Chapitre 1 : Mon premier et dernier livre

Par MrIous
Notes de l’auteur : (En réécriture)

Lire ? Je n’aime pas spécialement lire. Le seul livre que j'ai pu lire sérieusement dans toute ma vie, c'est Tintin au Tibet. Pour être franc, mes parents trouvent que je pourris un peu trop dans ma chambre, devant la télé. Ils m'ont envoyé à la librairie la plus proche et m'ont dit d'acheter le premier roman qui me semble intéressant. Je ne sors pas souvent et je ne sais pas où se trouve l’antre pour les Bac Littéraire. Comme par hasard, elle se trouve juste en bas chez moi, comme si ça ne suffisait pas.
Je me dois d'y aller, sinon je sens que je vais passer un sale quart d'heure. En trente secondes, je suis dans la boutique qui empeste les centaines de pages imprimées de mots incompréhensibles par le trois quarts de la population multinationale qu'est la France aujourd'hui, dont moi.
Je parcours les rayons un par un, remarquant que certains bouquins avaient déjà vécus entre les mains de propriétaires irresponsables, enfin ce n’est pas moi qui devrais faire la leçon, surtout sur ça. Quand j’aurais fini mon livre, je le brûlerai, ou je le laisserai pourrir au fond d'un tiroir. C'est alors qu'un livre attire mon attention, sa couverte est plutôt classique j'ai envie de dire, elle est toute noire, l'ouvrage s'intitule ''La légende de l’humanité'', le titre écrit en rouge. Je ne vois ni nom d'auteur, ni de nom d'édition, rien à part le titre et un sous-titre ''Quand toutes bonnes choses ont une fin''. Je regarde l'autre côté du livre et j'ai vraiment aucune envie de lire le petit résumé. 
Un livre, avec seulement un titre, un sous-titre, noir et un nom totalement glauque … je m'étonne moi-même d'être intéressé par ce truc. Finalement, je l'achète et sans plus tarder je retourne chez moi. Plus vite je l'aurai lu, plus vite j'en aurai fini avec cette histoire de bouquin.

Deux semaines plus tard, j'ai lu le livre en entier, il prend la poussière dans un placard et moi je continue de m'enfermer dans ma chambre. C'est alors que poussé par une envie de découverte, je me lance vers le monde extérieur et m’en vais faire une petite balade en ville. J'aimerais dire que c'est pour prendre l'air, mais étant quelqu'un qui reste cloîtré dans sa chambre toute la journée, ce ne serait pas crédible, alors disons que c'est mon subconscient de génie refoulé qui s'est enfin éveillé et qui m'y a poussé, même si ce n'est que du baratin. Je dis ''ville'', mais le peu de bâtiments se trouvent au centre-ville s'étendant sur un rayon d’un kilomètre, avec deux autres villes voisines et le tout entouré d’une immense forêt. Justement, en parlant de la forêt, j'y arrive sans vraiment m'en rendre compte. Je marche sur les feuilles mortes en ce début de mois d'octobre, en plein dimanche et il n'y a personne.
Une feuille de papier tombe à mes pieds, je regarde en l’air, mais n’y voit personne. Qui se baladerait dans les arbres en même temps ?! Je prends le papier par curiosité et le déplie. Il est marqué dessus : ‘‘Quitte cet endroit dans les cinq prochaines minutes, ou tu mourras’’. Y en a qui se font des menaces de mort comme ça, ce n’est pas pour moi ça. De toute façon, je n’ai aucune raison de partir. Si je trouve un banc, je m'y poserai et j'attendrai.
La chance. Une minute de marche plus tard, je trouve mon banc. À côté de celui-ci se trouve une poubelle avec un couvercle, une bouteille de panaché est posée dessus, mais elle est vide. Dommage, une petite gorgée me ferait du bien. Je m'assois et je souffle un bon coup. Finalement, prendre l'air ce n’est pas si mal, donc si je dois prendre une résolution l'année prochaine ce serait … … de laisser ma fenêtre ouverte toute la journée ! Comme ça, j'aurai l'air du dehors à l'intérieur. J'aurai oublié d'ici là, mais bon, tant pis.

Les cinq minutes après le message sont passées et il ne se passe rien, je savais que ce n’était pas pour moi. Pourquoi je m’en inquiète de toute façon. Un randonneur du dimanche ou un gars perdu comme moi arrive dans ma direction. Il s'arrête à mon niveau et semble m'adresser la parole :
« - Mec, t'as pas vu un papier par terre non ? »


Qui c'est ce type ? Il a le crâne rasé, ses petits yeux marrons de vicieux et son teint de peau café au lait ne me disent rien qui vaille et puis c'est quoi cet accoutrement ? Il porte un Marcel blanc et un jean complètement troué… en octobre, y fait froid là.
« - Ouais et alors ?
- T'as pas lu le message ? »


Quoi ? Ce type … ce serait lui ! Qu'est-ce qui se passe ? Je me sens mal, j'ai le cœur qui tape un sprint, pourquoi ce type me fait flipper ? Pourquoi j'en ai des sueurs froides ? Je tremble. Qui c'est bordel ?
« - Eh, t’as perdu ta langue morveux ?
- Je … j'ai vu le message ouais, mais c'est qu'une erreur j'en suis sûr.
- Non, ce n’était pas une erreur »


S'il veut me faire peur, il a gagné, alors pourquoi il continue ? Je vais vraiment péter un câble, je vais lui faire comprendre qu’on ne doit pas jouer avec mes nerfs.
« - Tiens, regarde ça. »


Me dit-il en sortant de sa poche un papier plié en quatre. Je le saisis et le déplie. Il s'agit d'un avis de recherche sur … … moi ?… Quoi ?

''Max Rani, recherché pour détention d'informations confidentielles et dangereuses, récompense de la mise à mort : 5 000 euros ou le double s'il est capturé vivant.
Signalement : Jeune homme de 18 ans, 1m70, cheveux châtain mi-longs, yeux gris, plutôt mince, porte en général sa chemise chétive grise, un gilet noir, un jean et des baskets noirs
''

C'est quoi ce délire ? Il y a même la signature du maire avec le tampon. Des explications, je veux des explications :
« - Eh toi, c'est une farce c'est ça ? Tu te fous de moi ?!
- Non, cet avis de recherche a été envoyé à tous les tueurs à gages de la région, le premier qui te capture vivant aura le double de la récompense, je ne vais pas rater ça.
- Mais qu'est-ce que j'ai fais ? C'est quoi cette histoire d'informations ? »


Merde, je transpire beaucoup trop, ma voix est fragile, je suis mort de trouille, mes genoux tremblent, je suis toujours assis et ce mec est aussi baraqué qu'un bodybuilder. Je ne peux pas m'enfuir.
« - Je me fiche bien de savoir ce que t'as fais imbécile. Tout ce que je veux, c'est la récompense. »


Il va m'attaquer, il lève son poing, je le sens déjà, sur ma joue, son poing. Je peux pas, je n’arrive pas à bouger, c'est trop dur, je suis paralysé. Que quelqu'un m'aide. Non, il va me frapper :
« - Ah ! Cris-je en refermant mes bras devant ma tête. »


Quoi ? Rien ? Il ne me frappe pas ? Il s'est arrêté ? Je baisse lentement mes bras et aperçoit son air déçu. Tiens, il pleut ?
« - Pff, je vais pas frapper une mauviette qui chiale. Je vais simplement te traîner et ça suffira »


Je pleure, alors c'est ça l'eau sur mes joues … je pleure ?! J'ai peur de mourir, alors je pleure. J'y crois pas.
« - Aller, viens là, me fait pas perdre mon temps ! »


Il va m'attraper ! Non ! Je repousse d'un seul coup sa main et sans réfléchir, je commence à courir, je prends mes jambes à mon cou et je fuis, loin d'ici.

Où fuis-je ? Je ne sais même plus où je vais, comme désorienté par la peur, je ne sais plus où je dois aller, je ne reconnais plus cet endroit. J'y viens pas souvent, c'est un peu normal, mais je ne pense pas être déjà passé par là tout à l'heure. Je n’ai pas le temps de réfléchir, j'ai un type dangereux qui veut ma peau, il me colle l'arrière train comme une moule sur son rocher. Qu'est-ce que j'ai bien pu faire ? Je ne vois pas ce que cela pourrait être ces ''informations confidentielles et dangereuses''. J'ai rien fait d'inhabituel ce mois-ci, je suis resté dans ma chambre et je suis allé au lycée comme tout le monde, je n'ai pas mis la main sur une quelconque information. Qu'est-ce que j'ai bien pu fai- ?
Le livre ! C'est sûrement la seule chose qui sortait de mon quotidien. Non, c'est une blague, si un livre comme ça détenait des informations si précieuses et dangereuses, alors qu'est-ce qu'il traînait dans les rayons d’une librairie ? Ça n'a pas de sens … mais l'absence de nom d'auteur et d'édition le rend encore plus suspect, pourquoi je ne me suis pas méfié quand je l'ai vu ? Je suis vraiment un idiot ! En plus ça ressemble à un conte fantastique leur truc, qu’est-ce qu’il y a de confidentielle hein ?!
Plongé dans mes pensées, j'en oublie que je cours et je trébuche sur une racine. Je tombe par terre la tête la première. Ça fait un mal de chien, en plus, j'ai déjà assez froid au nez comme ça, cette chute là m'a achevée. Mon poursuivant est déjà là, il se tient derrière moi, c'est en l'entendant que je me retourne vivement, il n'est même pas essoufflé, c'est un monstre ou quoi ?
« - C'est bon, t'a fini de fuir le pantouflard, tu me fais perdre mon temps. Si tu continues, je me verrais dans l'obligation de te tuer pour de bon, tant pis pour la récompense doublée. »


Oh non, je me suis mis encore plus dans le pétrin qu'au départ. J'ai juste lu un livre que je n'aurais jamais acheté normalement, maudit parents de mes deux, je vous en foutrais moi de ‘‘il faut que tu lises, ça peut t'aider’’ ou encore ‘‘c'est instructif de lire et ça t'apprend des mots nouveaux que tu pourras utiliser plus tard''. Si lire me permet d'être mise à prix, alors non merci !
Ma main glisse un peu en arrière et entre en contact avec un bout de bois, assez gros et légèrement pointu, une idée déjantée me traverse l'esprit comme un éclair. L'homme se penche, il veut m'attraper et me traîner … je ne veux pas, je ne vais pas me laisser faire ! Crève ! J'attrape le bout de bois et je ne vise rien en particulier, néanmoins, je le plante directement dans sa gorge. Mon coup est tellement direct que du sang gicle jusque sur mes joues, mon agresseur souffre atrocement, la douleur est tellement insupportable qu'il n'arrive même pas à enlever le bâton de sa gorge … qu'est-ce que je fais ? Il va mourir, c’est sûr. J'aurai tué quelqu'un, même si c'est de la légitime défense, j'aurai tué quelqu'un. Encore une bonne raison d'être mise à prix, la récompense va sûrement augmenter. Qu'est-ce que je peux faire bon sang ?
Je n’ai jamais souhaité avoir une vie mouvementée, je veux juste qu'on me foute la paix et rester dans ma chambre toute la journée. Je suis faible, pleurnichard et je ne sais pas me battre. Si je deviens un criminel, je ne tiendrais pas longtemps, je vais mourir beaucoup trop jeune. À part mon meilleur ami, un pote féru d'informatique et une folle qui prend un malin plaisir à taquiner mes points les plus sensibles remuant de plus en plus les couteaux dans leur plaie, mis à part eux je ne connais pas grand monde, j’ai loupé ma vie en tant que jeune, je ne manquerai à personne.
Je pense à cela et en attendant, mon agresseur vient de se vider de son sang, devant moi, je n'ai rien pu faire … qu'est-ce que j'aurais pu faire en même temps ? Si je le laissais vivre il m'aurait attrapé après. Je n'avais pas le choix de le faire, je n’avais pas le choix si je voulais vivre.

Une semaine plus tard, j'erre ce soir dans les rues noires et froides, sans but. Je suis retourné chez moi prendre un gilet, des gâteaux, un peu de monnaie… j'ai laissé le livre aussi, il ne me causera que des soucis si je le prends. Depuis j'ai n’ai plus aucune nouvelle de mon entourage, que ce ne soit de ma famille ou de mes trois seuls amis. Je comprends parfaitement ma situation aujourd'hui, je suis dans une merde phénoménale. Que dois-je faire ? Je ne sais pas encore ? Puis-je me tourner vers quelqu’un ? J’ai déjà essayé… un échec. Juste pour un livre, je me suis retrouvé embarqué dans cette histoire sans m'en rendre compte.
J'arrive dans le parc de la ville, il y a un banc sous un saule pleureur, je vais me poser deux minutes, marcher m'a épuisé. Je m'assois normalement et sans faire attention, je plonge lentement et dangereusement dans un profond sommeil, où le seul rêve possible à faire est de vivre un passé que je regrette amèrement

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Mandragor
Posté le 24/01/2020
Je ne suis pas douée ni nécessairement la mieux placée pour écrire un commentaire constructif. Je vais cependant essayer.

Je dois avouer que je n'ai lu que le début et la fin. Je trouve le rythme de ce récit assez inégal, personnellement ça m'a assez dérangée. De plus, certaines répétitions assez désagréables m'ont littéralement arrachée à la lecture.
C'est assez.. Décousu ne serait pas le bon mot.
On sent vraiment une envie d'écrire, cependant.

Pour un premier chapitre, on peut dire que c'est de l'escalade rapide ! En fait, tu ne laisses pas le temps aux choses de se passer, c'est "Tac-Tac-Tac-Tac" et c'est un chouille indigeste. Sans compter le fait que l'ensemble n'est pas très fluide et que ça picote un peu.
Je ne cherche pas à accabler, en tout cas ce n'est que mon avis, pour ce qu'il vaut. J'espère que cette review s'avérera un minimum constructive et utile.
Bonne continuation !
MrIous
Posté le 24/01/2020
Étant donné que cette histoire a été écrite il y a longtemps et que je n'y es pas retouché, je ne m'attendais pas à de grandes louanges. J'ai conscience de l'effet "Tac-Tac-Tac" dont tu parles, surtout au début etble milieu n'en ai pas mieux. J'ai fait beaucoup en terme de récit a la première personne et ce chapitre mérite réécriture. Je suis content de ton commentaire, il confirme quelques craintes que j'avais à l'égard de cette histoire. Merci Mandragor
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