Chapitre 12 - Lorsque le sang trahi

Par Soah
Notes de l’auteur : Bonjour bonjour, voici le chapitre douze - un peu en avance sur le planning, mais certain.es avaient de bon arguments... Donc voilà :p A cause de la fin de ce chapitre, le numéro treize ne devrait pas trop traîner à sortir ! J'espère qu'il vous plaira ! :)

Le mois qui suivirent passèrent à une vitesse folle. Le temps semblait refusé que je puisse revendiquer quelconque emprise sur lui. J’avais la constante impression de devoir courir après lui, de devoir lutter pour grappiller chaque heure, minute ou seconde. Cela dit je ne m’en plaignais guère, le fait d’être continûment occupée me permettait de détourner mon attention de sujets qui me préoccupaient et d’éviter Trystan. Depuis la soirée presque intime qui avait eu lieu au château en l’honneur des fiançailles officielles, nous n’avions conversé ensemble. Et durant cette réception, nous avions uniquement échangé les banalités que nos rangs respectifs nous imposaient. J’avais lu son désir de me parler en tête-à-tête, mais j’avais fait mine de ne pas comprendre ce qu’il voulait. Je n’avais pas envie d’entendre des excuses de sa part, je n’avais pas le goût de voir notre relation changée. Grandir était une chose bien cruelle.

Ce matin, je n’avais rien de particulier à faire ainsi, je profitais d’un instant trop rare de calme et de silence dans les draps. Depuis que je fréquentais la maison du Seringat et que j’avais appris à connaître mon corps, il me semblait tout à fait naturel et approprié d’introduire un peu plus de paresses dans mon quotidien lorsque l’occasion se présentait. Au début, ce genre de rituels me paraissaient étranges, mais petit à petit ma chair s’était habituée aux sensations nouvelles que provoquait mon éveil à la sensualité. Nous n’abordions jamais le sujet, lady Agn et moi. La reine des Corbeaux, à mon grand étonnement, s’était avérée être une personne pudique vis-à-vis des choses de l’intime. Mon amie Klæ était nettement plus bavarde à ce sujet et était ravie de pouvoir – enfin, partager avec moi des détails croustillants de ses diverses expériences.

Je poussai un profond soupir en entendant les servants du castel commencer à sérieusement s’activer de l’autre côté des murs. Soudainement, on toqua à la porte de service. Je fronçai les sourcils en me redressant dans le lit, cela n’arrivait jamais. Mon cœur se mit à battre dans ma poitrine, un mauvais pressentiment s’invita dans mon corps me gelant les os. Je rassemblai les draps contre moi et quittai ma couche, approchant prudemment du passage dérobé.

— Qui est là ? dis-je à voix basse.

— Nå, c’est moi…

La voix de Klæ s’envola depuis l’autre côté. Ce n’était qu’un maigre filet, presque brisé. Je lui ouvris aussitôt la porte, terriblement inquiète à cause de la modulation funeste de ses paroles. Ses cheveux étaient détachés et tombaient en une épaisse cascade autour d’elle. Son teint était cireux, presque malade et des cernes bleutés soulignaient ses yeux. Mon regard circula encore un peu plus sur elle et je constatai qu’elle portait sa chemise de nuit. Brusquement, le détail de ses paumes ensanglantées me frappa. Je l’invitai immédiatement à entrer dans ma chambre. Une fois la porte refermée, je la scrutai de la tête aux pieds.

— Qu’est-ce qui t’est arrivé ? demandais-je saisissant son visage entre mes deux mains.

Sa peau me sembla d’autant plus pâle à côté de la couleur cannelle de la mienne. Son regard brillait d’un éclat fiévreux. Je déposai mes lèvres sur son front, elle avait un peu de température, mais rien d’inquiétant. Je l’observai de nouveau de bas en haut et remarquai que sa robe de nuit blanche était également tachée de sang au niveau de ses hanches. Je redoutai d’entendre la vérité et cela dut se voir dans mes pupilles puisque Klæ se mordit la lippe, les larmes au bord des yeux.

— Nå… gémit-elle, il faut que tu m’aides.

— Que se passe-t-il ? Qu’est-ce que je peux faire ? répondis-je en caressant l’ovale de son visage.

— Je… je…

Klæ se mit à hoqueter, un filet de morve translucide commençait à dégringoler depuis la bordure de l’ailette de son nez. Elle baissait les yeux, mais je cherchai toujours à soutenir son regard. Je savais que je trouverais la vérité dans ses pupilles.

— Respire et raconte-moi, d’accord ? soufflai-je d’une voix que je voulais la plus douce et rassurante possible.

Elle s’exécuta, inspirant profondément malgré les tremblements de son corps. Après plusieurs répétitions de cette ventilation, elle sembla se calmer et pouvoir mener une conversation. Je déposai mes lèvres sur son front. Klæ était mon amie, ma précieuse amie. Je ne pouvais pas ignorer sa souffrance ou mettre un voile dessus parce que cela m’arrangeait.

— Je suis pas comme vous autres… Je n’ai pas le sang sombre.

— Comment ça ? Que veux-tu dire ?

— Lors de ma cérémonie, il y a des années… J’ai reçu un bracelet normal. Je pouvais tout à fait servir les Anciens et le sang. Mais…

— Alors tu es…

— Fertile, oui. Lors de mon rite, une autre gamine était… Cette fille-là avait le sang sombre. Comme sa famille était fortunée, ils ont proposé à mon père que je prenne sa place contre de l’argent. On a juste échangé les bracelets. Et je me suis fait passer pour elle.

— Mais donc, ce sang c’est…

— Pendant longtemps, je n’ai pas saigné. Je réussissais à ne pas les avoir avec l’aide de plantes, mais… avec… Tu sais… L’Enchère et mon nouveau rôle… J’ai… J’ai eu peur d’être… enceinte. Alors j’ai…

Les griffes de l’effroi se plantèrent dans mon ventre. Klæ avait beau être mon amie, elle avait trahi le sang, les anciens et les dieux. Je ne savais pas quoi penser de la situation. J’avais peur pour elle. Peur pour ce qui allait arriver. Mais en dessous de cette pellicule de craintes, une colère froide et sourde résultante d’avoir été mise à l’écart de la vérité, grondait en moi. À mes yeux, le mensonge était le plus délétère de tous les poisons.

— Alors tu… Nous devons faire quelque chose, que nous parlions à lady Agn. Ou à lady Noïra… dis-je après un silence.

— Non, je t’en supplie. Ne leur dit rien, si jamais elles l’apprennent, elles me chasseront ! Je ne pourrais pas retourner dans ma famille… Les gens de mon ancien quartier ils… On saura que j’ai menti et… et… Je pourrais jamais… Oh ! qu’est-ce que je vais faire ?

Elle éclata en sanglots une nouvelle fois. Je passai ma main dans son dos, gardant le silence, en attendant que le flot de ses larmes se tarisse. Que pouvait-on faire ? Continuer ainsi et tromper toute notre sororité ? Dévoiler cet état de fait à lady Agn ? Je songeai à lady Hellébore, elle avait été une Corbeau avant d’être la tenancière de la maison du Seringat. Klæ n’était donc pas condamnée à l’exil ou à la pauvreté si elle renonçait à ses vœux. Cependant, cela requerrait beaucoup de courage et d’ingéniosité pour qu’elle puisse se construire une nouvelle vie.

— La patronne de la maison de Seringat était une Corbeau… dis-je d’une voix douce, tu n’es pas dépourvue des solutions.

— Je n’ai pas envie de cette vie-là, gémit-elle, j’aime mon existence telle qu’elle est ! C’est pour ça qu’on ne doit rien dire à personne…

— Comment veux-tu que je t’épaule alors ?

Un profond sentiment de désarroi s’invita dans ma poitrine, alourdissant tout le haut de mon corps me tirant vers le bas, vers le sol. Klæ leva les yeux vers moi.

— Aide-moi à faire disparaître les preuves, dit-elle, c’est l’unique solution que j’ai.

— Tu m’enjoins de mentir à notre reine ? demandai-je à voix basse.

— Tu es la seule en qui je peux avoir confiance ! Je t’en conjure.

— Klæ je… Je ne pense pas que ça soit raisonnable. Je suis certaine que si on explique toute ton histoire à lady Agn ou lady Noïra, elles trouveront un moyen et…

— Nayla.

L’entendre prononcer mon prénom, mon vrai prénom, arrêta ma phrase. Cela faisait des années que nous n’utilisions plus nos dénominations de naissance entre nous. J’étais devenue Nå, elle était devenue Klæ. Je sentis ma lèvre inférieure se pincer. Elle était ma seule amie parmi les Corbeaux. Cependant, j’avais juré à lady Agn de lui dédier mon entière loyauté. Entre mon alliée et ma reine, mon cœur balançait sans pour autant réussir à se fixer.

— J’ai juste besoin que tu m’aides avec les draps, ma chemise de nuit et que tu ne dises rien à personne.

— Je…

— S’il te plaît, je t’en prie.

Elle planta son regard dans le mien. J’y vis toute sa douleur et sa peine. Avec le cœur déchiré en deux, je pris ma décision.

— Je vais t’aider. Mais si jamais lady Agn apprend quelque chose m’interroge à ce sujet, je lui dirais la vérité. Je ne veux pas lui mentir.

— Merci, merci mille fois. Je savais que je pouvais compter sur toi !

Je la serrai dans mes bras à son invitation. Le temps semblait s’écouler avec une lenteur sans égale, tandis que mon cerveau, lui, tournait à pleine vitesse. Avec le ballet matinal des servants et servantes, dissimuler les draps ne serait pas une mince affaire. Et si l’hémoglobine avait atteint le matelas, que faire ?


— Dirigeons-nous vers ma chambre, d’abord… Si les domestiques voient ma literie pleine de sang… Je…

— Inutile d’en dire plus, allons-y. Mets ceci et passe devant.

Je lui tendis une longue robe de chambre sombre qu’elle enfila avant de repartir par la porte de service. Les alcôves des apprenties « régulières » se trouvaient un étage en dessous du mien. Les quelques minutes de trajet me parurent être des heures. En entrant dans la pièce, je notai immédiatement l’odeur ferrugineuse du sang. Cependant, d’autres marqueurs olfactifs forts et puissants inondaient la modeste cellule. Je fronçai le nez en approchant du lit. Les draps et l’alaise étaient ruinés, mais pas la couverture ou les oreillers.

— As-tu de quoi changer tout ça ? murmurai-je pour éviter d’attirer l’attention des personnes voisines.

— Je crois, je vais regarder.

Elle se dirigea vers son armoire tandis que je défaisais les coittes et les roulait en boule au pied de la couche. Comme je l’appréhendai, le sang avait transpercé le tissu et de longues cicatrices rouges barraient le matelas. La solution la plus immédiate était de le retourner. Mais les domestiques remarqueraient bien assez tôt que quelque chose n’était pas comme d’habitude. S’ils avaient le reflex de renverser la literie, ils découvriraient la supercherie.

— On va devoir remuer la paillasse… Mais à partir de maintenant, je crains que tu ne doives faire toi-même ton lit.

— Ce n’est pas bien grave, ça me rappellera ma vie antérieure quand je devais faire mon lit et ceux de la famille avant d’aller travailler ! dit-elle avec un demi-sourire timide.

— Tu vivais déjà dans le grand luxe à l’époque dis moi, répondis-je avec un doux sarcasme derrière la tête, pour détendre la conversation.

En guise de réplique, elle fronça légèrement le nez avant de se placer près de moi. Je remarquai aussitôt qu’elle avait encore les paumes sales.

— Tes mains, tu devrais peut-être les laver ? observai-je, même si c’est sec, on ne sait jamais.

— Tu as raison.

Après avoir raclé soigneusement ses phalanges dans le broc d’eau qui occupait un coin de la petite pièce, Klæ revint à mes côtés. Nous soulevâmes le matelas avant de le refourrer de l’autre profil. Je poussai un profond soupir une fois l’épaisse couche remise en place.

— Je me charge de faire ton lit, file donc dans ma chambre, je crois que le bain que l’on m’a préparé ce matin est encore tiède. Tu pourras te nettoyer et on s’occupera de ta chemise de nuit là-bas.

Mon amie hocha la tête et s’engouffra dans les entrailles du château sans demander son reste. Je bordai son matelas de la manière la plus impeccable possible, pour laisser penser aux domestiques que le ménage avait déjà été fait. J’ouvris la minuscule fenêtre pour aérer l’atmosphère et faire disparaître l’odeur nauséabonde du sang. Je vidai le broc dans une canalisation cachée avant de retourner dans mes appartements. Je poussai un soupir en refermant la porte de service.

Je trouvai Klæ dans la petite pièce attenante à ma chambre qui me tenait lieu de salle de bain. Elle sursauta un peu dans le baquet en me voyant arrivé avant de se détendre à nouveau. Elle avait roulé en boule sa chemise derrière la baignoire afin qu’on ne l’aperçoive pas depuis l’entrée. L’eau s’était teintée d’une couleur rouille. Je lui tendis le pain de savon et une brosse aux poils rêches pour qu’elle puisse récurer au mieux le dessous de ses ongles et les taches de sang les plus incrustées.

— Heureusement que tu as une chambre avec un bassin, soupira Klæ, je ne sais pas comment on aurait pu se débrouiller pour ne pas se faire voir en allant dans le bain commun.

J’esquissai un maigre sourire en guise de réponse. À vrai dire, j’ignorai quoi lui dire. Parfois, l’idée qu’elle était mon amie uniquement à cause des privilèges que mon statut de pupille de lady Agn m’accordait me traversait l’esprit. Cela dit, je n’arrivais jamais vraiment à y croire : Klæ avait été bienveillante avec moi bien avant que le choix de la sombre souveraine se posât sur moi.

— Tu as surtout de la chance que j’ai eu envie de faire la grasse matinée aujourd’hui, répondis-je.

J’ouvris le tiroir de la coiffeuse et en sortit une paire de ciseaux. Je n’avais jamais apprécié la couture, trouvant cette activité bien trop laborieuse pour moi. J’avais été plus que soulagée lorsque lady Agn avait décidé qu’au lieu des travaux de l’aiguille, je devais approfondir mes talents artistiques avec autre chose. Cependant, aujourd’hui j’étais encore plus heureuse d’avoir eut la sagacité de garder quelques outils de ces ennuyeuses leçons.

— C’est vrai que j’ai entendu dire que tu étais très occupée ces derniers temps. Pardon de te causer du souci…

— Ne t’en fais pas, c’est pour ça que sont faits les amis, non ? déclarai-je tout en m’essayant.

Je commençai à découper soigneusement la robe de chambre en lambeaux. Les lames glissaient avec aisance dans le coton. Comme la plupart de nos tenues les plus régulières, les chemises de nuit que l’on nous fournissait étaient des modèles uniques. Je me doutais que pour certaines occasions, plusieurs Corbeaux possédaient des atours de nuit plus travaillés, mais ceux-ci n’étaient jamais réalisés aux frais de la couronne ou de notre sororité. Afin de remplacer son vêtement manquant, je pourrais donc donner à Klæ une des miennes.

– Une dernière parole avant que ta blouse n’aille rejoindre la cheminée ? lançai-je une fois mon œuvre terminée.

— Non sans façon, elle grattait en plus !

Klæ se mit à rire doucement, retenant sa voix pour ne pas trahir sa présence tandis que je retournai dans la pièce principale. Le feu dans l’âtre était encore assez vif, j’avais rajouté une bûche au cours de la nuit. Je déposai les morceaux de tissus les plus sales au plus près des flammes. Le brasier les accueillit voracement en son sein. Je décidai de garder les autres lambeaux pour plus tard, afin de ne pas éveiller les soupçons des chambrières. Et puis, personne ne s’étonnerait de trouver des chiffons dans une commode. Je dénichai une nouvelle chemise de nuit dans mon armoire pour Klæ et revint dans la pièce. Il ne restait plus que le souci de la couleur du baquet à régler, mais j’avais déjà ma petite idée sur la question.

— Comment vas-tu camoufler tes saignements ? demandai-je en me réinstallant devant la coiffeuse.

— Je crois que certaines plantes diminuent l’afflux sanguin. Sinon… J’ai entendu dire que certaines femmes arrivaient à contrôler leurs menstrues grâce à leur volonté. Après tout, la chair n’est que le reflet de l’esprit… Mais je ferais attention.

Un instant de silence fila entre nous, je n’avais rien à ajouter à son plan. Je ne maîtrisais guère le fonctionnement d’un corps doté de la capacité à enfanter. Je ne connaissais que le mien qui serait à jamais vide.

— Sors de l’eau avant d’être toute fripée et puis j’ai besoin que tu m’aides.

— Tu as raison. Qu’est-ce que tu veux que je fasse ?

— Je vais être contrainte me couper quelque part, pour pouvoir expliquer la couleur du bain. Mais je ne sais pas si j’en serais capable, répondis-je en réprimant un frémissement.

— Oh. Oui, bien sûr.

Quelques instants plus tard, je retroussais ma propre robe de chambre afin de lui indiquer l’endroit où planter les lames du ciseau pour faire croire à un bête accident. D’un geste sec, la pointe s’enfonça dans la chair tendre du haut de ma cuisse. La sensation glaciale de la morsure de l’acier ne dura quelques secondes avant d’être supplantée par celle d’une vive brûlure. Je plaquai ma main contre la coupure tandis que mon sang commençait déjà à perler à la surface de ma peau. Klæ me regarda, un air peiné sur le visage. Mais nous étions amies et pour elle, pour son bonheur, ce n’était qu’un petit sacrifice que j’acceptai de faire.

— Merci encore de m’avoir aidée, dit-elle en me tendant la paire de ciseaux.

— Je t’en prie, je suis sûre que tu aurais fait la même chose pour moi. Mais au cas où la situation… Enfin, je veux dire… Si jamais… Comment dire cela ?… Ça venait à se reproduire et que je ne sois pas là, tu devrais peut-être en parler à quelqu’un d’autre ?

La date de mon Enchère arrivait à grands pas et après cela, mon temps au castel serait limité. Tout du moins, il en allait ainsi pour toutes les filles que je connaissais. Klæ était de passage entre les murs du château, car tous les oiseaux reviennent immanquablement à leurs nids. Les Corbeaux ne faisaient pas exception. Mais bientôt, elle repartirait.

— Tu as raison, mais qui ? Je ne peux pas consulter ma tutrice… Elle n’hésiterait pas à aller trouver lady Agn et je serais bannie.

— Et ton Ombre ?

Avant d’aller voir lady Agn, je savais que je pouvais compter sur Bromn. J’étais certaine que si mes épaules s’alourdissaient par un secret comme celui de Klæ, il ne cillerait pas devant les difficultés, quelles qu’elles soient, s’il s’agissait de m’aider. Il n’approuverait assurément pas le mensonge et cela lui couterait, mais j’avais la conviction qu’il serait toujours à mes côtés. Quand bien même si nos rapports actuels étaient tendus, j’avais le même sentiment confiant à l’égard de Trystan. Mais l’arrivée de sa promise allait sans doute changer cela, à mon grand regret.

— Malheureusement ma relation avec lui n’est pas aussi simple que ça, soupira-t-elle.

— Pourquoi donc ? Vos destins sont liés. Il t’a prêté allégeance, lançai-je avec optimisme.

— Oh Nå je… Si seulement c’était… Si Irving apprend que je suis une femme tout à fait normale, il ne voudra plus de moi.

Je fronçai les sourcils, j’avais peur de comprendre la portée de son sous-entendu. Mais lorsque les joues de Klæ se mirent à rougir… Je devinai tout de suite de l’identité de l’amant dont elle vantait les mérites dans ses lettres. Bien qu’il n’était pas interdit aux Corbeaux et aux Ombres d’entretenir des relations plus qu’amicales, cette réalité me dérangea légèrement. En revêtant notre plumage, nous n’étions plus des personnes ordinaires. Tout comme nos protecteurs. Nous devenions les instruments de la couronne, les violons sur lesquels se jouait la mélopée de notre politique. Nous ne nous appartenions plus. Les actions de mon amie étaient à cent lieues de cet idéal que j’avais de notre rôle. Loin des aspirations que j’essayais d’atteindre en permanence, afin de rendre grâce aux Dieux, aux Os et à lady Agn.

— Si vous vous aimez, peut-être devrais-tu lui proposer un arrangement. N’a-t-il pas envie de faire honneur aux Anciens ?

— Il est déjà marié. Et n’a pas l’intention de demander à ce que l’on déclare son union comme nulle pour m’épouser moi…

— Oh.

Je ne savais pas quoi répondre d’autre. Y avait-il seulement quelque chose à discuter. Pas vraiment. Klæ devina sans peine mon embarras et m’adressa un sourire timide. Dans le couloir, les activités diurnes semblaient vouloir se préciser, nous n’avions plus beaucoup de temps.

— Je devrais y aller, murmura-t-elle en se dirigeant vers la pièce principale.

— Personne ne serait surpris de te voir ici. Il n’y a pas une âme dans le château qui ignore que nous sommes amies, répondis-je.

— C’est vrai. Mais tu n’as rien à faire à cette heure ? Tu es toujours incroyablement occupée.

— Non, j’avais envie de m’accorder une matinée pour moi aujourd’hui. On peut donc discuter pendant des heures si le désir nous en prend.

— Parfait alors ! Je file dans ma chambre me vêtir et je reviens !

Peut-être devrais-je demander aux domestiques du château de nous faire parvenir un petit déjeuner ? Je pouvais débarrasser mon bureau pour qu’il fasse office de table. Tandis que Klæ disparaissait dans les entrailles du castel, j’organisai l’espace pour la recevoir et commandait quelque chose à manger. La servante qui avait répondu à mon appel était presque surprise de ma requête – aujourd’hui comme hier, je n’utilisai presque jamais le service d’étage.

Quelques minutes plus tard, un plateau chargé de victuailles arrivait dans ma chambre. Parmi les choses proposées, j’avais demandé pour Klæ un petit quelque chose venu de la frontière Est, là où elle officiait en tant que Corbeau. Dans ses lettres, elle m’avait dit qu’elle s’était prise d’affection pour cette boisson. Quant à moi, l’idée de siroter du lait chaud et fermenté dés le matin ne m’était guère appétissante. Klæ frappa à la porte avant d’entrer tandis que j’étais entrain de me changer. Elle avait revêtu sa robe noire et portait des bijoux en os. La pâleur des ornements faisait ressortir l’ombre de sa toilette, mais également des tatouages qui agrémentaient ses mains. Elle avait maquillé son regard d’une telle façon que les marques les plus récentes, deux cercles remplit d’obscurités justes en dessous des yeux, soient les plus hypnotisantes possibles. Moi aussi j’aurais bientôt l’honneur de les porter.

— Tes seins sont vraiment beaux, dit-elle en s’approchant de moi.

Elle se glissa dans mon dos et je sentis ses paumes serpenter jusqu’à ma poitrine. Elle logea son menton dans mon cou et me serra dans ses bras. Je souris, ce genre de marque d’affection me faisait toujours beaucoup de bien.

— Tu nous as commandé un véritable festin ! On ne va jamais tout manger ! déclara-t-elle en découvrant le plateau sur mon bureau.

— Sait-on jamais. Et puis, je me suis dit que ça pourrait nous servir aussi de déjeuner, si nos bavardages nous amènent jusqu’à cette heure-là, commentai-je en me libérant de son étreinte pour venir me placer devant ma table de fortune.

— J’espère que ça n’aura pas d’incidence sur ton travail.

— Non, j’étais simplement entrain d’écrire à ma mère.

— Tu lui rédiges toujours des lettres ?

Je répondis par un hochement de la tête silencieux et commençant à picorer un raisin. Klæ s’installa à côté de moi et fit de même. Malgré son exclamation quant à la quantité de nourriture, son assiette fut rapidement garnie de toutes sortes de choses : viande, fromages, fruits et bien sûr un gobelet de son étrange boisson.

— J’aurais songé que tu aurais stoppé de lui écrire après tout ce temps, dit-elle en avalant une grappe, je pensais qu’en tant que pupille de lady Agn tu savais pour le courrier.

— Que veux-tu dire par-là ? demandai-je un brin anxieuse.

— Les lettres que nous destinons à nos familles ne sont jamais envoyées. Celles qu’ils nous adressent ne sont jamais remises.

La peau de son raisin explosa sous sa dent tandis que je sentais mon propre cœur se disloquer dans ma poitrine. Pendant toutes ces années, j’avais diligemment écrit à ma mère, j’avais cru que son silence était volontaire. Mon estomac sembla vouloir se retourner à l’intérieur de mon ventre.

— Mais je pensais que tu étais au courant, puisque c’est lady Agn elle-même qui en a décidé ainsi, ajouta Klæ après avoir mordu dans un petit morceau de fromage.

Soudain, tous les sons et bruits de la pièce furent envoyés au loin. Il n’y avait plus que le battement de mon cœur dans ma poitrine. Ce rythme était incroyablement rapide alors que le monde me semblait si lent. Ma gorge se serra et je sentis le froid gagner tout mon corps. Je me levai mécaniquement et remis une bûche dans l’âtre. Une nuée d’étincelles s’envola tandis que je sombrai dans l’étreinte glacée de la colère.

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Jess Swann
Posté le 26/06/2020
Ah excellent rebondissement !
J'estime que Na fait une erreur en couvrant Klae, j'espère que je me trompe.
Je me demande ce que Na va faire à présent qu'elle sait que ses lettres n'ont jamais été postée, à sa place je serai furieuse.
Une alerte sur la relecture malgré tout il reste quelques coquilles c'c'est dommage surtout que l'histoire est de mieux en mieux
Soah
Posté le 30/06/2020
Oui, je suis désolée pour les coquilles : je n'ai pas encore édité le texte, du coup tout est encore assez brut de pomme à chaque fois que je publie. Je suis assez étourdie ^^"
Je suis contente que le rebondissement te plaise :)
Jess Swann
Posté le 30/06/2020
Ah bah les coquilles, en plus on a beau se relire, il y en a toujours :(
Litchie
Posté le 17/06/2020
Oooh j'avoue que je me doutais qu'il y avait quelque chose de louche avec Klae. En fait c'est bizarre mais il y a quelque chose qui fait que je me méfie de ce personnage. Je m'attends à ce qu'elle trahisse Na d'un instant à l'autre. Comme si la pauvre n'était pas déjà assez malmenée par le monde :(
Litchie
Posté le 17/06/2020
(ah et j'ai oublié, il y a une petite répétition de " Je déposai mes lèvres sur son front. " au début du chapitre. La phrase est répétée à quelques paragraphes d'intervalles.
Soah
Posté le 30/06/2020
Oups, merci pour la répépétitition :D
Merci pour ton avis et c'est "normal" que tu te médies de Klæ je pense, je l'ai écrite pour qu'elle soit "sympa mais pas trop." le genre d'amie semi-toxique que l'on ne peut pas laisser tomber.
Zig
Posté le 18/04/2020
Ok... j'ai beaucoup aimé tous les autres chapitres, j'adore ce roman de manière générale, mais j'ai encore plus adoré ce chapitre...

Il est vraiment malin, pertinent, juste, et Nayla (que j'aimais déjà énormément), apparaît encore plus comme une jeune femme admirable (et beaucoup trop douce pour ce monde, la pauvre...)

Je n'avais pas compris que les Corbeaux n'avaient pas non plus leurs règles (pourtant... c'est logique... j'aurais pu m'en douter). Y'a moyen de rejoindre ce monde et de le devenir non parce que bon... j'avoue que je les envies un peu là... (quand t'as pas envie d'avoir d'enfant, bien sûr !)

J'étais censée ne lire que deux chapitres mais du coup je continue... je suis beaucoup trop à fond.
Soah
Posté le 26/04/2020
Piou <3
Merci ça me fait tellement plaisir ! >///<
Et les Corbeaux sont stériles, oui ! Pas de règles, pas de vraies puberté etc ! Mais je n'ai peut-être pas assez insisté dessus ? :<

L.A Marin
Posté le 10/04/2020
Je m'en doutais pour les lettres, mais c'est vraiment vicieux de l'avoir dit aux autres et pas à Nayla (je me refuse à l'appeler Na ^^) Cette Lady Agn croit surement agir par bienveillance mais elle cache trop de choses à sa protégée, et ça me laisse perplexe. Sinon le chapitre était super !! Je m'empresse de lire la suite !
Soah
Posté le 11/04/2020
Lady Agn aime sans doute un peu trop Nayla :p
Quant à l'héroïne, d'ailleurs, que tu l'appelles Nayla ou Nå, ça n'a pas trop d'importance pour moi, ne t'en fais pas ^-^/ Pour moi, se sont deux facettes d'une même personne. Nå qui est la façade "officielle" et Nayla qui est sa "vraie" personnalité.
Alice_Lath
Posté le 10/04/2020
Oooh, j'aime beaucoup ce retournement de situation au sujet de Klae, ça donne tout de suite beaucoup plus de profondeur à ce personnage, qui devient saisissant de réalisme, on se prend d'affection pour elle et sa situation compliquée. Et puis, la dernière partie... Haha, je sais pas pourquoi j'étais partie sur cette hypothèse. En tout cas, on sent que sa prochaine confrontation avec Lady Agn promet d'être... épique?
Soah
Posté le 11/04/2020
Merci beaucoup pour ton avis sur Klæ ! J'avoue que c'est un petit twist sur lequel j'ai eu pas mal d'hésitation, sur comment le faire, comment s'en servir etc... :)
Le confrontation je n'en dis pas plus mais elle a le mérite d'avoir lieu ! Et je pense qu'elle montre différent aspect de Lady Agn aussi. c:
PetraOstach - Charlie O'Pitt
Posté le 05/04/2020
Hello Soah !

Encore un bon chapitre fait de rebondissements et de révélations. Les choses prennent de plus en plus une nouvelle tournure par rapport au début qui a mis un peu de temps à s'installer et c'est très plaisant à lire :)
C'était assez intense, en lisant je m'attendais à tout moment qu'elles soient prises en flagrant délit.
J'ai eu du mal avec le passage où Nayla se laisse couper pour couvrir son amie. J'en ressens encore la douleur lol
Mais ce qui est intéressant avec ce passage, c'est que ça peut donner à Nayla un argument de poids si jamais elle a besoin que Klae lui rende un gros service plus tard.

A très vite sur la suite :)
Soah
Posté le 07/04/2020
Plus on va approcher de la suite et plus les blocs se mettent en place, c'est normal ! :D La Reine c'est un roman assez lent, au final. Parce qu'il faut que je mette en place beaucoup de choses pour qu'à la fin, elles se montrent payantes. Tout en oubliant rien, ce qui n'est pas aisé parfois ! x'))

Mais oui, ça fait une information dans la besace de Nayla... Ca pourra être utile, plus tard :p
AudreyLys
Posté le 10/03/2020
Coucou ! Pas mal ce chapitre, on approfondit un peu le personnage de Klæ ^^
J’ai deux remarques générales à faire, la première a très bien été exprimée par Sorryf à propos de ce que Klæ a fait, moi non plus je n’ai pas trop compris. La deuxième c’est encore une histoire de « show don’t tell » concernant le fait que Klæ et Nå soient amies. On le sait, et on sait que Nå va l’aider parce que c’est son amie, tu n’as pas besoin de l’expliquer.
Voilà c’est tout, on passe aux coquilles maintenant :
>Le mois qui suivirent passèrent à une vitesse folle -> les
>Le temps semblait refusé -> refuser
>Mais je ferais attention.-> ferai
>Je vais être contrainte me couper quelque part-> de
>je n’utilisai presque jamais le service d’étage.-> utilisais
>Quelques minutes plus tard, un plateau chargé de victuailles arrivait dans ma chambre.-> arriva
>j’étais simplement entrain d’écrire à ma mère.-> en train
J’ai remarqué qu’il y a quelques fautes que tu fais régulièrement (entrain, er/é) si je peux me permettre de te donner un conseil : ce que je fais pour ma part c’est de noter mes fautes récurrentes et de me relire en les cherchant spécifiquement.

Voilà, je commente vite le chap suivant !
Soah
Posté le 13/03/2020
Je note que y a vraiment un soucis de compréhension sur les actions de Klæ, merci de votre retour là-dessus ^v^
Après, comment dire, même si elles sont amies, la loyauté de Nå est quand même assez forte, donc... C'est un peu compliqué de ne pas expliquer, c'est difficile xD

Pour les coquilles, merci ! Et c'est un super bidulage d'Antidote qui m'a fait sauté quelques unes ^^" ...
Sorryf
Posté le 05/03/2020
Bon... je suis bête et mal éduquée... mais je n'ai pas bien compris ce qui arrive a Klae (j'ai honte)
1. elle a ses règles. Mais au début tu dis qu'elle les fait passer avec des plantes, et aussi quel rapport avec l'enchère ? Par contre à la fin Na lui demande comment elle va faire maintenant, et Klae parle de flux instinctif. Donc a priori c'est simplement les règles ? Mais alors pourquoi elle dit qu'elle a eu peur d'être enceinte ?
2. elle a avorté, avec des plantes j'imagine ? mais dans ce cas c'était pas les règles le problème, et son dialogue sur le flux instinctif induit en erreur. en plus elle aurait pas dit "j'ai eu peur d'être enceinte" si elle l'avait été.
3. ce qui m'amène au plus logique : elle a avorté préventivement, comme une pilule du lendemain un peu hardcore ? mais là encore une fois pourquoi faire revenir le problème des règles qu'elle gérait bien ?
Je pense que tu devrais être un peu plus claire sur ce qui s'est passé, non seulement pour les lecteurs à la masse comme moi mais aussi pour Na qui est dans un milieu ou tout le monde est stérile et donc elle doit pas être très informée de toutes ces histoires, elle le dit elle meme.

Voila... je me sens archi con surtout que apparemment les autres coms ont tout compris eux T.T la honte !
En tout cas ce chapitre était vraiment super, j'adore l'amitié entre ces deux là. Pas cool pour les lettres, ça m'a trop fait de peine. La mère qui doit se dire que sa fille l'a oubliée... Pourquoi les couper comme ça ?
Soah
Posté le 05/03/2020
Du coup, si tu n'as pas compris, c'est sans doute moi qui ait mal expliquer ce qui se passe ! :) Donc, merci de l'avoir souligné, comme ça je pourrais changer les choses lors de la réécriture !
Donc, explicitement c'est la proposition numéro 3 ! Klae ayant peur d'être enceinte se faire avorté préventivement, en effet, avec des plantes.
Du coup, c'est peut-être troublant - et je voulais pas faire les choses trop "dans ta face" donc, j'ai peut-être été trop subtile dans mes propos ce qui rend la chose perturbante ! :)

Les raisons seront bientôt dévoiiiilléééées, promiiiiiis !
Cocochoup
Posté le 02/03/2020
Tu as subi des pressions pour poster ce chapitre plus rapidement que voulu ?, tssss ah les gens.... XD
Chapitre au top au top au top
Tellement d'actions et de rebondissement ! C'est ouf que Klae ait menti, je sens qu'elle va se faire gauler à un moment et que ça va pas être joli joli.
Et Na... Va t elle aller voler dans les plumes de la reine des corbeaux et lui demander des explications ? Pourquoi veut elle que les gens coupent les ponts ?
La suiiiiiite !!!!

J'ai juste trouvé étrange le passage pour Klae pelotte les seins de Na ? Enfin si j'ai compris ?
Soah
Posté le 02/03/2020
Oui, on se demande biiiien qui peut faire ça, n'est-ce pas? c: c: c: ...
Je posterais la suite la semaine prochaine, je pense ! :p

xD tu as bien compris, mais j'ai pas mal d'amies qui le font, donc... Ca me paraît pas étrange :'>
Flammy
Posté le 02/03/2020
Coucou !

Je dois dire que je ne m'y attendais vraiment pas à ce qu'une des filles aient menti sur l'état de son sang =o Mais en même temps, je peux comprendre qu'une famille riche veuille garder sa fille, même si elle est stérile, la vie de Corbeaux c'est pas simple. "Chouette" surprise donc, même si bon, à mon avis, ça va retomber sur Na à un moment et ça va causer des soucis ='D

Par contre, elle fait quoi du drap ? J'ai compris qu'elle mettait la chemise de nuit au feu, mais le drap ? Ou alors j'ai lu trop vite ? En tout cas, il ne manquerait plus que Klae soit enceinte, ça fouterait bien la merde >< Surtout qu'en plus, ça a pas l'air top avec son Ombre :/

Et sinon pour la fin, je m'étais fait la réflexion à un moment sans vraiment y croire ='D Mais en vrai, je trouve ça totalement logique, couper les liens comme ça c'est le meilleur moyen de les pousser à devenir les meilleurs Corbeaux, et si elles étaient au courant, elles risqueraient de se rebeller donc bon... Pour moi, c'est logique, même si Na doit pas vraiment apprécier vu comment elle tenait à sa mère ='D Ca va clasher avec Lady Agn \o/

Quelques coquilles :

"Le temps semblait refusé que je puisse revendiquer " refuser

"je n’avais pas le goût de voir notre relation changée" changer

"Mais si jamais lady Agn apprend quelque chose m’interroge à ce sujet" il ne manque pas un mot ?

Bon courage pour la suite =D Pluchouille zoubouille !
Soah
Posté le 02/03/2020
Coucou :D
Tu es au taquet dis moi ! :'>

Je ne dirais riiiiien, tralalalala ! Mais oui, il y a des magouilles ! Sinon, c'est pas drôle :D ...

°-° ... J'ai sans doute oublier de mettre que Nå a jeter le drap. *loutre stupide* xDD désolée !!!

Outre ça, il y a d'autres raisons pour lesquelles le courrier a été suspendu :p ... Mais je n'en dis pas plus !

Merci pour les coquilles ! ><"" Même en relisant et en Antidotant, certaines m'échappent encore !
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