Chapitre 14 : Le Crimson

Par Mary

XIV

LE CRIMSON

 

 

 

 

Ils restèrent là, méditatifs et silencieux, jusqu’à ce qu’Hector vienne libérer Killian à la barre. D’un signe de tête, Alban remercia Maugis encore une fois. Le gabier partit inspecter la voilure, l’air satisfait. Bientôt, tout le monde sortit s’aérer sur le pont, La Bombarde en premier, une pomme à la main, puis les jumeaux qui entreprirent une promenade matinale dans les haubans.  

Alban descendit poser la couverture dans son hamac. De la discussion avec Maugis ou de la magnifique aube à laquelle il avait assisté, il ignorait laquelle des deux l’avait le plus apaisé. Il envisageait la journée avec sérénité, quoi qu’il puisse se passer. Il croisa Oliver, qu’il ne valait mieux pas déranger avant le déjeuner, et allait attendre Martial et ses instructions quand il entendit crier.

Il gravit les marches quatre à quatre, leva la tête et trouva Paul, assis sur la hune et les pieds dans le vide le plus naturellement du monde, qui hurlait d’un ton ravi :

— Voiles en vue ! 

Alban se précipita contre le bastingage et plissa les yeux. Au nord-est, les sommets de deux mâts se devinaient par-delà la ligne d’horizon. Ami ou ennemi, impossible de discerner le moindre pavillon à cette distance. Martial émergea du pont inférieur avec le reste des membres de l’équipage, certains à peine tirés du hamac. Thibault courut jusqu’au gaillard arrière prévenir le Capitaine.

            Suivie de près par Killian qui rajustait son tricorne, elle sortit en trombe de ses quartiers, grimpa sur la dunette et déplia une longue vue.

— Hector, il faut qu’on se rapproche, nous sommes encore trop loin. Maugis, envoie tes gabiers ! On a le vent avec nous ce serait dommage de se priver !

Maugis ordonna de tendre une des voiles d’étai, installée entre les mâts pour tirer avantage des vents latéraux. Il laissa les perroquets, au faîte de la mâture, pour ne rien perdre de la brise haute qui les avait poussés toute la nuit. Une fois les hommes en place, Alban s’élança pour attraper le bout de la voile transversale et la fixer à son point d’attache, vers le gaillard avant. Hector tourna la barre de quelques degrés, et le Lotus Noir obliqua pour s’engager à la suite du navire.

— Oliver, ordonna le Capitaine, je veux tous les feux éteints d’ici à ce qu’on soit en vue.

Le cuistot ronchonna dans sa barbe, mais obtempéra et s’enfonça vers les ponts inférieurs. Le Lotus prenait de la vitesse et bientôt, Alban put voir la totalité du gréement, au loin. Le bâtiment inconnu gagnait en netteté. Le soleil était haut dans le ciel et de gros nuages cotonneux défilaient au-dessus d’eux lorsque la coque de bois sombre leur apparut. L’équipage, aux aguets, attendait les instructions de leur Capitaine qui débattait avec Hector, assise près du timon. Elle sauta sur ses pieds quand elle estima le rapprochement suffisant. Redépliant sa lunette, elle cria :

— Thibault, hisse nos couleurs, sans la flamme pour l’instant. Voyons s’ils répondent !

Il s’exécuta et hissa le pavillon du Roi et l’emblème du Lotus Noir. En face, un drapeau foncé réalisa le salut classique. La longue vue émit le cliquetis mécanique des rouages bien huilés lorsque le Capitaine la replia d’un coup sec.

— Ils ne nous connaissent pas, on dirait. Messieurs ! On va enfin avoir un peu d’action ! rugit-elle. Tout le monde à son poste, préparez-vous ! Si tout va bien, nous mangerons anglais ce soir !

Alban avait le cœur qui battait à tout rompre. Ils allaient aborder un navire ! Il allait devoir se battre !

Pour la sérénité, il repasserait.

Ses compagnons applaudissaient presque. L’excitation était à son comble, le Capitaine ne tenait plus en pl         ace. Manifestement, elle aussi s’ennuyait ferme dans son bureau. Elle affichait une expression de joyeuse férocité, à tel point qu’elle en devenait effrayante. La perspective du combat la réjouissait, son euphorie se répandait autour d’elle comme une traînée de poudre et galvanisait ses hommes.

Tout s’agitait autour d’Alban et pourtant lui restait immobile, paralysé. S’entraîner, oui, progresser, peut-être, mais se battre pour de vrai ? Il avait été trop présomptueux. Il s’était surestimé. Avec un peu de chance, les Anglais se rendraient sans broncher, mais que se passerait-il si ce n’était pas le cas ?

            On lui secoua l’épaule. Killian lui tendit un sabre d’abordage, un vrai cette fois-ci. Ils n’étaient plus en entraînement. Le second lui lança un regard entendu de ses prunelles brunes avant de rejoindre le Capitaine qui hurlait les ordres d’une voix claire, profonde et puissante.

— Hector, cap nord-nord-est ! Samuel, Ronan, La Bombarde, au pont de batterie, prenez John et Oliver si ça se gâte ! Préparez les canons ! Les autres, tous derrière le bastingage, on se tient prêt !

            Le bateau forçait l’allure et gîtait plus que de coutume. Ils rattrapaient les Anglais plus vite que prévu. Derrière Philippe, Alban se répétait en boucle les conseils de Killian pour se rassurer, mais rien n’y faisait. Il considérait son sabre dans sa main et redoutait de s’en servir. Réussirait-il à faire ses preuves ? Anglais ou non, il n’avait pas la moindre envie de tuer ou blesser qui que ce soit.

— Mais c’est qu’ils s’y attendaient pas, dis donc ! s’esclaffa Paul alors que son frère hissait désormais la flamme corsaire écarlate.

— Envoyez le coup de semonce ! tonna Killian.

Quelque part en dessous d’eux, il y eut un tremblement suivi d’une forte secousse et d’une détonation assourdissante. Ils avaient armé un des canons et le boulet était parti dans l’eau près de la poupe adverse. Alban laissa échapper un cri de frayeur, instantanément noyé dans le bruit et la fureur de la déflagration. Le son vibra à travers sa chair et ses os. Terrifié, il voyait le navire anglais se rapprocher de plus en plus, jusqu’à pouvoir discerner certains visages et lire son nom, le Crimson. Hector manœuvrait pour préparer un abordage en bonne et due forme, et Philippe, Noël et quelques autres avaient d’emblée attrapé leur grappin. Alban devinait leur habitude de ce genre d’exercice, et cela lui glaça le sang. La plupart d’entre eux avaient déjà tué.

Côté anglais, rien ne changeait. Pas de drapeau blanc en vue. Killian dégaina son sabre :

— Ils ne se rendront pas, tant pis pour eux ! Préparez-vous pour l’assaut ! Souvenez-vous, on en neutralise le plus possible et on isole leur capitaine ! On s’occupera de leur cargaison après !

            Les Anglais avaient été pris de court, leurs sabords se relevaient à peine et leurs canons n’étaient pas encore prêts. Le Lotus les pourchassait pourtant depuis longtemps. Le Crimson se savait supérieur, aussi n’avait-il pas envisagé la menace sérieuse. La Bombarde profita de cette avance et les pilonna sur tribord. En une salve tonitruante, il égratigna le bastingage et découpa une ouverture dans le pont inférieur. Il abaissa ses canons et dans un rugissement, une seconde bordée mit hors d’usage presque toute la rangée d’armes ennemies. Des hommes en uniformes glissèrent et tombèrent à l’eau, s’accrochant aux débris flottant autour d’eux. Les Anglais avaient perdu leur avantage en puissance de feu, mais restaient malgré tout plus nombreux.

Le Lotus pivota pour s’aligner sur le Crimson et Alban sentit ses camarades fébriles, prêts à se jeter sur leurs rivaux à tout instant. Comme un écho au nouveau coup de canon qui fit trembler le pont, on entendit une détonation discrète et perçante venir de quelque part dans le grand mât adverse. Alban regarda rapidement autour de lui. Un coup de fusil ! Pourvu qu’il n’ait touché personne ! Il manqua de souffle quand il aperçut Killian reculer d’un pas, l’air surpris. La balle avait arraché quelques éclats de bois à la rambarde de la dunette. Elle avait raté Killian de peu, grâce aux ondulations imprévisibles du bateau. De rage, le second se mit à vociférer en brandissant son poing, bientôt suivi par les équipages des deux navires. Les Anglais n’avaient pas l’intention de se rendre sans combattre, et les derniers espoirs d’Alban s’envolèrent en fumée. Hagard, il ne savait pas ce qui l’effrayait le plus : se battre, se faire tuer, ou regarder ses compagnons se faire tuer sans qu’il puisse y faire quoi que ce soit. Il raffermit sa prise sur la poignée de son sabre.

            Autour de lui, les corsaires lancèrent leurs premiers grappins, qui éraflèrent le vernis carmin du bastingage d’en face avant de venir s’y accrocher solidement. Ils sécurisèrent les bouts et tendirent les planches entre les deux bâtiments. Maintenant, Alban voyait distinctement les Anglais en face de lui qui les attendaient de pied ferme. Pas le moment de flancher, mais l’air pesait soudainement lourd. La fumée des canons brûlait les yeux dans une brume saturée d’odeur de poudre jusqu’à l’écœurement. Les jumeaux, Maugis et Miguel s’élancèrent en premier, suivis par Philippe, qui sauta sur le pont adverse au bout d’une corde et atterrit avec aisance de l’autre côté. Killian était déjà aux prises avec un homme en manteau bleu, et démontrait ses talents d’escrimeur sous le regard de celui qui devait être le capitaine du Crimson. Il observait la scène de son promontoire sur le gaillard avant, chaque volée de marches menant à lui protégée par deux gardes. Se battre aux côtés de son équipage n’était pas une option.

            Alban se rendit compte que son propre capitaine avait disparu. Il la chercha des yeux, mais elle restait invisible. Il l’imaginait mal se cacher, encore moins renoncer à un combat. Alors où pouvait-elle bien être ?

            En dernier, Alban s’élança à son tour sur une des passerelles improvisées. Si le premier pas avait été difficile, une fois pris dans le tourbillon des évènements de l’autre côté, il n’eut pas le temps de réfléchir ni d’avoir peur. Contre toute attente, les leçons de Killian lui permirent, faute de combattre réellement, d’esquiver la plupart des coups et de se frayer un chemin dans la ferveur de la bataille. Il n’osait cependant pas engager l’affrontement, et embrassa rapidement la scène du regard. Les marins ennemis bloquaient l’accès aux cales et aux quartiers de l’équipage. Samuel, revenu de la salle des canons, maîtrisait d’une seule main un grand type robuste qui tentait vainement de se défaire de son emprise. De sa main de libre, il lui asséna un coup brutal sur la tempe et lui fit perdre connaissance. Les jumeaux se battaient dos à dos, un sabre dans chaque main, et un fusilier mettait Miguel en difficulté en défendant un passage vers les ponts inférieurs. Il ne dut son salut qu’à Martial qui n’hésita pas à faire feu. L’homme s’effondra. Miguel en profita pour lancer de gros coups de pied dans la porte. Elle céda, et il s’y engouffra avec le maître d’équipage. Killian n’avait fait qu’une bouchée du quartier-maître et se précipitait maintenant dans sa direction, en assommant négligemment un des Anglais qui faisait face à Philippe.

            Un marin déboula devant Alban. Une affreuse balafre lui courait sur toute la partie gauche du visage, et une lueur de folie dansait dans ses yeux. Ils se tournèrent autour, puis le jeune homme leva son sabre pour parer la première attaque. La violence du choc se répercuta dans tout son bras. Il para maladroitement un deuxième, puis un troisième, mais l’autre semblait plus s’amuser qu’autre chose. Il se rapprocha de lui. Désespéré, Alban tenta le tout pour le tout. Plutôt que de parer, il esquiva une frappe qui l’aurait sans doute coupé en deux en faisant un pas de côté. Apercevant une faille dans la garde de son adversaire, il riposta en lui décochant un brusque coup de pied dans les côtes. La brutalité de l’impact les étonna tous les deux, mais l’Anglais perdit l’équilibre et tomba à la renverse contre une caisse dans un craquement sinistre. Alban reprit son souffle et s’éloigna. Le combat n’avait duré qu’une poignée de secondes, mais tout avait déjà changé. À quelques pas de lui, les jumeaux s’étaient fait coincer contre la cabine de poupe, et Maugis avait reçu un mauvais crochet à en juger par sa lèvre fendue. Philippe haletait, une plaie au front. Où étaient les autres ? Ils étaient en train de perdre ! Et toujours aucune trace du Capitaine. Alban frissonna, désorienté et affolé. Pourquoi s’attaquer à un navire aussi gros alors qu’ils étaient si peu nombreux ? Seul Killian résistait et venait d’envoyer son adversaire par-dessus bord. Le second regarda du côté d’Alban et l’effroi se peignit sur son visage.

            Alban devina plus qu’il ne vit l’homme se jeter sur lui par-derrière, et n’eut pas le temps de se retourner complètement. Un coup de feu partit. Il sentit une douleur fulgurante du côté droit. Sa vision se brouilla, il s’entendit gémir. Le sang coula le long de son torse et imbiba sa chemise. Il recula de quelques pas, le cœur cognant contre sa poitrine. 

            L’autre s’écroula devant lui. Il n’avait pas tiré. C’était Killian, pour lui sauver la vie. La balle avait frappé l’Anglais, mais ne l’avait pas l’empêché de planter son sabre dans l’épaule d’Alban. Le second le fixait, les pupilles dilatées par le combat, son pistolet encore fumant dans la main.

— STOP ! STOP THE FIGHT AND SURRENDER, YOU STUPID BUNCH OF BASTARDS !

            Sans comprendre un traître mot, Alban chercha à qui appartenait cette voix, une douleur atroce se diffusant dans toute la partie droite de son corps.

            Sur le gaillard avant, le chef terrorisé et subitement très pâle des Anglais s’agrippait à la rambarde de bois. Abasourdis, les gardes assignés à sa protection abaissèrent leurs fusils. Derrière l’officier, comme un miracle, le Capitaine tenait fermement un large coutelas sous sa gorge. La rapière brandie en travers de son ventre, elle lui coupait toute retraite. Son sourire carnassier contrastait avec les fines mèches échappées de sa tresse qui auréolaient son visage triomphant.  

            Les Anglais obéirent et lâchèrent leurs armes qui rebondirent avec fracas sur le sol. Le pont devint soudain très silencieux. On entendait plus que le vent qui leur sifflait dans les oreilles, chargé des odeurs de l’océan et celles du combat, âcres et infectes. Alors que les Anglais se laissaient maîtriser sans faire d’histoires, Alban tomba à genoux. Trop de sang, trop peur, trop mal. L’atmosphère s’épaissit autour de lui, un brouillard sombre l’enveloppait. Il sentit quelqu’un s’approcher. Tout était noir.

 

            Lorsqu’il reprit ses esprits, il était allongé sur le pont du Lotus. De la façon dont il s’était retrouvé là, qui l’avait amené, il n’en avait aucun souvenir. Le soleil était encore haut, il n’était donc pas resté inconscient très longtemps. Il voyait l’équipage aller et venir, les bras chargés de la cargaison du Crimson. Tout lui revint en mémoire, les coups de canon, l’abordage, le combat, le sabre, l’apparition du Capitaine. Il essaya de se redresser, mais une douleur infernale traversa son épaule et lui arracha une plainte rauque. Il entendit des pas derrière lui et John, le médecin du bord, s’assit à son côté.

— Fais attention, doucement. Il t’en faut peu pour tourner de l’œil, déclara-t-il avec un léger sourire et son étrange accent onduleux qui lui faisait aspirer la moitié des mots. Heureusement que Martial est tout de suite parti te chercher et t’a ramené ici. Il paraît que pour une première fois, tu t’es pas trop mal débrouillé. Vrai, Maugis ?

Le maître gabier s’approcha en rigolant, un sac de toile à la main.

— Ça, pour sûr ! Mon premier abordage, j’avais tellement la frousse qu’en tapant au hasard, j’ai fiché mon sabre dans le bois du grand mât ! Tiens, John, voilà leur trousse de soins. Tu nous le rafistoles, hein ?

Le médecin se saisit du sac et examina ce qu’il y avait à l’intérieur. Il en exhuma une petite bouteille qu’il renifla, et avec des ciseaux grinçants découpa la chemise d’Alban autour de sa blessure. La longue estafilade laisserait sûrement une cicatrice définitive.

— Ça va piquer.

Il lui versa le contenu de la flasque sur l’épaule et le cri d’Alban mourut avant même de pouvoir sortir, coincé dans ses cordes vocales. John aurait tout aussi bien pu lui arracher le bras.

— Désolé, il n’y avait que ça. Si on avait été dans la Marine, on aurait pu faire ça avec un peu plus de douceur, mais en attendant, le rhum est tout aussi efficace. J’ai été dans la Marine tu sais, j’étais médecin après mes études. Honnêtement, ma famille fait partie de la noblesse de Sa Majesté le Roi d’Angleterre. Incroyable, non ?

Alban secoua la tête. Il se doutait que c’était pour le distraire, éviter ainsi que son attention ne se focalise sur l’aiguille qui recousait sa peau en cuisantes petites piqûres, mais ça ne fonctionnait que très moyennement.

— Je devais me marier avec Emily Stafford, une petite peste. Mon père avait prévu l’union comme une alliance pour son affaire de commerce, reprit John. Je voulais pas du tout, et c’est à ce moment-là que le Lotus Noir a pris en chasse le bateau où j’étais. Exactement comme aujourd’hui, ils sont allés piller la pharmacie. J’ai dit qu’il était hors de question que je la laisse, alors ils m’ont embarqué avec eux. Ce n’est qu’après que j’ai découvert qu’ils n’avaient ni médecin ni charpentier. Heureusement pour toi, je suis plus qualifié en tant que médecin. Voilà, on y va, c’est terminé, déclara-t-il en coupant le fil.

            Pantelant et des larmes plein les yeux, Alban devait bien reconnaître que John avait fait du beau travail. Nette et bien suturée, la plaie diffusait cependant une douleur effroyable dans tout son côté droit. Il réussit à se hisser sur son bras valide, tout engourdi, et s’appuya contre un tonneau dans un effort considérable. Il fit en sorte de ne pas regarder les blessés d’en face ni les traces de son sang au sol. En fait, quand il repensait au combat, il avait un peu la nausée.

— Tu es bon pour quelques jours de repos, diagnostiqua le médecin. J’en dirai deux mots au Capitaine. Tu devras bien regarder ta blessure, et reviens si ça va pas.

— Le Capitaine, murmura Alban. Comment a-t-elle fait ça ? Je veux dire, elle est apparue de nulle part derrière lui.

— Oh ! c’est sa spécialité, ricana Killian en s’avançant vers lui, le visage fatigué par l’affrontement et sa nuit de veille. Elle s’arrange pour rester invisible, grimpe dans la voilure et gagne le gréement ennemi. De là, elle peut descendre où elle veut. Je sais pas combien de fois elle nous a fait le coup, mais ça marche presque toujours.

Il s’accroupit avant de reprendre :

— Quant à toi, mon gars, tu t’es bien défendu. T’as gardé à peu près la tête froide, et tu t’es débarrassé ce type mieux que je ne l’espérais. La prochaine fois, surveille bien tes arrières. Je n’aime pas tuer les gens, pas même pour sauver la vie d’un de mes hommes.

Le jeune homme déglutit, ne sachant pas comment il devait prendre cette remarque. Killian déposa le sabre qu’il avait confié à Alban juste avant l’assaut.

— Tu peux le garder.

Le second se redressa et lui lança un dernier regard avant de repartir vers la cale.

— C’était bien joué.

À quelques pas de là, Maugis écoutait la conversation, un brin de fierté dans les yeux.  

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Jowie
Posté le 15/03/2020
Je paniquerais aussi, à la place d'Alban, cette attaque est si soudaine et se passe si vite, wow ! J'ai l'impression que le pauvre vient d'arriver sur le Lotus et voilà qu'il doit déjà se battre. Mais il s'est bien débrouillé apparemment, alors tant mieux !
Je comprends qu'au nom du suspens et pour surprendre le lecteur, tu ne révèles pas tout de suite la stratégie du Capitaine (que j'approuve totalement, j'ai hâte d'en apprendre plus sur cette femme!). Mais le fait qu'Alban est lancé dans la bataille sans être informé de rien me semble un poil suicidaire xD

J'ai bien aimé en apprendre plus sur John ! Il a dû être plutôt impressionné par le Lotus Noir aussi pour que sa.loyauté tourne à 180° ! Je me demande ce qu'il pense d'attaquer "son camp" !


Remarques:

"ne tenait plus en pl ace" -> je crois que c'est peut-être un beug de FPA ;)
"Un brin de fierté dans les yeux" -> comme on suit suit le PDV d'Alban, on n'aurait normalement pas accès aux pensées de Maugis, à mon avis (bon, c'est un détail^^)

Bref, moi je m'éclate pendant cette lecture alors je cours lire la suite !
Mary
Posté le 18/03/2020
Hahaha bon après, il savait à quoi s'attendre. Surtout que ça reste un roman jeunesse, j'ai été gentille pour la bataille hein, par rapport à ce que c'était en vrai. Je crois surtout que personne n'a pensé à informer Alban - ils sont tellement habitués, eux (et en plus ça rajoute de la tension, mouhahaha)
John...a ses raisons. Certain.e.s lecteurs.trices ont deviné, je n'en dis pas plus.
Elia
Posté le 31/08/2019
La scène du combat est réussie. Un peu courte à mon goût mais efficace. J'ai aimé revoir la capitaine, elle est féroce celle là ! Alban semble avoir fait ses preuves et je pense qu'il va être moins naïf (parce que quand il se rend que la plupart des membres de l'équipage ont déjà tué, ça m'a fait sourire xD). Du coup je suppose que cette première fois l'aidera à s'intégrer encore plus auprès de l'équipage !
Mary
Posté le 31/08/2019
Oooh et pourtant si tu savais comme je l'ai rallongé XD C'est quand même pour les 12-14 ans, je ne peux pas faire trop long ni trop violent non plus.
Ah le Capitaine, c'est quelque chose ! J'aime beaucoup la faire apparaître. Oui, ce chapitre, c'est un peu le baptême du feu pour Alban, le pauvre chou. T'inquiète, il aura le temps de faire de nouvelles expériences encore, le temps d'arriver à l'épilogue, haha.
Merci encore pour tous tes commentaires ! À bientôt j'espère !
Isapass
Posté le 16/07/2019
Je suis admirative : le combat est hyper bien raconté. C'est très précis, très visuel sans pour autant perdre en rythme. Quant aux réactions et gestes d'Alban, ils sont complètement crédibles. 
J'ai encore quelques problèmes pour me rappeler qui est qui parmi les membres d'équipage. Je vais faire un petit récap pour voir si j'ai bon, tiens : Le Capitaine, bien sûr. Martial, le maître d'équipage. Killian, le second. Maugis, le gabier qui est très sympa avec Alban. Hector, le doyen. Philippe, celui qui est toujours ronchon. Oliver, le cuisinier. John, le médecin. Paul et Thibaut, les jumeaux. La bombarde, responsable des canons. Les autres, je ne sais plus trop...
Du coup, dans le prologue, si j'ai bien compris, ce que voit le capitaine de l'Isabel et qui l'incite à se rendre, c'est le fait que le Capitaine soit une femme ? Ou il y a encore autre chose ? 
Mary
Posté le 16/07/2019
Tu as TOUT BON ! :D
Il te manque juste Miguel, l'argentin, qui prendra un peu plus de relief bientôt, de même que Samuel, le grand antillais, Ronan, l'ancien mousse, qui n'est pas spécialement aimable et Noël, le mystérieux. 
En fait, les marins avaient une telle terreur des femmes en mer que se faire battre par une femme capitaine, et récupérer sa prise, était l'humiliation suprême. Dans le cas de l'Isabel, dans le prologue, c'est surtout la dague dans son dos qui l'incite à se rendre XD par contre, il ne digère pas du tout que ce soit une femme - et c'est pour ça que tous les marins qui ont croisé la route du Lotus ne disant jamais rien. 
(Pour reprendre l'expression consacrée de ma tante Chantal "C'est con, les hommes!" #mondepaysan <3 ) 
Sorryf
Posté le 06/05/2019
A l'abordage !
super scène ! bien joué au petit Lotus pour avoir battu un aussi gros bateau ! Alban s'est bien débrouillé pour un premier combat, tout ça est bien écrit et fluide !
J'aime beaucoup l'histoire du médecin, le moment était parfait pour ce petit développement, ça passe tout seul !
Mary
Posté le 06/05/2019
Le Capitaine a plus d'un tour dans son fourreau :p 
Comme je disais à Litchie, j'avais carrément essayé de retranscrire l'accent anglais jusqu'au bout, mais ça devenait illisible ! Tout était bon pour distraire Alban, il en a un peu bavé - c'est de ma faute et j'assume. 
A très bientôt pour la suite ! 
Aliceetlescrayons
Posté le 03/05/2019
Ah ben le pauvre Alban, il voulait une journée tranquille, c'est raté oO
Bon, je vais être honnête, j'ai été complètement embarquée. J'ai ressenti la trouille d'Alban, la tension avant la bataille et le déferlement de violence qui a suivi.
La description du combat naval m'a bluffée : c'est fluide et compréhensible alors que je n'y connais rien et que j'ai toujours du mal à visualiser ce type de scène.<br />En plus, tu rends très bien les sensations, bruits, odeurs...
Capitaine power! C'est elle qui gagne le combat au final, j'adore ^^
Et pareil, la scène de "couture" finale, j'ai eu mal pour lui. 
Bref, ça valait la peine d'attendre les scènes d'action! 
Mary
Posté le 26/08/2019
Ah tiens, encore un. Pardon !
Merci beaucoup, du coup :D
Rachael
Posté le 04/05/2019
Tiens, je voulais te dire qu’il y a un de mes commentaires auquel tu n’as pas répondu… J’espère que tu l’as vu ?
Ah, voilà la première bataille ! Je ne sais pas si c’est réaliste, mais c’est bien amené, enlevé, ça ne traine pas, le rythme m’a paru juste bien. J’ai été embarquée avec Alban dans l’angoisse de l’attente, la panique du combat, la douleur de la séance de couture ^^.
Trop futée, la capitaine : On comprend pourquoi les vaincus ne sont pas empressés de dire qu’ils ont été battus par une femme, et par la ruse…
J’ai trouvé intéressant le fait que leur médecin soit anglais, ça peut permettre de s’interroger à un moment ou un autre sur ses conflits de loyauté (ou pas…).
Un bon chapitre, l’action te va bien !
 
Détails
Le bâtiment ennemi gagnait en netteté. : on ne sait pas encore à ce stade si c’est un bâtiment ennemi
assise près du timon en débattant avec Hector. : assise ET débattant ?
L’excitation était à son comble, à commencer par le Capitaine : bizarre cette phrase
aussi n’avait-il pas envisagé la menace sérieuse : considéré la menace comme sérieuse ? envisagé la menace sérieusement ?
On le maintint en arrière, : on maintint quoi ?
Pas le genre à se cacher, encore moins renoncer à un combat ; il ne la connait pas si bien, pourtant !
La balle avait frappé l’Anglais, mais n’avait pas l’empêcher de planter son sabre dans l’épaule d’Alban : ne l’avait pas empêché
Repet : se frayer un chemin dans la ferveur de la bataille/chargé des odeurs de l’océan et celles de la ferveur du combat (d’ailleurs, ferveur, je ne sais pas si c’est bien adapté…°
Mary
Posté le 04/05/2019
Re ! 
A priori, on est pas trop loin de la vérité, mais c'est difficle d'avoir de réels récits de combat qui ne soient pas romancés dans la littérature de genre. La façon de se battre de jumeaux est ptet matière à débat, mais j'ai décidé de m'en f*** parce que c'était trop classe :D 
Ouais, le côté je t'attaque par derrière et Oh! surprise, ils ont du mal à la digérer - et du coup les mecs ne disent rien, et ça entretient la "légende". 
Souvent les équipages étaient construits un peu en vrac, chez les corsaires, la rigueur était loin d'être la même que dans la Marine où il fallait avoir fait ses classes, etc. John, c'est pas tant une question de loyauté, c'est surtout qu'il voulait pas se marier XD il a profité de l'occasion. 
Merci pour les détails, j'ai corrigé tout d'un coup, à la fin je voyais plus rien haha. 
A bientôt ! 
Litchie
Posté le 04/05/2019
Eh bien ma foi, quel chouette chapitre ! Les scènes de combat ne sont pas évidentes à écrire mais je trouve celle-ci très réussie :) Et la réplique de l'anglais vaut de l'or <3 bravo :D
Mary
Posté le 04/05/2019
Merciiii ! 
Si tu parles de la façon de parler de John, j'avais au départ carrément poussé le bouchon jusqu'à essayer de rendre l'accent anglais à l'écrit mais ça devenait illisible - et pourtant tellement drôle. 
Florilège:  "J’ai été dans la Meuwuiine tu sais" (je me marre encore)
"Honnêtement, ma famille fait pa’tie de la noblesse de Sa Madjesté le WRoi d’Angleterre."
Gabhany
Posté le 04/05/2019
Oh là là mais j'ai deux chapitres à commenter moi !
Alors le chap avec Maugis : rien à dire, si ce n'est que c'était émouvant, touchant, et la scène finale avec le lever de soleil, superbe ! Enfin un peu d'apaisement pour ce pauvre Alban ^^
Le chapitre du Crimson ! Extra ! C'était comme si j'y étais. Je l'ai trouvé très bien écrit, les scènes de bataille ça ne doit pas être facile, et pourtant je voyais très bien la scène sous mes yeux. Mention spéciale pour la réplique du capitaine à propos des anglais XD Une vraie graine de pirate notre Alban ! 
Mary
Posté le 04/05/2019
Oui, j'ai le feu au clavier :D 
Pour le chapitre avec Maugis, ça a été mon chapitre un eu chouchou, j'ai du me retenir de ne pas l'écrire en avance. Un peu d'apaisement avant le Crimson oui haha. Ils vont finir par me le métamorphoser, mon petit Alban XD 
A très vite ! 
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