Chapitre 11. (partie 2)

Par dcelian

Elle garde les yeux fermés un instant.
Les fenêtres sont ouvertes, elle entend la mer qui s'agite doucement, elle entend les cris des mouettes et des goélands. Elle entend les gens, dehors, qui discutent, qui s'invectivent, qui se disputent.
Elle entend sa ville qui vit, et elle a rarement autant apprécié ces centaines de bruits familiers.
Elle dessine les sons dans sa tête, elle peint avec un impressionnant souci du détail les ruelles étroites et pavées, les commerces qui s'animent, les barques qui flottent et le doux son de l'eau qui effleure leur coque. Elle s'amuse même à imaginer les gens rien qu'en entendant leur voix, à imaginer leur but, ce qu'ils font là et pas ailleurs.

Finalement, elle ouvre les yeux. La lumière du soleil éclatant a déjà envahi la pièce unique qui constitue son logis. Lentement, elle se lève. Elle aime le bruit du parquet qui craque sous ses pas, elle aime le vent marin qui caresse sa peau et le soleil qui la réchauffe, qui éloigne ses soucis pour un temps.

Pour un temps.

De la soirée d'hier, elle n'a que de vagues souvenirs. Elle se rappelle être sortie de la forêt. Elle se rappelle avoir emprunté le long chemin qui traverse les collines. Elle se rappelle s'être écroulée sur son lit poussiéreux, aussi. Entre les deux, c'est flou. C'est comme si elle avait perdu connaissance en marchant. Est-ce que c'est seulement possible ? Elle n'en a aucune idée. A vrai dire, elle s'en moque même pas mal. Aujourd'hui est différent, elle est de retour à la maison, tout ça est terminé, tout ça est déjà bien loin.
Bien loin, Grimard, ses inondations et ses gobelins.
Bien loin, les lueurs, les démons et Soa.
Elle secoue la tête. Quelle imbécile, elle avait pour seule tâche de ne pas y penser ! Mais c'est trop tard, maintenant.
Elle revoit leur dispute, elle revoit les mots qu'elle lui a dits. Il lui a sauvé la mise, tout de même... peut-être y est-elle allée un peu fort. Mais les lueurs ne mentent jamais... elle ne peut pas s'être trompée. Elles étaient si nombreuses, alors qu'elle le fixait sans comprendre. Pourquoi ? Pourquoi l'a-t-il aidée à descendre ? Pourquoi ne pas l'avoir laissée là-haut ? Une Ombre ne fait pas ça.
Et pourtant.
C'est maintenant la deuxième fois qu'on lui prouve le contraire, alors elle n'en est plus si certaine. Quelque chose en elle tangue un peu, comme une vieille barque percée luttant à la surface de l'eau.

L'eau. C'est ça, qu'il lui faut.

Brusquement, elle s'active. Elle entreprend d'arroser une par une les dizaines de plantes qui font le charme de cet endroit. Elle les examine rapidement au passage : elles sont en excellent état, il faudra remercier Michelle. Elle enfile des vêtements au hasard et descend les marches de bois discrètement. Elle ne veut pas la déranger de si bon matin, pas déjà.
Sans un bruit, elle se dirige vers la porte de sortie qu'elle entrebâille. Elle se glisse dehors et la referme aussitôt derrière elle.
Là, elle inspire un grand coup. La ruelle est étroite, et peu fréquentée, il n'y a pas de passants par ici.
Elle profite du calme, de la solitude. Elle profite du silence. Ici, il est chargé des odeurs de la mer et de sa profondeur infinie.
Elle sourit, puis se met à marcher d'un pas rapide et déterminé. Les maisons de pierres blanches défilent sur son chemin, elles baignent dans la douce lueur du soleil marin.
Gaëlle s'engouffre dans les petits passages, elle les connaît tous par cœur. Lundwal est animée, à cette période de l'année. Il y fait souvent beau et les collines conservent un peu de la chaleur passée. Et puis, il y a la mer. Alors Gaëlle croise pas mal de monde sur sa route, sans y prêter vraiment attention.

Elle n'a qu'un objectif.

Elle passe devant des commerces dont les propriétaires la saluent avec enthousiasme, l'air de dire, ah ! enfin de retour ? Elle leur répond d'un simple sourire, elle ne les voit pas vraiment, elle avance droit devant. Dans son dos, elle l'imagine parce qu'elle connaît tous ces gens autant qu'elle les aime, elle les dessine qui sourient, un peu moqueurs, prenant des airs faussement outrés, et grommelant "ah, y en a toujours eu que pour la mer, de toute façon !"

Soudain, elle tourne à droite, traverse une nouvelle ruelle en accélérant encore, elle court presque, elle sent le vent dans ses cheveux, elle le sent qui court lui aussi sur son visage, comme pour l'accueillir.

Et puis il y a la plage.
La plage et son sable blanc et doux, fin comme la pluie. Elle s'élance, enlève ses chaussures, se jette dans le sable, s'avachit de tout son long sur la vaste étendue. Elle plonge les mains dedans puis les ressort, elle écoute avec une joie indescriptible les milliers de grains qui s'écoulent doucement de sa paume.
Finalement, elle se relève, couverte de sable mais heureuse, couverte de sable mais délivrée de ses problèmes pour un temps.

Pour un temps.

Alors elle se dirige vers l'océan, elle répond à son appel irrésistible. Elle se plante devant, un air de défi dans le regard, un air qui dit, alors vieille branche, tu t'attendais pas à me revoir de sitôt pas vrai ? pourtant me voilà.
Lentement, elle met un pied dans l'eau, puis l'autre. Une délicieuse sensation de fraîcheur l'envahit, elle la sent qui purifie tout son être.
Elle ferme les yeux. Il n'y a plus qu'elle et le bruit de vagues sur le sable, plus qu'elle et l'océan, indifférent à ses problèmes, l'océan salvateur.

***

Jeanot et Marise sont de braves gens.
Voilà maintenant plusieurs heures qu'ils le transportent dans leur charrette traînée par des bœufs sans lui avoir vraiment posé de questions. Ils ne sont pas curieux, ou plutôt pas indiscrets. Ils lui ont demandé ce qu'il faisait là, il a répondu qu'il cherchait à traverser les Plaines. Ça leur a suffi, ils n'ont rien ajouté de plus et, comme si c'était tout naturel, lui ont proposé d'embarquer avec eux dans leur engin.
La charrette n'est pas exactement rapide, mais elle lui permet d'économiser ses forces. Et puis, ces champs sont un vrai dédale, il se rend bien compte qu'il n'aurait jamais trouvé son chemin sans leur aide.

Il ne leur a dit que "merci", il pensait bien plus.

Il est assis derrière eux, il regarde défiler les plantations et leurs couleurs envoûtantes. A l'avant, côte à côte, Marise et son mari discutent tranquillement, comme s'il n'était pas là. Ils sont d'agréables compagnons de voyage, ils ont rapidement compris qu'il préférait la solitude et ne l'ont pas ennuyé depuis.

"(...) Quand on arrivera, 'y faudra pas traîner. Eliane a b'soin des ingrédients.
— Hm. 'y faudra aussi passer chez Heol, sans ça 'y s'nourrit pas, le vieux croûton ! (...)"

Il les écoute d'une oreille distraite. Leur accent campagnard lui rappelle un peu celui de Grégor. Son cœur se serre à cette idée. Voilà maintenant près d'une semaine qu'il est parti, son pauvre père doit être mort d'inquiétude.
Il se promet de lui écrire une lettre dès qu'il aura trouvé ce qu'il cherche. Il lui racontera les paysages et les couleurs d'ici. Oui, c'est décidé, il lui racontera son voyage en détails.
Il regarde la nature tout autour et ses teintes infinies, il se laisse bercer par le doux mouvement de tangage, rassuré par la perspective de ce mot à son père.

Finalement, Jeanot se tourne vers lui.
"Une chance qu't'es tombé sur nous fiston ! 'Y a des patrouilles d'l'Inquisition qu'traînent et c'po la même affaire."
Soa lui adresse un sourire reconnaissant.
"Qu'est-ce c'est qu'tu cherches ? C'est d'où qu'tu viens comme ço ?
— Laisse-le donc tranquille, Jeanot ! Tu l'ennuies."
Soa secoue la tête avec sincérité.
"Non, non, vous ne m'embêtez pas. Je viens de Pryven et je ne sais pas vraiment ce que je cherche.
— Pryven, qu'tu dis ?! Mazette c'bin loin d'ici."
Le regard de Jeanot se perd un peu à l'horizon, derrière Soa, tandis que le jeune homme hoche doucement la tête. C'est Marise qui reprend :
"En tout cas... 'y a po grand-chose à la Rune. Tu d'vrais pas y aller si t'as rien à y faire mon p'tit gars."

Soa hésite. Peut-il leur en parler ? Il est presque certain qu'ils ne lui veulent aucun mal, mais il a peur que l'information tombe entre de mauvaises mains.
Il lève les yeux. Là-haut, le ciel est couvert, mais il s'éteint peu à peu, la nuit commence déjà à tomber.
Il n'a plus vraiment le choix.
"Est-ce que..."
Jeanot et Marise tournent simultanément la tête vers lui. Il faut dire que c'est la première fois qu'il engage la conversation.
"Est-ce que vous connaissez le "Porc Rouge" ?"

Tous les deux se regardent en fronçant les sourcils, puis se tournent vers lui. Ils le détaillent étrangement de la tête aux pieds, un curieux sourire aux lèvres, puis se fixent à nouveau. Soa craint d'avoir dit quelque chose qu'il aurait dû garder pour lui, mais Jeanot élève finalement la voix :
"C'est-y pas l'auberge à Agnès ?
— Bin ouais, c'est c'que j'crois aussi."
Marise se retourne vers lui.
"C'est là qu'tu t'rends ?"
Une lueur rapide traverse le regard de Soa. Il hoche la tête, le regard à nouveau planté sur le ciel.
"Bin c'est sur le chemin pour aller à la Rune", l'informe Jeanot. "On t'dépose sur l'bord d'la forêt, ça t'va comme ça ?"
Soa visualise mentalement les cartes qu'il a consultées avant son départ. Après les Plaines, il y a la forêt de Rune qui mène directement à la ville du même nom.

"L'auberge s'trouve sur le ch'min qui mène à la ville, tu d'vrais y être dans la nuit."
Il fixe le couple avec une sincère gratitude.
"Merci. Vraiment. J'ai une sacrée dette envers vous."
Marise et Jeanot éclatent d'un grand rire tonitruant, tout à leur image.
"Boh, t'en fais po pour ça, mon bonhomme. Si tous les p'tits marmots qu'on transporte nous d'vaient une fière chandelle, on s'rait d'jà riches comme la reine !"

Soa leur sourit. Il lit dans leurs yeux et leurs sourires une joie toute sincère. Ces gens-là sont profondément généreux, ils ne donnent pas pour recevoir, ils donnent parce qu'ils en ont envie, parce qu'ils aiment ça, tout simplement.
"Alors, merci encore", il murmure en réponse.

Le reste du trajet se fait plus calme.
Les mouvements de la charrette sont ponctuellement interrompus pour nourrir les bœufs, ou simplement pour faire une pause. Marise et Jeanot ont tout naturellement partagé leur casse-croûte avec Soa qui n'a pas eu le cœur à protester, d'autant qu'il n'avait rien mangé depuis la veille et que son ventre commençait à manifester une impatience grandissante.
A l'avant, les deux compagnons discutent, s'esclaffent, se disputent, ils semblent à nouveau avoir totalement oublié la présence du jeune homme à l'arrière. Il ne comprend que des bribes de leurs dialogues, avec cet accent à couper au couteau, mais il ne peut s'empêcher de sourire par instants. Ils semblent heureux.

C'est beau, les gens heureux.

Le ciel reste gris mais aucun orage ne semble menacer pour autant. Soa regarde les nuages qui défilent avec leurs drôles de formes. Derrière eux, on distingue le soleil qui descend rapidement. Plus loin, on distingue aussi la forme de la lune qui monte peu à peu.
Elle est déjà là. Elle ne l'attendra pas. Il va falloir se dépêcher.

Soa tourne maintenant le dos à la route pour regarder derrière eux, pour contempler le chemin déjà parcouru. Il reste un moment comme ça, à ne rien faire d'autre qu'observer, hypnotisé par les couleurs qui défilent et se succèdent à petite allure.
Il perd un peu la notion du temps.
C'est sans doute pour cela qu'il est surpris lorsque la voix de Marise retentit à l'avant de la charrette.

"Nous v'là, mon p'tit gars."

Il se retourne alors rapidement. Devant eux se trouve la fin des Plaines, démarquée par une clôture en bois tout aussi démesurément grande que la végétation d'ici.
Derrière, il y a la lisière sombre d'une forêt que Soa est étonné de trouver très similaire au bois de Brimm. Un vent frais se lève alors, et il frissonne un instant. Jeanot et Marise le regardent fixement, comme s'ils estimaient sa capacité à survivre à la traversée.

"Tu d'vrais t'couvrir, y fait frisquet par ici."

Soa est surpris. Il pensait qu'en se dirigeant toujours plus au sud, les températures n'auraient de cesse de croître. Il semble pourtant qu'il en soit autrement. Marise semble percevoir la confusion dans son regard.

"Les Plaines, c'est l'endroit l'plus chaud du Comté. Après, avant, on s'caille sévère à la saison froide."
Elle lève pensivement les yeux vers le ciel.
"Et c'te saison froide lo, j'la sens pas trop."
Le jeune homme fronce à nouveau les sourcils. Il n'est pas sûr de comprendre, mais Marise ne semble pas vouloir approfondir sa pensée.

Pendant qu'ils discutaient, Jeanot s'est approché de la clôture. Il lui fait signe de venir le rejoindre. Marise lui donne une tape amicale dans le dos.

"Va, mon p'tit gars, et bon courage !"
Il hoche la tête, déterminé.
Il s'apprête à partir, mais elle reprend :
"Ah, et, tant qu'j'y pense ! Quand tu s'ras là-bas, à l'auberge, cherche Agnès direct. Dis-lui qu'tu viens d'not' part et claque lui une bise pour nous ! Entendu ?"
Soa lui sourit en retour.
"Entendu, Marise. Merci pour tout."

Il s'éloigne finalement de l'agricultrice, toujours le même sourire aux lèvres. Peut-être que c'est lié au fait qu'ils lui rappellent Grégor, mais ces gens dégagent décidément quelque chose d'un peu magique, à leur façon.
Il caresse rapidement les bœufs sur son passage et se dirige à grands pas vers Jeanot. La nuit tombe, à présent, il va falloir se dépêcher, mais d'après les instructions du couple, il devrait y arriver à temps.

Jeanot saisit un grand trousseau de clés et tâche d'ouvrir la porte de la grande clôture de bois. Elle émet un grincement sinistre, puis libère le passage vers la forêt de Rune. Soa est fin prêt.

"Gaffe, hein ? Paraîtrait que y'o des voyous qui pillent les gens la nuit v'nue."
Il mâchouille une brindille nerveusement, comme s'il ne lui avait pas tout dit. Soa a un regard encourageant.
"Et pi... t'vois le ch'min, lo ? Jeanot désigne un sentier de pierre qui s'enfonce dans les bois."
Il hoche la tête.
"On l'nomme le ch'min du serpent, parc'qu'il zigzag dans la forêt, t'comprends ? T'en éloigne po, d'accord ? On raconte des drôles d'histoires de bonshommes qui le r'trouvent plus après l'avoir quitté... moi, j'y crois po trop, à ces cochonneries, mais on sait jamais... Sois prudent, fiston."
Il marque un temps, et un air grave se peint sur son visage ridé, comme s'il avait pris une décision importante.
"Tant qu'on y est, tiens. Prends donc ça."
Jeanot glisse une grosse clé en métal dans sa main. Il frissonne à son contact glacé.
"C'te clé-là, ça t'permet d'ouvrir la clôture comme j'viens d'le faire. Quelq'chose me dit qu't'en f'ras bon usage."

Soa le fixe un instant. Il ne trouve pas de mot pour exprimer ce qu'il ressent, ce mélange de gratitude, de soulagement, cette joie étrange qu'il éprouve à leur égard. Alors il ne murmure qu'un "merci", un tout petit merci de rien, mais Jeanot sourit et hoche vivement la tête. Il comprend.
Au même moment, une certitude naît dans son esprit. Ces gens-là n'attendent peut-être rien en retour de leur acte, mais ils ne pourront pas l'empêcher de payer sa dette tôt ou tard. Il s'en fait la promesse, secrète mais solennelle. 
Il leur adresse un dernier regard appuyé, un regard qui parle plus que certains mots, un de ces regards pour les ancrer profondément dans sa mémoire. Il aime la dernière image qu'il garde d'eux, cette image d'un couple paisible et simple mais heureux dans sa simplicité. Cette image de leur sourire et d'eux qui s'en retournent à leurs bœufs et à leurs obligations comme si c'était tout naturel de lui être venu en aide. Cette image d'eux deux comme des astres tranquilles qui se laissent bercer par les courants, et dont les silhouettes légèrement cambrées se découpent très nettement sur le fond coloré et lumineux des champs qu'ils cultivent.

Et puis, il se retourne, fait un pas, puis un autre.
Il s'élance sur le chemin du serpent.

Au-dessus d'eux, derrière les nuages, la pleine lune commence sa fatidique ascension.

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Louison-
Posté le 16/04/2022
DEVINE QUI VOILAAAaaaaaa. C’est ooooooim.

Et je tombe en accord avec tous ces gens qui ont relevé le titre du chapitre, il est absolument incroyable. J’ai lu aussi l’histoire de ton grand-père dans ta réponse au com’ de Dodo, c’est si beau l’hommage que tu lui fais ici <3 En tout cas, oui, j’aime, c’est super beau et ça annonce super bien la couleur du chapitre <3

(comme toujours, je compile mes remarques sur tes deux parties dans ce com’-ci !)

« Il ne sait plus ni où il est ni où il va.
Il y va, simplement. » >> J’ai beaucoup aimé cette errance du début. C’est chouette parce que d’un côté, Soa n’a aucune idée de où il va, mais en même temps tu décris cette sorte d’énergie motrice qui le guide malgré tout. On comprend ainsi qu’il sait pas où il se rend mais que quelque chose le guide néanmoins, ça donne un peu de poésie/magie à ta scène c’est chouette <3

« Le spectacle qui s'étend en contrebas, aucune carte ne l'y avait préparé.
Il s'adosse au dernier arbre de Brimm, il s'assoit, il se pose dans l'herbe encore verte, douce et fraîche. Il regarde. Devant lui, il y a cette toile aux reflets éternels, dorés sous le soleil de plomb : des champs cultivés à perte de vue, parsemés de fermes en pierre. » >> Alors je t’avoue avoir été un mini-peu surprise par cette courte description, parce que tu en annonces une grande haha. Avec ta phrase « aucune carte ne l’y avait préparé », dans notre tête ça fait : oh wow qu’est-ce qu’il voit vazy dis-nous tout, et en fait tu décris plus précisément mais par après, quand Soa est sur place. Donc j’ai été un peu prise de court sur le moment, et j’aurais vraiment super aimé quelque chose qui décrit la plaine avec une giga belle description comme tu sais les faire <3 Parce que là c’est comme si tu disais : attention les guys, là c’est violent ce que Soa voit, et comme Soa décrit rien, ça fait : hum en fait c’est pas si fou.
Je sais pas si tu vois ? Donc bien sûr tu décris après, mais ça m’a malgré tout un peu perdue. Donc voilà je te suggère d’ajouter des précisions MAIS bien évidemment, c’est une suggestion subjective, à toi d’en faire ce que tu veux <3

SINON, j’adore cette plaine. J’adore toutes ces couleurs, tous ces plants IMMENSES. Comme le dit je sais plus quelle plume, ça donne une touche fantastique à ta scène. Et juste. J’adore. Tu l’as décrit comme irréelle je crois et le terme correspond si bien.

« Ils expliquent qu'en ce point précis du Comté, le soleil est aussi nutritif que les sols sont fertiles, et les plants se développent en conséquence. Les fleurs s'étendent tant qu'on croirait des arbres, et les légumes qu'on y cultive dépasseraient sa propre taille tant les conditions climatiques leur sont favorables. » >> ça tu vois, vraiment ça rend ton univers atypique et j’adore.

« Il se demande ce qu'aurait été sa vie s'il avait grandi ici, s'il avait grandi ailleurs, s'il avait grandi loin de la forêt froide et monotone, au milieu des mille lueurs qui inondent les champs, au milieu des mille soleils. » Les milles soleeeeeeils. Non mais vraiment, quand Soa évolue au milieu de tout ça, je me suis vraiment sentie voyager, bercée par les pas de Soa, prise dans ce flot de couleur, d’immensité, de vie. Incroyable <3 Et comme Soa très contemplateur prend le temps d’apprécier le paysage qui l’entoure, ça nous le caractérise aussi. Je le vois très bien voyager ici avec ce sourire béat aux lèvres, tout content <3

Tu fais aussi un chouette descriptif de la géographie et ça c’est cool qu’on s’enfonce petit à petit dans ton univers et qu’on en découvre toute sa richesse avec ses villes et ses paysages !

« Tout autour de lui, les lumières sont plus ternes désormais, enveloppées dans un drap de nuit qui leur prête des airs oniriques. » Drap de nuit, j’adore <3

Ensuite ! On a le retour de Gaëlle, c’est chouette de voir qu’elle retourne à Lundwal, d’autant plus que c’est une ville citée par Soa !

"Mazette.
— Ah ! j'tavais bin dit !
— C'est-y vivant au moins ?
— J'sais po ça moi. Faut voir.
— Et après ?
— Après j'sais po ça non plu.
— Roh t'sais rien Jeanot c'comme toujours.
— Bin et toi t'sais mieux ?
— Nan.
— Bin alors ?
— Bin j'sais po." >> J’AIME. Je vis pour ce genre de dialogue. Mais je sais pas si tu t’imagines. J’adore. <3 C’est ma fascination dans le théâtre absurde quand les persos parlent comme ça, font du small talk qui veut à la fois tout dire et rien dire.

Ensuiiiite, pour la partie 2222222.

C’est chouette ce parallèle avec à la fin Soa qui ouvre les yeux, et début de partie BIM Gaëlle qui les garde fermés un instant pour écouter les bruits autour d’elle.
« Elle dessine les sons dans sa tête, elle peint avec un impressionnant souci du détail les ruelles étroites et pavées, les commerces qui s'animent, les barques qui flottent et le doux son de l'eau qui effleure leur coque. » >> Ce passage : full synesthésies. J’adore. Dessiner des sons mais c’est fifou. Et d’ailleurs comme toujours, bravo de mobiliser constamment tous nos sens. Ça nous immerge si bien dans la scène <3

« Quelque chose en elle tangue un peu, comme une vieille barque percée luttant à la surface de l'eau. » Beau. Supra beau.

Et Gaëlle qui va à la mer ! Ah ici on l’associe à l’eau effectivement, c’est chouette. Et la meeeer quoi. J’adore ce genre de paysage, donc vraiment je suis conquise <3

« La plage et son sable blanc et doux, fin comme la pluie. » >> Cette comparaison, mais je fonds.

« Elle se plante devant, un air de défi dans le regard, un air qui dit, alors vieille branche, tu t'attendais pas à me revoir de sitôt pas vrai ? pourtant me voilà. » Ahahaha, je ris.

Puis on retourne chez Soa, avec Marise et Jeanot qui sont deux personnages incroyaux à l’accent à couper au couteau comme Soa le dit <3

"Non, non, vous ne m'embêtez pas. Je viens de Pryven et je ne sais pas vraiment ce que je cherche. » >> Cette réponse mais elle me tue x)

« C'est beau, les gens heureux. » >> C’est simple, direct et j’aime.

« Peut-être que c'est lié au fait qu'ils lui rappellent Grégor, mais ces gens dégagent décidément quelque chose d'un peu magique, à leur façon. » >> Aaw.

« Il leur adresse un dernier regard appuyé, un regard qui parle plus que certains mots, un de ces regards pour les ancrer profondément dans sa mémoire. » >> Si beau mais jpp.

Et cette fin, ooouh, hâte de voir ce qui se passe de si mystérieux autour du chemin du serpent ! M’est avis que ça va pas forcément être supra fun pour Soa, mais c’est ça qu’on aaaaime héhé ;-)

Voilooou, un chapitre plus calme en somme, si riche descriptivement j’adore, on avait besoin de cette petite pause dans le temps après tout ce qu’ont vécu tes personnages. Je me suis régalée <3

Mini chose : j’ai remarqué tu utilises souvent des rythmes binaires ou ternaires pour tes phrases, peut-être je te suggérerais de ne pas trop en mettre, je sais pas jusqu’à quel point c’est voulu ou si c’est un tic d’écriture, mais voilà je te note ça. À toi de voir ce que tu veux en faire ! <3

Zoubiii, à très viiiite
dcelian
Posté le 18/04/2022
Coucouuuuuuu rohlala je te l'ai déjà dit mais : merci pour ce commentaire du feu de dieu !!

Pour la description des Plaines au début : ouais je suis carrément d'accord avec toi ça manque de quelque chose. J'ai pas trop le temps de m'y pencher actuellement mais j'irai peaufiner ça à un moment ou à un autre de toute façon !!

Tant mieux si le reste t'a plu, ça m'a beaucoup touché que tu dises t'être sentie en immersion dans les champs <3
C'est un endroit très doux à mes yeux, et un chapitre très doux dans l'ensemble, c'est pire cool si c'est l'énergie qui en ressort pour toi ! Et d'une manière générale, j'adore que t'aies vu le chapitre comme "une pause" parce que c'est carrément ça l'idée. Un peu de fraîcheur et de couleurs vives c:

Merci aussi pour Jeanot et Marise, hanlalaa comment je les aime t'as pas idée. Des gens formidables, vraiment. Et écrire leurs dialogues c'était un pur régal, tant mieux si ça se transmet à la lecture !!
("J’AIME. Je vis pour ce genre de dialogue. Mais je sais pas si tu t’imagines. J’adore. <3" >> t'es zinzine mercimercimerci)

"C’est chouette ce parallèle avec à la fin Soa qui ouvre les yeux, et début de partie BIM Gaëlle qui les garde fermés un instant pour écouter les bruits autour d’elle."
>> hihi content que tu l'aies relevé
Et tout le début de son chapitre en synesthésies : O U I
Moi aussi j'ADORE cette ville et son ambiance, top si t'as aimé ce passage. J'ai souvenir que Gaëlle a moins de place dans ce chapitre, mais elle y apporte une touche un peu différente que je trouve très bienvenue. Et puis vive Gaëlle dans l'ensemble, finalement (héhé)

Merci pour tous tes relevés de trucs qui t'ont marquée, ça me fait mais tellement plaisirivneiovhodphpiegpjaoe
Voilà, ni plus ni moins !

"Et cette fin, ooouh, hâte de voir ce qui se passe de si mystérieux autour du chemin du serpent ! M’est avis que ça va pas forcément être supra fun pour Soa, mais c’est ça qu’on aaaaime héhé ;-)"
>> héhéhé (je ne dirai RIEN)

"Mini chose : j’ai remarqué tu utilises souvent des rythmes binaires ou ternaires pour tes phrases"
>> Alors j'ai aucune idée de ce que t'entends par là !!! ça expliquerait peut-être que je le fasse beaucoup, si je sais même pas ce que c'est (oupsi)
Tu pourrais m'expliquer steuplé ?

Encore mille mercis et bisous et à tout' sur ton prochain com' ouèche <3
Raratralala
Posté le 08/04/2022
"Bien loin, les lueurs, les démons et Soa.
Elle secoue la tête. Quelle imbécile, elle avait pour seule tâche de ne pas y penser ! Mais c'est trop tard, maintenant." Ahaha. Moi aussi je fais ça. Et ça m'énerve aussi.

Bizarrement quand j'ai lu la description (courte, il est vrai) que Gaelle faisait de son chez elle, j'avais imaginé un genre de trou de hobbit dans une dune au bord de la mer... Du coup j'étais très surprise de l'appartement en ville !
J'aime bien le détail que quelqu'un soit venu arroser ses plantes. Ça me plonge vraiment dans un quotidien très éloigné de son travail.

"Oui, c'est décidé, il lui racontera son voyage en détails." Je compte sur toi, sale gosse.

"Si tous les p'tits marmots qu'on transporte nous d'vaient une fière chandelle, on s'rait d'jà riches comme la reine !" Hihihi

"protester, d'autant qu'il n'avait rien mangé depuis la veille et que son ventre commençait à protester"

Cette histoire de clé m'intrigue... Je me demande ce que tu vas en faire !
dcelian
Posté le 09/04/2022
"Ahaha. Moi aussi je fais ça. Et ça m'énerve aussi."
>> Héhé je pense qu'on tombe tous dans le piège

"Bizarrement quand j'ai lu la description (courte, il est vrai) que Gaelle faisait de son chez elle, j'avais imaginé un genre de trou de hobbit dans une dune au bord de la mer... Du coup j'étais très surprise de l'appartement en ville !
J'aime bien le détail que quelqu'un soit venu arroser ses plantes. Ça me plonge vraiment dans un quotidien très éloigné de son travail."
>> Ah c'est marrant que tu me dises ça ! C'est vrai que j'en avais assez peu parlé et j'avais peut-être pas utilisé des termes très adapté à ce moment-là. Enfin j'espère que la surprise était plutôt positive, d'autant que j'adore cette ville !!! Je la trouve tellement douce et agréable. Change de Grimard...
Et oui, jvois ce que tu veux dire avec les plantes :D J'avais envie que ce passage soit une sorte d'entracte délicat, et je trouvais ça chouette qu'on s'éloigne un peu des combats et cataclysmes. Pour un temps...(?)
En tout cas, tant mieux si ça t'a aidé à te plonger dedans, c'était l'objectif !

"Cette histoire de clé m'intrigue... Je me demande ce que tu vas en faire !"
>> Haha ça fait peut-être partie des choses que je retoucherai en réécriture parce que je suis pas persuadé de la pertinence de ce détail en vérité. Je verrai ça ! Tu m'en diras des nouvelles c:

Merci pour ton retour <3
Vous lisez