Chapitre 1 : L'invitation

Par Mary

Chapitre I

L’invitation

 

 

 

 

 

 

Le fiacre cahote sans douceur sur la route qui nous mène de la maison à Rosewood Manor. Sur les arbres, la pluie a détrempé les feuilles dorées dont certaines se détachent déjà de leurs branches avec une langueur triste. Une de ces journées de début d’automne où chaque son s’embourbe dans la grisaille maussade du Suffolk.

      À ma gauche, Mère resserre les pans de son châle.

      — Quel temps affreux ! Si j’avais su que le trajet serait si long, j’aurais pris une couverture. Je croyais ce Monsieur Stone notre voisin et nous voilà partis depuis vingt bonnes minutes.

            Père penche la tête et sort sa montre de son gousset.

            — Il est notre voisin, très chère. Nous avons passé le portail principal il y a environ dix minutes et traversons actuellement le parc. Et c’est Lord Stone, ajoute-t-il en se rengorgeant.

            Père ferait n’importe quoi pour s’attirer les faveurs de la bonne société. C’est d’ailleurs sous l’influence de ses associés au cabinet et de leur principal client, Lord Bancroft, que nous sommes partis de Londres pour nous installer à Chester House. Quand nous avons reçu l’invitation à venir prendre le thé à Rosewood Manor, la semaine dernière, il en a presque sauté de joie.

            — Agathe, je t’en prie, tiens-toi droite. Nous devons absolument faire bonne impression, insiste Père en rangeant sa montre. Lord Stone est paraît-il un excentrique, mais ça ne l’empêche pas d’être aussi l’une des plus grandes fortunes de la région.

            — L’as-tu déjà rencontré ? demande Mère.

            — Non, mais Lord Bancroft m’en a parlé. Il a été un des plus jeunes professeurs de Cambridge il y a quelques années, avant de se retirer ici pour s’occuper de ses affaires.

            Je relève les yeux, soudainement intéressée.

            — Qu’enseignait-il ?

            Père soupire avant de m’avouer :

            — La physique.

            Je garde mon masque de fille sage, mais tout en moi jubile. La physique ! Mes parents dédaignent mon dévouement à la discipline et trouvent cela fort inconvenant pour une demoiselle de dix-neuf ans. Voilà pourquoi Père a soupiré et que Mère me glisse un « J’espère que tu sauras te tenir, cette fois » désapprobateur. Je ne peux pas leur donner tout à fait tort, ma dernière apparition en public fut des plus embarrassantes — même pour moi. Heureusement que Ravencourt n’a rien ébruité de notre échange, car je ne vois pas comment nous aurions pu éviter le scandale.

            — Oui, Mère.

            C’est plus fort que moi. Je ne peux pas m’empêcher de répondre, de dire ce que je pense. Ravencourt n’en est qu’un parmi tant d’autres, malheureusement, mais je ne regrette rien. Comment quelqu’un, qui jouit de tous les privilèges de l’éducation masculine, décide-t-il de se limiter aux additions et aux soustractions en y trouvant de surcroît matière à plaisanterie ? Cela me dépasse. Il y a tant à apprendre dans le monde, et des idiots comme lui prennent la place… eh bien, une place que je pourrais occuper si seulement je n’étais pas moi. Cette injustice me révolte, sans compter que la plupart des jeunes femmes de mon âge ne semblent même pas s’en apercevoir ou pire, l’entretiennent. Je me souviens d’un bal particulièrement raté où Millicent Davenport, avec qui je m’étais toujours bien entendu jusque là, m’a lancé un persiflant « Personne ne veut d’une fille qui essaye de réfléchir comme un homme. » Je ne me rappelle plus exactement ce que je lui ai rétorqué, mais elle en a été si choquée qu’elle a gardé le lit pendant deux jours.

            Mes parents ont tout essayé et je le jure, j’ai fait de mon mieux pour me départir de ce tempérament, en vain. Ils ne comprennent pas comment ils ont pu élever deux filles aussi radicalement différentes. Ma sœur Euphemia, qui a quelques années de plus que moi, est la douceur incarnée. Elle s’est mariée l’année dernière et elle est tout ce dont un homme puisse rêver. Pour elle, tout semble si simple. Je souhaiterais vraiment ne pas embarrasser mes parents, mais ce qui m’intéresse, ce sont les sciences, et plus particulièrement l’astrophysique. Les tâches ménagères, la couture, la mode me sont tout à fait étrangères. Mère a tenté de me faire lire les traités destinés à l’éducation des jeunes filles, sans succès, surtout que la même semaine, j’empruntais le dernier numéro paru de l’Astronomical Journal à la bibliothèque. Le choix fut vite fait.

            La bibliothèque… C’est la seule chose qui me manque de Londres. Chaque fois que j’y pense, une douleur cruelle m’étreint le cœur. Cela, mes parents n’en savent rien, et tant mieux.

            — Ah ! s’exclame Père, m’extirpant de ma rêverie. Nous arrivons !

            J’écarte les rideaux voilés de la fenêtre. La résidence est invisible, mais le jardin s’étire devant mes yeux et se déploie comme dans les contes de fées qu’on me racontait le soir. La pelouse, ni trop courte, ni trop longue, recouvre le sol en un tapis lustré. Une forêt dense cerne le parc, auréolée des premières dorures de la saison. Pourtant, par petites touches, il reste encore un peu d’été. Les feuilles de bouleau ondulent et miroitent dans le ciel gris ; des arbustes exhibent leurs dernières fleurs avec tant de fierté que c’en est touchant. Un platane abrite un banc blanc, derrière lequel s’épanouissent d’impressionnants dahlias en bouquet. Je distingue, au fond à droite, un pavillon tout en colonnades bordées de buissons foncés, parsemés de fleurs rose et blanches que je ne parviens pas à reconnaître d’aussi loin. Enfermée dans le fiacre, je respire mieux devant cet océan de verdure. Mère s’extasie également, preuve que l’enchantement se poursuit de son côté.

            Mon regard se détache avec difficulté du spectacle et se porte sur le manoir qui apparaît en plein milieu du terrain. L’étrange construction emprunte sa rigueur à l’architecture Tudor, mais a certainement fait l’objet d’importantes restaurations par-dessus le bâtiment originel. La couleur de la pierre n’est pas tout à fait uniforme et le rosier qui grimpe sur la façade principale ne s’est pas développé sur l’annexe qui s’avance dans la cour ; un rajout évident, avec de grandes fenêtres à croisillons de plomb dignes d’une chapelle. Une bonne dizaine de cheminées parsèment le toit en ardoise et laissent échapper de légers panaches de fumée. De larges plates-bandes s’étalent le long des fondations, agréable mélange hétéroclite de toutes les plantes qui font le charme de la campagne anglaise. Un gros pied de sauge encore fleuri s’épanouit au pied des marches claires, mêlé d’aster qui courent jusqu’à un hortensia démesuré installé dans un coin d’ombre. De vifs pompons de phlox caressent les bordures de trois grandes portes-fenêtres qui, si je ne me trompe pas, ne desservent rien de moins qu’une salle de bal. 

            — Tout cela doit coûter une vraie fortune ! souffle Père, impressionné, avant de sortir en premier.

            La porte d’entrée du manoir s’ouvre à son tour à peine je pose le pied par terre et un majordome roux s’avance vers nous. Il n’affiche pas cet air perpétuellement contrit des employés de maison. Son expression est neutre, ses traits détendus ; il effectue ses gestes avec rigueur et professionnalisme et à voir la tête que fait Père en montant les marches, il est positivement ravi d’être traité avec autant d’égards. Une fois dans le vestibule, une voix enjouée s’élève :

            — Bienvenue à Rosewood Manor, Monsieur Langley.

            Le majordome disparaît avec nos manteaux et ce n’est que quand mes parents s’écartent que j’aperçois enfin celui que je suppose être notre hôte. Père s’incline sobrement :

            — Lord Stone. Nous nous rencontrons enfin, Lord Bancroft m’a beaucoup parlé de vous. Permettez-moi de vous présenter mon épouse Katherine et ma fille Agathe.

            — Charmé, Madame. Nathanael Stone, pour vous servir.

            Je profite qu’il se tourne vers Mère pour l’observer à la dérobée. Excentrique, peut-être, en attendant, il a un goût certain. Son costume de velours côtelé est impeccablement coupé et la teinte beige du tissu se marie parfaitement avec le foulard brique qui entoure son cou. Âgé d’environ une quarantaine d’années, il a les cheveux blonds classiques de l’aristocratie anglaise, avec quelques éclats de cuivre. Ce qui retient le plus mon attention, toutefois, c’est ce regard bleu pétillant de malice qu’il dirige maintenant vers moi.

            — Miss Agathe, donc. À la française ?  

            — La défunte mère de mon épouse était Française, s’excuse Père — qui regrette ce choix de prénom depuis dix-neuf ans.

            Je déteste le formalisme des présentations.

            — Je suis ravie de faire votre connaissance, Lord Stone.

            Une fois relevée de ma courte révérence, je perçois du mouvement derrière notre hôte. Un jeune homme brun, en complet bleu nuit simple et élégant, se tient à quelques pas. Le dos raide, les jointures de ses grandes mains quelque peu blanches, il ne doit guère être plus âgé que moi et sûrement tout aussi mal à l’aise. Je croise brièvement ses yeux noirs et détourne immédiatement le regard. J’ai promis de bien me comporter. On ne dévisage pas les gens de cette façon, encore moins les hommes. Lord Stone poursuit :

            — Ah, et voici mon cousin, Adrian Carver. Adrian, voici Monsieur Langley, notre voisin de Chester House, son épouse et leur fille, Miss Agathe.

            — Miss Agathe, répète-t-il en se tournant vers moi, c’est un plaisir.

            Il doit parler français, car il prononcé mon nom à la perfection.

            Je me contente d’une seconde révérence polie, discrète, quoiqu’un peu empruntée. Personne ne semble toutefois le remarquer alors que le majordome réapparaît.

            — Le thé est servi, Lord Stone.

            Je jurerai qu’il a souri quand il a prononcé ces deux derniers mots.

            — Parfait, Monsieur Blackwood. Je vous en prie, ajoute Lord Stone à notre intention, veuillez me suivre. Le thé est une délicieuse tradition et il serait dommage de ne pas profiter de chaque seconde.

            Il nous entraîne à travers le vestibule majestueux où trône un escalier en pierre moquettée qui monte jusqu’à une galerie desservant les pièces et le couloir de l’étage. Le parquet impeccable ne gémit pas une seule fois. Nous nous retrouvons dans un corridor aux portes fermées, occupé par de nombreux portraits de famille et quelques miroirs pour faire circuler la lumière du jour.

            — Ma famille est propriétaire du domaine depuis de nombreuses générations, explique Lord Stone, mais il avait subi les affres du temps et était encore inhabitable il y a quarante ans. Mon père a entrepris sa restauration peu après ma naissance et nous nous sommes définitivement installés ici. Chacun de nous y a fait des aménagements et la conception du jardin est l’œuvre de ma mère.

            — Le parc est tout à fait admirable ! s’exclame Mère. Si je puis vous poser une question, d’où vient ce nom, Rosewood Manor ?

            — Le rosier que vous avez aperçu à l’entrée est en réalité un rosier sauvage qui a poussé sur les ruines de l’ancienne demeure de style Tudor. Sans ses racines, nous aurions dû démolir toute la façade. Nous l’avons bien consolidé, avec l’aide des architectes. Même un tremblement de terre n’en viendrait pas à bout, mais rien n’aurait été faisable sans ce rosier. En outre, il me semble bien que j’ai désormais la plus grande collection de roses de la région.

            Le majordome nous ouvre les deux battants de la dernière porte d’une salle à manger lumineuse et meublée de façon exquise. De hautes fenêtres laissent passer le jour à travers des voilages blancs et au fond, une immense baie vitrée donne sur une verrière aménagée en jardin d’hiver. Un petit feu crépite dans la cheminée près d’un guéridon centré entre un canapé et deux fauteuils profonds. Une longue table rectangulaire occupe le reste de la pièce, recouverte d’une nappe épaisse et immaculée, et les housses de chaises brodées sont du plus bel effet. Le parfum des pâtisseries embaume divinement l’air alors que nous nous rapprochons de la table.

            Je suis placée à côté de Mère puis Adrian et notre hôte s’installent en face de mes parents. Je ne peux m’empêcher de saliver par avance ; ce n’est pas un thé, c’est un festin ! Des scones frais s’entassent dans un panier, près d’un bol de crème du Devon et de plusieurs pots de confiture colorés. Deux assiettes de sandwiches garnis se superposent l’une à l’autre sur un présentoir et une cloche de verre abrite un superbe gâteau nappé de glaçage. Le majordome apporte une théière en porcelaine blanche très sobre, qui contraste avec les arabesques fleuries des tasses et des soucoupes. Une fois le thé servi, il pose ensuite le pot à lait et la coupelle avec un citron tranché et s’éclipse discrètement.

            — Nous avons la chance d’avoir une cuisinière hors pair ! commente Lord Stone en examinant les plats. Si je ne m’abuse, elle nous a préparé son fameux gâteau à l’orange. Je vous en prie, mangeons tant que le thé est chaud !

            Je commence par un sandwich aux œufs délicieusement parfumé au curry et lorsque mon tour arrive, je m’empare des pinces et attrape un scone encore tiède. Après l’avoir tartiné de crème et de confiture de myrtilles, je mords poliment dedans en mesurant chacune de mes mastications. L’effort me coûte, car les superlatifs me manquent : c’est de loin le meilleur scone que j’ai mangé depuis longtemps. Je ne sais pas si la cuisinière est douée ou si c’est l’ambiance générale du manoir qui me subjugue, mais j’en oublie tout le reste, à commencer par les conversations polies des autres convives. Je ne reviens à la réalité qu’en glissant trois gouttes de citron dans ma tasse de thé avant de faire passer la soucoupe à Adrian qui me remercie d’un bref hochement de tête.

            — Lord Stone, dites-moi, commence Père une fois sa part de gâteau terminée, notre ami commun Lord Bancroft, m’a appris que vous étiez professeur à Cambridge, il y a quelques années.

            — C’est exact. J’étais chargé des enseignements de physique théorique et dynamique.

            Mon cœur s’emballe.

            Je garde les yeux rivés dans ma tasse.

            — C’est-à-dire ? Je n’entends rien à ces choses-là.

            — Eh bien, la physique théorique constitue l’étude des théories connues, les lois de Newton, par exemple…

            Mécanique des points, mécanique des fluides, cinétique…

            Je craque et complète précipitamment :

            — Alors que la physique dynamique s’intéresse aux mouvements des corps les uns par rapport aux autres à travers l’étude des diverses forces exercées sur eux.

            Je n’aurais pas dû, je le sais, mais pour une fois, j’ai quelqu’un avec qui discuter ! Mère se raidit à côté de moi, Père repose sa cuillère un peu trop violemment dans son assiette. Non seulement j’ai parlé sans y être autorisée, mais j’ai coupé la parole à notre hôte. Tandis que Lord Stone et son cousin me fixent, Père s’éclaircit la gorge :

            — Veuillez pardonner ma fille. Ses lectures lui sont montées à la tête.

            Contre toute attente, l’aristocrate me sourit :

            — Il n’y a rien à pardonner, Miss, car vous avez on ne peut plus raison ! Je n’aurais pas mieux dit moi-même.

            C’est impossible.

            — Vous vous intéressez donc aux sciences, Miss Agathe ? demande Adrian avec une curiosité bienveillante.

            Il a des lèvres pleines et une voix de contrebasse.

            — En effet.

             Je ne sais pas ce qu’il se passe, mais à Londres, on m’aurait déjà mise à la porte.

            — Et vous, Monsieur Carver ? Avez-vous des domaines de prédilection ? s’intéresse subitement Mère pour changer de sujet.

            — Je… j’ai un diplôme d’humanités de l’université d’Oxford, Madame. J’ai étudié la littérature classique et je réfléchis à une spécialisation en lettres modernes.

            — C’est tout à fait passionnant.

            Mes parents se détendent, l’incident semble oublié, mais Lord Stone me lance de chaleureux regards en coin que je ne parviens pas à interpréter. J’espère qu’il réorientera la conversation vers les sciences, mais Père a bifurqué sur la situation géopolitique au Soudan. Je découpe ma part de gâteau à l’orange, fondant à souhait, mais je n’ai plus aucun appétit. Ma déception est trop amère, sans compter la correction qui m’attendra au voyage du retour.

            Le reste de l’après-midi se déroule sans encombre et sans autre sujet à discorde. Je fais profil bas et ne parle plus que lorsqu’on me pose une question. Lord Stone se comporte en hôte exemplaire. Il évite avec adresse tous les écueils protocolaires et les discussions stériles sans tomber dans une éloquence déplacée. De ce que je vois aujourd’hui, il me semble être quelqu’un de bon et cultivé. Mon jugement peut paraître hâtif, mais j’ai décidé que je l’aimais bien : c’est le premier homme à avoir compris la nature de mes paroles sans les dénigrer. Adrian est discret, presque taciturne, que cela passerait facilement pour de l’impolitesse s’il n’écoutait pas chacun des échanges avec intérêt.

            La lumière du jour décline progressivement. Une petite bonne glisse son bras par la porte et active un bouton sur le mur : le lustre s’allume et illumine la pièce.

            — Ça alors ! Vous avez l’électricité ? s’étonne Père.

            — Bien sûr, répond Lord Stone avec un sourire. Je l’ai fait installé dans toutes les pièces de la maison il y a quelques années. Cela a demandé quelques aménagements, évidemment, mais c’est d’une commodité !

            — N’avez-vous pas peur que ce soit dangereux ? demande Mère — que toute notion de modernité effraie. 

            — Je ne m’inquiète pas, tout a été réalisé avec beaucoup de soin, tout comme la mise en service du téléphone.

            — Le téléphone ? Ici ?

            Père en manque de souffle.

            — Nous sommes vite éloignés de tout. Le médecin du village en possède un également et le comté a installé une cabine publique en face de l’épicerie. En cas d’urgence, c’est très pratique.

            Père acquiesce et soupire.

            — Bien sûr, bien sûr. Il se fait tard, nous n’allons pas vous retenir plus longtemps. Merci beaucoup pour cette délicieuse après-midi.

            — Tout le plaisir était pour moi. Je vais appeler Monsieur Blackwood pour vos manteaux, mais avant, permettez-moi de vous réinviter la semaine prochaine. Même jour, même heure. 

            Devant l’air interdit de mes parents, il se tourne vers moi et continue :

            — Voyez-vous, Miss, je ne connais rien de plus admirable que l’intérêt d’une jeune personne pour les sciences. Aussi, je souhaiterais poursuivre notre début de conversation au sujet de la physique, si vous le voulez bien. Je suis sûr que ce sera tout à fait passionnant.

            Si je pouvais, j'en sauterais de joie. 

            — Enfin, Mylord… balbutie Père, nous sommes très touchés, évidemment, mais ma fille n’a que de faibles connaissances en la matière. Elle n’a rien d’une scientifique !

            Le charme se rompt et je bous intérieurement. S’il savait ce que je fais de mon temps libre avec la complicité de ma gouvernante.

            — À entendre son explication sur la dynamique des corps, cher ami, je suis convaincu du contraire. Vraiment, j’insiste.

             Autrement dit, question de rang, question de politesse, l’invitation devient maintenant un ordre.

            La sueur perle au front de Père lorsqu’il articule avec difficulté :

            — Eh bien, dans ce cas, nous acceptons avec joie.

            Je réprime un grand sourire en enfilant mon manteau. Nous saluons nos hôtes en les remerciant encore avant de remonter dans le fiacre. Mère se jette sur moi à peine nous nous éloignons de Rosewood Manor :

            — Tu es IN-SOR-TABLE ! Comment as-tu pu nous embarrasser de cette façon ? Heureusement que Lord Stone s’est montré compréhensif, ou nous aurions pu dire adieu à notre plus prestigieux voisin ! Tu n’as aucune tenue, tu devrais avoir honte !

            — Calmez-vous, ma chère, lui intime Père. L’incident est clos, ce n’était pas si grave, en fin de compte.

            Père se range de mon côté, une première.

            — Et puis, continue-t-il, pour une fois que ces inepties scientifiques servent à quelque chose… Nous y avons gagné une nouvelle invitation !

            J’aurais dû m’en douter.

            Je ravale mes larmes, car pour la première fois depuis notre déménagement, je reprends espoir.

            Il me tarde la semaine prochaine.

           

           

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Hylla
Posté le 04/06/2020
Salut Mary !

J'attaque à peine Noctis et je suis totalement plongée dedans ! J'aime beaucoup - contre toute attente - la narration au présent. Combinée avec un point de vue première personne, ça rend le récit encore plus immersif.

Comme dit plus bas, j'ai trouvé la description dans ce chapitre un peu longue. Belle et bien amenée, certes, mais j'ai remarqué que je perdais de l'attention sur la fin de ce passage descriptif. Comme depuis le début la dynamique est très portée sur le dialogue, ça étonne un peu. Même si en fait, on est encore au début !

Aussi, dans un premier temps, je me suis interrogée sur la double voix narrative
avec l'italique. Je voyais bien la distinction entre ce qu'elle pensait et ce qu'elle donnait à voir aux autres et percevait des autres, mais sûrement faute d'habitude, ça m'a posé question. J'ai relu ces passages et ai finalement trouvé cette "double voix" pertinente et bien trouvée !

En tout cas, beau début, j'accroche !
Mary
Posté le 04/06/2020
Coucou ! Ca fait plaisir de te voir ici :D

Merci beaucoup pour ton retour ! Quand je le regarde maintenant je le trouve trop long aussi, je pense que je rajouterai un brin de dialogue pour éviter le "bloc de description"
La double voix je tâtonnais encore, elle va s'affiner pour atteindre un forme à peu près stable au chapitre 6 (j'harmoniserai à la fin!)

Ça me fait très plaisir que tu aies tenté l'aventure, merci beaucoup ! À bientôt dans les commentaires (et peut-être sur PA 😉)
Patatou
Posté le 03/05/2020
Hey,
Ce premier chapitre est à l'image du prologue, on en apprends davantage sur le personnage principal et sa famille. Les parents ont un comportement autoritaire, ils semblent exaspérés face au comportement de leurs filles et ça peut se comprendre, j'ai malgré tout un peu de mal avec ses deux là, on a l'impression que seule la société les importes. La question est de savoir pourquoi ? Est ce que ses parents vivaient autrefois dans la misère au point de devenir obsédés par la société ? Ont ils vécu des épreuves difficile sans jamais avoir pu recevoir de soutien financier de la part d'amis par exemple ? J'espère que l'on aura les réponses à cette question au cours de l'histoire d'autant plus qu'ils semble occuper une place importante.

Ensuite, il s'agit d'une simple remarque qui pourrait être intéressante à exploiter, nous somme presque au début du 20ème siècle et donc c'est exactement à cette époque que toutes les théories de la physique (Newton notamment mais aussi Einstein) sont remises en question pour laisser place à la physique quantique et à la relativité, c'est à cette époque que toutes ces théories qui semblaient acquises deviennent obsolète.
Agathe semble adhérer aux idées de Stone, elle l'admire et on a l'impression qu'une simple relation "professeur-élève" s'instaurera entre les personnages mais à la place de se contenter de suivre les idées de Stone elle pourrait montrer son point de vue sur la chose. Je trouve que cette manière d'introduire ses connaissances scientifiques contredis le personnage, bien sûr ça reste implicite donc pas vraiment gênant.

Pour que tu comprenne mon point de vue :
Ici elle est présenté comme une "suiveuse" qui utilise un vocabulaire scientifique pour paraître intelligente. En gros on a l'impression qu'elle se contente de réciter un bouquin par cœur, on se dit "ouais elle a une bonne mémoire" mais c'est tout. Il serait intéressant de montrer son point de vue aux prochains chapitres, quel est son avis, débattre, pour montrer sa perspicacité (elle pourrait mettre en avant les limites de cette science, montrer qu'elles n'explique pas tout...). Cela mettrait davantage en avant son caractère indépendant et rebelle.
Mary
Posté le 03/05/2020
Re !

Pour les parents, il ne faut pas chercher très loin : ce sont des notaires, des bourgeois donc, et non des nobles. Si tu veux te faire une place dans le monde, il n'y a QUE l'apparence et ta place dans la société qui compte. C'est entre autres pour ça que cette époque est fascinante. Les parents veulent simplement préserver leur place, voire l'améliorer, car une fois tombés en disgrâce, il est très difficile, voire impossible, de remonter la pente. Agathe les embarrasse parce qu'elle ne joue pas le rôle de la petite fille bien sage et comme il faut (contrairement à Euphemia qui est l'archétype même de la parfaite femme d'intérieur victorienne). Le récit est du point de vue d'Agathe, pour qui tout cela est accessoire. Les parents sont importants, oui, mais Agathe l'est plus ;)

Pour ce qui est de la physique, les théories de Newton sont déjà exploitées depuis des siècles. Quant à Einstein, il n'a encore rien publié et ne le fera pas avant 1905 pour ce qui marquera vraiment le grand début de ses travaux. La conception de la physique d'Agathe est évidemment archaïque par rapport à nos standards, c'est pourquoi j'ai dû, en plus des recherches historiques traditionnelles, faire un point précis de ce qui était d'actualité en sciences comme ce qui ne l'était pas.

Il faut aussi considérer qu'à cette époque, il est quasi impossible pour une femme d'être scientifique, c'est déjà exceptionnel qu'Agathe arrive à ce niveau-là en autodidacte. Tu en sauras plus sur son apprentissage dans le prochain chapitre !
La politesse la plus élémentaire contraint les femmes à ne parler que lorsque c'est leur tour ou qu'on leur en donne l'autorisation. C'est pour cela qu'Agathe se restreint sur ce qu'elle dit. Ce n'est pas qu'elle ne le sait pas, c'est qu'elle a intégré le fait que normalement, elle doit se taire. Encore une fois, le récit est du point de vue d'Agathe, donc on aura forcément son point de vue - et ce n'est que le premier chapitre :p Le but, c'est justement de la faire évoluer, s'émanciper, etc... Si le personnage est ce qu'il doit devenir dès début du roman, il devient vite fade.
Par contre, Noctis reste un roman ado, donc il ne faut pas non plus s'attendre à un traité de sciences :ça fait partie intégrante du personnage d'Agathe et j'en parlerai beaucoup, de la manière la plus juste possible, mais je ne vais pas m'étaler non plus sur le sujet, sinon je risque tout simplement d'ennuyer le lecteur XD

Merci pour ce retour très construit, ça me fait plaisir de voir qu'il suscite autant de réactions ! :D
À bientôt pour la suite !
Gégé
Posté le 14/04/2020
Je trouve que c'est très bien écrit, très fluide !

Ma seule remarque concerne plutôt les parents. On aimerait en savoir un peu plus sur eux, sur leur relation avec leur fille, pour mieux comprendre pourquoi ils ne veulent absolument pas que leur fille étudie l'astrophysique : après tout ils ont l'air de bien aimer se faire inviter chez les voisins, leur fille plaît au voisin en parlant de sciences, ça pourrait aussi les flatter par exemple.

Mais on le comprend mieux par la suite peut-être :)
Mary
Posté le 14/04/2020
Rebonjour !
Alooors les parents... Dans l'Angleterre victorienne, ta survie sociale ne passe quasiment que par les apparences. Avoir une fille qui répond, qui ne reste pas à sa place et qui a l'audace de s'intéresser à un domaine pour l'époque réservé aux hommes, ça fait tache. Une fille à ce moment-là ne s'émancipe de ses parents que pour se retrouver sous la coupe de son mari, mais bon, vu comment Agathe revoie bouler certains hommes, elle commence à les embarrasser. Pas assez, toutefois, pour refuser une seconde invitation car ce qu'ils veulent, c'est une place dans la bonne société, à n'importe quel prix.
J'espère avoir pu t'éclairer ! La société victorienne est fascinante aussi par ses paradoxes :)
À bientôt pour la suite !
Lutetia
Posté le 12/04/2020
Coucou !

Agathe ne regrette effectivement pas ses paroles et elle a bien raison de ne pas avoir sa langue dans sa poche. J'ai adoré lire ce petit voyage dans le voisinage. Tes descriptions permettent de suivre les pérégrinations et je trouve qu'il y a un bon équilibre entre elles, les pensées d'Agathe et les dialogues. La dynamique est d'autant plus présente grâce aux pensées de l'héroïne (que je trouve, soit dit en passant, vraiment excellentes !).

Quelle chance d'avoir de tels voisins ! Je n'ai qu'une hâte, voir comment se passera l'invitation de la semaine d'après. Je me demande si les parents d'Agathe vont changer d'avis à propos de sa "lubie" pour l'astrophysique étant donné qu'elle leur a permis de recevoir une nouvelle invitation !
Une chose est sûre, Lord Stone est quelqu'un de très avancé sur son temps !
Mary
Posté le 13/04/2020
Bonjour et merci de ton retour ! Oui, Stone est quelqu'un de trèès avant-gardiste dans sa façon de penser. Contente que le reste te plaise autant :D
À bientôt pour la suite !
Léthé
Posté le 11/04/2020
Salut Mary !
Quel plaisir de lire ta plume, j’ai l’impression qu’elle a évolué depuis le début du Lotus que j’ai lu il y a quelques mois ! Et vraiment, j’adoooore cette ambiance : je suis super nulle en histoire, donc je me laisse balader gaiement au fil de tes descriptions et c’est un vrai plaisir.

J’émets une mini-réserve sur la description de l’architecture de la maison qui est très dense et que j’ai eu du mal à visualiser dans ma tête : tu nous parles de chapelle, cheminée, escalier, baies vitrées, salle de bal, c’est à se demander si elle arrive à avoir un plan 3D de la maison 😂 Même si je comprends l’atmosphère, la description m’a un peu perdue. Pareil, je n’ai pas compris ce qu’était un escalier en pierre moquettée. J’ai supposé que c’était un escalier en pierre avec de la moquette dessus, mais alors pourquoi moquettéE ? Ou alors la pierre moquettée est un type de roche, je ne sais pas xD

Voilà, mis à part ça, le charme a totalement opéré de mon côté. Je crois que ce serait bien de donner davantage dans les autres sens comme tu es à la première personne : on a surtout la vue dans tout ce que ressent Agathe, mais n’oublie pas qu’il y a plein d’autres façons de nous montrer ce qu’elle vit ! Un peu de goût dans le passage de la cuisine, un peu d’odorat dans le jardin, le toucher d’un mur ou d’une étoffe, ça aurait pu nous donner de très belles images <3

Je t’avoue que ton roman commence si bien que je veux le vivre à fond ! Je veux que tu me transportes dans cette autre époque, chez Lord Stone. Je vais lire la suite de ce pas, l’intrigue a l’air de pointer son nez et je suis super impatiente !
Bisouuus
Mary
Posté le 11/04/2020
Hell ! Merci beaucoup, à vrai dire, j'ai le sentiment aussi que je n'écris plus de la même façon et curieusement, pour le moment tout est beaucoup plus facile avec Noctis qu'avec le Lotus. Peut-être est-ce que c'est parce que je l'ai dans la tête depuis deux ans ?
Tu vois, maintenant que tu me le dis, je me rends compte qu'il n'y a que le sens de de la vue, c'est frappant - du coup j'ai un peu honte XD Je reverrais ça aux corrections, mais vraiment, merci de l'avoir souligné, ça me sera utile pour la suite !
Tant mieux si l'ambiance t’enthousiasme autant, j'avais tellement tellement envie de vous raconter cette histoire !
Bisous et encore merci !
SalynaCushing-P
Posté le 04/04/2020
SAlut Mary. J'ai juste une petite remarque sur le mot astrophysique dans la bouche de personnage à la fin du XIXe.... Si l'astronomie, la physique et leurs dérivés existaient, j'ai un doute sur la "première apparition" de se mot dans le vocabulaire scientifique. Il sonne un peu bizarre à mes oreilles pour ces époques. A vérifier donc, mais c'est peut être moi qui suis dans le tord.
Sinon rien à redire ;)
Mary
Posté le 04/04/2020
Hello ! Je te remercie de ta remarque, puisque je me l'étais déjà faite quand j'avais commencé l'écriture! En anglais, le mot astrophysique apparaît dans les années 1870 dans les publications scientifiques, c'est pour ça que je n'ai eu aucun complexe à l'utiliser même si je reconnais qu'il sonne bizarre pour l'époque. Dans le prochain chapitre, j'utilise "mécanique céleste" qui colle peut-être un peu mieux à l'ambiance et à la spécialisation d'Agathe, mais on croisera astrophysique de temps en temps. Merci beaucoup en tout cas de ta lecture et à très vite pour la suite ! <3
SalynaCushing-P
Posté le 04/04/2020
:) ca marche super ! Je serai moi même moins bête ce soir en sachant que le mot datent des années 1870! Parfait alors :) On se retrouve bientôt dans le prochain chapitre ;)
Alice_Lath
Posté le 02/04/2020
Haha, j'adore sa passion peu commune pour la physique, et j'ai envie de lui dire: courage Agathe, d'ici quelques années, y'aura encore mieux que Newton: la physique quantique. Et puis, elle a un sacré caractère encore une fois, ça fait plaisir de voir un personnage aussi flamboyant et qui s'emballe dès que l'on touche à sa passion. Et puis la maison... Je pourrais vivre dans une maison comme ça haha, on ne pourrait pas me déloger. La scène du goûter était particulièrement appétissante et réussie d'ailleurs!
Mary
Posté le 02/04/2020
Si j'avais un Rosewood Manor, je n'en sortirais pas non plus ! <3 Elle a tellement l'habitude de ce restreindre sur le sujet de la physique que dès qu'elle voit un opportunité se présenter, elle ne résiste pas. Ah, merci pour le teatime ! et
merci de ton commentaire :D
Cocochoup
Posté le 30/03/2020
J'aime beaucoup comment tu retranscris la fougue d'Agathe !
Il est très facile de s'imaginer tes personnages et leur caractère
Et tout comme Agathe, j'aime décidément beaucoup ce lord 😁
Concernant Adrien... Taciturne mais meme age... Pourrait on entrevoir le début d'une romance ?
Mary
Posté le 30/03/2020
Hey ! Aaaah Adrian et Stone ont chacun leur charme. Je ne dirais rien, tu verras bien !
Merci beaucoup de ton retour, rien de tel pour me booster le moral de bon matin !

À très vite pour la suite !
Isapass
Posté le 29/03/2020
Vraiment c'est un plaisir : ta plume, dans un genre différent du Lotus, est toujours aussi agréable à lire ! C'est toujours aussi fluide, pourtant je ne doute pas que chaque phase est travaillée avec attention, au mot près ! On n'obtient pas ce résultat par hasard !
Ce premier chapitre prend son temps, avec de belles descriptions, une présentation détaillée des personnages du point de vue d'Agathe et même le menu du thé. Ce n'est pas du tout une critique au contraire : ça aide à installer le flegme tout britannique de cette scène.
L’électricité et le téléphone ont tendance me laissent croire que l'intrigue se déroule au début du vingtième siècle ? Ou toute fin du 19ème, peut-être ? Les manières relativement informelles (par rapport à des époques antérieures, en tout cas) correspondent bien à ça, ainsi que la manière de penser d'Agathe. Pour avoir ce genre de pensées, il faut qu'elle ait accès à des sources qui me semblent impensables plus tôt.
Même si la tournure des événements, avec la seconde invitation de Lord Stone, laisse augurer qu'Agathe aura de quoi exprimer son inclination pour les sciences, impossible pour le moment de deviner vers quoi tu vas nous emmener ! Mais ce n'est pas grave : comme Agathe, je n'ai qu'une envie, être à la semaine prochaine pour découvrir la suite ! D'autant que j'aimerais en savoir plus sur le mystérieux Adrian !

Détails :
"Je ne me rappelle plus exactement ce que je lui ai rétorqué, mais elle en a été si choquée qu’elle a gardé le lit pendant deux jours." : excellent !
" Le reste de l’après-midi se déroule sans encombre et sans autre sujet à discorde. " : j'aurais plutôt attendu "sans autre sujet de discorde" ou même (parce que je crois que ce n'est pas exactement ce que tu veux dire "sans autre sujet de potentielle discorde" ou quelque chose comme ça. En tout cas, je ne suis pas fan de ce "à discorde" (tu n'avais pas oublié mes pinaillages ? ;) )
"Adrian est discret, presque taciturne, que cela passerait facilement pour de l’impolitesse s’il n’écoutait pas chacun des échanges avec intérêt." : Adrian est si discret

Bravo pour ce début alléchant !
Des bises !
Mary
Posté le 29/03/2020
Merci beaucouuup de ton commentaire ! Figure-toi que tes pinaillages m'avaient manqué :D Merci également pour le compliment sur l'écriture, je suis heureuse que ça passe tout seule, j'avais vraiment peur que le langage plus soutenu que le Lotus passe moins bien.
On est en 1898, je le dis dans le chapitre suivant ! Si tout se passe comme je veux, tu l'auras même ce soir !
Ah Adrian <33

À très vite !
Sorryf
Posté le 28/03/2020
Contente de me replonger dans ta plume ! C'est un chouette début, l'ambiance historique est encore une fois super bien rendue (mais comment tu faiiiiiiiis ? ça a du te prendre mille ans de recherches ?!) et j'adore ton héroïne, qui se laisse pas faire ! J'aurais bien aimé savoir ce qu'elle a répondu a cette pauvre Millicent !
Trop contente qu'elle ait rencontré ce professeur de physique, ça me fait vraiment plaisir pour elle, j'espère que ses parents vont lui lâcher la grappe !
Histoire de pinailler, j'ai trouvé un petit peu long la description de la nourriture (désolée).
Mary
Posté le 28/03/2020
Heyyy ! Ca me fait plaisir de te retrouver ici !
Euh, moins que le Lotus pour l'ambiance, j'avais étudié l'Angleterre victorienne à la fac :D Pour ses parents, tu verras bien, mais vraiment, qu'est ce qu'ils sont ch*** XD
Oui, je suis pas encore au point sur les passages descriptifs, surtout avec la première personne. J'ai déjà prévu de le retoucher !
Eulalie
Posté le 25/03/2020
Salut Mary,
c'est toujours aussi délicieux.
J'ai adoré la description de la maison, le chemin si long qui y mène me rappelle quand je vivais dans le Cheshire et que j'allais visiter ces anciennes demeures transformées en musée.
Je suis sous le charme de Lord Stone, de son cousin et même de son valet. Ils ont l'air d'être vraiment uniques et unis. J'ai autant hâte qu'Agathe d'avoir la suite.
Je suis un peu sceptique sur les description de fleurs que tu fais : si on est au début de l'automne, comment se fait-il que tout soit encore fleuri ? Je ne suis pas très renseignée en la matière mais pour moi les fleurs c'est le printemps, à la rigueur l'été. Est-ce que ce sont des variétés spécifiques que tu es allée chercher ?
J'ai été également un peu étonnée de la description de toutes les actions qu'Agathe effectue à table : se servir de sandwich, puis de scone, puis manger le scone, puis mettre du citron dans son thé et faire passer les plats. Je comprends l'intérêt de faire l'éloge de la cuisinière et la description des manières de l'époque, et en même temps, je trouve cela un peu long. J'aurais aimé avoir un peu plus accès à ses sensations directes (le goût, la texture) et moins à ses gestes.
Une dernière remarque qui concerne la conversation et sa réaction : j'ai trouvé qu'elle s'était trop peu contenue pour les remords qu'elle éprouve ensuite. Son intervention me semble un peu trop vive et trop tôt dans la conversation. J'aurais aimé qu'on la sente lutter contre elle-même un peu plus. J'ai la sensation également que le remords qu'elle éprouve est disproportionné : si elle a un fort caractère, pourquoi reste-t-elle autant en retrait ensuite ? Pourquoi craint-elle un châtiment (et lequel du reste ?) sans même tenter de prouver qu'elle avait bien fait d'intervenir. D'autant que Lord Stone a bien accueilli sa remarque et qu'il lui a fait des oeillades encourageantes.
Malgré tout, mon plaisir de te lire est entier et tu peux compter sur moi pour la suite !
Mary
Posté le 25/03/2020
Hellooo !
Merci beaucoup <3 Ah, mais Stone et Adrian, j'ai teellement envie que vous faire rencontrer tout le monde, si tu savais !

Pour les fleurs, crois-moi, j'ai une année de floraisons successives de prévues à Rosewood Manor XD Il y a plein de fleurs qui s'épanouissent entre la fin de l'été et l'automne, il y a aussi plein de couleurs en hiver, il faut savoir où les chercher ! Sans compter qu'il y a des roses presque en toutes saisons - selon les espèces. Les phlox, bien entretenus, par exemples, fleurissent sans discontinuer du milieu du printemps jusqu'à octobre. Les asters, de l'été (plus ou moins tôt selon les régions) jusqu'au début de l'hiver.
Il est vrai que j'aurais peut-être mieux fait de m'attarder sur les ressentis des pâtisseries plutôt que sur ces gestes. Quand tu me le dis, c'est évident. Toute seule, je ne sais même pas si je m'en serais rendue compte.
Hmmm alors en fait, le problème d'Agathe dans toute la première partie - et c'est assez difficile à rendre vu que j'apprivoise encore la narration à la première personne - c'est qu'elle est partagée entre sa passion des sciences qu'elle aimerait vivre pleinement et sa dévotion obligatoire de l'époque à jouer la gentille fille de ses parents. Elle dépend entièrement de ses parents (comme la majorité des femmes de cette époque avant de dépendre ensuite de leurs maris). Elle sait que ça ne sert à rien d’argumenter avec eux. Elle a peur de leur porter préjudice en continuant, malgré les encouragements de Stone. Stone ne remettant pas le sujet sur le tapis, elle ne veut pas risquer l’esclandre et de se « fâcher » avec la seule personne qui lui accorde un peu d’intérêt En revanche, tu as d’autant plus raison de me souligner qu’elle devrait lutter un peu plus avant de prendre la parole – et un peu moins s’en vouloir, peut-être (encore une fois, rendre la culpabilité, tout ça…. :D )
Alors à bientôt pour la suite ! Merci encore de ton super retour <3
Prudence
Posté le 25/03/2020
Coucou !

Décidément, le personnage d'Agathe est attachant ! Ses combats intérieurs perdus d'avance, sa passion pour les sciences, lui donne de la profondeur, et je pense amuse le lecteur (en tout cas, ça m'a fait sourire !).
On se projette bien dans le décor, les fleurs, tout ça, je les aie facilement visualisées.
Après, si je devais te donner un conseil, j'approfondirais les autres personnages en leur donnant des caractères (plutôt dans la personnalité, en fait) qui les distinguent les uns des autres (par exemple : habits, tics de langage, façon de parler, morale, (humeur, pourquoi pas?) etc.). La description physique, par contre, est au top !
Je mélangerais, associerais, aussi plus description, dialogue et action.
Mais, ce n'est que mon avis... Je n'ai lu que deux chapitres ; peut-être que la suite démentira mes propos !

En tout cas, tout cela m'intrigue et je me ferai un plaisir de lire la suite ! :-)
Mary
Posté le 25/03/2020
Bonjour ! Merci de ton retour enthousiaste ! Un peu de patience, moi aussi j'ai très envie de vous présenter Stone et Adrian, mais chaque chose en son temps. Je ne peux pas tout vous révéler dès le premier chapitre ! Le récit à la première personne a plein d'avantages, mais il faut plus de temps pour connaître les persos secondaires quand dans les autres points de vue. Pour les descriptions en revanche, il est vrai que ça fait parfois un peu "bloc". Pour le moment, je laisse comme ça, mais ce sera certainement à revoir à un moment ou à un autre : le projet est encore loin d'être terminé !

À bientôt j'espère et encore merci de ton retour !
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