Chapitre 12 - Stradata

Lorsque Muse se réveilla, les fesses endolories et la forme de sa tresse incrustée dans sa joue, il remarqua tout de suite que Feï avait disparu. Drk dormait encore, mais Gulliver s’était en partie redressé, et observait d’un oeil morne l’extérieur de leur cachette.

Stradata, petit prince, le salua le poney.

— Qu’est-ce que que ça veut dire, ce mot-là ? maugréa Muse.

— Bon matin, mais spécifiquement quand le matin n’est pas bon. 

— Tu aurais pu dire ça pour tous les matins depuis que je t’ai rencontré, sac-à-puces.

— J’admire la pureté de ton amour et de ta joie de vivre, Muse, répliqua Gulliver sur un ton blasé. Mais les matins étaient pas si mauvais, et puis je savais pas si j’avais le droit de dire des mots comme ça …

— A cause de ton sortilège de silence ?

Le poney confirma d’un hochement de tête, avant de se gratter le ventre d’une manière peu élégante que Muse essaya immédiatement d’effacer de sa mémoire.

— Où est Feï ? lui demanda le gnome.

— Parti nous chercher à manger.

L’Ombre revint presque aussitôt dans son champ de vision, et franchit leur ligne de protection. Ses bras étaient chargés de bulbes et de champignons, qu’il déposa devant eux sans un mot.

— Merci, gamin, dit Muse.

Les yeux de Feï flanchèrent légèrement, et il partit s’asseoir à la limite de leur camp. Muse se concentra sur les bulbes qu’il lui avait ramené, et en croqua un avec méfiance. Ils étaient moins beaux et moins bons que ceux que trouvait Drk, mais largement supérieur à ce que le gnome aurait réussi à déterrer tout seul. Du coin de l’oeil, il constata que l’Ombre avait aussi ramené ce qui ressemblait à des bibelots cassés, qu’il tournait dans ses mains et faisait léviter pour les observer.

— Feï ? appela Muse. Pourquoi tu avais une cave pleine de vieux trucs ?

 Il leva brièvement la tête vers lui, puis pivota juste assez pour cacher ce qu’il faisait, visiblement déterminé à ne rien expliquer. Muse commençait à être habitué à son mutisme, maintenant - il échangea un regard avec Gulliver, puis haussa les épaules. S’il ne voulait pas parler de ça, ce n’était pas comme si Muse manquait de questions à poser dans le vide, de toute façon !

— Gulliver, t’as le droit de dire si cet endroit ressemble aux habitats humains que tu connais ?

Le poney grimaça, puis secoua la tête.

— J’ai pas spécialement envie de tester.

— Humain ? répéta Feï avec surprise. Pourquoi humain ?

— On a trouvé des os ici, même silhouette et taille que des magos, mais zéro magie. 

Les yeux électriques l’observèrent avec perplexité, puis Feï se retourna légèrement vers eux. Sa curiosité avait encore prit le dessus sur sa méfiance - Muse nota dans un coin de sa tête que la prochaine fois qu’il voudrait le faire parler, il savait comment s’y prendre, maintenant.

— Mais les humains n’existent pas, fit remarquer Feï.

Muse soupira, et engloutit un nouveau bulbe.

— C’est une idée de maegis, ça, que les humains n’ont jamais existé. Mais en vrai si. 

— Pourquoi les maegis pensent ça ? demanda Feï.

— Parce qu’ils sont idiots ? offrit Muse.

— Hey, protesta Gulliver. Les maegis que tu connais, peut-être.

Muse plissa les yeux, et secoua la tête. Mieux valait laisser tomber. Entre Feï qui refusait de parler de lui, et Gulliver qui ne pouvait pas parler de choses potentiellement utiles et intéressantes … ça ne valait pas le coup. Heureusement, Drk remonta le niveau en se réveillant avec un petit hululement satisfait, et Muse se leva aussitôt pour lui tapoter la tête.

— Ravi de l’apprendre, ma grande. Elle s’est assez reposée pour marcher, traduisit-il aux autres. Et de ton côté, sac-à-puces ?

— S’il faut fuir, je suis pas sûr d’être opérationnel, mais j’ai pas envie de rester là non plus. » Il se releva avec une grimace, puis secoua son encolure. « Alors en route ! Feï ? »

Il se rapprocha d’eux, et tendit la main vers Muse. Le gnome ne comprit qu’après quelques secondes qu’il ne l’invitait pas à la prendre pour le suivre - de sa part, ça aurait été vraiment étrange. Muse détacha de son cou le pendentif de Fanom pour le glisser dans sa main de métal, et Feï se concentra en silence sur la piste de la maegis. Alors que le gamin travaillait sur son sortilège, Muse chercha du regard où l’ombre avait bien pu ranger tous les bibelots qu’il avait ramené avec lui - ces derniers avaient en effet mystérieusement disparus. 

Il les avait probablement cachés quelque part sous l’armure, en suspension au milieu de la masse sombre, comme n’importe quel ombre en armure aurait fait. Sans doute.

— Fanom est passée par ici. Mais on s’en est éloignée. 

— Eloignée ? On est allé trop en profondeur ? grommela Muse.

Feï acquiesça, leva la protection magique de leur camp, et, sans plus de cérémonie, avança dans les ruines. Ils lui emboîtèrent le pas, Muse à pied pour ne pas empirer l’état du poney. En quelques minutes à peine, et ceux malgré leur état pitoyable, l’Ombre les extirpa des ruines, pour les amener dans un tunnel qui grimpait légèrement.

— Donc là, on retourne à la surface ? demanda Gulliver. 

— Non.

— Et Fanom, elle est encore loin ?

— Oui.

Le poney souffla par les naseaux, prêt à manifester son impatience de la façon la plus agaçante qui soit -

KRA-BOOM.

Cette fois-ci, le tremblement ne dura pas plus de trois battements de coeur. Lorsqu’il s’arrêta enfin, Feï se retourna vers Muse pour récupérer de nouveau le pendentif de Fanom, et vérifier que leur route n’avait pas dévié.

— Évidemment qu’il s’agit d’une montagne où les tunnels changent tout le temps, pesta Muse.

— Il y a beaucoup de magie, ici, fit remarquer Feï.

— Un peu trop, grommela le gnome. 

Il n’aimait pas la façon qu’avait le rythme qui chantait dans la roche de changer, de se mouvoir, de se resserrer autour d’eux et de murmurer des mélodies inconnues. 

Chaque lieu, comme chaque personne, avait sa propre essence, faite de toutes les minuscules choses qui le composaient et le décomposaient. Et s’il devait comparer la montagne à une personne, et bien … il n’avait jamais rencontré quiconque capable d’instiller autant de doutes à l’arrière de son esprit. Certes, les tunnels étaient effrayants en eux-mêmes, rien que parce qu’ils étaient enserrés sous terre … mais c’était l’instabilité qui les rendaient véritablement dangereux. 

— Mais il y de la magie partout, non ? Donc qu’est-ce que ça change ? demanda Gulliver.

— La magie d’ici fait se déplacer les tunnels, rappela Feï.

— Mais pourquoi ? insista le poney.

Drk répondit par un long hululement mesuré.

— Pour faire respirer le sol ? traduisit Muse. Les cailloux sont vraiment étranges. 

— Et qu’est-ce qu’il se passe si un tunnel change alors qu’on est dedans ? demanda Gulliver.

Drk n’offrit pas de réponse, et ni Muse ni Feï ne s’aventurèrent à émettre une hypothèse à voix haute. A vrai dire, le gnome préférait éviter de trop y penser. La conclusion serait beaucoup trop inconfortable pour ses vieux os. 

Ils marchèrent longtemps, lentement, au rythme des boitements de Gulliver et de la respiration encore pénible de Drk. Dès que Feï lui assura qu’il pouvait le faire sans risque, Muse chanta, pour meubler le silence. Des chansons qui gardaient éveillé - mais pas trop non plus. Gulliver s’était presque pris un mur, et avait terminé sa trajectoire sur les pieds du gnome en dansant à trois pattres sur les Lucioles d’hier et d’aujourd’hui. Muse n’était pas particulièrement motivé pour recommencer l’expérience.

Et puis, pour y glisser des sortilèges de protection, les mélodies qui n’incitaient pas à danser étaient souvent bien plus efficaces.

— Quand est-ce qu’on arrive ? réclama le poney pour au moins la huitième fois.

Cette fois-ci, contrairement aux sept fois précédentes, Feï s’arrêta, et un soupir s’échappa de ses lèvres de fumée.

— Dans longtemps. 

— Alors pourquoi tu t’arrêtes ?

— Je sens quelque chose approcher.

Muse le sentait aussi. Ou plutôt, il l’entendait : une mélodie banale, qui émanait sûrement de l’essence magique d’êtres parfaitement ordinaires. Peut-être des hybrides, des faunes, des nains, des gnomes, pourquoi pas des maegis … c’était encore un peu difficile à dire, à cette distance. D’autant que la mélodie de chaque personne était loin de se limiter à sa race, quand les races en question vivaient ensembles depuis si longtemps … identifier une créature isolée, comme le monstre de magma ou comme Feï, c’était facile, comme entendre une voix discordante dans un orchestre. 

Mais pour le reste du monde ? Cela demandait une certaine expertise que Muse n’avait pas. Et même Feï, imperceptiblement, commençait déjà à changer de refrain, et à calquer sa musique sur la leur.

— C’est pas le monstre d’hier, hein ? gémit le poney.

— Non, c’est juste des gens, assura Muse. Un peu cons, pour se balader ici … mais vu qu’on est là aussi, je peux pas trop juger.

— Est-ce qu’on devrait se cacher ? demanda Gulliver.

Le gnome observa Feï, qui après quelques secondes de réflexion, le regard perdu dans l’obscurité en amont, secoua la tête. 

— Pas le temps. S’ils sont hostiles, il faudra les tuer.

— Les tuer ? répéta Muse. Doucement, gamin, on tue personne à moins que ce soit absolument nécessaire. Et ce n’est jamais nécessaire.

L’Ombre se tourna pour le regarder, ses yeux électriques incertains, puis acquiesça.

— Alors il faudra fuir. 

— Voilà, c’est moins glauque, monsieur sinistre, approuva Gulliver. Et en attendant, on fait quoi ?

— On avance, non ? suggéra Muse. Plus vite on sera devant eux, plus vite on sera fixés.

Feï reprit aussitôt la marche, mais Muse sentit dans ses mains de métal un sortilège grandir, prêt à attaquer au moindre signe de danger. Lui aussi se tint aux aguets - pour se mettre à courir le plus vite possible, dans son cas. Hors de question de se battre !

A mesure qu’ils avançaient, Muse entendait la mélodie des essences magiques du groupe en approche de plus en plus distinctement. Bientôt, la musique de leur voix s’y ajoutèrent, et, soudain, au détour d’un tunnel, apparut une lueur. En comparaison de ce que produisait les yeux de Feï et la peau de Drk, elle semblait étrangement faible.

Feï couvrit aussitôt son visage d’une visière en métal qui ne laissait voir ni sa nature d’Ombre, ni ses yeux lumineux. Quelques battements de coeur plus tard, la lueur remplit le tunnel, accrochée au bout du bâton de marche d’une hybride aux cornes de faune et à la peau bleu nuit, constellée de tâches claires. Elle s’arrêta, les yeux écarquillés avec surprise, et derrière elle, deux faunes et une autre hybride brandirent des épées identiques.

— Qu … Oh. Qui êtes-vous ? demanda-t-elle.

Entre Feï qui évitait au maximum de parler, Drk qui ne pouvait s’exprimer que par hululements inintelligibles, et Gulliver qui semblait avoir décidé de reprendre son rôle de poney idiot, c’était donc à Muse de s’occuper de faire la conversation aux inconnus - et de déterminer au passage s’ils étaient une menace ou non.

— Euh … juste de passage. On recherche une maegis qui s’est perdue ici. Et vous ? Qu’est-ce que vous faites là ?

L’hybride eut l’air aussitôt soulagée, et les épées de ses compagnons s’abaissèrent - même si l’un des deux faunes continuait à observer Feï avec méfiance, et qu’ils jetaient tous des regards curieux à Gulliver. 

— Des archéologues. Nous étudions les ruines locales à la recherche de trésors ! expliqua-t-elle avec enthousiasme. Ce qui est, euh … moins urgent que de retrouver votre amie, je suppose. Je suis Cadra, et voici Fin, Delia et Imo. 

— Muse, Feï, Gulliver, et Drk, présenta le gnome. 

Avant qu’il n’ait le temps d’ajouter quoi que ce soit, Cadra pointa derrière eux.

— Normalement, vous venez de passer une entrée de tunnel cachée, juste derrière. » annonça-t-elle, même si Muse n’avait rien vu. C’était probablement le sens du mot caché, maintenant qu’il y pensait. « Il y a une grande caverne où nous avons installé notre campement. Venez avec nous, et nous pourrons réfléchir à comment vous aider à retrouver votre maegis. »

Le gnome jeta un coup d’oeil vers les autres, et un bref échange de regard avec Gulliver, les oreilles pointées en avant et les yeux pleins d’espoir, suffit à le convaincre qu’ils n’avaient probablement rien à perdre à les suivre. Ils rebroussèrent chemin derrière Cadra, et ses trois compagnons fermèrent la marche. Muse eut le temps d’apercevoir, avant de leur tourner le dos, qu’ils portaient tous sur l’avant-bras une marque tatouée à l’encre ensorcelée. Celle-ci ressemblait à une fleur à sept pétales longs et ondulés, ou peut-être à un engrenage, et tournait lentement sur elle-même.

C’était la première fois qu’il voyait un tatouage de ce style identique sur plusieurs personnes - et pourtant, il était à peu près certain d’avoir tout vu, à son âge. Même si ces derniers temps, c’était devenu de moins en moins vrai, entre Feï et Gulliver …

Muse soupira. Ce n’était que des tatouages. Pas comme s’il en avait quelque chose à faire de ce que des inconnus gravaient sur leur peau.

Après un tournant, ils débouchèrent dans une caverne spacieuse, mais de taille assez raisonnable pour faire un habitat confortable. Cadra et sa troupe d’archéologues semblaient s’être installés là depuis un moment, ce qui signifiait qu’ils ne risquaient sans doute pas de se faire écraser par les changements brutaux de tunnels en restant ici. Enfin une bonne nouvelle.

— Il nous reste encore quelques pains éternels, mais pas vraiment plus de nos dernières provisions dans les plaines… nous serons ravis de partager, cependant !

Cadra montra les sacs de provisions, en sécurité dans des filets suspendus à un pic, et Muse ne pensait pas qu’il aurait pu un jour être aussi content de voir des pains de toute sa vie. Il commençait à avoir un bon pressentiment sur ces quatre là !

Pourtant, Drk avait l’air légèrement inconfortable, depuis qu’ils étaient entrés dans la caverne, et Feï avaient toujours son sortilège offensif dans le creux de la main. Seul Gulliver était raisonnablement détendu de se retrouver enfin dans un territoire non hostile.

Les deux faunes, Fin et Imo, s’occupèrent de relancer le feu. En quelques minutes, ils étaient tous les huit installés autour, un bol chaud sur les genoux ou entre les pattes, et une tranche de pain éternel à la main. 

— On n’a pas vu de maegis, ces derniers temps, mais il y avait des marques bizarres … commença Cadra.

— Comme des sortilèges qui ont brûlé la pierre, hein ? rappela Imo.

— Exactement ça, oui, et puis des restes de campement, aussi ? proposa Delia.

— C’est vrai que c’était bizarre, mais on s’est pas trop posés de questions, admit Fin. On est des archéologues, c’était trop récent pour être intéressant !

Gulliver poussa un bref hennissement, et après un coup d’oeil dans sa direction, Muse se surprit à réussir à deviner la question qu’il lui démangeait de poser.

— Vous pourriez nous montrer un de ces endroits ? demanda le gnome à sa place.

— Bien sûr !

Fin pointa Gulliver de la main, et le poney tendit les oreilles en avant avec surprise.

— J’espère que tu m’en voudras pas de demander, mais c’est quoi, c’te bestiole ? Parce que ça a une drôle de gueule, quand même …

— Euh … hé, aucune idée, répondit Muse négligemment. 

— Je n’avais jamais vu d’amahzyle isolée non plus, pourquoi elle te suit ? renchérit Imo.

— Parce qu’on est sympa ? rigola nerveusement le gnome.

S’ils continuaient à poser autant des questions, ils finiraient par se rendre compte de tout ce qu’ils essayaient de cacher - pas que ça change grand chose pour Muse, vu qu’il était le plus honnête et raisonnable de la troupe. Si on oubliait le fait qu’il était recherché pour vol, et probablement aussi pour délit de sale gueule.

— Laissez-le, ria Cadra. C’est évident qu’un gnome qui cherche une maegis cache des choses ! Mais à chacun ses secrets.

Elle lui adressa un sourire entendu, que Muse rendit avec un hochement de tête. 

— Tu l’as dit, chercher une magos c’est pas mon truc d’ordinaire. Mais au point où j’en suis, autant aller jusqu’au bout, hé ?

Une fois les assiettes vidées et sommairement lavées dans le courant d’un ruisseau souterrain, ils s’installèrent pour dormir, chaque groupe de son côté. Gulliver restait encore debout pour brouter quelques champignons, accompagné de Drk qui le surveillait farouchement, et Feï s’approcha de Muse, ses yeux toujours masqués.

— Ils ne sont pas ce qu’ils disent être, affirma-t-il.

— Nous non plus. » Muse haussa les épaules. « Et alors ?

— Je ne leur fait pas confiance.

— Tu fais confiance à qui que ce soit, d’habitude ? 

Un souffle mat résonna contre le masque, sans que Feï ne réussisse à lui répondre. Muse réprima un gloussement moqueur, et lui tapota le bras.

— Te prends pas la tête. Ils vont nous montrer ce qu’ils ont vu, puis on leur dit au revoir. En attendant, je dors dans un endroit un peu moins craignos que d’habitude. Et tu ne dors jamais, donc c’est pas comme s’ils pouvaient nous attaquer pendant la nuit, non ?

Même sans voir ses yeux, Muse savait que Feï n’était pas le moins du monde convaincu, mais l’ombre ne protesta pas davantage. Pendant que Muse s’allongeait pour dormir, il le vit du coin de l’oeil s’installer à l’écart pour examiner de près un outil volé à la petite bande d’archéologues. Si Muse avait eu une conscience, peut-être qu’il lui aurait fait la leçon sur le fait que voler ne lui attirerait que des ennuis, mais … à vrai dire, la flemme était plus forte. 

Il ferma les yeux, et s’endormit paisiblement.

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dcelian
Posté le 08/02/2021
Oulah, ça sent pas bon du tout cette histoire. Je les vois mal rencontrer un petit groupe d'archéologues tous mignons et inoffensifs comme ça, au milieu de la montagne, surtout après toutes les merdes qui leur arrivent ! Et puis, je les sens pas, leurs tatouages...Enfin bon, le prochain chapitre me le dira !
Petite question : j'ai oublié de relever, mais le fait que tu parles des humains comme d'une lointaine légende veut-il dire que ton récit se déroule sur Terre ? Dans des milliers d'années, ou quelque chose comme ça ? Parce que, dans ce cas, le fait que tu le racontes toi-même au passé suggère que tu te trouves encore plus loin que loin, et c'est assez marrant comme idée :)
Je passe à mes notes sans plus attendre :

"— Stradata, petit prince, le salua le poney.

— Qu’est-ce que que ça veut dire, ce mot-là ? maugréa Muse.

— Bon matin, mais spécifiquement quand le matin n’est pas bon. "
Hahaha, c'est du dialecte poney ou ça existe vraiment ? ça vient d'où ? J'aime beaucoup, en tout cas !

"Le poney confirma d’un hochement de tête, avant de se gratter le ventre d’une manière peu élégante que Muse essaya immédiatement d’effacer de sa mémoire."
La dynamique entre Gulliver et Muse est toujours aussi drôle, et ça dure maintenant depuis pas mal de temps ! Bravo pour cette constance remarquable, on sent que leur relation évolue mais leur sarcasme finit toujours par reprendre le dessus et c'est vraiment sympa à lire !

"L’Ombre revint presque aussitôt dans son champ de vision"
Je trouve que "revint" est pas le plus approprié. "Apparut" serait peut-être mieux, non ? Parce que "revint", ça fait comme s'il venait tout juste de disparaître, alors que Muse n'a pas vu Feï depuis la veille.

"— Gulliver, t’as le droit de dire si cet endroit ressemble aux habitats humains que tu connais ?

Le poney grimaça, puis secoua la tête.

— J’ai pas spécialement envie de tester.

— Humain ? répéta Feï avec surprise. Pourquoi humain ?"
J'ajouterais un S à "humain" quand c'est Feï qui parle.

"Muse chercha du regard où l’ombre avait bien pu ranger tous les bibelots qu’il avait ramené avec lui"
Deux choses : il manque une majuscule à "l'ombre". Autre truc : je crois que je l'ai remarqué à plusieurs reprises (pas sûr), quand le sujet de la phrase est "l'ombre", tu emploies quand même "il". Je me doute que c'est un choix, mais "elle" ne serait pas plus cohérent ?

"— Fanom est passée par ici. Mais on s’en est éloignée.

— Eloignée ? On est allé trop en profondeur ? grommela Muse."
éloigné* pour les deux

"En quelques minutes à peine, et ceux malgré leur état pitoyable,"
ce*

"— Pour faire respirer le sol ? traduisit Muse. Les cailloux sont vraiment étranges. "
J'aime juste bien cette phrase. Elle montre que Muse accepte de plus en plus de trucs improbables sans broncher au fil du temps, tellement il en voit de toutes les couleurs avec ses étranges compagnons de route.

"Gulliver s’était presque pris un mur, et avait terminé sa trajectoire sur les pieds du gnome en dansant à trois pattres"
pattes*

"Et même Feï, imperceptiblement, commençait déjà à changer de refrain, et à calquer sa musique sur la leur."
Hmmm j'ai un petit souci avec cette phrase au niveau du sens : si c'est "imperceptible", alors on ne devrait pas pouvoir s'en rendre compte xD Je suis relou, désolé

"Ce n’était que des tatouages"
n'étaient*

"Pourtant, Drk avait l’air légèrement inconfortable"
Ici, je crois voir un anglicisme, mais dis-moi si je me trompe x)
C'est plutôt "mal à l'aise" en français, même si je suis d'accord que ça sonne mieux comme ça !

"— C’est vrai que c’était bizarre, mais on s’est pas trop posés de questions,"
posé*

"Si on oubliait le fait qu’il était recherché pour vol, et probablement aussi pour délit de sale gueule"
Pauvre Muse, il a si peu confiance en lui que ça ? Il s'en prend plein la tronche même par lui-même xD

"— Je ne leur fait pas confiance"
fais*

"— Tu fais confiance à qui que ce soit, d’habitude ? "
Hmmm étonnante formulation, je trouve !

Voilà pour ce chapitre !
AnatoleJ
Posté le 22/02/2021
Hello, désolé pour le retard sur les réponses, mon cerveau a définitivement pris des vacances ^^"

- « Petite question : j'ai oublié de relever, mais le fait que tu parles des humains comme d'une lointaine légende veut-il dire que ton récit se déroule sur Terre ? »
Il y a (eu ?) des humains mais on n’est pas sur Terre, c’est bien un autre monde (c’est même pas une planète d’ailleurs ! Encore un élément de background qui ne sera pas mentionné dans l’histoire héhé)

- «c'est du dialecte poney ou ça existe vraiment ? ça vient d'où ? J'aime beaucoup, en tout cas ! »
Ce n’est pas un spoiler si je te réponds directement (et je ne sais plus si je l’explique plus loin, oups) : ce n’est pas une langue spécifique aux poneys, mais c’est une des langues de là où il vient (encore un point de backgrounds perdu, c’est terrible pour ça les formats courts ...)

- « Bravo pour cette constance remarquable, on sent que leur relation évolue mais leur sarcasme finit toujours par reprendre le dessus et c'est vraiment sympa à lire ! »
Merciiii T_T L’équilibre entre évolution/constance est un truc avec lequel je galère, donc ça me fait du bien de lire ça !

- « quand le sujet de la phrase est "l'ombre", tu emploies quand même "il". Je me doute que c'est un choix, mais "elle" ne serait pas plus cohérent ? »
Ce serait moins cohérent, mais plus grammaticalement correct ... et ça m’arrache un peu les yeux de mégenrer ce pauvre Feï qui a pas demandé à être une Ombre x) Si cette histoire est éditée un jour, ce sera le genre de détails sur lequel je trancherais avec l’éditeurice !

»- Hmmm j'ai un petit souci avec cette phrase au niveau du sens : si c'est "imperceptible", alors on ne devrait pas pouvoir s'en rendre compte xD Je suis relou, désolé »
Imagine qu’il y a un « presque » devant le imperceptiblement, parce que c’est ce que je voulais écrire xD (t’es pas relou t’as raison !)

- « "Pourtant, Drk avait l’air légèrement inconfortable" Ici, je crois voir un anglicisme, mais dis-moi si je me trompe x) »
J’ai reverifié et non c’est bien ça ! Inconfortable a le même usage en français qu’en anglais, il semblerait ^^

"— Tu fais confiance à qui que ce soit, d’habitude ? " Hmmm étonnante formulation, je trouve !
Là je suis un peu perdu, qu’est-ce que cette formulation a d’étrange ?
dcelian
Posté le 23/02/2021
Aucun souci, t'as bien raison de prendre un peu de repos de temps en temps (même si c'est pas forcément un choix de ta part, disons plutôt que ton cerveau a eu bien raison) !

Je reviens juste rapidement sur ça : "— Fanom est passée par ici. Mais on s’en est éloignée.
— Eloignée ? On est allé trop en profondeur ? grommela Muse."
éloigné* pour les deux"
Euh, ben non t'avais raison, c'est bien "éloignée", je dis n'importe quoi, désolé ù_ù

""— Tu fais confiance à qui que ce soit, d’habitude ? " Hmmm étonnante formulation, je trouve !
Là je suis un peu perdu, qu’est-ce que cette formulation a d’étrange ?"
Je trouve que l'expression "qui que ce soit" ne fonctionne qu'en négation. Je pense que ça n'a rien d'une règle officielle, mais "Tu ne fais jamais confiance à qui que ce soit, d'habitude" sonne grammaticalement plus correct que "tu fais confiance à qui que ce soit, d'habitude ?". Désolé de pas pouvoir t'éclairer plus, c'est juste un feeling donc c'est sûrement pas important !

En tout cas, merci pour toutes tes explications c:
Hastur
Posté le 01/02/2021
Coucou !

J'ai enfin pris le temps de revenir par ici :).

Cette nouvelle rencontre est des plus curieuses. Je n'arrive même pas à faire un pronostique sur comment les choses vont tourner ! Mais je parie que Gulliver aura au moins fait une bêtise ! ^^

Dans ce chapitre, je me suis rendu compte que tu arrives vraiment bien à jongler entre tes personnages, à nous rappeler la présence de chacun, ce qui n'est pas toujours facile dès lors qu'on dépasse la paire de personnages. Déjà à 3 personnages, on a vite fait d'en écarter un sans même s'en rendre compte. Et là, aucun n'est oublié :).

Il y a toujours les bons mots et les bonnes répliques qui me plaisent autant depuis le début.

Je me demande où tu nous emmènes... !

A très vite :).
AnatoleJ
Posté le 02/02/2021
Coucou !

Parier sur les bêtises de Gulliver ce n’est pas une très grosse prise de risque, en général xD

Merci d’avoir souligné le fait que je jongle bien, je me suis beaucoup entraîné pour donc ça me rassure x) J’avais la facheuse manie d’oublier les personnages silencieux à un moment, donc j’y fais doublement attention maintenant ! (et de temps en temps, je fais dormir les bavards pour me faciliter la tâche haha)

A bientôt :D
Mathilde Blue
Posté le 28/01/2021
Coucou !

Je continue à rattraper mon retard hihi ^^ Bon, ça avance mais cette joyeuse troupe semble encore loin du but ! En revanche, j’étais d’accord avec Feï avant même qu’il ne fasse la réflexion qu’il ne faisait pas confiance à ces archéologues… Je trouve ça louche, à tous les coups ça va mal se finir…

Pour mes petites notes :

- « Stradata, petit prince »
Quand j’ai lu cette phrase, je me suis dit « oh c’est trop mignon comme surnom », puis j’ai réfléchi une seconde et je me suis dit que vu que c’est Gulliver qui parlait il y avait forcément quelque chose de plus ironique x)

- « J’admire la pureté de ton amour et de ta joie de vivre, Muse, répliqua Gulliver sur un ton blasé.
Le début de ce chapitre m’a particulièrement faite rire j’avoue, j’ai failli m’étouffer en lisant cette réplique ^^

- « … »
Les petits points ! Je suis très perturbée par la manière dont tu les places, entre deux espaces en général et avec systématiquement une minuscule pour la phrase qui suit ^^’

- « Mais pour le reste du monde ? Cela demandait une certaine expertise que Muse n’avait pas. Et même Feï, imperceptiblement, commençait déjà à changer de refrain, et à calquer sa musique sur la leur. »
J’aime beaucoup comment tu as conceptualisé cela, je trouvais ça très joli !

- « — Pas le temps. S’ils sont hostiles, il faudra les tuer. »
Cette nonchalance quoi x)

J’ai pris moins de notes que d’habitude, j’ai tiqué sur moins de phrases à rallonge on dirait ^^

À bientôt pour la suite ! :D
AnatoleJ
Posté le 03/02/2021
Hello :D

Pour les petits points, je m'en sers comme une pause, à mi-chemin entre le point-virgule et le point. Mais du coup j’ai été vérifier l'usage officiel, et d’après la norme typographique, il faudrait que je ne mette pas d’espace devant (par contre la minuscule derrière c'est autorisé). Les mystères de la typographie me dépassent x)

C’est bon signe pour moi s’il y a moins de phrases à rallonges, vu que je les traque maintenant c'est que ça marche héhé
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