Chapitre 12 : Lady Tymphos

Notes de l’auteur : Bonne lecture ^^

Mathilde fixait obstinément ses genoux pour ne pas fusiller du regard le Mauve, assis en face d’elle dans le carrosse. Elle ignorait pourquoi, mais il avait ordonné que les rideaux soient tirés, si bien qu’elle n’eut même pas le loisir d’échapper à cette situation en se tournant vers la fenêtre. À quoi bon s’être émerveillée devant le port quelques instants, puisqu’elle ne verrait probablement jamais à quoi ressemblaient vraiment les rues d’Impera. Elle était si furieuse qu’elle pianotait nerveusement sur le tissu de sa robe. Elle regrettait de ne pas avoir lâché ses cheveux pour se cacher derrière. Ce genre de situation semblait surgir dès qu’elle se décidait pour un chignon.

Les cahots du carrosse se mêlaient au bruit des sabots des chevaux, de leurs grelots qui tintaient au rythme cadencé de leur trot, et au brouhaha environnant de la foule, qu’on devinait à travers les cloisons de la voiture. Mathilde s’enfonça dans les coussins bleu roi qui tapissaient les sièges, enveloppée dans son châle pour qu’on ne voie pas qu’elle se serrait le ventre. Le carnet de son père l’obligeait à se tenir très droite, plus encore qu’un corset, et elle commençait à se demander si son coup de tête n’allait pas lui compliquer sérieusement sa journée.

Elle mourrait d’envie d’ouvrir les rideaux en grand, de voir à quoi ressemblait cette île où on l’exilait. Elle n’était pas la seule, d’ailleurs. Ariette tirait sur les rubans de sa robe, à l’affût du moindre bruit extérieur. Même Glen, malgré tous ses efforts pour imiter le Mauve et rester impassible, ne contrôlait qu’avec peine sa curiosité, qui transparaissait sous son masque aristocratique. Mathilde soupira. Ce prétentieux ne se rendait même pas compte que ses efforts pour impressionner ne donnaient que plus de raison encore au Mauve pour le prendre de haut.

Sentant monter une bouffée de mélancolie, elle imagina ce que ses frères auraient fait dans cette situation. Charles aurait probablement confronté le Mauve à l’absurdité de masquer les Filleuls aux citoyens de l’Empire. Quant à George, il n’aurait tout bonnement pas écouté les restrictions de l’Ambassadeur et ouvert les rideaux. Peut-être même serait-il monté à côté du cocher, pour avoir un meilleur poste d’observation. Cette pensée la réconforta, et elle se sentit un peu moins seule.

 

Le voyage en carrosse dura un temps infini aux yeux de ses passagers, si bien que lorsque les chevaux s’immobilisèrent, un soupir de soulagement s’échappa des poumons des trois Filleuls. Un laquais ouvrit la portière et l’Ambassadeur sortit le premier. Puis, ce fut le tour des Nimariants. La lumière vive du dehors agressa les yeux de Mathilde habitués à la pénombre. Elle descendit les marches à l’aveuglette, manquant de se casser la figure. Elle atterrit de tout son poids dans les bras du laquais, et se confondit en excuse. Celui-ci se contenta de la remettre sur pied avec un mot poli, la soulevant aussi aisément qu’un bagage égaré. Puis, il aida Ariette à descendre du marchepied. La Roturière ne put réprimer une exclamation lorsqu’elle posa les yeux à l’extérieur.

— Ben mince alors !

Une muraille haute de plus de trente mètres s’élevait devant eux, élégamment crénelée et surmontée de mirador aux toits pointus, recouverts de feuilles d’or. La pierre de taille éclatait de blancheur sous les rayons de midi. Elle était régulièrement fendue de meurtrières, où des mousquets apparaissaient parfois entre deux ombres. Des soldats en uniforme rouge et or patrouillaient au sommet, tous petits vus d’en bas. On distinguait seulement le reflet du soleil sur leur plastron métallique rutilant. Mathilde leva une main pour protéger ses yeux clairs. La muraille n’était pas seulement haute, elle était interminable. En tournant la tête d’un côté ou de l’autre, elle n’en voyait pas la fin.

— Qu’est-ce que c’est ? balbutia Ariette, fascinée.

— Ceci, jeunes gens, répondit le Mauve d’un ton plus condescendant que courtois, est l’enceinte protectrice de la Cité Impériale. Nous venons de traverser l’entrée Est.

Disant cela, il désigna la porte noire immense et renforcée d’épaisses plaques métalliques, que le carrosse leur avait masquée. Elle était splendide et lourdement gardée. Leur carrosse s’était arrêté sur une petite place, mais la voie continuait au-delà. Des deux côtés de l’allée pavée, des jardins luxuriants verdissaient l’atmosphère, combattant bravement la blancheur de la muraille. Des parfums floraux enivrants affluaient vers eux, un peu entêtants. Mathilde toussa, submergée de senteurs inconnues. Un grincement ramena l’attention de Mathilde à la porte. Trois soldats s’activaient autour d’une manivelle qui enclenchait le mécanisme de fermeture des battants. Mathilde hésitait entre l’éblouissement et une sensation d’étouffement. Les portes étaient verrouillées. Elle était enfermée. Sans même avoir pu le voir venir, elle se retrouvait prise au piège.

« Non, pas prise au piège, se réprimanda-t-elle, Jadice vit à la Cour Impérienne et ça ne l’empêche pas d’être heureuse ! Tu peux faire pareil. »

Elle caressa son carnet à travers sa robe. Elle avait les notes de son père. Elle avait son violon. Tout allait bien. Après une profonde inspiration pour se donner du courage, elle emboîta le pas à l’Ambassadeur qui les menait d’un pas léger vers un petit pavillon au bord de la route. Plus pratique que raffiné, il s’agissait d’un poste de garde, rempli de militaires qui allaient et venaient dans les couloirs, sans manquer de s’incliner profondément à chaque fois qu’ils passaient devant l’Ambassadeur.

Après un bref passage à l’accueil, un soldat les redirigea vers une pièce qui semblait à l’écart du brouhaha administratif. Il les introduisit dans un salon finement décoré, comparable à un cabinet de dignitaire, avec un bureau et plusieurs fauteuils éclairés par la lumière du jour pénétrant à flot par une grande fenêtre.

Il n’y avait en tout et pour tout qu’une seule personne dans la pièce : une femme d’une cinquantaine d’années, engoncée dans une robe ébène aux dentelles élaborées et affublée d’une coiffure à la mode, toute en boucles et en tresses, et surmontée d’un chignon travaillé. Un ensemble qui eût été élégant en soit, si elle avait eu vingt ans de moins. Mais le détail qui frappa le plus Mathilde fut son voile, en soie violette légère, qui lui masquait la partie basse du visage, ne laissant que ses grands yeux de Mauve à découvert. Son voile était assez transparent pour qu’on devine son nez et sa bouche. Mathilde n’avait jamais vu une telle parure nulle part. Était-ce une coutume Imperienne ? Sans doute pour mettre en valeur ses yeux. Trônant dans un fauteuil corail, elle plissait les traits sévères de son front, absorbée dans sa lecture. Elle ne les entendit pas arriver tant elle était concentrée. L’Ambassadeur se racla la gorge.

— Lady Tymphos, mes hommages, dit-il en inclinant le haut du corps.

Elle leva ses yeux inquisiteurs de son livre, qu’elle referma avec un bruit sec.

— Vous êtes en retard, Sir Baykan. Tous les autres Ambassadeurs sont arrivés.

— Les mers sont capricieuses, n’est-ce pas ? répliqua-t-il d’un ton léger en lui baisant sa main gantée de dentelle noire. Cependant, il me semble que vous exagérez un peu, car nous sommes parfaitement dans les temps. Aujourd’hui vous accueillez les Filleuls, et demain ce sera l’Empereur à la cérémonie.

Les sourcils poivre et sel de la femme se froncèrent, creusant plus encore le ravin de ses rides. Il y avait du dédain dans son air.

— Retournez donc à la Cour, Sir. Ces dames doivent certainement s’impatienter de retrouver vos pitreries.

Celui-ci répliqua par un grand sourire, ces piques roulant sur lui comme des gouttelettes sur les plumes d’un canard. Il s’inclina dans une nouvelle courbette.

— Votre considération me touche, Milady, je me languis d’elles autant qu’elles de moi.

Lady Tymphos leva les yeux au ciel et répondit à sa révérence d’un bref hochement de tête. L’Ambassadeur éclata de rire.

— Milady, vous êtes toujours d’aussi bonne compagnie. Quel dommage que nous n’ayons jamais le temps de faire plus amplement connaissance !

Il se détourna d’elle avant qu’elle ne puisse répliquer et adressa un clin d’œil aux Filleuls.

— Je vous laisse entre des mains compétentes, soyez bien sages. Nous nous reverrons peut-être à la Cour.

Puis il disparut derrière la porte, emportant avec lui toute la chaleur de la pièce. Intimidés, les trois Filleuls restaient plantés au milieu du salon, les bras ballants, paralysés par le regard inquisiteur de la Mauve. Elle les scrutait sans la moindre retenue, comme on aurait inspecté un cheval avant de l’acheter. Sans un mot, elle se leva, passa devant eux, derrière eux, puis leur demanda de leur montrer leurs mains. Glen présenta les siennes le premier, fièrement. Mathilde, pour sa part, jeta un coup d’œil nerveux à Ariette, qui malaxait ses gants, plus pâle que d’habitude. Lady Tymphos palpa leurs paumes avec un air sentencieux, levant un sourcil fin et hautain en effleurant les mains calleuses et pleines de cicatrices de la Roturière. Puis elle retourna s’asseoir dans son fauteuil et les invita d’un geste à faire de même.

— Il est tard, dit-elle avec la même raideur qui emprisonnait son corps, mais je dois tout de même procéder à votre première initiation, de façon que vous ne vous tourniez pas complètement en ridicule, et avec vous tout l’ordre des Filleuls.

Elle plia ses mains parcheminées sur ses genoux avec maintien.

— Je sais que vous avez des questions, puisque vous avez été délibérément maintenus dans l’ignorance depuis le résultat de votre Test. Chaque année, les Filleuls arrivent avec les mêmes questions, aussi ne vous fatiguez pas à m’en poser, je les connais.

Cela ressemblait plus à une mise en garde qu’à un conseil aux yeux de Mathilde. Cette femme fripée lui donnait l’impression qu’elle rendrait la vie dure à toute personne assez imprudente pour l’interrompre. Son intonation suintait une profonde lassitude, teintée d’agacement. Assurément, elle détestait cet entretien qui lui incombait.

— Tout d’abord, énuméra-t-elle, pourquoi ne pas vous avoir révélé ce que vous auriez de toute façon fini par apprendre ? Il se trouve que toute information d’importance concernant les Filleuls est strictement confidentielle et a interdiction d’être divulguée à l’extérieur des murs de la Cité Impériale. Pourquoi ? Des espions Finkadiens pourraient très bien avoir réussi à s’infiltrer sur nos terres, il serait alors fort déplaisant de fournir à notre ennemi des renseignements sur notre principal avantage dans la guerre.

— Je nous croyais en trêve ? intervint spontanément Ariette avant de se mordre les lèvres.

Lady Tymphos la fusilla du regard.

— Jeune fille, cette guerre dure depuis plus de cent ans. Peu importe le nombre de trêves qui l’ont jalonnée, ce ne sont pas elles qui y mettront un terme.

Ariette baissa la tête, plus rouge que le velours de son siège. Discrètement, Mathilde lui attrapa la main et la serra en guise de réconfort. Elle eut droit à un fugace sourire avant que la Roturière ne retire sa main. Tout comme Mathilde, elle voulait être forte, se montrer à la hauteur. La compassion était agréable, mais ne l’aiderait pas à s’endurcir. Lady Tymphos reprit d’un ton plus tranchant.

— Je disais donc, confidentialité. En tant que Filleuls, vous allez devenir dépositaires de connaissances classées au plus haut degré de confidentialité et toute trahison de ce secret, volontaire ou accidentelle, sera sévèrement sanctionnée. Me suis-je bien fait comprendre ?

— Oui, Milady ! s’exclama Glen, une demi-seconde avant les deux filles.

Ses yeux brillaient et il souriait comme un gamin. Il n’était pas difficile de deviner ses pensées sur son visage fier. Enfin, on lui confierait des informations dignes de sa propre importance ! Mathilde se désintéressa de lui pour se concentrer sur Lady Tymphos. Cette femme détenait les connaissances dont elle avait tant soif. Le moment des révélations était enfin arrivé !

— Continuons. Quel sera votre rôle de Filleul ? J’imagine que vous ignorez tout de votre futur métier. Un Filleul est avant tout un militaire, un officier pour être précis, et représente l’excellence de l’armée impériale. Leur entraînement est plus complet que n’importe quel militaire de carrière et on attend d’eux le meilleur. L’ordre des Filleuls est, certes, le plus réduit en taille, mais aussi en charge des plus prestigieux postes, allant de la direction des troupes à la protection rapprochée de la famille impériale. Évidemment, votre position dépendra de vos capacités et de vos efforts lors de votre entraînement, autant physique qu’intellectuel.

Glen rayonnait tellement que Mathilde lui aurait bien planté un abat-jour sur le visage, histoire de ne plus voir son expression béate. Pour sa part, toute cette gloire et cette prestance sociale qui entouraient manifestement le statut de Filleul ne parvenaient pas à lui rendre la pilule plus agréable à avaler. Elle allait devenir militaire… le dernier métier qu’elle aurait souhaité. Impitoyable, Lady Tymphos continuait son monologue sans se soucier de l’effet de ses révélations sur ses interlocuteurs. Elle sortit de sa poche un pendentif rond en or sur lequel était gravé l’emblème impérial.

— Tous les Filleuls sans exception possèdent un médaillon comme celui-ci. Être Filleul vous dispense de vous incliner face aux militaires, quel que soit leur grade, hormis ceux appartenant à la famille impériale, ainsi que les autres Filleuls. Prenez donc bien garde à ce médaillon. Le vôtre vous sera remis à la cérémonie de demain.

Elle leur laissa quelques secondes pour imprimer dans leur mémoire l’aspect du bijou, puis le fit disparaître dans sa poche.

— Je n’aborderai pas les détails de votre entraînement, qui vous seront expliqués en temps voulu, cependant je vais tout de même vous toucher un mot de ce qui doit vous sembler le plus étrange dans cette affaire. Pourquoi le Test ?

Elle les toisa un à un de ses yeux mauves brûlants.

— Je vais vous demander d’ouvrir un peu vos esprits étriqués, et de me croire sur parole pour le moment. Les Sylphes existent.

Glen dut fournir un violent effort pour retenir une répartie mordante, qui se lisait dans ses yeux perplexes. Il ne la croyait pas. Ariette non plus, complètement incrédule. Mathilde, de son côté, sentait la morsure de la curiosité s’enfoncer dans sa chair. Était-ce la confirmation qu’elle attendait ? Pouvait-elle croire cette Mauve guindée ? Après tout, pourquoi pas ? Lady Tymphos battit l’air de son éventail avec impatience.

— Je ne m’attends pas à ce que vous compreniez cette nouveauté, simplement que vous la reteniez, cela vous aidera à suivre le rythme. Le Test et les Sylphes sont liés, et si vous êtes ici aujourd’hui, c’est parce que votre sang possède une rare particularité qui vous rend compatible avec un Sylphe.

Mathilde cligna des yeux, hébétée. Les mots prononcés par la Mauve lui semblaient de plus en plus opaques, irréels. Cette femme employait le mot « Sylphe » avec tant d’assurance, tant de sérieux… elle les regardait en retour avec dédain, affichant l’air exaspérant de l’averti face à l’ignorant.

— Être compatible ne veut cependant pas dire que vous serez choisis, c’est pourquoi vous serez entraînés. Il n’y a que quarante Sylphes en tout, et très peu élisent des Filleuls. Soyez prêts, vous ne serez pas forcément élus.

Elle hésita un moment, puis ajouta.

— Avant que vous ne me posiez la question, oui, je suis une Filleule. Comme beaucoup, je ne suis pas détentrice d’un Sylphe, mais je reste votre supérieure, et la directrice adjointe du Collegium où vous étudierez. Votre avenir se trouve donc entre mes mains.

Mathilde se débattait intérieurement avec cette douche de renseignements que la Mauve versait sur eux sans ménagement. Elle ne cherchait pas à savoir s’ils comprenaient ce qu’elle leur disait. Non, elle se contentait de les asperger le plus efficacement possible de tout ce qu’elle devait leur dire comme on se serait débarrassé d’une tâche assommante. L’ennui, c’était que ses propos restaient étranges aux oreilles de Mathilde. Elle tenta de faire le tri mentalement.

Un Filleul était un militaire très haut gradé. Bon, de ce côté-là, c’était plutôt clair.

Un Filleul avait un sang compatible avec les Sylphes, qui lui permettait d’être choisi. Là, les choses se corsaient. À partir du moment où le mot « Sylphe » apparaissait, tout devenait flou. Si on se concentrait essentiellement sur le sens de « compatible » et la nature du Test, Mathilde en déduisait que les Sylphes — quoiqu’ils soient — ne pouvaient choisir que des personnes avec un sang particulier.

Il y avait quarante Sylphes. Pourquoi quarante ? Pourquoi pas plus, ou moins ? Même si on partait du principe qu’ils existaient, ces questions restaient terriblement absurdes à ses yeux.

Un Filleul pouvait ne pas être choisi. Voilà une donnée encore plus obscure que les autres. Évidemment, la solution devait résider dans la nature d’un Sylphe, mais comment comprendre puisqu’on s’obstinait à ne rien leur révéler sur ces… choses ?

C’était à se frapper la tête contre les murs. Mathilde n’avait jamais vécu de révélations plus frustrantes. Ces histoires d’être « choisi par les Sylphes » n’étaient pas sans rappeler les contes populaires, cela dit… Peut-être leur part de vérité était-elle plus grande qu’elle ne l’avait pensé ?

Lady Tymphos s’était arrêtée de parler, et elle ne faisait pas mine de reprendre. Les trois Nimariants devraient se contenter de ces informations pour l’instant. Progressivement, le silence se faisait de plus en plus insupportable. L’air s’alourdissait, jusqu’à peser des tonnes, aussi difficile à respirer que s’il avait été fait de plomb. Mathilde papillonna des yeux, puis lança un bref regard à ses voisins pour voir s’ils ressentaient la même gêne qu’elle. Les épaules courbées, ils plissaient les yeux, tentant de cacher leur malaise. D’instinct, Mathilde redirigea son attention sur la femme. Droite comme un « i » dans son fauteuil corail, Lady Tymphos les scrutait avec l’ombre d’un sourire sur ses lèvres voilées. Ses yeux étincelaient.

Mathilde poussa un juron intérieur. Bien sûr. Le charisme Impérien. Cette femme était littéralement en train de leur imposer le respect. Ou plutôt la crainte, à moins qu’il s’agisse de la même chose pour elle. Soudain, ce fut limpide. Elle n’était pas là pour leur apprendre ce qu’ils avaient besoin de savoir, c’était très secondaire à son vrai but. Elle voulait les intimider, les mater, comme on brise la volonté d’un cheval sauvage pour pouvoir le dresser ensuite. Mathilde serra ses bras plus fort autour de son ventre, de son carnet.

Ne les crains pas.

Une montée de haine lui rougit les joues. L’Ambassadeur l’avait énervée, mais cette femme était pire. Elle se délectait de l’emprise qu’elle avait sur eux. Elle n’hésitait pas à se servir de son pouvoir, et les méprisait avant même de les connaître. Mathilde se surprit en constatant la violence de son sentiment envers cette femme.

« Je la déteste. Moi non plus, je ne la connais pas encore, mais je la déteste », se dit-elle.

Elle avait pensé qu’elle bénirait la première personne qui lui donnerait des renseignements sur son avenir, et elle s’était amèrement trompée. Elle courba l’échine en affectant la soumission qu’attendait Lady Arabella Tymphos.

« Et dire que ce sera ma directrice… cet entraînement s’annonce bien ! »

 

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Pétrichor
Posté le 08/03/2021
Incroyable.
(Je sais, j'ai déjà dit ça au chapitres, précédents, mais c'est pas ma faute...)

Incroyable parce que ton intrigue prend vraiment une autre dimension. Incroyable parce que j'aimais déjà beaucoup ton histoire, mais je l'aime de plus en plus. La direction qu'elle prend est vraiment folle.

Quelques petites remarques :
"Le voyage en carrosse dura un temps infini aux yeux de ses passagers"
Je trouve la formulation un peu bizarre : on ne peut pas voir le temps. Juste "pour les passagers" est très bien.

"Mirador" --> "Miradors"

Attends, j'avais pas fait le lien : Jadice vit à la cour d'Imperia ???
Ça veut dire qu'elle va revoir sa sœur du coup ? Elle est au courant pour Mathilde ? Comment est-ce qu'elle va réagir ?

"ces piques roulant sur lui comme des gouttelettes sur les plumes d’un canard"
Ça sort d'où ça XD ? J'aime beaucoup !

En fait l'Ambassadeur a un caractère un peu bipolaire. Autant il peut être hyper condescendant, autant il peut te sortir ses meilleurs blagues...
Franchement je le trouve pas vraiment méchant. Contrairement à Lady Tymphos, qui m'a l'air tout à fait haïssable.
Elle a toute la panoplie de la vieille mégère / gouvernante un peu horrible. C'est un peu cliché peut-être, mais c'est très bien utilisé, et ça fonctionne toujours.

Franchement les révélations sur les Sylphes me hypent de ouf, j'ai vraiment envie de connaître la suite ! Je trouve ça trop stylé le concept de pouvoir recevoir des Sylphes, et du coup j'imagine pouvoir les contrôler ? Ou bien acquérir des pouvoirs ?
Rhaaaa je sais pas et ça m'agace :D

Encore bravo !!!

Pétrichor.
Emmy Plume
Posté le 11/03/2021
Coucou Pétrichor ^^

Merci pour cet incroyable commentaire ;)

Ça me fait trop plaisir de voir que mon histoire te plait de plus en plus. Tu prends même le temps de me faire remarquer les quelques coquilles qui se faufilent dans mon texte, ce qui m'aide beaucoup, alors un grand merci !

Et oui. Jadice vit à Impera. ^^ La Cour impérial est très vaste, donc la rencontre n'arrivera pas tout de suite, mais ça viendra en temps et en heure. Je te laisse à ton imagination en attendant ;)

Tu as assez bien cerné l'Ambassadeur, je crois. C'est un homme qui se plait à briller, que cela soit pour sa vivacité d'esprit ou en rabaissant ceux autour de lui. Alors en fonction de la situation, il fait ce qui lui convient le mieux. Lady Tymphos ne fait malheureusement aucun effort pour être agréable... ^^'

Quant aux Sylphes, je suis trop contente que ça te hype et d'autant plus envie d'écrire la suite (c'est fou, je crois que je vais me remettre au boulot après ce message ^^).

Encore merci et à bientôt dans un nouveau chapitre ! =^v^=

Emmy
Prudence
Posté le 14/02/2021
Re, re, re !
Bon okaaaay, j'ai craqué, il fallait que je lise la suite x)

Lady Tymphos est un personnage intriguant et l'interaction qu'elle a eu avec l'Ambassadeur est suprenante. Ce dernier me paraît moins antipathique avec elle qu'avec Mathilde et les Filleuls. J'ai été curieuse de sa réaction, vis à vis de Lady Tymphos, s'il allait être intimidé ou pas, s'il allait avoir de la répartie, et il en a eu ! Ça m'a surprise qu'il contre par les moyens de l'humour. Ça m'a fait sourire.

"Puis il disparut derrière la porte, emportant avec lui toute la chaleur de la pièce." --> d'ailleurs, j'adore cette phrase ! On comprend que sa présence est tout de même préférable à celle de Lady Tymphos, haha.

"Assurément, elle détestait cet entretien! (qui lui incombait.)" --> encore un petit pinaillage, hum hum, je touve que le "qui lui incombait" casse un peu me rythme, surtout qu'on l'a implicitement compris.

Sinon, le fait que certains Filleules soient compatible avec des Sylphes m'interpellent, je me demande bien ce que cela signifie x) En tout cas, c'est du croistillant que tu nous mets sous la dent !
Emmy Plume
Posté le 15/02/2021
Helloooo Prudence !

Que de commentaires ! Tu me gâtes ma parole ! ^^

Merci de me partager tes pensées sur ce nouveau personnage, Lady Tymphos. Elle fait son travail à ce que je vois : tous le monde la déteste déjà comme Mathilde dans les commentaires XD

C'est pour moi très drôle de vous voir relativiser sur l'Ambassadeur maintenant que Mathilde l'a rencontrée. Comme quoi il existe toujours pire que ce que l'on a déjà ;)

Encore une fois, tu as raison. Cette phrase semble mieux sans le "qui lui incombait". Merci beaucoup de me l'avoir signalé.

Quant à la compatibilité des Filleuls avec les Sylphes... J'ai tellement hâte de vous faire voyager à travers ce mystère que je suis aussi impatiente que vous de publier la suite (mais bon, il ne faudrait pas submerger tout le monde de lecture au risque que je prenne trop de retard dans l'écriture, n'est-ce pas ;)

Allez, je vais répondre à ton commentaire suivant ! A plus tard =^v^=

Emmy
Blanche Koltien
Posté le 02/02/2021
Hello!

Me revoici après quelques jours ^^
Eh bien, on n'est pas à bout de nos surprises! Sacré caractère cette Lady Tymphos! On a apprise plus de chose sur les Sylves, c'est très intéressant! Mais pas rassurant je trouve...Et Mathilde commence à bien s'affirmer, on sens que contrairement à ce qu'on pouvait penser, elle ne va pas se laisser faire!

J'ai hâte de lire la suite!
Emmy Plume
Posté le 11/02/2021
Coucou Blanche !

Désolée pour cette réponse tardive, car quelques difficultées (partiels, latin et autre joyeusetés...) se sont invité sans prévenir dans mon emploi du temps et je me suis retrouvée noyée. ^^'
Enfin bref, merci pour ton commentaire!
Ces chapitres sont si importants, et les choses s'accélèrent un peu. Lady Tymphos est pour moi l'image même du "sale caractère"! Le moins qu'on puisse dire c'est qu'elle n'est pas rassurante ;)
Enfin, tu peux compter sur Mathilde pour se défendre face à cette vieille acariâtre XD

A plus tard =^v^=

Emmy
Blanche Koltien
Posté le 11/02/2021
Coucou Emmy!

Pas de soucis, j'espère que les partiels se sont bien passés! (J'étais moi-même en partiel il n'y a pas si longtemps ^^)
Un sale caractère, en effet on peu le dire! Trop hâte de voir la suite!
Zosma
Posté le 31/01/2021
Bonjour !

Et ben, j’ai lu tout ça moi ? Apparemment oui, j’avais du mal à m’arrêter x)

Déjà, gros coup de coeur pour tes personnages. Ils sont cohérents, attachants et aucun ne se ressemble. J’aime bien les gentils, j’aime bien les moins gentils, t’as tout gagné !

C’est aussi un monde qui m’a l’air bien construit et c’est bien parce qu’on le comprend sans pour autant que tu nous surcharge d’information. Quant aux descriptions elles sont riches mais pas trop lourde, tu as trouvé le bon équilibre.

Et pour l’histoire, je dois dire que c’est de plus en plus intéressant et je pense que ce chapitre a fini de me convaincre. J’ai l’impression qu’on entre enfin dans l’histoire proprement dite, les précédents présentaient plutôt le caractère de Mathilde, l’univers dans lequel elle évolue et sa tristesse de quitter sa famille et sa maison. Et tu as raison, c’était important de s’arrêter sur tout ces détails. Mais là on rentre enfin dans le vif du sujet et ça me plaît beaucoup. J’aime bien Mathilde, elle est lucide et n’a pas l’air du genre à se laisser manipuler, j’ai hâte de voir ce qui va lui arriver !
Emmy Plume
Posté le 01/02/2021
Bonjour Zosma ^^

Hé bien ! Douze chapitres d'un coup, ça a dût être un sacré morceaux! (surtout que j'avoue que mes chapitres sont "assez long").
Enfin, je suis contente que mon histoire te plaise autant ! C'est vrai que je prends beaucoup de temps à réfléchir à mes personnages (les gentils et les moins gentils ;) et il en va de même pour les descriptions.
Je me sert beaucoup de mon expérience de lectrice pour éviter ce qui me déplaît (discours à rallonge, manque de cohérence...) Pas sûre que je réussisse tout du long, mais bon, au moins je fait de mon mieux ^v^'
En tout cas, merci pour ton enthousiasme, ça me donne de l'énergie pour continuer ce long voyage où je me suis embarquée (que de route à faire encore, mais que de plaisir à la parcourir ;)

A bientôt sur la Mémoire des Sylphes

Emmy
Hastur
Posté le 29/01/2021
Hello :) !

Et beh ! Quel chapitre ! Un régal ! On a enfin quelques réponses, c'est très satisfaisant.

Bon l'Ambassadeur est toujours détestable, mais point intéressant, cela semble aussi le cas pour Lady Tymphos. Mais celle-ci n'est pas en reste non plus question "détestabilité", si bien que l'Ambassadeur ne paraissait pas si vilain finalement ! On va dire deux salles deux ambiances affreuses ^^.

Les sentiments et les questionnements de Mathilde sont toujours aussi bien retranscris ! On se glisse vraiment très aisément dans sa peau pour vivre son aventure.

Je trouve excellente l'idée qu'il y ait encore une sélection vis-à-vis des Sylphes. Cela renforce la richesse de l'intrigue, du monde, mais aussi notre curiosité et bien évidemment en tant que lecteurice, on ne veut qu'une chose, que Mathilde soit sélectionnée. En tout cas à ce stade de l'histoire... Par la suite on va peut-être apprendre que c'est horrible d'être sélectionné par un Sylphe... ^^

En tout cas chapeau pour le chapitre !
Il me tarde de lire la suite !
A bientôt :).
Emmy Plume
Posté le 30/01/2021
Hello Hastur !

Merci pour ce commentaire, toujours présent d'ès les premières heures XD

Oui, l'Ambassadeur et Lady Tymphos ne sont pas des personnes très agréables à vivre (et c'est probablement un euphémisme). Ce qui est divertissant du côté de l'écriture, c'est qu'ils ne le sont pas vraiment pour les mêmes raisons. Mathilde se croyait malheureuse avec l'Ambassadeur, mais on peut toujours trouver pire que ce qu'on a ;)

Et oui, c'était aussi mon petit plaisir de révéler (enfin) que la sélection est encore en jeu, et que tout n'est pas gagné d'avance pour nos jeunes Filleuls. Pour moi, c'est un point important qui apporte de la profondeur à mon intrigue (et ça me réjouit que tu soit enthousiasmé par cet aspect ^^).

Au plaisir de te lire vendredi prochain!
Bonne continuation =^v^=

Emmy
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