- Chapitre 1 - Partie 1 - Triste Temps

La pluie était battante. Les parapluies ouverts, aidaient les gouttes à tintiller sur leur toile, brisant le silence de ce jour funeste. Bon nombre d'habitants du village de Sword's Head s'étaient regroupés dans le petit cimetière. Personne n'osait parler. Quelques sanglots résonnaient timidement, éreintant le clapotis de la pluie.
Les croques-morts avancèrent solennellement. Dans un silence religieux. Et ainsi, ils se placèrent autour des trois tombes déjà creusées. Des petites cascades de boues dégringolaient de celle-ci. Le bois vernis des cercueils lui, semblait se parer des pleurs des endeuillés afin de s'embellir.
    Le révérend Triskarian fit son entrée peu de temps après. À combien d'enterrement avait-il bien pu assister au cours de sa carrière ? À vrai dire, il n'aurait su le dire. Tristan Triskarian n'aurait jamais nié que certains eurent plus de poids sur ses épaules que d'autres. Cette fois-ci, il crut qu'il n'arriverait jamais sur la petite estrade. D'un air accablé, il regarda le ciel. L'averse le trempa, comme s'il cherchait à se rafraîchir les idées. En vain. Réunissant son courage, l'homme de Foi se tourna vers l'assemblée.
    Les visages étaient tous différents. Dans les premiers rangs, se trouvaient les gens proches des défunts. Vers le fond, tous les curieux de la ville, qui voulaient s'assurer de la mise en terre. Les défunts étaient jadis des personnes maudites à leurs yeux. Sûrement cherchaient-ils à être rassurés. Rassurés sur le fait que les trois morts, l'étaient bel et bien. Et qu'ils ne se relèveraient pas pour venir les hanter.
    Le révérend Triskarian commença son office, la voix fébrile.
- Famille, proches, et amis, nous sommes réunis en ce jour, afin de rendre un dernier hommage à nos chers Amanda, Peter, ainsi qu'à leur fille, Rosaleen. D'aussi loin que se souvient notre petite ville, les VonCriskony firent partie de notre communauté. Chacune de ses générations a participé à notre paix, tout comme à notre protection. Pourtant, aujourd'hui, nous perdons bien plus que des mécènes. Nous perdons des êtres chers. Nous perdons des parents. Une sœur. Nous avons perdu des amis, des confidents. Une protection...
    Il marqua une pause. Combien de fois avait-il répété ces mots ? Il n'aurait su le dire. Mais pour la première fois de sa carrière, il n'avait plus les mots. Ses tripes le tiraillaient. Tristan, eut une profonde tristesse qui se lut sur son visage. Ses yeux étaient posés sur l'habitacle en bois de ladite Rosaleen. Sa chère Rosie. Son portrait lui faisait honneur. Son attitude sur l'image était sournoise. De la même sournoiserie que lorsqu'elle était face aux criminelles qu'elle traquait.

L'ecclésiastique revit son sourire espiègle se cacher dans les poutres de son église lorsqu'elle souhaitait se cacher de ses frères. Ou des brimades des villageois. La paroisse de Tristan avait souvent critiqué la proximité du prêtre avec la famille « Maudite ». Mais, la langue de l'homme de Dieu, était une épée redoutable pour faire taire une langue de vipère.

    Le silence avait repris sa place dans le cimetière. Même la pluie se calma, sans se taire, accompagnant la peine des proches. Difficilement, le pasteur continua son discours, et en vint à bout.  La météo ne changea pas au long de la cérémonie. Comme si le ciel pleurait la mort des gardiens de son secret. Les curieux de voir les « maudits » aller sous terre, furent les premiers à se disperser. Les cercueils n'étaient pas encore totalement descendus. Pourtant, le nombre dans l'assistance baissa drastiquement.
    Une femme cependant, resta non loin des trois frères de Rosaleen. Une femme dont le visage ne leur dit rien. Après tout, étaient-ils seulement capables de reconnaître quelqu'un ? Ils n'en étaient pas sûrs. Leurs yeux, rougis par le deuil, la souffrance, et la colère, ne pouvaient se détacher des trous dans lesquels, les fossoyeurs remettaient une terre boueuse. Le bois ne fut bientôt plus visible.
    Ce fut à ce moment que les proches des ensevelis se donnèrent rendez-vous dans le Manoir familial. Le vin d'honneur serait le dernier hommage envers Amanda, Peter et Rosaleen. Il était temps de se rappeler une dernière fois d'eux, avant de les laisser aux côtés des Dieux.
    La femme s'approcha alors des héritiers VonCriskony, lorsqu'ils furent les seuls présents dans le cimetière. Les trois frères étaient détruits. Cela se voyait dans la fatigue sur leur visage. Perdre ses proches était déjà difficile... Mais dans ce cas-ci, elle ne pouvait imaginer la douleur qu'ils ressentaient.
    Le ventre de l'inconnue se tordit quand elle se souvint des gros titres de la semaine précédente.
«  Triple meurtre dans « Le Manoir d'en Haut » » .

Miss Pimpelplum ne comprit jamais comment une telle chose avait pu arriver. Le cœur serré, la petite bonne dame s'avança jusqu'à être à hauteur des hommes. Sa voix, bienveillante, ramena les héritiers à l'instant présent.
" Je tenais à vous présenter mes condoléances. Je ne vous connais pas, ou très peu... Mais votre sœur m'a beaucoup parlé de vous. C'était une jeune femme incroyable.
—  Merci Miss Pimpelplum, répondit Aiden, l'aîné de la famille, reconnaissant la pâtissière du centre-ville. Il est vrai que nous n'avons jamais eu l'occasion de nous rencontrer. Rosie nous a aussi beaucoup parlé de vous. Vous tenez cette petite auberge dans la basse ville, n'est-ce pas ?
—  Tout à fait, rit-elle tristement, il est dommage de se rencontrer dans de pareilles circonstances. Vous m'en voyez navrée. Sincèrement. Mais sachez que les portes de mon établissement vous seront ouvertes avec plaisir. Il n'y a rien qu'une bonne pâtisserie ne puisse aider à consoler."
Sans attendre de réponse, la petite femme tapota l'épaule d'Aiden avant de marmonner quelque chose d'incompréhensible, et de tourner les talons. Elle ne se retourna pas, même lorsqu'elle leur fit un signe de la main pour leur dire au revoir. Les frères se regardèrent, un air d'incompréhension sur le visage.
" Et bien quelle drôle de petite dame, conclut Jonathan.
—  À qui le dis-tu..."
    Aiden resta évasif tant dans sa pensée, que dans l'horizon qu'il fixait. La silhouette de la femme avait disparu derrière les petites bosses verdoyantes de leur prairie celte. Pourtant, l'homme était absorbé par le paysage. Comme si la réponse à toutes ses questions allaient apparaître.
"  Allez les gars. Il faut qu'on aille rejoindre les autres pour le vin d'honneur. Nous avons suffisamment pris de retard pour mettre à l'épreuve les nerfs de Grand-Mère Blanche.
—  Mon cher Kylian, il y a des fois où j'aimerais que tu ne sois pas aussi trouillard. J'aurais préféré rester ici plutôt que de trinquer avec tous ses hypocrites", asséna Jonathan, le ton rude et brusque, comme à son habitude.
    Se soutenant mutuellement, ils prirent la direction de leur chez eux. S'armant de courage pour affronter le reste de leur famille.
 

Le salon du Manoir des Guthabais était plein. Des tables supplémentaires avaient dû être amenées ici. Elles croulaient sous les plats, les verres, les boissons et les présents. Des montagnes de fleurs en tout genre décoraient les lieux. Certaines dans d'élégants vases victoriens, les autres, déposées ci et là sur le sol. Les valets de pieds eux, décoraient aussi les lieux, se tenant non loin des portes. Discrets, attendant que les invités aient besoin de leur service.

    Autrefois quadruplés, les héritiers du Manoir n'étaient à présent plus que trois. Personne n'osait les approcher. Ils étaient en retrait de la pièce, faisant subtilement comprendre à leurs invités qu'ils n'étaient pas d'humeur à converser. Ils se contentaient simplement d'écouter ce qu'ils se disaient sur feux leurs parents. Le sujet de Rosaleen n'était pas encore arrivé dans les discussions. Ils redoutaient cet instant. Leur chagrin était si fort, qu'ils n'auraient eu aucune peine à déclencher une scène. La moindre attaque envers leur sœur avait toujours été prétexte à se battre. C'était à eux de la protéger. Et ils avaient tous échoués.

" Comment peuvent-ils rire alors qu'on vient à peine de les enterrer ?" Cracha soudainement Jonathan.

    Aiden et Kylian se tournèrent vers lui. Des trois hommes VonCriskony, il était sans conteste le plus impressionnant. Que cela soit de par sa taille, la plus imposante de la fratrie, que par ses muscles, ou bien encore le timbre grave de sa voix. Tout en lui transpirait la testostérone, la sensualité, mais aussi la brutalité. Ses cheveux, à l'instar de sa barbe, était d'un noir profond. Tranchant avec le bleu clair de ses yeux. De la famille, il était aussi le seul à ne pas avoir une pâleur caractéristique. Sa peau, légèrement halée, n'était pas non plus aussi bronzé que les paysans du Sud de la France. Mais il semblait néanmoins être le seul pourvu d'un mininum de  mélanine.

              D'allure intimidante, Jonathan était pourtant le plus ouvert aux autres. Son caractère social était bien une exception chez les enfants VonCriskony. Quand bien même ils venaient tous de la même portée, ils étaient tous très différents les uns des autres. Le reste de la portée était très introverti. Ses frères préféraient le calme aux mondanités. Ce qui n'était pas le cas de John. Il aimait être entouré. Il aimait faire la fête. Il aimait vivre. Il aimait plaire.

          Jonathan avait réussi à faire de son art de vivre un métier dans lequel il s'épanouissait.Bien que la fortune de sa famille pouvait lui offrir un vie oisive, il choisit une tout autre voix pour quelqu'un de son rang. Propriétaire d'un établissement libertin, son travail le rendait aussi craint que secrètement apprécié. Les gens, sans l'assumer, aimaient se rendre dans son établissement. Les clients y trouvaient une promesse de liberté, de sensualité, de plaisir. Les masques portés lors des soirées, comblaient le besoin d'anonymat des humains, cherchant à oublier leur réalité mornes et monotones.

         Malheureusement, une fois dehors, même les plus habitués recouvraient le visage du malaise quant à leur activité peu orthodoxe. Comme si le père Triskarian allait venir les chercher par la peau du cul, afin de les mettre dans leur cellule en enfer.
              John se demandait souvent combien de ses clients avaient pu, une fois sur la place du marché, critiquer sa famille. Faisaient-ils partie de ceux qui spéculaient sur leur "malédiction" ? Pourtant, en observant les gens présents dans son salon, une grimace de rage barbouilla son visage. Les villageois, aussi médisants sur les VonCriskony étaient-ils, avaient le mérite de ne pas être aussi hypocrites que leur entourage familial. Et quand bien même ils l'étaient, leurs bourses bien pleines, remplissaient allégrement les poches de Jonathan.

              Or, à l'heure actuelle, il devait redoubler d'effort pour ne pas se jeter à la gorge des cousins, oncles, tantes et autres proches présents dans sa demeure. Leurs rires l'irritaient. Ses frères et lui venaient de perdre les personnes les plus chères à leurs cœurs, et ils devaient supporter les moqueries, aussi innocentes soient-elles les concernant.

" C'est vrai qu'elle avait un sacré caractère la petite ! commenta une voix.
—  Vous vous souvenez, quand elle a déclenché la bagarre générale du pub des Tommy ? ah ah ! Quelle soirée ! Elle avait toujours un tour dans son sac pour animer l'ambiance, rit une autre.

—  Aussi belle qu'une rose couverte d'épines cependant, argumenta une troisième. Une beauté à couper le souffle, mais un caractère aussi impétueux que les sangliers sauvages.

        Des éclats de rires francs s'élevèrent dans le salon, accentuant la colère de Jonathan. Aiden, d'habitude la voix sage de la fratrie, ne songea même pas à calmer son frère cadet. Malgré sa diplomatie légendaire, il partageait, tout comme Kylian, le ressentiment de John. Et il ne pouvait que lui donner raison. Et en aucun cas, il n'empêcherait les choses d'éclater, si tel devait être le cas.

              Kylian, toujours en retrait, s'était perdu dans la contemplation des tableaux de la pièce. Ou plutôt le tableau. Le tableau de leur sœur. Celui où, elle affichait ce sourire qu'il ne connaissait que si bien. Des lèvres malignes, légèrement entre-ouverte, s'accompagnant de grands yeux curieux, avides de connaissance, avides de bêtises.

Sa contemplation ne dura que peu de temps. Bientôt, un brouhaha éreinta la bonne ambiance du vin d'honneur. 

" En fait, si je résume bien, aucun d'entre vous ne connaissait Rosaleen, quand bien même vous faisiez partie de la même famille ? Dénonça un homme, visiblement accablé et éméché.

—  Je vous demande pardon Mr... S'indigna l'un des oncles de la défunte.

—  Inspecteur Arthur Finley, se présenta-t-il sans rien rajouter.

—  Ô, je vois. Vous êtes le flic chargé de l'enquête sur le tueur Oxymorique, révéla le frère de Peter VonCriskony. Et, puis-je savoir, ce qui vous fait dire, que je ne connaissais pas ma nièce ?"

Les trois frères échangèrent un regard entendu. La situation risquait de dégénérer. Bien qu'Arthur et Rosaleen aient toujours eu une relation conflictuelle, ils régnaient entre eux des sentiments forts. Quand bien même aucun des deux n'aurait pu l'assumer. De cinq ans plus vieux que la défunte, ce fut lui, qui la fit entrer comme intervenante auprès des forces de l'ordre. Ils s'étaient rencontrés au détour d'une enquête. Une enquête, dans laquelle elle était suspecte. Elle fut conduite au poste de police, sereine. Une fois en interrogatoire pourtant, elle se ne sépara pas de son calme.
"Seuls les coupables ont quelque chose à se reprocher inspecteur. Ce n'est pas mon cas", avait-elle simplement expliqué. Amusé par le caractère singulier de la jeune femme, il n'eut pas le choix que de lui demander pourquoi des traces de son passage revenait souvent dans l'enquête. Alors, elle avait sorti un petit carnet en cuir, noir, rempli de note plus brouillonnes les unes que les autres. Rosaleen lui offrit le coupable sur un plateau en or. Elle avait mené sa propre enquête de son côté. Il apprit ainsi à quel point la jeune femme était passionnée par les énigmes, les enquêtes et autres remus méninges. Comprenant son potentiel, Arthur avait bataillé pour la convaincre de travailler pour lui. Et pour cause, une femme n'avait pas le droit d'excercer dans les forces de l'ordre, à leur grand désarroi. Alors, dans l'ombre de ses contemporains, Rosaleen devint la main droite d'Arthur..
              Malgré leurs incessantes disputes, ils n'en demeuraient pas moins des alliés de tailles. D'une proximité et d'une complicité qui pouvaient s'avérer redoutable. Ce fut grâce à leur travail mutuel qu'Arthur s'était vu promu responsable sur la traque du Tueur Oxymorique. Rosaleen enquêtait loin des convenances, tandis qu'Arthur se contentait des limites conventionnelles. Le statut de Rosaleen lui permettait certains écarts, qui, bien que peu acceptés par l'inspecteur, s'avérait d'une utilité redoutable. Arthur lui, permettait à la jeune femme d'atteindre des lieux et des endroits, que ce même statut lui refusait.
              Si seulement Arthur avait su. Si seulement, il avait su qu'il n'aurait pas retrouvé ce meurtrier à temps. Si seulement, il avait pu le retrouver avant... Alors, elle ne serait pas six pieds sous terre.
"Elle ne serait pas son chef d'œuvre" pensa sombrement Finley.
" Je dis juste Mr. VonCriskony, reprit calmement l'enquêteur, qu'entre une personne qui passe toutes ses journées avec quelqu'un, et une personne qui ne la voit qu'une fois tous les trente-deux mai, l'une des deux la connait mieux. Et, pour autant que je sache, je ne vous ai jamais vu travailler dans nos bureaux."
L'interlocuteur d'Arthur eut une grimace. Son orgueil, piqué au vif, ne pipait plus mot. Quand sa voix fut sur le point de revenir, sa mère intervint.
" Messieurs. quand bien même nous vivons un jour funeste, s'il vous plaît, sachons rester civilisés. La tristesse n'est pas une excuse à la déraison."
La vieille dame ouvrit de gros yeux envers son fils, qui se confondit en excuse avant de disparaître dans la foule, la tête haute malgré tout.
              Grand-mère Blanche se tourna alors son attention vers Arthur dans le but de s'adresser à lui.
" Je vous prie d'excuser mon fils, la perte de son frère semble l'affecter bien plus que de raisons.
 —  Je peux comprendre, admit-il faussement. Mais je maintiens que peu d'invités connaissaient réellement votre nièce.
—  Oui, il est vrai que  je ne peux pas vous contredire."

Tandis qu'elle s'exprimait avec une voix calme, elle se dirigea à travers le salon, afin de trouver une assise pour ses faibles jambes. Finley la suivit silencieusement, attendant qu'elle finisse de recevoir les condoléances des invités.
              L'homme en profita pour porter un œil attentif à chaque détail de la place. Il mémorisa la place des fauteuils Louis XIV. Il garda en mémoire les divers tableaux, tout comme les invités, les tenues, et tout ce que ses yeux trouvaient à retenir. Il finit par s'attarder sur les héritiers de la famille.
              Il ne leur avait jamais vraiment parlé. Pourtant, il se sentait plus proche d'eux que beaucoup de personnes dans ces lieux. Il avait,à de nombreuses reprises, entendu parler d'eux. Il se souvint de la voix de la jeune femme. Les nuits pouvaient être très longues en filature. Il se rappela son unique fossette, sur sa joue gauche, lorsqu'elle racontait leurs aventures rocambolesques. Lui, qui n'avait pas de famille, l'enviait. Arthur, en cet instant, n'eut qu'un regret. Il regretta de ne jamais avoir avoué à Rosaleen, à quel point il avait apprécié leur collaboration. Quand bien même le caractère impétueux de son ancienne partenaire avait pu les mener dans des situations compliquées.
              Pour une raison inconnue, un souvenir particulier se raviva dans son esprit. Juste avant d'atterrir sur le dossier du tueur Oxymorique, ils avaient dû démanteler un sordide réseau de trafic humains. Des enfants, orphelins, fournis à des gros bonnets pour toutes sortes d'utilisations. Mais aucune preuve ne pouvait être utilisée. Et pour causes ! Des policiers, corrompus jusqu'à l'os, brouillaient l'investigation. Il la revit, habillée d'une robe de nonne. La guimpe blanche cachant ses cheveux bruns, lui donnait une fausse innocence, qui aurait pu lui accorder le bon dieu sans confession. La robe noire à longue manche, cachant l'intégralité de son corps, n'en laissant pas moins deviner les courbes de la jeune femme.
              Le chef du commissariat était fou. Fou de rage lorsqu'il comprit ce qu'avait fait son subordonné. Il s'agissait de faute grave. La loi protégeait les gardiens de l'ordre, mais elle avait ses limites. Faire appel aux services d'une femme, se déguisant en nonne, dans le but de commettre une infraction, ne pouvait être toléré. Même si cela avait permis de boucler l'affaire.
    Finley la revit, retenant difficilement une expression mi-figue mi-raisin. La fierté d'avoir sauvé des enfants d'un triste sort, la rendait fière, cela se lisait dans sa pupille. Mais elle évitait le regard de son équipier. Et lorsqu'elle accepta enfin de le regarder, la police des polices entra dans le bureau. 
" Mr. Longchill, vous êtes en état d'arrestation pour corruption et entrave à la justice"
              Arthur ouvrit des yeux ahuris ce jour-là. Mais l'expression sur le visage du chef de brigade lui avait glacé le sang. Il était coupable. Rosaleen, elle, eut un regard désolée envers son coéquipier. Elle savait à quel point cet homme était un modèle pour lui. Or, son sens, et son besoin de justice, n'auraient pu laisser passer un tel crime.
              Ce jour-là, Rosaleen lui avait appris une terrible vérité. L'humanité était corrompue jusqu'à la moelle, et personne, ne dérogeait à cette règle.

 

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ClementNobrad
Posté le 29/11/2022
L'ouverture sur un enterrement et la mise en terre est originale.
"Le bois vernis des cercueils lui, semblait se parer des pleurs des endeuillés afin de s'embellir." J'ai particulièrement aimé cette image. Très joli.

Si j'ai bien compris, Rosaleen est morte avec ses parents et laisse derrière elle trois frères endeuillés. (Ils étaient quadruplé). J'avoue m'être un peu perdu dans tous ces personnages. Après, cette réunion funeste est forcément sujette à découverte de nombreux personnages. Mais je n'ai pas saisi tous les antagonismes et les reproches que les uns se faisaient aux autres, notamment cette histoire de "malédiction".

Rosaleen est morte à cause de l'enquête qu'elle menait, mais pourquoi ses parents sont morts? Je suppose que tout ça est éclairci dans la suite des chapitres :)

En tout cas, l'ambiance est pesante (c'est un compliment) et "sombre" à souhait. Le ton est clairement donné. (D'ailleurs j'aime beaucoup le titre de ton histoire, ça m'a tapé dans l'oeil).

"Comme si le père Triskarian allait venir les chercher par la peau du cul, afin de les mettre dans leur cellule en enfer." Cette phrase, particulièrement familière, détonne avec le style général du reste du chapitre, où alors le chapitre ne comporte pas assez de ces disgressions familières - au choix :) Je trouve le mélange pas assez assumé (et donc pas assez développé)

Au plaisir de te relire !

Des petits coquilles :
"À combien d'enterrement avait-il bien pu assister au cours de sa carrière ?" > J'aurais mis "enterrement" au pluriel.
"il choisit une tout autre voix pour quelqu'un de son rang" > une toute autre voie
"Des lèvres malignes, légèrement entre-ouverte" > entrouvertes
"rempli de note plus brouillonnes les unes que les autres" > rempli de notes
MerryDeLaLune
Posté le 02/12/2022
Merci pour ton commentaire et pour avoir pris le temps pour l'écrire.
J'avoue que pour le phrase familière faudrait que je l'enlève x) elle fait partie des traces de l'ancienne version qui était plus moderne, mais l'époque a changé entre temps ah ah, et faut encore que je recorrige tout.
en tout cas merci pour tes remontées, je vais déjà pouvoir corriger quelques trucs grâce à toi.
J'espère que la suite te plaira tout autant et que tu feras partie de l'aventure.

Concernant les informations, celles des parents viendra presque à la fin, mais tout aura une explication claire et nette , c'est promis. Mais je te souhaite bien du courage, parce que pour une raison expliquée dans les chapitre à venir, il y a une vraie pour que tout soit un peu brouillon et compliqué à saisir
EtoileLit
Posté le 29/11/2022
Oulala le John m’a l’air sexy !!! Miam miam ! Je veux en savoir plus sur Rosaleen !!! Et cet inspecteur me semble pas commode dit donc ! Je vais me faire un plaisir de lire la suite 🖤
MerryDeLaLune
Posté le 02/12/2022
Ah ah , Jonathan omygad, j'aurais jamais dû l'écrire ptdr, parce que je me rends compte depuis peu qu'il existe en vrai ce bâtard.
Mais tu vas apprendre pleeeein de truc sur notre Rosaleen nationnale eh eh
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