Chapitre 13 - La valeur du noir

Par Soah
Notes de l’auteur : Bonjour bonjour ! Voici le chapitre treize, en pleine semaine d'un vendredi treize ! Je prends des risques ! :p J'espère qu'il vous plaira ! ~ Merci de votre soutien et de vos commentaires, tout ça m'aide vraiment à avancer ! :)

Tout le jour durant, je n’avais cessé de bouillonner de colère en faisant les cent pas dans ma chambre, une fois Klæ partie. Rien n’avait réussi à calmer cette fureur qui me rongeait les veines. Je n’évoquai les raisons de mon trouble avec personne. Pas même mon Ombre. De peur que, quelqu’un trouvât quelconque argument pour apaiser mon ressentiment vers mon aînée.

Le soir venu, je me présentai devant les appartements de lady Agn après avoir guetté son retour. Les gardes à la porte n’osèrent pas me repousser et me laissèrent entrer. La souveraine m’accueillit avec un regard interrogateur puis un sourire avenant. Loin de tempérer mes ardeurs, son expression douce souffla sur les braises de ma rancœur.

— Bonsoir, Nå, quelque chose te tracasse ? Il n’est pas usuel que tu me visites aussi… Prestement et à une heure des plus tardive.

— Ne jouer pas avec moi, madame ! sifflai-je avec colère.

— Je suis désolée, mais je ne vois pas de quoi tu parles, mon enfant.

— Je ne suis pas, votre enfant. Vous m’avez privée de ma mère ! Je sais pour les lettres.

Un silence hivernal s’installa entre nous. Le sourire bienveillant de lady Agn s’effaça doucement tandis qu’elle se redressait en croisant les mains sur l’avant de son corsage. Une posture que je connaissais bien, car je la reproduisais à chaque fois que j’avais besoin de me donner un peu de contenance.

— Je vois, finit-elle par dire, assieds-toi s’il te plaît. Nous allons discuter de ça et…

— Non ! je veux la vérité, explosai-je en m’approchant d’elle.

Je verrouillai mon regard au sien. Comment son visage pouvait-il être si calme et froid ? Mes dents s’enfoncèrent dans la muqueuse tendre de mes joues. Je serrai les poings ignorant la piqure aiguë de mes ongles dans mes paumes de main. Pour la première fois depuis que je la connaissais ses yeux dévièrent des miens. La souveraine s’approcha de la cheminée et y plongea son attention.

— Par où commencer, murmura-t-elle.

Ses paroles semblaient être plus destinées à elle-même qu’à moi. Elle exhala lentement en fronçant les sourcils. Elle se détourna du linteau et passa derrière son bureau. De sa poche, elle tira une petite clef dorée et ouvrit un des tiroirs de son secrétaire. Elle sortit une pile de lettres, que je reconnus comme étant les miennes et une autre enveloppe, qu’elle garda en main.

— Outre le fait que cela serait une distraction trop grande et un frein à votre acclimatation, peu de temps après que tu aies envoyé ta première missive à Sessrùn, nous avons reçu une réponse, articula-t-elle.

Elle me tendit le billet. Je l’attrapai du bout des doigts, presque fébrile, et fit quelques pas en arrière, lui tournant le dos comme si cela pouvait m’assurer quelconque intimité. Sur l’endroit du pli, mon appellation n’était pas rédigée. La lettre était destinée à la cheffe de notre sororité. Sur l’envers, ma mère avait écrit son prénom ainsi que la désignation de notre village. Un léger pincement créa un chavirement dans ma poitrine lorsque je soulevai le cachet usé par les ans. Je glissai un regard vers lady Agn, son air peiné ne laissait rien présager de satisfaisant, mais j’étais bien trop tendue pour y prêter pleinement attention.
 

À Sa Majesté la Reine des Corbeaux,

Madame,
Je vous remercie du fond du cœur d’avoir eu l’obligeance ainsi que la bonté de me faire parvenir la missive de ma fille, Nayla. J’ai ouï dire que vous aviez porté votre intérêt sur elle afin de faire d’elle votre nouvelle pupille. Cette nouvelle me met également en joie, même si je devine malheureusement les motivations qui vous ont poussées à faire ce choix.
Bien que j’aime ma fillette de tout mon cœur, je sais qu’il me sera impossible d’un jour la récupérer. Et si, nous venions à être de nouveau réunies, je sais qu’elle ne sera plus la même petite fille à laquelle j’ai renoncée. Vivre dans la maison où son rire à si longtemps animer les murs m’est de plus en plus difficile. C’est pour cela que je compte quitter sous peu le village de Sessrùn. Lorsque cette lettre vous parviendra, j’espère déjà être loin du Grand Nord.

Je vous sollicite, de femme à femme. Pour que vous preniez soin de mon enfant. Elle est la meilleure chose que cette existence m’est offerte et j’ai dû terriblement offenser les dieux afin qu’ils me la reprennent ainsi. Par souci de préserver son cœur d’innocente, je vous demande de ne pas lui faire suivre cette missive. Que vous lui disiez ou non la vérité dépendra entièrement de votre sagesse.


C’est humblement que je m’en rends à vous.

 

Mes mains se mirent à trembler tant et si bien que je froissasse presque le papier. Je levai le nez vers lady Agn. Comme toujours, elle avait le regard fixé droit devant elle, sa posture était parfaite et une grâce régalienne émanait de sa personne. Quant à moi, je faisais peine à voir avec mon dos voûté par le chagrin et les larmes qui menaçaient de déborder de mes yeux.

— Par tradition, j’ai fait le choix de bloquer les correspondances. Peu d’entre vous souhaitent maintenir le contact avec leur famille de toute manière.

— Vous vouliez surtout ne pas perdre une nouvelle novice, reniflai-je en froissant un peu plus la missive entre mes paumes, je l’oublie bien trop souvent, mais je ne suis qu’un outil entre vos mains.

— Tout comme moi dans celles des Dieux.

— Non, c’est différent… Ma mère parle de vos motivations à faire de moi votre apprentie. Je n’ai jamais compris ce choix. Pourquoi l’avez-vous fait ? Qu’est-il arrivé à celle qui était là avant moi ?

Pendant des années, je m’étais posé la question du destin de la précédente recrue de la Reine, sans pour autant oser formuler quoi que ce soit. Mais ce jour'hui j’en avais assez des mensonges, assez des secrets, assez de n’être qu’un pion sans réel pouvoir ou importance. Lady Agn ne cilla pas, son visage demeura impassible.

— Que sais-tu de ton père ? Et de ta mère ? demanda-t-elle soudain, brisant le silence tendu qui nous reliait.

— Il était un prince marchand, d’après elle. Je ne l’ai jamais connu. Quant à ma mère, elle était une aventurière avant de le rencontrer. Je n’en sais guère plus. Pourquoi donc ?

— Cela ne t’étonne donc pas qu’une femme de basse extraction, une baroudeuse, une rôdeuse, puisse écrire une missive aussi distinguée de sa propre main ? Beaucoup de personnes savaient-elles écrire dans ton petit village du nord ?

Elle s’approcha de moi, tout en gardant sa main sur son bureau. Peut-être étais-je allé trop loin, car la tension dans la pièce avait changé. Lady Agn déployait tout son charisme dans cet échange. Mes clavicules s’affaissèrent et je descendis le regard. Le paradigme de la conversation lui donnait l’avantage et je ne pouvais pas récupérer l’ascendant. En vérité, je ne l’avais jamais eu. Je baissai les épaules, fléchissant sous ce regard implacable.

— Mon refus initial quant à te prendre sous ma tutelle n’a jamais été une vérité. Ton intervention – bien que touchante, ne m’a pas fait changé d’avis. J’avais déjà pris ma décision avant même de te voir. Si tu n’avais pas ouvert la bouche, nous aurions fait en sorte que tu prouves ta valeur autrement. Quand bien même si tu ne peux honorer le sang, je t’ai choisie à cause des ancêtres avec lesquels tu partages le tien.

— Que voulez-vous dire ?

— Notre roi actuel n’était pas le seul enfant de la famille royale. Peu de gens connaissaient son existence, mais il avait une sœur illégitime. Une sœur qui a été mariée à l’un des fils du sultan de Zamarad. Ta mère est le fruit de cette union.

La couleur de ma peau, de mes cheveux venant de par de-là la Mer Déchue. Une terre dont j’ignorais tout et qui pourtant détenait en son sein une partie de mon histoire. Par réflexe, je glissai mes mains dans l’entremêlement de mes mèches.

— Même si elle a pris grand soin de couvrir ses traces, nous étions au courant qu’elle menait une existence pittoresque dans le nord. Rien n’échappe jamais au regard des Corbeaux. Il était… Impensable que ton lignage ne soit pas mis à profit.

Un sourire sarcastique agita ses lèvres tandis que je pinçais les miennes. Je ne savais pas quoi répondre, prise aux dépourvues par l’impudeur de sa sincérité. Par la brutalité de ses paroles.

— Le Sultan a déjà fait plusieurs demandes de façon à ce que tu sois envoyée à sa cour pour qu’il puisse rencontrer sa descendance. Lorsque ton Enchère sera passée, c’est là-bas que tu iras.

Jamais je ne m’étais imaginé cela. Traverser la Mer Déchue n’était pas une option qui m’avait traversé l’esprit dans l’immédiat. Surtout pas pour une réunion de famille avec laquelle je n’avais, au final, aucun lien.

— Quant à ta prédécesseure, Q’ra… Elle n’a pas eu la jugeote de résister aux avances de l’épouse de notre seigneur et maître. Son manque de discernement l’a menée à sa perte.

Son visage se déforma dans une grimace douloureuse. Je réalisai brusquement que ma présence n’avait pas effacé la détresse de l’absence de cette jeune fille. Mon existence en tant que pupille n’absolvait pas les actes de Joanna d’Ys.

— Je suis désolée, je…

— Ne te confonds pas en excuses. Cela ne sert à rien. Il y a des vérités que j’aurai dû formuler bien plus tôt. Quant aux autres, j’aurais préféré que tu aies la décence de ne pas les clamer sous le joug de la colère. Ce genre de caprices ne nous ait pas permis. Peut-être ai-je été trop tendre avec toi.

— Je ferais de mon mieux pour mériter à nouveau votre estime, répondis-je en baissant les yeux et en m’inclinant le plus possible.

— Je n’en doute pas. D’ailleurs, tu auras bientôt l’occasion de prouver tes dires : la fiancée du prince héritier arrivera plus tôt que prévu chez nous. Tu lui as fait une forte impression, car elle a spécifiquement formulé son désir de passer du temps avec toi.

Je relevai le regard vers ma reine, l’orage qui avait grondé dans sa voix il y avait encore quelques secondes semblait s’être dissipé. Lady Agn s’approcha de moi et d’un geste de la main, m’invita à me redresser.

— Tu devrais t’assurer de gagner son affection ainsi que sa confiance plus avant. Nous n’avons pas besoin d’une deuxième Joanna d’Ys dans ce château.

Je ne pouvais qu’acquiescer silencieusement. L’épouse du roi était une personne terrible à bien des égards et malgré son apparente beauté, il y avait quelque chose de bien plus sombre en elle. Quelque chose que même la Reine des Corbeaux redoutait.

— Cette petite est intelligente, je suis persuadée qu’elle fera une conjointe de qualité pour le prince, mais uniquement si nous ne laissons pas la vipère qui lui sert de belle-mère être son seul repère.

— Le prince Jens sera là pour elle, argumentai-je pour tout de même essayer de me défiler.

— Nå, il y a bien des choses qu’une femme ne peut évoquer avec un homme et surtout pas son mari.

Ses lèvres laquées de noires s’animèrent en un sourire doux. D’un pas, elle s’approcha un peu plus de moi et envoya ses doigts caresser l’ovale de mon visage. Ce contact dépêcha un millier de petits friselis dans mon corps, entre plaisir d’être ainsi touché et crainte mesurée.

— Maintenant si cela ne te dérange pas mon enfant, j’ai à faire. Sauf si tu as autre chose à me communiquer ?

— Non, je vous prie de me pardonner encore pour mon comportement ce n’était…

— Que t’ai-je dit à propos des excuses ? De plus, tu devrais savoir que les mots sont vains. Seules les actions comptent.

Tout en prononçant cela, elle m’avait raccompagné à la porte. Bien que cela ne servait à rien, je tentai d’adoucir cette séparation en lui offrant une œillade presque suppliante. L’ouverture se referma malheureusement sur moi et je me retrouvai seule. Les gardes postés dans le couloir s’aventurèrent à me décocher un regard en coin sans pour autant faire le moindre commentaire. Je retournai dans ma chambre en traînant des pieds, la mine basse et le cœur en berne.


***

Bien sûr, après tant de choses il m’était impossible de trouver le sommeil. Je songeai à ma mère, aux secrets que lady Agn gardait, aux tourbillons de la politique du pays qui menaçaient de nous engloutir. Je devais cesser de comporter en gamine, je devais grandir pour mon propre bien, mais également pour celui de notre nation. Je n’avais pas les épaules pour être l’héritière des Corbeaux mais il ne tenait qu’à moi de le devenir. Je décidai donc de mettre à profit mon temps, plutôt que de regarder le plafond. J’enfilai une épaisse robe de chambre doublée de fourrure ainsi que des chaussures avant de quitter mes appartements.

Ce n’était pas la première fois que je circulai de nuit dans le château, mais j’étais toujours surprise par l’étrange sérénité qui y régnait. Une fois la lune à son zénith, les murs, d’ordinaire constamment bavards, se taisaient et laissaient l’obscurité veiller sur le sommeil des habitants. Je fis un premier arrêt à la bibliothèque de l’étage, emportant avec moi quelques tomes que j’avais envie de parcourir. Je descendis ensuite jusque dans la cuisine. Deux domestiques étaient encore auprès du feu – au cas où quelqu’un aurait besoin de quelque chose, et discutait joyeusement. Lorsqu’elles me virent, l’une d’elles eut un mouvement de recul comme si elle avait plongé son regard dans celui d’un esprit vengeur. Sa camarade se moqua gentiment et je me joignis à elle avec gaieté. Je formulai par la suite mon désir de pouvoir avoir un lait de chèvre chaud.

— V'n’arrivez pas à dormir, mam’zelle ? demanda l’une des deux femmes.

— En aucun cas, avouai-je, avec un sourire, alors j’ai décidé d’aller dans le jardin d’hiver pour lire un peu. J’espère que cela ne dérangera personne…

— Bien sûr qu’non ! Vous voulez qu’on vous apporte vot'lolo là-bas ? enchaîna l’autre en remuant une cuillère en bois le petit pot de lait qui dousinait le feu.

— Oh, ce serait fort aimable, répondis-je, je ne souhaiterais pas abîmer les livres que j’ai emportés avec moi.

— Filez donc ! Dès que c’est prêt, nous vous amènerons ça.

— Merci infiniment, mesdames. Je suis votre obligée.

— Nous couvez dont pas d’tant d’éloges ! C’qu’on a pas l’habitude nous ! On va pu savoir où s’mettre après ! Surtout cella-la !

La plus jeune des deux – celles qui était entrain de surveiller le lait, se mit à rougir sous les paroles taquines de sa matrone. Je me permis de rire légèrement avant de prendre mon congé, l’âme un brin plus enjouée. Devant la porte du jardin, je sentis mon cœur battre un peu plus fort. Et si Trystan était là ? Avais-je seulement envie de le voir ? Finalement, je posai la main sur la clenche et ouvrit. La pièce était déserte. Pourquoi m’étais-je attendu à autre chose ? Après tout, c’était moi qui avais rompu le fil de notre amitié.

J’allumai quelques bougies près de mon fauteuil préféré et m’installai. Je levai les yeux vers le ciel. Le flot des étoiles se mélangeait avec mon reflet dans la verrière. Je priai les Anciens, les Dieux et les os de me donner la force de devenir une meilleure personne. Quelques minutes plus tard avant que je n’aie pu réellement ouvrir un de mes livres, on me délivra mon lait chaud dans un petit bol. Je remerciai chaleureusement la servante qui semblait ravie d’avoir pu m’être utile. Puis, une fois le calme revenu dans la serre, je me plongeai dans ma lecture.

Les pages défilèrent doucement, car je tentais de mémoriser le plus possible chaque information qui m’était présentée. Je me renseignais sur Méridionne afin que je puisse converser de choses qui pourraient intéresser Cenerina lorsqu’elle serait à la cour des ossements. J’en appris ainsi plus sur sa lignée, mais aussi sur les traditions de son peuple qui étaient si différentes des nôtres. Mon petit doigt me suggéra qu’outre le fait que cette contrée était un parfait partenaire commercial pour nous, le royaume des Os n’avait rien en commun avec eux. Cela avait probablement été un facteur qui avait tout particulièrement attiré l’épouse du roi. En tant qu’unique autre étrangère à la cour, la jeune femme en mal de son pays se tournerait naturellement vers elle. Cependant, si je me montrais à la fois curieuse tout en étant connaisseuse, il y avait de fortes chances pour que son choix se portât vers moi. J’espère de tout cœur que cela soit le cas, car, mon intuition me disait qu’être l’amie de Joanna d’Ys n’était plausiblement pas une chose des plus aisée. L’épouse de mon roi devait probablement entretenir des relations à vous faire perdre la tête. Au sens propre comme au figuré.

Au bout d’un certain temps, lire à la lumière des flammes commença à être laborieux. Mes yeux étaient douloureux à cause du manque de luminosité, mais aussi de la petitesse des caractères d’imprimerie des livres. Je poussai un soupir en écartant le volume sur la modeste table basse. La nuit était encore d’encre, l’aube ne se lèverait pas avant plusieurs heures. Je finis mon bol de lait – devenue froid depuis longtemps, avant de me hisser hors du fauteuil que j’avais occupé.

— Tu sors enfin le nez de ton livre.

La voix me fit sursauter et je me retournai vivement vers elle. Installé dans une des autres assises de la verrière, le prince Micah me regardait. Sa tête était négligemment posée sur son poing fermé. Je serrai les livres contre ma poitrine, le visage encore livide à cause de la surprise.

— J’ignorai que Votre Altesse était présente, dis-je le plus calmement possible.

— Je t’ai salué, mais tu n’as pas répondu. J’ai supposé que tu étais absorbée par ta lecture.

— Je suis confuse, veillez me pardonner.

Il chassa mes excuses et ma révérence d’un geste de la main avant de se lever. Avec le temps, la différence entre Micah et Jens s’était accentuée. Le prince héritier apparaissait souvent calme même si l’éducation qu’il avait reçue lui conférait une certaine efficience dans les arts du combat. Son frère quant à lui avait des airs plus sauvages, impétueux et orageux. Une tempête semblait toujours être le point d’éclater dans son regard gris malgré ses manières parfaites. Petit à petit, mon inquiétude reflua sous les effets son sourire serein.

— Vous ne parvenez pas à dormir, Votre Altesse ? demandai-je.

— À vrai dire, non. Je suppose que tu es frappée de la même affliction ?

— Oui. Aujourd’hui a été… particulièrement difficile.

Je repensai à tout ce qui s’était produit. La visite de Klæ, ce matin. Ma conversation avec lady Agn, en fin de journée. Et toute la rage, la colère et le mauvais sang que je m’étais faits entre ces deux rencontres. Porter le secret d’autrui ; lever le voile sur certains me concernant. Oui, ce jour avait été éprouvant à bien des égards. En observant la posture toute en retenue de mon interlocuteur, je songeai que c’était là, la première occasion dont nous jouissions pour avoir une discussion ensemble. Mais également que les quelques paroles que nous venions d’avoir étaient vraisemblablement l’échange le plus long que nous ayons eu.

— Je n’aurais pas l’impolitesse de te demander ce qui te tracasse. Mon frère doit déjà tout savoir de tes soucis, tu n’as probablement pas envie de raconter le récit de ta journée une nouvelle fois, surtout à un parfait inconnu ou presque.

Un léger sourire, qui ne releva qu’une seule des commissures de ses lèvres, se dessina sur sa bouche. J’essayai tant bien que mal de conserver mon propre rictus aimable. Les deux frères n’étaient pas proches ni en bons termes, de ce fait j’étais étonnée qu’il fût au fait du lien que nous entretenions. Peu de personnes à court savaient que Trystan et moi étions véritablement amis.

— À vrai dire, mes relations avec Sa Majesté sont… Tendues en ce moment, avouai-je d’une petite voix.

J’ignorai pourquoi je lui confiai cela, mais je sentis mon cœur se réchauffer un peu lorsqu’il adopta une gestuelle qui me parut sincèrement désolée. Le prince Micah s’avança vers moi, réduisant considérablement la distance qui nous séparait. Les éclats zinzolin des chandelles se déposèrent sur son visage. De l’arête droite de son nez jusqu’à ses pommettes hautes en passant par les contours volontaires de sa mâchoire, le seigneur exhérédé possédait un attrait ensorcelant. Nos regards s’accrochèrent pendant un instant et une tension étrange sembla nous relier. Je voyais réellement pour la première fois l’homme qui était devant moi et il aurait été sot de dire que je n’appréciai pas ce qui s’offrait à ma vision. J’en oubliai presque tout ce que je savais de lui.

— Puis-je connaître les raisons de votre différend ? Je ne peux pas dire que je suis particulièrement proche de mon petit frère. Mais je maîtrise assez le sujet pour te venir en aide, si tu le souhaites, déclara-t-il.

— Je ne veux pas embêter votre altesse avec des choses aussi puériles que les aléas de ma relation avec votre frère, répondis-je en baissant un peu le regard.

Je n’avais pas réellement le goût d’avouer que notre différend était lié davantage à ma personne qu’à Jens. Depuis le thé que nous avions eu en compagnie de sa future épouse, j’évitais mon ami autant que possible. Je savais très bien que si nous venions à nous croiser pour autre chose que le théâtre politique du royaume, je serais celle qui devrait s’excuser. Et je n’avais pas envie de faire ce pas.

— Je vois. Je ne peux pas te forcer à en discuter avec moi, articula Micah avec un air presque peiné sur le visage.

— Ce n’est pas cela. Bien au contraire.

— Ne t’inquiète pas, j’ai compris. Et je ne t’en tiens pas rigueur. Moi aussi, je ne confierais pas mes états d’âme à la première personne croisée au beau milieu de la nuit, répliqua-t-il avec un sourire franc.

J’étais soulagée qu’il ne prenne pas ombrage de mon refus. Un silence s’installa ensuite entre nous. Contrairement à certaines pauses, cette parenthèse n’était pas désagréable ou inconfortable. Nous ne cherchions pas à combler le blanc, nous le laissions exister, tout simplement. Soudainement, sa main rejoignit l’ovale de mon visage avant que ses doigts se fraient un chemin dans ma chevelure. Sa paume me parut immense, englobant presque la totalité de ma pommette. Son pouce frôla ma lèvre inférieure.

— En tout cas, mon frère est un bel imbécile. Doublé d’un aveugle.

Mon cœur se comprima dans ma poitrine tandis que ma langue devenait presque sèche contre mes dents. Je sentis mon sang confluer vers mes joues. Son visage se pencha doucement vers le mien. Je fermai les yeux à l’instant où ses lèvres se déposaient chastement contre mon front. Je relâchai ma respiration dans une lourde expiration, soulagée qu’il n’ait pas entrepris de me dérober mon tout premier baiser. Je voulais partager cela avec quelqu’un d’autre. Avec quelqu’un que je ne pourrais jamais avoir. Quelqu’un qui ne m’aimait pas comme je l’aimais.

— Tu ferais mieux de retourner dans tes quartiers, murmura-t-il, l’aube va se lever dans une poignée d’heures.

— Je vous renvoie votre propre conseil, répondis-je sur le même ton.

— Malheureusement, j’ai déjà beaucoup à faire. Ne pas être l’héritier du trône ne m’a pas arraché à mes responsabilités, j’en ai bien peur.

Sa paume tomba doucement vers l’avant. Le dos de sa main effleura la peau de ma gorge. Il recula de quelques pas et s’inclina. Je lui rendis sa révérence en prenant grand soin de me pencher bien plus qu’il ne le faisait.

— J’espère que nous aurons le loisir de discuter plus souvent à l’avenir, bel oiseau, glissa-t-il en se relevant.

— Rien ne me ferait plus plaisir, Votre Altesse.

— Fort bien, mais sache que cela n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd. Nous pourrions même devenir amis. Je ne prendrais pas ce risque si j’étais toi.

Je pouffai presque, mais me retint, de peur qu’il prît mal mon rire. Son sourire invitait à la légèreté, mais je n’osai pas m’y abandonner.

— Bonne nuit, Nå.

— Bonne nuit, mon prince.

Il s’en alla sans un bruit, après un dernier regard caressant. Je regagnai ma chambre le plus vite possible en serrant mes livres contre moi, oubliant totalement mon bol de lait sur la petite table du jardin d’hiver.
 

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Zig
Posté le 18/04/2020
Et beh voilà... j'ai continué...

Ma première impression c'est que quelques informations très importantes (le lien avec la famille royale, etc.) tombent un peu trop là entre la poire et le fromage. C'est un poil lancé à la va-vite et sans réelle réflexion apparente du côté de Nayla, ça m'a fait un peu drôle.

J'aime beaucoup, beaucoup la rencontre entre Micah et Nayla. Je n'arrive pas à savoir si le prince joue un jeu de séduction pour son propre plaisir, contre son frère, ou si son besoin d'amitié est sincère... En tout cas j'aime bien la construction de ce personnage.

T'as vraiment une dent contre "entrain" toi xD
Quand tu l'utilises c'est censé être "en train de...", parce que sinon, l'entrain, c'est la joie, le bonheur, l'exaltation, etc (avec entrain).
Soah
Posté le 26/04/2020
Désolée, c'est peut-être décevant tout ça ;v;
J'essayerais de retravailler mes révélations un peu mieux, promis !

Micah c'est un personnage que j'aime beaucoup. Mais il se dévoilera beaucoup plus dans la partie 2 :p

entrain/en train, c'est monsieur Open Office, promis, je lui règle son compte dés que je peux xD
Flammy
Posté le 13/04/2020
Coucou !

Pas mal de choses dans ce chapitre =D J'aime beaucoup la confrontation avec Lady Agn, notamment la façon où au début Na a l'impression de maîtriser un peu les choses et où elle se rend compte au fur et à mesure que non, c'est toujours la reine qui maîtrisait tout sur le bout des doigts.

J'aime beaucoup le fait que Na n'est pas été choisie sans raison. C'est toujours un truc qui me chagrine quand l'héroïne a comme de par hasard tout qui lui tombe dans la main, mais j'avoue que là au moins, ça s'explique et c'est cool, surtout le "On aurait trouvé une autre solution sinon", c'est cool. Mais je me demande du coup, là dès qu'elle aura eu son Enchère, Na va partir et aura du coup fini son entraînement, non ? Mais du coup, elle apprend quand à diriger vraiment les Corbeaux ? Parce que là elle tient sa place en tant que Corbeaux et auprès de Jens, mais j'ai pas eu l'impression de l'avoir vu vraiment gérer l'institution en elle-même, je sais pas si je suis claire :/ Et si elle part à l'étranger, qui prendra sa place auprès de Jens ?

C'st touchant de voir ses remords vis-à-vis de Jens <3 Bon, j'espère que ça ira mieux entre eux, mais pour moi, ça pue vraiment beaucoup cette affaire ='D Surtout que bon, être amoureuse l'aide clairement pas ^^" Youhou, vive la jalousie.

Bon, et avec Micah, ça pue grave xD Ca se sent tellement qu'il essaie de la séduire parce que bon, s'il faut se méfier de la mère, faut aussi se méfier de lui et qu'il pourrait soit la faire tomber, soit s'en faire un allié de choix. Surtout que bon, je suis sûre qu'il savait que c'était tendu entre Jens et elle et qu'il s'en sert x)

Ah et sinon, pour l'Enchère, je sens que ça pue vraiment des masses. Je sens venir gros comme une maison que Micah va gagner l'enchère et que ça va foutre une merde pas possible ='D J'avoue que cette affaire me fait un peu peur...

Ah et sinon :

"peu de temps après que tu aies envoyé ta première missive à Sessrùn" Mais du coup, la première lettre est partie quand même ? =o

Bref, je suis toujours aussi contente de ma lecture <3 Pluchouille zoubouille !
Soah
Posté le 14/04/2020
Coucou Flammy ! <3
Merci d'être toujours là et de me laisser des commentaires toujours aussi sympathiques et riches ! :D

Quant à ta question pour le devenir de Nayla, il y a du temps avant que Jens ne monte sur le trône ou qu'elle-même ne prenne les rènes de l'organisation. Comme tu l'as relevé plus loin, c'est vrai que le coeur de la gamine balance pas mal pour lui : pour plusieurs raisons, il ne faudrait pas que ça se remarque trop. Donc, elle sera envoyée à Zamarad que pour quelques mois voir une ou deux petites années pour que ça se tasse :p ...

Micah c'est une petite saloperie, oui, mais je l'aime bien <3

La toute première lettre est partie, oui ! - petite faiblesse de Lady Agn, je devrais peut-être le précisé... >-<"

Zibouilles ! ~
Alice_Lath
Posté le 11/04/2020
Hum, je suis pas méga convaincue par Micah, puis Nå fond si vite pour lui alors qu'il a l'habitude de recevoir déjà la visite de d'autres Corbeaux. Il m'inspire pas confiance le bonhomme et j'ai juste envie de dire à notre héroïne de pas avoir l'instinct de survie d'une actrice blonde dans un film d'horreur... Parce que ça pourrait clairement mal tourner. Haha et je savais bien que y'avait un bail avec sa mère, je comprends mieux le pourquoi du comment maintenant hahaha
Soah
Posté le 13/04/2020
Les hormones. Voilà, la réponse ! *s'enfuit*
Plus sincèrement, je pense que je rééquilibrerais se passage entre eux. C'est vrai que c'est un soupçon rapide.

Quant à la mère de Nayla, il faut bien taquiner un peu le goujon de l'imagination... :p Et puis qui sais, on la reverra peut-être, cette brave Vanna !
PetraOstach - Charlie O'Pitt
Posté le 05/04/2020
Coucou Soah,

Je suis un peu gênée par le fait que la colère de Nayla est vite calmée. Je pense que ça me renvoie à mes propres problèmes d'affirmation de soi, mais elle est arrivée en colère et en quelques échanges seulement Lady Agn reprend le dessus et j'ai l'impression que finalement Nayla n'a pas vraiment exprimé tout ce qu'elle avait sur le coeur. Du coup, sa crise est un peu ridicule si je puis dire alors qu'elle est tout à fait fondée je trouve.

Je ne sais pas si c'est volontaire, mais après la lecture de la lettre, les choses restent quand même floue sur le mystère qui entoure Nayla et sa famille. Est-ce que ce chapitre ne mériterait pas d'être un peu plus développé ou ça va venir plus tard ?

Enfin, le rapprochement entre Micah et Nayla me semble un peu soudain et pas très cohérent. J'avais plutôt le sentiment qu'il n'était pas très fréquentable, du coup c'est un choix qui me semble étrange et en même temps surprenant dans le bon sens du terme. Comme me l'a dit mon frère "si ton histoire est prévisible, tu n'as qu'à faire le contraire de ce qui est attendu" :D

Bisous !
Soah
Posté le 07/04/2020
Piou !
Je ferais peut-être des ajustements à ce propos lors de la réécriture. La colère de Nayla est justifiée, mais au final... Je pense que la déception d'être abandonnée étouffe les braises de sa rage. Lady Agn est la personne qui l'a élevée, au final. Donc, c'est difficile d'être en colère après elle et surtout, lorsqu'elle ne pense pas à mal.

Les choses sont volontairement floues, parce que cette information bien qu'importante, n'a pas besoin d'être vraiment développée. Mais elle a besoin d'existé.

Micah est peut-être un garçon au mauvais tempérament, mais pas que :p J'ai besoin que l'on puisse saisir qu'il a plusieurs "couches" de lecture pour la suite, d'où le rapprochement.
Sorryf
Posté le 13/03/2020
petite confusion ! Klae avait l'air de dire que aucune des apprenties ne pouvait communiquer avec sa famille ("je pensais que tu le savais"). Mais là, Agn a l'air de dire que c'était un cas particulier pour Na (a la demande de la mère). Pourquoi il y a deux paquets de lettres si la mère a arrêté d'écrire ?

J'ai peut-être mal compris ? encore ? xD

Je m'attendais à tout sauf à un rapprochement avec le frère déshérité ! et ça me plait beaucoup ! je sais pas si ce personnage a bon ou mauvais fond (probablement dans le gris, comme tout le monde), mais je comprend tellement qu'il l'ai mauvaise d'avoir été déshérité parce que son petit frère est plus intelligent que lui xDDDD
j'espère qu'il va pas manigancer contre lui, se servir de Na pour ça. J'aime bien ce perso, et je voudrais qu'il reste du côté lumineux de la force
Soah
Posté le 13/03/2020
Coucou !
Alors, du coup, c'est possible que ça soit un reliquat de l'ébauche de quelque chose que j'avais prévu à la base et qui a survécu à la relecture. En gros, les courriers de tout le monde sont stoppés et lady Agn, n'a jamais envoyé les lettres de Nå - depuis le début.

Le Trystan national battifole avec Cenerina, faut bien que quelqu'un s'occupe de la pauvre Nayla quand même :'D pour mettre un peu de piment ! Du fuego de la passion ! xD
Mais oui, il l'a mauvaise :> ...

Je vais pas te mentir, je pense que Micah fait partit des personnages hyper difficiles à travailler de ce roman. Il est toujours sur la brèche de faire LE mauvais choix. C'est un vrai couteau suisse qui est super utile, donc, on va pas mal le revoir. c:
AudreyLys
Posté le 11/03/2020
Coucou ! Que de révélations dans ce chapitre !
Je commence par l’entretien de la Reine avec Nå du coup : la révélation est bien amenée je trouve et plutôt cool en elle-même, elle ouvre beaucoup de portes à l’intrigue ^^ j’ai juste une petite réserve quant à ce que pense Nayla de sa mère avant qu’elle apprenne pourquoi elle ne répond pas à ses lettre puisque je ne comprends ce que Nå suppose.
Pour ce qui est de Micah, j’avais envie de secouer Nå parce que je lui fais pas du tout confiance ! Je trouve qu’elle se laisse facilement prendre alors qu’elle sait quand même qu’il est pas Jojo. À ce propos j’ai une remarque par rapport au show don’t tell (oui je sais je t’embête avec ça désolée) c’est que tu n’as pas besoin d’expliquer en quoi c’est une journée éprouvante, on le sait puisqu’on vient de le lire.
C’est tout pour les remarques ^^ j’ai repéré quelques coquilles :
>Ce genre de caprices ne nous ait pas permis-> est
>Je suis confuse, veillez me pardonner.-> veuillez
>Je ne veux pas embêter votre altesse avec des choses aussi puériles-> Votre Altesse

Voilà ^^
Soah
Posté le 13/03/2020
Coucou ! :D
Oui, c'est le chapitre a révélation - et qui explique notamment pourquoi au début c'était si "simple" :p ; je ne comprends pas très bien ta réserve - désolée j'ai encore le cerveau passablement embrumé avec ma fin de grippe ! x':

Ouiii, mais Micah, il est bô et il fait le gentiiiiil. Faut la comprendre aussi, la pauvrette ! xD
Je remarque que souvent je fais pas mal de petit tell ; mais ça doit être un vieux reflex de "je replace le contexte" de roliste textuel ça. J'essayerais d'y faire gaffe quand je referais des grosses corrections.

Merci pour les coquilles ! :)
D'ailleurs, je pense que sur le chapitre derniers, il y avait plus d'erreurs parce que j'avais biduler mes règlages d'Antidote pour tester de nouvelles choses ! Désolée d'avoir laissé traîner autant de machins :<

Des bisous et merci d'être là <3
AudreyLys
Posté le 13/03/2020
^^
Ce que je veux dire c'est que je ne comprends pas ce que Nayla pense à propos de sa mère avant cette révélation, genre quelle est sa théorie ? Parce que si elle se dit comme il m'a semblé comprendre que c'est que sa mère ne voulait pas lui répondre... bah c'est ça donc je vois pas trop pourquoi elle serait en colère (l'histoire de cacher des trucs je comprends cela dit).

Haha pas de problèmes pour les coquilles !

Bisouilles ^^
ElegentHerisson
Posté le 09/03/2020
Que dire, j'ai adoré ce chapitre. Hummm je ne sais pas ce que trame Micah mais boudiou que je l'aime déjà.
Mais si j'ai bien compris

La mère de nayla c'est, au final, la cousine de Micah et Jens, ce qui fait d'eux les grands cousins de Nayla.

Mais alors ça voudrait dire qu'une possible histoire entre Nayla et Micah soit compromise? Oui après une discussion entre eux, et des l'introduction de Micah d'ailleurs, je les ship ensemble. Mdr
Soah
Posté le 13/03/2020
Coucou ! :D
Je suis ravie que tu aies apprécié ce chapitre, ça me fait vraiment plaisir !

Du coup, je pense que c'est bon au niveau de la généalogie :p
Comme on est dans un univers medfan, les relations entre "parents" ne sont pas mal venues dans cet univers ! Mais l'avenir - et le reste des chapitres déjà écrits, nous dirons si ton ship va prendre ou pas :p
Cocochoup
Posté le 09/03/2020
Coucou !
Ouah que de rebondissement ms dans ce chapitre ! J'en ai pris plein les mirettes !!
Finalement Na a du sang royal ! Et pourquoi l'autre zigoto de prince se rapproche d'elle ? J'aime pas ça du tout, j'ai l'impression qu'il va lui jouer une mauvais tour.. Et Na va-t-elle retrouver sa mère ?
Je suis sur les charbons ardents
En tout cas trop trop contente de ce chapitre :)
Soah
Posté le 13/03/2020
Coucou ! :D
Maintenant je me sens mieux, je peux enfin répondre à vos gentils commentaires, ouf ! :D
Ouip, comme on dirait dans Kamelott : Nå c'est pas Jo le clodo !
Quant à Micah et au reste, je ne dirais rien ! Je serais muette comme une tombe ! X:
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