Chapitre 14 : Le marchand de sable est un imposteur

Elle courait derrière Adèle. Elle le savait car le rose de sa robe détonnait entre les arbres noirs. Elle ignorait depuis combien de temps cette course effrénée durait. Elle ne ressentait ni fatigue ni faim, juste un bourdonnement chaud dans ses membres.

Était-ce l'alcool ? Ou autre chose ? Pourquoi se trouvait-elle là ?

Na s'arrêta dans la neige. Au loin, il lui semblait percevoir l'écho d'une voix aimée. Des coups. L'univers qui frappait à la porte de son esprit troublé. Mais elle n'avait pas la clef. 

Adèle avait disparu. 

Na tournoya sur elle même dans l'espoir d'apercevoir la Vampire, peine perdue. Avait-elle eu peur ? De quoi ? Pourquoi couraient-elles déjà ? 

Elle ne voyait même plus les étoiles. Ses yeux se brouillaient et la Sorcière se sentit emmêlée de l'intérieur. Le toucher de la neige, l'odeur des sous-bois, cette chose qui la tiraillait vers la voix aimée qui l'appelait, la nuit noire et jusqu'aux échos des montagnes. C'était trop pour son esprit. Elle se prit la tête entre les mains dans l'espoir d'atténuer la confusion. Ne plus rien sentir, par pitié, que tout s'arrête.

Mais le chaos ne fit qu'empirer. Elle gémit, ses larmes s'accumulaient sous ses paupières alors que son coeur battait la chamade. 

Elle avait chaud. Le tissu de sa robe collait à sa peau. Elle suffoquait. 

Ses mains fouillèrent dans la neige pour poser des blocs gelés sur son front. Tout pour diminuer la fièvre. Tout pour atténuer le bruit. Peine perdue : les flocons fondaient entre ses doigts. 

Puis un fracas déchira l'atmosphère. Cette fois, elle laissa échapper un hurlement de douleur et se boucha les oreilles. Quelque chose d'effroyable se produisait. Quoi ? Comment ? Elle ne savait plus qui elle était. Elle devenait simplement souffrance. 

Combien de temps demeura-t-elle à nouveau prostrée ? Impossible à dire. La souffrance excluait la conscience de la durée. Chaque seconde aurait pu être une heure. 

Enfin, quelqu'un approcha. La jeune fille leva des yeux pleins d'espoir. Un inconnu masqué se tenait devant elle. Il s'accroupit et retira l'écorce peinte sur ses traits. Il avait les cheveux clairs et le visage lumineux. Pourtant ce furent les ombres de ses pupilles qui apaisèrent la douleur de Na. L'obscurité pour penser ses plaies et panser son âme.

— Tu as de la chance, murmura-t-il. La Vampire est en fuite, je m'en suis occupé. 

Elle retint ses larmes et baissa la tête. Il posa une main tiède sur son crâne et aussitôt les vagues sensorielles diminuèrent pour ne plus devenir que les chuchotis de son quotidien. Puis, après un instant, il reprit : 

— Quelle horreur. T'infliger cela pour t'utiliser comme appât. Pauvre enfant. Quelle triste Vampire, je ne serai plus aussi clément avec eux la prochaine fois. 

Na ne comprenait pas. Elle entendait, mais ses paupières papillonnaient. Son corps s'engourdissait suite au contrecoup. Il lui fallait récupérer dans la tiédeur du sommeil. 

— Appelle-moi Charles. Laisse-moi te raccompagner chez toi. Tu dois te reposer. L'exacerbation de la sensibilité d'une Sorcière est éreintante. Et tu as bu. 

Au moment où elle voulut grommeler un mot, juste un pour se prouver qu'elle existait, une seconde silhouette surplomba celui qui disait s'appeler Charlers. C'était un vieux monsieur vêtu d'une peau de bête. Un Esprit. Son identité ruissela entre ses doigts sans qu'elle parvienne à le conserver. 

Elle s'endormit sur le nom de Charles. 

Le reste fut confus. Était-ce des rêves ? Déjà qu'elle n'était pas sûre de la tangibilité de son passage dans la forêt. 

Il y avait une grotte et un feu chaud. Des oiseaux s'égayaient parmi les flammes, en reflets enchanteurs. Deux ombres qui parlaient avec inquiétude de Vampires, de Sorciers et d'humains. Il évoquait un Achille puis un Léopold et Na reconnut le masque de Charles ainsi que le profil du Tantugou. Oui, le nom de l'Esprit lui revenait. Un Tantugou.

Dans sa seconde vision, il y avait Amadeus. Elle était lui et il était elle. Il y avait du sang et la peur traça un sillon métallique entre ses lèvres. Elle voulut hurler, mais déjà le sommeil la projetait un peu plus loin. 

Elle rêva qu'elle était de retour en classe avec Inare. Tous deux étaient désormais grands par rapport aux enfants autour d'eux, mais personne ne semblait y accorder d'importance. Depuis les immenses fenêtres de la salle, Na regardait la pluie détremper la forêt de Brocéliande. La comptine qu'ânonnaient ses camarades la réconfortait. 

" Trois gouttes de pluie sillonnent, sillonnent,

Trois gouttes de pluie chantonnent, chantonnent,

Ian le Grand, le premier des Sorciers de par ces bois

Et Petrouchka la Petite qui régna par, en haut et en bas

Tous ceux encore qui firent et défirent nos lois, trois gouttes..."

La chanson se poursuivait. Puis, une grande créature noire dont le visage arborait un crâne de cerf frappa à la porte. Na sentit qu'il parlait d'elle avec son enseignante puis elle se leva, anxieuse à l'idée de se faire punir pour ne pas avoir chanté avec les autres. Et s'il avait remarqué qu'elle n'avait pas l'âge de se trouver en classe ? À la perspective d'attrister ses parents par son renvoi, sa gorge se serra. 

Elle suivit le crâne de cerf dans le petit établissement aux couloirs déserts. Ils bifurquèrent et au moment de passer la porte, Na sut qu'elle était seule. Il n'y avait plus d'école, plus rien d'autre qu'un chemin dans les landes. Amadeus se tenait là, près d'un arrêt de bus où plus aucun car ne passerait jamais. 

Elle s'assit sur le banc à côté de lui. Aucun mot, rien. Pourtant, son coeur enfla encore et encore. C'était l'amour inconditionnel qu'offraient les songes. Il se tourna vers elle et au moment de lui prendre la main...

Na se réveilla en sursaut. Lorsqu'elle passa le pouce sur sa joue, elle cueillit une larme tiède et maudit son corps d'avoir interrompu son rêve. Il lui fallut un instant pour reconnaître les posters défraîchis de sa chambre. La lumière frappait contre le bois, blanche et dure. Ses cahiers de la veille traînaient encore sur son bureau. Lorsque la Sorcière voulut se lever, ses jambes vacillèrent. Les souvenirs du Nouvel An revinrent en bourrasques dans son esprit. Prise de frayeur, elle se dressa d'un bond à la recherche de la moindre preuve qu'elle ne virait pas complètement folle. 

Elle baissa les yeux. C'était bien sa robe du Nouvel An, mais elle semblait comme repassée. Lorsqu'elle glissa vers le reflet de l'ordinateur, elle ne vit rien de particulier sur ses joues en dehors du maquillage qui avait coulé. La vitre lui renvoya ses cernes de panda ahuris. 

Le rêve eut soudain une saveur tout autre sur son palais. 

Prise d'un frisson d'angoisse, elle se précipita vers son armoire et se déshabilla à toute vitesse. Baskets, pantalon, et exit les jupons et fanfreluches, pour l'orage qui s'annonçait à l'horizon, il valait mieux qu'elle soit en pleine capacité de ses mouvements. Elle tira le sachet de cuir où dormait Amaterasu de sa poche. Peut-être que l'Esprit aurait une réponse à ses interrogations. 

Lorsqu'elle sortit la flamme, cette dernière rougeoya un instant avant de s'étaler. Amaterasu s'était amélioré au contact des humains, dans le sens où il avait fini par comprendre qu'ils ne possédaient pas un oeil, mais plusieurs. En revanche, la notion de nombre lui échappait encore et il en arborait aujourd'hui une dizaine répartis sur toute sa surface. 

— Eh bien, siffla-t-il, cccccc'est pas trop tôt. 

Na n'avait pas une seconde à perdre. Elle le posa sur son bureau le temps de tirer un élastique histoire d'attacher ses longs cheveux. 

— Il s'est passé quoi hier soir ? le pressa-t-elle en s'affairant. Comme je suis arrivé là ?

— Hier ? fit Amaterasu. Ccccc'est le jour avant ? Un cccccycle du sssssoleil ?

— Je parle de la nuit dernière. Là, avant ce matin. 

— Sssssi cccce n'est pas précccccis aussssssi. 

La flamme s'approcha d'un badge sur le bureau avec curiosité.  Visiblement, il essayait de comprendre le concept. 

— Je ne me sssssouviens pas de tout, maugréa-t-il. La Vampire sssss'est jouée de moi et le Magicccccien m'a manipulé ensssssuite. Il nous a trouvés sous les arbres. Cccccc'est lui qui nous a raccompagnés icccci. 

— Et tu n'es pas intervenu à ce moment ? dit Na en laçant ses baskets. Je te pensais plus malin que ça. 

— Il ne voulait pas de mal, tu devrais même le remercccccier de nous avoir aidés. Ssssssans quoi nous ssssserions encore dans les bois. 

Vexé, Amaterasu glissa jusqu'au badge et l'enveloppa un instant, rêveur, faute de pouvoir le saisir. Na ne répondit pas, attrapa l'Esprit dans sa main et le reglissa dans la bourse avec le badge pour qu'il se tienne tranquille. Elle était prête, maintenant elle devait courir chez Amadeus si elle voulait des explications. 

C'est à ce moment qu'on frappa à la porte de sa chambre. 

— J'entre, fit Mehdi en poussant le battant. Tout va bien ? On ne t'a pas entendue rentrer avec Claude. 

Na se mordit la lèvre. Aussitôt, elle baissa les yeux et passa en trombe devant son oncle histoire d'éviter son regard. Sans quoi, il pourrait bien percer son mensonge à jour. 

— On m'a raccompagnée, sortit-elle avec assurance. En tout cas, j'ai vraiment faim. Il y a de quoi manger ? 

— J'ai fait des pancakes, répondit Mehdi. Je vais réveiller Inare aussi, tant qu'à faire. Claude voudra entendre comment ça s'est passé hier. 

Na se figea au beau milieu de l'escalier. Inare. Comment avait-elle pu ne pas y penser ? Lui saurait sûrement quelque chose. Mais pourquoi n'avait-il rien raconté à Claude ? Normalement, il se trouvait à la soirée pour la surveiller et si elle avait disparu comme Amaterasu l'avait dit, le Sorcier aurait aussitôt alerté ses oncles. 

Elle déglutit, soudain extrêmement nerveuse. 

— Tiens, entendit-elle Medhi s'étonner, Inare n'est pas là. Vous n'êtes pas rentrés ensemble ?

La Sorcière dévala l'escalier. Rester immobile trop longtemps n'aurait fait que la trahir, surtout que mentir à Mehdi n'était pas la partie difficile de son plan. Non, le gros morceau se trouvait dans la cuisine, une tasse de café à la main. 

— Comment ça se fait ? attaqua aussitôt Claude d'un air grave. Où est Inare, Na ?

Son oncle avait les traits tirés et les sourcils froncés de ses mauvais jours. Il ne devait pas apprécier ce qu'il pressentait des cachotteries de sa nièce. Na courut vers la table pour attraper une tranche de pain frais histoire de masquer son trouble. 

— Il est resté chez Amadeus, mentit-elle de plus belle. Il était fatigué, la soirée a duré longtemps, alors il s'est endormi quand on faisait le rangement. 

— Je vais le chercher, dit aussitôt Claude. On ne va pas déranger les Labaky davantage. C'est déjà gentil de vous avoir invités. 

— Non ! s'étrangla à moitié Na avec sa mie avant de se reprendre. Je vais y aller. On a pas fini de tout nettoyer. Je comptais donner un coup de main. 

Claude, sur le point de partir, se laissa retomber contre le plan de travail. Il attrapa une cuillère à café et la touilla dans sa tasse sans lâcher sa nièce des yeux. Entre-temps, Mehdi était redescendu. 

— C'est une bonne idée, fit Mehdi en ouvrant un placard à la recherche de confiture. Tu veux que je te dépose ? 

À la perspective que Claude et Mehdi puissent entrer dans le point de départ du fiasco, Na se retint de frémir. À la place, elle réussit à se composer un sourire plutôt convaincant : 

— Je vais y aller à pied. Ça me fera du bien, un peu d'air frais. 

— Parfait ! répondit aussitôt Mehdi. Tiens, prends un pot de confiture de myrtilles pour remercier Amadeus. Et tu lui demanderas son téléphone pour me dire si tu rentres déjeuner ou pas. 

Soulagée à l'idée de s'en tirer à si bon compte, Na goba son reste de tartine et se précipita vers l'entrée pour enfiler sa doudoune et son écharpe. 

— Également, intervint soudain Claude de sa voix grave, dès qu'Inare est réveillé, qu'il m'appelle avec le téléphone d'Amadeus. C'est important. 

Na ouvrit le battant et promit à la cantonade en espérant vivement qu'Inare se trouvait bien sain et sauf avec Amadeus : 

— Oui, bien sûr !

Et elle claqua la porte derrière elle afin d'éviter toute inquisition supplémentaire de la part de Claude. 

Une fois dehors, elle se mit à courir comme une dératée. Ses baskets s'enfonçaient dans la neige et elle sentait ses chaussettes se tremper. Une moiteur de fatigue alourdissait ses pieds. Elle avait les jambes en coton et les poumons en feu. De plus, elle devait faire de plus grands pas pour s'extraire de la neige. 

Elle finit par sortir du couvert des arbres et ralentit au moment d'arriver sur la chaussée. Le gel et la neige avaient rendu le béton glissant. À petits pas, elle se faufila vers le bord de la route pour se raccrocher sur les reliefs des mottes de terre. 

Là, Na manqua de trébucher sur un bout de glace. Heureusement, elle le sentit venir à temps et battit des bras afin de tenter de regagner un équilibre. Une fois rétablie sur ses deux pieds, elle soupira un coup. Elle était arrivée à l'entrée du village, désormais les routes seraient salées. Les trottoirs avaient été déblayés par les habitants. Elle put donc agrandir ses foulées, dépassa la boulangerie fermée et se faufila jusqu'à la rue où vivait Amadeus, en contrebas du village. 

Elle repéra bien vite le pavillon. En effet, quelques personnes avachies s'affairaient dans le jardin afin de ramasser les écocups qui y traînaient. D'autres fumaient tranquillement une cigarette du matin sur le perron. Leurs amis verdissaient. La fumée à la première heure avait souvent cet effet sur ceux peu habitués. 

Na accéléra un peu plus et arriva au portail. Au même moment résonna une voix familière : 

— Na ! fit Camille en agitant les bras de l'autre côté du trottoir. On est là !

La Sorcière se retourna. Les cernes jusqu'aux mâchoires, avec un air décalqué à l'extrême, Camille et Valentine sortaient d'une voiture. Camille salua sa soeur et cette dernière repartit sur-le-champ. 

— Tout va bien ? demanda aussitôt Na. Où est Inare ? 

Camille tourna la tête pour vérifier que la voie était dégagée et elle traversa avec Valentine. Emmitouflées dans des sweats, l'air grave, les nouvelles ne s'annonçaient pas glorieuses, et c'était là un euphémisme. Na sentit son estomac danser un peu plus la gigue. Un coup de fatigue la fit blêmir et elle se demanda un instant si elle n'allait pas tourner de l'oeil. 

— Toi d'abord, attaqua aussitôt Valentine. Qu'est-ce que tu fais là ? Pourquoi tu as disparu hier soir ? Tu nous as encore laissés dans la merde en fait ? 

Confuse, Na recula et buta contre le portail. Elle pivota la tête vers Camille pour y cherche du soutien, sans succès.

— Inare a été emporté par Carmen, grimaça la lycéenne. Parce que tu as disparu sans prévenir. Et qu'elle nous a tendu un piège. Il s'est sacrifié pour toi et pour nous. 

Le premier sentiment de Na fut la peur, celle de devoir expliquer à Claude l'ampleur de la catastrophe et qu'Inare était en danger de mort par sa faute. Puis sa culpabilité la brûla encore d'un cran lorsqu'elle réalisa que son premier réflexe fut de s'inquiéter pour elle-même. Inare n'avait été qu'un obstacle jusqu'à présent, une entrave dans sa recherche de Suihei. Sauf que d'un coup, sa responsabilité à l'égard du Sorcier lui coupa le souffle. 

— Maintenant, poursuivit Camille sans lui laisser de sursis, t'étais où ? Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Où est Adèle ?

— Je ne suis pas certaine, murmura Na d'une voix piteuse. Je crois que j'ai été manipulée par elle. Je ne suis même pas sûre de savoir comment je suis rentrée chez moi. 

Camille et Valentine échangèrent un regard entendu. La Sorcière avait tout un tas de questions qui se pressaient sur ses lèvres : que faisait Carmen dans les bois ? Est-ce qu'Amadeus allait bien ? Comment étaient-elles rentrées ? L'avaient-elles cherchée ? 

Mais elle ne dit rien. Quelque part, elle ne se sentit pas légitime d'interroger, pas avant d'avoir pu apaiser toutes leurs inquiétudes. 

Pourtant... 

— Qu'est-ce qu'il s'est passé ? fit Na si vite qu'elle en mangeait la fin de ses mots. Pourquoi Carmen était là ? Comment va Amadeus ?

Le temps pour elles d'informer la Sorcière du combat de la veille, le jardin s'était peu à peu vidé de sa population. La plupart des invités étaient rentrés chez eux, mais certains étaient retournés à l'intérieur afin de profiter des restes de pizzas froides. 

Valentine, toujours taciturne, ouvrit le portail. Elle se frottait la peau du visage comme si elle grattait une cicatrice disparue. Na devina que Titania, la Fée dont Camille avait parlé, avait dû pousser le service rendu jusqu'à les soigner. En revanche, l'amertume de la défaite continuait à tourbillonner dans les pupilles de Valentine. 

Deux rencontres face à Carmen et deux défaites. Pas étonnant que la jeune fille rumine.  Camille posa la main sur l'épaule de sa camarade en passant puis elle s'approcha de la porte pour appuyer sur la sonnette. 

Le carillon résonna dans la maison. Après un moment, le battant s'ouvrit et dévoila la bouille ronde d'Achille, le grand frère d'Amadeus. Ce dernier écarquilla les yeux devant les trois filles sur le paillasson : 

— Vous étiez parties ? souffla-t-il dans un relent d'alcool. Il fallait prévenir. On aurait pu s'inquiéter.

Il tira le battant et elles purent entrer dans la chaleur du vestibule. Dans le salon, une dizaine de personnes parlaient au diapason et la télé diffusait un épisode de Bob l'Éponge. 

— Amadeus et Estelle sont à l'étage, sourit d'un air blême Achille. Par contre, ça chauffe. 

Puis l'étudiant tituba vers la cuisine à la recherche d'un flacon d'aspirine. Pendant ce temps, Na s'était précipitée vers l'escalier, suivie de Camille et Valentine. Une fois sur le palier, elles se dirigèrent vers la chambre d'Estelle d'où vrillait la voix de leur ami. 

— J'aimerais une réponse ! s'exclamait Amadeus. Merde, Estelle, c'est quoi ce bordel ? 

Valentine frappa à la porte. Aussitôt, le cri s'étouffa. 

— Entrez, murmura Amadeus. C'est pour quoi ?

Assise sur le lit, Estelle se frottait les mains, visiblement gênée. Debout face à elle, Amadeus agitait un bout de papier. Il fronça les sourcils, et referma le battant sitôt la dernière à l'intérieur.

 — Parfait, grogna-t-il. Maintenant qu'on est tous là, Estelle, répète-leur ce que tu m'as dit sur les Chasseurs du Couvent de Lazare. Comme ça a l'air de t'évoquer quelque chose. 

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Le Saltimbanque
Posté le 29/03/2021
Yeeeeeeees, le retour d'Estelle ! Et son lien avec les Gourmets !!! J'attendais vraiment le retour de ce plot-point.

Parfois, il est difficile de rester objectif et d'émettre une critique légitime. Je pense qu'un élément m'a vraiment touché profondément, ainsi le paragraphe suivant atteint des niveaux de subjectivité si grands qu'il est à prendre avec des pincettes. Il faut juste que j'évacue ça une bonne fois pour toute.

Je. Hais. Valentine.
Mon dieu, non seulement elle se montre d'une irresponsabilité incroyablement dangereuse en laissant Na sans surveillance, le tout pour des raisons qui sont tout sauf valables (l'excuse de l'alcool ne prend pas pour moi : c'est la vie de ton amie qui est en jeu, là!), et enfin elle OSE reprocher à Na d'avoir "disparu" hier et de les avoir "laissé dans la merde" ???? Mais quelle... quelle... Les mots me manquent. J'ai envie de lui arracher la tête. C'EST UN PEU DE TA FAUTE SI NA A DISPARU, TU DEVAIS LA SURVEILLER, ABRUTIE.

Fin du coup de gueule.

Au niveau des "vrais" défauts, je ne peux que chipoter.
J'aurais aimé que Claude et Mehdi se montrent un peu plus inquiets à l'idée de laisser leur nièce seule pour aller chercher Inare. De leur point de vue, les Vampires rodent toujours, le danger est toujours présent...
Aussi, je ne comprends effectivement pas pourquoi Amaterasu n'a pas réagi quand Adèle a commencé à manipuler Na, ou au moins quand Na courait toute seule dans la neige et la forêt. Ne doit-il pas la protéger ? Ou alors ne réagit-il que quand Na l'appelle ?
Dernier point, c'est ce Charles. Encore un nouveau nom... à moins qu'il a déjà été mentionné ?

Sinon, je n'ai que des bonnes choses à dire sur ce chapitre.
Le rythme est maitrisé, toute la réaction de Na est crédible. Les dialogues sont au poil. J'aime la réaction d'Achille : voir un peu de responsabilité et de maturité chez ce type qui jusque là était juste très taquin m'a paru très humain.
J'adore toute l'ironie dramatique du texte : Na espère retrouver Inare, alors que nous on sait très bien qu'il a été enlevé. C'est cruel et bien vu.
J'adore la petite comptine. C'est un archétype fantasy/fantastique qui me plait énormément (et aussi c'est bien écrit).

Le passage en italique est excellent de bout en bout. Le côté "rêve/cauchemar éveillé" est magnifique, c'est très bien écrit sans en faire trop, le personnage de Charles me parait très intriguant.
Probablement un des meilleurs passages de toute l'histoire.

Aussi, ça vient de me frapper. Mais Amaterasu est carrément Falcifer du Château Ambulant !!!

Voili Voilou
Alice_Lath
Posté le 31/03/2021
Hahahaha Estelle n'était jamais très loin !

HAHAHAHAHA pour Valentine, je comprends tout à fait ton pdv, je l'avais pas perçu ainsi, je vais tenter de rééquilibrer un peu le tout. La pauvre, elle serait peinée si elle savait

Pour les défauts, je note encore et toujours. J'ai commencé la correction de Na et si tu savais comme ta lecture m'aide haha, comme ça, jpeux bien tout retaper. Surtout quand je vois que ça te fait réagir en format majuscule sur le clavier hahaha

Merci aussi pour les points positifs, forcément, ça fait toujours zizir

Et ouais, Ama est inspirée de Calcifer haha, mais dans la correction, il va changer quand même un peu, pour distinguer un peu plus les deux
Le Saltimbanque
Posté le 01/04/2021
oooh, après on distingue bien les deux. Moi je m'en suis aperçu que maintenant après tout...

Mais c'est sur que maintenant j'ai très envie qu'un personnage cuisine du bacon et des oeufs sur Amaterasu.
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