Chapitre 14 - La rose dans un jardin de glace

Par Soah
Notes de l’auteur : Bonjour bonjour, voici le chapitre quatorze ! Il n'en reste plus que quatre avant que la partie une de ce premier tome soit terminé. J'espère qu'il vous plaira ! :)

Cenerina se trouvait au milieu du jardin. Fleur parmi les fleurs – même si le parc seigneurial était dépouillé de tous végétaux depuis de longs jours. Une chaperonne était plantée là, à seulement quelques pas d’elle, lui accordant une attention toute relative, préférant discuter avec un des gardes royaux. La délégation de Méridionne était arrivée ce matin de bonne heure, bien avant que le soleil blanc de la fin de l’hiver ne déploie ses rayons sur les terres. La venue de la princesse aurait dû avoir lieu des mois plus tard, vers le terme de l’été, juste à temps pour qu’elle soit présentée à la cour pour l’anniversaire de Jens. Cependant, le père de Cenerina en personne avait demandé ce report. J’en ignorais les raisons, mais cela devait être suffisant de manière à ce que notre monarque et lady Agn acceptent.

Depuis le castel était en ébullition. Le mobilier de la royale fiancée avait également été du voyage. Les valets venus avec elle ainsi que tous les laquais du château disponibles étaient entrain de s’affairer à aménager un étage entier pour Cenerina et sa suite. Je me détournai de la fenêtre et continuai mon chemin, légèrement agacée.

— À quoi pensez-vous ? me demanda mon Ombre.

— Un plan d’attaque, répondis-je le plus simplement du monde, avec un sourire.

Le cycle des Grands Vents était terminé depuis un mois. J’avais gagné une année de plus dans l’indifférence la plus totale. Les fêtes du solstice de l’hiver seraient bientôt données marquant la fin de la période des Longues Nuits. D’ordinaire, cette époque de l’année était celle que je préférais, et de loin. Les bals du château ainsi que les banquets qui animaient la capitale étaient d’une rare beauté. Il était même advenu que lady Agn consentît à ce que je puisse y assister, déguisée en jeune noble de la cité. Ce temps était révolu à présent, je ne pouvais plus me permettre ce genre d’escapades.

Pour une raison que j’ignorais, je n’arrivais à pas me réjouir des festivités à venir. Il y avait bien trop de choses dans mon cœur pour que je puisse pleinement profiter de la liesse ambiante. Et ma préoccupation principale était une princesse étrangère qui imposait sa venue en avance. Avec l’attitude presque enfantine que j’avais eue par le passé en sa présence, il fallait que je me ressaisisse. Je devais impérativement me comporter en adulte, en personne responsable, en héritière digne de mon rang. Même si pour ce faire, je devais tordre le cou à mon caractère pour que le masque de Nå puisse parfaitement reposer sur mon visage. Et puis, cela ne serait bientôt plus de mon ressort. Mon amitié avec Cenerina ne durerait que quelques saisons, puisque après mon Enchère, je partirais pour Zamarad.

— Ma lady ne serait-elle pas un peu jalouse ?

— Ne dites pas de sottises, répondis-je agacée par la note taquine de sa question.

— C’est tout à fait naturel, vous savez. Vous pouvez bien me le dire, à moi ! déclara Bromn d’une voix légèrement trop guillerette.

Je m’arrêtai brusquement de marcher et me retournai vers mon Ombre. Je lui décochai mon regard le plus noir. Je serrai la mâchoire si fort que mes molaires commencèrent à en devenir douloureuses. Le feu de la colère se déversa abruptement dans mes veines, augmentant mon rythme cardiaque. Aussitôt, son sourire s’évapora de ses lèvres, faisant place à une mine presque renfrognée. Il avait été trop loin et il le savait.

— Je ne suis pas jalouse. Et quand bien même si j’éprouvais ce genre de choses, je vous rappelle que je n’ai pas le loisir de m’adonner à ces de sentiments. Alors, ne soyez pas ridicule, articulais-je lentement en détachant soigneusement chaque syllabe de la première partie de ma phrase.

Cependant, au fond, je savais qu’il avait raison. Mais je n’avais tout simplement pas le désir de l’admettre. Je n’avais pas envie de perdre la face devant qui que ce soit, y compris Bromn.

— Ma dame… Il n’y a pas à avoir honte. Votre bracelet d’obsidienne à votre poignet vous désigne peut-être comme une adulte, mais vous n’avez que quinze ans.

Je ne répondis rien, abasourdie par ces mots. Une couche de colère s’ajouta à la forte méchante humeur que je ressentais déjà. J’avais la cruelle sensation d’être traitée comme une enfant. Depuis mon départ pour la capitale, je ne me considérais plus comme tel. M’entendre dire que je n’étais guère plus mature qu’une fillette, après tout ce qui avait jalonné mon chemin jusqu’ici, me vrillait l’estomac. Bromn dû se rendre compte de la gravité de sa déclaration sur moi. Il se pencha un peu et déposa sa grande main sur mon épaule. Je voulus le dégager, mais le poids de son armure m’en empêcha.

— Je ne dis pas que vous êtes une sale gamine. Plus personne a besoin de vous moucher le nez depuis longtemps. Vous êtes l’amie du prince depuis de nombreuses années maintenant et cet équilibre est sur le point de changer. Ce que vous ressentez est normal.

— Je vous trouve bien paternaliste ce matin, Bromn, conclus-je.

— Il faut bien que quelqu’un réfrène un peu votre mauvais caractère ! répondit mon Ombre avec un rire léger.

— Je ne suis pas aussi exécrable que ça tout de même !

— Non. Vous êtes bien pire encore !

Alors que je commençai à faire la moue, faussement vexée, son sourire s’étendit davantage. Il aimait me titiller. Et je devais bien avouer que les lutineries que nous pouvions échanger me plaisaient également. Au lieu de repousser sa main sur mon épaule, je m’autorisai un pas vers l’avant et l’enlaçai. Bromn était bien plus grand que je ne l’étais. Je trouvais toujours une position confortable pour venir nicher ma joue à l’orée de son plexus solaire. Il referma ses bras sur moi en appuyant que très légèrement pour ne pas déranger les ornements de mes cheveux ou les plis de ma robe.

— Vous avez raison. Je m’excuserais de mon comportement auprès de Jens lorsque je le verrais. Pour un garde, vous êtes plutôt de bons conseils !

Je lui rendis son sourire alors que ses grandes mains se décollaient de moi. Sa paume calleuse passa dans une boucle de ma crinière, la remettant en place. Dans ces instants, je réalisai combien Bromn m’était précieux. Il n’était pas mon ami, il était bien plus que cela. Nous partagions quelque chose d’unique et je ne pouvais que comprendre la décision de lady Agn de ne jamais remplacer la personne qu’elle avait perdue. Personne ne pourrait jamais égaler Bromn dans mon cœur.

— Merci d’être là, Bromn, dis-je à voix basse.

— Je vous rappelle que vous ne m’avez pas laissé le choix.

Je fronçai le nez en guise de réponse à cette ultime taquinerie avant de reprendre mon chemin, l’âme beaucoup plus légère bien qu’elle fut chargée d’une résolution nouvelle. Cependant, quand bien même j’avais envie de me faufiler dans les passages secrets du château afin de rejoindre la salle d’étude dans laquelle mon ami était probablement enfermé à cette heure, je décidai de d’abord rallier le jardin dans l’intention de saluer notre invitée. Outre le fait que cela faisait partit du protocole et de la mission qui m’avait été confiée, si Trystan voyait que j’entretenais une relation cordiale avec sa promise, les divers contingents que nous pouvions avoir l’un envers l’autre se règleraient possiblement plus aisément.

L’alizée fraîche et typique de la fin de saison, caressa ma peau tandis que je passai la grande porte du castel. Quelques serviteurs Méridionnais me regardèrent avec un air étrange avant de se remettre à leur labeur sous les injonctions sifflantes de leurs supérieurs. La chaperonne de l’infante arrêta sa conversation lorsqu’elle me remarqua. Elle alla tout de suite informer sa maîtresse de ma présence. Cenerina se retourna immédiatement vers moi, un sourire éblouissant sur les lèvres. Elle souleva sa robe et dans une élégante tornade de tissus, vint vers moi.

— Nå ! Quelle joie de vous revoir ! déclara la princesse de sa voix cristalline.

Son accent, bien qu’encore existant, me paraissait être moins lourd qu’avant. Je la saluai dans un mouvement tout en retenue. Je tâchai de sourire uniformément, même si la courbure du mien n’était en rien en concomitance avec la félicité qui semblait être dans son expression.

— Je suis également ravie de vous trouver ici, Votre Altesse, commençai-je en donnant un rythme joyeux à ma phrase, avez-vous fait bon voyage ?

— Oui, enfin, je suppose. J’ai vu beaucoup de choses différentes en arrivant ! Je n’imaginais pas que votre pays était aussi verdoyant ! s’exclama-t-elle en posant sa main sur mon bras.

Instinctivement, je pris cela pour une invitation à marcher. Bromn s’approcha un peu plus de nous deux tout comme le chaperon de Cenerina, qui délaissa à regret le garde avec lequel elle flirtait.

— Pensiez-vous que le Royaume des Os n’était fait que de fjords et de glaces ? demandai-je un brin amusée.

— Pour être tout à fait franche avec vous, oui.

Alors que ses joues se paraient d’une charmante couleur rosée, je ris de bon cœur.

— Ne vous moquez pas ! Je suis sûre que vous avez tout un tas de préjugés à propos de Méridionne aussi ! réagit-elle vivement entre le délassement et la gêne.

— Il est vrai que j’ai sans doute quelques idées préconçues également… J’ai une proposition à vous faire : que diriez-vous d’une visite de la cité et de ses environs en ma compagnie ? Je pourrais vous faire découvrir la capitale, répondis-je en étirant un peu plus mon sourire.

— Je n’osais pas vous le demander, rien ne me ferait plus plaisir ! Croyiez-vous que mon promis pourrait se joindre à nous ?

— S’il le souhaite et que son emploi du temps le permet, je pense que Sa Majesté sera plus que ravie de cette escapade en ville.

Les joues déjà colorées de Cenerina devinrent presque cramoisies, tout comme le bout de ses oreilles. Son joli minois plongé dans l’embarras me fit presque chavirer. Nous étions au bout de l’allée, juste devant les marches qui menaient à la cité. En contre bas, presque sous nos pieds, battait la véritable âme du royaume.

— La vie ici ne sera sans doute pas une chose aisée, dis-je à voix baisse presque pour moi, le peuple des Os a le cœur aussi chaud que le sang fraichement versé, mais une épaisse couche de glace le protège.

— Ne vous en faites pas pour moi. Avec vous comme amie et soutien, je sais que l’avenir me sera favorable. Je l’ai lu dans les cartes.

— Les cartes ?

Le regard de la princesse s’illumina d’une étincelle malicieuse tandis qu’elle lâchait mon bras pour se mettre à chercher quelque chose dans ses manches. Elle en sortit un petit taquet soigneusement enroulé dans un tissu d’une exquise finesse.

— C’est un gioco di Turöt. Cela permet d’interpréter l’avenir à l’aide des figures qui se trouvent sur les cartes. Toutes les femmes de Méridionne possèdent un ou plusieurs paquets.

Tout en expliquant cela, Cenerina avait retiré le nœud du ruban qui retenait la protection de la liasse. Elle déploya l’ensemble du jeu devant moi comme un éventail. Sans doute réalisé à la main, chaque image – même la plus simple était exquise. Les motifs étaient à la fois implicites et complexes, chaque illustration semblait porteuse d’un secret, que seul un initié pouvait comprendre.

— C’est somptueux, dis-je dans un souffle.

— Merci, c’est un cadeau de feue ma grand-mère. C’est elle qui a peint chaque carte et…

— Princesse Cenerina ? Excusez-moi de vous déranger, mais on vient de me signifier que votre personne était requise ailleurs.

La voix désagréablement trop perchée du chaperon se fit entendre. Nous nous retournâmes vers elle. Outre Bromn qui semblait ravi d’être enfin débarrassé de sa présence, une jeune servante du palais attendait à quelques mètres de là. Je plissai le regard et retins mon envie de faire la moue, lorsque je vis qu’elle portait la livrée des gens originaires d’Avernes. L’identité de la personne qui avait fait mandé Cenerina ne faisait aucun doute : l’épouse du roi était entrain de jouer ses premiers coups.

— Il semblerait que le devoir m’appelle, soupira la princesse, si cela ne vous dérange pas j’aimerais que nous poursuivions notre conversation plus tard.

— Bien sûr votre grâce. Rien ne me ferait plus plaisir. Je serais ravie que vous me parliez encore de l’art divinatoire de Méridionne.

— N’hésitez pas à venir toquer à mes appartements, je vous lirais votre avenir !

J’inclinai la tête, baissant le regard et fermant presque les yeux le temps d’un battement de cœur avant de croiser à nouveau les prunelles de mon interlocutrice. J’étais son obligée. Je devais bien avouer que le Turöt et ses mystères attisaient ma curiosité. Comme chaque habitante du royaume, mes croyances et mes superstitions quant au destin étaient fortes. Les Dieux et les anciens traçaient notre chemin malicieusement. Mais peut-être que les figures du Turöt avaient une opinion différente. Cenerina sembla ravie de ma réponse, elle rangea le jeu et pressa par la suite sa main contre mon bras. Elle s’en alla ensuite, dans un gracieux froissement de jupes et de jupons.

— Je me méfierais de ce jeu de cartes si j’étais vous, bougonna Bromn en s’approchant.

— Je ne vous croyais pas aussi superstitieux.

— Les Dieux n’aiment pas quand on leur fait de la concurrence. Surtout en matière de destin.

Je ne réagis pas, me contentant de garder le sourire. Depuis que les déités avaient décidé de m’arracher à mon petit village, nous n’étions pas réellement en bons termes, eux et moi. Mais il était vrai que m’attirer leur défaveur n’était peut-être pas la chose la plus intelligente à faire. J’observai le ballet des serviteurs et des valets qui se donnait encore devant la grande porte. Ce hui n’était pas idéal pour demeurer dans les alentours du castel.

— Nous verrons bien, répondis-je en poussant un soupir, que diriez-vous d’une promenade ? J’ai l’impression funeste que rester au château présentement n’est pas une bonne idée.

— Ah, par les bourses du Père, je pensais que jamais vous n’alliez le proposer !
 

 

Quelques journées plus tard, une fois que la nouvelle venue fût confortablement installée, je reçus une invitation en bonne et due forme pour prendre une collation en sa compagnie. En vue des regards presque ouvertement hostiles de l’épouse du roi envers moi, je devinai que malgré tous les efforts qu’elle faisait pour garder Cenerina dans son giron, la princesse Méridionnaise se révélait être bien plus difficile à contrôler qu’elle ne l’envisageait. Cet esprit de sédition, qu’elle en ait conscience ou non, laissait présager de bonnes choses pour le futur.

— Que pensez-vous de cette tenue ?

Tout en posant cette question, je sortis de derrière le paravent de ma chambre pour montrer à mon Ombre, la toilette que j’avais choisie pour ma lecture de Turöt. Bromn leva le nez, me considéra de haut en bas. Il inspira et soupira, la bouche déformée dans une mine assez peu convaincue.

— Ce n’est pas un peu trop ?

— Un peu trop ? Comment ça ?

— Ne le prenez pas mal, mademoiselle, mais on dirait que vous êtes attifée pour un bal grandiose. Vous allez bêtement manger des pâtisseries avec la fiancée du prince. La belle Cenerina sans doute envie d’avoir une amie de son âge, inutile de mettre le paquet.

Je me regardai dans le miroir, analysant mon reflet. Il avait raison, ma tenue était bien trop habillée pour un simple rendez-vous de l’après-midi. J’enlevai les perles noires qui pendaient à mes oreilles et quelques autres colifichets. Bien que cela me coûta, après tout le temps d’exécution que ma coiffure m’avait exigée, je défis mes cheveux qui tombèrent jusqu’au creux de mon dos dans une cascade de boucles et d’ondulations. Je retirai également le maquillage ténébreux de mes lèvres et estompai celui qui soulignait mon regard.

— Et maintenant ? demandai-je en me tournant à nouveau vers mon Ombre.

— C’est bien mieux. Bien mieux même ! Je suis sûr que Son Altesse Cenerina voit assez de gens guinder tout le restant de la journée.

Je n’osai pas lui dire qu’ainsi, j’avais l’impression terriblement désagréable de n’être rien de plus qu’une morveuse. Cenerina était une très belle personne. Et même si j’avais quelques indéniables qualités physiques, à côté d’elle, je faisais pâle figure. Je n’avais pas envie de me montrer sous un jour qui me serait défavorable. Peut-être étais-je trop fière ? Une nouvelle fois, je me retournai vers la vitre, essayant de trouver quelconque astuce qui aurait pu me permettre de me sentir mieux.

— Mademoiselle ?

— Oui ?

— Dites… Je voulais vous demander quelque chose.

J’observai son visage dans la glace. Malgré sa stature, ses pommettes étaient rouges comme deux pommes bien mures. Son expression gênée fit naître en moi quelque chose de doux, tendre et velouté. En dépit des années, je découvrais encore des choses sur mon Ombre. Des détails qui s’empilaient sans heurs ou ombrages et qui ne faisaient qu’augmenter l’affection que je lui portais.

— Je vous écoute.

— Eh bien, voilà… J’aimerais que vous arrêtiez de me vouvoyer.

Je ne répondis rien, ne m’attendant guère à ce genre de demande. Je n’avais jamais envisagé que cela puisse être une source d’inconfort pour lui. Ne pas coudoyer Bromn était pour moi une forme de respect. Après tout, lui-même avait cessé de me tutoyer pour mettre cette politesse courtoise, mais complice entre nous. Je n’avais fait que suivre son exemple.

— Très bien. Pourriez… Non, pourrais-tu me dire pourquoi ?

— Je ne sais pas, je trouve ça étrange que vous continuiez à me vouvoyer. Que je sois formel avec vous est nécessaire. Mais que vous ne soyez pas plus… Familière avec moi, me pose un souci. Cela pose une distance que j’aimerai voir disparaître. Je ne sais pas si… Vous comprenez ?

Je demeurai silencieuse pendant quelques instants, considérant avec attention ses paroles. Si tout se passait bien et que les Dieux ne mettaient rien en travers de notre chemin commun, nous avions encore de longues années à vivre l’un avec l’autre. Nous étions déjà proches. Abattre la dernière cloison de distance qui gisait entre nous était peut-être une bonne chose à faire.

— Très bien, mais je souhaite que tu me parles familièrement également dans la sphère intime. Lorsque nous sommes tous les deux, tu peux t’adresser à moi librement.

— Mademoiselle je…

— Bromn. Nous ne partageons pas le même sang ni la même chair et nous n’avons pas les mêmes Ancêtres, mais tu es de ma famille.

Cette fois-ci, c’est lui qui resta interdit. Il baissa le regard et gratta sa barbe. Sur sa main, sous la peau et roulant avec le mouvement de ses doigts, des tatouages rituels que nous avions en commun rappelait silencieusement cet état de fait. Les Dieux avaient entremêlé nos destins. Les erreurs, les mensonges et les trahisons ne pourraient briser ce lien. Seule la mort pourrait un jour le faire.

— Il me faudrait peut-être un peu de temps pour m’habituer. Mais c’est d’accord. Par contre, vous… Tu devrais peut-être songer à honorer l’invitation de la princesse, non ?

— Tu as raison. Il est presque l’heure. Cela dit, il paraît que la politesse Méridionnaise veut que l’on arrive quelques minutes en retard.

— Mais je sais combien tu as hâte d’aller boire le thé tout en mangeant des pâtisseries trop sucrées. Allons-y avant que madame l’épouse du roi ne décide de prendre ta place !

Je ris de bon cœur, appréciant la touche d’humour de mon Ombre avant de le suivre dans les couloirs. L’effervescence de l’arrivée de la princesse n’était pas encore tout à fait retombée. Il n’était pas rare que quelques personnes venues avec elle se perdissent dans les corridors du château. Je ne pouvais que compatir avec eux, j’avais moi-même eux beaucoup de mal à trouver mes marques dans cet écrin de pierre blanche. Cenerina ne résidait pas dans l’aile destinée aux membres de la famille royale. Il avait été décidé qu’elle demeurerait dans la plus grande et belle chambre de la partie ouest du castel, celle qui était réservée aux invités. Je ne savais pas si cela était dû aux exigences des nobles de Méridionne ou à une habile manipulation de lady Agn pour que les appartements de la jeune promise soient proches de la citadelle des Corbeaux.

Deux gardes, dans la livrée bleu et or de la maison Cenerina, attendaient devant la porte de la princesse. Ils s’écartèrent sur mon passage, mais firent signe à Bromn qu’il ne pouvait pas me suivre à l’intérieur.

— Profite de ces instants pour aller rendre visite ta famille en ville, dis-je, cela fait longtemps que tu n’as pas été le voir. Inutile que tu m’attendes dans les couloirs du château. Je devrais pouvoir retrouver le chemin de ma chambre toute seule.

— Bien, mademoiselle. Je vous souhaite donc une agréable fin de journée.

Il posa son poing sur la poitrine et baissa le buste tout en disant cela. Je le saluai d’un sourire puis je toquai à la porte. La servante de Cenerina m’ouvrit. Cette dernière me toisa pendant quelques secondes – comme pour s’assurer que je n’étais pas une imitation, avant de me laisser entrer. Une odeur d’agrume, solaire et entêtante, me frappa.

— Nå ! Quelle joie de vous voir, je suis ravie que vous ayez pris le temps de répondre à mon invitation, s’exclama Cenerina.

La princesse embrassa chaleureusement chacune de mes joues avant de saisir mes mains dans les siennes. Un sourire radieux et sincère illuminait son visage.

— Tout le plaisir est pour moi, Votre Altesse. Êtes-vous bien installée ?

— Oui, j’avais peur que le climat plus froid ne me pose un problème, mais finalement, je suis à mon aise.

— Je me réjouis que vous vous sentiez bien ici. Cela ne doit pas être évident de devoir s’adapter à une tout autre culture, surtout d’une manière si soudaine.

— Pour être tout à fait honnête avec vous, les mœurs de Cnàimh ne sont pas ma première difficulté.

La princesse tira doucement sur mes mains, m’invitant à prendre place près du guéridon qui se situait à côté de la fenêtre principale de la chambre. Cenerina commença à servir le thé. J’en profitai pour scruter discrètement ses appartements. De riches tapis, venus de lointain pays du Sud, habillaient le sol. Sur le lit sculpté en bois sombre, pelisses et couvertures s’amoncelaient. Quelques jouets d’enfants se reposaient contre un des oreillers. Avec le parfum suave qui circulait dans la pièce, je pouvais presque me sentir à mille lieues du Royaume des Os, sur la côte ensoleillée de Méridionne.

— Puis-je savoir ce qui vous pose problème ? Peut-être pourrais-je vous apporter quelconque assistance ? dis-je en avançant une de mes mains vers la sienne.

— Vous allez trouver cela si stupide… Je n’ose avouer.

Une teinte carmin noya son visage tandis qu’elle baissait pudiquement le regard. Venant d’une autre femme, j’aurai jugé cela comme étant une stratégie, de la minaude de bas étages. Cependant, mes rencontres passées avec la princesse m’avaient enseigné qu’elle n’était pas ce genre de personne. Je laissai un sourire glisser sur mes lèvres.

— Comment savoir si je trouverais cela stupide si vous ne parlez pas ? répondis-je avec un brin de malice.

— Eh bien, comment dire cela sans paraître pour une idiote... Je me perds constamment dans les couloirs du château !

Je ne pus m’empêcher de rire sincèrement. Tant de mystères et de duplicités pour une si petite chose. Cenerina se mit à rougir un peu plus et cacha son visage dans le creux de ses mains.

— Ne vous moquez pas, voyons !

— Pardon, il est vrai que cela est indélicat. Surtout venant de ma part ! Que diriez-vous que je vous fasse visiter le château dans les jours à venir ? J’avais l’habitude de me perdre souvent également, j’ai découvert ainsi quelques endroits fort plaisants. Lorsque j’arrivais à les retrouver bien sûr !

Cette fois-ci, ce fut au tour de la princesse de s’exclamer joyeusement. La chaleur reflua de ses joues et je sentis à son regard qu’une réelle affection était en train de se former entre elle et moi. Comment avais-je pu blâmer mon ami de s’être amouraché aussi rapidement de sa promise, alors que moi-même je tombai indéniablement sous son charme ? Soudainement, on toqua à la porte. Loin de surprendre mon hôtesse, cette dernière se leva prestement. Son visage changea et une gaieté sans égale nimba ses traits.

— J’ai également invité le prince Jens, il m’avait fait part de son intérêt pour le Turöt. J’espère que cela ne vous dérange pas…

— Pas le moins du monde, répondis-je d’une voix presque trop fluette.

Cenerina fit signe à sa camériste qu’elle pouvait ouvrir la porte. Ses doigts passaient nerveusement sur les riches ourlets de sa robe, lissant sans cesse un pli qu’elle fantasmait. La silhouette élégante de mon ami apparut dans le chambranle. La domestique le détailla tout comme elle l’avait fait avec moi avant de s’écarter en effectuant une courbette. Les regards des promis se croisèrent et brusquement, ils étaient seuls dans l’univers. Je n’existai plus, la servante non plus et il en allait probablement de même pour le monde extérieur. Dire que les émotions qui m’habitaient alors étaient agréables serait un pieux mensonge. Une véritable tempête se déchaîna muettement à l’intérieur de mon corps, titillant et tiraillant sans répit l’ensemble de mes sentiments. Une nappe froide – peut-être de la colère ? Peut-être de la jalousie ? Commença à ramper le long de mon estomac. Pour éviter de me retrouver consumée par flamme gelée de mon immaturité, je me raclai discrètement la gorge. Comme je l’avais escompté, les deux amoureux revinrent parmi le monde des humbles mortels.

— Jens, je suis ravie que vous ayez pu répondre à ma sollicitation, déclara Cenerina.

— C’est moi qui vous remercie de m’avoir invité. Et je constate que nous avons de la compagnie.

Le regard de Trystan se posa sur moi. C’était la première fois que nous nous croisions depuis notre dispute, il y avait des mois de cela. J’aurai pensé voir dans ses yeux l’éclat revêche et mordant de la discorde. Pourtant, son expression était douce, presque trop, tant et si bien qu’elle se drapait d’amertume. Quant à moi, je me contentai de lui sourire sans la moindre sincérité, une mimique automatique, calculée et factice qui n’était rien d’autre que le masque que mon rôle m’obligeait à porter en toute circonstance.

— Mon prince, dis-je en courbant l’échine, je suis ravie de vous voir. J’ignorai que votre majesté s’intéressait aux arts de la divination.

— Qu’ils viennent de nos terres ou d’ailleurs, les signes divins sont toujours bons à reconnaître, répondit-il.

Il inclina un peu la tête vers l’avant, laissant tomber une ou deux mèches devant ses yeux. Son sourire courtois se métamorphosa en une expression plus provocante. Un courant électrique nous relia, loin de la jonction séduisante qui existait entre lui et sa promise. Je savais pertinemment qu’il essayait de faire, mais je refusai de jouer à ce petit jeu de reproches voilés.

— Que diriez-vous de commencer notre séance ? glissa Cenerina d’une voix presque gênée, Saralisa, pourriez-vous nous apporter du thé ?

La Méridionnaise s’installa et invita Jens à en faire de même. L’infusion et les biscuits arrivèrent sur la table peu de temps après, mais même le goût affreusement sucré des douceurs du Sud ne parvint pas à dulcifier l’ambiance qui s’était établie. Je décidai de complètement ignorer Trystan, quitte à le froisser un peu plus. Cette après-midi était supposée être une agréable distraction pour la princesse. Le mauvais sang qui pouvait avoir entre l’héritier du trône et moi-même ne devait pas pervertir cela.

— Pourriez-vous nous parler des cartes, princesse ? Celles que vous m’aviez montrées étaient d’une rare beauté, déclarai-je en me retournant vers mon hôtesse.

— Avec grande joie !

Cenerina se remua vers une petite étagère en bois qui se situait derrière sa chaise, juste sous le rebord de la fenêtre et saisie une boîte de taille modeste. Je remarquai, en suivant son geste du regard, qu’elle avait d’ailleurs aménagé ce coin d’un épais édredon. Des livres et une pelisse attendaient d’être utilisées. Un léger grincement se fit entendre lorsqu’elle ouvrit le coffret. À l’intérieur gisait son précieux jeu de cartes de Turöt. Avec soin, elle déposa chaque représentation du talon face à Jens et moi.

— Les cartes sont appelées Arcani et elles sont au nombre de vingt-deux. Chaque… comment dire… Chaque figure symbolise un concept, une idée, une métaphore. Mais la signification peut changer en fonction du sens de la carte.

Malgré les explications, je devais avouer que cela ne m’aidait guère à comprendre le principe du jeu. Trystan fronçait un peu les sourcils, son buste s’était légèrement penché et son menton soutenu dans sa paume droite : preuve que lui aussi n’arrivait guère à saisir les subtilités du Turöt pour le moment. Cenerina le remarqua et bougea le bout de son nez tout en faisant la moue.

— Par exemple, cette Arcani

Elle étendit la main vers le jeu et appuya l’extrémité de son index sur la carte numéro six. Le dessin sur la carte représentait un couple entrelacé, une femme reposant sa tête contre la poitrine de son amant. Néanmoins, l’homme qui la tenait dans ses bras regardait dans une direction différente, vers une autre dame tapie dans l’ombre.

— L’arcani de Innamorati, si dans une prédiction, elle est dans ce sens, Diritta, on doit interprété la carte comme étant une chose positive. Elle veut dire qu’il y a un choix à faire pour évoluer dans sa vie. Que le cœur balance.

Cenerina retourna la carte, nous la présentant à l’envers. Le dessin ne changeait pas réellement, mais quelques détails pouvaient être ainsi visibles. Les traits du visage endormi de la femme éprise dans les bras de son bien-aimé montraient à présent de subtiles larmes.

— Dans ce qu’on appelle la position Rovesciata, cette carte dit que la personne n’arrive pas à se prononcer et cette inconstance peut la mener vers la mauvaise décision.

— Oh, je vois. Chaque Arcani a donc au moins deux sens et j’imagine que les significations se répondent ? observa Jens.

— Oui, c’est exactement cela ! En fonction de ce que l’on désire savoir, on tire de trois à cinq cartes. Est-ce que vous voulez que je lise votre Destin ?

Un pétillement d’exaltation colora la voix de l’infante tandis qu’elle rassemblait toutes les cartes et commençait à battre le nez de la main gauche. Je glissai un regard vers Trystan, il était bien trop occupé à observer chacun des gestes de sa promise pour se concentrer sur la question qu’elle avait posée. Mon envie de me réconcilier avec lui s’envolait petit à petit et, pendant un bref instant, je songeai au prince Micah.

— Je vous en prie, dites-moi ce que l’avenir me réserve, dis-je en m’installant plus confortablement sur la chaise.

— Veuillez couper avec la main gauche, c’est très important !

— Pourquoi donc ? demanda Jens.

— Eh bien, à Méridionne on dit que c’est la main qui fait les choses avec l’âme et le cœur.

Je m’exécutai avec attention en prenant bien garde de suivre les recommandations de la princesse. D’un habile tour, elle étala le jeu sur la table. Toutes les figures étaient retournées.

— Choisissez trois cartes, Nå.

— Comment dois-je faire ? répondis-je légèrement médusée.

— Prenez celles qui vous appellent. Certaines vont naturellement vous attirer.

— Très bien.

Je m’approchai un peu plus du guéridon, considérant les options qui se présentaient à moi. À ma grande surprise, il était vrai que je sentis cette chose si particulière dont Cenerina parlait. Une forme de compulsion mystérieuse appâta spontanément ma main vers une première carte, puis une deuxième et finalement une dernière. La princesse devenue prophétesse rangea le reste du paquet et entreprit de dévoiler ma prédiction.

— Oh, c’est un tirage… Pour le moins intéressant, souffla-t-elle, la première est l’Imperatrice. C’est un symbole très fort et positif, elle parle de l’intelligence d’une personne. Son intuition. C’est une très bonne chose que ça soit la première !

Sur l’image, une femme luxueusement vêtue était assise sur un trône. Un riche décor végétal masquait cependant des ruines qui gisaient autour d’elle. Je pouvais voir sans peine le message caché de cette Arcani.

— La deuxième carte est, La Luna. D’ordinaire, c’est un symbole ambivalent, mais toujours fort en positif, mais ici, ce n’est pas le cas. On peut le lire comme la nostalgie, la tristesse et la solitude. Et si la personne n’arrive pas à battre ces sentiments, les illusions et le mensonge peuvent venir et corrompre le plus pur des cœurs.

Deux félins semblaient pleurés en dessous d’une pleine lune rayonnante. Cette carte, bien que sensiblement négative, je ne pouvais m’empêcher de ressentir une certaine connexion avec l’illustration. Elle me laissait rêveuse et avait l’écho familier des nuits de Sessrùn.

— La troisième… Oh, Dio mio… Celle-ci, La Terrione, n’est pas bonne…

Au milieu d’un ciel en feu, une tour éclatait en plusieurs morceaux sous le joug impitoyable de la foudre. Deux jeunes figures, un homme et une femme tombaient dans le vide, faisant face à une mort aussi inéluctable que précoce.

— Oh, Nå je suis désolée. Les cartes disent qu’il va y avoir des grands changements dans votre vie. Ces choses n’arriveront peut-être pas annoncées et vous feront beaucoup de mal si vous n’avez pas le courage de rester fidèle à vous-même. Et surtout, si vous ne placez pas votre confiance dans les bonnes personnes.

Je demeurai sans voix pendant quelques instants. Plusieurs pensées me venaient naturellement, se bousculant toutes dans mon esprit dans un véritable chaos. Ma première réaction était de me dire que les superstitions de Méridionne n’étaient que des fadaises créées pour occuper les femmes désœuvrées de la noblesse. La deuxième me faisait me demander comment Cenerina pouvait-elle déduire tant de choses à partir de trois cartes. Et finalement, un petit murmure discret me parvint, susurrant à mon cœur de funestes paroles.

— Je ferais attention, dis-je d’une voix calme et douce, buvons un peu de thé pour nous remettre de nos émotions. Et puis, je suis sûre que l’avenir du prince quant à lui sera bien plus radieux !

— Je ne suis pas certain que mademoiselle Cenerina soit en état pour lire mon devenir. Peut-être voulez-vous que nous partions, Votre Altesse ?

— Je… Non, je ne vous chasse aucunement. Il arrive parfois que les cartes se trompent ! Tâchons d’oublier cela et profitons de notre thé.

Cependant, malgré tous nos efforts pour distraire Cenerina, la princesse ne pouvait s’empêcher de m’observer avec une lueur inquiète dans le regard. Elle paraissait porter le poids d’une culpabilité toxique, incapable de savoir si je pourrais tordre le cou du Destin pour me libérer de la calamiteuse vaticination qu’elle avait placée sur moi.

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Litchie
Posté le 04/08/2020
Mwoh elle est choupi la petite Cenerina :D ça serait bien une reine moins teigneuse que l'actuelle :p J'ai noté deux/trois petites choses :

"le peuple des Os a le cœur aussi chaud que le sang fraichement versé, mais une épaisse couche de glace le protège."
--> J’aime bien cette phrase, je la trouve jolie.

je défis mes cheveux qui tombèrent jusqu’au creux de mon dos dans une cascade de boucles et d’ondulations.
--> Je trouve cette autodescription un peu exagérée. On sent que c’est toi derrière qui veut la rendre jolie. Même si Na sait qu’elle l’est (ou qu’elle doit le paraître), c'es elle la narratrice, elle se décrit donc elle-même et je trouve l’expression “cascade de boucles et d’ondulations” un peu too much :(

"Je suis sûr que Son Altesse Cenerina voit assez de gens guinder tout le restant de la journée."
--> Guindés

"Deux félins semblaient pleurés"
--> Pleurer

Voilààà <3 je reprends doucement ma lecture :'D
Soah
Posté le 10/08/2020
Coucou Litchie ! :3
Oui, Cenerina, elle est choupinou ! :' ça fait pas de mal d'avoir quelques personnages un peu fluff dans une histoire.

Merci pour les petites coquilles et les remarques ! Ca va m'aider pour la suite n--n
Jess Swann
Posté le 26/06/2020
Ouhhh quel tirage ! On dirait que Na va devoir redoubler de prudence pour la suite. Je redoute que Micah ne le trahissent. En vérité, je préfèrerai que ce soit Jens
Je commence à me demander quels sont les sentiments de Bromn pour Na !
Et j'aime beaucoup le personnage de Cenerina
Soah
Posté le 30/06/2020
Concernant Nå et Bromn, il y a de l'amour sincère entre eux. Une amitié forte et sincère, un attachement presque filiale en somme :)
Quant au reste, je n'en dis pas plus les réponses ne sont que quelques chapitres plus loin !
Jess Swann
Posté le 30/06/2020
Ah donc juste une amitié ^^ Mais j'aime bien leur relation elle est vraiment bien décrite
Zig
Posté le 18/04/2020
Ouuuuuuh de l'italien ♥

Définitivement, j'adore la relation entre Nayla et Bromn... elle est très naturelle et on sent que les deux ont une vraie connexion. Je suis contente de les voir se tutoyer (oui, je suis souvent contente pour un rien xD)

J'aime aussi beaucoup le côté rafraîchissant et pur de la princesse... à ce rythme elle va se faire dévorer toute crue, la pauvre.

Et puis il y a cette notion qui apparaît plus forte, à la fin, celle du destin : c'est un thème que j'adore, et que je m'attends toujours un peu à trouver dans la fantasy alors ça y est, il est pleinement là, et apporté d'une manière que j'ai trouvé vraiment sympa !

Faire attention à s'appuyer sur les bonnes personnes, hein ? Genre... éviter Micah ? :D
Je sens qu'elle va finir par faire une grosse boulette, notre petite corbette... c'est pas bon la jalousie, pas bon du tout !
Soah
Posté le 26/04/2020
Oui de l'italien tout péter :'D ... Parce que j'en parle pas un broc alors je me suis amusée à piocher les infos dans les pages wikipédia mise en italien x')...

Moi aussi, j'étais contente qu'ils se tutoient xDD Comme quoi !
Et de la Cénérina rôtie, c'est très bon :'D

Mine de rien, c'est vrai que le destin a son importance dans ce roman. Mais comme j'essaie de naviguer dans un monde dans magie, je fais de mon mieux pour ne pas rendre le tout trop "gros" ou voyant !

Micah, je vois pas pourquoi... voyons... :p
Flammy
Posté le 13/04/2020
Coucou !

Dans ce chapitre, je suis passée par toutes les émotions pour Na ^^ J'ai été très touchée par sa relation avec Bromm, qui est décidément très cool et très bien retranscrite, on sent bien toute la tendresse, la force de leur lien mais pourtant une pudeur, et c'est très cool ! Et par contre, quand elle est prête à se reprendre le choux avec Jens, j'ai eu envie de l'étriper xD Il a tellement rien fait pour mériter ça le pauvre ='D En même temps, la situation était compliquée de base pour eux, pour que ça se passe bien, mais voilà quoi !

La princesse est vraiment adorable. J'avoue que je flippe un peu à l'idée qu'en vraie, c'est une pouffe super douée, mais en même temps j'ai pas envie d'y croire. C'est tellement rafraîchissant un personnage comme elle ! Bon, par contre, sa prédiction n'augure rien de bon xD Clairement l'Enchère, ça va pas bien se passer, et il va se passer un truc à la con avec les deux princes je pense. Rien qui ne donne trop envie quoi ^^"

Bref, je suis vraiment de plus en plus curieuse de voir comment tout cela va tourner, parce qu'à mon avis, ça va pas être joli à voir et je me demande à quelle sauce tu vas nous manger ^^
Soah
Posté le 14/04/2020
Piou ! ~
xD Haha, comme le disait quelqu'un d'autre dans son commentaire - dans ce chapitre ou avant, vive les hormones de l'adolescence x')
J'essaie aussi de montrer avec ça que Nå, elle a quand même un sacré caractère de cochon mine de rien :p

Je ne dirais rien pour Cenerina, parce que ça serait du spoil ! Mais je suis contente que vous soyez tous un peu partagez entre le "elle est mimiiii" et le "mais attendez, c'est peut-être une sale garce ?!"
En effet, il y a du foreshadowing :p Je ne dirais pas sur quoi cela dit!

J'espère que la conclusion de la partie 1 vous fera de l'effet tout cas ! J'avouerais que tout est bluid pour ce moment précis, s'il fait flop, je serais déçue ! ;n;
Alice_Lath
Posté le 11/04/2020
Ah, c'est certain que ce n'est pas facile de tourner la page de son premier amour de jeunesse quand on a quinze ans. Et la princesse a vraiment l'air sympathique tout à coup, même si je continue à demeurer un peu méfiante. En tout cas, quelque chose me dit que ce mariage ne va pas se passer comme prévu, ça se sent à plusieurs kilomètres. C'est peut-être ça la signification de l'arcane de la Tour?
Soah
Posté le 13/04/2020
Il y a en effet, du foreshadowing sur le tarot, mais je n'en dirait pas plus :p
La pauvre Cenerina, tout le monde se méfie d'elle ! x') Peut-être à tort ou à raison, cela dit !
PetraOstach - Charlie O'Pitt
Posté le 05/04/2020
Coucou Soah !

Elle nous fait une belle crise d'ado Nayla ! lol
Ca manière d'envoyer les gens péter quand elle est contrariée me rappelle mes petites crises que j'avais à son âge hahaha
Je trouve qu'il y a une part de philosophie derrière ton histoire, notamment sur le thème du passage de l'âge enfant à l'âge adulte. Nayla a de grand conflits internes et elle essai de trouver son identité, mais ce n'est pas facile. L'enfant est toujours là, on lui demande d'être adulte, elle a envie de l'être d'autant plus que ses hormones lui jouent des tours, mais elle rencontre de grandes difficultés à gérer tout cela.
Je ne sais pas si c'est volontaire de ta part, mais je pense que c'est une histoire que tu peux emmener loin si ça fait parti des thèmes que tu veux explorer au delà des jeux de pouvoirs.

Bisous !
Soah
Posté le 07/04/2020
Poui !

Ah mais totalement ! xD Nayla a 15 ans, donc, c'est pas facile tous les jours dans sa petite tête ! C'est pas parce qu'on est la future dirigeante d'une sororité d'influence qu'on doit être sage ! x')
C'est quelque chose que j'essaie de mettre en place avec sa bouderie vis-à-vis de Trystan d'ailleurs !
Ce n'est pas le thème central du roman, mais je pense que c'est un sous-sujet que je ne pouvais pas laisser de côté :)
Sorryf
Posté le 26/03/2020
Cette prédiction m'intrigue beaucoup. Je pense pas que cette histoire de confiance en de mauvaises personnes vise le frère du futur roi, je sais pas... Na s'en mefiait bien, leur petit rapprochement de la dernière fois c'était pas non plus de la confiance (je pleurniche parce que je veux pas que Micah soit méchant xD)
J'aime beaucoup la princesse <3 ! les persos "jeunes" sont tous très chouettes, je trouve, les deux princes, Na, Klae, la princesse. D'ailleurs j'étais étonnée que Na ait que 15 ans ! je pensais beaucoup plus, et a un moment tu mets qu'elle est arrivée "depuis de nombreuses années", alors qu'elle avait quoi, 12 ans au départ ? ça fait seulement 3 ans.
Soah
Posté le 26/03/2020
°V° huhuhu, je suis contente si tout cela te plonge dans la perplexité... Je n'en dirais pas plus que pour éviter de spoiler ce qui va venir. Veux-tu un petit paquet de mouchoir ? xD

Nå lorsqu'elle débarque a 10/11 ans, du coup, ça fait 4 à 5 ans qu'elle est là ! :p Le temps passe !
Comme j'ai envie d'un contexte assez médiéval un peu "réaliste" le cast est assez "jeune" x: j'espère que ça ne sera pas gênant/malaisant pour la suite (coucou l'Enchère.)

Merci de ton avis en tout cas <3
AudreyLys
Posté le 25/03/2020
Coucou ! Alooooooors, ce chapitre était cool, vraiment ! J'adore le titre en plus.
Tout m'a plue - sur le fond, j'entends - sauf les tensions entre Jens et Nå qui ont tendance à m'agacer. Je reste septique sur Cenerina, je trouverais trop facile qu'elle soit aussi gentille qu'elle le parait.
La prédiction à la fin était cool aussi. La confiance à ne pas placer en de mauvaises personnes... kof kof .... Micah... kof kof... Cela annonce quelque difficultés pour Nayla, un régal donc pour nous, lecteurs ;-)
Les coquillettes et spaghetti :
>je n’ai pas le loisir de m’adonner à ces de sentiments. -> il y a un mot en trop ou en moins je ne sais pas, en tout cas ce n’est pas clair
>Bien sûr votre grâce -> Votre Grâce
>Les Dieux n’aiment pas quand on leur fait de la concurrence. -> quand ils y en a plusieurs, on écrit dieux sans majuscule
>la princesse Méridionnaise -> sans majuscule (c’est un adjectif)
>J’ignorai que votre majesté s’intéressait aux arts de la divination. -> Votre Majesté
>Deux félins semblaient pleurés en dessous d’une pleine lune rayonnante. -> pleurer

Question : Il y aura combien parties à LRDC ?

Voili voilou ^^
Soah
Posté le 26/03/2020
Coucou :D
Han, je suis suuuper contente si ce chapitre t'est apparu comme étant cool ! Ca me fait très plaisir ! Jens et Nå, c'est un peu des gros bébés qui arrivent pas à se parler ! xD Mais j'aime bien le fait qu'ils soient tous les deux un peu caractère de cochon :p
Je ne dirais rien quant à Micah ou Cenerina <3

Merci pour les coquillettes et les tagliatelles ;p

pour le tome 1, NORMALEMENT, sauf si la jardinerie fait surface, il n'y a que deux parties. Mais une troisième est pas exclue...
Cocochoup
Posté le 22/03/2020
j'ai envie de ne pas l'aimer cette princesse, mais comment serait ce possible? elle est douce, gentille, jolie...; mais zut elle se met entre le prince et Na!
Ce tirage de tarot m'inquiete... la confiance a ne pas placer en de mauvaise personne me fait penser à la relation qu'elle commence à developper avec Micah... ca sent pas bon du tout!!
Soah
Posté le 22/03/2020
Oh mais non la pauvre Cenerina ! X') Mais je pense que si tu ressens ça, c'est que d'un côté je fais bien mon travail ! :)
Quant au reste, ma foi, je pense que le pire n'est peut-être pas Micah... :p mais je n'en dis pas plus !
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