Chapitre 1, premier pas vers l'inconnu

Par Jaspe
Notes de l’auteur : C'est ma première fiction, alors il risque d'y avoir des petites (grosses) fautes ou erreurs. N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez !! Toute critique est bonne, que ce soit dans le fond ou dans la forme : j’essaye de m'améliorer ! :)

 Si je devais faire une rétrospective sur ma situation actuelle, je dirais qu’elle est catastrophique. Il n'y a pas d'autre mot. La plus part des gens me disent souvent que j’ai énormément de chance, que je n'ai pas de quoi me plaindre parce j’ai 23 ans, un travail qui me plaît, un copain merveilleux, des amis géniaux, une famille en or et je ne manque pas d’argent. En d'autres termes : aucune ombre au tableau, en apparence. Mais c'est bien le mot ; "en apparence" parce que ce ne sont que des apparences. Je passe mon temps à me cacher derrière un masque qui n'est définitivement pas le mien.

      Le cœur de mon problème, c’est Julian. Nous nous connaissons depuis toujours et nous sommes ensemble depuis 5 ans. Et depuis 5 ans de vie commune, il a fait de ma vie un enfer. Bien sûr, il y a des moments de bonheur et il redevient celui que je connais et que j’aime ou que j'ai aimé, je ne sais pas. Tout tourne autour de lui, il est un peu comme le soleil et je ne fais que graviter autour de lui. Julian a tout pour lui, il est beau avec ses cheveux brun clair et ses yeux bleu glacier, il est gentil et généreux. Par définition : il est parfait. 


      Je me souviens encore du jour où je lui ai dit que je l’aimais, c’était le jour de la remise des diplômes du bac, je l’avais pris à part et ramassant tout mon courage je lui avais fait ma déclaration. J’avais eu si peur à ce moment-là, peur qu’il me rejette, que je lui plaise pas, en fait tout simplement qu’il me repousse. Mais Julian m’avait embrassée et serrée dans ses bras en me disant qu’il m’aimait aussi. Rien que le fait de me souvenir de ce moment me fait sourire, parce que c’est ce moment précis qui fait que je suis misérable aujourd'hui. Je ne sais plus si je l’aime lui, ou si j’aime le fait de l’aimer. Je passe mon temps avec lui et quand je ne suis pas avec lui, il fait toujours en sorte que je pense à lui. Julian est très possessif, et le montrer, constamment. Je ne peux pas faire le moindre mouvement sans qu’il n’en soi averti, je vis ma vie par procuration pour lui. Il m’a bien fait comprendre que je vivais pour lui, avec lui et surtout que j’étais à lui.


     En y repensant peut-être que cela aurait été mieux s’il m’avait rejetée ce jour-là, je ne serais pas dans cette situation aujourd’hui. Mais je n’arrive pas vraiment à lui en vouloir, c’était mon choix après tout. Je me suis mis toute seule dans cette merde. J’ai choisi de l’aimer, d’être avec lui mais je ne savais tout simplement pas ce qui m’attendais. Je rêvais, et je rêve toujours d’amour, d’une relation amoureuse, de chaleur. Je pense souvent à partir, loin de lui, mais à chaque fois que je suis sur le point de passer à l’acte, il revient vers moi. Il redevient gentil et me dit qu'il m’aime. C’est le plus beau des mensonges qu’il puisse me dire. Parce que je replonge, pour mieux me noyer dans l’amour fictif qu’il veut bien me donner le court d’un instant. Je suis de nouveau à la fois à ses pieds et dans le creux de sa main.

      Mais ces derniers temps Julian est particulièrement jaloux et me montre très bien. Ce soir, nous devons sortir et allons chez des amis, et il m’a déjà fait 15 réflexions sur ma tenue, qui selon lui n’est pas correcte. Bien qu’un jean et un t-shirt n’aient rien d’extravagant selon moi, surtout pour aller à un barbecue. J’ai depuis longtemps laissé tomber l’idée de la raisonner et décidé de céder à ses caprices ridicules, histoire de ne pas arriver chez Jude avec un œil au beurre noir. Ce qui me fait penser que je ne me souviens encore parfaitement de la première fois où il a levé la main sur moi. Ça avait commencé par une petite gifle pour maintenant finir par des coups de pied ou de poing. Bien sûr que je ne tolérais pas qu’il lève la main sur moi, j’avais essayé de riposter et de partir au début, mais finalement, je finissais toujours par revenir vers lui. Je ne peux pas me passer de lui, il a réussi me rendre dépendante. Il me tira de mes rêvasseries avec l’une de ses menaces habituelles :

« Tu m’écoutes Jade ?

- Oui Julian, je t’écoute.

- Ne me réponds pas comme ça. Tu n'as pas intérêt à me faire honte, c’est clair ?

- Julian, je ne suis pas un enfant, je sais me tenir. »

      Il ne me laissa pas parler plus longtemps et m’attrapa par la gorge et serra au point où je sentais l’air manquer et les larmes me monter aux yeux. J’essayais de retirer sa main le plus doucement possible pour ne pas me prendre un coup en plus. Il me lâcha quand son téléphone vibra dans sa poche, il se détourna de moi pour lire le message pendant que je m’affaissais contre le mur du salon. Je pris mon temps pour me relever et reprendre ma respiration avant d’aller dans la salle de bain me regarder dans le miroir pour voir des traces rouges, légèrement violacés couvrir mon cou. Je ne pouvais définitivement pas y aller comme ça. Je courus jusqu’à notre chambre et enfilais un col roulé et redescendis le plus vite possible. Quand j’arrivais dans le salon, il m’attendait l’air agacé adossé contre la porte d’entrée me fixant froidement.


« Tu ne pouvais pas te dépêcher un peu, tu sais que je n’aime pas être en retard.

- Désolé, j’ai essayé de faire au plus vite.

- Je ne veux pas de tes excuses. »

      Il partit comme une flèche vers la voiture et m’attendit dedans le temps que je prenne le dessert que j’avais préparé et ferme la porte. Le voyage en voiture se passa dans un silence de mort, le trajet qui ne durait en réalité qu’une vingtaine de minutes me parut durer une éternité. Quand il se gara devant la maison de Jude, il se tourna vers moi et tira sur le col de mon t-shirt pour regarder mon cou, maintenant complètement violet. J'avais, avant de partir, bien fait attention à le cacher le plus possible pour ne rien laisser apparaitre. Quand il eut finit de constater les dégâts, ou plutôt son oeuvre, il me lança un regard satisfait avant de sortir de la voiture. Je le rejoignis rapidement, et il passa sa main sur mes hanches et serra légèrement pour me rapprocher de lui avant de toquer à la porte. Jude nous ouvrit et nous fit rentrer chez elle, dans le salon se trouvaient tous nos amis et deux personnes que je ne connaissais pas ; un homme et une femme. L’homme était plutôt grand, il avait des cheveux bruns quasiment noir et les yeux d’un marron si clair qu’ils en avaient des reflets verts qui leur donnaient une lueur ambrée, sa peau, quant à elle, était très pâle. La femme, était, elle aussi très grande, bien plus que moi, avec de longs cheveux bruns, de grands yeux vert clair et la même peau clair que l'homme. La main de Julian sur mes hanches qui se resserra lorsqu’il vit sur quoi, ou plutôt sur qui mon attention était portée. Je détournais rapidement le regard et rejoignis Jude dans le jardin, laissant Julian, visiblement énervé dans le salon. Julian s’était calmé et était redevenu doux et j’avais pu me détendre et profiter de ma journée.

      En fin d'après midi, les garçons avaient décidé de regarder un match de foot, absolument pas cliché ! Et Jude, Léah, que j’avais appris à connaître et moi décidons de nous mettre dans le jardin pour papoter. Au moment de la mi-temps Julian, Erick et l’homme sortirent en discutant. Mais dès que le match reprit Julian et Erick rentrèrent aussitôt laissant l’homme avec nous. En discutant un peu ensemble, j’appris que Léa et lui était frère et sœur et qu’ils étaient originaires des Pays-Bas mais aussi qu’il s’appelait Eljia. Nous avons parlé une bonne partie de l’après-midi et je n’avais pas vu le temps passer, je n’avais pas autant ris depuis longtemps. Et cette pensée me fit sourire d’autant plus. Mais mon sourire s’effaça rapidement quand je vis Julian me regarder avec insistance depuis l’autre côté de la véranda. Je me levais avec précipitation, m’excusant auprès de mes 3 amis et me rendit auprès de Julian. Qui dès que je fus à sa porté, m’attrapa par le bras sans aucune douceur et m’entraîna dans la cuisine en prenant bien soin de fermer la porte derrière nous.

« Jade, tu me prends pour un con ?

-Mais de quoi tu parles ?

- Tu crois que je ne t’ai pas vu te trémousser devant Eljia ? Tu veux qu’il te saute, c’est ça ?

- Mais pas du tout, on était en train de discuter et puis il y avait Jude et Léah !

- Je ne veux pas que tu te rapproches de lui, c’est clair ?

- Mais on ne faisait rien Julian, pourquoi est-ce que tu es autant sur les nerfs ? Il se passe absolument rien: on ne fait que parler !

- Je ne veux pas te voir seule avec lui. »

     Il posa sa main sur ma joue et la caressa lentement, se radoucissant, puis me sourit. Un sourire si éclatant que mon cœur en battit la chamade. Lorsqu'il m'embrassa, je ne pus le repousser. Je sentais toute ma volonté fondre comme neige au soleil. Tous les reproches que je voulais lui faire s'effacèrent presque immédiatement. J'avais envie de le repousser, mais je voulais profiter de la douceur qu'il voulait bien m'offrir. Je finis par m’écarter, presque malgré moi, et nous sortîmes de la cuisine. Je partis de nouveau dans le jardin et me laissais tomber dans mon siège avec un grand soupir. Jude, qui, je le savais, devait bien être la seule à se douter que je ne vivais pas le parfait idylle avec Julian, me demanda alors doucement :

« Qu’est-ce qu’il te voulait encore ?

-Rien Jude, tu sais comment il est, il est juste sur les nerfs en ce moment…

- Il t’a encore fait une crise, c’est ça ?

- Il était… Inquiet. Je suppose, je ne sais pas. »

      Elle me regarda l’air absolument pas dupe mais changea de sujet de conversation voyant que je n’étais pas réceptive. J’étais beaucoup plus distraite qu'avant et ne prenais plus vraiment part à la conversation. Mon regard finit par dériver sur Léah puis sur Eljia. Sur sa manière de se mouvoir, de parler qui était tout simplement envoûtante. Je ne me rendis compte que je le regardais fixement lorsqu’il se tourna vers moi en souriant, ses yeux croisant les miens. Son sourire me fit détourner les yeux, je me sentais stupide de l’avoir fixé aussi longtemps. Mon embarras ne fit que s’amplifier quand je sentis sa jambe effleurer la mienne à plusieurs reprises. Je me sentis rougir comme une lycéenne devant son crush. J’aurai dû m’écarter, parce que je n’avais pas le droit de faire ça, mais aussi parce que j'imaginais déjà Julian s’énerver, encore. Et pourtant, je ne bougeais pas d’un centimètre.

      Après ce moment de flottement, je finis par me reprendre, et m’écartais d’Eljia. Tout le reste de la soirée, je fis de mon mieux pour rester loin de lui. Vers Minuit, nous nous séparons tous, et le trajet du retour se fit dans le même silence lourd qu’à l’aller. Quand nous arrivons à la maison, Julian, qui ne m’avait pas parlé depuis notre altercation dans la cuisine, devint entreprenant et presque collant. Je savais ce qu’il voulait : du sexe. Je n’avais pourtant qu’une envie ; prendre une douche et dormir, mais je ne pouvais décidément pas faire ça. Je le laissais faire ce qu’il voulait avec moi puis lorsqu’il eut fini, et que je me sentais encore plus sale qu’avant, il partit, me laissant seule, enfin. Je courus presque dans la salle de bain, j’avais besoin de ma laver, de me sentir propre. J’enlevais les vêtements qu’il me restait, désireuse de sentir l’eau chaude sur ma peau, avec l'envie d'expier tout le vice qui m’habitait. Une fois sortie de la douche, je me regardais dans le miroir et fixais mon cou, violet et bleu par endroit puis mon visage clairement pâle. Mes cheveux châtains, attachés en chignon, n’avaient fière allure non plus. Je regardais rapidement l’état de mes yeux qui n’étaient plus verts, mais rouges et gonflés à cause de ce qu’il venait de se passer. Je fini mon rapidement inspection, mis mon pyjama et descendis au salon récupérer mon téléphone, oublié dans la poche de ma veste. En le récupérant, un papier tomba au sol, dessus, il y avait un numéro accompagné d’un petit mot :

« J’aimerais beaucoup qu’on se parle de nouveau ! Eljia :) »

     Je souris légèrement, enregistrais son numéro dans mon téléphone et déchirais le petit mot pour n’en laisser aucune trace. Une fois dans mon lit, sous mes couvertures, j’observais mon écran, avant d’enfin me décider à lui envoyer un sms. Je mis un long moment à me décider sur le contenu du message. Finalement je ne fis pas dans l'originalité et lui envoyais le plus basique qu’il soit : « Salut, c’est Jade :) ». Ce simple message me fit stresser comme une gamine. 

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