Chapitre 12 : L'entraînement

Par Mary

XII

L’ENTRAÎNEMENT

 

 

 

 

 

Alban encaissa la nouvelle.

— Sa fille ? Au Naufrageur ?!

— Tout juste !

— Elle a passé la majeure partie de sa vie sur ce navire, compléta Hector. C’est bien le seul que le Naufrageur a pas coulé ! Il a capturé le Lotus Noir pendant son voyage inaugural. Les Anglais venaient des Indes et avaient surestimé leur capacité de stockage, résultat, ils flottaient bas et avançaient lentement. Oh, ils se sont défendus, pas de doute là-dessus, mais ça a pas suffi. Plutôt que de les couler, les pirates ont échangé de bateau avec les Anglais. Au premier port, ils l’ont rebaptisé et de Black Lotus, il est devenu le Lotus Noir. Ils ont pas cherché bien loin, hein.

Alban aurait aimé en apprendre davantage sur le Capitaine, mais Philippe enchaîna :

— On a su ce qui était arrivé au Naufrageur, finalement ?

— Il est présumé mort et l’est certainement depuis tout ce temps, répondit Martial. Après, si on trouve une bonne cachette, y’a toujours moyen de disparaître.

Hector protesta, mais Alban n’écoutait plus. Le Capitaine était la fille du Naufrageur ! Voilà pourquoi elle avait pris la tête du Lotus Noir, mais bon sang, quelle nouvelle ! Une question le taraudait : pourquoi n’avait-elle pas cherché à le retrouver ? Enfin, peut-être l’avait-elle fait, mais faute de preuve évidente de sa mort —puisqu’il était toujours présumé mort— pourquoi avoir abandonné ? Pour Alban, cela relevait de l’inconcevable. Il remuait ciel et terre pour rassembler les pièces manquantes de son enfance et ne s’imaginait pas un avenir sans elles.

Une fois couché, il ne parvint pas à trouver le sommeil. Il se remémorait la discussion qu’il avait eue avec Hector durant ses premiers jours à bord. Le timonier, foncièrement aimable, quoique souvent ronchonneur, cachait ses cheveux gris sous un bonnet noir. Les dents très abîmées, il avait les yeux renfoncés et les mains calleuses. On voyait qu’il avait été costaud et vigoureux, mais la vie à bord l’avait rendu noueux. Hector n’avait pas laissé Alban manœuvrer seul, il disait qu’il manquerait de doigté. Il lui avait toutefois expliqué le fonctionnement du gouvernail et comment s’en servir pour augmenter encore la force du vent dans la voilure. Quand Alban lui avait demandé s’il savait quoi que ce soit sur son oncle, il avait mûrement réfléchi. Plein d’espoir, Alban avait attendu patiemment, car Hector naviguait depuis longtemps. Peut-être se souvenait-il de lui.

— Ça remonte tout ça. Ça me rappelle bien quelque chose, mais je saurais pas dire, surtout que j’suis presque sûr de jamais avoir entendu ce nom-là.

— On l’appelait aussi Le Yann, insista Alban.

Hector avait secoué la tête en signe de dénégation.

— Non, gamin, pas la moindre idée. Morbleu, je suis même pas de Saint-Malo ! Ma famille possède une petite auberge de l’autre côté de l’estuaire, vers Dinard.

Jusqu’à maintenant, personne n’avait la moindre idée de ce qui était advenu de Yann Le Guirec. Pas vu depuis des années, et certains ne le connaissaient même pas. Décidément, cette histoire ne sentait pas bon, et Alban craignait d’avoir fait tout ça pour rien. Le Yann s’était pourtant bien embarqué sur le Lotus, non ? Alors pourquoi Hector ou Martial ne s’en souvenaient-ils pas ? Alban devait trouver un moyen d’interroger le Capitaine. Elle restait souvent dans son bureau et en sortait pour calculer le cap. Elle tenait aussi la barre tard le soir ou tôt le matin pour relayer les veilleurs, ou pendant des manœuvres délicates, comme la fois où il avait fait si mauvais temps.

Le jeune homme se retourna une énième fois et s’enroula dans sa couverture. Il fallait qu’il se repose. Non pas qu’il eût très envie de dormir, pour faire encore des cauchemars, mais il prenait le dernier quart et surtout, demain, il avait entraînement avec Killian. Les séances avaient lieu tous les deux jours environ, et le second ne l’épargnait pas. Parfois longues et intensives, les sessions d’exercices pouvaient durer des heures. Alban n’aimait pas l’idée de se battre, mais devait impérativement apprendre à se servir d’une arme en cas d’attaque ou, plus vraisemblablement, si le Lotus Noir abordait un navire ennemi.

            Killian vint le chercher en milieu de matinée. Après une nuit agitée, Alban s’était levé tôt pour aller relever Hector et d’assez méchante humeur. La journée ne s’annonçait pas sous les meilleurs auspices. Ils échangèrent quelques passes au sabre pour s’échauffer, mais le cœur n’y était pas. Négligemment appuyé sur le bastingage, Martial les observait en croquant une pomme et surveillait également Samuel, perché dans une des vergues pour réparer une accroche.

— Il faut que l’épée ne soit que le prolongement de ton bras, expliqua Killian d’un ton placide en se repositionnant face à lui. Ta première arme, c’est ton corps, ta façon de te déplacer. Fais-le bien, apprend à maintenir ta garde et à esquiver, et le plus gros du travail est fait. On recommence.

Inlassablement, ils répétaient les mêmes gestes, jusqu’à ce qu’Alban se débrouille avec son jeu de jambes, l’alignement de son bras ou la souplesse de ses parades. Les premiers temps, le second leur avait trouvé des bâtons pour s’entraîner. Depuis peu, ils étaient passés au stade supérieur et maniaient désormais de vieux sabres d’abordage qui n’auraient jamais découpé ne serait-ce qu’un bout de chiffon.

— Plus vite, je te vois venir à trois lieues ! Les types en face de toi auront des années de pratique, tu ne peux pas simplement leur foncer dedans.

— Je fais ce que je peux !

— Tu ne seras pas en première ligne, mais tu dois au moins savoir te défendre, répliqua Killian, un peu cassant. Tu seras pour eux une proie facile, ne leur donne pas plus d’occasions de te tuer qu’ils n’en auront déjà ! Alors mets-toi droit, lève la tête et fais attention à ce qui se passe autour de toi. Tu t’es suffisamment entraîné maintenant pour avoir acquis certains réflexes. Persuade-toi que je suis vraiment ton ennemi. Pense à quelque chose qui te fait peur, n’importe quoi, mais essaie de faire comme si je voulais vraiment te tuer.

Le second se rua sur lui. Alban réussit à parer deux ou trois coups assez facilement, mais soudainement, l’autre fut trop près de lui. Il ne parvint pas à esquiver. En conditions réelles, il aurait été gravement blessé.

— C’est mieux, mais tu y vas encore trop à la légère. On recommence.

Alban recula de quelques pas. Trouver quelque chose qui fasse peur. Qui le fasse réagir. Il réfléchit et n’eut pas à chercher longtemps.

Il se força malgré la douleur. Pas le choix, un jour ou l’autre, il faudrait se battre. Et il devrait bien faire face.

Il repensa à tout ce qui l’avait amené là, à ce moment précis. L’homme qui lui avait volé ses parents et réduit sa maison en cendres. Les cauchemars qui le hantaient depuis. Son impuissance à trouver le moindre indice, à Saint-Malo ou ici.

Son pouls s’accéléra, sa respiration se fit saccadée. Un frisson lui parcourut tout le haut du dos. Il croyait se faire peur, mais autre chose venait. Un sentiment qu’il n’avait jamais éprouvé ainsi et qu’il ne s’était jamais vraiment autorisé.

Le second chargea une nouvelle fois et Alban se mit en garde.

Il ne resterait pas un gamin effrayé toute sa vie. Il devait être fort pour découvrir la vérité. Pour être libre. Pour être avec Nora.

Il songea à son oncle qui l’avait laissé seul dans son enfer. Alors il n’avait pas voulu de lui ? Alban le trouverait. Peu importe le temps que cela prendrait. Il aurait ses réponses, l’homme à l’étoile, ce qu’ouvrait la clé. Il vengerait ses parents.

La première fois que la rage lui était montée, il s’était forcé à se calmer. Mais plus maintenant.

Alban para les premières attaques de Killian dans des élans fermes et assurés. Le second sourit en reculant d’un pas, sans doute satisfait de voir que son élève répondait enfin. Il lança un nouvel assaut pour tester jusqu’où le jeune homme pouvait tenir. Alban se détourna vivement et esquiva, mais cela ouvrit sa garde. Tentant le tout pour le tout, il utilisa la force du coup qui arrivait pour déstabiliser son adversaire en lui abaissant le bras. En ramenant sa lame dans un enchaînement inédit et plus ou moins involontaire, la pointe de son sabre termina sa course à quelques pouces de la carotide de Killian.

— Tu es décidément plein de surprises, fit Martial en s’avançant vers eux.

— On est encore loin d’un succès, mais il faut reconnaître que l’entraînement porte ses fruits, déclara Killian. Fais tout de même attention à ta garde. Je te le laisse, Martial, il a retenu sa leçon du jour !

Il s’étira.

— Ça va Alban ?

— Oui. Oui, ça va.

Non, ça n’allait pas du tout. Il tremblait presque quand il rendit son sabre.

— Sans indiscrétion, tu as pensé à quoi ?

— À rien. Je… Pardon, je dois y aller.

Alban planta là Killian et Martial, perplexes, et partit se mettre le plus loin possible dans un coin sous le grand foc. Le bruit du verre brisé, le crépitement des flammes, la lumière aveuglante. Respirer, reprendre son calme, son souffle, stopper cette sensation insupportable de fébrilité dans ses mains. L’odeur de brûlé, le tissu qui s’embrase sur les murs, les poutres qui craquent. Il s’accrocha au bastingage. Il haletait, la tête lui tournait. Sa poitrine allait éclater, il contenait mal sa voix et luttait pour retenir les sanglots qui secouaient ses épaules. Les cris de ses parents, la fumée dans sa gorge, la douleur dans son bras, l’impression de tomber, l’impression de mourir. Le cauchemar défilait sous ses yeux, il n’arrivait pas à l’arrêter.

 Il posa son front contre le bois. Reprends-toi ! Flanche pas maintenant ! Tu dois y retourner, ils vont penser que tu ne vas pas bien —mais tu ne vas pas bien— ils vont croire que tu es fou !

            C’était de pire en pire, ça ne passait pas. Il ne pouvait pas rester là éternellement. Il se focalisa sur les mouvements du navire, ses ondulations régulières comme un bercement, l’eau qui glissait le long de la quille et les remous blancs que le Lotus Noir traçait en fendant les flots. L’odeur de l’océan, les vociférations d’Oliver par la lucarne de la cuisine, juste en dessous, le vent froid qui caressait ses joues. Sa respiration reprit petit à petit un rythme normal. Pour finir, il soupira longuement, se redressa et vérifia autour de lui. Personne ne semblait avoir remarqué son état, heureusement. De quoi aurait-il l’air sinon ?

Martial et Killian bavardaient, là où Alban les avait laissés. D’ailleurs, la discussion s’envenimait. Il vit le maître d’équipage descendre vers ses quartiers, au fond du pont de batterie, le poing serré. Ces sautes d’humeur lui étaient habituelles, il n’y paraîtrait plus d’ici heure ou deux. Le jeune homme le suivit dans l’escalier. On approchait de l’heure de la collation de midi et le maître-coq avait peut-être besoin de lui. Au moins, cela lui changerait les idées.

La journée fut des plus ordinaires, et pourtant le malaise d’Alban persista. Quand vint le soir, l’angoisse se réveilla. Il travailla avec Samuel et Ronan dans la salle des canons tout l’après-midi, et au crépuscule, Martial l’envoya sur le pont aider Miguel et les jumeaux à dresser la voilure pour la nuit. Les mains glacées par le vent du nord, il accueillit avec reconnaissance le bol de soupe fumante que lui tendit Oliver lorsqu’il revint. Il se faisait tard, Philippe avait pris son quart la mine sombre. Celui-ci avait tellement mauvais caractère qu’Alban faisait de son mieux pour l’éviter tout en restant poli. Sans arrêt bougon, il devait être d’une nature assez mélancolique, car il passait ses périodes de repos sur le bout-dehors, comme s’il hésitait régulièrement à se laisser tomber. Il excellait cependant dans l’art de larguer les voiles de façon spectaculaire.

Le Capitaine tiendrait la barre au moins jusqu’à minuit. La plupart des hommes étaient partis dormir, et Maugis ronflait si fort qu’ils l’entendaient depuis la table. Alban repoussait le moment du coucher autant que possible, mais somnolait par intermittence au coin du banc.

— Mange, t’es maigre comme un coucou ! insistait le cuistot auprès de Ronan, effectivement osseux et dégingandé.

— Je suis pas un cochon à engraisser avant le printemps !

— Faut finir, il reste à peine une écuelle.

— Envoie, il me faudra de la réserve pour cet hiver, plaisanta Hector en avançant son bol.

Alban, encore plus taiseux qu’à son habitude, écoutait distraitement les conversations, les yeux mi-clos. L’impassibilité qu’il avait affichée tout l’après-midi lui pesait.

— Qu’est-ce que c’est mou, comme traversée ! soupira le mousse. À quand un peu d’exercice ?

Killian, qui aiguisait son coutelas, se voulut rassurant.

— Ça viendra, je me fais pas de souci. On savait en partant maintenant que ce serait plus calme que d’habitude. Le vent est avec nous et c’est tout ce qui compte. Ce serait bien la première fois qu’on revient les mains vides !

— La Compagnie a pas donné d’ordre particulier, cette fois ?

— Non, rien du tout. Le Bardelier était plutôt content de notre dernier voyage. Un peu sur la réserve, va savoir pourquoi. Il a tenu à lire le journal de bord, d’habitude il ne s’embarrasse pas des détails. Par contre, je crois que la Chimère a reçu un ordre de mission tout à fait officiel pour ferrer un gros poisson quelque part en Haïti.

Alban ouvrit soudain les yeux et tendit l’oreille. Il s’agissait du fameux ordre de mission ; le secrétaire de la Compagnie en discutait avec le capitaine Laurens alors qu’il les espionnait avec Nora.

Nora. Le cœur du jeune homme se serra. Si seulement elle était là. Il n’arrivait pas à désembrouiller ses sentiments alors qu’avec elle tout paraissait tellement simple ! Il effleura le ruban noir contre sa clavicule.

Il devait en apprendre plus.

— Hmm, grommela Hector en vidant son bol d’un trait, je vous ai déjà dit de vous méfier de Le Bardelier ! Tête d’ange, mais cœur de démon !

— Vous l’avez déjà vu ? demanda Alban.

— Morbleu, il nous en a fait voir des vertes et des pas mûres ! Toujours à manigancer quelque chose. Se faisait jamais prendre. Cela dit, bon marin. S’il avait pas repris la Compagnie, on en aurait certainement fait un bon pirate.

Alban en resta bouche bée.

— Oh, prends pas cet air surpris, déclara Killian. La bonne société malouine n’en a jamais rien su, mais Louis Le Bardelier a été pirate dans sa jeunesse, ici sur le Lotus Noir. Qui le croirait de toute façon ? Pourquoi crois-tu que nous pouvons partir où bon nous semble ? Nous sommes les seuls à avoir autant de latitude dans nos expéditions.

— Il est resté pas loin de deux ans ici avant de reprendre la tête de l’affaire familiale, poursuivit le timonier. J’peux te dire que quand on a dû passer corsaires, ça m’a fait bizarre, et au Capitaine aussi. En attendant, il a très bien mené sa barque, l’a fait comme son père. Les secrétaires vont et viennent, mais les Le Bardelier restent et ils sont richissimes. Le Roi lui-même leur emprunte de l’argent pour ses fichues campagnes.

Samuel ouvrit la bouche pour la première fois de la soirée et murmura d’un ton amer :

— L’argent et le pouvoir vont toujours très bien ensemble.

— En attendant, reprit Killian, il nous a dans ses bonnes grâces. Lettre de course ou pas, nous sommes trop rentables pour qu’il nous dise quoi que ce soit. Le Capitaine s’occupe des négociations et jusqu’à présent on s’en tire bien.

— J’ai jamais aimé ce type.

— Je sais, Hector.

Alban n’en apprendrait pas plus aujourd’hui, mais la situation prenait un tournant inattendu. Qu’est-ce que Roger, Milo et Nora penseraient de tout ça ? Peut-être le savaient-ils déjà, en fait. Cela ne le surprendrait qu’à moitié. Néanmoins, ce mystérieux ordre de mission lui trottait dans la tête. Nora avait tout de suite soupçonné que cela cachait quelque chose de suspect.

Ses paupières s’alourdissaient alors que son esprit dérivait à nouveau vers la jeune fille. Il avait du mal à rester alerte et rendit les armes lorsque la conversation bifurqua sur le comptoir de la Compagnie à Cuba.

Alban se traîna jusqu’à son hamac. Il tombait de fatigue et s’endormit à peine installé.

 

 

 

*

 

 

Tu reviens toujours, pourquoi tu t’entêtes?

Tu ne m’échapperas pas.

Tu courrais après un chat, la belle affaire. C’est ça, rentre chez toi.

Tu sais ce qui t’attend.

Il est toujours là, cet homme avec son étincelle.

Essaie toujours de crier, personne ne t’entendra.

Pourquoi tu t’entêtes?

C’est la voix de tes parents. Ils hurlent parce qu’ils flambent.

Pourquoi tu restes là, allez, avance. Aide-les avant qu’il ne soit trop tard.

C’est trop tard.

Les braises autour de toi, la fumée te brûle la gorge.

Vas-y, tousse.

Tu es déjà à moitié mort.

Elle était jolie cette tunique. C’est ta mère qui l’a brodée?

Dommage, elle disparaît.

Le feu grignote ton bras.

Ça brûle, pas vrai, Alban?

Ça fait quoi de mourir?

Alban?

 

— Alban ? Eh, petit, réveille-toi ! Petit !

Alban ouvrit grand les yeux en suffoquant.

— Non, non, non, bégaya-t-il en secouant les bras.

— C’est juste un cauchemar !

— Non, éloignez ça de moi !

Alban écarta violemment la main de Maugis qui tenait une petite bougie à la flamme vacillante.

— Alban, calme-toi !

Il se souvint brusquement où il était, son cauchemar, sa terreur. Ça fait quoi de mourir?

            Oh non. Il avait réveillé Maugis ! Il avait fait trop de bruit. Et si c’était déjà arrivé avant et qu’on ne lui ait rien dit ? Le gabier devait le croire complètement dément.

— Allez viens, petit, viens avec moi, on va faire un tour. T’as besoin de prendre l’air.

Maugis le prit doucement par le bras et Alban posa ses pieds sur le plancher froid. La faible lueur de la bougie éclairait péniblement les hamacs autour de lui. Au moins, il n’avait pas réveillé tout le monde.  

— Prends ta couverture, fait vraiment frisquet dehors.

 Il enveloppa Alban dedans et l’entraîna sur le pont.

 

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Jowie
Posté le 08/03/2020
Le Naufrageur est présumé mort (bien que le sous-entendu qu’il ait pu échapper me confirme qu’on le verra sûrement réapparaître d’ici la fin du livre), mais je n’ai pas bien compris à quell moment il a disparu ? Parce que là, ça donne l’impression qu’il a disparu au moment où le Black Lotus a passé aux mains des pirates, vu qu’on parle du Naufrageur juste après avoir raconté ce passage-là.
Donc, si j’ai bien compris, Le Lotus Noir peut faire un peu ce qu’il veut parce que Le Bardelier, qui dirige aussi la Compagnie, était un membre de leur equipage avant ? Voilà qui est pratique !

Au début, j'ai cru que le texte centré était une chanson, puis j'ai compris que c'était une sorte de voix dans la tête d'Alban... ça donne des frissons !

Pauvre Alban, tourmenté par ses souvenirs ! La discussion avec Maugis promet d’être intéressante, j’ai hate de le découvrir dans le chapitre suivant ! À mon avis, Maugis va le rassurer, il a l’air plutôt empathique !
Mary
Posté le 18/03/2020
Alors oui, la voix du cauchemar fait plus ou moins d'effet selon les personnes, désolée.
Sinon, oui, tu as bien compris :) Alban, là, est clairement au fond du seau (mais Maugis est là <3)
Elia
Posté le 31/08/2019
M'est avis que cette discussion va prendre un tournant important sur le pont ! J'ai hâte d'en savoir plus.
Alors parmi les points positifs, j'aime beaucoup la frustration par rapport à le Yann, et j'ai l'impression que cette histoire va aussi prendre un tournant inattendu ! Je me demande ce que tout ça va donner, mais j'espère aussi que tu ne vas pas nous faire languir trop longtemps. Comme l'avait soulevé Isapass, je trouve qu'Alban n'a pas rencontré beaucoup de difficultés depuis son arrivée, hormis les recherches sur son oncle qui n'avance pas.
En revanche j'ai encore du mal à croire à son amour pour Nora, mais peut être as-tu revu ce point ? C'est une question de sensibilité aussi, d'autres plumes ont peut être un avis différent du mien.
À très vite !
Mary
Posté le 31/08/2019
C'est vrai qu'Alban ne rencontre pas spécialement de difficultés, dans la mesure d'une part que je l'ai fait pour être bien plus dégourdi qu'il ne le pense, et surtout parce que pour le moment, les relations entre les membres d'équipage ne sont pas encore clairement établies (genre quand t'arrive dans un nouveau boulot, tu vois pas les rivalités internes, les petits conflits d'ego, et tout est beau et tout joli). Pour Nora c'est plus compliqué. Peut-être que je pourrais accentuer un peu la relation avec Nora, mais sans tomber dans la mièvrerie larmoyante, ça me paraît dur, d'autant qu'Alban est un véritable handicapé émotionnel pour le coup. Je tenterai pendant les corrections, en off ;)
A tout de suite pour le chapitre suivant !
Rachael
Posté le 27/04/2019
Hello, me revoilà, entre deux parties de ma BL.
Je n’ai pas bien compris le rapport entre le bardelier et le fait qu’ils soient passés corsaires. Pour le combat, je plussoie Alice, il me semble qu’il y a un petit truc à revoir là. C’est plutôt la colère que l’angoisse qui doit le pousser à l’action. Il se tape sa crise d’angoisse après, ça c’est cohérent. Je trouve chouette d’ailleurs que tu n’hésites pas à le montrer sous ce jour, plutôt que comme un héros sans peur et sans reproche.
Sinon, agréable chapitre, mais très chargé en « états d’âme d’Alban. Pour « alterner » avec autre chose, il me semble tu pourrais facilement décaler une présentation d’un membre de l’équipage à ce chapitre. C’est vrai que j’ai fait une pause dans ma lecture, et que ma mémoire n’est pas la meilleure du monde, mais comme tout le monde était présenté à la suite, j’ai déjà un peu oublié qui était qui, et qui ressemblait à quoi…
En revanche pour moi, le naufrageur est bien passé, je me souvenais que tu en avais parlé avant.
 
Détails et chipotages
il se tournait et se retournait : dans un hamac, c’est délicat de se tourner et retourner… et puis on dort plutôt sur le dos (il dort dans un Hamac, non ? )
Parfois longues et intensives, les sessions d’exercices pouvaient se prolonger pendant des heures : je chipote, mais les deux parties de la phrase sont un peu redondantes (parfois longues = pouvaient se prolonger)
Un détail sur les virgules : tu en mets beaucoup avant les « et », en général ce n’est pas utile ni recommandé. Et tu en mets trop en général, ça donne des phrases un peu trop saccadées. Ex : et partit se mettre le plus loin possible, dans un coin, sous le grand foc. Tu pourrais te passer de la dernière virgule.
Toujours à manigancer quelque chose, mais toujours en tout bien tout honneur : contradictoire. En tout bien tout honneur, c’est avec de bonnes intentions. Je ne crois pas que c’est ce que tu voulais dire. Ce ne serait pas plutôt quelque chose du genre « sans en avoir l’air » ?
Mary
Posté le 27/04/2019
Pardon ! J'avais vu le commentaire mais complètement oublié d'y répondre ici. J'avais fait un semblant de réponse dans le JdB je crois.  
Le Bardelier était pirate à leur bord, puis est rentré chez Papa à La Compagnie et maintenant c'est lui leur grand patron. La pilule est pas très bien passée -  je peux pas en dire plus :)  
J'ai corrigé le combat, effectivement, ça n'avait pas de sens. Il se charge de colère mais se tape la crise d'angoisse en retour. Pour le côté sensible, ma foi j'ai jamais réussi à envisager Alban autrement que complètement angoissé XD 
J'ai suivi ton conseil, j'ai décalé la présentation de philippe et le passage avec Hector du chapitre précédent à celui-ci. Merci, ça équilibre beaucoup plus les choses. 
A tout de suite pour la baston !
Gabhany
Posté le 19/04/2019
Salut Mary ! 
JE dois avouer que je ne me souvenais plus qui était le Naufrageur ... du coup pour moi l'effet de la révélation du chapitre précédent est un peu retombé.
Je suis un peu mitigée sur ce chapitre, je m'explique : la scène où Alban se plonge dans son cauchemar pour se battre, je la trouve un peu contraire à tout ce que tu nous fais voir d'Alban jusqu'à maintenant. Il a toujours redouté le cauchemar, a du mal à dormir à cause de ça, et là il s'y expose volontairement ? ça me paraît un peu contradictoire. Et je n'ai pas bien compris l'enchaînement des mouvements juste après, il arrive derrière le second mais en même temps il bloque sa lame ?
Ensuite, même si je comprends qu'il faut planter le décor et les jalons avant d'embarquer Alban et les lecteurs vers d'autres aventures, j'aurais aimé commencé à en entrevoir quelques morceaux, de ces aventures ;)
Désolée de ne souligner que des points moins positifs cette fois !
Gab 
Mary
Posté le 26/08/2019
Pas de problème, ta remarque a été constructive, ce passage a depuis été changé. Alban laisse d'abord monter la colère, pour une fois, puis réussit à faire un bon mouvement face à Killian, et seulement à ce moment-là, l'angoisse revient. Pour la description de la scène, il faudra que je vérifie si je peux affiner ou pas.
Aliceetlescrayons
Posté le 17/04/2019
Chouette chapitre. Il permet de se familiariser un peu plus avec la vie à bord. C’est intéressant de savoir qu’Alban apprend à se battre, ça laisse présager de l’action pour le futur ^^ (je serais d’ailleurs curieuse de savoir où tu as trouvé des infos sur les combats à l’épée)
Un point qui, selon moi, prête à discussion cependant : lorsqu’Alban convoque son cauchemar pour se « motiver », je le sens plus pétrifié que « boosté ». Dans le feu du combat, il faudrait peut être mettre plus en avant la colère que l’angoisse pour le pousser à réagir. Chez moi, l’angoisse (et je suis malheureusement une experte -_-) paralyse plus qu’elle ne pousse en avant. Sa réaction après le combat, elle, me semble plus logique.
A très vite pour la suite :) 
Mary
Posté le 17/04/2019
Que voilà une excellente remarque ! 
Je suis également assez...hum, experte dans le domaine de l'angoisse et pourtant, c'est vrai que je mets en avant l'angoisse comme moteur mais ça n'a aucun sens. Il serait beaucoup plus logique, comme tu dis, qu'il ressente d'abord de la colère (et un peu de peur tout de même) pour ensuite aller faire sa crise d'angoisse tout seul dans son coin.  
Pour le combat à l'épée, je lis pas mal de romans de cape et d'épée en général, j'ai regardé des vidéos d'escrime, voilà. :D  
A très vite, et vraiment, merci pour cette remarque percutante de vérité ! 
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