Chapitre 12

Le retour me parut durer une éternité. Dans l’avion, je relisais sans cesse notre dernière conversation. J’étais, il faut le dire, chaude bouillante ! L’excitation montait au fur et à mesure que le trajet se déroulait. J’imaginais la scène de nos retrouvailles, ma tenue, nos futurs ébats. Jusqu’à maintenant je n’avais pas encore jouis avec lui. Même si c’était appréciable, je n’étais pas assez détendue. Là, je sentais que j’allais passer un très bon moment. 

J’arrivais vers les coups de 7H à l’aéroport. Le temps de récupérer ma valise et je fonçais chez mes parents. Je n’en pouvais plus d’attendre. Une fois chez eux, je faisais au plus vite. Je déposais mes affaires, prenais une douche, me pomponnais et pris le temps tout de même de leur expliquer mon voyage. Je leur offrais aussi des petits souvenirs chinés là-bas. Ils me posèrent un tas de questions qui me retardèrent mais je ne pouvais décemment pas leur faire faux bond. Je pris sur moi pour rester encore quelques instants avec eux. Je n’avais pourtant que mes retrouvailles avec Louis en tête. Nous avions prévu de nous revoir chez lui dès que je le pouvais. Après un long moment à discuter, je m’échappais enfin de la maison. 

Petit aparté, j’avais fini par annoncer officiellement à mes parents que j’étais en couple, bien que ça ne soit encore que tout récent et quand bien même un peu incertain. Ils avaient été contents d’apprendre la nouvelle et un peu inquiets aussi. Normal, comme tous les parents ils angoissaient pour leur petite fille chérie. Surtout que, comme je l’avais déjà expliqué, je m’étais fais plaqué lamentablement par le petit copain numéro 2 la fois d’avant. J’avais dû rentrer au bercail ce qui les avait forcément impactés. Ils ne s’y attendaient pas, et avaient pris peur lorsque je n’arrivais pas à retrouver un garçon convenable. Mes nouvelles aventures les rassuraient un peu plus. Je pense qu’ils étaient encore anxieux pour la suite mais me faisais confiance.

Je pris les transports et passais les 20 minutes les plus longues de ma vie. Le temps s’écoulait tellement lentement que je trépignais sur mon siège en vérifiant cent fois ma tenue et mon maquillage. J’avais opté pour une jupe avec un petit pull saillant. J’avais également mis des collants comme il faisait frisquait, bien que nous soyons déjà début avril. Je checkais mon portable toutes les deux secondes. “Je suis déjà devant la gare, je t’y attends ” m’avait-il dit... Et ce train qui avançait à deux à l’heure nom de dieu ! 

Enfin j’arrivais ! Je me précipitais dans les escalators et repris une démarche plus posée en débouchant face au dernier escalier. En haut il m’attendrait. Mon coeur battait à mille à l’heure et je me souviens avoir presque eu envie de pleurer tellement j’avais attendu ce moment. Et voilà que je le vis ! Il était là à quelques mètres de moi, beau comme jamais et tout apprêté. (Il n’y avait rien d’extravagant dans son look mais tout laissait à croire qu’il avait pris le temps comme moi de choisir sa présentation). J’en eu un coup dans les tripes. 

Arrivée à sa hauteur, nous nous regardâmes d’abord sans un mot. L’ambiance était torride. Nos yeux parlaient pour nous, et je pouvais lire dans les siens que je lui avais manqué dans tous les sens du terme. Puis, en un quart de seconde, nous nous étions embrassés fougueusement. Il m’avait pris par la main et nous étions arrivés devant chez lui presque en courant. Devant la porte, le temps qu’il fasse le code de l’immeuble, nous nous embrassions encore. Ce fut la même chose dans l’ascenseur. Finalement, nous entrions dans son appartement et échangions nos premières paroles : “ Maxime est là “ lui demandais-je dans un murmure. “Non, il ne rentrera pas avant ce soir”. Et c’est à ce moment que nous nous étions jetés l’un sur l’autre, enfin que lui s’était jeté sur moi cette fois. Je me souviens qu’il m’avait encore embrassé me prenant la tête entre les mains, puis il m’avait soulevé pour m’emmener jusqu’à la chambre. Là, il m’avait presque littéralement arraché mes collants. C’était magique. Pour la première fois depuis une éternité, je rééprouvais les sensations de l’orgasme.. Au moins 3 fois d’affilées ! Chose qui ne m'était pas arrivée depuis bien deux ans. 

Nous en avions perdu la notion du temps et alors même que nous venions de terminer notre dernier câlin, nous entendîmes Maxime pénétrer dans l’appartement. Toujours sous la couette, nous nous regardâmes tous deux surpris, pouffant de rire. Louis se leva et alla saluer son coloc, lui annonçant que j’étais là pour le week-end. Il revint ensuite dans la chambre et discrètement nous reprenions nos activités. Je crois que nous avions continué à faire l’amour une bonne partie de la nuit. Ce qui est sûr, c’est que nous nous étions arrêtés quand nos corps furent vidés de leur énergie. Nous dormîmes ensuite jusqu’au début de l’après-midi suivant et passions le reste du temps toujours dans le lit à regarder des séries, somnolents un peu. Il faut dire que nous ne nous étions pas encore remis de tout ça, et ni l’un ni l’autre ne souhaitaient quitter ce nouveau nid d’amour. Ces retrouvailles étaient à la hauteur de mes espérances mais je devais déjà me résigner à rentrer chez mes parents le dimanche soir.  

Mes doutes commençaient enfin à se lever. Je respirais, épanouie, pour la première fois depuis une éternité. Mes parents aussi furent heureux de me retrouver dans cet état. Ils ne se montrèrent pas indiscrets pour autant, sans doute satisfaits de constater mon nouvel air. Ma mère toutefois se glissa dans ma chambre avant mon coucher. Elle me demanda avec plein d’espoir quand est-ce qu’ils pourraient enfin le rencontrer. 

God ! Je n’avais pas pensé à cela et aussi rapidement. Depuis le début, nous allions toujours chez lui et c’était bien ainsi. C’était comme un accord tacite entre Louis et moi pour l’instant : pas chez mes vieux colocs. Après tout, ça ne faisait aussi qu’un mois que nous nous connaissions, et nous pouvions considérer que nous étions enfin un vrai couple que depuis ce week-end. Le ramener chez mes parents étaient beaucoup trop tôt. Je nous imaginais dîner en face à face et coucher ensemble ensuite dans ma chambre d’ado... Mouais, c’était un peu gênant. Il faut le dire aussi, j’avais un peu honte d’être encore chez eux.

D’un autre côté, je comprenais que mes parents soient pressés. Il n’avait pas vu un seul copain depuis des lustres. Le rencontrer leur permettrait sûrement de décompresser quant à mon avenir amoureux. Et puis, je savais que nous ne pourrions pas toujours aller chez lui. Il faudrait bien qu’il vienne. Je commençais également à en avoir marre de faire toujours le chemin dans le même sens. Avec tous ces arguments, je pris le temps de réfléchir avant de m’appliquer à répondre à ma mère pour ne pas la décevoir. “Oui pourquoi pas… Mais peut-être qu’on va attendre un peu, pour bien faire les choses dans l’ordre non ?”. Elle me répondit du tac au tac “Ok alors va pour cette semaine, ça te laisse le temps d’organiser ça”. Sur ce, elle quitta la pièce. Je restais quelques minutes sans pouvoir rien dire. Ca c’était bien un coup de ma mère ! Elle avait dû sentir mon hésitation et s’était engouffrée dans la brêche… Bon après tout pourquoi pas… Il faudrait juste que j’arrive à faire passer la pillule auprès de Louis. Pas sûre qu’il accepte une rencontre aussi vite.

Vous devez être connecté pour laisser un commentaire.
MayaAubray
Posté le 18/09/2020
Ah ouais !
ils y vont vraiment pas de main morte les vieux. Plutôt sympathique dans leur genre apparemment ^^
Les retrouvailles sont plutôt mignonne par contre. Les gens disent que c'est cliché mais en vrai c'est comme ça dans la vie xD
Ce passage... "Jusqu’à maintenant je n’avais pas encore jouis avec lui. Même si c’était appréciable, je n’étais pas assez détendue." Ton histoire devrait être intitulée "manuel des réactions humaines quand on est en couple", c'est magnifique et si vrai...
charlottieRD
Posté le 19/09/2020
ahah merci Maya ! oui ça peut paraître un peu cliché mais j'essaye de vraiment de décrire ce qu'on peut ressentir dans ce genre de situations :)
Vous lisez