Chapitre 11 : Certains l'aiment froid

Recroquevillée dans une couverture de laine qui grattait, Na faisait face à l'âtre tout en se mordant le pouce. Avec l'arrivée des vacances de Noël, elle avait espéré avoir un peu plus de temps libre pour enquêter sur Suihei, mais Claude ne la quittait pas des yeux. Heureusement que grâce à l'intervention de Mehdi, elle avait obtenu le droit de se promener seule dans Sainte-Marie, sans quoi la jeune fille aurait sans doute crevé d'ennui d'avoir à rester cloisonnée dans la bergerie avec ses oncles et Inare. 

 

Elle jeta un regard de travers au garçon-renard assoupi dans un fauteuil, sa queue recroquevillée contre lui de manière à conserver un peu plus de chaleur.

 

— Tout va bien ? lui demanda Mehdi depuis la cuisine où il s'affairait. On a l'impression que tu es à l'article de la mort. 

 

La lycéenne ne lui répondit pas. Comment expliquer de toute façon sa haine ingrate envers ceux qui refusaient de l'aider dans sa quête, sous prétexte de la protéger ? Comment expliquer son regret d'être tenue à l'écart d'Amadeus, Camille et Valentine faute de portable et d'Internet ? Elle y voyait clair dans le jeu de Claude : tout pour l'empêcher de creuser une piste qu'il percevait comme dangereuse pour elle. 

 

— Je m'ennuie, bougonna-t-elle. Amadeus est en retard. 

 

Mehdi haussa les épaules et recommença à fouetter la crème dans son cul-de-poule. Sur son initiative, Claude avait accepté que le garçon vienne leur rendre visite et que Na se promène avec lui, à la condition de prendre Amaterasu avec eux et de ne pas quitter les limites du village. De plus, toute communication devait passer par son téléphone à lui afin qu'il puisse s'assurer des allers et venues de Na. 

 

Au moment où Na s'apprêtait à râler de plus belle, un léger toc se fit entendre. 

 

La jeune fille bondit et attrapa sa cape doublée pour se précipiter vers la porte. 

 

— J'y vais, lança-t-elle à Mehdi. Je devrais pas rentrer trop tard. 

 

— Amuse-toi bien, répondit-il avec un clin d'oeil. Pendant ce temps, je surveille le tas de fourrure. Il ne devrait pas t'embêter.

 

Le tas en question se retourna dans le fauteuil et lâcha un petit éternuement avant de secouer sa queue de renard dans son sommeil. Na acquiesça d'un léger mouvement pour remercier son oncle et ouvrit la porte en silence. 

 

Une fois de l'autre côté, toujours sans plus de son, la lumière l'éblouit un instant. La neige s'était installée pour de bon dans la vallée et la réverbération du soleil de midi lui brûla la rétine. Puis peu à peu, sa vision s'habitua et Amadeus passa d'une silhouette trouble à celle d'un ado dégingandé qui se trémoussait sur place, comme intimidé au sujet de la conduite à suivre. 

 

Il s'était emmitouflé dans une couche de pulls. Avec son bonnet, ses gants et son écharpe, il formait une petite boule douillette. Na esquissa un sourire attendri malgré elle. 

 

— Qu'est-ce qu'il y a ? fit Amadeus. Pourquoi tu rigoles ? 

 

— Pour rien, éluda la Sorcière. Pour rien.

 

Puis, elle enfonça ses pieds dans la neige craquante. Du coin de l'oeil, elle observait les réactions d'Amadeus, toujours aussi silencieux depuis son arrivée. 

 

Tant de choses à lui avouer. 

 

Les mots se pressaient au bord des lèvres de Na sans qu'elle ne puisse en articuler un seul. 

 

Était-ce pourtant si dur à avouer ? Que lors du combat de Carmen, elle avait lié le destin du garçon au sien à jamais, qu'il avait passé un pacte de Féal sans rien savoir des conséquences que cela induisait. Qu'une part de Na vivait en lui en parasite et avait modifié sa personnalité à tout jamais. 

 

Bien sûr, tout cela elle le lui avait dit au moment de passer le pacte, mais le choc avait fait perdre la mémoire à Amadeus. Na avait eu l'occasion de vérifier cela en glissant des sous-entendus auxquels le garçon ne bronchait pas. 

 

Il avait oublié le déferlement de puissance quand il avait été possédé par les énergies de la Nature lors du combat. Il n'avait plus été lui-même et par conséquent sa mémoire, son passé et son futur avaient été suspendus pendant ce temps là.

 

Oui, à voir son profil aquilin se dessiner à la lumière blanche d'hiver, Na eut un serrement au coeur. Il semblait si inquiet pour elle alors qu'elle se sentait comme une escroc.

 

— Tout va bien ? demanda-t-il comme Mehdi un instant plus tôt. T'as pas l'air bien. Si tu veux, on peut rentrer. 

 

— Non, je préfère marcher. J'ai besoin de prendre l'air. Et Inare est encombrant. 

 

Elle savait qu'en mentionnant le Sorcier, Amadeus n'insisterait pas davantage. Il semblait pris d'une antipathie étonnante à son égard. 

 

À la place, ils continuèrent à marcher en silence. Le ciel s'était dégagé pour présenter un lavis cobalt aux chapiteaux blancs des montagnes. Avec l'odeur des sapins, le tout respirait une douce quiétude. Lorsque la Sorcière inspirait l'air vif, presque compact entre les dents, les vibrations se propageaient jusque dans son dos et elle pouvait lire la beauté, mais aussi la cruauté du frimas des montagnes. 

 

Pourtant, rien de sublime dans ces sensations. Juste la profonde sérénité de la soumission à l'ordre des choses et une envie de s'endormir au soleil, insensible au froid de la neige. 

 

Elle regarda le matelas de plume que présentaient les congères et se demanda si un jour, une neige chaude et moelleuse pourrait exister, tomber l'hiver, mais pouvoir se lover à l'intérieur en laissant son visage à la fraîcheur extérieure pour mieux apprécier le contraste.

 

— D'ailleurs, dit soudain Amadeus, j'avance, mais je ne sais pas si tu voulais aller à un endroit en particulier. 

 

Na grimaça. Cela faisait vraiment balade quotidienne du prisonnier. 

 

— Je n'avais pas vraiment d'idée, fit-elle. Tu voulais aller où ? Tu avais repéré un coin pour dessiner ? 

 

— Je dessine pas aujourd'hui, répondit Amadeus en shootant dans un tas de neige. J'ai laissé mon matériel à la maison. Il fait trop froid, ça servira à rien que je tienne un crayon. 

 

Après une seconde de réflexion, une idée fit irruption dans le cerveau de Na. 

 

— Je sais, s'exclama la jeune fille prise d'enthousiasme. Allons dans le pré du père Baptiste. Je veux vérifier quelque chose et il faut un coin discret pour ça. 

 

Lorsqu'elle tourna la tête, Amadeus était si rouge qu'elle eut un instant peur qu'il tombe raide sur le bord de l'allée. Amaterasu s'agita dans sa poche, comme s'il pressentait la tension qui habitait son amie. Puis, il passa une patte griffue suivie d'un oeil et de sa dernière lubie...

 

Trois jours que la flamme arborait un capuchon sur ce qui lui servait de tête, comme une protubérance étrange, simulacre du chapeau melon de Chaplin pour qui Amaterasu s'était découvert une petite passion. 

 

— D'accord, murmura Amadeus en se triturant les doigts. Je... Je veux bien...

 

Na fronça les sourcils, confuse devant cette gêne sortie de nulle part. Qu'est-ce qui pouvait bien passer dans la tête du garçon ? Incapable d'apporter une réponse à cette question métaphysique, elle haussa les épaules et tous deux reprirent le chemin du pré. 

 

Pour cela, ils dépassèrent les rochers enfouis sous la neige et se faufilèrent entre les fils de laiton de l'enclos vide. Depuis son arrivée à Sainte-Marie, Na n'y avait jamais vu la moindre trace d'animal ou de culture, c'était à se demander ce que Baptiste et Murielle pouvaient bien fabriquer avec ce terrain laissé en jachère. 

 

Une fois à l'intérieur, ses pieds s'enfoncèrent dans la neige et elle sentit l'eau imbiber sa chaussette haute au niveau du mollet. Le liquide coulait sur sa peau tiède, nullement incommodée par la température presque nulle. Amadeus eut plus de difficulté, il n'avait pas pris de pantalon imperméable et un frisson le saisit lorsqu'il plongea à son tour ses bottes de neige dans la couche épaisse. 

 

— On va aller un peu plus loin, reprit Na. C'est mieux si on est à l'écart. 

 

En effet, après quelques mètres, ils étaient abrités par le squelette d'un pommier. Ce n'était pas l'idéal, mais cela suffirait estima Na après avoir jaugé la distance avec Sainte-Marie. 

 

— Bien, ajouta-t-elle après une seconde de silence. Ici, c'est parfait. Alors, voilà...

 

Intriguée, elle vit Amadeus rougir de nouveau et fermer les yeux. Qu'est-ce que cet hurluberlu pouvait bien lui faire à pincer les lèvres comme ça ? La Sorcière secoua la tête et passa la main sur le velours de sa jupe. 

 

— J'ai besoin de toute ta concentration. Arrête de faire n'importe quoi s'il te plaît.

 

Amadeus ouvrit les yeux et elle put apprécier de nouveau l'éclat noisette de ses iris qui rappelaient son teint bistre. Elle se pinça le nez et se morigéna intérieurement. Ce n'était pas le moment de trouver le lycéen mignon, ils avaient du pain sur la planche et Suihei à retrouver. Or, pour parvenir à affronter les Vampires de l'Association des Gourmets de la Nature, le Magicien qui rôdait dans la région, ou d'autres Esprits encore, chaque capacité allait s'avérer utile. 

 

Na comptait faire éveiller à nouveau les pouvoirs de Féal chez Amadeus pour qu'ils apprennent à les contrôler. 

 

Les mots s'agglutinèrent en grappe dans sa gorge, mais elle tint bon et ne dit rien. Inutile d'inquiéter le garçon en lui rappelant l'accord qu'ils avaient passé avant qu'il ne soit frappé d'amnésie, là-bas, face à Carmen. Déjà que les tripes de la Sorcière se tordaient à l'idée qu'Amadeus ignorât tout de ce qui l'habitait, comme si elle l'avait arnaqué, alors devoir lui répéter à nouveau ces mots qui lui coûtaient... Lui révéler l'ampleur de son forfait et du poids que le lycéen traînerait toute sa vie, à savoir qu'il avait renoncé à son identité et que Na vivait en partie en lui. 

 

Lui avouer qu'elle sentait certaines de ses pensées et de ses troubles, que son caractère à lui s'en trouverait à jamais modifié et qu'ils seraient liés jusqu'à la mort de l'un d'eux. Un serment bien lourd et fait dans la précipitation du combat face à Carmen, pressé par la peur de la mort.

 

— Je fais quoi du coup ? demanda Amadeus. Pourquoi on est là ?

 

— Enlève ton manteau, ordonna Na. En fait, enlève tout sauf ton caleçon. 

 

L'adolescent demeura interdit. La Sorcière pouvait sentir sa confusion percer sous sa face ahurie. 

 

— Mais il fait hyper froid ! protesta le garçon. Je vais mourir de froid !

 

— Amaterasu est là, tu ne risques rien. Il t'aidera.

 

— Mais pourquoi je dois faire ça ? reprit Amadeus. Ça n'a pas de sens !

 

Évidemment, la question du pourquoi. Pour la troisième fois depuis l'aube, Na fut tentée de lui révéler la vérité. Mais à la place, elle tordit les lèvres et préféra lui mentir par omission. Pour le protéger, se répétait-elle à la manière d'un mantra, car qui ignore sa condition ne peut en souffrir. Non ? 

 

— Parce que je veux essayer de te faire entrer en contact avec les Esprits, mentit-elle en baissant les yeux. Je pense que tu pourrais en être capable. Et si tu te mets dans ce type de situation dangereuse pour ton corps, avec moi à proximité, cela pourrait les attirer et les faire intervenir. 

 

Amadeus arbora soudain un sourire éclatant, le visage pétillant de plaisir à l'idée de pouvoir se prendre pour un mage de série. 

 

— Tu crois ? s'emballa le lycéen. J'aimerais tellement ! Ça serait incroyable !

 

À le voir aussi enthousiaste, Na se mordit la lèvre. Elle sentit un goût âcre dans sa bouche, celui du remords. Pourtant, elle ne le détrompa pas et tourna juste la tête par un réflexe idiot alors qu'il se déshabillait. 

 

— Tu peux tenir mes vêtements ? demanda Amadeus une fois prêt. C... Comme ça... ils... ils sont secs. 

 

Il grelottait déjà et serrait ses bras grêles contre son torse, les pieds enfoncés dans la neige. Na tira Amaterasu de sa poche et la flamme s'étendit vers le lycéen afin de lui protéger les parties du corps dans la neige en ronronnant d'une douce chaleur près de lui. En revanche, le haut de son corps se trouvait bien exposé au vent et Na entendit ses dents claquer comme un xylophone d'ivoire. Sa peau se lacéra de marques rouges et des points blancs germaient là où la chair de poule le gagnait. 

 

La Sorcière serra le tissu des vêtements d'Amadeus contre son corps et songea qu'il sentait une odeur musquée mêlée au déodorant du garçon. Et sans trop savoir le pourquoi du comment, cette proximité la troubla. 

 

— Bien, ordonna-t-elle, à partir de maintenant, il faut que tu cours. 

 

 

Ce fut le père Baptiste qui les retrouva une bonne dizaine de minutes plus tard dans son champ. Le vieil homme mit un moment à réaliser qu'il ne virait pas fou lorsqu'il fixa le jeune garçon aux lèvres bleues en train de courir dans la poudreuse sous les injonctions d'une fille en jupons. 

 

Le vieillard arriva à temps puisque l'adolescent était si pâle, les bras contre le corps, qu'il frôlait l'inconscience. 

 

Il le porta sur le dos jusqu'à la bergerie après que Na eût avoué son adresse. Amadeus s'endormit de fatigue et de froid sur le vieillard alors que la Sorcière trottait à ses côtés, les sourcils froncés et inquiète d'avoir peut-être causé un désastre sans le vouloir. 

 

Une fois près de l'âtre, enveloppé dans une couverture et avec des vêtements secs, Amadeus sembla peu à peu reprendre conscience. Les joues du garçon étaient empourprées et ses yeux pétillaient de fièvre. Le feu de cheminée augmentait un peu plus sa fatigue intérieure et il piquait du nez à mesure que ses doigts viraient écarlates.      

 

Le père Baptiste sitôt reparti, les décibels n'avaient pas tardé à grimper à mesure que Claude s'emportait.

 

— Tu es complètement folle ! s'exclama-t-il. Tu es comme ton frère ! Lui faire ça ! C'est un humain, Na, un humain !

 

— Je sais ! répondit l'adolescente. Je sais ce qu'il est !

 

— Alors, tu as conscience que tu aurais pu le tuer ?!

 

Le mot flotta dans la pièce et les plantes séchées furent parcourues d'un frisson. Aux côtés d'Amadeus, Mehdi lui frictionnait les bras afin d'essayer de réchauffer le pauvre adolescent. 

 

— Tu ne comprends pas, marmonna Na. Tu ne comprendras jamais. 

 

— Suihei est mon neveu, rétorqua aussitôt Claude. Tu crois que je ne sais pas ce qu'est une famille ? C'est le fils de ma propre soeur !

 

— Parfois, chuchota la Sorcière, je me le demande vraiment. 

 

De rubicond, Claude vira blanc crème. Mehdi ajouta à côté une couverture sur le corps refroidi d'Amadeus. Na observa la scène, certes angoissée d'avoir fait souffrir Amadeus, mais surtout déçue que l'expérience n'ait pas marché. Le Féal ne s'était pas éveillé. 

 

— Tu... hoqueta Claude de rage. Comment... 

 

La jeune fille leva la tête vers son oncle, pour le fixer, un flamboiement de bravade dans ses iris foncés. 

 

— Mehdi et toi, vous allez déposer Amadeus chez ses parents, siffla-t-il entre ses dents. Ensuite, quand tu rentreras, nous aurons une petite discussion, jeune fille. Comment veux-tu que nous te fassions confiance si tu t'obstines à la détruire dès que tu en as l'occasion ?

 

— Je sais ce que je fais, dit aussitôt Na sur un ton grave. Je ne suis plus une enfant !

 

— Tu n'es pas une adulte ! Tu ne le seras jamais si tu t'obstines sur cette voie ! Un adulte assume ses responsabilités !

 

Claude pointa du doigt la forme souffreteuse d'Amadeus dont le profil tout en courbes et en angles se dessinait de profil en contraste avec le feu de la cheminée. 

 

— Qu'est-ce que tu assumes là-dedans ? s'exclama-t-il si fort qu'Amaterasu bondit se réfugier dans l'âtre. Il a failli mourir et tu ne l'as pas vu ! Pire, c'est toi qui le tuais !

 

D'un coup, Na eut l'impression que deux lames de fer chauffé à blanc lui transperçaient les orbites. Du sang gicla du coup porté et glissa sous la forme de larmes salées sur ses joues. Son corps se mit à bouillir et gagner par la fièvre, elle éclata en sanglot et lâcha dans un hurlement : 

 

— Je le sais ! Je le SAIS !

 

— Alors pourquoi TU FAIS ÇA ?

 

L'adolescente se cacha le visage dans les mains alors que la pluie froide de ses larmes perlait dans sa manche pour venir goutter au niveau de son coude. 

 

— Calme-toi, fit Medhi en prenant Claude par le bras. Elle a compris, ça suffit. Elle ne recommencera plus. 

 

— LÂCHE-MOI ! beugla Claude. Tu crois tout savoir ? Tu n'es rien ! Tu ne sais même plus ce que c'est, d'être un Sorcier. Tu ne sais plus ce que c'est de souffrir de pas pouvoir protéger !

 

Mehdi recula et buta contre le canapé. Na pleura de plus belle alors que le visage de Mehdi s'effrita comme un miroir brisé. Il ne répondit rien et à la place courut à l'étage. 

 

— Attends ! tenta aussitôt Claude conscient d'être allé trop loin. Je suis désolé !

 

Il se mit à lui courir après et la Sorcière entendit la porte de leur chambre claquer alors que Claude frappait de toutes ses forces sur le battant afin de convaincre son mari de lui ouvrir.

 

Na n'avait pas bougé. 

 

Jusqu'à ce qu'un souffle lui parvienne depuis les crépitements de la cheminée, couvert par les cris à l'étage. Son visage encadré du rideau noir de ses cheveux, elle leva le menton, la peau imbibée de larme et gonflée. Les yeux mi-clos, à la porte des songes, Amadeus lui sourit et répéta ce qu'il venait de confier à son amie. 

 

— Je ne sais pas ce que tu voulais faire, dit-il une nouvelle fois. Mais il va falloir nous faire confiance maintenant, t'as plus le choix. Tu nous écoutes.

 

— Je veux pas, renifla-t-elle. C'est trop risqué. On va recommencer. Ça va marcher !

 

— Non, dit-il. Ça n'a pas marché. Je sais que tu ne veux pas l'entendre. Au Nouvel An, on fait venir Adèle chez moi et on la fait passer aux aveux sur ton frère. 

 

— C'est dangereux pour ta famille !

 

Amadeus dodelina de la tête, déjà plongé dans les brumes du songe, les membres engourdis. 

 

— Je t'ai fait confiance, chuchota-t-il. Maintenant, c'est à toi. C'est dans les deux sens, les amitiés. 

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Le Saltimbanque
Posté le 20/03/2021
Ah d'accord. Je ne sais pas trop comment réagir là.

À mon sens, ce chapitre me parait être un assemblage maladroit de composants très réussis. Au final, j'en conclus que c'est un bon chapitre, mais qui nécessite un bon coup de poliche.

Je le divise en quatre parties : Na chez Mehdi et Claude, Na et Amadeus tentent une expérience, Na et Claude ont une dispute et Na et Amadeus discutent.

Prises individuellement, je n'ai pas grand chose à dire sur ces parties. Plein de moments font "vrais" (Na qui sourit à la vision d'Amadeus au seuil de la porte), les dialogues me paraissent justes, on apprend des informations très importantes (le Féal est un concept génial, le passé de Mehdi), les personnages agissent tout en restant cohérents (même si j'ai un peu du mal avec la réaction de Mehdi, qui fait un peu le drama à la Plus Belle la Vie) et enfin le cliffhanger est assez bon.

Mais assemblés ensemble... je grince un peu des dents.
La scène avec Amadeus qui court en caleçon dans la neige "pour une expérience" est une image hilarante en soi (surtout quand un pauvre clampin le regarde faire), mais ça se succède à une scène absolument déchirante où toute la famille s'autodétruit. Vraiment, la succession est assez brutale. J'ai eu du mal à m'y faire. Quand je vois les personnages pleurer et se hurler dessus, je ne pouvais m'empêcher de penser : "Et tout ça parce qu'Amadeus courrait en slip dans la neige..."
Peut-être cela peut s'arranger en fluidifiant l'enchaînement ou en diminuant le comique de la scène. Après tout, si Amadeus doit juste risquer sa vie en ayant froid, il suffit qu'il se mette en tee-shirt, non ?

Aussi, la dernière scène fait intervenir de manière express une information qui ne prête pas au rythme. En quelques lignes, j'apprends qu'Amadeus et le scooby-gang va essayer de piéger Adèle pour l'interroger sur Suihei ! Et c'est que maintenant que j'en entends parler ? Après, peut-être que je l'ai raté...

Et puis, peut-être que je chipote là (mon chat me le reproche souvent), mais cette dernière scène était aussi assez frustrante. Quand je vois qu'Amadeus est sur le point de dire quelque chose d'importance à Na, je m'attendais VRAIMENT à ce qu'il parle du fait qu'Estelle soit dans l'association des Gourmets. Je veux dire, qu'a-t-il fait de cette information ?? Rien du tout ? Depuis le dernier chapitre ou ce plot point a été introduit, je m'attendais vraiment à quelque chose et... plus rien. On dirait que c'est caché sous le tapis pour le moment.
Alice_Lath
Posté le 24/03/2021
Aaaah, merci, ça va faire zarb, mais... Frappe-moi huhu <3 nan, plus sérieusement, je commence les corrections, donc ça va vraiment m'aider, merci !
Hahahaha je t'avoue que dès que je lis ton paragraphe sur "Et tout ça parce qu'Amadeus courrait en slip dans la neige", j'éclate de rire hahahaha effectivement, ça part de là, je vais voir comment je peux fluidifier ça.
Nan nan, ils vont bien tenter un truc, mais je vais repréciser aussi, pour que ça fasse moins "huge"
Et pour l'info... who knows haha, mais je note
Btw, tu fais quoi à ton chat pour qu'il se plaigne que tu le chipotes ?
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