Chapitre 13 : La magie des maux

Zoya avala une bouchée de cette salade aradæïenne. Les légumes avaient des formes bien différentes de celle de son monde, mais elle en appréciait le goût. Avec Kyan, ils avaient raconté à Ankinée ce qui leur était arrivé dans la journée. Ankinée sourit :


 

—Je suis contente pour toi, Kyan. J'étais sûre que tu trouverais quelqu’un pour t’entraîner à maitriser ta rune.

—Moi aussi, je suis content pour moi !


 

Zoya lança un regard à son ami. Il n'avait trouvé que ça à dire ? Elle voyait bien que Kyan voulait se cacher sous la table tant sa maladresse l'avait conduite à dire n'importe quoi. Zoya avait remarqué qu'il avait tendance à perdre ses moyens en présence de la mège. Mais s'il voulait se rapprocher d'elle il devrait faire des efforts sur lui-même. Elle inspira et tenta de rattraper sa réplique :


 

—Il veut dire qu’il est impatient de commencer son entraînement. Pas vrai Kyan ?

—Oui, bredouilla-t-il, c'est ça. Vahram m'a l’air très expérimenté.


 

Ankinée semblait toujours aussi patiente vis-à-vis de Kyan. Zoya se permit de tourner la tête pour jeter un rapide coup d'œil aux autres tables. La table de la famille Royale était éloignée de celles du reste des convives. Elle apercevait au loin les cheveux noirs de Vahram, qui contrastaient avec les cheveux argentés de la famille Phaneïan. Le roi aussi devait être brun, mais à cette distance Zoya ne pouvait pas le voir. Elle n'apercevait que des chevelures d'argent. Près de la table de la reine et du roi, il y avait les tables réservées à la noblesse, ainsi que les tables de la Milice Royale, chargée de protéger les Phaneïan en toute circonstance.

Il y avait ensuite la petite noblesse, les tables réservées aux intervenants au sein du palais, et enfin les tables du personnel, c’est-à-dire les domestiques. Ankinée étant considérée comme une intervenante et Zoya et Kyan comme ses accompagnateurs, ils étaient assis aux tables de cette catégorie sociale. Même si on ressentait une séparation au sein de la salle de réception, cela n’empêchait pas les différentes tables de converser entre elles et de se connaitre. Zoya observait les différentes strates qui étaient à la fois emmêlées et séparées, tandis que derrière elle, Ankinée et Kyan parlaient en détails de leur journée respective.

Ankinée ne parlait que de manière évasive de ses consultations avec Mihran. Bien qu'elle fusse patiente et calme, Zoya ressentait que la brune prenait soin de ne pas tout dire de ce qu'il s'était passé. Cela était logique, puisqu'il s'agissait de consultation personnelle et privée, mais Zoya éprouvait le besoin d'en savoir plus. Et si la réponse ne viendrait pas de Ankinée mais de Mihran ? Peut-être serait-il plus bavard que la mège ? Elle avisa un instant du regard la table de la Milice Royale. C'était peut-être là bas qu'elle trouverait ses réponses.

Elle feignait écouter la conversation de Kyan et Ankinée, mais elle ne pouvait s’empêcher de regarder vers la table de la Milice. Elle guettait la présence de Mihran, tout en réfléchissant à la façon de l'aborder pour pouvoir recueillir les informations. Il était peu bavard et n'était pas le plus sociable. Zoya songea que la seule manière de lui parler serait pour un sujet important et non pour des politesses. Mais elle ne le connaissait pas assez pour lui adresser la parole sans qu'il ne se braque. Elle termina son dîner silencieusement.


 

—… Zoya ? Entendit-elle.


 

Elle redressa la tête, surprise d'entendre soudainement son nom. Kyan fronça les sourcils, mais il semblait plus l'interroger du regard que de lui reprocher de ne pas l'avoir écouté :


 

—Je te demandais si tu étais partante pour une balade nocturne, avec Ankinée et moi.

—Oui, bien sûr. Tu sais que j'adore ça, sourit-elle.


 

Le silence de la nuit le paysage devenu mystique sous la clarté de la lune, la légère brise fraîche qui l'apaisait… Zoya se réjouissait de ce genre de promenade. Elle aimait le faire lorsqu’elle était à Montpellier, mais dans les jardins du palais royal ce devait être encore plus beau. Elle remarqua que ses amis aussi avaient fini de manger. Elle se redressa précipitamment de sa chaise, tout sourire :


 

—Allons-y maintenant !


 

Ankinée acquiesça et se leva à son tour, suivie de Kyan. Ils traversèrent la salle de réception pour se diriger vers les jardins. Profitant de sa hauteur, Zoya balaya la pièce du regard en espérant voir Mihran. Mais elle ne distingua pas son visage dans la foule, trop grande pour se repérer sans être un habitué de la vie de château. Elle emboîta le pas de ses amis et sortit dehors. Elle ressentit aussitôt la caresse du vent contre sa peau et ses vêtements. De nuit, le paysage devenait magique. De la magie avait été usée pour éclairer les jardins de douces lumières. Il s'agissait de petites sphères de lumières disséminées dans le jardin, et qui dérivaient doucement dans le vide, éclairant de leur lueur les plantes et les arbres.

Zoya pouvait maintenant tirer son carnet à dessin et son crayon. Elle avait déjà trouvé un premier dessins à envoyer à Céleste. Elle se concentra pour dessiner un croquis de la scène devant elle : le paysage, mais surtout Kyan et Ankinée qui avançaient à petits pas. Elle se demanda si son ami allait enfin faire un premier pas et montrer à la mège qu’il éprouvait des sentiments pour elle. Elle se pressa d’abord a dessiner un premier croquis pour mémoriser dans un premier temps les lieux et les individus dans l'espace, puis laissa un instant sa besogne pour s'approcher de ses amis.

Elle se pencha discrètement vers Kyan.


 

—Bah alors, le taquina-t-elle, tu ne prends pas des initiatives ?


 

Elle se permit de hausser les sourcils. Cela le fit rougir et détourner le regard. Zoya lui tapota discrètement l'épaule, puis s'adressa plus fort à Ankinée :


 

—Est-ce que le palais te plaît ? Est-ce que tu te plais avec nous ?

—Ce n'est que ma deuxième journée, répondit la brune, mais je me sens à l'aise. Les habitants et les domestiques du palais sont très accueillants. Quant à vous…


 

Elle sourit :


 

—Je ne crois pas que je serais ici sans vous. J'apprécie tellement votre compagnie, vous êtes mes amis les plus proches.

—Et avec Kyan ? Insista Zoya.

—Arrête Zoya, rougit Kyan. Ça devient bizarre…


 

Il y avait quelque chose d'assez comique de voir son ami devenir rouge et baisser la tête. Mais elle attendait surtout la réponse de Ankinée, espérait éventuellement une ouverture pour son meilleur ami. La jeune mège parut elle aussi embarrassée, ce qui surpris positivement Zoya.


 

—Kyan est bienveillant, dit-elle. Et il est amusant aussi.

—Ah ça pour être amusant, plaisanta Zoya, il l'est.

—Arrêtez ça maintenant ! S'écria Kyan, confus et embarrassé.


 

Zoya ne se retint pas de rire, imité par Ankinée. Mais Zoya choisit d’arrêter de taquiner son ami, estimant qu'elle en avait assez fait pour les détendre, la brune et lui. Elle leur dit brièvement qu'elle désirait dessiner, puis s'éloigna d'eux pour trouver la bonne place. Elle trouva un banc éclairé de sphères lumineuses. C’était idéal pour pouvoir voir ce qu'elle dessinait sur ses feuilles tout en observant le paysage bien en face d'elle. Zoya inspira, puis se relança dans son dessin lorsqu'elle se sentit prête. Le tracé de son crayon au bout de ses doigts se voulait précis, un prolongement de sa main et de son esprit.

Dessiner la faisait émerger de la réalité. Zoya était sur un nuage, ou peut-être en transe, quand elle laissait exprimer son art. Son esprit dansait, virevoltant avec le crayon lorsque celui-ci traçait son chemin sur la feuille blanche. C’était comme des pas de danse, léger et précis, orchestrés avec les yeux et la perception du paysage de Zoya. C’était plus qu'un travail, elle jouait avec sa vue, jouait avec les images, jouait avec son imagination. Ses doigts glissaient sur la feuille, elle était maître de ce voyage de l'esprit. Les jardins lui parlaient, lui murmuraient les détails qu’elle devait dessiner sur sa feuille. Elle voulait la meilleure représentation pour Céleste, pour qu’il puisse partager avec elle ce souvenir depuis Ormomble.

Zoya sentait aussi une sensation étrange, comme si sa tête flottait. Elle se demandait si cela était la magie du moment, si cela était parce qu'elle se trouvait à Élégare, car cela ne lui était jamais arrivé durant ses autres séance de dessin. Elle ignora cette sensation et se recentra sur les traces de son crayon à papier. Elle entendit ensuite une voix lointaine l'appeler. Zoya releva la tête de sa feuille, aux aguets. Elle chercha du regard quelqu'un, une personne qui la regardait. Elle entre aperçut Kyan et Ankinée qui semblaient lancés dans une conversation, un peu à l'écart, mais ils n'avaient pas l'air de l'avoir appelé. Elle chercha du regard quelqu'un d'autre, mais ne vit que des personnes qui flanaient sans se préoccuper d'elle.

Elle avait dû rêver. Elle reporta son attention sur son dessin et se reprit. Pourtant, la sensation persistait toujours. Elle ignora cette étrange impression d'être appelé, néanmoins elle sentit une présence près d'elle. Zoya redressa la tête, et fût étonnée en apercevant Mihran près d’elle. Elle haussa quelques secondes les sourcils en le regardant, puis s'apercevant que le milicien gardait le silence, revint sur son dessin. Elle sentait ses yeux suivre ses gestes et son crayon pour donner plus de formes à son dessin. Zoya en fût surprise, mais pas dérangée ou déstabilisée. Elle était habituée d'avoir Kyan ou Céleste près d'elle lorsqu'elle dessinait, et grâce à leurs avis positifs elle avait pris confiance en elle quant à ses coups de crayon.

Mais elle se demandait pourquoi un intérêt soudain sur son dessin. Zoya poursuivit son dessin, puis entendit la voix du jeune homme à côté d'elle :


 

—Avec quoi dessines-tu ?

—Ça ? Répondit-elle en levant la main qui tenait son crayon. Un crayon à papier.

—Je n'ai jamais vu pareil outil.

—Il est assez simple à utiliser.


 

Zoya traça un trait au crayon sur une partie encore blanche de la feuille.


 

—On écrit ou dessine ainsi. Mais on peut aussi effacer ce que l'on écrit.


 

Elle retourna son crayon pour passer au côté gomme, puis passa un coup sur le trait qu'elle venait de dessiner pour l'effacer. Mihran hocha la tête :


 

—C'est en effet simple et utile…


 

Il y eut un moment de silence. Zoya se reprocha sur son dessin pour l'avancer. Alors qu'elle était insatisfaite de certains coup de crayons et tournait son crayon pour gommer certaines lignes, Mihran s'adressa de nouveau à elle :


 

—Si seulement il existait un moyen d’effacer des erreurs aussi facilement…

—Tu veux parler de ton père ? L'interrogea-t-elle.


 

Ces mots étaient sortis spontanément, mais elle n’avait pas pris en compte que son interlocuteur n'allait pas bien le prendre. Le visage de Mihran se ferma lorsqu'elle posa ses yeux sur lui, lui arrachant une grimace désolée. D'un mouvement preste et brusque, le milicien lui tourna le dos pour s'en aller. Zoya mit du temps à réagir, ses oreilles bourdonnaient et elle sentait sa tête lourde. Elle était éprise d'une fatigue soudaine, comme un genre de migraine. Elle se leva difficilement en essayant d'appeler Mihran pour s'excuser de sa bourde, mais au lieu de marcher tout naturellement, elle tituba, laissant son carnet à dessins et son crayon glisser pour s'écraser au sol.

Mais elle ne prit pas la peine de se pencher pour ramasser ses affaires car elle sentait que bientôt elle allait les rejoindre contre le sol. Elle tenta de faire un pas, mais se sentit défaillir. Elle atterrit à genoux par terre. La tête lui tournait toujours. Alors que sa tête tournait, elle entrevit des visages se tourner vers elle. On remarquait apparemment que cela allait mal pour elle. Zoya lutta pour garder son souffle, calculant ses inspirations et expirations pour ne pas céder à la peur ou son envie de se laisser tomber de sommeil. Quelques instants après, elle sentit une main se poser sur son épaule.


 

—Est-ce que tu peux te lever ? Entendit-elle par-dessus le bourdonnement incessant dans ses oreilles.


 

Elle reconnut là la voix de Mihran, qui avait dû faire demi tour en remarquant les mouvements des autres habitants du palais. Elle parvint à faire un non de la tête pour se faire comprendre, sa tête lui faisait trop mal pour tenter de parler. Elle sentit le sol trembler sous ses genoux, puis reconnut les jambes de Kyan et Ankinée. Zoya qu'ils avaient couru pour la rejoindre.


 

—Zoya, est-ce que ça va ?! S'enquit Kyan.

—Vu sa posture, je pense qu'elle a des maux de tête, dit Mihran.

—Toi on t'a rien demandé ! Le vrai médecin ici c'est Ankinée !


 

Il n'allait pas s'y mettre maintenant ?! Heureusement, Ankinée intervint d'un ton ferme :


 

—Si vous me laissez de la place, je pourrais intervenir !


 

Quelques secondes plus tard, et elle vit Ankinée juste en face d'elle, elle aussi à genoux au sol. La mège tendit les mains vers elle.


 

—Laisse toi faire, dit-elle d'une voix douce. Je vais te soulager ça.


 

Ankinée plaça ses mains par-dessus les siennes. Dans la douleur de la migraine, Zoya avait oublié qu'elle avait posé ses mains sur sa tête. Elle les écarta doucement, puis sentit les mains de la mège se poser sur ses tempes. Les paupières closes, Ankinée se concentrait en gardant les mains sur les tempes de Zoya. Elle sentit soudainement les bourdonnements se faire moins forts et lointains. La douleur, elle aussi s’atténuait, se faisait de moins en moins présente. Ankinée n'avait pas rouvert les yeux, elle comprit qu'elle poursuivait l'usage de la magie.

Comme la douleur disparaissait, Zoya se détendit et laissa Ankinée terminer son sort. Quand la mège ôta les mains de ses tempes, elle ne ressentait plus de douleur ni de bourdonnements, mais avait la tête lourde de fatigue. L'avantage était qu'elle pouvait se lever : elle prit soin de ramasser ses affaires avant de se remettre en position debout.


 

—Merci beaucoup, dit-elle à Ankinée. Je me sens mieux.

—Mais tu es très fatiguée, répondit-elle. Tu ferais mieux d'aller te reposer. Nous allons t'accompagner, Kyan et moi.


 

La mège se tourna ensuite vers Mihran :


 

—Tu veux nous accompagner ? Lui demanda-t-elle.


 

À ce moment là, Zoya n'eut pas de mal à remarquer le changement d'attitude de son meilleur ami. Mihran ne semblait pas l’avoir vu et hocha positivement la tête. Ce fût à trois qu’ils étaient sortis aux jardins, c’était à quatre qu'ils retournaient aux appartements de Ankinée. Ainsi escortée, Zoya n'avait pas à craindre de s'écrouler au sol si elle était à nouveau prise de maux de tête. Ils se dirigèrent à l'étage, Ankinée en tête car elle avait déjà visité les appartements dans la journée. Arrivés devant la porte, la mège l’ouvrit puis les laissa entrer à l’intérieur.

L'appartement était assez spacieux pour trois personnes : le personnel avait donc bel et bien compté Kyan et elle comme accompagnateurs. Les lits étaient correctement séparés, surtout un lit qui était isolé à l'aide d'une sorte de grand paravent. Zoya en conclut qu'il s'agissait du lit de Kyan.


 

—Elle est super grande notre chambre ! S’étonna Kyan.

—Elle correspond aux tailles standards de chambre pour trois au sein du palais, répondit Mihran.

—Pourriez-vous nous accorder un moment ? Les interrogea Ankinée. Je pense que Zoya aimerait se changer avant de dormir.


 

Les deux garçons comprirent rapidement et sortirent de la pièce, puis la mège prit soin de fermer la porte derrière eux.


 

—Enfin un peu d'intimité, soupira-t-elle en souriant.


 

Comme elle l'avait fait pour sa tunique, Ankinée avait acheté une tenue de chambre pour Zoya. Comme elle avait encore du mal à se déplacer, ce fût la mège qui lui apporta ses vêtements. Elle la remercia avant de se changer. Zoya dut s'aider avec son lit pour se vêtir sans perdre l’équilibre. Ankinée la surveillait du coin de l’œil, vérifiait qu’elle n'avait pas à intervenir. Elle l'avait remarqué. D'ailleurs, la brune se changeait elle aussi. Elle avait sûrement fait le choix de rester avec elle pour veiller sur sa santé cette nuit.

Leurs tenues de chambre étaient de longues robes au tissu léger, qui tombaient jusque les chevilles. Zoya demeura assise sur son lit tandis que Ankinée se rapprocha pour ouvrir la porte. De là où elle se trouvait, elle voyait Kyan et Mihran devant la porte, qui attendaient de leurs nouvelles. Croisant leurs regards, elle sourit pour leur signifier que tout allait bien. Ankinée s'adressa directement à eux :


 

—Je vous remercie de nous avoir accompagné. Zoya a besoin de repos, et je suis aussi un peu fatiguée, nous allons nous coucher. Veux-tu dormir maintenant, Kyan ?

—Je me vois pas marcher seul dans les jardins, dit-il. Je vais aussi me coucher.

—Bien, répondit Mihran. J'imagine que je peux m'en aller. Passez une bonne nuit.


 

Le milicien disparut de son champ de vision, alors que Kyan entra dans leurs appartements. Son ami semblait soulagé que Mihran soit parti. Zoya s'allongea ensuite dans son lit, laissant la fatigue prendre le dessus sur sa conscience. Elle se sentit partir vers le sommeil alors qu'elle entendait en bruit de fond les voix de Ankinée et Kyan qui discutaient.

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Notsil
Posté le 09/01/2021
Ah ah, avec Mihran oui, se rapprocher de lui ça peut être une bonne idée :)

J'aime beaucoup comment tu décris sa façon de dessiner, on sent que c'est un domaine qui te plait, y'a toute une passion qui apparait. Et je me demande si ses maux de tête sont liés au dessin, si Mihran aura ramassé les feuilles, et si elle n'aurait pas dessiné genre le futur....

Curieuse de la suite, du coup ^^
Encre de Calame
Posté le 09/01/2021
Merci beaucoup :3

Oui, j'aime dessiner, ça me détendre, malheureusement je suis pas douée comme Zoya xD
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