Chapitre 10 : Il y régnait la haine - Ancienne version

Notes de l’auteur : Chapitre exceptionnellement long, jsuis désolée :') ça devrait pas être trop récurrent, jvous promets, jsuis désolée

La fièvre moite engourdissait sa peau. Molle. Tiède. Son souffle, trop chaud. Malgré la souillure de la fatigue, Eskandar n'avait pas pu fermer l'oeil de la nuit. Un coq chanta dans le lointain et il se frotta les joues comme deux choses flasques.

Au même instant, Agrippine glissa dans la pièce une cruche d'eau fraîche à la main. Elle la posa en silence et poussa le volet du bout des doigts. Un pâle halo blanc nimba la chambre de l'auberge. À côté de la crudité du petit matin, la lampe sembla soudain bien frêle. Le magistrat s'humecta les doigts et l'éteignit avant de retourner à ses missives. L'encre noire dansait devant ses yeux fatigués : les boucles se brouillaient et il dût relire plusieurs fois la phrase pour parvenir à en saisir quelque sens. La brutale hausse de luminosité accentua la migraine qui lui vrillait le crâne depuis bien cinq heures. Il se massa les tempes et reposa son stylet en un soupir. Une constellation de taches noires maculaient le bois là où l'encre avait coulé. Sa main tremblait d'épuisement. Tout s'enchaînait depuis l'arrestation d'Orazio et depuis le départ du convoi, ses songes résonnaient des cris de Germanicus.

"Ingrat." "Immature." "Faible". 

Tout, le jeune praticien avait tout dit. Visé chaque plaie avec attention. Grandir ensemble renseignaient sur les points sensibles. Il l'avait pulvérisé à l'heure où Eskandar se préparait à fuir sa responsabilité envers lui. Fallait-il y voir la justice des dieux ?

— Alors, murmura l'enfant en déposant un gobelet en face, tu as pu trouver une solution ? 

— Pour ? 

Elle versa un long trait d'eau. Le glougloutement fit écho au hululement d'une chouette un peu matinale par-delà le paturage de la mansio. De sa station, en face de la fenêtre, on apercevait les prés dégoutter de rosé ainsi que les tuiles d'un ocre blafard. La respiration baignait dans une fraîcheur vivifiante et pourtant, à la pâleur de sa nuit blanche, Eskandar craignait la suite. Déjà, au son des braiments et des piaffements, on amenait les montures près des chariots que les esclaves et travailleurs avaient chargés au premier frémissement de l'aube. Amelda ne devrait plus tarder. 

— Si tu as trouvé une solution pour cette histoire du Marionnettiste, fit Agrippine après lui avoir tendu le gobelet. L'agression d'Orazio de cette nuit. Et pour la missive d'hier soir. 

Eskandar grimaça et roula le papier pour le ranger dans l'étui de sa correspondance. Sa voix avait faibli, du moins lui semblait-il. Il marmonna, rauque : 

— Garde cela pour toi, mais je ne pense pas qu'Orazio mentait, avec sa Marionnettiste femme. Je cherche la tête pensante, mais des complices peuvent exister. Je ne veux pas qu'Aspasie lance un coup de filet précipité et qu'elle gâche ma chance de mettre un arrêt à ces crimes. La politique la brouille avec la justice. Celui qui a agressé Orazio hier ne doit pas être loin du convoi, s'il n'est pas parmi nous. C'est la tête pensante. Le signalement correspond à celui transmis par Leukophaios. Nous devrons ouvrir l'oeil. 

— Tu as menti à la consule ?

C'était une simple constatation. 

— Par omission. Et elle m'a menti sur Orazio. Nous sommes quittes. Et pour la missive, ce n'est pas de ton ressort. Ramène-moi l'écorce de saule dans mon bagage, veux-tu ? Près du lit. Ensuite, nous allons travailler un peu de calcul. Cela fait un moment que nous n'avons pas fait de leçon.

Eunius viendrait les chercher une fois qu'Orazio aurait émergé. Agrippine hocha la tête, le regard brillant au milieu de sa drôle de peau fripée. Le temps de déposer la cruche et elle fouillait le linge près du sommier à la recherche du pot médicinal. Eskandar jeta un coup d'oeil à la lettre qu'il venait de dissimuler dans l'étui. Le mansionarius, l'officier de la mansio, lui avait apporté avant le repas du soir, parlant d'un courrier arrivé de Romazia quelques heures avant leur arrivée. 

C'était le sceau de Germanicus. Le magistrat ne s'était résolu à l'ouvrir qu'après le départ d'Amelda pour son banquet, de peur de laisser transparaître un quelconque trouble de nature à rappeler le scandale de Romazia. Les cris résonnaient encore à son esprit. La reine avait fermé les yeux à ce sujet, mais sa patience risquait de toucher à ses limites.

— Et ça, demanda Agrippine en agitant une liasse de documents, est-ce que je te les apporte ? 

— C'est quoi ? 

— Les papiers sur les lois, les traditions et les règlements des Orogoths. Ce que tu m'avais demandé d'apporter quand on est partis de chez Lucullus. 

— J'ai tout lu, merci, tu peux les prendre si tu veux. 

Au moment où le voyage avec la reine Amelda et sa suite s'était concrétisé, Eskandar avait en effet passé le lendemain à potasser l'intégralité de la documentation existante sur les moeurs des Orogoths. Leur étiquette, leur code d'honneur et de politesse. L'idée de devoir improviser le terrifiait. Tout devait être parfait. Rien ne pouvait le surprendre, le désarçonner d'une manière ou d'une autre devant un quelconque spectateur. 

Chaque chose devait être carrée. Rangée. Organisée. Là où les frontières se faisaient troubles grandissaient le pouvoir des roublards et la puissance des conflits. 

Et puis, la lettre de Germanicus. Son attention revint dessus. Le jeune homme s'excusait de son comportement, mêlait quelques critiques virulentes envers le père de Dillia, Spurius, mais aussi sur Aspasie. Le juge était au même banquet que Germanicus, et tous deux n'avaient pas été assez sur leur garde. La responsabilité s'avérait donc partagée. Leur amitié, disait le jeune homme, ne devait pas porter la flétrissure de leur maladresse des derniers jours. Voilà qui engourdissait le coeur du juge d'une étrange chaleur, piquée d'un drôle de sentiment familier. La culpabilité. 

Eskandar, admettait Germanicus, était son seul véritable ami. N'ayant plus d'amour ni de pairs, qu'une mère en vie, l'aristocrate tenait à sauver ce qui pouvait encore l'être. Même s'il lui faudrait du temps avant d'accepter de le revoir. Eskandar devait lui pardonner cette faiblesse d'un homme déchiré entre la solitude de l'honneur et les bienfaits de l'amitié.

Ça et des propos confus sur une dette que le magistrat ne saisissait guère. Comme quoi il l'aurait aidé un jour, une bêtise qu'Eskandar ne parvenait pas à lui sortir de la tête. Mais le coeur de la lettre demeurait ailleurs. Oui, l'importance de cette missive...

— Je suis prête ! sourit Agrippine. On peut reprendre la leçon de la dernière fois.

— On en était où ? grogna le magistrat. La géométrie euclidienne, mais quel chapitre ? 

Il se leva pour que sa suivante s'installât à sa place et, penché par-dessus son épaule, déchiffra les hypothèses étudiées la dernière fois sur le bout de papyrus recyclé pour l'occasion en brouillon. Puis, le juge traça quelques chiffres sur la tablette de cire posée sur le rebord de la table. Il était temps de commencer les exercices. Remonta en son esprit le souvenir que cela faisait un moment qu'il n'avait pas fait pratiquer à Agrippine l'astronomie ni la musique. Il allait bientôt devoir déballer sa cithare. Elle deviendrait quelqu'un d'éduqué et d'indépendant, il lui transmettrait chaque miette de savoir pour lui offrir la possibilité d'une vie normale loin de lui. Hors du danger. Il se l'était promis.

Tous deux travaillaient depuis une heure déjà lorsqu'un raffut monta de l'escalier. Intriguée, Agrippine leva la tête et reposa son stylet au beau milieu d'une courbe de trajectoire. Une poignée de voix, un bruit de bottes. Une, jaugea Eskandar, avant de rectifier : non, trois personnes. Il posa la tablette et se redressa, prêt à accueillir ses invités.

La porte s'ouvrit en claquant si fort qu'Agrippine sursauta. 

— Bonjour, fit Amelda d'un ton soucieux. J'ai fait aussi vite que j'ai pu dès que j'ai reçu ton pli, Eskandar. J'ai croisé ces deux personnes dans le couloir qui m'ont confirmé le récit. Les voitures sont prêtes, nous partons au plus vite.

Des silhouettes familières se découpèrent dans l'embrasure, dont une encore la main sur la poignée après son entrée en fanfare. Cheveux de cuivre. Sourire charmeur. 

— Eh bien, rit Orazio avec amertume, comme quoi, il fallait que je me fasse à moitié tuer pour avoir un vrai lit. 

Sa plainte ne reçut aucune réponse. Au même instant, l'esclave de Lucullus, un certain Eunius d'après Agrippine, se faufila derrière la reine pour se poser près de l'entrée. Eskandar fronça les sourcils : il ne savait que peu de choses de ce garçon en dehors des faveurs dont l'entourait l'affranchi. On le disait son giton, mais l'instinct du magistrat lui soufflait que cet esclave avait été préservé de ce type de violences. Quelque chose dans la lumière confiante de ses yeux ou dans sa manière de sourire à chacun avec grâce. Presque une forme d'innocence. Son secret ajouté à son érudition en faisait sans doute un espion fort efficace pour son maître et n'eût été sa stature moyenne, loin de l'imposante carrure du Marionnettiste décrite par Orazio, Eskandar l'aurait couché sur la liste des suspects. 

— Ma reine, salua Eskandar. Orazio. J'ai reçu ce paquet pour toi de la part d'Aspasie hier. Je crois qu'il contient quelques-uns de tes effets personnels. 

Sur un geste de sa tête, Agrippine tira la chaise et apporta un tas de nippes colorées.

— Et mon sabre ? remarqua aussitôt le prisonnier. Elle a pas donné mon sabre ? 

— Je garde ton sabre pour le moment. Eunius, raccompagne-le, nous reparlerons de cette histoire de Marionnettiste plus tard. Je dois m'entretenir avec Sa Majesté avant notre départ. Agrippine, tu les suis jusqu'au chariot. Vérifie que les chaînes d'Orazio sont en place.

Malgré les protestations du captif, Agrippine et Eunius réussirent à conjuguer leurs efforts pour le tirer hors de la pièce. La porte claqua et les exclamations furent vite étouffées par les murs épais. Ne resta que la souveraine, les mains dans le dos, occupée à contempler la campagne romazianna depuis la fenêtre, avec ses champs où doraient les premiers blés dans le lointain. Sa camériste avait tressé ses mèches blondes en une couronne de nattes à l'arrière de son crâne où se fichait son bandeau d'or serti de grenats. Très vite, elle avait délesté les lourdes broderies pour une tunique et des braies de laine où une tisserande habile avait néanmoins incorporé des figures de sangliers et de daims. L'habituelle épée damasquinée battait ses hanches.

— Le Marionnettiste se rapproche donc, souffla-t-elle. Tu as des hypothèses sur où il peut se terrer ?

— Quelques-unes. Peu de probantes. 

Elle se retourna. Ses yeux tombants lui conféraient un air éternellement fatigué.

— Nous camperons ce soir, Eskandar. Je préfère que nous restions tous au même endroit avec des sentinelles capables de surveiller l'ensemble de ma troupe en même temps. 

La lettre de Germanicus revint flotter dans l'esprit du magistrat.

— Je ne pense pas que cela soit une bonne idée. Cela risque d'offrir une ouverture plus grande au Marionnettiste. De toute façon, il se dissimulera pour un moment. Et...

— Ma couronne est fragile, soupira la jeune femme. J'ai été élue par les anciens. Mais beaucoup parmi mon peuple remettent en question ma force. Je suis jeune. Je suis née fille. Cela leur suffit. De bien faibles arguments pour de bien médiocres esprits. J'osais espérer que Romazia leur inculquerait davantage le respect pour la réussite. 

Eskandar la fixa, son profil découpé à blanc par l'aurore. Sa dureté. Son acuité politique. Amelda respirait le pouvoir. Sa culture lui servait d'ornement, brillant certes, mais futile. La morale n'interférait guère avec ses décisions. On sanglait les brides à présent et les derniers coups de marteau résonnaient dans la cour intérieure de l'établissement. Après un court silence, la reine reprit : 

— Je connais les risques de dormir à découvert. Quelque chose nous suit. Crois-tu que je ne remarque pas les traces ? Je pistais le gibier quand tu apprenais encore à lire. Mes guerriers sont forts et braves. Mais les laisser en paix, c'est encore les laisser se poser des questions. Et leurs questions me menacent, moi. Et ma légitimité. Je ne t'ai pas accepté dans mon escorte par pure bonté d'âme.

Amelda se retourna et avança à grands pas vers la porte qu'elle entrebâillait à demi :

— Nous partons sur-le-champ, Eskandar. Je tiens à administrer quelques bonnes leçons. Quant à ton Marionnettiste, il n'est pas parmi les miens. Mais par reconnaissance envers Lucullus et Aspasie, celui que tu me désigneras ici ou ailleurs, je lui trancherai moi-même la gorge. Ainsi, nous serons quittes. 

Sur ces bonnes paroles, la reine s'engouffra dans le corridor, laissant Eskandar songeur, son étui à correspondance sous les yeux. Il demeura interdit un instant, incertain de savoir s'il admirait ou méprisait la souveraine pour son audace. Ses hommes mourraient pour préserver sa tribu d'un conflit civile. Et sa couronne, à elle. Comment faisait-elle pour atteindre ce détachement irréel ? Au loin, un coq tardif chanta.

Une fois les affaires empaquetées et une paire de chevaux épuisés remplacée par deux boeufs, le convoi reprit la route. Le tronçon de terre laissa vite place à une via pavées de pierre noire, aux lueurs volcaniques. Ils croisèrent une poignée de légionnaires en patrouille qu'Eskandar observa avec attention depuis sa monture. Amelda faisait de même, plus discrètement, derrière le rideau de son chariot. 

— Juge Eskandar, l'interpella Eunius qui voyageait à leurs côtés pour une raison incompréhensible, vous avez vu cela ? C'est un mauvais présage. Vous savez que...

Le magistrat fixa le corbeau perché sur la branche d'un olivier. Gras, luisant, il renvoyait une lueur interrogative à cet étrange spectacle que lui offrait le ballet des humains. Comme s'il se demandait ce qui pouvait bien lui valoir cette soudaine attention.

— Eunius, grogna Eskandar, je dois dire que ta familiarité ne me revient pas. Les lois romazianna ne t'autorisent pas à me parler comme tu le fais. Je tolère déjà ta présence sur la demande des Orogoths. Et Lucullus n'est pas là pour m'autoriser à te châtier. Tu as de la chance qu'il t'ait confié à Sa Majesté. Elle te protège trop.

L'esclave rougit. Amelda intervint depuis son habitacle, glacée :

— Tu es trop rigide, Eskandar.

— Et vous trop laxiste. Vos propres lois interdisent à un esclave de se tenir devant une souveraine, et pourtant le voici sur sa mule à trois coudées devant vous. J'eus été votre escorte que je l'aurais fouetté. Ne vous étonnez pas de vos soucis de légitimité si vou même n'appliquez pas les codes de votre propre peuple.

Sur ces bonnes paroles, Eskandar piqua un trot. Voilà une différence supplémentaire entre l'Empereur et une reine à deux as chez les Barbares. Jamais l'Empereur ne souillerait aussi ouvertement le code juridique approuvé par son peuple. Lui avait une conscience aiguë de l'immense responsabilité de sa nation, c'était certain. Amelda régnait sur trois cahutes et une centaine d'analphabètes. Il fallait croire que ses guerriers n'étaient pas les seuls à être demeurés hermétiques aux leçons dispensées par leur séjour à Romazia. 

Après de longues heures de voyage, sur la décision d'une poignée d'éclaireurs Orogoths, les chariots quittèrent l'axe principal pour s'enfoncer dans les ornières d'une sente bordant un bosquet. Ce dernier se composait davantage de taillis chiches que d'arbres et les rares chênes présentaient des frondaisons suffisamment hautes pour que l'on considérât le terrain comme à découvert. Du moins pour l'oeil aiguisé des sentinelles. On dressa un feu de camp dont la lueur portait jusqu'aux courbes grises des collines environnantes, un écrin de vie face à la nuit. Eskandar dîna à part : Amelda l'avait exclu de sa table, visiblement son effronterie de la journée n'était pas pardonnée. Cette solitude ne dérangeait aucunement le magistrat qui en profita pour observer le groupe depuis l'ombre d'un chariot, une écuelle de bouillie à la main. Les flammes accentuaient les rires et la noirceur des sourcils, le creux des cernes, chaque trait se faisait plus dur et plus malléable à la fois. On passa un peu de vin, pas trop de peur d'émousser la vigilance. Le bois crépitait et Eskandar songea que le lendemain, ses vêtements pueraient la fumée et le graillon. 

— Toi aussi tu cherches qui peut être le Marionnettiste ?

Le juge ne broncha pas lorsqu'Orazio se hissa à ses côtés, un gobelet dans une main et un morceau de viande à moitié rongé de l'autre. Du gras suintait sur sa mâchoire. Cela brillait à la lueur du brasier.

— Tu as une idée sur la question ? marmonna Eskandar. Mon instinct ne me souffle rien.

Le prisonnier lâcha un faible rôt et s'attaqua aux lamelles de chair encore accrochées à l'os. Entre deux bouchées, il soupira :

—  Moi non plus. Je vois personne qui corresponde. Peut-être que ce type nous suit et qu'un allié l'a fait entrer.

— Peut-être...

Eskandar observa Orazio. Ce dernier avait revêtu son caftan et le turban envoyés par Aspasie. Ainsi habillé, son passé oriental ressortait plus vivement encore. Tranquille, le prisonnier dégageait quelque chose d'harmonieux. Il avait cette manière de sourire à tous et d'accepter chaque réalité avec une chaleur qui apaisait les âmes troublées. Cela tenait peut-être à son regard qui pétillait à chaque histoire, même la plus banale. Ou à sa façon de réussir à s'attirer de véritables amitiés où qu'il se trouvât. Les rapprochements d'Orazio avec certains Orogoths n'avaient pas échappé à Eskandar. 

Un talent rare.

Un talent qu'Eskandar aurait voulu un jour posséder. Aujourd'hui inutile. Il remerciait son père de l'en avoir dispensé.

L'amitié était une entrave. Même Germanicus, au fond. Après tout, c'était à cause de cette relation qu'Eskandar s'était trouvé à deux reprises embarrassé, chez Lucullus puis devant Amelda. 

On ne pouvait compter que sur soi.

— C'est bizarre, commenta Orazio qui le fixait en retour sans ciller, tu dis rien, mais t'as l'air d'être un sacré bavard dans ta tête. Je te jure que ça fait des silences malaisants pour tes auditeurs. 

Le prisonnier jeta l'os soigneusement nettoyé, tout en mâchouillant un reste de cartilage, puis sauta à terre. L'herbe se détrempait au fil de la soirée et à mesure que l'humidité gagnait la campagne, la gorge du magistrat le chatouillait.

— Bon, bonne nuit, le juge ! J'étais venu voir si tu avais du neuf. Je te dis si jamais je remarque un truc de suspect.

Il disparut bien vite dans la farandole d'ombres qui se découpait autour du feu. Son rire éclata un peu plus loin, sans que le juge puisse l'apercevoir depuis son assise.

— Bonne nuit, murmura Eskandar pour lui-même. Rêve bien. Rêve mieux que moi, Orazio.

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Du noir. Vide. Chaud. Quelque chose de nauséeux baignait dans cette vacuité. Qui était-il ?

Qu'était-il ?

Rien. Et pourtant, son être englobait le tout. Plus de contours ou de définition. De frontière. Simplement une immense abstraction. Etait-ce là la paix éternelle ? Le temps, ce mot lui évoquait quelque chose, sans qu'il puisse se rappeler quoi. Tout ce qu'il savait, c'était que tout était bien. Que des choses l'avaient blessé. Que ces choses n'étaient plus ou ne seraient jamais. 

Du charbon. Des ténèbres. Le doux bercement des ombres. 

Dormir. A jamais. Enfin.

— Eskandar !

Une vive clarté lui perça les yeux. Le voile se déchira au milieu de clameurs qui craquelaient ses sens. Il y avait une odeur de fumée, mais aussi quelque chose de ferrugineux, qui baignait l'atmosphère parmi les tintements. Quelle était cette forme perchée sur lui ? Qui osait le rappeler à sa douleur ? Le flou se dissipa peu à peu et il reconnut la moue furieuse penchée au-dessus de lui. Entre les planches disjointes de sa carriole éclataient des éclairs fauves là où les torches léchaient la nuit.

— Orazio... Où est Agrippine ? Pourquoi elle t'a laissée entrer ?

— On est attaqués, on a pas un instant. Où est mon sabre ? Je le trouve pas ?

Sans attendre sa réponse, Orazio se mit à fouiller parmi les rares effets du petit habitacle. Le juge se releva et sa couverture glissa le long de son torse nu. 

— Je laisse Amelda gérer cela, bâilla-t-il. Germanicus m'avait prévenu. Elle est au courant aussi que mes ennemis étaient sur nos traces. Il y avait autre chose ? Ou je peux retourner dormir ? Le sommeil est rare en ce moment. Agrippine saura très bien me protéger.

Dans le clair-obscur, Eskandar parvenait à distinguer Orazio. Son regard. Une longue oeillade qui coulait sur la forme de son corps découvert et attrapait les reflets roux du feu sur la peau. Le contraste des flammes sur la nuit renforçait son aspect mordoré, le galbe des muscles du magistrat. Eskandar s'empourpra, fronça les sourcils et se recouvrit d'un pan de tissu afin d'échapper aux pulsions lubriques de son prisonnier. Il se nota de ne jamais aller aux bains avec cet homme. Conscient d'avoir franchi une limite, Orazio ferma un coffre d'un coup sec et se redressa : 

— Amelda est dépassée ! Je ne sais pas c'est quoi son plan, mais y'a des mercenaires partout. Agrippine était pas devant. Où est mon sabre ? Sans arme, autant m'exécuter tout de suite. 

— Attends...

À cet instant, le panneau du chariot fut arraché d'un coup sec. Le craquement vrilla les oreilles d'Eskandar, mal réveillé et, dans une pluie d'échardes, une femme cuirassée se découpa sur l'incendie. Le juge n'eut pas le temps de se mouvoir. Son glaive brilla. C'était la mort. Scintillante. Lumineuse. Tendre.

Sa torpeur se brisa. Orazio asséna un violent coup de pied dans le ventre de la combattante. Le bruit fut semblable à celui d'une vessie dégonflée. Le corps de l'adversaire chuta au pied du véhicule.

— Qu'est-ce que tu branles ? s'exclama le prisonnier. Des armes, maintenant ! Meurs si tu veux, mais meurs sans moi.

Réveillé pour de bon, Eskandar se leva à toute vitesse et arracha les sacs de paille de son matelas pour en tirer le sabre d'Orazio ainsi que sa propre rapière. Le prisonnier fit coulisser le fourreau puis, satisfait, bondit rejoindre les joyeusetés autour du feu. Laissé seul, le juge avisa une tunique puis, après un moment d'hésitation, se remémora l'oeillade lubrique d'Orazio et l'enfila. 

Dehors, le paysage s'avérait cataclysmique. Au pied des marches, son agresseuse se relevait. Eskandar coula un regard sur sa silhouette et, sans un soupir, enfonça la pointe de sa lame au niveau de son coeur. Avec lenteur. Il sentait la main sur l'acier, la peau, les muscles, les nerfs se raidir autour du point de douleur, le râle. Doucement. Les yeux levés vers ce ciel noir d'encre où ne brillait qu'une poignée de froides étoiles. Farbod le Perse lui avait appris le flegme. Il connaissait sa leçon. Enfin, la rapière buta contre ce sac de noeuds vital. Il donna un coup sec, le transperça, et baissa le front pour observer les flammes. Contrairement à ce qu'Orazio lui avait fait imaginer, il n'y avait pas d'incendie. Amelda avait, comme prévu, fait verser de l'alcool sur le feu central au moment de l'attaque afin d'augmenter la luminosité. Tout semblait donc sous contrôle. 

Enfin, presque. Les lignes Orogoths avaient été davantage enfoncées qu'estimé, si leurs ennemis s'étaient infiltrés jusqu'à sa paillasse. Un hurlement attira son attention vers le sommet d'un chariot. 

Perchée sur le toit, la chemise de nuit claquant au vent en un voile immaculé, la reine Amelda vociférait ses ordres sans se soucier de la dangerosité de sa position. Ses nattes doraient sous l'effet du feu et devant elle, Cartimandua secouait un bouclier criblé de flèches, seul rempart pour toutes les deux. La souveraine elle-même rajusta son protège-bras de cuir, arma son arc court de cavalerie et tira. Un cri sourd accueillit sa flèche. 

— Il y en a encore ! hurla Amelda. Vous êtes mon peuple, vous êtes des Orogoths ! Tuez-moi tout cela et abreuvez nos dieux de sang ! Cette nuit, nourrissons-les du sacrifice de ces faiblards du Sud !

Puis, une série d'imprécations en langue vernaculaire. Eskandar n'y comprit goutte, mais cela eut l'air de fonctionner, puisque sous leurs peaux de bête, les Orogoths reprirent le combat avec intensité. Un cheval, les yeux fous, bouscula plusieurs d'entre eux avant de hennir face au brasier. Un coup le fit basculer et, la crinière en flamme, il se mit à soulever de la poussière partout autour du camp. C'était une monture infernale ou divine, celle de Chélios l'Aurige du Soleil. Peut-être. 

Agrippine. Trouver Agrippine. 

Le juge secoua sa rapière et avança au milieu du désordre. Se baisser. Parer. Le tintement des lames. Ces yeux vert si intense de son adversaire. Du sang. Se baisser. Se relever. Parer. Attaquer.

Tuer. 

Du rouge, du noir, rien qu'un corps. Une femme. Une gamine presque.

Puis, recommencer. Esquiver. Se baisser. Se défendre. Éviter une flèche. Arracher un poignard. Se baigner dans la sueur de son ennemi. Humer son sang. Lever la lame. Se dire que cet homme avait peut-être un enfant. Percer. Esquiver. Parer. Agrippine. Où se trouvait-elle ?

Un barrissement tonna alors qu'une poignée d'Orogoths montés fit son apparition dans les bois. Une volée de flèches fusa depuis la position des attaquants, derrière le chariot à provisions. Leurs cheveux se firent crinière. Le sol trembla sous leurs pas tandis qu'ils se mirent à faucher les corps avec la même aisance qu'un paysan le blé dans son champ. L'écume à la bouche, les chevaux n'avançaient que sous la violence de leurs cavaliers, épouvantés par les râles d'agonie de leur camarade en flammes. 

— Eskandar ! ESKANDAR !

Cette voix. 

— AGRIPPINE !

Soudain, il la vit. La fillette le fixait, les bras levés et les larmes traçant un sillon de poussière sur ses joues. Face à elle, un mercenaire qui la dominait, l'épée dressé. Le juge voulut se précipiter à sa rencontre, mais un jeune combattant s'interposa. Eskandar n'esquiva le coup de glaive qu'au dernier instant. 

— Agrippine !

— Ne détourne pas ton attention, le réprimanda son adversaire. Tu es Eskandar. Nous avons été payés pour te tuer, toi. Tu ferais mieux de garder cela en tête.

Une grimace de haine crispa le visage du magistrat. La bave aux lèvres, l'oeil fou, il se redressa et tailla l'air d'un grand coup de lame. Brouillon. C'était brouillon et émotif. Cela arracha un sourire triste au mercenaire. 

— Eh bien, on te disait de marbre, tu m'as l'air pourtant remuant comme un gamin.

— Eskandar !

L'enfant l'appela une nouvelle fois. Son pugio. Elle devait avoir son pugio sur elle. Saisi d'une sueur glacée, Eskandar remarqua alors que la lame qui la menaçait était ce pugio qu'il lui avait confié. 

— Non, bredouilla-t-il, non, non... 

Il ne voulait pas être responsable de la mort d'un nouvel être cher. Pas maintenant. Pas alors que Dillia Messor venait d'être enterrée parmi les siens. Une vive douleur lui vrilla l'épaule. Son adversaire retira son glaive, dégoulinant de sang. Son sang. 

S'il n'avait pas accepté de garder Agrippine auprès de lui, de l'éduquer... Sans ce pugio qu'il lui avait confié. 

Il allait mourir. Elle aussi. Et à un jet de pierre, le bras qui menaçait Agrippine s'abattit. 

— Bordel ! Avec ça, t'as intérêt à me filer une vraie chambre !

Le sabre au clair et le turban en écharpe faute d'avoir eu le temps de l'enfiler, Orazio bondit. D'un coup de taille, il fit éclore une traînée de sang sur le dos de l'agresseur. Puis, il s'arrêta, son pied glissa, et en un ample mouvement de rotation, renvoya sa lame au niveau de la gorge cette fois. L'homme s'effondra et Agrippine, couverte de sang, courut vers son pugio à terre. Orazio râla tout bas, empêtré dans son caftan enfilé de travers, l'oeil cependant aux aguets au cas où quelqu'un d'autre viendrait embêter l'enfant.

L'action, aussi vive qu'intense, suffit à donner un coup de fouet à Eskandar. Redevenu maître de ses émotions, sa rapière piqua, tinta contre le glaive, sans se soucier du flot écarlate que sa plaie vomissait. 

— Tu ne diras jamais ce que tu as vu, murmura le magistrat. Je suis une pierre. Je suis marbre. Je suis la loi, et la loi n'a pas d'émotion.

Un rictus plissa les lèvres du mercenaire. Le juge ne lui donna pas l'occasion de répondre. Il saisit un cruchon encore intact au sol et projeta son adversaire d'un coup de pied dans le feu. Sans même attendre son vagissement de douleur, il fracassa le pot de terre sur son crâne et observa l'alcool aviver les flammes. Une brusque bouffée de feu embrasa le visage du juge d'une onde brûlante et dorée. Une odeur de cochon grillé ne tarda pas à envelopper l'atmosphère. Les membres de ce reste d'homme gigotaient. Ses traits fondaient comme de la cire, et sa peau se parcheminait. Sa langue se racornissait. Cendres. Os. Cloques en fusion.

Indifférence. Ce vagissement inhumain monté des tripes ne lui faisait rien. Peu lui importait la merci. Peu lui importait la grâce. Quelqu'un avait voulu le tuer lui, un citoyen. La répression devait être sans pitié. Lorsqu'Eskandar se retourna et secoua sa lame pour en ôter le sang qui l'engluait, Orazio vomissait dans l'herbe humide de rosée. 

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Le Saltimbanque
Posté le 18/04/2022
Non seulement la longueur du chapitre ne m'a pas dérangé, mais je trouve même que c'est normal pour ce genre d'histoire. Les personnages sont de plus en plus nombreux et l'intrigue ne cesse de se complexifier : pour moi, moins de 3000 mots, ça devient limite impossible.

Sinon, j'ai beaucoup aimé. La scène de bataille est excellente. On sent bien le chaos de tout ce bordel, la collaboration entre Esky et Orazio est très bonne, ton écriture est toujours aussi géniale ("D'un coup de taille, il fit éclore une traînée de sang sur le dos de l'agresseur", joli!). J'ai beaucoup aimé Eskandar et Amelda qui discutent stratégie (c'est très crédible, et les deux ont de très bons arguments), et les derniers moments du chapitre avec Eskandar en mode Terminator sont excellents. Enfin, Orazio qui profite de la bataille pour mater Eskandar, c'était très drôle.

Pour un défaut plutôt important, je citerai justement le personnage d'Eskandar. Un coup c'est un homme inflexible, froid, quasi-robotique dans sa détermination (et son glory kill de fin de chapitre le prouve). Un autre coup c'est le plus sensible, celui qui se martyrise le plus pour ses erreurs... même quand ce n'est pas de sa faute. Pourquoi est-il encore déprimé par rapport à la mort de Dillia alors Germanicus lui envoie une lettre qui le pardonne ? Comment peut-il se montrer aussi déprimé en public, alors que justement ici il insiste à quel point il fait attention à son image d'homme de loi imperturbable ? Je peux comprendre que c'est la caractérisation du perso, et parfois l'humain peut être délicieusement contradictoire, mais ici les deux côtés sont plus en conflit qu'ils se complimentent selon moi.

Aussi, gros chipotage, mais j'ai du mal avec la réplique : " Ne détourne pas ton attention, le réprimanda son adversaire. Tu es Eskandar. Nous avons été payés pour te tuer, toi. Tu ferais mieux de garder cela en tête." Je trouve ça bizarre, un mercenaire qui tape la discute en plein milieu d'une bataille, pour donner comme ça une information aussi importante. Qu'Eskandar soit la cible de l'attaque, c'est génial, ça ajoute du conflit et ça promet de belles choses pour l'intrigue, mais je trouve que la façon dont tu l'introduis est plutôt grossière. Un dialogue plus bref et subtil, comme par exemple un "Eh les gars, il est là!" aurait été meilleur je trouve.

Voili Voilou.
Louison-
Posté le 12/03/2022
Coucou Alice ! Me revoilà ^^

Un trop trop chouette chapitre que voilà ! Et t’inquiète pour la longueur, j’ai eu fait bieeeeen pire haha :’) Comme le dit Edouard, c’est qu’à partir de 5k qu’il faut vraiment songer à couper à mon avis :) Surtout que là j’ai été happée par ce qu’il se passait, puis la fin était beaucoup plus dynamique, alors je n'ai pas ressenti de longueur ;)

Brefouille !

Et là, attention je préviens : coup de cœur pour Eskandar. Haha, j’aime énormément Orazio, mais Eskaaaaaaan, rohlala, dans ce chapitre on a vraiment plus découvert son intériorité, and I’m aélsjféalksf. J’aime parce qu’il a une intériorité mouvementée le gulus ! Déjà, qu’il ait pris Aggripine sous sa coupe, ça me le rend soudain beaucoup plus attachant. Ensuite, plus tard, quand Orazio dit « tu dis rien, mais t'as l'air d'être un sacré bavard dans ta tête. » >> J’ai trouvé l’effet vachement cool, parce qu’effectivement, en tant que lecteur, on avait toooooooutes ses pensées mouvementées avant, donc à lire ça, ça m’a fait : oh yeah, so accurate, tu vises juste Orazio x)
Et enfin, c'est surtout vers la fin où il m'a particulièrement émue ! Quand il panique à ne pas trouver Agrippine, ou quand le mercenaire voit qu’Eskandar est tout affolé, et qu’Eskan finit par lui dire, avant de le tuer : « — Tu ne diras jamais ce que tu as vu, murmura le magistrat. Je suis une pierre. Je suis marbre. Je suis la loi, et la loi n'a pas d'émotion. » >> Ca m’a vraiment pris le cœur. Son « la loi n’a pas d’émotion » je sais pas ? En fait c’est cool parce que sa volonté de rester de marbre, elle est justifiée par l’une de ses convictions, et ça colle totalement, et j’aime beaucoup. Voilà <3
(En fait, ce que je trouve cool aussi et que je voulais saluer, c'est que là c'est un AUTRE perso qui remarque qu'Eskan est en train de vriller et ça marche du feu de dieu ! Y'a aussi qu'Eskan part en quête d'Agri en panique, c'est le fameux "show don't tell", donc ça nous renseigne bien sur son état, et bref, pour dire que c'est très réussi la façon dont tu nous présentes ton personnage)

Sinon, j’ai aussi apprécié que ce soit Orazio qui sauve Agrippine ! Ca fait un peu mouvoir les liens que tes personnages tissent entre eux, quelque chose me dit qu’Eskandar va pas apprécier redevoir quelque chose à Orazio haha ;)

Enfin bref ! Somme toute : bravo pour ce chapitre. Les choses s’accélèrent c’est cool, on découvre toujours plus en profondeur tes personnages, c’est supra chouette ! Un plaisir ^^ L’attaque des mercenaires était bien décrite aussi, ce qu’il fallait de violence sans verser dans le « trop », donc bon dosage de ce côté-là.

(désolée si je peine un peu à trouver des choses qui pourraient améliorer ton texte, j'ai plus l'impression de fangirler qu'autre chose avec mes coms, donc rien de bien utile finalement, mais là rien de gênant me saute aux yeux, alors bon... <3 C'est parce que t'es douée hihi)

Bisous, me réjouis de poursuivre ma lecture et découvrir tout ce que tu nous réserves encore ! <3
Hastur
Posté le 21/11/2021
Hello !

Wouah, ça réveille dès le matin ce genre de chapitre !
J'ai bien aimé les deux temps du chapitre, le côté calme avant la tempête dans un premier temps, puis la tempête elle-même. J'imagine qu'il y a une logique de découpage que je ne perçois pas, mais pourquoi ne pas avoir divisé le chapitre en deux du coup ? Du fait que l'on reste selon le point de vue d'Eskandar ?

Autrement, le côté introspectif fait toujours merveille. On creuse toujours un peu plus l'esprit d'Eskandar. On apprend toujours de nouvelles choses, des petites subtilités dans sa manière de fonctionner et des informations le reliant aux autres personnages.

L'action est rondement menée. Tout est clair dans le déroulé. On ne s'y perd pas. Il y a de l'intensité, de l'émotion. C'est super !

A bientôt :).
Alice_Lath
Posté le 22/11/2021
Hello hellooo !

Hahaha tant mieux si ça décoiffe un peu, et navrée si ça a été un peu tendu au-dessus de ton bol de cérérales
C'est vrai que j'aurais pu couper, mais oui, c'était le point de vue d'Eskandar qui maintenait l'ensemble ainsi que l'échange qu'il avait eu avec Amelda

J'suis contente que la psycho d'Eskandar et l'action te plaisent aussi !

De mon côté, je réfléchis déjà aux corrections qui suivront cette réécriture afin de dynamiser un peu plus cette histoire et raffermir les fils conducteurs principaux

Peace !
Edouard PArle
Posté le 10/11/2021
Coucou !
Pas la peine de te confondre en excuses xD en-dessous de 5k mots ça reste correct pour moi en tous cas^^
En plus c'est plutôt justifié au vu de l'action et je n'ai pas trouvé la lecture trop longue, ça filait bien (sauf peut-être un peu au début, et encore). Je m'imaginais plutôt bien la terrible bataille avec les mercenaires.
Le passage avec Agrippine est vraiment très bien écrit, c'est intéressant que ce soit Orazio qui la sauve car Eskandar se trouve redevable de cette vie. Ca le met dans une posture un peu délicate, je me demande comment il va gérer ça.
Quelques remarques :
"on apercevait les prés dégoutter de rosé" -> dégouttés de rosée
"si vou même n'appliquez pas" -> vous
"On est attaqués" -> attaqué
"Leurs cheveux se firent crinière." -> crinières ?
"Ne détourne pas ton attention, le réprimanda son adversaire. Tu es Eskandar. Nous avons été payés pour te tuer, toi. Tu ferais mieux de garder cela en tête." c'est peut-être moi mais je trouve étrange de faire une phrase aussi longue pendant un combat.
Toujours un plaisir,
A bientôt !
Alice_Lath
Posté le 12/11/2021
Hello !
Beh merci haha, mais je sais que c'est plus compliqué à lire en numérique :') Enfin, jsuis contente que ça te dérange pas
Tant mieux si le rendu de la bataille passait, c'est jamais facile de décrire ces moments-là
Pour Agrippine, oui, un enjeu se noue huhuhu mais je n'en dis pas plus
Merci pour tes remarques, je vais regarder tout cela !
Et oui, n'hésite pas à me signaler toute éventuelle réticence comme tu as déjà pu le faire. J'aimerais bien me dire que ce jet sera le bon une fois corrigé et, peut-être, procéder à des envois :') et pour ça, faut que je le peaufine
Merci encore et bonne journée !!
Edouard PArle
Posté le 14/11/2021
Oui je n'hésite pas tkt, mais je n'ai pas toujours d'inspiration xD
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