Chapitre 10 - La Fiancée

Par Soah
Notes de l’auteur : Le chapitre 10 de la Reine des Corbeaux ! Sa sortie est assez rapprochée du 9ème - je suis désolée si ça bouscule un peu vos PAL ! J'espère qu'il vous plaira ! :)

Les yeux mi-clos et écoutant la conversation d'une oreille distraite, je soufflai sur le thé qui m'avait été servi. J'avais soigneusement évité les pâtisseries que l'on m'avait proposées : elles étaient bien trop sucrées à mon goût. Je l'avais appris à mes dépens dés le premier après-midi où, j'avais été invitée à prendre une collation en compagnie du prince et de sa future promise. Contrairement aux gens de Méridionne, le peuple des Os n'aimait guère les douceurs. Nous préférions de très loin la saveur d'une carcasse de biche rôtie ou d'un poisson fraîchement pêché en mer. Pourtant, par pure politesse, Jens picorait de temps en temps une tartelette à la bergamote et aux agrumes. À vrai dire, la nourriture et les boissons chaudes ne l'intéressaient pas vraiment. Mais cela ne m'étonna guère : il ne devait plus y avoir de place dans son estomac, puisqu'il buvait littéralement les paroles de la princesse Cenerina tandis qu'il la dévorait des yeux. 

— Lady Nå, pourriez-vous me parler un peu de vous ? Comment est votre vie au château en tant que... Corbeau, c'est bien cela ? 

Ce n'était pas la première fois que la jeune Méridionnaise essayait de m'amener à parler de mon quotidien en tant qu'ombre du roi. Cependant, à chaque fois qu'elle avait tenté d'orienter la conversation dans ce sens, son chaperon ou la mère de Jens détournait immédiatement le sujet vers autre chose. Mais, pour la première fois de la semaine, nous n'étions que tous les trois. Lady Agn n'était sans doute pas étrangère à ce fait. Je reposai ma tasse de thé avant de croisé les mains devant moi. Aussitôt, la princesse concentra son attention dessus, observant avec une curiosité avide les tatouages rituels qui ornaient mes phalanges. 

— Il n'y a pas grand chose à dire votre Altesse, répondis-je avec un léger sourire, et il y a des choses que je ne puis vous dire. Ou que je ne peux révéler devant mon seigneur. 

— Oh s'il vous plaît, je vous en prie. J'ai déjà essayé maintes fois de questionner la dame Corbeau qui séjourne au château de Méridionne, sans qu'elle ne me dise quoi que ce soit. Je connais uniquement son nom... 

— Si le dauphin m'y autorise, je pourrai éventuellement vous parler un peu de moi. 

Mon regard glissa vers Jens. Il me considéra avec des yeux ronds puis son intérêt bascula à nouveau vers Cenerina. Tout son corps se tendit un peu plus, il essuya ses paumes de mains – sûrement moite, sur son pantalon. J'aurai très bien pu répondre sans son aval. Avec ma reine nous avions déjà abordé ce genre de détails et je savais parfaitement ce que j'avais le droit d'évoquer. Néanmoins, le mettre en difficulté avait une saveur exquise, comme celle de la revanche. Un sentiment étrange, car je n'étais pas en colère contre lui. 

— Je suppose que quelques anecdotes ne feront de mal à personne. Vous pouvez parler, Nå. 

— Très bien monseigneur... Que devrais-je choisir... ? 


Je fis mine de réfléchir, observant avec malice la princesse. Si j'eus été un garçon, je supposais que moi aussi, j'aurais été en émoi devant elle. Cenerina était d'une exquise beauté. Ses manières gracieuses soulignaient à merveille son apparence presque fragile. Lorsqu'elle riait, ce qui lui arrivait souvent, son nez se fronçait d'une façon tout à fait charmante. Elle était intelligente sans faire étalage de ses connaissances. Son esprit ne semblait pas être dévoyé par la politique et les affres de cette dernière. Elle avait fait jusqu'alors preuve d'une honnêteté presque naïve lorsqu'on l'interrogeait sur sa personne ou son quotidien. La pousser à croire que nous étions amies serait facile. Peut-être trop facile. 

— Comme bon nombre de Corbeaux, je ne suis pas née à la capitale mais dans un petit village. Et comme beaucoup d'apprentie, avant d'entrer au service de la couronne, je ne savais ni lire ni écrire. Inutile de dire que je n'avais guère eut le loisir de m'exercer à l'art de la conversation ou de la danse, par exemple. 

— Oh, je vois. Comment s'appelait votre village ? 

— Sessrùn, votre majesté. C'est un endroit si petit qu'il ne figure même pas sur une carte. C'est une chose courante lorsque l'on se perd dans le nord du pays, répondis-je poliment. 

— Nå est même la première de son village à pouvoir porter les ailes des Corbeaux, intervint Jens. 

— C'est vrai ? Votre famille doit être très fière de vous ! 

Pour toute réponse, j'esquissai un sourire et inclinai la tête. Le prince sensible à mon inconfort amena la conversation sur les différences géographiques entre notre pays et Méridionne. La princesse s'extasia presque lorsqu'il évoqua le fait que le royaume des Os était recouvert de neige et de glace la plupart de l'année. Cenerina n'avait jamais vu la neige, pas une seule fois de sa vie : dans les terres du sud, le printemps et l'été semblaient être les deux seuls saisons que les Dieux avaient créées. 

— Vous aimez la neige, lady Nå ? demanda-t-elle en reportant à nouveau son attention sur moi, les joues un peu rouges. 

— Elle ne me déplaît pas. Je suppose que j'y suis habituée. Là où je suis née, le printemps est encore plus tardif qu'à la capitale. 

— Oh comme j'ai hâte de découvrir tout cela. Je suis certaine que cela sera follement amusant ! 

Un petit rire s'échappa de sa gorge blanche. Jens se mit à rougir comme une pivoine en été. Sa réaction me pinça le cœur.

— Je suis certain que vous apprécierez la capitale, Dimër est une très belle ville. Le jardin d'hiver du palais est en endroit qui, je pense, vous plaira tout particulièrement, déclara Jens avec un grand sourire. 

Je me renfrognai un peu plus. Le jardin d'hiver était l'endroit dans lequel nous passions du temps ensemble, lui et moi. Notre point de rendez-vous originel, la vieille cabane qu'il avait construite, avait été réduite à néant par les hivers et la pluie, mais nous l'avions remplacer en occupant les sièges en osier de cette serre. Cependant, je supposai que c'était un changement normal et nécessaire. Comme l'avait dit lady Agn il y a quelques jours, nous n'étions plus des enfants. Un jour, Jens accéderait au trône et il aurait la tache difficile de faire perdurer le royaume et notre culture. Pour ce faire, il faudrait bien que Cenerina entre dans sa vie et donc, dans la mienne. Quand bien même cela ne me faisait guère plaisir. 

Soudainement, on toqua à la porte. La suivante de la princesse s'avança dans la pièce, un demi-sourire sur les lèvres. 

— Je suis désolée de vous interrompre mademoiselle, cependant il est l'heure de votre leçon de clavicembalo. Votre père le roi a précisé que vous ne deviez pas négliger vos études, dit-elle en baissant la tête humblement. 

— Vous avez raison Maria, je m'amuse tellement en compagnie de mes nouveaux amis que j'en oublie mes obligations, répondit Cenerina en riant. 

La mélopée cristalline qui s'échappa de sa gorge m'irrita profondément tant et si bien que je sentis mes lèvres tressaillirent alors que je m'employais à maintenir mon sourire. 

— Puis-je prendre congé ? continua-t-elle en se tournant vers Jens. 

— Je vous en prie. Ne délaissez pas vos devoirs pour nous, déclara-t-il en se levant brusquement, l'invitant de faire de même d'un geste de la main. 

La princesse se leva à son tour, effectua une profonde révérence qui laissa voir la naissance de sa poitrine au travers de l’échancrure de sa robe et s'en alla, sa domestique à sa suite. Jens la regarda partir et une fois que la porte fut refermée, il se laissa retomber sur sa chaise en poussant un soupir rêveur. 

— Elle est merveilleuse, tu ne trouves pas ? dit-il en tournant la tête vers moi. 

Dans son regard, il existait une lueur que je n'avais encore jamais vu. Un éclat qui m'était inconnu. Je me laissai aller contre le siège de mon fauteuil. Puisque nous n'étions plus que tous les deux, je n'avais pas besoin de maintenir la distance polie qui était exigée entre nous par le protocole. 

— Je suppose, répondis-je d'une voix presque lasse, si elle te plaît à toi c'est le plus important. Mon avis importe peu. 

— Ne dis pas ça, ton avis compte beaucoup pour moi. N'est-ce pas Basil ? Et toi, tu l'aimes bien la princesse Cenerina ? 

Il tourna la tête vers son chien. L'animal heureux d'avoir enfin un peu l'attention de son maître se releva sur ses pattes, battant frénétiquement de la queue. Il posa sa petite bête sur un des genoux de son maître. Basil était surtout heureux d'avoir un peu d'attention. Lorsque la princesse était dans une pièce, même lui n'arrivait plus à capter le regard de Jens. 

— Je ne doute pas de l'affection que Basil peut lui porter, dis-je avec un brin de cynisme dans la voix. 

— Ne te moque pas de moi, espèce d'oiseau de mauvais augure, répondit-il d'une voix rieuse tout en caressant vigoureusement son chien. 

— Dis moi... qu'est-ce qui te plaît tant chez elle ? le questionnai-je avec sérieux. 

Le rictus presque béat de Jens s'estompa petit à petit et il se mit à froncer légèrement les sourcils. Il relâcha Basil avant de reporter son attention sur moi. Il hésita encore pendant quelques secondes avant de prendre la parole. 

— Ma foi, elle est... Incroyablement belle. Je crois que je n'ai jamais vu une fille aussi plaisante à l'œil. Son sourire est également ravissant. Son rire est plus que charmant et je dois t'avouer que j'aime tout particulièrement la manière dont son nez se fronce.

Il passa une main dans sa nuque et dans les mèches les plus longues de sa chevelure tandis qu'il s'exprimait sur le sujet. Un tic qu'il avait lorsque l'embarras lui étreignait le cœur. Il se mordit légèrement la lèvre inférieure. J'en étais certaine à présent : il était amoureux d'elle. Ma gorge se serra un peu. Mon cœur se mit à battre moins vite. J'avais froid alors qu'un feu brûlait dans l'âtre de la pièce.

— Tu ne trouves pas que c'est un peu superficiel tout ça ? bougonnai-je. 

— Ma foi, tu sais... Si je dois passer ma vie avec une personne, autant que celle-ci me plaise physiquement, non ? 

Même si je savais que cela n'était pas nécessairement faux, je ne pouvais m'empêcher de trouver cela incroyablement injuste. Je n'avais pas d'avis particulier sur la princesse, mais j'estimai qu'elle méritait mieux que d'être résumé à son minois – aussi joli fut-il. Jens dut sentir mon regard réprobateur sur lui et poussa un soupir avant de se lever. 

— Je suppose que le reste viendra avec le temps. Si les négociations arrivent à leurs termes, Cenerina viendra dans environ dix mois au royaume et nous ne serons pas mariés avant l'année suivante. J'aurai tout le temps nécessaire pour apprendre à aimer sa personnalité. 

— Je l'espère pour toi, ô grand séducteur. 

— Par les Anciens, cesse donc de te moquer de moi. Tu n'auras jamais à connaître les désagréments d'un mariage forcé ou consentis, estime-toi heureuse !

Sa remarque me frappa de plein fouet. Il réalisa sans doute la méchanceté de ses paroles, mais il était trop tard pour s'excuser ou les reprendre. Sans un mot, je me levai et portai un regard neutre sur lui. Nous nous étions déjà querellées par le passé. Pour des petites choses, des broutilles ou des sottises d'enfants. Mais jamais encore, nos disputes m'avaient laissé un goût amer dans la bouche.

— Votre Altesse à raison. Je m'excuse platement et je vais de ce pas méditer sur vos paroles, dis-je en détachant soigneusement chaque syllabe. 

— Nayla, attend ! Je... 

D'un regard, je coupai son élan pour me répondre. Il semblait être sincèrement confus, cependant le mal était fait. J'avais beau ne pas rêver de romances, savoir que ce genre de choses ne m'étaient pas destinées... Je n'aurais jamais le droit d'avoir une autre famille que celle que m'offraient les Corbeaux. Et cela devrait m'être amplement suffisant. Ce l'était amplement, mais lorsque je songeai parfois à Trystan, ce que l'on m'interdisait se rappelait à moi. Contrairement à lui qui menait une vie libre mais jalonnée de responsabilité, la mienne ne m'appartenait plus depuis longtemps. D'habitude, lorsque nous nous disputions, je m'autorisai la faiblesse de le pardonner, mais pas cette fois. La douleur dans ma poitrine était bien trop vive et la bile sur ma langue, bien trop aigre. 

Je tournai les talons et quittai la pièce. Son regard m'accompagna jusqu'à ce que la porte se referme derrière moi. Une fois seule, je relâchai mes épaules et poussai un profond soupir. Tout ça à cause d'une femme. Sa future femme. La brûlure dans mon cœur s'accentua un peu à cette pensée. Je la chassai tant bien que mal, sans grand succès. Je décidai de retourner dans mes appartements. Une lettre de Claire, devenue Klæ, m'y attendait depuis ce matin. Avoir de ses nouvelles me changerait assurément les idées. 

Même dans les étages, les couloirs de la demeure étaient d'un calme presque religieux en cette après-midi. La mélopée du clavicembalo de la princesse Cenerina était la seule chose que l'on pouvait entendre. Sa majesté le roi avait décidé d'emmener les représentants masculins de Méridionne à la chasse. Le cortège d'hommes, de chevaux et de chiens étaient partis tôt ce matin, bien avant que l'aube ne soit née. L'épouse du roi ainsi que Lady Agn avaient été également conviée. Cette partie de chasse n'était ni plus ni moins qu'une façon d'amener les négociations des fiançailles d'une manière plus détendue. Bromn m'avait demandé s'il pouvait se joindre au cortège, je lui avais donné mon accord avec grand plaisir. 

D'après les bruits de couloirs et les murmures de chambre que j'avais entendus, il subsistait un point sur lequel les deux pays n'arrivaient pas à se mettre d'accord. Un détail d'une importance capitale : l'avenir de Méridionne. La princesse Cenerina était la seule héritière du pays et bien qu'il faille qu'elle épousât un bon parti parmi la royauté des autres contrées, son souverain de père ne souhaitait pas qu'un étranger devienne le prochain monarque de sa très chère patrie. Un choix que respectait bien évidemment mon roi en vue de nos croyances. Le sang d'une personne extérieure aux Os ne sauraient nous gouverner. J'imaginai sans peine qu'il en allait de même pour toutes les autres nations de ce vaste monde. 

— Pourquoi est-ce que cette affaire n'est pas encore réglée ?!

Le rugissement provenait du couloir où Lady Agn et moi séjournions aux côtés de la famille royale. Cette voix masculine m'était familière, elle appartenait au frère aîné de Jens : le prince Micah. Sa présence me surprit : le second dauphin n'avait pas voyagé avec nous jusqu'ici lorsque nous étions arrivés. Néanmoins, il était le fils préféré de l'épouse royale et elle n'aimait guère être séparée de lui pour une trop grande période. Les négociations commençant à s'étirer dans le temps, lady Joanna avait probablement fait apprêter une calèche pour que son rejeton favori puisse la rejoindre pour la soirée en toute discrétion. 

— J'ai presque dix-huit ans, vous vous rendez compte ?! DIX-HUIT ANS ! Et je n'ai toujours pas d'épouse ! Ou même de titre ou de province sous mes ordres ! continua-t-il avec la même rage. 

Un craquement sinistre de bois sec se fit entendre. Dans un geste d'humeur, il avait sans doute cassé un élément du mobilier. Le caractère tempétueux du prince Micah était à l'origine de la richesse de nombreux ébénistes de la capitale. 

— Je sais mon chéri, je sais... J'ai beau demander à ton père de te trouver la partenaire idéale, il s'y refuse pour le moment. 

La voix mielleuse de la reine s'éleva. Elle avait sans doute refusé l'invitation de son époux pour pouvoir converser avec son fils. Lady Joanna n'était pas très impliquée dans la négociation des fiançailles de son cadet. La partie de chasse d'aujourd'hui était le moment idéal pour recevoir de la compagnie : Jens et moi étions supposés être en compagnie de sa promise et le manoir était presque vide. Personne ne saurait jamais rien de cette visite impromptue. Je me risquai à m'avancer un peu plus. La porte était légèrement ouverte. Au travers de la minuscule fente, je vis les débris d'un fauteuil sur le sol et le prince faire les cent pas. Sa très noble mère était assise sur le lit.

— Que veut-il de moi ? J’excelle dans les arts de la guerre. Tous mes professeurs sont élogieux à mon sujet. Je serais un bien meilleur héritier que Jens ! Je mérite sa place... Non, elle me revint de droit ! Je suis l’aîné par le Sang ! 

— Tu sais bien que ton père ne discute pas de ce genre de sujets avec moi... répondit-elle en poussant un lourd soupir, il préfère discuter de ça avec lady Agn.

— Si j'étais mon père, jamais je ne laisserais les Corbeaux avoir autant d'importance ! J'écouterais ma reine plutôt que ces putains ! 

Je l'entendis cracher au sol. 

— Tu dis cela uniquement parce que tu es en colère. Une certaine jeune fille en noir te rend bien service lorsque tes draps sont froids, mon fils. 

— Comment... 

— Comment est-ce que je le sais ? Voyons, une mère sent ce genre de choses, voilà tout. 

Il poussa un petit soupir amusé avant de prendre place dans un fauteuil de la pièce. La tension sembla retomber. Je ne fréquentais que très peu le prince Micah, mais je connaissais sa réputation forgée aux grès de ses colères. Les deux frères étaient comme le soleil et la lune ; l'huile et l'eau ; le vent et la terre.

— Est-ce que Jens a déjà.... demanda-t-il après avoir ricané.

— Non, bien sûr que non ! À part son stupide chien et les livres, cet idiot ne s'intéresse pas à grand chose. Je ne suis même pas certaine qu'il s'intéresse aux choses de l'amour !

Un rire, presque méprisant, s'échappa de la gorge de la souveraine. Son exclamation fit naître un frisson désagréable qui dégringola tout le long de mon échine. 

— Enfin, cela viendra peut-être... Il a l'air particulièrement intéressé par cette Méridionnaise. Je mettrais ma main au feu qu'il s'est déjà épris d'elle, conclut-t-elle après avoir bu une gorgée de vin.

Vous ne croyez pas si bien dire votre Majesté, pensai-je avec une légère pointe d'ironie tout en me remettant en route vers ma chambre. Je n'apprendrai sans doute rien de plus de cette conversation. Tout du moins, rien que je ne savais déjà ou qui pourrait être intéressant aux yeux de lady Agn. Et les quolibets de piètres qualités ne m'intéressaient guère. 

— C'est amusant, je pensai qu'il était sous le charme de l'apprentie d'Agn. Ils sont tout le temps fourrés ensemble. Et elle est loin d'être laide. 

— Figure-toi que pendant un temps, moi aussi j'ai craint qu'il ne s'amourache d'elle. Fort heureusement il semblerait que ce ne soit pas le cas. Et je doute que lady Agn voie d'un bon œil ce genre d'amourette au sein de sa volière. Surtout, s'il s'agit de son héritière. D'ailleurs... À ce propos... 

L'épouse du roi marqua une pause dans sa phrase. Dans l'interstice de la porte, je vis Micah se tourner vers elle, l'invitant sans la moindre parole à poursuivre sa phrase. 

— L'Enchère de la gamine n'a pas encore eu lieu contrairement à d'autres jeunes Corbeaux, dit-elle avec un sourire félin. 

 

 

*

 

 

J’attendais avec impatience le retour de lady Agn. Le crépuscule s'étalait déjà paresseusement sur la lande voisine et le cortège des chasseurs n'était toujours pas réapparu. Même le bain chaud dans lequel j'avais trempé une bonne partie de la fin d'après-midi n'avait pas réussi à apaiser le fourmillement des questions que j'avais dans la tête. Il y avait bien entendu les affaires concernant les fiançailles royales, mais aussi des questions plus personnelles. Cette histoire d'Enchère me trottait dans la tête. On ne m'avait jamais parlé de quelconque rituel ou événement de ce nom-là. Et s'il y avait bien une chose que je ne supportais pas, c'était de rester dans l'ignorance.

Le dîner fut servi malgré l'absence des traqueurs. L'épouse du roi avait préférer se retirer dans sa chambre. Le frère du prince héritier était probablement encore avec elle ou avait choisi de repartir à Dimër avant la nuit en toute discrétion. Ainsi, je me retrouvai à faire la conversation à quelques nobles Mérdionnais qui n'avaient pas participer à la chasse tandis que Jens et sa future promise se murmuraient quelques douces paroles. Cenerina gloussa joyeusement, attirant l'attention des dignitaires étrangers. Quant à moi, son gazouillis eut le don de me mettre les nerfs en pelote. Bien entendu, la conversation de mes voisins de table s'orienta vers le sujet du futur couple. A la fois pour mon plus grand bonheur et désarroi ils se mirent à discuter en Méridan. Bien que je n'étais pas mauvaise en langue vivante, ma maîtrise de celle-ci était loin d'être parfaite. Je compris sporadiquement quelques revers de la conversation, sans pour autant pouvoir y participer ou être certaine des informations glanés. Ce qui était à la fois reposant et atrocement frustrant. 

— Messire Jens semble apprécier la compagnie de la nubile Cenerina, commenta Victoria Conti en picorant du bout des lèvres son poisson. 

— La réciproque semble être de mise, répondis-je après avoir bu une gorgée de vin. 

Du coin de l'œil, je pouvais voir que mon ami était aux anges en compagnie de sa dulcinée. Il ne m'avait pas accordé un regard depuis le début du repas. Ce constat me laissait presque amer. La duchesse se pencha vers moi, m'invitant à converser d'une manière plus intime. 

— Je suis désolée de vous poser cette question très chère, mais pourriez-vous me parler de la relation que vous entretenez avec sa majesté le prince ? 


Cette question semblait être contagieuse aujourd'hui. Bien que cette interrogation me contraria, je n'en montrai rien. Un sourire poli étira mes lèvres. 

— Je n'ai qu'une sincère amitié envers son Altesse, ainsi qu'un profond respect, répondis-je, je ne fais qu'accomplir mon devoir en tant qu'héritière de ma reine. 

— Vous m'en voyez rassurée. Non pas que j'avais quelques doutes quant à la nature de vos liens. Cependant, les mœurs de notre pays sont... Différents des vôtres. 

— Ne craignez rien. Bien que notre nation soit plus libre sur certains sujets de société, j'ai ouï dire que sa majesté l'épouse du roi a tenu à ce que ces fils reçoivent une éducation éclectique, notamment sur le plan religieux. Cependant d'après les récits de la princesse Cenerina, il me semble qu'une Corbeau séjourne à la cour du roi. Elle n'est pas donc pas sans connaître certaines de nos traditions, tout du moins, je l'imagine. 

— En effet. Cependant, vous conviendrez que la trahison est un sentiment universellement abhorré.

Le sourire de la Conti me glaça presque le sang. Je réalisai brutalement qu'elle était faite du même bois que Joanna d'Ys. Elle était un animal politique redoutable, un requin dans cet océan tandis que je n'étais encore qu'un petit poisson. Je lui rendis son expression, feignant la naïveté. Parfois, il fallait savoir faire le dos rond face aux créatures qui pouvaient nous détruire lorsque l'envie les prenait. L'émissaire allait ouvrir la bouche, sans doute pour porter le coup de grâce ou relancer la conversation, lorsque la grande porte du salon s'ouvrit en grand. Le rire de mon roi résonna dans toute la pièce. Il était couvert de boue et quelques taches de sang maculaient son pourpoint en cuir. Lady Agn était à ses côtés dans sa tenue noire de cavalière. Aussitôt, je me levai et baissai la tête en signe de respect. Les autres convives firent de même.

— Nul besoin d'autant de formalités mes amis, déclara-t-il en retirant ses gants. 

— Avez-vous fait bonne chasse, messeigneurs ? demanda la duchesse Conti avec une légère révérence. 

— Plus que bonne. Nous avons pensé un très bon moment dans les forêts. Tant et si bien que nous rentrons bien après le soleil ! S'amusa le diplomate Méridionnais qui avait accompagné le roi. 

— Pour sûr ! Il faut se méfier de cet homme-là vous autres ! D'une flèche, il a pourfendu un des plus gros solitaire quartanier de la forêt. Vous auriez dû voir ça. Demain nous mangerons la bête et festoierons pour remercier les dieux d'une telle prise. 

Le roi s'avança vers sa place vide à table, se servit une coupe de vin qu'il but d'une traite. Il se tourna ensuite vers son fils. Un sourire franc dévoila ses dents, animant son visage. Les autres personnes qui étaient parties avec le cortège des chasseurs s'avancèrent à leur tour dans la pièce. Lady Agn se plaça près de moi. Bromn me salua d'un geste de la main et avec un sourire. Il était couvert de boue et de sang lui aussi. Le roi se resservit un nouveau verre, mais cette fois-ci, il la tendit dans la direction du prince. 

— Mon fils, mon sang. Tu vas... Par les Os. Où est donc ta diablesse de mère ? Demanda-t-il après avoir remarqué l'absence de son épouse.

— Votre très gracieuse épouse ne se sentait pas très bien, sire. Elle a choisi de dîner dans sa chambre, répondit une personne dans l'assemblée. 

— Ah. Ce n'est guère important. J'irai m’enquérir de son état de santé plus tard. Après tout, tu es bientôt un homme. Et un homme n'a pas besoin d'être couvé par sa mère ! N'est-ce pas ? 

Les hommes de l'assemblée se permirent de rire à la déclaration du roi. Homme ou enfant, mâle ou femelle, une personne avait toujours besoin de l'affection d'une figure maternelle, songeai-je presque bougonne. Je n'appréciai guère l'épouse de mon roi, je ne pouvais le nier. Cependant, je n'appréciai pas la légèreté avec laquelle il se permettait de parler d'elle. Je tournai la tête légèrement dans la direction de lady Agn, cette dernière ne semblait pas approuvé cette attitude également.

— Père, vous souhaitiez me dire quelque chose ? avant que l'absence de mère ne vous arrête j'avais l'impression que vous sembliez être près à faire une déclaration, articula poliment Jens, une fois le silence retomber dans la salle. 

— Par les Dieux, heureusement que tu as la tête sur les épaules, fils ! Le bonheur me ferait presque oublier le plus important ! 

Le vin coula pour la troisième fois de la carafe à sa coupe de métal argenté. Et pour la troisième fois, mon souverain la reposa presque aussitôt sur la table en bois, vide. L'odeur âprement sucrée de l'alcool commença à envahir la salle. 

— Mon fils. J'ai la grande joie de t'annoncer, tu vas épouser la délicieuse enfant qui se trouve à tes côtés ! Nous sommes arrivés à un accord, te voilà donc fiancé ! Et dans l'année prochaine, vous serez mariés ! 

Le roi s'avança vers son fils et posa ses deux grandes mains sur ses épaules. D'un geste, il le souleva presque et le plaqua contre sa large poitrine, ébouriffant ses cheveux tandis qu'un rire tonitruant sortait de sa gorge. La salle s'anima dans une exclamation de joie sincère. Les diplomates des deux pays s'embrassèrent copieusement sur les joues, une tradition de Méridionne, avant d'aller congratuler la future épouse. Servants et servantes partageaient également l’allégresse du moment présent, riant en offrant plus que de raison boissons et victuailles. Je croisai le regard de Jens, il me sourit juste avant de reporter son attention sur Cenerina. Au milieu de ce comité en liesse, pour la première fois de ma vie, je me sentis seule. 

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Zig
Posté le 17/04/2020
"Un sentiment étrange, car je n'étais pas en colère contre lui. " : Ca s'appelle la jalousie ça, gamine... tu verras c'est un peu amer et ça ne fait pas du bien par où ça passe.

"Si j'eus été un garçon, je supposais que moi aussi, j'aurais été en émoi devant elle" : Mais c'est très hétéronormé ça dites moi ! Si nous n'avions pas été en focalisation interne je t'aurais tapé un peu sur les doigts, mais il me semble évident - au vu de la société dans lequel le perso évolue - que la remarque est liée à son éducation et à sa vision générale et bien rangée du monde.
Ça passe pour cette fois :p

En tout cas, on sent bien les conflits qui se mettent en place, et ça pue du cul, cette histoire d'enchère (pour le perso, pas pour nous... gnyark gnyark).

On voit doucement approcher la catastrophe et je sens que la malheureuse petite ne va pas connaître la paix pendant un moment...
Soah
Posté le 17/04/2020
Non mais tu as raison, parce qu'après tout, après j'ai des personnages qui ne sont pas binaires... Donc, je pense que je devrais changer cette remarque un peu trop hétéronormé - réflexe bête, méchant et surtout nul.

Les conflits commencent à s'articuler, oui ! :D
Et l'Enchère... On va dire que j'étais plus rouge qu'un feu de signalisation ! xD Bref !

Il y a encore un peu de temps avant que le pay-off de tout ça arrive, mais j'ai hâte que tu y arrives :'>
Même s'il va me falloir que je presse de publier la suite... xD
Alice_Lath
Posté le 08/04/2020
Aaaah, les affres de l'adolescence... Enfin, mon petit doigt me dit que cette histoire de mariage n'est pas prête de se passer comme prévu huhu. Et pour l'Enchère, après m'être longuement intéressée aux coutumes des geishas, je pense que je me fais une idée de ce dont ils parlent. Brrrr, j'espère que Mycah ne va pas oser tremper là-dedans, si je puis le dire, huhu Enfin, j'ai beaucoup aimé les pions que tu as déployés ces deux dernières parties et ce que je crois apercevoir du jeu me plaît beaucoup. Difficile d'en dire plus pour le moment
Soah
Posté le 09/04/2020
:'> la joie d'avoir un personnage qui a le roller-coster des hormones !
Je ne vois pas duuuu tout pourquoi tu penses que ça ne se passera pas comme prévu. Pas du tout.
Micah, on va pas parler de lui, ça risque de fâcher les foules ! xD
Je suis vraiment curieuse de voir comment tu vas percevoir le pay-off de cette fin de partie 1 :p
PetraOstach - Charlie O'Pitt
Posté le 05/04/2020
Ouuuh, je ne sais pas trop quoi penser de Nayla vis à vis de Jens ...
On ne sait pas trop si elle ne serait pas en train de tomber de amoureuse ou si elle est vraiment attachée à lui amicalement. C'est un peu étrange... :D Elle qui ne voulait pas tomber amoureuse, j'ai l'impression que c'est raté lol

Quand on voit la manière qu'à Micah de s'exprimer, on peut comprendre que son père ne l'ai pas choisi pour lui succéder. Encore une fois, sa personnalité a bien été installée :)
Soah
Posté le 07/04/2020
C'est une grande question ça, Nayla amoureuse de Jens ou pas. Le reste de l'histoire le dira cela dit :p Mais leur relation, en tout cas est quelque chose de vraiment essentielle dans toute cette partie 1 !

Oui, Micah c'est pas quelqu'un de très... Comment dire, sympathique lorsqu'il est en colère. C'est pas un mauvais bougre, cela dit.
Litchie
Posté le 19/03/2020
Yosh !

Voici pour mes réflexions au fur et à mesure de la lecture :

• D’emblée je suis un peu surprise par l’ellipse. Ça en fait deux en peu de temps et pour le coup au chapitre précédent tu teasais la rencontre entre Trystan et sa promise pour finalement nous en priver, je trouve ça dommage !
• « avant de croisé les mains devant moi » croiser
• « Néanmoins, le mettre en difficulté avait une saveur exquise, comme celle de la revanche. Un sentiment étrange, car je n'étais pas en colère contre lui. » jalouuuuuse
• « mais nous l'avions remplacer en occupant les sièges en osier de cette serre. » remplacée
• « Pour ce faire, il faudrait bien que Cenerina entre dans sa vie et donc, dans la mienne. Quand bien même cela ne me faisait guère plaisir. » je la trouve un peu trop... posée pour une adolecente. Je sais bien que c’est son éducation de corbeau, etc., mais pour une fille présentée comme fougueuse au chapitre précédent, je la trouve un peu trop analytique sur sa propre attitude, alors que dans le même temps elle joue à titiller Trystan (ou Bromn). J’ai un peu de mal à la cerner du coup
• « qui laissa voir la naissance de sa poitrine » elle a quel âge ? Je dirais quatorze ans au minimum, voire seize de préférence ? Ce n’est plus tout à fait une naissance à cet âge-là, si ? Enfin j’imagine que ça dépend des gens, mais du coup là je l’imagine vraiment trèèèès gamine à peine pubère ^^’
• « Contrairement à lui qui menait une vie libre mais jalonnée de responsabilité, » responsabilités :)
• « Tout ça à cause d'une femme. Sa future femme. La brûlure dans mon cœur s'accentua un peu à cette pensée. Je la chassai tant bien que mal, sans grand succès » là je trouve sa réaction bien plus logique ! Mais en opposition avec son côté « analytique » que je soulignais tout à l’heure.
• « J'ai beau demander à ton père de te trouver la partenaire idéale, il s'y refuse pour le moment. » j’ai du mal à comprendre l’objectif du roi, il cherche vraiment à semer la discorde entre ses deux fils ?
• « Au milieu de ce comité en liesse, pour la première fois de ma vie, je me sentis seule. » elle ne se sentait pas déjà seule à son arrivée à la capitale ?

à bientôt !
Soah
Posté le 22/03/2020
Piou piou ! : )

Merci d'être là <3
Du coup, pour l'élipse, je pense que c'est une réaction que j'ai eu vis à vis d'une remarque qu'on m'avait fait sur Givre où j'avais tendance à aligné les chapitres avec le temps qui passait. Je réajusterais peut-être les choses lorsque je ferais mes corrections de la partie 1 :)

Je note tes remarques quant au fait que Nå soit trop posée !
Pour les âges, actuellement Jens/Trystan a seize ans et Nayla a plus ou moins quinze ans. Cenerina est plus âgée et a dix-sept ans. Micah, lui a dix-huits ans.

Pour le roi, je pense qu'il est sévère avec son fils aîné parce qu'il a en lui la même violence/passion qui habitait son propre paternel. Donc, il adopte un comportement un peu frustrant, c'est vrai... Mais comment dire, le bon roi du pays des Os, il est un peu trop oisif pour se rendre compte de ce genre de choses. Pas sa femme... :)

Nayla a toujours été entourée depuis le début : Sa mère, puis Yda, puis Klæ et Trystan... Au final, elle ne s'est jamais réellement retrouvée isolée émotionnellement. c:

A bientôt et merci encore <3
AudreyLys
Posté le 19/01/2020
Coucou ! J’ai mis mon temps et me voilà ! Du coup je vais te faire un retour sur les deux chapitres, mais first les coquilles du chapitre 10 :
>avant de croisé les mains devant moi. -> croiser 
>Il n'y a pas grand chose à dire votre Altesse-> Votre
>Si le dauphin m'y autorise, je pourrai éventuellement vous parler un peu de moi. -> le Dauphin, je pourrais
>Sessrùn, votre majesté-> Votre Majesté 
>il aurait la tache difficile -> tâche
>L'animal heureux d'avoir enfin un peu l'attention de son maître se releva sur ses pattes, battant frénétiquement de la queue. Il posa sa petite bête sur un des genoux de son maître. Basil était surtout heureux d'avoir un peu d'attention.-> répétition, la phrase est assez claire je pense que tu peux mettre directement « l’animal se releva »
>le second dauphin-> ça ne se dit pas
>Mérdionnais qui n'avaient pas participer à la chasse-> participé 
>que vous entretenez avec sa majesté le prince ? -> Sa Majesté 
>Bien que cette interrogation me contraria,-> subjonctif imparfait, contrariât 
>j'ai ouï dire que sa majesté l'épouse du roi-> Sa Majesté 
>Nous avons pensé un très bon moment dans les forêts.-> passé ?
>Il faut se méfier de cet homme-là vous autres ! -> je ne comprends pas à quelle personne cette phrase fait référence, personne n’est spécialement mentionné plus haut 
>Votre très gracieuse épouse ne se sentait pas très bien, sire-> Sir
« Le caractère tempétueux du prince Micah était à l'origine de la richesse de nombreux ébénistes de la capitale. »-> c’est pas une coquille j’aime beaucoup cette phrase^^

Et voilà^^
Bon mon avis : bah j’ai beaucoup aimé ces deux chapitres, je trouve que la scène d’ouverture après l’ellipse rend très bien, et globalement les complots dans les châteaux j’adore, donc je suis contente qu’il y en ai de plus en plus ! Ça fait plaisir aussi de voir Nayla a grandi et est plus sûre d’elle^^
Mais tu me connais j’ai quelques petites choses à redire, des détails qui m’ont dérangée :
D’abord le fait que Nayla oublie sa mère, je trouve ça un peu rapide. Elle avait quoi… 11 ans quand elle a quitté, et il s’est passé genre 3 ans ? D’après mon expérience personnelle (j’ai déménagé à 7 ans et perdu tout contact avec mes amies de l’époque, mais je me rappelle toujours de leur visage) je pense qu’on ne peut pas oublier la seule personne avec laquelle on vivait si vite. Bien sûr tu dis qu’elle ne l’oublie pas, qu’elle commence à l’oublier, mais bon des exemples que tu donnes ça parait déjà trop. Je te conseillerais de mettre un truc du genre « son image s’éloignait de moi » histoire de montrer que effectivement c’est pas non plus tout frais dans sa mémoire.
Deuxième chose toujours concernant sa mère, je trouve bizarre qu’elle s’étonne de ne pas avoir de retour de lettre, sa mère ne sachant pas écrire. Tu n’as pas (il me semble) mentionné la présence d’un écrivain publique à Sessrun du coup je vois mal comment la mère pourrait ne serait-ce que savoir ce qui est écrit dans les lettres. Mais j’ai peut-être raté une info.
Concernant l’utilisation du terme « Dauphin » je t’ai déjà dit ce que j’en pensait dans un précédent com’, mais je trouve que ça rappelle trop l’Ancien Régime, alors que ce n’est pas du tout l’inspiration du Royaume des Os apparemment…

Sinon les choses qui m’ont vraiment plue :
Le fait que Jens soit tombé direct fou de sa fiancée, c’est énervant mais très intéressant du point de vue de l’évolution de sa relation avec Nayla.
Le nom « Méridionne » est très bien choisi et renvoie directement au climat du pays sans même qu’on le connaisse au départ.

Une question : d’où vient le nom de Micah ? Je demande parce que c’est le nom d’un minéral (mais ça s’écrit sans le h) et aussi parce que ça me fait beaucoup trop penser à un perso totalement tertiaire de GoT du coup j’ai du mal à associer ce nom à un prince furieux X’D
Une deuxième question : comment se prononce Na° ?

Je crois que je vais m’arrêter là ^^ Bisouilles !
Soah
Posté le 23/01/2020
Coucou !
Encore merci beaucoup pour les coquilles ! Elles sont un peu trop nombreuses à mon goût, il faut que je me reprennes, ça va pas du tout ça ! è - é Heureusement que tu veilles au grain !!

Je suis contente que l'ouverture et ce qui se passe te plait ! ^--^ d'autant plus que c'est pas terminé ! Les premières intrigues commencent à arriver, et ça va pas finir de s'empiler !...

Quant aux remarques, pour les souvenirs je pense que ça varie beaucoup d'une personne à une autre. Exemple tout bête mais, j'ai perdu ma mère quand j'avais 13 ans et sans les photos pour me rafraichir la mémoire, j'ai oublié son visage très rapidement. Je suis incapable de me souvenir avec précision les visages des gens avec qui j'étais en Master II, il ya 5 ans de ça... ^^" Après, c'est peut-être moi qui n'ait pas une très bonne mémoire. Si d'autres personnes me font cette remarque, je pense que je changerais ça. Merci de l'avoir pointé du doigt :)

Quant au courrier, la mère de Nayla fait partie des rares personnes qui savent écrire au village - un savoir qu'elle n'a cependant pas transmis à sa fille. Elle pourrait donc lui envoyer une lettre. Cependant l'absence de réponse est expliqué quelques chapitres plus loin :)

Pour le mot "Dauphin" je n'ai pas pris le temps de lui trouver un remplaçant - et puis malheureusement, lorsque tu m'avais fait la remarque la première fois, ces chapitres étaient déjà écrits et/ou en cours d'écriture, du coup, je n'ai pas songé à corriger ^^" je suis tête en l'air parfois, désolée !

Je suis ravie que ces choses t'aient plus ! Ca me fait diablement plaisir ! :D

Alors, si je me souviens bien, c'est un prénom nordique - ou la déformation d'un prénom nordique, le Royaume des Os étant fortement inspiré par la culture viking etc. Je l'ai choisi car avec Jens, je trouvais que ça "sonnait" quand même assez... "Français" car, le royaume d'où vient la mère des princes - Joanna, est inspiré de la France ! :)
Nå, je vais pas mentir la plupart du temps, je le dis "na" dans ma tête. Mais le son correct serait entre le a et le eu. Une sorte de "Noa/No-E" ^-^/

Des bisous :D
AudreyLys
Posté le 24/01/2020
T’inquiète pas^^

Bon bah si tu le dis, ça doit être différent pour chacun.
(Et désolé pour ta mère, même si ça fait longtemps)

Je me rappelais plus du tôt que la mère de Nayla savait lire et écrire ! Pour moi si elle savait elle l’aurait forcément appris à sa fille.

Ah XD je fais pareil les noms de mes perso, je les prononce pas du tout comme je devrais. Je note pour Nå !

<3
UnePasseMiroir
Posté le 18/01/2020
Coucou ! J'ai tout fini hier soir, maintenant je dois patienter comme les autres ^^ Ton histoire me plaît beaucoup jusqu'ici !
Le parcours de Nayla (enfin, Na) est très intéressant, et les ellipses passent assez bien, même si sur le coup j'ai été un peu gênée. J'ai l'impression que par ces sauts dans le temps, tu loupe des éléments qu'il aurait pu être sympa de voir ; par exemple, tu as totalement zappé la fameuse pénitence que devait faire Nayla après son escapade... C'est un peu brusque à mon goût, et je trouve que, quitte à faire beaucoup plus de chapitres, se poser et exploser ton univers en détail serait intéressant, car il en vaut le coup ! Mais bref, je pinaille ^^

J'ai bien aimé "redécouvrir" Na un peu plus grande, un peu plus expérimentée, et voir comment ses rapports à son nouvel univers avaient évolué. J'aime particulièrement sa relation avec Trystan/Jens... et j'ai eu de la peine pour Na quand la fiancée débarque et casse tout ! Quand au frère aîné, il m'a l'air d'un bon gros rageux comme on les aime pas !

J'ai hâte d'en savoir plus, en tout cas ! Bisous ! ❤
Soah
Posté le 23/01/2020
Coucou ! :D
Merci encore pour tes retours qui me font très plaisir et du fluflu dans mon petit coeur d'autrice pas douée !
Pour les sauts dans le temps, je voulais surtout éviter d'avoir un enchainements de faits rapprocher, j'avais peur que ça devienne lassant. Mais peut-être que je pourrais intégrer d'autres chapitres. La partie 1 est déjà assez dense, du coup j'ai peur que trop de chapitres tuent un peu la dynamique ? Je verrais, si vous êtes plusieurs à me faire ce retour, j'intégrerais sans doute des nouveautés ! :D

Je suis contente que la relation Nå et Trystan plaise autant ! Quant à Micah, c'est un gros grognon, mais pas que... :p

Des bisous et merci <3
ElegentHerisson
Posté le 12/01/2020
Ha, deux chapitres si proche c'est un pur bonheur ! <3

J'adore la relation entre Trystan et Nayla. J'aime a penser que la relation entre eux est plus profonde que l'amour. Ils ont une très grande complicité et sont très attachés l'un à l'autre et l'amour peut effriter un peut cela. Nayla est la future reine des corbeaux et se doit quelque part de ne pas être amoureuse.

Micah m'intrigue beaucoup, j'aimerais voir des interactions entre lui et Nayla. Je pense qu'il est surtout dirigé par sa mère et qu'il n'a pas vraiment de volonté qui lui est propre mais qu'il doit être une sorte de pantin pour elle. J'aimerais beaucoup voir son comportement évoluer.

J'ai hate de lire la suite ! :)
Soah
Posté le 23/01/2020
Coucou ! :)
Désolée d'avoir mis autant de temps à répondre, je n'étais pas en France et je ne voulais pas faire mes retours avec l'auto-correction du téléphone !

Nayla et Trystan ont une relation très forte pour moi. Un vrai amour platonique. Je pense qu'il y a beaucoup de choses entre eux, mais je ne sais pas si quelque chose de plus "concret" s'installera entre eux.

Micah est un personnage que j'aime beaucoup. Je n'en dis pas plus mais, dans les prochains chapitre, ce dernier à droit à une scène en tête à tête avec Nayla... :p
Sorryf
Posté le 10/01/2020
ça avance bien, j'aime beaucoup la tournure que ça prend ! la petite ellipse est une bonne idée (de combien de temps est-elle ?)
Je ne trouve pas que ça soit nécessaire de mettre un récap des persos et des lieux au début, pour le moment on s'y retrouve bien !
Trystan et Nayla sont toujours mignons ensemble, et ça m'a fait un peu de peine que Trystan tombe si vite amoureux de sa promise. En même temps, je n'arrive pas à la détester, celle là. Est-ce qu'elle est purement naïve ou bien elle joue un jeu, manigance quelque chose ? dans tous les cas je lui laisse le bénéfice du doute. Le frère ainé par contre a l'air d'un vrai relou... mais bon il a été évincé tellement salement !

Je suis a fond dans toutes ces intrigues ! hate d'en lire plus !!
Soah
Posté le 23/01/2020
Coucou Sorry!<3
Désolée de te répondre que maintenant, comme j'étais pas en France je n'ai pas voulu utiliser mon téléphone pour faire mes retours de com' sur PA - l'autocorrection étant un peu trop farceuse parfois ! :'<

Je suis contente que la relation Nayla et Trystan te plaise ! :D C'est vraiment quelque chose qui est au coeur de cette première partie et j'ai vraiment envie de faire de mon mieux pour que leur amitié - même si elle est/sera parfois un peu ambiguë (parce que les hormones) sonne vraie.
Cenerina est une bonne personne, la Reine compte son lot de personnages faux et salauds, mais elle n'en fait pas partie :p

J'espère que la suite des intrigues te plaira ! :D
Cocochoup
Posté le 06/01/2020
C'est toujours un plaisir de replonger dans cette histoire. 2 chapitres d'un coup, le bonheur !
Effectivement quelques coquilles par ci par là, mais rien de bien dérangeant.
Le saut dans le temps est parfaitement maitrisé.
J'ai hâte de lire la suite et de voir comment Na va affronter ses sentiments et assumer ses fonctions.
Et aussi découvrir cette histoire d'enchère ! Je pense savoir en quoi ça consiste... Mais si c'est ça, arf. Pauvre Na !!
Soah
Posté le 07/01/2020
Coucou ! :D
Merci beaucoup pour ton commentaire ^v^/
Pour l'instant, je suis dans l'écriture du chapitre 14 - et je pars en vacances pendant 2 semaines, du coup, je pense qu'il n'y aura pas d'updates avant un petit moment :< C'est pour ça que j'ai posté deux chapitres d'un coup ! n-n

Nå n'a pas fini de souffrir, malheureusement, mouhahahaha ! *s'enfuit*
anthea1659
Posté le 06/01/2020
J'ai dévoré ton histoire, voilà pourquoi je ne commente que maintenant. L'histoire est prenante, bien écrite et fluide, le changement d'époque s'est fait de manière très naturelle et c'est un plaisir de voir tes personnages évolués, vieillir, mûrir. A part quelque coquille d'orthographe (tout à fait normales quand on écrit d'aussi longs chapitre), la forme est top et j'aime beaucoup ton style d'écriture :)
Très bonne continuation, j'ai hâte de connaître la suite !
Soah
Posté le 06/01/2020
Coucou Anthea!
Je te remercie énormément pour ton commentaire et je suis ravie que l'ensemble t'ai plu ! :)
Désolée pour les coquilles ! J'essayerai de faire de mon mieux pour corriger ça dès que je pourrais ^=^""

Des bisous !
Vous lisez