qu’il avait montrées depuis son réveil… Peut-être qu’il était venu aux lèvres de l’Hiverinien parce que Themerid avait dix-sept ans depuis quelques jours ? L’âge d’être couronné…

Abzal avait annoncé quelques jours auparavant aux habitants de Terce, depuis l’esplanade des Cimiantes, que selon le décret d’Einold et le Conseil des maîtres-juristes, aucun des princes ne pouvait régner seul tant qu’ils étaient vivants tous les deux. La régence était prolongée jusqu’au retour de Venzald ou jusqu’à la preuve de sa mort. L’auteur de la lettre anonyme avait donc vu juste.

Themerid fut tiré de ses réflexions par l’irruption dans la salle souterraine de Flore, d’Elvire et de Warin qui arrivaient des Cimiantes. Les deux jeunes filles se précipitèrent sur lui. Elles semblaient bouleversées.

– Regarde ce que nous avons trouvé dans nos appartements, dit Flore en lui tendant un pli semblable à ceux qu’il avait reçus dans sa chambre. Vous aussi, lisez, Seigneur Conrad.

« Le Haut-Savoir prétend enfermer les enfants de Terce pour leur éducation, mais la nuit, ils ouvrent les portes de l’école des filles du peuple aux pélégris qui s’en servent de bordel. Est-ce que les Érudits se réservent celle des filles de la noblesse pour le même usage ? »

Un grondement sourd, comme celui d’un louble prêt à l’attaque, émergea de la gorge de Conrad lorsqu’il eut parcouru le billet.

– C’est immonde… souffla Themerid les yeux encore fixés sur la lettre qui tremblait dans sa main.

Il imagina les soldats masqués qui se faufilaient en riant dans les dortoirs pour tirer les jeunes filles de leurs lits, la terreur, les suppliques, les chemises retroussées ou déchirées sur les jambes nues, la violence… Toutes ces enfants avaient les traits d’Elvire, ou de Flore. Ou même d’Alix. Une douloureuse nausée lui remonta dans la gorge.

 Odile de Bazas, qui avait lu par-dessus son épaule, poussa un cri rauque.

– Est-ce que c’est vrai ? Est-ce que c’est possible ? demanda-t-elle en secouant le bras de Conrad. Ma fille, Magda, elle est enfermée là-bas !

– Il faut intervenir, les libérer ! s’écria Flore dont le visage affichait une colère brûlante.

L’Hiverinien baissa les yeux.

– Je suis aussi ébranlé que vous par cette idée, mais nous ne sommes pas assez nombreux.

Il se tourna vers Themerid.

– Bien sûr, Prince, c’est à vous de décider. 

Surpris, Themerid ouvrit la bouche pour protester, mais il s’interrompit. Conrad avait raison, c’était bien à lui que revenait le choix d’envoyer des hommes à la mort pour tenter de sauver ces innocentes victimes ou de les laisser souffrir encore. Face à lui, Flore et Dame Odile guettaient son verdict, le visage résolu et les yeux mouillés de larmes.

– On ne peut pas attendre que ses filles continuent à se faire violer, Themerid ! gronda Flore. Nous devons les tirer de là, comme nous devons délivrer plus de prisonniers, évacuer les bouchevreux de Terce !

– Demoiselle, intervint Conrad, je vous ai dit que je cherchais une solution, pour ces gens. Nous les aiderons à quitter la ville.

– Mais quand ? cria Flore. Combien de temps passerons-nous encore à peindre des affiches au lieu d’agir ?

Le regard rivé aux yeux de Themerid, elle le mettait au défi de faire le bon choix. Encore une fois, l’image des uniformes verts sur le blanc des chemises de nuit lui arracha un frisson. Il inspira, sidéré par ce qu’il allait faire : il allait ordonner que des hommes se sacrifient…

– Attends ! intervint Elvire, restée jusque là en retrait. Il y a une solution qui éviterait des morts.

N’eût été l’assemblée autour d’eux, Themerid l’aurait embrassée.

 

***

 

Elvire

 

Le visage du seigneur Lancel se crispa en virant au gris.

– Vous en êtes sûre ? D’où tenez-vous cela ?

– Je ne peux pas vous le dire, répondit Elvire d’un ton grave, mais l’information mérite d’être vérifiée, non ?

C’était la première fois qu’elle le voyait se troubler. Il jeta un regard chargé de honte vers la caserne, au fond de la grande cour, et déglutit comme si un os s’était coincé dans sa gorge. Puis il redressa les épaules et sourit à la jeune fille.

– Je vais prendre immédiatement des mesures en ce qui concerne les pélégris. Quant aux Érudits, ce sera moins facile pour moi, mais je me débrouillerai pour que les hommes qui gardent les écoles soient triés sur le volet et empêchent ces horreurs. Je ne peux malheureusement pas libérer ces enfants, mais je vous assure que je vais faire en sorte qu’elles ne subissent plus aucuns sévices.

Son visage s’adoucit lorsqu’il se pencha pour attraper la main d’Elvire qui rosit aussitôt.

– Vous avez bien fait de venir me trouver, dit-il, les yeux fixés sur les prunelles vertes. Nos entraînements me manquent, savez-vous ? Chaque matin j’espère vous rencontrer dans la salle d’armes, en vain.

– C’est que… je dors mal, en ce moment, et je ne parviens pas à me lever assez tôt.

Elle était surtout debout toute la nuit, au quartier général de la résistance et ne se couchait qu’à l’aube. Mais bien sûr, elle ne pouvait le lui dire même si elle en mourait d’envie. Tout en elle lui soufflait qu’il n’y avait rien à craindre de cet homme, malgré son appartenance à l’Ordre. Il devait y avoir une raison qui expliquait cette contradiction.

Lancel s’inclina, puis se dirigea à grands pas vers la caserne.

 

Avec la satisfaction du devoir accompli, Elvire s’engouffra dans l’escalier en colimaçon de la tour Sylvestre pour rejoindre ses appartements, afin de raconter à Flore son entrevue avec le seigneur Lancel. Elle voulait la rassurer au plus vite sur le sort des filles. Malheureusement, elle savait que ça ne suffirait pas à lui rendre le sourire. Depuis la disparition de Johan, Flore était dévorée par l’angoisse, persuadée que le jeune homme croupissait en prison ou pire, qu’il était mort. Pourtant, le réseau d’informateurs de la résistance n’avait récolté aucun renseignement confirmant ces sombres hypothèses. Johan était sans doute sorti de Terce à présent. Elvire voulait y croire en tout cas, mais sa sœur paraissait ne jamais pouvoir se tranquilliser tant que Johan ne se trouverait pas sous ses yeux, vivant et sauf. Aussi s’agitait-elle en tous sens, imaginant des attaques pour délivrer tous les prisonniers de la ville ou redresser les injustices du Haut-Savoir, harcelant le seigneur Conrad pour qu’il les organise et rabrouant quiconque voudrait l’empêcher d’y participer. Elle avait d’ailleurs pris part à celle de la prison des Corneries, mais l’absence de Johan parmi les libérés l’avait replongée dans ses ruminations. À bout de nerfs, elle avait ensuite exigé de Themerid qu’il trouve le jeune valet grâce à ses dons. Voyant sa fébrilité, le prince avait accepté d’essayer, mais son cœur menaçait toujours de lâcher chaque fois qu’il utilisait ses pouvoirs et d’après Aénor, les visions étaient ce qui demandait le plus d’énergie. L’expérience avait failli le terrasser, pour un résultat nul. Flore l’avait remercié d’une voix amère avant de s’enfermer dans sa chambre pour fomenter quelque nouveau plan à soumettre à Conrad. Il semblait qu’elle n’aurait de cesse qu’elle n’ait rasé la capitale.

Après avoir refermé derrière elle la porte palière, Elvire distingua une silhouette au bout du couloir mal éclairé, devant l’entrée de ses appartements. Quand elle s’approcha, elle reconnut avec surprise le profil pointu du grand prévôt. Il s’apprêtait à frapper, mais le bruit de ses pas lui fit tourner le cou vers elle et suspendre son geste. Il se dirigea alors vers elle en lissant sa veste de cuir, le visage affublé d’un sourire qui, s’il se voulait aimable, ne réussissait qu’à paraître peu naturel.

– Demoiselle Elvire, salua Bréol en s’inclinant. Je suis ravi de vous trouver. C’est justement vous que je souhaitais voir.

Mal à l’aise — sans parler de sa fonction au sein de l’Ordre et de sa probable responsabilité dans les exactions subies par le peuple, le physique de petit carnassier de l’homme lui avait toujours tiré des frissons —, la jeune femme esquissa une révérence tremblante. De quoi voulait-il lui parler ? L’avait-il vue sortir du château, la nuit ? Avait-il eu vent de ses entraînements dans la salle d’armes ? Allait-il la punir ? Par quel moyen ?

Le seigneur Matifas s’éclaircit la gorge, accentua son sourire crispé, puis désigna une banquette sous la fenêtre du palier.

– Prenons un siège, voulez-vous ? Je… autant s’installer confortablement pour cette discussion.

Était-il donc… gêné ? De plus en plus inquiète, Elvire obtempéra. Le grand prévôt s’assit près d’elle — beaucoup trop près —, puis regarda le bout de ses bottes en s’éclaircissant la gorge avant de se lancer dans un flot exalté.

– Demoiselle, vous êtes sûrement consciente de vos attraits. Votre beauté un peu sauvage, la fraîcheur de vos traits, votre jeune corps vif… Sachez que je... ne suis pas insensible à vos charmes.

Elvire en oublia de respirer. Elle aurait tout imaginé, sauf ça. Cet homme, qui passait ses journées à distribuer la mort ou la torture, lui parlait de ses charmes ? De son corps ? Ses genoux se serrèrent sur ses doigts joints pour réprimer leur tremblement tandis qu’il se penchait vers elle, comme attiré par un aimant. 

– Je compte demander votre main au seigneur Godmert, poursuivit Bréol, le regard toujours fixé au sol, mais je souhaitais vous faire part de mes projets en premier lieu. J’aimerais que nous fassions mieux connaissance avant le mariage. J’ai l’impression que vous êtes dotée d’une forte volonté, mais je ne doute pas d’être en mesure de dévoiler la sagesse sous votre charmante indiscipline. Qu’en dites-vous ?

Il redressa la tête sur ces derniers mots et Elvire sursauta presque en découvrant ses traits. L’expression empruntée, mélange d’audace et de maladresse qui aurait sans doute paru émouvant sur beaucoup de jeunes hommes attendant le verdict de leur dulcinée, devenait effrayante sur son visage cruel. Les yeux brillants, les joues rosies en accentuaient la dureté et la laideur. Il avait l’air d’un fou. Un fou très dangereux.

Elvire était si saisie par la peur et le dégoût qu’elle fut incapable de feindre un autre sentiment. Bréol se leva tout à coup comme si elle l’avait giflé et son visage retrouva son teint et sa sévérité habituels.

– Je vois, laissa-t-il tomber avec une moue amère. Je vous conseille cependant de prendre le temps de la réflexion. Pensez à votre père qui vient d’être nommé ministre. À votre sœur aînée dont je ne tolère le regard trop clair que par égard pour vous. Et à votre présence en ces murs plutôt qu’à l’école des filles où vous devriez vous trouver sans ma magnanimité. Ne vous figurez pas que ces privilèges vous sont acquis, je pourrais facilement les annuler.

Incapable de réagir, Elvire le regarda s’éloigner vers la porte en serrant les poings, redressé de toute sa petite taille. La main sur la poignée, il se ravisa, revint vers elle, enferma son menton dans une poigne de fer et pressa durement ses lèvres sur les siennes. Il voulut faire durer le baiser, Elvire sentit sa langue qui tentait de se faufiler vers la sienne, mais elle parvint à détourner la tête.

– De toute façon, vous serez mienne, siffla-t-il. À vous de voir si vos proches en pâtiront ou pas.

Tremblante de la tête aux pieds, Elvire frotta avec force ses lèvres et sa joue humides de salive. Elle regagna sa chambre en s’appuyant aux murs. Flore ne s’y trouvait pas, heureusement. Elle s’assit dans un coin, les bras autour des genoux, et laissa ses larmes couler pour évacuer sa peur.

 

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Luna
Posté le 28/01/2021
Coucou Isa !

Haha ! La chanson m'a fait mourir de rire ! Elle est vraiment bien écrite, je l'entendais dans ma tête ;) sacré Themerid ! Ça fait plaisir de le voir en forme et prêt à prendre les rênes.

Bon, en tout cas, moi, quoi qu'en disent les autres, le Lancel je le sens toujours pas, hein. Même s'il se moque ouvertement de Bréol, y'a quelque chose qui me revient pas. Tout le monde tombe sous son charme un peu trop vite. Même Abzal l'admire dans une certaine mesure.

Oh la la c'est terrifiant ces révélations sur les jeunes filles ! Je savais bien que l'autrice sadique n'était pas très loin, tu nous as fait rire, mais maintenant on retourne dans du glauque xD et ce Bréol vis-à-vis d'Elvire, mais mon dieu. Si c'était le dégoût que tu cherchais à susciter chez tes lecteurs, c'est bon, c'est atteint grâce à ce personnage xD

Juste une petite remarque, mais vraiment je chipote : Themerid a l'idée de faire venir l'albrui en repensant à sa rencontre avec Ensgarde. J'ai trouvé ça un peu bizarre que ce soit elle qui s'impose à son esprit. Pourquoi pas le souvenir du voyage ? Du coup je me suis mise à soupçonner Ensgarde de quelque méfait, la pauvre xD

Autrement c'est un très bon chapitre que je me suis régalée à lire ! J'ai adoré découvrir les coulisses de la résistance et j'ai hâte de voir comment elle va évoluer.
Isapass
Posté le 28/01/2021
J'ai pris plaisir à écrire la chanson, mais aussi la scène ! Il faut dire que j'ai fait de Bréol un personnage tellement abject (oui parce que ça ne s'arrange pas par la suite), que moi aussi je le déteste XD Ca t'a peut-être fait ça avec Malgorn ?
Héhé, j'aime que les avis soient partagés sur Lancel ;)
Ah oui, j'ai repris ma bannière auteure sadique pour les prochains chapitres, j'avoue. Surtout ceux qui se passent à Terce (avec un point culminant au niveau du 18, je préfère te prévenir).
Je note pour ta remarque. Le pire, c'est qu'en relisant le chapitre (je relis en même temps que toi), je me suis fait la même réflexion : le lien n'est pas très évident. Je pense que je modifierai. Donc tu peux arrêter de soupçonner Ensgarde XD
Je vais répondre à ton comm suivant ;)
Luna
Posté le 31/01/2021
Oups, je me rends compte que j'avais oublié de te répondre ici xD tête en l'air un jour, tête en l'air toujours !

Je comprends exactement ce que tu veux dire sur Bréol et ton côté auteure sadique maintenant que j'ai lu le chapitre 18 (j'en ai encore des frissons d'horreur xD)

De mon côté, pour Malgorn c'est un peu différent je pense, dans la mesure où, s'il est vraiment abject lui aussi, sa véritable motivation est liée à son histoire personnelle et notamment à une personne qui était extrêmement proche de lui. Malheureusement je n'ai pas encore réussi à le faire transparaître (je suis en train d'essayer d'appuyer l'idée sur ma réécriture, qui prend décidément des plombes ^^'). Mais comme Bréol, Malgorn ne va pas s'arranger par la suite dans le tome 2, au contraire xD mais bon il y aura aussi d'autres méchants, il faut bien varier un peu.
Notsil
Posté le 27/06/2020
Oh la la, Elvire ! Tu es mal barrée ma cocotte :( Depuis tout ce temps qu'on les voit à peu près libres, on avait oublié qu'elles étaient en âge d'êtres mariées.... ça craint :(

Bon, Bréol au début... que ça faisait plaisir de le voir être ainsi remis à sa place par Lancel :) Ou alors il a vu que Lancel s'intéressait à elle et du coup, il la lui pique ? Non, il avait l'air "sincèrement" intéressé (j'arrive pas à dire amoureux ^^).

"D’ailleurs, Abzal ne pouvait pas le regarder sans une sensation de familiarité dont il ne parvenait pas à trouver l’origine et cela l’agaçait."
-> Ah ah, le rappel avec Albérac, hein ? ^^

Bien vu qu'on ait un rappel de la Loi sur la succession. Pas de bol, faut que les 2 soient là... je me demande si celui qui tire les ficelles n'aurait donc pas prévu exprès de les séparer pour prolonger la régence... et je ne sais toujours pas qui a fait le coup, tiens...

" Le Haut-Savoir prétend enfermer les enfants de Terce pour leur éducation, mais la nuit, ils ouvrent les portes de l’école des filles du peuple aux pélégris qui s’en servent de bordel. Est-ce que les Érudits se réservent celle des filles de la noblesse pour le même usage ? "
-> Ouille la révélation qui fait mal !! L'horreur de la situation des gamines, et toute une génération traumatisée.... ouch.

"Il semblait qu’elle n’aurait de cesse qu’elle n’ait rasé la capitale."
-> j'ai du mal avec cette phrase, comme il manquait des mots ou un souci dans la tournure ?

" Je compte demander votre main au seigneur Godmert"
-> S'il dit oui, je le trucide.

Bon, Bréol et ses menaces, ses attouchements forcés.... je veux qu'il meure :( et vite.

Pauvre Elvire. Va-t-elle seulement oser en parler ?
Isapass
Posté le 29/06/2020
Ca commence à sentir mauvais pour Elvire, en effet :)

"je me demande si celui qui tire les ficelles n'aurait donc pas prévu exprès de les séparer pour prolonger la régence... " : très bien vu !

""Il semblait qu’elle n’aurait de cesse qu’elle n’ait rasé la capitale."
-> j'ai du mal avec cette phrase, comme il manquait des mots ou un souci dans la tournure ?" : en fait, la syntaxe est bien correcte, mais tout le monde à tiquer dessus, donc je crois que je ne la garderai pas ;)

Bon, tu as vu que Godmert n'a pas du tout dit oui pour Elvire ;) Il aime ses filles, le papa !
Sorryf
Posté le 05/05/2020
Coucou Isa ! je vais essayer de rattraper tout tes chapitres aujourd'hui (pas de promesse). Je comptais te laisser un seul grand com tout à la fin, mais purée j'étais obligée de réagir à cette magnifique chanson ! Abzal et Lancel qui chantent ensemle, c'était magique *v* j'arrêtais pas de rigoler ! (et maintenant c'est euxx que je shippe xD)
Après, j'ai encore plus rigolé a imaginer Themerid et Warin bosser sur les paroles et la mise en scène omg ! ça travaille dur a ce que je vois ! (je dis ça, mais je pense que oui, une chanson peut faire du mal)
Lancel, je suis amoureuse de lui ! quel homme ! Cela dit j'ai eu une petite angoisse, a le voir se moquer du haut savoir dont il est pourtant un membre haut placé... c'est quand meme troublant, je pense qu'il est gentil, mais si par malheur il est méchant, et ben un méchant capable d'auto-dérision ça me parait encore plus dangereux qu'un méchant normal.
Après par contre je rigolais nettement moins, avec les viols, et la demande en mariage d'Elvire T.T

Petit détail : je pensais que Warin était loin, ça avait l'air d'être toute une expédition pour y aller. J'ai été surprise que Elvire soit de nouveau au chateau juste comme ça. Ils font des allers retours régulièrement ? tous les jours ? et tous ? Peut-être que ce serait bien de préciser un peu ça, si tu as une opportunité.

Voila, j'essaie d'aller vite, c'est toujours aussi bien ! Et je suis impressionée que t'aies avancé de tous ces chapitres ! bravo ! je vais me régaler !
Isapass
Posté le 06/05/2020
Aaaaaaaaaaaah tes commentaires me manquaient trop !
Oui je me suis bien éclatée à écrire cette scène avec Lancel et Abzal qui se font leur petit délire tandis que Bréol pète les plombs.
Noooooooon, pas Lancel et Abzal, quand même ! XD Ca marcherait pas parce que Abzal est un peu jaloux de Lancel, ça serait déséquilibré comme relation...
Warin et Themerid en train d'écrire des chansons ensemble et de faire des mimes... tout à coup, j'ai eu une vision très nette de Tac et moi quand on fait la Valise à PAnelés, tiens...
C'est marrant que Lancel déchaîne autant les passions, parce que finalement, je n'en dis pas énormément, sur lui.
Je suis complètement d'accord avec toi : un méchant qui a du second degré est à mon avis beaucoup plus dangereux que ceux, comme Bréol, qui n'en ont aucun. Alors, Lancel en fait-il partie ?... L'avenir le dira !
Bon, pour la suite, je trouvais qu'on avait un peu trop rigoler, et que ça manquait un peu de drame. Du coup j'en ai remis une petite couche, pour être sûre...
Pour ce qui est des trajets entre le château et le repaire des résistants, en effet, ils doivent traverser une partie de la ville, en évitant les pélégris. Mais comme tout se passe là-bas et qu'au château, ils sont surveillés et ne peuvent pas faire grand chose, ils y vont souvent, en effet. Je peux développer un peu plus.
C'est vrai que j'avance pas mal, en ce moment, oui. Du coup, ma pauvre, je t'ai imposé un marathon de lecture pour rattraper ! C'est très sympa d'avoir tout lu en une fois !
Jowie
Posté le 26/04/2020
Wow ! Je vois que tu as été fort productive ! J'ai 4 chapitres à rattrapper; c'est parti pour le marathon, 3,2,1, go !

Oh, intéressant, Abzal est jaloux de Lancel et est très concient de l'effet de ce dernier sur son entourage... ça promet quelques tensions !

J'ai adoré le petit chant entonné en choeur par Lancel et Abzal avec Bréol qui se retient d'exploser juste à côté xD C'est un moment tellement absurde, ils chantent une chanson qui dénigre leur Ordre tout en s'amusant; c'était très bien trouvé ! Comme quoi, certains se délectent d'être détestés... Et le dernier couplet qui se moque de Bréol, épique! Je le plains un chouïa, ça doit être dur de ne pas être pris au sérieux du tout...
Mais ça devient encore mieux quand on comprend qui est l'auteur des chansons :D Je trouve amusant d'imaginer tous ces guerriers viser les pélegris en gribouillant des caricatures depuis des sous-sols !
À cause de ma mémoire de poisson, j'ai eu un blanc : qui est Dame Odile, déjà ?

Si le début était plutôt joyeux, le reste du chapitre m'a horrifiée : les viols de ces pauvres filles enfermées dans ses écoles, la menace qu'il arrive de même aux jeunes nobles et visqueux Bréol qui veut s'approprier Elvire et qui lui fait des avances justes horribles ! Je suis révoltée ; je veux que ce système malsain s'arrête et que le Haut-Savoir dégage une fois pour toutes ! (voilà, c'était le coup de gueule de la soirée) J'ai peur pour tous les personnages maintenant !

Je ne sais toujours pas quoi penser de Lancel. On dirait que l'opinion d'Elvire lui tient à coeur, mais ça m'étonnerait – même s'il le voulait – qu'il puisse améliorer la sécurité des filles dans les écoles juste comme ça. Ça me semble un peu facile et du coup, je suspecte qu'il ne dise ça que pour rassurer Elvire...

Remarques:

“assura le commandant des pélégris sans un sourire, tandis qu’il levait à hauteur de ses yeux une affiche représentant un homme ridiculement court sur pattes, pourvu d’une tête de fouine, qui se frottait les mains au-dessus de cages pleines à craquer de prisonniers. “ à mon avis, cette phrase est un peu longue. Je couperais la phrase en deux par exemple après sourire, puis reprendre plus bas avec : “Il leva (ou levait) à la hauteur de ses yeux, etc”

“Comme l’agaçait tout le personnage, en fin de compte, qui lui rappelait bien trop l’homme encore insouciant qu’il était au même âge pour qu’il ne l’envie pas. “ → le “pour qu'il ne l'envie pas” me semble de trop ici, je trouve qu'il rend la phrase un peu confuse

plus aucuns sévices. → aucun sévice
Isapass
Posté le 26/04/2020
Oui, je t'ai laissée sans rien à lire le weekend dernier, alors j'ai voulu me rattraper cette semaine ;) C'est vrai que je carbure pas mal en ce moment, mais moins les semaines où j'ai mes enfants, donc j'ai pris de l'avance :)
Je me suis beaucoup amusée, en effet, à écrire la scène où ils chantent, avec Bréol qui pète les plombs au milieu ! J'aime bien ridiculiser Bréol, mais il reste qu'il est très dangereux et haut placé...
Alors Dame Odile, ce n'est pas très grave si tu ne te souviens pas d'elle, elle n'a vraiment pas un rôle très important. Dans le tome 1, quand il y a le bal pour fêter les quinze ans des princes, ils rencontrent une jeune fille (Magda) et sa mère, charmantes toutes les deux, avec ils discutent un moment. Elles sont d'une famille récemment anoblie qui est difficilement acceptée par le reste de la noblesse. Eh bien Odile, c'est la mère. Si ça ne te revient pas, ce n'est pas grave.
L'histoire des pélégris qui vont violer les filles dans les écoles, c'était aussi pour mettre en évidence le décalage entre la "bien-pensance" affichée par le Haut-Savoir et ce qui se passait en pratique. Ça c'est un truc qui m'a toujours fait bouillir : l'hypocrisie des idéologies conservatrices qui prônent des valeurs hyper strictes et droites, mais qui se permettent des débordements immondes.
Tu as peur pour tous les personnages ? Mais parfait ! C'est exactement ce que je veux ! Et tu crois que je n'ai pas peur pour Eléonara, Agnan et Sgarlaad, et Melvine, moi, quand je te lis ?! XD
En ce qui concerne Lancel... comme j'avais déjà exploité le potentiel d'Abzal dans le tome 1, il me fallait un autre personnage ambigu, héhé !
Bien noté pour tes remarques !
Je file voir tes autres commentaires.
Tac
Posté le 20/04/2020
Salut Isa !
Tu remarqueras que j’ai fait mon com à l’envers (je suis repartie dans mes mauvaises habitudes de faire mes coms au fil de ma lecture donc ce sont des réactions « en live ». Le plus global est à la fin.
Abzal qui fait de Lancel son alter ego c’est incroyable. C’est « marrant » parce qu’il est si jaloux que ça en fait ressortir sa mysogynie : « une allure avantageuse et de belles manières motivaient bien souvent les amitiés féminines ».
Isa, as-tu mangé un clown ? ça fait trois-quatre chapitres où c’est drôle !
Dans le deuxième segment de la chanson, je trouve que c’est dommage la répétition de « dépourvu ». Quand je la lis à haute voix, même si je crois voir ce que tu as voulu faire, de mon très humble point de vue absolument personnel, je trouve que ça coince et je prônerais l’abandon de la répétition. (je répète si besoin est : attends de voir les autres commentaires ! ne prends pas mon avis subjectif comme argent comptant ! (ça serait cool si mon avis fournissait de l’argent ceci dit))
Je trouve ça quand même étrange qu’Abzal ne soit pas mentionné dans la chanson. Il me fait rire cependant à être toujours soulagé de ne pas être la cible des pires moqueries, le mec trouve toujours un moyen de flatter son amour-propre – ou ce qu’il en reste. Je suis aussi étonnée que les gens savent aussi bien que c’est Bréol qui tire toutes les ficelles.
J’EN ETAIS SÛRE ! J’EN ETAIS SÛRE QUE C’ETAIT EUX LES AUTEURICES ! Ah ! j’ai ma réponse concernant ma question sur l’absence de mention d’Abzal. Tu as dû bien d’amuser avec tes vers de 6 pieds et tes rimes sautées ( je ne sais plus quel est le terme exact, j’ai décidé de les rebaptiser ainsi). Mais du coup Thémérid et les filles font les allers-retours fréquents entre les CImiantes et la planque des résistant.es ? personne ne remarque leur absence ? ça me paraît bien dangereux…
Isa. Ce n’est parce que je te fais part d’absolument toutes mes craintes quant à ton histoire que tu dois réaliser mes pire scénarios. Ce n’est pas bien. Je ne suis pas d’accord. Laisse ces petites filles tranquilles.
Je croyais que l’auteurice des lettres anonymes c’était les résistant.e.s ! Mon cerveau avait dû faire un raccourci…
Allléluia Elvire a un cerveau ! Comme d’hab, ce sont des personnes de genre non masculin qui trouvent les meilleures solutions !
Maintenant que tu m’as si aimablement rappelé l’âge de Lancel, j trouve que c’est si glauque entre eux ! c’est affreeeeeeeux
Cette affaire de tours, qui ont toutes des noms, je trouve que c’est bien parce que ça ancre bien le récit. Je regrette même que tu n’en ai pas parlé plus tôt, en fait, jusque dans le T1 où y a quand même pas mal de moments adns le château (avec Einold and co).
« Il semblait qu’elle n’aurait de cesse qu’elle n’ait rasé la capitale. » il manque des mots, non ?
Beuuuuurk cette fin ! je sens que ça va être l’élément déclencheur de certaines choses… EN tout cas tu rattrapes beaucoup trop bien le début léger et comique, on bascule inexorablement dans l’horreur, le drame et le dégoût (le dégoût étant ce qui domine, on ne va pas se le cacher). Bref, c’est un excellent chapitre, je trouve ! J’aovue que j’ai assez peu de recul, mais le fait de lire au goutte à goutte, même si tu es rapide dans l’écriture, ce n’est pas la ême chose que de lire d’une traite.
A quand la suite ? :D
Isapass
Posté le 20/04/2020
Coucou Tacounette !
Abzal est certes un peu misogyne, mais en plus il se rassure comme il peut, c'est sûr. Il ne choisit pas le pire pour se comparer XD
J'ai effectivement dû manger un clown s'en faire attention, parce que j'en ai marre de prendre cette histoire trop au sérieux. Et je crois que ça ne fait pas de mal... J'espère quand même que ça fait pas trop bizarre par rapport au reste. On verra.
Ah ben non, la répétition de "dépourvus", c'est justement ce qui marque l'ironie : le parallèle entre les deux vers, dont le premier fait un peu peur et le second les tourne en ridicule. Tu as raison, je verrai si j'ai d'autres avis là-dessus.
Pour ce qui est de l'absence d'Abzal dans la chanson et de ton étonnement que "les gens" sachent que Bréol tire les ficelles, tu as la réponse ensuite ;)
Oui, c'est un peu dangereux, de rejoindre les résistants toutes les nuits, c'est vrai. Mais qui a dit que ces enfants étaient prudents ?
Pour les filles dans les écoles, tu as bien reconnu ta patte en effet : fallait pas me faire des suggestions si tu les assumes pas derrière, hein ! Tu me connais, quand c'est bien sordide, je prends ! Heureusement que le beau Lancel est là ! (Et Elvire qui a pensé à lui en parler, bien sûr).
Je vois pas ce que tu trouves glauque, entre eux... Il lui a juste pris la main. Ca peut être tout à fait innocent, hein (tu me connais, l'innocence, c'est tout moi)
Pour les tours, je suis complètement d'accord avec toi. Mais des fois, on a les bonnes idées trop tard. Enfin trop tard... le tome 1 n'est pas gravé dans le marbre non plus !
Non, il ne manque pas de mots dans la phrase "Il semblait qu’elle n’aurait de cesse qu’elle n’ait rasé la capitale.", mais c'est une syntaxe assez littéraire et un peu désuète. Si personne ne la comprend, je l'enlèverai (je me suis fait plaisir en l'écrivant, mais le but n'est pas de perdre les lecteurs !)
Ah, j'étais sûre que tu allais adorer ma fin :) Ca faisait longtemps que j'avais pas embêté Elvire et il faudrait pas qu'elle se ramollisse XD
Un excellent chapitre ?! Waouh ! Merciiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii ♥
Et puis merci pour ta lecture toujours si rapide et tes comm que j'adore !
Bisouuuuuuuuuuuuuuuuus
Cocochoup
Posté le 19/04/2020
Mais mais nooooooon
T'a pas le droit d'écrire un chapitre comme ça !!!
Je pense pas que lancel laisse elvire épouser ou se faire violet par le petit abruti.
Autant lancel il demande elvire en mariage ? Après tout il a un poste plus haut que le petit abruti... Et donc le petit abruti aura pas d'autre choix que de laisser le champs libre
Sinon je l'aime bien lancel. J'arrive pas à comprendre comment en se comportant si humainement., en étant autant à l'écoute, il fasse parti de l'ordre des abrutis.
Je pense pas qu'il soit le manteau bleu.
Je vous bien les indices que tu semes mais j'arrive pas à mettre dans le bon ordre toutes les pièces du puzzle....
Isapass
Posté le 19/04/2020
Ah mais non, Lancel n'a pas un poste plus haut ! Au contraire, il est sous les ordres de Bréol (qui est numéro deux du royaume, si on compte le régent, mais le régent, bon hein, on sait qu'il compte pour du beurre). Tu n'es pas la première à ne pas avoir compris ça, donc il faut que je le précise quelque part.
Aaaah Lancel... mon nouveau personnage ambigu XD
Cocochoup
Posté le 19/04/2020
Ah mince oui j'avais pas compris la hierarchie.... Zut mon plan tombe à l'eau. Et ben faut que lancel mette elvire enceinte. Xd
Isapass
Posté le 19/04/2020
XDDDD Claaaaaasse le plan grossesse pour échapper à Breol ! Ça me fait plaisir tu es encore plus tordue que moi XD
A nouveau, un énorme merci pour ta lecture ultra rapide et tes retours. C'est très encourageant parce que même si tu lis à vitesse ultrasonique (d'ailleurs je suis siiii jalouse !), j'imagine que tu n'aurais pas dévoré comme ça si tu n'aimais pas.
Cocochoup
Posté le 19/04/2020
Effectivement, je ne me force jamais à lire.
J'avoue que mes commentaires ne sont pas bien constructifs 😅 mais j'adore partager à chaud mes ressentis et toutes les théories complètement folle qui me passent par la tête. Si je vois un truc vraiment chelou je le dis. (comme pour le chapitre ou le village des devineurs est trouvée un peu trop easy a mon goût)
J'ai vraiment hâte de lire la suite, de voir où tu nous emmenes. J'aime beaucoup l'univers que tu as construit. Comme je te le disais le tome 1 est un peu lent à démarrer. En fait non c'est pas qu'il est lent. C'est que ça commence tellement fort avec l'accouchement de la reine que du coup, les autres PDV j'étais un peu en apnée de savoir ce qui allait se passer XD
Clairement sur les derniers chapitres du tome 1 et la des le début du tome 2, on est sur un autre rythme. C'est rebondissement sur rebondissement.
Et je finirai avec une théorie. Je reprends une vieille théorie. C'est le père d'abzal le manteau bleu.
C'est mon dernier mot jean pierre
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