Chapitre 11

Enola resta tout le reste de la journée dans sa chambre, mi-interloquée, mi-effondrée.

Elle fit une recherche sur les fugues de jeunes enfants, mais elle n’y croyait pas : jamais son frère ne serait parti de son plein gré. Enola le connaissait bien, elle le savait. Elle abandonna donc cette possibilité.

Elle finit par prendre une décision qui, sur le coup, pouvait paraître évidente, mais qui, plus tard, se révélerait inepte… C’était une décision que son père n'aurait pas approuvée si, un jour  béni, il n'avait pas été sous l'emprise de l'alcool. Mais il ne le saurait pas…

Elle prépara le strict minimum dont elle aurait besoin, ouvrit la fenêtre de la chambre, et regarda en bas. Elle se trouvait au premier étage. C’était sûrement un saut de trois mètres, tout au plus. Ce ne serait pas très difficile…

Et elle sauta, avant de se mettre à courir en direction d’une maison qu’elle avait repérée, vide, et qui se trouvait à la sortie de la ville.

*

À force d'insister, elle finit par retrouver cette maison abandonnée qu’elle avait aperçue quelques jours plus tôt, et elle s’y installa. La maison était vide, vieille, pleine de poussière… Mais elle n’avait pas le choix : ici, elle serait au calme pour travailler, et réfléchir.

C’était une maison sans étage et branlante, aux briques polies par le temps, mangées par une végétation brune qui s’infiltrait par toutes les multiples fentes dans les murs. Ces briques, qui au départ avaient sûrement été blanches, étaient devenues grises, presque noires. De loin, on aurait dit que cette maison était une cabane hantée par des fantômes et des loups malveillants.

Mais, encore une fois, Enola n’avait pas le choix : son oncle la surveillait trop et lui imposait un rythme de vie qui ne lui permettait pas d'user de son temps à sa guise, alors qu’ici, elle était seule, au calme, et presque collée à l'enseigne « Le pain frais, c’est chez Didier ! », c'est-à-dire à la bâtisse louée par l' « Association pour animaux de la ville ».

Elle prit son ordinateur portable, qu’elle avait emporté pour faire des recherches, sans succès. Elle reçut alors une notification sur son téléphone portable. Son oncle l’appelait. Elle répondit, et expliqua qu’elle se trouvait temporairement dans une maison vide et tranquille pour travailler, qu’elle reviendrait dans une semaine, et qu’elle avait pris tout ce dont elle aurait besoin durant cette semaine.

Son oncle, qui devait être bien plus laxiste que son père, accepta, et raccrocha tout net.

Enola ouvrit l’application bloc-notes pour se noter une sorte de compte-rendu de sa petite avancée et de ses découvertes.

- La présumée association d’animaux semble en avoir tués, et en enfermer et en capturer dans toute la ville : pour en faire ? (QUESTION 1)

- Mon frère disparaît sans raison, peu après qu’un vieillard soit venu chez moi pour me frapper. Pourquoi mon frère a-t-il disparu ? Enlèvement ? Et QUI est ce vieillard? (QUESTIONS 2 et 3).

=> HYPOTHÈSES :

- Mon frère a disparu parce que le vieillard et sa clique l’ont enlevé.

- Le vieillard est le « PDG » de l’association.

- QUESTION 1 : Je ne sais pas.

 

Le lendemain, Enola se promit d’aller dans la maison qui « accueillait officiellement » l’association « pour » animaux de la ville.

 

À partir de maintenant, chaque détail allait devenir important.

À partir de maintenant, Enola se glissait dans la peau d’une enquêtrice.

À partir de maintenant, chaque minute allait compter…

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