Chapitre 11 : Les plaisirs de la chair

Notes de l’auteur : tw: sexe

Le lendemain, je m'étais de nouveau retrouvé devant la maison de Heather. Cette fois-ci, ce n'était pas dans la même intention. Je voulais juste lui parler, sincèrement, même si j'en espérais bien plus.

Ses messages ne cessaient de tourner dans ma tête, surtout depuis que je les avais écoutés plusieurs fois. Je n'étais pas amoureux, juste nostalgique.

Moi qui la considérais comme banale, avais-je tort ?

Après tout, elle avait un physique commun et pas forcément à son avantage : plutôt petite, peu de formes. Sans compter sa vie qui était du même genre, la même que n'importe qui dans ce bas monde. Elle partait travailler, rentrait chez elle, mangeait puis recommençait le lendemain. Elle espérait tout simplement pouvoir vivre un conte de fées et ne jamais croiser d'emmerdes dans sa vie. Elle avait les mêmes rêveries que la plupart des gens. Elle voulait juste être heureuse.

A priori, elle était totalement banale. Sauf à mes yeux, et ce, seulement depuis quelque temps.

Je me rendais compte désormais de plus en plus qu'elle était loin d'être la femme que je pensais et jamais je n'aurais cru pouvoir me rappeler de certaines choses en sa compagnie. Elle représentait tous ces bons souvenirs que j'avais pu effacer d'une traite en même temps que les mauvais, prétendant que c'était bien plus simple ainsi.

Il me fallut quelques minutes de réflexion pour oser finalement frapper à sa porte et en quelques secondes, elle vint m'ouvrir. En croisant mon regard, elle ne put cacher sa surprise. Et timidement, je lui souris sans trop vraiment comprendre pourquoi.

Pendant un instant, j'inspectai sa tenue, assez différente de ses habitudes : une robe bleue et assez droite. Malgré le temps frais, elle s'était habillée plutôt légèrement. Tout ce qu'elle avait d'hivernal sur elle était sa haute paire de bottes marron aux petits talons carrés.

— Bonsoir Heather, lâchai-je d'un ton posé.

— Je ne m'attendais pas à te voir...

— Et je ne pensais pas venir te voir.

Elle ne dit rien. Elle ne savait sûrement pas quoi dire. Elle semblait un peu honteuse. Elle savait qu'elle m'avait laissé des messages, mais elle ignorait si je les avais écoutés ou non. Si j'étais ici, je les avais forcément écoutés a priori.

Elle m'invita alors à entrer, ce que je fis, et elle ferma immédiatement la porte. Tout était assez étrange et je n'avais pas l'habitude de me retrouver dans ce genre de situation.

— J'ai écouté tes messages, annonçai-je directement, ne sachant pas comme le dire autrement.

— Tu n'aurais pas dû... J'ai dit n'importe quoi, je ne savais même plus—

Je la fis taire en posant mon doigt sur ses lèvres. Je n'avais pas envie de la voir bien plus déstabilisée qu'elle ne l'était déjà. Surtout que ses justifications n'avaient que peu d'importance. Elle fut, alors, comme à son habitude, assez surprise et ignorait comment réagir.

— Veux-tu perdre ta virginité ? lui proposai-je maladroitement en retirant mon doigt.

— Quoi ? Maintenant ? Avec toi ? demanda-t-elle, abasourdie.

Je savais qu'elle ne s'y attendait pas, mais cela n'avait aucune importance. C'était sûrement le meilleur moment pour le faire.

— Oui. Maintenant. Ici. Avec moi. Et avec ton consentement bien sûr.

— Tu es sérieux ? Tu ne te fous pas de ma gueule ? s'enquit-elle en fronçant des sourcils pour accentuer son étonnement.

— C'est totalement sérieux.

Elle cherchait ses mots. Elle était perdue. Elle n'avait certainement pas prévu ça. Elle aurait voulu être parfaite pour ce jour, mais elle n'en avait pas besoin. Elle était bien comme elle était. Elle était bien plus prête que je ne l'avais été.

— Mais je n'ai rien pour me protéger, lâcha-t-elle, déboussolée.

— J'ai tout ce qu'il faut, lui assurai-je.

Comme si elle pensait que je n'étais pas prévoyant. J'avais de quoi m'amuser pour toute la soirée, du moins, au rythme d'un homme quelconque.

— C'est perturbant... Tu veux vraiment coucher avec moi ? D'habitude... tu...

— Je te repoussais ? Oui, parce que je pensais que tu n'en valais pas la peine.

J'avais encore beaucoup de doutes, mais peu importe.

— Et qu'est-ce qui t'a fait changer d'avis ? Mes messages ? Me dis pas que c'est ça ! C'était abominable !

— Non, pas du tout.

Nous échangions un drôle de regard et j'avais presque envie d'en rire, presque par gêne. Puis elle prit délicatement mon visage entre mes mains pour y déposer un doux baiser. Celui-ci s'amplifia assez rapidement quand elle descendit ses mains sur mon cou tandis que je glissai mes mains jusqu'au creux de ses reins, la plaquant contre moi. Ses doigts s'enfoncèrent dans ma peau à mesure de cet échange langoureux, puis elle relâcha son emprise dès que j'y mis fin.

Elle prit une brève inspiration, inquiète, avant de prendre la parole d'un ton faible et incertain :

— Mais je ne sais pas comment faire...

— Je t'aiderai. Peu importe.

Elle mordit l'intérieur de ses joues. Elle voulait répliquer, mais hésitait, comme si quelque chose la dérangeait. Elle baissa les yeux, embarrassée. 

— Est-ce que... ça fait mal ? finit-elle par articuler, embarrassée.

— Non, je te promets que tu n'auras pas mal. Au contraire.

Je repoussai les mèches de ses cheveux pour éclairer son visage et redressai celui-ci pour recréer le contact. Ses yeux étaient le reflet de sa maladresse.

Je déposai de nouveau un baiser sur ses lèvres, mais cette fois-ci bien plus doux pour la mettre en confiance, puis je m'emparai de son poignet droit pour la conduire jusqu'à la chambre. Elle me suivit tout en lâchant quelques rires qu'elle tentait de retenir.

Elle reprit soudainement son calme quand nous nous arrêtâmes à quelques centimètres du lit, face à face, sur le point de passer à l'acte. Malgré son sourire gêné et sa respiration accélérée, elle était pleine d'enthousiasme.

Je relâchai sa main tandis qu'elle prit de son autre main les pans de sa robe nerveusement.

— Tu veux que je te déshabille ou tu veux le faire toi-même ? lui proposai-je dans un murmure.

— Je n'en sais rien...

Elle me regarda lentement, me dévisageant. Elle était plutôt intimidée. Tout ceci était tellement nouveau pour elle. C'était compréhensible.

— Qu'est-ce qui est le mieux ? me demanda-t-elle.

— Tu peux garder tes vêtements si tu veux.

— Mais normalement... On est censé se déshabiller...

— Normalement ? Je vais surtout m'adapter, la repris-je. Ça dépend de ce que tu veux...

Un sourire joueur se dessina sur son visage et c'était assez plaisant à voir. Elle rapprocha alors lentement son visage du mien et prit ma cravate entre ses doigts.

— Alors déshabille-moi, murmura-t-elle à mon oreille.

Je la retournai, dos à moi, puis repoussai ses cheveux pour l'embrasser sur le haut de sa nuque. Ne sachant pas comme réagir face à son angoisse, elle rit de nouveau.

— Ça va ? m'enquis-je, craignant de la brusquer.

— Ne t'en fais pas, tout va bien...

Même sans voir son visage, j'étais persuadé qu'elle souriait. Du moins, c'était ce que le ton de sa voix paraissait indiquer.

Alors, je la pris par la taille et plaquai son corps contre le mien. Elle frémit quand elle sentit mon érection contre elle, seul le tissu de sa robe la protégeait encore. J'approchai mes lèvres de son oreille. De nouveau un sourire, un mélange d'enthousiasme mêlé à un brin d'égarement. Je croisai mes mains sur son ventre et étonnamment, je me mis à sourire à mon tour. Elle lâcha sa robe pour caresser mon bras droit délicatement.

Elle croyait m'avoir laissé le contrôle. En réalité, elle était encore maîtresse de la situation. Elle pouvait décider de tout arrêter si son envie disparaissait. Elle pouvait même me demander de faire n'importe quoi d'ordre sexuel, je l'aurais fait.

Mes mains glissèrent lentement jusqu'à ses épaules et elle prit une inspiration assez intense.

— Tu te sens vraiment prête ? lui susurrai-je.

— Oui, plus que jamais, me souffla-t-elle, en hochant la tête.

Elle lissa les plis de sa robe tout en tremblant des épaules.

— Calme-toi Heather... Ça n'a rien de mauvais...

— C'est... angoissant...

— On peut reporter ça si tu veux.

— Non, je suis prête ! Je n'ai pas envie de repousser cette occasion ! J'ai vraiment envie de toi, lança-t-elle tout en baissant le ton à chacun de ses mots.

Je n'avais certainement pas envie de la brusquer, sinon, j'appelais ça du viol. Et j'espérais vraiment que ses paroles soient sincères.

Délicatement, j'ouvris la fermeture de sa robe. Sa respiration s'accélérait tout en se réchauffant soudainement. Je fis coulisser chacune des bretelles sur ses épaules. La robe tomba au sol en longeant les courbures de son corps. Elle enleva aussitôt ses bottes ainsi que ses chaussettes.

Je la contournai. Elle m'évitait du regard. Je pris son menton et relevai sa tête. Nous échangeâmes un bref sourire ce qui sembla la rassurer.

Elle était désormais en sous-vêtements face à moi. Je sentais sa gêne grandissante, pourtant, elle n'avait pas à avoir honte de son corps. Elle avait peu de formes, certes, mais ça s'accordait parfaitement à sa silhouette élancée. Même ses sous-vêtements d'un rouge vif étaient totalement décents. Ils mettaient en valeur ses formes, les accentuant et lui donnant une tout autre allure, plus sensuelle et féminine que jamais.

Elle serra ses bras contre son corps. Elle n'avait probablement jamais été aussi dénudée face à un homme. Passant mes mains dans son dos, j'enroulai sa taille de mes bras, l'empêchant de se renfermer sur elle-même.

Je rapprochai mon visage du sien, remontant une de mes mains jusqu'à sa douce chevelure, puis l'embrassai peut-être un peu trop passionnément. Elle répondait à chacun de mes mouvements comme si elle en avait l'habitude. Elle posa ses mains dans mon dos et s'agrippa à ma veste au niveau de mes omoplates, tirant de plus en plus fort tout au long de ce fougueux baiser. 

Sans nous arrêter, je l'aidai à s'allonger sur le lit tandis qu'elle prit appui sur mes épaules pour tomber délicatement sur le matelas. La chevauchant, mes genoux de part et d'autre de son corps, je caressai son corps, de son cou à sa poitrine ferme.

Je mis fin à notre baiser. Elle me regarda longuement, haletante. Elle posa une main sur ma joue droite puis la descendit jusqu'à mon torse, s'emparant de ma cravate pour la défaire. Elle me fit rappeler que j'étais encore habillé. J'avais toujours pris l'habitude de garder la plupart de mes vêtements quoi qu'en pense l'autre pendant l'acte. C'était une habitude que j'avais depuis des années, une habitude qui m'avait bien arrangé.

Malgré mon hésitation, je quittai le lit. Debout devant elle, elle se redressa pour mieux m'observer. Un sourire se dessina sur ses lèvres, un sourire rempli de désir avec une pointe d'appréhension.

J'enlevai ma cravate et ma veste puis les laissai tomber aux côtés de sa robe. Elle posa chacune de ses mains sur ses genoux en mordant sa lèvre inférieure. Dans un long soupir, je déboutonnai ma chemise pour la jeter au même endroit que les autres vêtements, quitte à laisser apparaître mes cicatrices. Peut-être qu'elle ne verrait rien. Sa chambre était peu éclairée, seulement par quelques rayons de la lune.

Ses yeux étaient pétillants, cherchant avec envie les miens, comme si les nombreuses cicatrices recouvrant mon corps, en particulier mes bras, ne la gênaient pas. Pourtant, je remarquai sa respiration prendre un rythme effréné. Elle paraissait excitée tout en semblant à la fois perturbée.

— Qu'y a-t-il ? lui demandai-je.

— Je... Je n'ai jamais vu un homme se déshabiller devant moi...

Je lui adressai un rapide sourire, assez retenu. Évidemment, ce genre de situation ne s'était jamais proposée à elle.

Elle semblait complètement insouciante, ne remarquant pas les marques de mon passé ou elle devait sûrement faire comme si celles-ci n'existaient pas. Pourtant, elles étaient évidentes à voir. Aucune personne ne les avait vues jusqu'alors...

Je finis par enlever mon pantalon puis me penchai vers elle, l'embrassant avec cette même passion dévorante. Elle posa ses mains sur mes épaules, quelque peu hésitante, tandis que je lui dégrafais délicatement son soutien-gorge. Je le jetai immédiatement dans la pile de vêtements.

Je pus observer sa poitrine pour la première fois. Même si elle était petite, ses seins avaient une forme bien ronde et ferme qui avait presque tout autant de charme qu'une poitrine bien plus pulpeuse.

Elle s'allongea et m'entraîna avec elle. Elle commençait à s'habituer, prenant presque les rênes. Elle m'embrassa de son plein gré sensuellement. Je ne l'avais jamais vue aussi bandante. Je pourrais presque mettre ma main à couper qu'elle n'était pas vierge. Il y avait beaucoup trop d'assurance dans ses gestes et rares étaient les femmes qui en étaient capables. Mais peut-être que je ne faisais que me tromper...

Je descendis lentement mes mains de sa taille jusqu'à ses hanches, tirant sur l'élastique de sa culotte tout en prolongeant ce doux baiser. Rapidement, je descendis celle-ci ainsi que mon boxer.

Nous nous arrêtâmes et échangeâmes un dernier regard. Elle hocha timidement la tête. Je retrouvai la Heather que je connaissais.

Elle croisa fermement ses bras derrière mon dos, j'enfilai rapidement un préservatif puis je plaquai mon corps contre le sien et entrai en elle bien plus doucement que je n'avais l'habitude de le faire. Elle rapprocha sa tête de mon épaule et la colla à mon cou. Je sentais son souffle qui s'accélérait au fur et à mesure de mes coups. Elle finit par laisser tomber une de ses mains sur le lit, s'accrochant aux draps.

Puis sans la moindre raison apparente, je fermai les yeux, seulement guidé par le toucher. Je sentais le contact de sa peau brûlant de désir contre la mienne, son souffle qui était une délicate brise tiède caressant ma nuque. J'entendais sa respiration faisant écho aux battements de mon cœur, aussi étrange que cela puisse paraître.

Jamais je n'avais été aussi long et attentionné, ce qui était loin d'être désagréable. Néanmoins, il y avait tout de même une fin pour nous deux. Je me retirai et m'allongeai à ses côtés.

Nous soupirâmes presque de manière synchronisée. Elle remonta sa culotte, je fis de même avec mon boxer après avoir enlevé mon préservatif, puis elle se cacha sous la couverture tout en souriant.

Elle était ravie d'avoir franchi cette étape. Peut-être aurait-elle voulu d'un autre homme pour sa première fois, mais ça semblait lui suffire. Elle semblait rassurée et insouciante tandis que j'étais plutôt dubitatif.

Depuis quand n'avais-je pas baisé ainsi ? Depuis quand n'avais-je pas vraiment pris le temps ? Je n'en avais pas le moindre souvenir. Ma routine s'était installée depuis une bonne dizaine d'années et jamais je n'avais pu m'en défaire. Pourtant, je ne pouvais imaginer vivre sans celle-ci...

Elle fixait le plafond depuis quelques instants, toujours avec autant d'enthousiasme. Puis elle se tourna vers moi, un doux sourire sur les lèvres. Sans compter que ses yeux étincelaient. Et pourtant, son regard n'était pas suffisant pour me rassurer.

Alors, j'évitai peut-être un peu brusquement son regard et quittai le lit pour commencer à m'habiller. Immédiatement, j'enfilai ma chemise puis le reste dans la foulée. Je ne supportais vraiment pas d'être aussi peu vêtu, en particulier à cause de tout ce que je ne pouvais plus dissimuler.

Elle me regardait d'une manière plutôt étrange, interrogative. Était-elle en train de s'en rendre compte ? Bien évidemment qu'elle avait tout vu et je craignais déjà le moment où nous devrions en parler.

— Tu t'en vas ? s'étonna-t-elle d'une voix faible.

— J'ai une maison.

— Ah... Mais je me sentirai un peu seule...

Je me tournai vers elle. Elle se redressa, cachant son corps par le drap et pencha la tête sur son épaule accompagnée d'un sourire enjôleur. Elle tentait de me manipuler et elle allait y arriver. Je n'allais pas pouvoir résister bien plus longtemps à son regard et son sourire.

— Tu as le droit de dormir ici si tu veux, me proposa-t-elle.

— Ça ne te gêne pas ?

— J'ai bien emménagé chez toi pour quelques jours... Alors, ça ne sera pas une nouveauté qu'on dorme ensemble. Et ce n'est pas grave si tu te tires à cinq heures pour le travail...

— Je ne sais pas si j'arriverais à dormir, lâchai-je maladroitement.

— Ce n'est pas grave...

Nous nous échangeâmes un petit sourire et soudainement, j'étais assez étonné par sa bienveillance...

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