Chapitre 11 - Le prix de toute chose

Par Soah
Notes de l’auteur : Bonjour à tous et à toutes ! Voici le chapitre 11. Ce dernier est un peu dodu ! C'est également le premier que je corrige avec Antidote, j'espère qu'il y aura une différence notable :p Une scène sensuelle s'est glissée dans ce chapitre, c'est la première fois que j'en écris une, j'espère que ça sera pas trop malaisant à lire... N'hésitez pas à me donner vos retours, comme toujours ils me sont précieux ! Bonne lecture ! :)

Après cette soirée et pour le restant du séjour, le manoir avait été pris d’une frénésie festive intense. Le roi ne voulait sans doute pas que ces nouveaux alliés privilégiés pensassent que ce mariage ne représentait rien pour notre pays. Repas protocolaire, jeux et bals s’enchaînaient sans que personne ne semble s’épuiser. La plupart du temps, je ne résistai que pour quelques verres, trouvant toujours une bonne excuse pour regagner ma chambre ou m’isoler dans un endroit tranquille. Cependant, ce soir était le dernier jour où nos invités de Méridionne seraient encore là. De ce fait, ma présence ainsi que celle de lady Agn était requise pour la grande majorité de la fête. Comme toujours dans ces cas-là, notre apparition se ferait peu de temps après minuit.

Depuis le calme relatif de ma chambre, j’entendais les rires et les heurs de la célébration. La météo était particulièrement clémente, ainsi la réception se donnait dans les jardins. Des lanternes de papiers venues tout droit de l’empire de Xe'wah décoraient le parc. Les points de lumières sur cette toile étoilée ressemblaient à des lucioles. L’ensemble complétait à merveille la pureté limpide du ciel. En cette soirée, les constellations et leurs traînes lactées se mélangeaient avec la terre.

— C’est beau, n’est-ce pas, mademoiselle ? déclara Bromn en s’approchant un peu de la vitre.

— En effet, répondis-je sans grand enthousiasme.

— Ne vous en faites pas, demain nous rentrons chez nous.

Je détournai mon regard de la fenêtre pour lui sourire.

— Commenceriez-vous à trouver notre séjour quelque peu long ? J’avais l’impression que vous étiez plutôt content de pouvoir avoir un peu de temps libre ici.

Ce soir était peut-être une des rares réceptions où j’avais requis la protection de mon Ombre. Notre présence était un secret bien gardé et nos invités avaient été triés sur le volet, j’estimai donc qu’il n’y avait que très peu de chance que l’on souhaite me faire du mal. Depuis qu’il était entré à mon service, Bromn avait fait passer mon quotidien ainsi que mon bien-être avant le sien. Ce séjour diplomatique était pour moi l’occasion de lui offrir des vacances amplement méritées.

— Pour être tout à fait honnête, oui. Mais sachez que je bosse tout de même sérieusement. Même si, je ne suis pas constamment entrain de surveiller la chipie que vous êtes… Cependant, quand nous sommes au château, je m’arrange toujours pour pouvoir saluer ma famille au moins une fois par semaine. Mes parents ne sont plus en âge de travailler, je suis un peu inquiet pour eux. Je ne voudrais pas bafouer les Anciens en étant un mauvais fils.

— Je vois. Lorsque nous serons à la capitale, vous prendrez un peu de repos. Il y a peu de chance que j’ai très envie de quitter le confort et la tranquillité de ma chambre après ces deux semaines de socialisation intense.

Il souffla un peu, maîtrisant ainsi son désir de rire. Bromn savait que je n’étais pas comme certaines de mes camarades Corbeaux sur ce plan là. Au même titre que chacun, j’appréciais les fêtes et les célébrations. Mais j’avais également besoin de moments de calme et de silence. Cette maison, depuis l’annonce des fiançailles il y avait de ça cinq jours, ne m’offraient ni l’un ni l’autre. Mon Ombre s’installa dans le fauteuil qui faisait face au mien.

— Vous devriez essayer de sourire ce soir. Vous faites la tête la plupart du temps. Je crois que le prince s’inquiète un peu pour vous, dit-il à voix basse.

— Tiens donc, Sa Majesté se préoccupe d’autre chose que de sa fiancée ? Étonnant, répondis-je, agacée.

— Hé, ne soyez p...

Je fronçai les sourcils, noircissant mon regard : il n’avait pas intérêt à terminer sa phrase. Bromn n’avait pas le droit de ne pas être de mon côté. Il était mon Ombre, mon protecteur, mon plus fidèle compagnon, celui en qui je pouvais avoir la confiance la plus totale. Cependant, avant qu’il n’ose continuer, on toqua à la porte. Aussitôt Bromn se releva et alla vers l’entrée. Il ouvrit et s’écarta du passage. Lady Agn, parfaitement apprêtée, se présenta à moi. Je me levai, la tête basse en guise de salutation.

— Nå, j’aimerais te parler de quelque chose avant que nous descendions pour rejoindre la fête, déclara-t-elle sans détour.

Je l’observai rapidement, les yeux ronds. Lady Agn n’était pas le genre de femme à être aussi pressée dans ses propos. Avec le temps, elle avait appris à assouplir son discours qui, comme l’eau des montagnes, trouvait toujours son chemin vers son interlocuteur dans la plus grande des douceurs. La souveraine sombre commença à pivoter vers mon garde, cependant je pris la parole avant qu’elle puisse le congédier.

— Quoi que vous ayez à me dire, Bromn peut l’entendre.

— Soit. Tout cela est sans doute… Précipités, mais avec l’annonce des fiançailles qui va se répandre dans le royaume, nous n’avons pas d’autres choix. Et puis tu n’es plus une enfant depuis longtemps.

Chose des plus rares, la reine se mit à circuler tout en s’exprimant. Jamais encore je ne l’avais vue ainsi. Je me demandais ce qui pouvait la tracasser à ce point.

— Parmi toutes nos traditions, il en existe une que j’abhorre tout particulièrement. Celle de l’Enchère.

Aussitôt, je sentis un frisson me parcourir. Les dernières paroles de la conversation que j’avais entendues entre l’épouse du roi et son fils Micah parlaient déjà de cela. L’Enchère. Je me demandais ce que cela pouvait bien être. Surtout pour qu’une personne telle que lady Agn, férue de traditions et d’histoires anciennes, puisse l’avoir en horreur.

— Tu n’es pas sans connaître la légende qui est à l’origine de notre sororité. Bien que n’ayant qu’un ventre stérile à offrir et aimant le roi d’un amour fort, la première reine des Corbeaux n’a pas hésité à accorder ses talents de femme à autrui pour que la couronne soit pérenne.

Elle marqua une pause. Je cherchai le regard de Bromn, incapable d’appréhender où cette conversation allait mener. Ce dernier sembla comprendre. Puis il détourna la tête en toussant légèrement. Son inconfort palpable me donna la chair de poule.

— L’Enchère est une tradition séculaire, pour qu’une apprentie devienne officiellement une Corbeau à part entière et puisse déployer ses ailes au nom de notre nation. Ta virginité doit être vendue au plus offrant pour le compte de la couronne, parmi les nobles du pays des Os et au-delà.

Ces mots me tombèrent dessus comme la pluie d’un orage glacial en hiver. J’avais songé que la cérémonie de majorité durant laquelle la chamane avait déterminé que je n’étais pas apte à servir le Sang et les Anciens serait mon seul contact charnel. Klæ et les autres filles étaient-elles déjà passées par là ? Mes souvenirs de la conversation que j’avais surpris me laissaient penser que c’était le cas. Ma gorge se serra.

— Je vais prendre congé. Je crois que ma présence pour le reste de cette conversation serait déplacée. Appelez-moi si vous avez besoin de quoi que ce soit. Ma reine. Ma dame.

La porte claqua peu de temps après que Bromn fut sorti. Un véritable tourbillon d’émotions m’emportait.

— Mais je ne suis pas… je ne veux pas… Ce genre de choses ne m’intéresse guère, dis-je un peu perdue.

— Nå, crois-moi que si je devais choisir je ne te contraindrais pas à cela. Pourtant, il faudra que tu sois prête pour ce passage qui fera de toi une femme aux ailes et non un oisillon.

Je ne répondis pas, incapable de formuler quoi que ce soit. Lady Agn s’approcha de moi et déposa une main douce sur mon épaule. Je levai le nez vers elle, son regard n’était que bonté et tendresse. Pour la première fois depuis que j’étais entrée à son service, elle enroula délicatement ses bras autour de ma tête et me serra contre sa poitrine. Mon crâne accompagnait docilement le rythme de sa respiration lente.

— Le mont qui git entre tes cuisses est une arme. Peut-être même, la plus puissante de toute dans ce monde, où les hommes peuvent être gouvernés par l’appel de la chair et du désir. Il est grand temps que l’on t’enseigne à t’en servir, murmura la souveraine sombre en se détachant de moi.

— Comment devrais-je apprendre ? demandai-je après un long silence, existe-t-il des livres, des parchemins traitant du sujet ?

— Oh les livres ne te seront d’aucune aide, j’en ai peur. Cependant, j’ai déjà fait envoyer un oiseau de sorte que notre intendante s’occupe des détails. Tu iras dans l’une des maisons d’Azla dans le quartier des fleurs afin de recevoir un enseignement complet.

Je ne me rendais que très peu en ville, néanmoins je connaissais ce quartier de nom. Au cours de la journée, il ressemblait à n’importe quel autre endroit de la capitale. Cependant à la nuit tombée, il se métamorphosait pour devenir le centre névralgique des plaisirs au sein de la cité des Os. Nos dieux et les Anciens ne réprimandaient aucunement ces excès. Hommes comme femmes, nous étions libres d’aimer à notre guise, contrairement à certaines religions voisines qui pouvaient juger de telles actions au même titre qu’un terrible péché. Il n’était donc pas tabou de se rendre dans une des maisons d’Azla afin de profiter des services des adeptes qui y vivaient. Néanmoins, j’étais terrorisée à l’idée que l’on puisse m’acquérir de la même manière qu’on le fasse avec un objet ou un cheval de trait.

— Pourquoi maintenant ? Nous ne pouvons vraiment pas attendre ? gémis-je.

— J’ai déjà repoussé ce moment bien trop longtemps et à présent cela joue contre nous, contre toi. Des rumeurs circulent à ton sujet, des bruits de couloirs qui laisseraient à penser que si tu es encore à mes côtés, c’est sous-ordre du prince Jens.

— C’est faux. Il suffirait que ces racontars viennent ici et…

— Nå, quelle est la chose la plus précieuse que nous possédons en tant que Corbeau ?

— Notre réputation, répondis-je dans un soupir.

— Oui. Et aujourd’hui, l’épouse de notre roi a décidé de s’employer à ternir la tienne et celle de son fils cadet. Joanna d’Ys n’a jamais caché sa prédominance pour son aîné. Si en faisant croire aux émissaires que le prince Jens n’a d’yeux que pour l’héritière des Corbeaux, elle pouvait influencer le jugement de notre seigneur en la faveur de Micah.

Ainsi mon sort était scellé à cause des ambitions d’une mère qui avait regardé son enfant préféré mis de côté par son mari. Alors que j’avais toujours vu ma relation avec Trystan comme une force, elle était aujourd’hui devenue une faiblesse aussi bien pour lui que pour moi. Je poussai un soupir, je n’aurais jamais cru être à la naissance d’un tel imbroglio politique. L’Enchère aurait lieu afin que Lady Agn puisse m’envoyer loin de la cour, pour que les rumeurs tombent dans l’oubli. Le prince Micah avait beau se targuer d’être un meilleur candidat pour la succession au trône des Os, le même mal qui rongeait le cœur de son grand-père, Teodor le Boucher, coulait dans ses veines. En tant que Corbeau, je me devais d’agir pour la pérennité de mon pays. Quel qu’en soit le prix.

— Je comprends, dis-je, je m’en remets à vous et à votre jugement. Je sais que vous ne feriez pas cela sans une bonne raison.

— Bien. Maintenant, descendons. Nous sommes sans doute attendues avec impatience.

Je me levai de mon siège le cœur lourd. Pourtant, je sentis que mon visage se parait d’un léger sourire. Avec le temps, j’avais appris à masquer mes émotions derrière ce rictus. Il était l’armure que je portais sur le champ de bataille qui était le mien.

 



*

 

 

— Nå, la calèche est prête. Nous pouvons partir quand tu le souhaites.

Lady Noïra avait toqué à la porte de ma chambre, juste avant de passer le nez par le hayon afin de me glisser ses quelques mots. Mes premières leçons dans la maison du Seringat étaient prévues aujourd’hui. Parmi tous les établissements de plaisir du quartier des fleurs, celle-ci était le premier choix de lady Agn pour m’enseigner les arts de l’amour. J’avais entendu des échos variés au sujet des personnes qui y travaillaient. Cependant, tous semblaient s’accorder sur le fait que, le moment qu’ils ou elles avaient passé avait été plus qu’agréables.

Je me jetai un dernier regard dans le miroir avant de partir. Pour la première fois depuis des années, je portais des vêtements colorés. Une requête de ma reine afin que l’on ne puisse pas me reconnaître aisément. La robe bleue que l’on m’avait dénichée se mariait parfaitement avec le hâle de ma peau et mes cheveux noirs. Cependant, je ne me sentais pas à l’aise. Je devais probablement être trop habituée à me voir dans des nuances sombres pour pouvoir apprécier les teintes chatoyantes de cette tenue. Lady Noïra s’avança dans la pièce et mit un bonnet de coton sur ma tête. C’était soi-disant la dernière mode auprès des aristocrates de la ville. Depuis l’annonce des fiançailles de Jens, les jeunes du royaume s’intéressaient de près à la couture Méridionnaise.

— Ne t’inquiète pas, tout va bien se passer, dit-elle en déposant ses mains sur mes épaules.

Elle m’adressa un sourire réconfortant au travers du miroir. Je tâchai de lui rendre, sans grande conviction cela dit. Je n’avais aucun doute quant au bon déroulé des enseignements. Je n’avais pas peur du contenu de ce qui allait m’être appris. J’avais reçu une missive de Klæ la veille m’expliquant que personne n’allait me toucher, que je ne ferais que regarder. Le seul contact physique qui pourrait avoir lieu entre moi et un ou une adepte serait d’ordre buccal. Et uniquement si je donnais mon aval pour que la personne ne m’embrassât.

— Je suis prête, finis-je par dire après avoir longuement inspiré.

— Bien.

Je sortis de ma chambre juste après lady Noïra. Bromn m’attendait à la porte et dans son regard, je lus beaucoup d’émotions contraires. Il y avait la surprise de me voir ainsi attifée, comme une adolescente banale du royaume. Du soulagement, sans doute de découvrir que je ne résistai pas plus que ça — après tout, avant d’être au service de la couronne, nous étions liés lui et moi. Si je ne souhaitai pas me rendre à cette leçon, que devait-il faire ? Prendre ma défense ? Ou me mettre sur son épaule comme un vulgaire sac de farine pour m’installer de force dans le fiacre ? Et enfin, il semblait tout de même contrarié par les évènements.

J’ignorai beaucoup de choses sur la vie de Bromn. Je savais qu’il n’était pas marié, qu’il ne l’avait jamais été. Je savais également qu’il n’avait pas engendré de descendance. Mais je me doutais qu’il rendait grâce à Azla depuis des années. Il n’était qu’un homme après tout. Et un homme plutôt séduisant malgré les traits bourrus de son visage.

— Comment est-ce d’être avec quelqu’un, Bromn ?

Lui demandai-je une fois que nous fûmes seuls dans la voiture qui nous conduirait dans le quartier des fleurs. Il ouvrit grand les yeux et me regarda pendant quelques secondes. Soudainement ses jours se mirent à rougir.

— Je ne saurais vous répondre, mademoiselle… murmura-t-il.

Cette fois-ci, c’était moi qui restais sans voix. Jamais je n’aurais envisagé que mon Ombre puisse ne pas avoir déjà profité de la compagnie de quelqu’un dans l’intimité.

— Je sais comment on fait, hein. C’est pas comme si j’étais totalement niais sur la question. Mais… ça ne m’a jamais vraiment intéressé. Je n’ai jamais rencontré quelqu’un que j’aimais assez pour avoir envie de… enfin, vous voyez.

— Je comprends… Ce n’est pas trop dur à vivre avec les autres gardes ? Ne le prenez pas mal, mais il me semble que la plupart ne sont pas très… Fins à ce sujet.

— Ils ne sont pas au courant, pensez-vous. Je ne me suis pas inventé une réputation de tombeur, mais vous imaginez bien que pour avoir la paix, j’ai dû bricoler un ou deux mensonges. Ça leur suffit et comme ça, moi je peux continuer d’être tranquille.

Nous échangeâmes un sourire. Je ne saurais dire pourquoi, mais j’avais l’impression que cette discussion nous avait un peu rapprochés.

— Lady Agn, elle a déjà commencé à adresser des courriers à propos de votre Enchère, dit-il en perdant son expression joyeuse.

— Je sais.

Ma reine ne souhaitait pas faire les choses dans la précipitation malgré le temps qui jouait en notre défaveur. Cependant, une Enchère ne s’organisait pas comme un pic-nique. Lady Noïra m’avait expliqué succinctement la procédure. À travers des missives que lady Agn envoyait, elle informait les personnes qu’elle pensait être les candidates les plus appropriées que mon Enchère aurait bientôt lieu. Une compétition féroce s’installerait ensuite entre les différents participants au travers des rumeurs qui circuleraient. Blessés dans leurs orgueils, ceux qui n’auraient pas été conviés directement par la souveraine noire se battraient sans relâche pour obtenir une chose qu’ils ne désiraient pas vraiment. À la fin de cette période de rivalité pécuniaire, un vainqueur — si l’on pouvait parler ainsi, serait désigné. Je ne connaîtrais que le montant qui aurait été donné pour ma première nuit jusqu’à ce que, à l’occasion du bal du printemps, l’homme qui aurait gagné me soit présenté. La tradition voulait qu’il m’offre à cette occasion, un rubis rouge qui viendrait parfaire ma broche d’os et d’obsidienne, faisant alors de moi une Corbeau accomplie.

— Dommage que vous soyez hors de mes moyens et que je ne puisse pas participer. Nous aurions pu mentir à deux sur ce sujet, déclara Bromn en se penchant un peu en avant.

— Je suis sûre que nous aurions trouvé une histoire des plus cocasses à raconter, en effet ! répondis-je en riant, merci, Bromn.

— Je ne fais que mon devoir, ma dame. Je n’aime pas vous voir comme ça. Ça ne vous ressemble pas.

— Vous préférez peut-être lorsque je m’éclipse sans vous prévenir à dos de pur-sang de Zamarad ? demandais-je avec une légère pointe de taquinerie dans la voix.

— Vous ne sauriez imaginer combien je favorise ce cas de figure. Au moins quand je vous rattrape je peux vous botter les fesses.

Un rire sincère s’échappa de ma gorge. Je saisis une de ses mains et la pressai avec affection. Jamais je ne pourrais exprimer pleinement ma gratitude envers cet homme par des mots.

Soudain le cocher arrêta le véhicule. La petite bulle de paix et de complicité que nous avions créée explosa brutalement alors que la porte s’ouvrait. Deux employés de la maison du Seringat, un garçon et une fille à peine plus âgés que moi m’attendaient. Ils me regardaient sans me voir et s’inclinèrent avec déférence au moment où j’arrivai à leur niveau. Ils m’invitèrent ensuite à entrer dans le bâtiment.

Un parfum enivrant et sucré me saisit le corps, apaisant immédiatement mes sens. Le sol était fait d’un marbre blanc, pur. De longs voilages descendaient en cascade dans toute la pièce, créant de multiples alcôves éthérées. L’endroit était baigné dans un calme impérial, les adeptes d’Azla devaient probablement se reposer le jour afin de satisfaire leurs clients durant d’interminables nuits.

— Bienvenue à la maison de Seringat ma lady, déclara l’adolescente, je me nomme Mélampyre. Avec mon partenaire Orchis, nous serons vos guides, jusqu’à ce que vos leçons soient achevées.

— Nous allons vous conduire à notre maîtresse dame Hellébore, si vous le voulez bien.

— Je suis désolée monsieur, vous ne pouvez pas accompagner mademoiselle Nå. Cependant, vous êtes libre de disposer des salons et des services de notre établissement en attendant.

Bromn posa son regard sur Mélampyre, elle fronça les sourcils, mais en voyant que même son air le plus mauvais ne la ferait pas changer d’avis, il poussa un soupir.

— Faites attention, d’accord ? me dit-il.

— Ne vous inquiétez donc pas, elle ne craint rien en notre compagnie, répondit l’adolescente après avoir émis un léger gloussement.

J’esquissai un sourire désolé à mon Ombre avant de suivre Orchis. L’endroit était beaucoup plus faste que ce que la façade ne laissait croire. Il règne une atmosphère lascive, presque mystique, même en journée. Quelques employés nettoyaient consciencieusement les lustres en cristaux rares pour ultérieurement les remonter au plafond à l’aide d’un système de poulie complexe. Le cabinet de la maîtresse des lieux se trouvait au dernier étage de la bâtisse. Mes deux guides frappèrent à la porte de concert et sans attendre d’avoir été invité, entrèrent. Je m’avançai à leur suite, le cœur battant.

À l’odeur suave qui régnait partout dans la maison du Seringat se mélangea celle du tabac chaud. Dame Hellébore était assise à son bureau, le regard plongé dans des papiers, et fumait une longue pipe. Des volutes d’exhalaisons blanches aux reflets bleutés s’échappaient sporadiquement de ses lèvres et encore plus rarement, de son nez. Après quelques instants dans un silence inconfortable, elle releva son attention sur moi. Un sourire qui dévoila ses dents légèrement jaunies par le tabac se dessina sur son visage. Elle avait dû être une très belle femme par le passé et gardait l’élégance presque arrogante de celles qui étaient au fait leur charme.

— Bienvenue dans ma maison, dit-elle d’une voix rauque qui me donna des frissons, je suis heureuse de pouvoir enfin faire ta connaissance.

— Moi de même, madame.

— Tu as l’air tendue. Ne le sois pas. Nous sommes ici entre amis. Je n’oserais pas dire que nous sommes en famille, puisque mes années en tant que Corbeaux sont révolues.

— Vous étiez… ?

— Oui, je connais bien Agn, je puis même me vanter d’être une de ses rares amis. Qui aurait cru que je puisse un jour rencontrer son apprentie ? Qui aurait imaginé que je sois chargée de lui enseigner les choses de la vie. En tout cas, n’ait pas peur petite. Tu ne crains rien ici.

Son expression devint un peu plus douce et aussitôt je me détendis. Hellébore n’avait aucune raison de me mentir quant au sujet de son amitié avec ma reine. Et j’avais suffisamment confiance en cette dernière pour qu’elle me confie entre de bonnes mains.

— D’après la lettre qu’Agn m’a envoyée, ton Enchère aura lieu dans les mois à venir. Je ne saurais te transmettre l’intégralité des compétences qu’un de mes oisillons apprend en toute une vie, en quelques lunes… Cependant, je peux te dévoiler certains mystères, certaines choses que seule une femme doit connaître afin que ce moment se passe le plus agréablement pour toi.

Pour toute réponse je hochai la tête. Une lueur vive s’installa dans son regard pendant quelques instants. Puis elle se leva de son bureau et se dirigea vers une pièce adjacente. Une estrade circulaire sur laquelle gisait un matelas trônait au milieu de cet étrange boudoir. Orchis et Mélampyre se pressèrent d’allumer les bougies une fois que la porte fut refermée. Ils grimpèrent ensuite sur le promontoire. Lady Hellébore désigna un pouf au pied de la scène et m’invita à y prendre place tandis qu’elle-même installait son séant dans un des fauteuils contigus.

— Aujourd’hui, comme tous les autres jours, tu te contenteras de regarder. Et de comprendre. Si tu as une question, pose-la. Aussi bête soit-elle.

— D’accord, soufflai-je.

— Première leçon, chaque corps est différent, commença-t-elle en reportant son attention sur l’estrade, chaque personne est unique. Il existe beaucoup de formes de beautés dans ce monde. Pas une seule. Il en va de même pour le plaisir. Maintenant, observe bien.

Je tournai la tête à mon tour vers la scène. Orchis et Mélampyre se faisaient face à présent. Avec une légèreté calculée leurs mains passaient sur leurs chairs, soulevant et se glissant sous les plis de leurs vêtements. Ma gorge se serra tandis que mon cœur, lui, s’accéléra. Le garçon déboutonna avec langueur le chemisier de sa partenaire. Après avoir reçu son accord sous la forme d’un doux murmure, il vint saisir ses lèvres. C’était peut-être là, le plus bel échange entre êtres humains que j’avais vu. Parfait mélange de sensualité, de délicatesse et de respect. Dans mon cœur naquit ce désir fort et impérial quant à mon premier baiser : je voulais qu’il soit aussi splendide que celui-ci.

Au moment où ils se séparèrent, ils se sourirent et continuèrent d’enlever leurs vêtements un à un jusqu’à ce qu’ils ne fussent plus que peau contre peau. En dehors de mon propre corps et de celui de ma mère lorsqu’elle se baignait dans le lac près de chez nous, je n’avais encore jamais vu aucun être humain nu. Les pleins et déliés des courbes de Mélampyre me rendirent presque jalouse, tout comme la couleur rose pâle de la pointe de ses seins. Ainsi dévoilée, dans toute sa grâce et son impérialiste, je la trouvai splendide. Ma gorge se serra devant tant de beauté. Je songeai, en mon for intérieur, que jamais je ne pourrais être aussi sensuelle et désirable qu’elle en cet instant.

La silhouette d’Orchis m’impressionna davantage, son anatomie ne ressemblait en rien à ce que je connaissais. Jusqu’alors, je n’avais jamais vu d’homme nu. Ma vision d’eux se limitait uniquement aux corps faméliques et presque asexués des petits garçons que j’avais aperçus dans les cascades et lacs qui entouraient Sessrùn en été. Les courbes étaient remplacées par les lignes de droites et les rondeurs présentes sous sa peau étaient celles de ses muscles. Après un accord silencieux, il envoya sa main explorer plus en avant les chairs de sa partenaire, frôlant du bout des doigts son épiderme puis les reliefs satinés de son pubis. Mélampyre poussa un soupir en basculant la tête en arrière. Elle laissa glisser une paume presque paresseuse sur les flancs d’Orchis avant de venir saisir avec expertise ce qu’elle convoitait. Leurs caresses évoluèrent en une danse beaucoup plus complexe et intoxicante.
Au bout de quelques instants, le couple gagna le matelas au sol. Le jeune homme s’installa entre les jambes de sa partenaire et vint déposer ses lèvres sur le mont de la déesse qui gisait entre les cuisses de Mélampyre. Peu de temps après, poussés par le désir et l’ivresse du moment, ils n’étaient plus qu’un.

Je ne manquai pas une miette de cet intrigant ballet bien que ma situation fut étrange. Je me devinais à la fois invitée et intruse dans cette union. Ma peau me semblait beaucoup plus sensible, je sentais clairement la texture de mes vêtements contre mon corps. La rugosité du coton sur ma poitrine me faisait presque frémir. Soudain, un long gémissement s’incita dans la pièce. Le dos arqué, les pieds ancrés dans le sol, Mélampyre s’offraient totalement à son partenaire, indolente et tentatrice. Cette vision fit naître un frisson dans mon échine qui m’électrisa toute entière, créant en moi un brasier que je n’avais jamais encore expérimenté. Orchis se pencha une dernière fois sur sa camarade, cueillant ses lèvres avant de se retirer de son corps délicatement. Ils échangèrent un sourire presque paresseux puis se laissèrent retomber sur la couche. Leurs doigts étaient toujours entremêlés.

Je me retournai vers dame Hellébore. Mais je ne la trouvais pas à mes côtés. Elle s’était installée un peu plus en recul de la salle, la lueur fugace de sa pipe brillait dans le noir. En voyant que je l’observais, elle se leva et rouvrit la porte. La lumière du jour perça la pénombre, m’aveuglant presque. Mélampyre et Orchis poussèrent un grognement mécontent avant de quitter le confort relatif du matelas pour ensuite s’enfuir par une issue dérobée. Je me hissai sur mes jambes qui étaient presque fragiles de ce que je venais d’expérimenter.

— Qu’en as-tu pensé ? demanda mon hôtesse en se versant une coupe de vin.

— Je ne sais pas trop. C’était… Je n’avais jamais vu ça. Je me sens toute drôle.

Et c’était vrai. Regarder les deux amants communier de la sorte avait réveillé en moi quelque chose. Quelque chose que je n’avais jamais soupçonné être là. Bien que je n’avais pas encore envie que l’on me touchât de cette façon, je comprenais à présent l’intérêt majeur que représentait la sensualité.

— Qu’as-tu pensé d’Orchis ?

Sa bouche s’arqua dans un sourire félin juste avant qu’elle ne pose ses lèvres sur le métal de l’embout de sa pipe.

— Je… Si je dois être honnête avec vous… je ne l’ai presque pas contemplé, répondis-je en rougissant légèrement.

— Pourquoi donc ?

— Je ne sais pas. J’étais subjuguée par Mélampyre. Elle était incroyablement belle. Je ne peux exprimer ce qui m’a autant plu chez elle, mais… Je n’arrivais pas détacher mon regard de son visage.

— Sais-tu pourquoi tu as ressenti cela ?

— Peut-être parce qu’elle était expérimentée. Tout ça, c’est vraiment nouveau pour moi. Je suppose que cette maîtrise m’a fascinée.

— Mélampyre est certes une recrue très prometteuse, mais je ne dirais pas qu’elle est une experte. Vous devez avoir un âge équivalent, à quelques années près.

Je me renfrognai un peu. Pour moi, il était impossible que nous eussions le même âge. Mélampyre était une femme, dans toute sa beauté, sa grâce et sa sensualité. Quant à moi, je n’étais qu’une gamine. Une simple môme.

— La différence entre vous deux réside en deux choses très limpides pour qui sait voir.

Elle tira une longue bouffée sur sa pipe. La cendre rougeoyante attira mon regard. Hellébore laissa la fumée doucement glisser hors de ses lèvres. Les volutes semblaient presque vivantes comme la langue d’un serpent qui cherchait à goûter l’air. Son attention se planta sur moi et instinctivement je rentrai un peu les épaules.

— La confiance et la conscience. Mélampyre est au courant qu’elle est une des plus belles fleurs que ce jardin porte. Mais cela ne suffirait pas à la rendre séduisante très longtemps. Ce qui la magnifie de la sorte, c’est la connaissance qu’elle a de son corps et de son désir. Elle sait comment tirer du plaisir d’une union tout comme les multiples façons d’en donner à autrui. Deux choses que tu n’as pas encore.

Elle marqua une pause et poussa un soupir.

— Tu dois vraiment beaucoup plaire à Agn pour qu’elle t’ait autant protégée. Malgré le bracelet que tu portes au poignet, tu es toujours une enfant à bien des égards.

— Je ne suis pas d’accord. Ce n’est pas parce que je n’ai pas expérimenté les jeux de l’amour que je suis faite en sucre, bougonnai-je, tous mes professeurs sont très élogieux quant à ma maturité.

— Et pourtant tu râles comme si tu avais à peine cinq ans, répondit-elle en riant, mais ce n’est pas grave. Cette tendre naïveté ne fera pas de vieux os. Avec mon aide, tu pourrais devenir le volatile le plus célèbre de ce royaume.

— Je ne cherche pas la gloire, répliquai-je, je souhaite juste être digne d’être l’apprentie de lady Agn.

— On veut tous quelque chose dans ce monde, gamine. Pour l’instant, tu n’es peut-être pas motivée par les heurs et les louanges. Mais quand ton nom sera sur toutes les bouches. Lorsqu’hommes et femmes ne rêveront que de te posséder… Retourner dans la fange de l’anonymat sera la plus cruelle des douleurs.

— Est-ce là ce qui vous est arrivé ? Je ne voudrais pas vous décevoir. Mais j’ose espéré que nous ne sommes en rien pareille vous et moi.

Un nouveau rire s’échappa de sa carcasse. Elle reposa sa pipe sur son bureau et essuya d’un revers de la main les larmes qui commençaient à s’évader de ses yeux. Je fronçai les sourcils, passablement vexée de cette réaction à laquelle je ne m’étais pas attendue.

— Ne t’inquiète donc pas, petite. Tu ressembles beaucoup trop à cette vieille carne d’Agn pour être comme moi !

Son expression se mua en une quinte de toux rauque qui résonna avec douleur dans sa cage thoracique. Petit à petit, Hellébore reprit son sérieux et se leva de sa chaise. Elle m’invita à faire de même avant de s’avancer vers la porte. Elle s’arrêta devant une bibliothèque aux étagères débordantes de livres et parchemins.

— Tu viendras toutes les semaines, jusqu’à ce que j’estime que tu sois prête à pouvoir faire le grand saut. Cela dit, ce n’est pas parce que les leçons seront plaisantes que tu n’auras pas de devoirs à faire.

Sa main circula sur les tranches des couvertures en cuir. Elle hésita, plusieurs fois avant de se décider sur deux ouvrages en particulier. « Le languissent du lys » et « La complainte du lycoris » – encore des noms de fleurs songeaient en observant la dorure raffinée des tires des deux livres.

— Je veux que tu lises ceci et tu devras me dire ce que tu en penses, ce que ces textes ont éveillé en toi. Si, bien entendu, ils ont suscité tes sens.

— Pour la huitaine à venir ?

— Oh par les Dieux, non. Prends ton temps. Ces lectures ne sont pas un exercice scolaire à proprement parler. Considère cela comme… De la curiosité personnelle. Un loisir, peut-être.

— Vous avez pourtant parlé de tâches à faire, répondis-je sur la défensive.

— Tes devoirs pour la semaine prochaine sont très simples. Je veux que tu te touches, Nå. J’exige que tu te découvres, que tu explores et que tu comprennes ton corps.

Mes joues se gorgèrent de sang, irradiant de chaleur. Hellébore émit un petit rire avant d’ouvrir la porte. Je quittai son bureau sur la pointe des pieds, encore sous l’émotion de sa requête.

— Nous parlerons de tes trouvailles la prochaine fois.

— Bien, madame.

J’inclinai légèrement la tête en guise de salutations. Les livres pressés contre ma poitrine, je commençai à descendre les escaliers pour retourner dans le grand corridor lorsque la voix de mon hôtesse me parvint.

— Petite, dans ce monde tout à un prix. Il ne dépend que de nous pour savoir si l’on est prêt à payer la somme demandée pour ce que nous désirons vraiment.

Vous devez être connecté pour laisser un commentaire.
Zig
Posté le 18/04/2020
Oh putain c'est tellement horrible... Le fait qu'elle ne soit pas maîtresse de sa première fois et qu'on la brade comme un objet ! Je comprends le point de vue de Agn sur le sujet...

Et sinon... Bromn il est dispo dans la vraie vie ou... non ? Ah ? Dommage...

Je ne suis pas une grande fana des scènes de sensualité et de sexualité, mais celle que tu proposes n'est pas gratuite, et a un réel intérêt dans ton roman. Je la trouve bien menée, et presque un peu trop pudique pour ce que tu essayes de faire. De montrer. De dire.

Evidemment on voit la référence aux geishas et à leurs traditions, et ça donne une ampleur de plus au roman, que j'adore ! Le brassage culturel est vraiment bien fait, et captivant.

J'ai hâte de voir qui va remporter l'enchère, et évidemment je pense à Micah (ce qui serait HORRIBLE mais fascinant pour le roman).
Soah
Posté le 26/04/2020
Horrible, horriiiible... Tout de suite les grands mots, voyoooons...
Non, en vrai c'est pas ouf comme situation, la pauvre Nayla se prend toujours des petits taquets insidieux.

Bromn est un modèle unique qui n'existe que dans mon petit cerveau malheureusement ! Mais il s'inspire d'une personne réelle :p ...

Quant à la scène de sexe, vous me dites tous que j'y ai pas été assez "fort" et je pense que c'est quelque chose que je changerais lors de la réécriture. C'était la toute touuute touuuuute première que j'écrivais à la première personne et elle m'a causée déjà beaucoup d'arrachage de cheveux ! Mais j'ai plus confiance en moi maintenant ! héhé !

La Reine est un gros pot pourri de plein de choses que j'aime,qui m'inspire etc ! ^v^

Concernant le reste, je dirais rien, pour pas spoil les gens qui ne sont pas encore rendu au chapitre 16 :'>
Alice_Lath
Posté le 08/04/2020
Eh ben, effectivement, c'est bien ça. J'adore l'usage que tu fais de coutumes étrangères et du clin d'oeil aux geishas, avec toute la cruauté mais aussi la beauté de leurs traditions. J'apprécie également la puissance accordée au désir et à la jouissance féminine, bien trop souvent oubliés dans de nombreux textes. Et ce conseil de se toucher.... Yessaaaaa, dat is my giiiirl! La scène n'était pas gênante, peut-être que tu aurais juste pu y aller un poil plus franchement, on sentait que tu te retenais peut-être un peu huhu mais sinon, je n'ai rien à dire sur cette partie et j'entame mes spéculations sur le grand gagnant de l'Enchère de Nå
Soah
Posté le 09/04/2020
Je pense que pour les gens qui connaissent la culture japonaise et tout ce qui attrait aux geishas, c'est vrai que ça doit faire tout de suite tilt :p
Comme c'était ma touuuuute première scène de sexe à la première personne, je me suis vraiment retenue en mode "haaaan je peux pas écrire çaaaaaa" tout en étant écarlate dans mon canapé.
Et je suis contente que ça parle à autant de gens le fait que je parle de masturbation féminine ! Ca fait partie des choses pour lesquels je "milite" c:
PetraOstach - Charlie O'Pitt
Posté le 05/04/2020
Très bon chapitre ma chère Soah !
J'ai fait des grands yeux quand tu nous a révélé ce qu'était l'Enchère. C'était difficile à accepter, c'était même révoltant à lire. Puis tu en as fait quelque chose de presque plaisant avec cette démonstration de sexualité qui a été très bien amenée, même si je m'attendais à un peu plus d'intensité suite à ton avertissement. Je m'attendais aussi à plus de détails, sans tomber dans l'excès, mais comme c'est la 1ère fois que Nayla est confrontée au sexe, il y a plein de choses qui doivent lui traverser la tête au-delà des sensations qu'elle ressent dans son corps.
Soah
Posté le 07/04/2020
Merci beaucoup !
J'avoue que c'était ma toute première scène sensuelle à la première personne... J'ai pas osé allé très loin et vous m'en faites tous part (bande de p'tits cochons !) du coup, je pense que je passerais un petit coup d'aubergine magique sur ce chapitre pour le rendre un peu plus explicite sans que ça soit vulgaire ! :)
AudreyLys
Posté le 24/02/2020
Hey ! J'ai bien aimé ce chapitre, je l'ai trouvé marrant (je suis pas sûre que ce soit le mot en fait :x XD)
Je trouve que t'as bien géré la scène de sexe, j'ai pas trouvé ça gênant, juste profondément bizarre. Étrange, c'est vraiment le mot pour ce que j'ai ressenti. En tout cas, vu la délicatesse de scène, je trouve que tu t'en es bien sortie !
Cette coutume de l'Enchère est vraiment affreuse, Nå le prend peut être un peu trop bien. Mais on connait son désir de servir son pays donc en vrai ça passe, c'est juste que clairement à sa place je l'aurais pas accepté si facilement. Autre chose : le principe de l'Enchère est pas un peu abusé ? Dans le sens où toutes les jeunes filles ont déjà subi le rituel aka le viol en place publique, du coup elles sont plus techniquement vierges. Oui, ça se discute (perso je pense que le concept de virginité est dépassé, mais c'est sûr que ça peut pas être le cas ici).
J'adore le fait que Bromn est sapiosexuel, c'est la première fois que je croise un perso comme ça dans une histoire.
Je reviens à la fameuse scène, parce que je suis moi aussi étonnée du manque de réaction de Nå quand elle voit le pénis en érection. On a bien compris qu'elle n'avait d'yeux que pour la femme, mais quand même.
Ce chapitre m'a trop fait pensée à mes propres histories (un héros qui se retrouve dans la même situation + Orphis c'est un de mes perso), mais je digresse.
En vrai y a qu'un truc qui m'a dérangée dans ce chapitre, et c'est le traitement de la prostitution. On a l'impression que c'est super, que Orphis et Mélampyre (j'adore ces prénoms !) s'aiment (ce qui est peut-être vrai, je ne dis pas le contraire) alors que c'est avant tout leur travail. C'est peut-être un peu trop romancé.

Bien, les coquilles.
Tu m'as changée la vie avec Antidote, le changement est radical ! Bon, il laisse parfois passer des trucs mais franchement GG le logiciel.
J'ai repéré de trois broutilles :
>Même si, je ne suis pas constamment entrain de surveiller la chipie que vous êtes -> en train
>Et uniquement si je donnais mon aval pour que la personne ne m'embrassât -> je n'aurais pas mis de "ne"
>Je savais également qu'il n'avait pas engendré de descendance -> c'est pas une coquille c'est juste que je trouve que cette phrase a un niveau de langage trop élevé par rapport au reste de ton texte. C'est pas la première fois que je remarque des écarts de niveaux de langage, mais là je trouve que ça fait vraiment trop pompeux. Pourquoi pas tout simplement "qu'il n'avait pas d'enfants" ?

Voilà, c'est à peu près tout. Pour ce qui est du show d'ont tell, j'ai vu quelques petits couacs ici et là, mais je trouve que tu t'es améliorée à ce niveau-là.

Bisouilles !
Soah
Posté le 27/02/2020
Coucou ! :D
Désolée je suis un peu lente au niveau des réponses aux commentaires ;n;" ... Je ne pense pas forcément à me connectée sur le site alors forcément... x')) *tête de linotte*

Du coup, je suis contente que tu aies ressentit un sentiment d'étrange : c'est exactement ce que j'avais envie de faire passer. C'est nouveau pour Nå ni des choses auxquelles elle s'était intéressée.

Pour le principe de l'Enchère, ce ne sont que les Corbeaux qui "subissent" la chose ; souvent au court du récit, il est évoqué qu'une femme peut avoir un ascendant psychologique sur un homme par de multiples façons et le sexe en fait partit. Désacralisé l'acte fait un peu partit de la "philosophie" des Corbeaux : si on laissait les jeunes femmes avoir leurs premières expériences quand et comme elles le veulent, il y a des "risques" qu'elles oublient qu'elles n'ont pas le droit à être en couple par exemple.
Le royaume des Os possède des moeurs assez libres, donc le fait d'avoir pas mal de rituels ayant attrait aux parties intimes ne sont pas rares. Et maintenant que c'est devenu une "pierre angulaire" de mon récit, je ne peux plus trop la retirée :p
(et puis, je dois avoué que, derrière la Reine, il y a une visée un peu "féministe" de ma part.)

Je ne pense pas que Bromn soit sapiosexuel, je dirais plus qu'il est asexuel ou demi-sexuel ! :) En tout cas je suis contente que ce détail n'échappe à personne et qu'il vous fasse plaisir à tous et toutes ! J'essaie d'être inclusive sans en faire trop, histoire de donner un coup de frais sur la fantaisie :p

Pour l'érection, j'avoue que j'ai pas osé. C'est la première fois que j'écris une scène avec du sexe à la première personne, donc... J'avais peur d'employer certains termes, de mettre en scène certaines choses. Mais je vois que c'est quelque chose qui vous chaffouine assez, donc, lors de la réécriture, le pénis aura son heure de gloire ! xD

Alors du coup, même si c'est bel et bien de la prostitution, il y a un aspect presque religieux dans leur pratique de la chose. Le plaisir n'est pas tabou au royaume des Os. Je n'avais pas envie de décrire une ambiance glauque - et je ne pense pas que lady Agn envoie Nayla dans un endroit pas jojo pour découvrir comment on fait des bébés... Il y aura très certainement un traitement moins "glamour" du travail du sexe dans d'autres nations.
Petite anecdote : Mélampyre, Orphis et Hellébore, se sont des noms de fleurs que l'on trouve en Scandinavie :p

Merci pour les coquilles et pour ton compliment, ça me fait plaisir ! :D
AudreyLys
Posté le 27/02/2020
Coucou ! Haha pas de problèmes^^

Ah mais je te proposais pas de supprimer l'Enchère, je trouve que c'est une bonne idée scénaristiquement parlant^^

Bah, pour moi sapiosexuel est une forme d'asexualité (ho mon dieu mon correcteur orthographique me met ce mot en rouge). Un sapiosexuel peut ressentir du désir mais uniquement si il trouve LA bonne personne. M'enfin, on a pas forcément besoin d'étiquettes Bromn^^

XD Je te comprends, mais ne t'inquiète!te pas, tu peux ruser en utilisant des périphrases. Et puis, pas la peine de passer un paragraphe dessus, juste dire que Nå est surprise et pourquoi ça suffit.

Sans avoir besoin de décrire une ambiance glauque (bien que Agn ne va pas l'envoyer dans un endroit glauque) et même avec un pays aux mœurs libérées... il y a une différence entre ne pas montrer de la glauquitude et romancer le tout. Je suppose que c'est une différence de sensibilité.
Ah bah tu vois tu m'apprends un truc XD faudrait que je checker des noms de fleurs parce que y a de sacré perles !

De rien ^^
Soah
Posté le 28/02/2020
Poui poui !

Je pense que tu confonds la demisexualité (ressentir du désir s'il y a un lien fort pour une autre personne) et la sapiosexualité qui est le fait d'être attiré sexuellement par les personnes ayant une certaine intelligence/instruction/charisme ^-^

Je ferais des ajustements si d'autres personnes trouvent ça trop romantisé du coup ! J'avoue que moi je ne le ressens pas comme ça, donc... C'est délicat ! :D

Le Seringat aussi, c'est une plante ! *Soah édition botaniste*
Quand je suis dans l'impasse pour les idées de noms/prénoms, en général je recherche dans les plantes :D
AudreyLys
Posté le 28/02/2020
Piou piou

Oui c'est ce que se dit, mais moi je suis pas d'accord sur la définition XD m'enfin bref Bromn a une forme d'asexualité pis voilà

Oui c'est sûr, c'est jamais évident

XD je savais pas non plus, merci Pr Chourrave
Moi je vais plutôt du côté google trad et l'Arbre Celtique mais je ntoe, ça pourrait me permettre de changer un peu !
Sorryf
Posté le 19/02/2020
Quelques fautes ont échappé au regard perçant de antidote:

Cette maison, depuis l’annonce des fiançailles il y avait de ça cinq jours, ne m’offraient ni l’un ni l’autre -> offrait

J'ose espéré -> esperer

Wtf cette histoire c'est horrible! Na a l'air de le prendre avec philosophie, et je trouve ca plutot realiste.
La scene de cul etait bien, pas trop clichee ni gênante (enfin je l'ai lu dans le rer donc c'etait quand meme un peu genant xD mais ca vient pas de ton texte)
J'aime bien que Bromn soit asexuel (a priori)
Soah
Posté le 19/02/2020
Ho nion ! Saleté d'Antidote ! Remboursée !! xD
Merci de me les avoir pointé ! :D

Nå, après le chapitre 1, elle peut tout vivre je crois xD
Tant mieux je suis contente si c'était pas le malaise x') Surtout que j'en ai bientôt une autre a écrire ;-;"

Bromn est demi-sexuel pour moi. S'il trouve LA personne qui pourrait ravir son petit cœur tout mou et doux, je pense qu'il pourrait sauter le pas. Mais le sexe n'est pas quelque chose qui le turlupine !
Flammy
Posté le 18/02/2020
Coucou !

C'est toujours un plaisir de lire cette histoire =D J'avais bien continué à lire même si j'ai pas eu l'occasion de commenter, bouh, méchante Flammy ! Mais juste pour revenir dessus, j'aime vraiment la façon dont la relation entre Na et le prince évolue, ainsi que l'arrivée de la fiancée et ce que cela implique. D'ailleurs, je ne sais toujours pas trop que penser d'elle, si c'est vraiment juste une jeune fille un peu paumée ou une manipulatrice dans l'âme qui se cache, on verra bien ^^

Pour ce chapitre, on découvre le principe de l'Enchère, même si bon, je m'en doutais un peu ^^ Ca ressemble à ce qui se passait avec Geisha, donc ça m'a tout de suite parlé =D Même si bon, le coup de vendre la virginité des jeunes Corbeaux, c'est pas ouf ='D D'ailleurs, je me demande bien qui va gagner l'enchère pour pour Na. Manquerait plus que ça soit le prince aîné et ça créerait une situation bien glauque ><"

Sinon, pour tout le passage dans la maison close, j'ai trouvé ça intéressant et bien amené, ça fait vraiment un peu "enseignement comme un autre", en mode on se sert vraiment de tout ce qui peut être utile et on fait pas tout un foin là-dessus ='D Mais le fait d'insister autant sur connaître son corps et tout, j'ai vraiment trouvé ça cool !

Bon, désolée pour le commentaire pas très utile ='D Bon courage pour la suite !

Pluchouille zoubouille !
Soah
Posté le 19/02/2020
Ne t'en fais pas Phlami (:D) ça me fait tout de même plaisir ! Et puis venant de toi ces compliments me font presque rougir.

La Reine s'inspire de plein de traditions un peu ""sexiste"" mais celle-ci est la plus évidente. Surtout lorsque l'on connait mon amour pour la culture japonaise ! :3
Pour l'identité de celui qui aura la chance, que dis-je l'honneur de remporter le gros lot... Je n'en dirai pas plus ! Mais Micah fait partie des possibilités :D ...

Je suis contente que tu aies été sensible au fait que j'essaie de mettre un peu de féminisme là-dedans malgré la situation x')

Merci encore pour tout <3
Des bisous.
anthea1659
Posté le 17/02/2020
Je suis contre de pouvoir continuer la lecture de ce récit !
La deuxième partie me fait penser au premier tome de la trilogie Kushiel de Jacqueline Carey ^^ (que j'adore, du coup ça me fait plaisir de trouver un récit dans les mêmes tonalités)
Soah
Posté le 18/02/2020
Les séries Kushiel et Imriel de Jacqueline Carey sont en effet une de mes grosses inspiration. Je les avais dévoré au lycée et je trouvais que ce genre de récit manquait un peu dans le paysage - tout en dépoussiérant quelques trucs et en essayant de ne pas tomber dans les écueils qui m'embêtait chez elle :p
Je suis contente que ça t'ait plu en tout cas, merci de ton commentaire !
anthea1659
Posté le 18/02/2020
Contente d'avoir vu juste ^^ de quels écueils du parles ? :)
Soah
Posté le 18/02/2020
Je trouve que dans Kushiel, il y a une tendance très désagréable à toujours rapporter les choses à la nationalité des personnages. Il y a pas un chapitre sans que Phèdre ne se justifie en disant "c'est parce que je viens de Terre d'Ange" par exemple.
anthea1659
Posté le 19/02/2020
C'est vrai :) j'ai jamais tiqué là dessus mais maintenant que tu le dis c'est pas faux. Après je trouve que cet attachement à terre d'ange se justifie car il y a contexte religieux en plus. On ne trouve pas ça chez les personnages qui viennent d'autre pays, après ils sont un peu vus comme des bouseux par les habitants de terre d'ange aussi ^^'
anthea1659
Posté le 19/02/2020
(et j'ai vu qu'il ne restait que 3 chapitres avant la fin de la partie 1 O-O !!!!)
Cocochoup
Posté le 16/02/2020
Pas si dodu ce chapitre, il est passé bien trop vite ! j’aurai bien pris une ration de plus 😊
Toujours un plaisir de retrouver Na et de l’accompagner dans son parcours de femme. Je m’étais douté dans le chapitre précédent que les enchères seraient en rapport avec la vente de sa virginité, mais c’est très sympa de découvrir comment elle va découvrir et apprendre à manier sa sensualité !

Pour une fois, j’ai trouvé le courage de faire un commentaire plus détaillé :
« Nouveaux alliés privilégiés pensassent que ce mariage » j’ai du mal avec le pensassent. C’est pas usuel de voir ce verbe conjuguer comme ca.
« entrain de surveiller la chipie que vous êtes » , je pense que c’est plutôt en train en 2 mots. Et chipie, c’est bizarre dans la bouche de Bromn. Ca laisse penser à une relation un peu familière et ca enlève le coté formel du poste d’Ombre.
Pourquoi Na ne rapporte pas à la reine des corbeaux au moment où celle-ci lui parle des enchères, la discussion qu’elle a surpris entre la reine et son fils sur les enchères ?
La fonction de corbeau n’est pas à vie ? ou est ce uniquement le cas de dame Hellebore ? peut etre aborderas-tu le sujet plus tard ?
Na voit pour la 1ere fois un homme nu… et elle ne parait pas trop curieure ou étonnée de voir un pénis en erection ?
« Leurs caresses évoluèrent en une danse beaucoup plus complexe et intoxicante. » j’ai pas saisit la notion d’intoxicante ?

Et vivement la suite !!
Soah
Posté le 16/02/2020
Haha t'es chou <3
Comme j'ai pas mal d'avance, je posterai peut-être un nouveau chapitre avant la fin du mois ^=^ ! Il n'en reste que 3 avant le point final de la partie 1 ! Et la suite ne viendra pas tout de suite puisque je ferai déjà une grosse passe de relecture/réécriture.

Pour pensassent, il me semble que c'est la conjugaison correcte a appliqué dans ce cas là. Mais... Je peux me tromper @-@

Bromn et Nå ont une relation assez particulière, mélange de familiarité et devoir. Mais si ça choque je changerai cette ligne de dialogue.

C'est une bonne question. Je pense que tu viens de mettre le doigt sur un souci de scénario. Qu'il va falloir que je corrige.

D'ordinaire, une Corbeau l'est a vie. Sauf si elle commet un acte grave qui mène a sa répudiation. Ou d'autres événements.

Pour le coup de l'érection, j'avoue que j'ai pas osé. J'avais peur de pas bien retranscrire la chose. Donc je l'ai skipper. Mais si ça peut enrichir l'ensemble, j'ajouterai un morceau a ce sujet.

Je pense que j'ai fait un anglicisme où, "intoxicating" peut aussi avoir une connotation sensuelle.

La suite viendra, promis <3
Vous lisez