Chapitre 12 : Bananier et bonne santé

— Ta pote est arrivée.

 

Achille s'appuya sur le chambranle de la porte et déboutonna un peu plus sa chemise pour respirer. En bas, les vibrations du système son de la soirée gagnaient toute la maison et la rumeur des invités couvraient les aigus de la mélodie qu'un ami d'Estelle s'occupait de mixer. Le Nouvel An d'Estelle Labaky était réputée parmi les jeunes de la région et le son des voitures et motocross résonnaient dans la rue une fois l'année avec la bienveillance conciliante des voisins. 

 

Amadeus fixa son frère derrière qui une tête blonde surgit. Il reconnut le nouveau copain d'Achille, un type récemment installé dans la région que son frère avait décidé d'inviter pour le réveillon afin de le présenter à ses adelphes. Camille le salua d'un signe amical, emmitouflée dans un pull de Noël moche qui lui servait de doudou à chaque nouveau cycle d'hibernation. Valentine, élégante, renifla et replaça une mèche plaquée de gel derrière son oreille et épousseta sa veste de costume. 

 

— Laquelle ? grogna Amadeus mécontente du sourire idiot de son frère. Elle ressemble à quoi ?

 

Achille se retourna vers son copain. 

 

— Tu verras, pouffa-t-il. Il a toutes les filles à ces pieds, ce beau gosse.

 

— Sors de là ! s'exclama Amadeus. Si c'est pour raconter des conneries, casse-toi !

 

Les deux étudiants s'échappèrent en gloussant alors que Camille pouffait tout bas. De son côté, Valentine avait tout sauf envie de rire. Depuis qu'elle discutait avec Adèle Azzo par Instagram, la lycéenne tombait dans un inquiétant mutisme. D'ailleurs, Amadeus soupçonnait qu'elle leur dissimulait une partie de la conversation, à la voir ranger son téléphone dès que Camille ou lui s'approchaient. 

 

Mais pourquoi ?

 

— Qu'est-ce que tu regardes ? persifla Valentine. On ferait pas mieux de descendre ? 

 

Elle secoua son portable, comme pour lui indiquer qu'il serait temps pour lui de se réveiller. 

 

— Adèle Azzo ne va pas tarder, signala-t-elle. Et si Na est là, c'est qu'Inare aussi. 

 

— Il va falloir le mettre hors d'état, ajouta Camille. Valentine, tu t'occupes d'Adèle, Amadeus tu surveilles Na. Je m'occupe de faire en sorte qu'Inare ait toujours un verre chargé. Une fois qu'il est inconscient, on passe à la suite. 

 

Amadeus hocha la tête, d'un air grave à en faire trembler les pierres. Valentine bondit d'un geste souple et s'étira à la manière d'un matou rétif à l'idée de l'effort à produire. Camille ouvrit le chemin alors qu'ils descendaient. 

 

La lumière qui s'échappait du salon se trouvait mêlée à la foule qui se pressait. Un tas de manteaux couleur feuilles d'automne s'affaissait près de la porte d'entrée au milieu des embrassades. Ils étaient les plus jeunes ici, si bien qu'il ne leur fallut pas longtemps pour repérer les deux silhouettes menues de Na et Inare au niveau du radiateur. 

 

Le garçon-renard tira sur la veste de son complet blanc. Sa queue et ses attributs animaux avaient été camouflés le temps de la soirée. Il avait les yeux froncés, pleins d'une méfiance qui criait qu'il ne leur faisait aucunement confiance pour surveiller Na. Il était aussi clair que Na était noire, sans doute un esprit de contradiction de la jeune fille. Elle jouait avec la dentelle de ses grandes mitaines tout en cherchant à la ronde la moindre trace des cheveux rose d'Adèle Azzo. 

 

— On est là ! fit Amadeus en agitant la main. On arrive !

 

Ils fendirent la foule et le lycéen songea avec émotion qu'il n'avait pas revu Na depuis ce fameux jour de neige où la jeune fille s'était essayée à une obscure expérience qu'il ne comprenait toujours pas bien aujourd'hui. 

 

Ses traits s'étaient enflés depuis la dernière fois et la muqueuse de ses yeux luisait d'un rouge d'irritation. Sans doute avait-elle pleuré ou la dispute avec Claude s'était aggravée. À la voir si triste, les mèches ternes et raides, Amadeus voulut la serrer dans les bras. Juste pour lui murmurer que tout irait bien désormais. Qu'elle n'avait absolument pas à s'inquiéter. Qu'elle n'aurait plus à se soucier de Suihei. Qu'il acceptait de lui tenir lieu de famille. 

 

Mais à la place de ça, Inare s'interposa entre les deux et le fusilla du regard. Clairement, le Sorcier n'approuvait pas la venue de Na à cette soirée. Ils n'avaient jamais reparlé du combat contre Carmen, de sa détresse ou de son sang qui avait coulé sur la neige, obscur sous les étoiles. 

 

Sans doute chacun des camps préférait oublier cet épisode. Camille posa la main sur l'épaule d'Amadeus, pour lui rappeler qu'il valait mieux pour eux éviter d'exciter la colère du garçon. 

 

— Je vais chercher Adèle, décida soudain Valentine sans même saluer les deux invités. Je reviens. 

 

Elle disparut dans la foule.

 

— Hello, murmura Amadeus. Vous voulez boire quelque chose ? 

 

— Salut, répondit Na tout aussi penaude. Je veux bien. 

 

— Un jus de fruits pour moi, ajouta Inare. S'il y a de la pomme. Ou du pamplemousse.

 

Camille jeta une oeillade entendue à Amadeus. 

 

— Je m'en occupe, fit la jeune fille. Je vous rejoins dans le salon avec Adèle et Valentine. 

 

Inare ne sembla pas se méfier, au contraire, il poussa un léger soupir de soulagement quand ils passèrent les portes vitrées. Après la cohue du hall d'entrée, le salon pourtant surchargé, faisait l'effet d'un véritable bol d'air frais. 

 

Amadeus dénicha un coin excentré près d'une lampe halogène où ils pourraient s'asseoir sans trop se mêler à la foule d'invités. Avec le son qui pulsait, il n'entendait pas le quart des mots que Na et Inare s'échangeaient à côté de lui. Il dut admettre qu'il n'appréciait pas beaucoup ça. 

 

Il se laissa tomber sur un pouf dans un soupir. À ce moment, il aperçut la gamine rose du combat d'Inare se diriger vers eux, accompagnée de Valentine. Autour d'elle, les invités qu'ils avaient tant eu de mal à dépasser s'écartaient sans même le réaliser, sans doute mus par un réflexe reptilien devant le danger représenté par la Vampire. 

 

— Hello hello, fit-elle. J'espère que je ne vous avais pas trop manqués ! En tout cas, c'est sympa de m'avoir invitée. 

 

 

Avec la soirée augmentaient la buée et la vapeur des corps en fusion. Les projecteurs griffaient les visages de couleurs néon pour renvoyer les consciences dans les ténèbres. Les paillettes de maquillage diffractaient les éclats rouges au rythme de basse. Entre l'odeur moite de l'alcool et du sucre, la sueur des corps et les relents de tabac depuis la terrasse, la pièce surchauffée tournait la tête d'Amadeus. 

 

Ils étaient restés dans un coin, accroupis. Inare somnolait sur un fauteuil à leur droite, mais un éclat suspicieux ne quittait pas ses yeux. Malgré l'alcool, il ne fallait pas se faire d'illusions : ils ne réussiraient pas à échapper aussi facilement à la vigilance du Sorcier. 

 

Valentine avait pris une bière légère, mais Amadeus et Valentine sirotaient leurs sodas en faisant mine de se verser de larges rasades d'alcool devant Adèle. Le nez rose, les boucles rebondies, cette dernière était déjà bien imbibée et s'esclaffait de sa voix haute perchée à chaque occasion de rire. 

 

— Je devrais balancer ce que vous faites à Claude, grogna Inare dans un semi-coma. Fricoter avec une Vampire...

 

Na posa la main sur son bras et lui adressa un sourire timide. Les joues d'Inare rosirent un peu plus et bien qu'Amadeus sache que la Sorcière jouait un rôle de conciliation pour éviter la catastrophe, il sentit quelque chose le piquer dans sa gorge. 

 

— Si c'est pour toi, grommela Inare en détournant les yeux. C'est bien parce que tu le demandes. 

 

Il leva les genoux pour les rapprocher de lui de manière à former un oeuf de douceur au milieu de la violence sensorielle de la soirée. 

 

— Vous êtes ensemble ? pouffa Adèle. Vous iriez bien...

 

— Non, l'interrompit Na. Juste amis.

 

Inare ne répondit pas et se recroquevilla un peu plus sur lui même. De temps à autre, il jetait un regard en coin vers Amadeus. Ses sourcils se fronçaient, mais dans ses yeux dansaient fantômes et regrets. Ils reflétaient le pressentiment d'une défaite qu'Amadeus ne comprenait pas, alors à la place, il se décala de manière à ne plus le voir et faire face à Adèle. 

 

— Bon, dit Adèle soudain sérieuse, je picole, je picole. La soirée est sympathique. Mais vous deux, vous ne jouez pas le jeu. 

 

Elle pointa Camille et Amadeus. Si la jeune fille enfouit son nez dans son gobelet, le lycéen tiqua. 

 

— On boit, rétorqua-t-il. Ça se voit, non ? 

 

Adèle se tapota la joue, où elle avait dispersé de la poudre irisée.

 

— Je ne sens pas l'alcool dans vos verres, sourit-elle. Vous voulez me faire plaisir, non ? Eh bien buvez. Je ne suis pas idiote. 

 

Valentine ne broncha pas et se contenta d'appuyer avec une nouvelle gorgée de bière. Camille et Amadeus échangèrent une oeillade inquiète. Certes, ils ne s'attendaient pas à ce qu'Adèle soit naïve quant à leurs intentions, mais ils espéraient au moins que l'envie de s'amuser de la Vampire émousse sa sagacité. Il fallait croire que non.

 

Camille grimaça et se leva. Amadeus l'imita. 

 

— Si on va chercher chacun une bière, proposa la jeune fille, ça te convient ? 

 

Adèle esquissa un rictus qui déchira ses joues presque jusqu'aux oreilles. Elle ressemblait à une poupée grotesque exhibée dans un show de monstres à cet instant et Amadeus frissonna. D'un coup, malgré la foule et la musique, il se sentit dangereusement isolé. 

 

— Ça devrait le faire, siffla la Vampire. On vous attend. 

 

Na demeura à terre et à la place attrapa une bouteille de gin à moitié pleine qui traînait sur le guéridon. Un air de défi dans les yeux, elle la saisit par le goulot et versa un bon quart de litre dans son verre de jus d'orange. 

 

— Je préfère rester, insista la Sorcière. Maintenant ça te va ? 

 

— Très bien, parfait.

 

Amadeus n'appréciait pas l'idée de laisser Na seule avec la Vampire, surtout que Valentine ne semblait pas être dans son assiette, mais Camille lui tira le bras et bouscula une femme en talons hauts pour réussir à pénétrer dans la foule. 

 

Ils n'arrivaient pas aux épaules de la plupart des invités. Amadeus reconnut par flashs les mimiques ou les voix d'amis de sa soeur ou de camarades de son frère. Camille ne le lâchait pas. Ses muscles se tendaient, il pouvait le sentir sur sa peau. Elle le serrait et, plongée dans ses calculs, bousculait sans distinction les obstacles sur leur chemin. 

 

Une fois dans la cuisine, ils déboulèrent face à Achille et son copain en plein jeu à boire. Des cartes collantes avaient été dispersées en cercle sur la table et la peau échaudée, les invités s'exclamaient dès que l'un d'eux avait le bonheur de perdre. 

 

— Tu veux quelque chose ? l'interpella le copain d'Achille. Vous avez soif ?

 

Camille lâcha le bras d'Amadeus et rajusta le noeud de son gros pull autour de sa taille. Avec la chaleur ambiante, elle avait fini par le retirer et ses lunettes se trouvaient mouchetées de taches de gras. 

 

— Deux bières, dit-elle. S'il te plaît.

 

L'étudiant fronça les sourcils et tourna la tête vers le joyeux groupe autour de la table. 

 

— Achille ! appela-t-il. Achille !

 

Une invitée cogna Achille du coude :

 

— Y'a Charlie qui t'appelle. 

 

— Un problème ? dit le frère d'Amadeus. Qu'est-ce que tu veux ? 

 

Le lycéen se tortilla les mains et tenta de prendre une voix assurée. 

 

— Deux bières, s'il te plaît.

 

— Quoi ? Tu bois maintenant, toi ?

 

Achille resta muet un instant, les yeux ronds. Il avait les pupilles dilatées et les lèvres pendantes. Après un moment de réflexion, il saisit Charles par les épaules et éclata de rire : 

 

— C'est bien ! Ça te décoincera un peu ! Eh, les gars ! Deux bières par ici, des blanches hein ! Je veux pas ramasser mon frère dans le caniveau. 

 

— Trop aimable, grinça Amadeus. Vraiment. 

 

Une fois les bouteilles dans leurs mains, Achille se détourna d'eux et retourna à son jeu. Amadeus prit une gorgée et toussota. C'était amer et pas bon. Un tic saisit ses joues et il regarda avec découragement la quantité qu'il restait à avaler. 

 

— On y va ? demanda-t-il à Camille en se tournant vers elle. Qu'est-ce que tu fais ? 

 

Camille papillonna les paupières. Derrière elle, Charles ne jouait pas avec les autres et glissait un regard inquisiteur vers les deux adolescents qui arracha un frisson d'angoisse à Amadeus. Il se frotta l'oreille en se disant qu'il avait peut-être quelque chose de collé dessus, mais rien.

 

Ils retournèrent se baigner dans la foule. Pas le temps de penser à la drôle d'attitude du copain de son frère.

 

Arrivés au coin où ils avaient laissé tout le monde, aucune trace de leurs amies. Elles s'étaient comme évaporées et seuls demeuraient en vestiges de leur passage les gobelets dans lesquels ils avaient bu.

 

— Merde, jura Amadeus. Merde de merde de merde.

 

— Valentine et Inare, lâcha Camille d'une mine catastrophée. Ils ne sont pas là non plus.

 

— Ils sont peut-être dehors, dit l'adolescent. Pour prendre l'air. Il fait chaud et Inare n'était pas dans son assiette.

 

Amadeus posa les bouteilles sur la commode et tous deux se précipitèrent vers la baie vitrée menant au jardin. Ils tournaient la tête quelques secondes et cela virait au vinaigre. Il fallait croire que le repos n'existait pas lorsque Na Von Purgis Hex Striga rôdait dans les parages.

 

La porte coulissante avait été laissée béante, à la fois pour aérer la sueur des danseurs, mais aussi faciliter le transit des fumeurs. Au moment où Amadeus la franchit, il manqua de bousculer une fêtarde aux longs cils bleus et marcha sur les pieds de celui qu'il aurait pu d'ordinaire reconnaître comme le vendeur de légumes du marché.

 

Ses baskets s'enfoncèrent dans la neige fraîche. Camille retint un hoquet lorsque le froid les cueillir à la manière d'une gifle magistrale.

 

— Valentine ! s'exclama la lycéenne. Elle est là, Amadeus !

 

En effet, leur amie se trouvait en pleine discussion avec un bel étudiant aux yeux cernés de noir. Elle semblait hypnotisée par le mouvement de sa bouche aussi pulpeuse qu'un steak haché. Lorsqu'ils se rapprochèrent, Amadeus put entendre que la conversation tournait essentiellement autour de la fabrication de joints de culasse, coeur du métier du jeune homme. Il fallait croire que Valentine était belle et bien trop imbibée. Elle dodelinait de la tête et appuyait de "oh" et "ah" qui ne dissimulaient qu'à grand-peine la ruine de l'intelligence qui s'était établie dans son esprit.

 

Amadeus la saisit par les épaules tandis que Camille s'interposait entre l'étudiant et eux.

 

— Ils sont où ? cracha le garçon en la secouant. Na ? Inare ? Adèle ?

 

Valentine balbutia quelques onomatopées sans queue ni tête et commença à verdir. Amadeus la relâcha et la jeune fille tomba à genoux dans la neige, les mains sur l'estomac.

 

— Vous cherchez vos potes ? demanda l'étudiant. J'ai vu les deux filles partir vers les champs. Le garçon blanc les a suivies peu après.

 

Camille prit le temps de le remercier, mais Amadeus avait d'autres préoccupations. Ce fut comme si son sang avait gelé dans ses veines et ne circulait plus qu'en caillots douloureux. Il saisit Valentine par la veste, l'obligea à se relever sans se soucier de ses plaintes et commença à courir avec elle dans la direction indiquée par l'étudiant. Camille ne le lâchait pas d'une semelle. Cela sentait le danger à plein nez, alors pas de temps à perdre pour eux, surtout si Inare était déjà sur la piste.

 

Ils franchirent la haie de buis avec difficultés, Valentine à présent pleinement réveillée et penaude de ne pas avoir remarqué la disparition du trio qu'elle était censée surveiller. Elle avait pris la tête du convoi pour éviter de croiser le regard d'Amadeus.

 

Lorsqu'ils atteignirent les champs au repos, le gel avait figé la terre en monticules aussi durs que la roche. Heureusement, une pleine Lune éclairait leurs pas. Dans la précipitation, ils étaient partis sans lampe et sans manteau.

 

Leurs chaussures de soirée butaient dans les congères et ils trébuchaient régulièrement. Le froid engourdissait peu à peu leurs extrémités, ils ne voyaient presque rien et l'étudiant ne leur avait donné qu'une vague indication sur la direction d'Adèle et Na.

 

Sauf qu'Amadeus, sans comprendre pourquoi, le savait.

 

Ses oreilles bourdonnaient d'un murmure indiscernable et pourtant qu'il déchiffrait sans saisir comment. Na. Il devait trouver Na. C'était un devoir impérieux qui tempêtait sous son crâne. Il esquissa un rictus après avoir bondit par-dessus un buisson d'aubépine. Cette sensation réveillait un souvenir enfoui, quelque chose en lien avec Na et le combat contre Carmen, mais quoi ? La douleur fusa en bouquet final et disparut avec la réminiscence. Seule demeura l'idée que Na se trouvait devant. Ils devaient continuer à courir.

 

Enfin surgirent les géants noirs du bois qui grimpait à flanc de montagne face à la plaine de Sainte-Marie. Les conifères étendaient leurs doigts crochus vers le sol et répandaient leurs épines de nuit sur la neige blanche. Cela sentait la résine sucrée. Amadeus ferma les yeux et accéléra pour se glisser entre les troncs. Valentine et Camille voulurent poser une question, mais l'adolescent ne les entendit pas.

 

On lui chuchotait des choses dans le corps. Il n'était plus qu'instinct. Une boussole géante qui guidait vers Na.

 

Les trous des congères contre les arbres formaient des pièges naturels qu'il esquivait sans les voir.

 

Les branches basses s'écartaient sur son passage.

 

Même le froid l'épargnait alors que Valentine et Camille avaient les lèvres qui viraient au bleu pâle.

 

Soudain, Amadeus se figea. Ils étaient arrivés dans une clairière où résonnaient les craquements du bois qui s'affaissait sous la neige. La Lune éclairait par-dessus les cimes en un halo doux.

 

Il s'était arrêté, car sous ses pieds s'était ouvert une trace pas. La clairière en était maculée. Valentine dut le sentir aussi, maintenant que le vent hivernal l'avait réveillée et repoussa Camille à couvert d'un geste de la main.

 

Elle avisa les branches brisées au sol et l'écorce brisée par endroit. Quel que soit l'évènement qui ait eu lieu à cet endroit, il avait été d'une grande violence.

 

Amadeus se pencha. Son nez, étonnamment acéré, avait capté une odeur connue. Il arracha une touffe de poils blancs coincée dans des épines à senteur de sapin. Une odeur de renard, il le sut avec certitude sans jamais l'avoir appris.

 

Une silhouette familière se dessina alors dans le coin opposé de la clairière.

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Le Saltimbanque
Posté le 23/03/2021
J'ai adoré le début du texte. L'ambiance de soirée, étouffante et inquiétante, est très bien rendue. Avec les personnages qui n'arrêtent pas de chercher Adèle dans la foule et à se préparer, la tension était bien là. Quel est leur super plan ? Comment Adèle va réagir ? Et Inare ? Va-t-il reconnaitre la Vampire qui l'a attaqué ?

Achille est... assez inutile. Je pensais qu'il allait servir un peu plus qu'être un simple grand frère gênant (TRÈS gênant, d'ailleurs. Quel est son problème ? On dirait qu'il a une dent contre Amadeus). Mais on peut dire qu'il accentue le côté inquiétant de toute l'atmosphère, et montre à quel point Amadeus est faible.

Et puis le "plan" est dévoilé. Et j'en suis tombé par terre. Peut-être que j'ai mal compris...

Alors c'est ça ? Faire boire la Vampire jusqu'à ce qu'elle soit trop faible pour se défendre ? Puis l'isoler et... et quoi ?
Et dans le même temps rendre ivre Inare pour pas qu'il ne les en empêche ?

Ce n'est pas un plan, c'est un gag. Vraiment. Une telle imbécillité est navrante. Cela détruit les personnages. Car...
1) comment peuvent-ils croire avoir le dessus ainsi sur une Vampire qui est assez confiante pour avoir un compte insta, rejoindre un groupe d'ennemi sans inquiétudes ET ne pas se sentir inquiète devant Inare (qui est le surveillant et protecteur de Na ???).
2) Na n'a-t-elle pas réagi ? Elle me paraissait un minimum connaitre les Vampires : leur odorat n'a-t-il pas pu lui mettre la puce à l'oreille ?
3) BORDEL INARE ! Qu'est-ce qu'il se passe ? Il a été attaqué et grièvement blessé quelque temps plus tôt par des VAMPIRES : et il ne réagit pas quand un VAMPIRE se pavane devant lui ainsi ? Ne fait-il pas le rapprochement quand elle dit "c'est gentil de m'avoir invité" ? Aucune méfiance de sa part ? Les Vampires sont-ils si nombreux à PIquelles pour qu'il ne se dise pas "Tiens ? N'aurait-elle pas un lien avec le vampire qui m'a presque tué auparavant ? Qu'importe, je vais boire encore plus..." Son côté très protecteur envers Na était pourtant SON trait distinctif, et là plus rien ?

Aussi, je n'arrive pas à comprendre comment Adèle a pu si facilement emmener Na comme ça. Na ne peut-elle pas sentir l'hostilité des énergies ? Ne s'est-elle pas un minium défendue ? Et quid d'Inare ????? Je pense que prendre le point de vue de Na est nécessaire ici pour rendre cet événement plus crédible (montrer qu'Adèle est surpuissante et domine complètement Na, ou alors elle la piège d'une façon ou d'une autre...)

Valentine est une traitresse, je pense que le texte a rendu cela assez évident. Cacher quels messages elle échange avec Adèle est incroyablement suspect. Et aussi c'est impensable selon moi qu'Amadeus et Camille ne sachent pas quelles discussions ils ont... "Passe-moi ton portable, Valentine. Il faut à tout prix qu'on piège cette Vampire très dangereuse, alors c'est pas le moment de faire des cachotteries. Toute info est bonne à prendre" Voilà, c'est aussi simple.
Et puis Valentine qui laisse Na et Adèle disparaitre... c'est sûr, c'est une traitresse.

Ou alors elle est *****, et cela ne diminue pas le mépris que j'éprouve envers elle. Laissez Na et Inare se faire emmener par une Vampire aussi dangereuse pour juste parler à un garçon... ce n'est plus de la connerie. C'est ce qu'une ennemie ferait, là. J'ai perdu tout le respect et l'attachement que j'avais envers ce personnage, dommage.
Car en faire une traitresse n'est pas une mauvaise idée en soi, mais ça me parait sortir de nul part. Jusque là, elle était quelqu'un sur qui on pouvait compter. Elle faisait partie du gang ! Elle a affronté Carmen à mains nues ! Son revirement de veste est peu crédible tant il me parait surprenant.

Voili Voilou
Alice_Lath
Posté le 24/03/2021
Achille est un grand frère TRES gênant, qui va apporter quelque chose dans le récit le moment venu. Dans l'immédiat... Disons que pour ma plus grande honte, il pourrait ressembler à moi quand je suis bourrée hahahahha.... *transpire*

Pour la partie du plan... C'est bien de la merde, je confirme. Il a rien d'épique en soi. Pour la partie avec la "destruction" des personnages, je vais revoir tout cela. Je ne vais pas justifier ce que j'imaginais à droite à gauche, tout ce que je retiens c'est que ça a pas marché... Too bad huhu

Et pour Valentine, qui sait qui sait. Elle a bu et n'est pas forcément d'une vigilance incroyable, on peut facilement faillir quand on est lycéenne
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