Chapitre 1 : le Jour Probatio

Notes de l’auteur : Première publication sur Plume d'Argent ! Je suis encore peu expérimentée dans l'écriture, donc j'attends retour et critique avec un esprit ouvert. Bonne lecture ! ;)

Chapitre 1 : le Jour Probatio

 

 

— Debout debout ! Il fait grand jour !

À cette exclamation joyeuse suivit un raz-de-marée lumineux qui envahit la chambre et agressa le visage de Mathilde. Elle se retourna en grognant dans ses couvertures, fuyant la fraîcheur matinale. Claudia, sa gouvernante, la réprimanda.

— Si vous traînez au lit plus longtemps, votre mère va s’impatienter.

Un nouveau grognement émana des couvertures.

— Allons, s’attendrit la vieille femme, le Probatio est un jour de fête, surtout pour ceux qui, comme vous, ont atteint leur dix-huitième année. C’est votre journée journée, profitez-en donc.

Elle assena une petite tape de sa main ridée sur la montagne de couvertures.

— Sortez de là et m’obligez pas à venir vous chercher. Vous n’avez plus l’âge et j’ai autre chose à faire que de tirer une adolescente hors du lit.

L’enchevêtrement de laine s’écarta pour laisser voir un visage fin d’une grande pâleur. Cette dernière soulignait de profonds cernes violets qui pochaient sous ses yeux, si clairs qu’ils en paraissaient transparents. Ses lèvres, à peine plus roses, se pinçaient dans une expression boudeuse.

— Pourquoi faut-il que je passe le Test ? Tout le monde sait quel résultat en ressortira de toute façon.

— Parce que tout le monde le passe à dix-huit ans le jour Probatio, Nobles comme Roturiers, un point c’est tout. C’est une célébration qui unit tout l’Archipel, même la Capital. Le plus beau jour de l’année !

Mathilde se dégagea de sa couverture, révélant une chevelure qui lui dégoulinait jusqu’aux hanches en une rivière d’un blond presque blanc. Comparée à la peau de soleil de la gouvernante, Mathilde ressemblait à un croisement entre une ondine et une statue de marbre. Toutes les couleurs semblaient avoir été recouvertes de givre, ou effacées par le temps. La jeune fille s’étira, frissonna, puis s’enveloppa dans la robe de chambre que Claudia lui tendait. Elle était très mince, et assez petite, l’incarnation de tout ce qui n’était pas à la mode sur Nimar. Sans être laide, elle ne correspondait pas aux critères de beauté de son île, ce qui, au grand amusement de Claudia, ne la dérangeait pas le moins du monde.

— Puis-je savoir d’où vient cette hostilité envers le jour Probatio ?

Mathilde haussa les épaules en se dirigeant vers son armoire.

— Maman sera hystérique toute la journée, ça peut être une bonne raison.

— … Mais ce n’est pas ça, n’est-ce pas ?

Mathilde sortit une de ses robes préférées, d’un velours bleu nuit, sobre et confortable. Claudia l’aida à lacer son corset puis à enfiler la robe.

— D’accord, céda-t-elle à force de coup d’œil insistant de sa gouvernante, ce n’est pas Maman qui me fait peur.

— Quoi alors ?

Elle fronça le nez, ramena une longue mèche derrière son oreille.

— Toute cette mascarade est une perte de temps. Sur les huit îles de l’Archipel, il n’y a jamais qu’une poignée de tests positifs.

— Pensez plutôt au Jour Probatio, si le Test vous fait peur. Aujourd'hui, on met à l’honneur la jeunesse dans son passage à l’âge adulte !

— Sages paroles, mais ça reste une perte de temps.

Claudia laissa échapper un petit rire.

— Et que voudriez-vous faire de ce temps si précieux ?

— Travailler mon violon, répondit la jeune fille du tac au tac, le festival approche et je ne serais jamais prête à ce rythme.

— Mademoiselle, vous passez vos journées sur ce bout de bois, quand vous n’êtes pas sur le piano. Ça ne vous ferait pas de mal d’arrêter la musique de temps à autre. 

Elle ne répondit pas, haussa les épaules, et s’affaira à tresser sa longue chevelure. Sans cela, ses cheveux lui couleraient dans les yeux chaque fois qu’elle baisserait la tête, tant ils étaient fluides. Ses longs doigts fins achevèrent cette tâche quotidienne rapidement. Claudia lui apporta ses bottines en continuant d’un ton docte :

— Je veux bien croire que vous rêviez d’être musicienne, mais pensez à vos parents et à l’impact que ça aurait sur votre famille. Un conseil, n’en parlez pas avec votre mère aujourd’hui. »

Mathilde s’assit devant sa coiffeuse, fixant son reflet avec une pointe d’amertume au fond de la gorge. Bien sûr qu’elle n’en parlerait pas. Elle ne serait pas écoutée de toute façon. Pour une famille aussi importante que la sienne, c’était une honte d’avoir une fille artiste. Sa mère le lui avait assez répété. Elle refusait de l’écouter jouer depuis qu’elle savait le métier qu’envisageait sa fille.

— Tu nous apporteras le déshonneur ! avait-elle crié dans un de ses accès de colère.

Mathilde trouvait cela d’autant plus injuste que sa grande sœur, l’aînée de la famille, menait une brillante carrière de cantatrice à la Capitale. Mais, comme disait sa mère, ça n’avait rien à voir. Jadice s’était mariée avant et occupait une importante position au sein de la noblesse d’Impera. Ce n’était pas comparable avec le destin de violoniste oublié que se préparait Mathilde. La jeune fille chaussa ses lunettes rondes à monture dorée et les remonta sur ses yeux myopes. Dans la glace, son reflet la jugeait, détaillant chaque cheveu qui dépassait de sa coiffure. L’espace d’un instant, Mathilde fut prise de l’irrésistible envie de tout envoyer valser, sa brosse, sa boîte à bijoux qui prenait la poussière, ses boîtes à maquillages inutilisés. Elle voulait libérer ses mèches, sauter dans ses habits d’homme et rejoindre ses frères, partis tôt ce matin. À cheval, elle n’aurait aucun mal à rejoindre la cabine au milieu de leurs terres où ils s’installaient une fois par mois pour chasser. Non que Mathilde affectionne particulièrement cette activité, mais elle aurait donner tout l’or du monde pour échapper à cette journée qui s’imposait à elle. La gouvernante remarqua l’étincelle de révolte qui dansait dans les yeux de sa maîtresse. Elle se pencha sur le dossier de la chaise.

— Mademoiselle, faut pas vous mettre dans des états pareils, le Test n’est l’affaire que de quelques heures et n’est pas plus douloureux qu’une piqûre d’épingle.

La jeune fille secoua la tête, décidée à ne pas abandonner sa mine renfrognée.

— Le Probatio n’est qu’une perte de temps, et il ne sert à rien.

Claudia posa sa main sur sa poitrine, l’air choqué.

— Mademoiselle ! Vous devriez pas parler de la sorte. Le Test est une affaire impériale !

— Ce n’est pas plus qu’un recensement déguisé.

Cette fois, Claudia ne pouvait plus retenir son ton offusqué.

— Et ceux qui sont positifs ? Vous en faites quoi ? Chaque année, il y en a au moins un par Île, et il va rejoindre le rang des Filleuls sur l’île-capitale. »

Mathilde fronça les sourcils et lui fit face. Les yeux noirs de la gouvernante luisaient, pleins de défis. Son embonpoint et sa robuste stature donnaient à Mathilde des allures de brindille en comparaison. La jeune fille tenta de modérer son ton pour ne pas le faire paraître condescendant, mais sans succès.

— Claudia… ne me dit pas que tu crois aux Sylphes… Tout le monde sait bien que ce n’est qu’une légende inventée par les Mauves.

La gouvernante pinça les lèvres, vexée et un peu outrée. Il n’était pas bien vu sur Nimar comme partout sur l’Archipel de critiquer ouvertement les Mauves, habitants de l’Île-Capitale. Il était si rare de voir des insulaires d’Impera qu’on les respectait un peu comme des êtres à part sur les Îles périphériques, surtout chez les petites gens. Les paroles de Mathilde sonnaient presque comme une insulte aux oreilles de la gouvernante.

— Ben si. J’y crois. Pourquoi j’irais décider ce qui est vrai ou faux dans ce que me disent les gens de l’Empereur ? C’est pas parce qu’on a jamais vu quelque chose que cette chose n’existe pas.

Avec des gestes un peu rudes, elle ramena la natte de Mathilde contre son crâne et entreprit de l’enrouler en chignon, à grand renfort d’épingles. Mathilde serra les dents tandis que les pointes métalliques lui éraflaient le cuir chevelu. Elle avait vraiment dépassé les bornes cette fois. Elle ferait mieux de s’excuser tout de suite.

— Désolée, Claudia. Je n’aurais pas dû parler ainsi…

— Nan, mais mademoiselle peut dire ce qu’elle veut. Faudrait quand même pas qu’elle laisse une Roturière lui dicter sa conduite.

— Claudia, s’il te plaît. Ce n’est pas du tout ce que j’ai voulu dire… c’est juste que personne ne sait vraiment quoi que ce soit de concret sur ces Sylphes que l’Empire offre exclusivement aux Filleuls. Ces histoires de dons surnaturels et de magie ressemblent tout de même beaucoup à des contes pour enfants.

Une nouvelle épingle s’enfonça dans son crâne, tirant encore plus ses cheveux en arrière et indiqua à Mathilde qu’elle menait sa tentative d’excuse d’une bien piètre manière. Il fallait tenter autre chose.

— Claudia, tu sais que je n’ai pas la confiance facile. Il me faut voir pour croire.

— Ça, Mademoiselle, c’est un sacré handicap !

Elle ouvrit la boîte à bijoux, en sortit deux broches, l’une parée d’une délicate rose de rubis et l’autre d’arabesques dorées parées de gemmes bleu vif, et les lui mit sous le nez.

— Laquelle ?

Mathilde lui adressa un regard suppliant.

— Est-ce vraiment nécessaire ?

— Mademoiselle ! souffla la gouvernante. Si vous ne faites pas un effort, vous allez rendre votre mère folle. Et puis tout le monde se met sur son trente-et-un pour le Probatio, vous aurez déjà l’air d’un cheveu sur la soupe dans votre robe triste, alors faites au moins honneur aux bijoux que vous a offert votre père. Vous les portez jamais.

Mathilde grimaça. Ça n’était pas tout à fait vrai, mais Claudia avait raison : les occasions où elle les avait portés se comptaient sur les doigts d’une main. Elle les trouvait beaucoup trop lourds. Elle haussa les épaules.

— Que me conseilles-tu ?

— La rose risque de jurer avec votre robe, mais elle attirera l’attention. La bleu est peut-être un peu plus discrète.

— Va pour la bleue alors.

Les mains expertes de la gouvernante fixèrent la broche dans ses cheveux. Son visage buriné s’était quelque peu détendu. Alors qu’elle ajustait les dernières mèches folles, elle reprit d’un ton plus doux, presque rêveur.

— Vous savez Mademoiselle, c’est pas trop grave si vous doutez parce que ça durera pas. Vous allez bientôt rencontrer l’Ambassadeur, et puis vous saurez où se place la vérité.

Loin de rassurer Mathilde, ces paroles lui glacèrent le sang. Elle n’avait pas du tout envie de se confronter à un Mauve. Elle ne croyait pas aux Sylphes, comme la plupart des Nobles Nimariants, mais elle connaissait l’impressionnant charisme des Impériens pour l’avoir observé une fois. C’était lors du mariage de sa sœur. Elle n’avait alors que treize ans, et Jadice dix-huit, mais elle se souvenait de ce jour comme si c’était hier. Le mari de Jadice, de cinq ans son aîné, avait fait un discours pour complimenter sa sœur, comme le veux la coutume. Mathilde se rappelait que ses mots, arrangés sous la forme d’un poème, avaient été d’une pauvreté affligeante et aussi creux qu’un ventre de violoncelle, et pourtant ils avaient provoqué un engouement frénétique chez l’assistance. Mathilde se voyait encore applaudir, sa mère essuyer une larme émue et le sourire aux anges de sa sœur. Quelque chose dans l’intonation de la voix du Mauve avait captivé les invités et transformé ce piètre poème en une ode lyrique. L’effet n’avait pas duré, et tout le monde s’était souvenu après coup que ces quelques vers n’étaient pas si extraordinaires que cela, mais personne ne s’était aventuré à le souligner dans la crainte d’être l’unique avec cette opinion. Une petite expérience inoffensive, mais qui avait laissé Mathilde avec un sentiment d’inconfort dès qu’il était question des Mauves. Personne ne savait jusqu’où pouvait porter ce charisme, et cela lui faisait froid dans le dos. La gouvernante lut son appréhension dans la crispation de ses épaules. Elle lui tapota maternellement la tête en prenant bien soin de ne pas détruire la coiffure qu’elle venait de réaliser.

— Mademoiselle, faut vraiment que vous arrêtiez de vous faire du mouron. Dans quelques heures, votre Test sera terminé et vous rentrerez chez vous. Vous pourrez même reprendre votre violon si ça vous chante. Seulement, pour l’amour du ciel, déchiffonnez votre mine.

Mathilde tenta de sourire au miroir, étira ses lèvres pâles maladroitement. On aurait dit qu’elle grimaçait. Un sourire forcé était sans doute pire que pas de sourire du tout. Un coup d’œil à l’horloge de sa chambre lui apprit qu’elle avait trop tardé. Sa mère devait déjà l’attendre au salon pour lui prodiguer un de ses célèbres sermons sur le maintien et les bonnes manières.

Elle accepta les encouragements de Claudia et emprunta les escaliers en colimaçon qui reliaient le troisième au deuxième étage. Ses bottines ne faisaient aucun bruit, étouffées par l’épais tapis rouge et vert qui recouvrait le parquet. Les lustres alourdis de cristal reflétaient dans tous les coins les éclats de leurs ampoules. L’électricité avait été installée dans le manoir par ses grands-parents, en même temps qu’un système d’eau chaude qui rendait la vie bien plus agréable dans une bâtisse aussi ancienne. Mathilde ne comprenait pas grand-chose à la mécanique, cependant elle pouvait passer des heures devant leur machine à énergie, dans le local adjacent à leur maison, à regarder s’entrelacer les engrenages de la mécanique et les tuyaux cracher leur vapeur brûlante. Parfois un rouage se coinçait, et il fallait attendre que le réparateur attitré de la famille vienne pour la remettre en route. En hiver, cela pouvait être particulièrement désagréable. Mathilde descendit lentement les marches des grands escaliers jusqu’au rez-de-chaussée, caressant du bout des doigts le bois sombre de la rampe. Quand elle pénétra enfin dans le salon, sa mère était sur des charbons ardents.

— Mathilde ! voilà presque une demi-heure que je t’attends !

Gracieusement alanguie sur un sofa pourpre, Madame Eth’Arken agitait impatiemment son éventail devant son nez poudré, sa robe crème aux motifs mordorés étendu autour d’elle comme des pétales de fleur. Ses onctueux cheveux châtains formaient des boucles impeccables et se rassemblaient en un chignon piqué d’églantines, assorties à son petit chapeau à voilette qui s’inclinait sur le côté de son visage. À la pointe de la mode Nimariante, la mère de Mathilde mettait un point d’honneur à être toujours apprêtée, même lorsqu’elle n’avait aucune sortie de prévue. Elle détailla sa fille des yeux comme elle l’aurait fait pour un mannequin débraillé dans une vitrine et fronça le nez.

— Pourquoi je m’étonne de te voir vêtue de la sorte, je me le demande. Tu penses aller à un enterrement peut-être ?

Mathilde se mordit les joues pour retenir le sarcasme qui lui brûlait les lèvres et se contenta de murmurer :

— J’ai seulement choisi la robe qui me mettait la plus à l’aise. Si je suis encombrée d’une robe à cerceaux, je risque de me prendre les pieds dedans et me retrouver les quatre fers en l’air.

Sa mère soupira profondément et referma son éventail dans un claquement agacé.

— Je suppose que tu as raison. Inutile de présenter à l’Ambassadeur une paire de bas, ça ne lui rendrait pas sa rencontre avec toi plus mémorable. Par Morgane ! Ta figure restera toujours aussi oubliable si tu ne mets pas un peu de bonne volonté pour nous faire honneur. Souviens-toi de toujours sourire, mais pas trop, ne montre pas tes dents. Et puis tiens-toi droite, on dirait une vieillarde ! et ton menton, pas trop haut…

Attirer l’attention de l’Ambassadeur, gagner ses faveurs, élever sa famille… Mathilde s’entendait répéter ces conseils en boucle depuis bientôt deux semaines. À ce point, toutes les piques que pouvait lui lancer sa mère glissaient sur elle comme de l’eau sur les plumes d’un canard. Elle connaissait la chanson, et savait que les mots de sa mère dépassaient sa pensée dans les moments de stresse intense. Il lui suffirait d’attendre pour que la tension redescende. D’ici trois jours, le manoir retrouverait son calme. Vivement que son père rentre de son voyage d’affaire, lui seul savait apaiser les tempêtes de sa femme. La mère de Mathilde se leva du divan et tourna autour de sa fille en lui adressant toujours plus de critiques, pointant de son éventail les détails répréhensibles de sa personne. Enfin, elle s’arrêta sur ses cheveux et pinça les lèvres avec une certaine répulsion.

— Fallait-il vraiment que tu hérites des gènes de ta grand-mère ? murmura-t-elle. On dirait une Roturière avec tes cheveux et ta peau pâle, pire : une étrangère. Tu n’as pas essayé la poudre que je t’ai offerte ? Si au moins tu te teignais les cheveux en brun, on ne se retournerait plus dans la rue pour nous dévisager si insolemment…

— Maman !

Elle sursauta de tous ses rubans, surprise d’entendre la voix de sa fille prendre des accents de reproche. L’assaillir de conseil, passe encore, mais critiquer son physique c’était pousser le bouchon trop loin. Même si, à cause de son aïeule, son physique rappelait celui des Ilarnais, habitants de l’île la plus au nord de l’Archipel, Mathilde s’aimait telle qu’elle était et supportait avec indifférence les jugements sourcilleux des Nobles qu’elle rencontrait. Sa mère, au contraire, aurait voulu effacer cette preuve du métissage de son mari. La fortune de leur famille venait en grande partie d’une alliance avantageuse conclue entre le père de son père et une famille Noble Ilarnaise. Follement amoureux de leur fille aîné, il l’avait épousé malgré le qu’en dira-t-on. Cette alliance avait propulsé la famille Eth’Arken parmi les plus riches de tout Nimar. Cependant, les mariages entre îles étaient toujours regardés d’un mauvais œil. Les adages disaient qu’ils portaient malheur à leurs descendants, ce qui était assez ironique considérant l’opulence où vivait sa famille en ce moment. Mathilde admirait beaucoup ses grands-parents pour avoir osé enfreindre un tabou aussi ancré dans les mœurs et elle détestait lorsque sa mère essayait d’effacer leur existence des mémoires. Ça lui donnait l’impression qu’elle crachait sur leur tombe. Son regard clair fusillait si bien sa mère qu’elle se réfugia derrière les dentelles de son éventail.

— Enfin… je crois que tu ne seras jamais plus prête que tu ne l’es maintenant. La calèche qui te conduira à l’Ambassade arrivera dans une petite demi-heure. Jusque-là, efforce-toi de ne rien gâcher.

Elle quitta le salon à petits pas précipités, dans un froufrou de tissus soyeux, sans doute pour rejoindre son boudoir.

« Bon débarras ! songea Mathilde en s’affalant sur le sofa. Qu’elle aille se calmer les nerfs ailleurs que sur mon crâne. »

Elle caressa du regard l’atmosphère élégante et confortable du salon, les moulures artistiques du plafond, les tapisseries pastorales et épiques sur les murs, les reflets irisés de la lumière, pénétrant des grandes fenêtres, sur le vernis ambré du mobilier, les somptueux tapis importés directement des ateliers prestigieux de Dilkar, l’île la plus au sud de l’Archipel. Ce décor familier la réconfortait, l’apaisait. Dans une heure, elle reviendrait du Test, et le manoir serait là pour la consoler. Il manquait quelque chose au tableau, malgré tout. Un feu dans la cheminé peut-être, et surtout les discutions enflammées de ses deux frères. Elle avait beau les avoir vus la veille, ce silence lui rappelait combien elle aurait aimé entendre leur voix la rassurer. Cela dit, elle comprenait qu’ils aient choisi ce jour précisément pour leur escapade mensuelle. Ils avaient tous les deux intégré une formation prestigieuse pour devenir officiers de l’armée Impériale et ils profitaient de leurs derniers jours de liberté. Mathilde n’était pas égoïste au point de les obliger à rester l’attendre pour un Test d’une poignée d’heure. N’empêche que leurs voix lui manquaient. Sans s’en rendre compte, elle se mit à loucher sur le piano à queue qui trônait dans un coin de la pièce. Le silence du salon, le tic-tac de l’horloge, il y avait bien un moyen de les effacer, l’espace d’un instant. Après tout, il lui restait une demi-heure à tuer…

Cédant à la tentation, Mathilde s’assit sur le siège de velours noir et découvrit le clavier. Elle n’ouvrirait pas le couvercle du piano à queue, pour que le son trop fort ne rappelle pas sa mère au salon. Lentement, elle posa les mains sur les touches et les caressa un instant, pensive. Jouerait-elle un morceau composé, ou laisserait-elle ses doigts improviser ? Pesant le pour et le contre, elle commença par quelques arpèges, pour se dégourdir les mains. Un morceau lui apporterait la stabilité, mais l’improvisation lui permettrait d’être complètement happée par la musique et d’échapper à ses préoccupations. Mathilde jugea avoir plus besoin d’une distraction et lança ses doigts à l’assaut du clavier. Il ne lui fallut pas plus de trois accords pour comprendre qu’elle avait fait le bon choix. Les notes se déroulaient instinctivement sur les cordes du piano, emplissant l’air d’une mélodie jaillissante, aussi nerveuse que son interprète. Elle rebondissait sans effort de gammes en tonalités, entremêlant différents thèmes qui s’entrechoquaient pour finir par ne former plus qu’un. Mathilde s’abandonna tout entière à ses mains, qui tissaient sans effort un foisonnement de couleurs. La musique l’avala et le monde autour d’elle disparut.

Dans la maisonnée, les serviteurs s’arrêtèrent un moment pour profiter de ce concert gratuit. Ça y est, la petite dernière de la famille recommençait. On savourait tant qu’on pouvait la mélodie qui ébranlait les cœurs tant elle était sincère. Dehors, sous les fenêtres, un vieux jardinier posa son menton barbu sur le manche de sa pelle et remonta son chapeau de paille sur son front en sueur. Les glaïeuls pouvaient bien attendre la fin du morceau pour être plantés. Dans les cuisines, le jeune gâte-sauce manqua de faire brûler le déjeuner de ses maîtres en sortant dans le couloir chercher un meilleur poste d’écoute. Quant à Claudia, qui s’occupait de ranger le linge dans la chambre de Madame, elle leva les yeux au ciel en pestant, un sourire irrésistible aux lèvres. Évidemment, Mathilde avait déjà oublié ses conseils. Elle ne pourrait blâmer qu’elle-même s’il lui arrivait des bricoles.

Et à son grand regret, elles vinrent bien vite.

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Pétrichor
Posté le 14/02/2021
Hé bien....

Quelle belle découverte que ce premier chapitre !

Tout d'abord, bravo pour ton travail !

Rien a redire sur le style : c'est fluide, ça s'enchaîne bien, on ne s'ennuie pas. Les descriptions sont juste comme il faut, ni trop longues ni trop succinctes.
Tu utilises des comparaisons originales, c'est sympa (j'avoue que certaines m'ont parues un peu bizarres et m'ont bien fait rire : "une chevelure qui lui dégoulinait" ou "les cheveux onctueux" :D)

Mais des petits détails quoi. Rien qui ne m'ait choqué.

C'est vraiment top en tout cas comme entrée en matière. J'ai bien envie de lire la suite !

Bravo pour le passage du piano qui m'a touché, étant pianiste. Très bien décrit, très belle illustration de la musique et des émotions qui s'en dégagent. Est-ce que toi même tu improvises ?

Enfin je m'arrête là, encore bravo !
Et merci du partager ;)

Pétrichor.
Emmy Plume
Posté le 15/02/2021
Bonjour Pétrichor et bienvenu sur la Mémoire des Sylphes !

Merci beaucoup pour ton commentaire, il m'a fait très plaisir.

Il est vrai que j'aime les descriptions imagés (je suis très visuelle comme fille) et les associations d'idées amusantes. Aussi, des expressions comme "des cheveux onctueux" me donne le sourire ;)

Merci aussi pour ton avis sur les descriptions. J'avoue que c'est un soulagement de t'entendre dire qu'elles sont "comme il faut, ni trop longues ni trop succinctes" parce que c'est le fruit d'un travail constant et de beaucoup de doute ( comment savoir si on en fait trop, n'est-ce pas?).

Quant au passage du piano... Oui, je suis musicienne, me voilà démasquée XD
A vrai dire, je n'ai rien d'académique, et je joue pour mon plaisir (le solfège n'a jamais réussi à m'amadouer... je lui ai préféré l'oreille musicale ;) Et oui, j'aime beaucoup improviser, il y a dans cette manière de jouer une liberté que je trouve unique ! ^^

C'était un plaisir de te lire, j'espère qu'il en sera de même pour toi avec la suite !
A la prochaine fois =^v^=

Emmy
Lunatique16
Posté le 13/02/2021
Salut !

Que dire de ce premier chapitre ? Il fut très intéressant. En peu de mot tu as sut nous décrire ton univers, même si je me doute que ce n'est qu'un échantillon ;)
J'aime beaucoup le personnage de Mathilde, il me fait un peu penser à mon Amélia. En fait, j'ai retrouvé un peu de mes personnages dans les tiens, (comme la mère de Mathilde et celle d'Amélia, qui sont toutes deux d'insupportables bourgeoises que seul leurs époux (absents) peut tempérer) ce qui, je l'admets, m'a fait sourire et me pousse à me demander comment ils vont évoluer au fil de ton histoire ^^

Je rejoins Acantha sur un point, le passage du piano était vraiment magnifique ! En profiter pour montrer que les serviteurs arrêtent tout ce qu'ils font pour écouter Mathilde était tout bonnement génial et bien écrit, bravo !

Je reviendrais seulement sur deux petites choses (je sais, je chipote, désolée). Déjà, l'apparence de Mathilde m'a plus fait pensé à celle d'une sylphide que d'une ondine (même si, je le reconnais, il existe de nombreuses représentations d'ondine à la peau pâle et aux longs cheveux blonds), est-ce fait exprès ? (je théorise, je théorise...)
Ensuite, et ce n'est que mon avis, mais... je ne pense pas que débuter l'histoire directement avec un dialogue ait été une bonne idée. Non pas que ce soit mal fait ! Mais disons qu'à la place tu aurais pu commencer par quelques phrases descriptives pour nous mettre un peu plus dans l'ambiance avant l'arrivée de la gouvernante. Pas besoin de longs discours, c'est juste histoire d'avoir une base sur laquelle s'appuyer pour commencer (je ne sais pas si je suis très claire ^^')

Enfin bref, j'aime beaucoup ce que tu nous propose et j'ai hâte d'en découvrir la suite, j'espère sincèrement voir Mathilde s'en sortir x)

A bientôt !
Emmy Plume
Posté le 15/02/2021
Bonjour Lunatique16 !

Merci pour ton long et détaillé commentaire ! J'aime recevoir des avis qui divergent un peu, et c'était intéressant de voir ton opinion sur certains passages de mon chapitre.
Par exemple la comparaison que je fais de Mathilde avec une ondine, que tu vois plus en sylphide. C'était assez drôle pour moi, surtout parce que ça montre qu'on est tous différents dans ses associations mentales. Pour moi, l'aspect "ondine" venait en référence au flot de ses cheveux, si fluide qu'ils ondulent et coulent sur ses épaules (j'aime beaucoup cette image ^^).

Merci pour les compliments sur mon passage musical, j'ai l'impression qu'il obtient un assentiment général chez mes lecteurs, ça fait plaisir ( peut-être que vous avez tous une âme de musiciens ? >v<).

Comme je suis un peu débordée et à mon grand regret, je n'ai pas encore eu l'occasion d'explorer Plume d'Argent autant que je l'aurais voulu, et n'en connait donc que très peu les trésors cachés. Aussi, j'ignorais ton histoire. Maintenant que tu soulignes sa ressemblance, je suis intriguée. Et je me pose la question, jusqu'où va cette similitude ? Ce serait amusant de voir comment nos idées se sont inconsciemment connectées (même si d'après le résumé de ton histoire, il me semble que nous partions dans des directions totalement différentes ;)

En tout cas, bon courage à toi dans ta rédaction ! J'aurais plaisir à entendre de nouveau ton avis aussi poussé sur mes écrits.

A la prochaine fois donc ! =^v^=

Emmy
Lunatique16
Posté le 15/02/2021
Salut Emmy Plume !

Contente que mon commentaire t'ai plu ^^ je ne manquerai pas de t'en laisser de nouveau ;) (j'ai toujours un peu peur de donner mon avis, j'ai toujours l'impression que l'auteur va me réprimander ^^') et merci pour ton soutiens !
Ne t'inquiète pas par rapport à mon histoire, je comprend très bien que tu n'ai pas eu le temps de voyager sur PA, moi-même je l'ai plus ou moins abandonné ces derniers mois ^^'

Enfin voilà, je m'en vais poursuivre ma lecture ! x)

A bientôt ! ^-^
Acantha
Posté le 25/01/2021
Chère Emmy Plume,

Le plus beau passage fut celui du piano... Je reconnais là une oreille expérimentée, magnifique ! Il m'a fallut un peu de temps pou rentrer dedans mais la dynamique prends bien ! Et cette petite aux aires d'ondines me plait beaucoup malgré les remarques de sa génitrices ;)
Vite je cour lire la suite !
Emmy Plume
Posté le 25/01/2021
Merci Ann... Acantha !

Contente que le début te plaise. J'espère que la suite te semblera plus fluide, si tu as rencontré des problèmes de rythme ^^
J'attendrais avec impatience tes retours !

A bientôt donc ;)

Emmy
Mélissa D. NUIT
Posté le 24/01/2021
Bonjour Emmy Plume !

Je suis une passionnée de Fantasy et du genre Steampunk alors sur ce point, je suis d'ores et déjà séduite.
L'intrigue semble bien ficelée et donne envie de poursuivre sa lecture.
J'ai été tout simplement transportée par ta plume.
D. Nuit rejoint les bancs des lecteurs de La mémoire des Sylphes !
Emmy Plume
Posté le 24/01/2021
Bienvenue parmi mes lecteurs alors !

En tant que passionnée de Fantasy et de steampunk, j'espère que mon histoire te plaira (ainsi que mon intrigue ;)

Merci pour ton retour et bonne lecture pour la suite ^^

Emmy
Blanche Koltien
Posté le 13/01/2021
Bonjour Emmy Plume!

Cela faisait un petit moment que la couverture de ton livre me donnait envie, et j'ai finalement décidé de me plonger dedans... je ne suis pas déçue!

Tout d'abord, j'aime beaucoup le personnage de Claudia, qui semble haut en couleur! On devine un sacré caractère, et pourtant beaucoup de tendresse pour Mathilde. Celle dernière, d'ailleurs, est aussi très intéressante! Elle n'est pas absolument parfaite, et cela ne la rend que plus vraie encore! Je me demande si le fait qu'elle ne ressemble pas à sa famille va avoir de l'importance dans l'avenir... Et sa passion pour le violon ajoute un aspect sensible qui ne fait qu'enrichir le personnage, auquel on est déjà attaché!
Sa mère, en revanche, est totalement différente! Et cela nous permet d'avoir deux regards différents sur la société qui les entoure, les us et coutumes que l'une suit à la lettre et que l'autre trouvent ennuyeux.

Les dialogues sont très bien menés, et on découvre peu à peu le cadre de l'histoire, le monde, sans que ce soit des pavés balancés d'un coup, et en gardant un peu de mystère pour la suite. Sincèrement, bravo! Je me lance de ce pas dans la suite!

A bientôt!
Emmy Plume
Posté le 14/01/2021
Merci Blanche pour ton commentaire ^^

Je me suis donnée beaucoup de mal pour trouver une couverture adaptée, donc je suis d'autant plus heureuse de voir qu'elle t'a donnée envie !

Merci pour ton retour sur ce premier chapitre, et ton avis sur mes personnages. Comme j'y attache beaucoup d'attention (et de temps) voir mon travail être apprécié représente le monde pour moi, ça me donne du courage dans mon entreprise.

J'espère que le reste te plaira autant que ce premier chapitre, bienvenue à bord de mon univers !

Je te dis à bientôt pour la suite =^v^=

Emmy
Blanche Koltien
Posté le 14/01/2021
Je t'en prie! On voit que tu tiens à cet univers et à ces personnages, que tu y a mis toute ta personne, et ça les rend encore plus vrai, ce qui est très agréable!
Aryell84
Posté le 17/12/2020
Hellooooo!
Chose promise chose due, me voilà ! J'avais lu ce 1er chapitre il y a quelques jours déjà, sans avoir le temps d'écrire un commentaire, donc j'y remédie!
Je suis très heureuse d'enfin lire quelque chose de toi, j'ai beaucoup aimé l'ambiance que tu mets en place (contrairement à certains commentaires, je trouve que le lieu est suggéré très finement, personnellement je n'ai pas eu besoin de davantage pour m'y plonger dedans)
Le personnage de Mathilde est très prometteur, on la devine un peu renfermée sur elle-même, et on a hâte qu'elle découvre un peu les réalités du monde extérieur (enfin c'est comme ça que je la vois)
Je n'arrive pas encore à cerner comment je me positionne sur comme tu amènes le Test, à la fois y a du suspens, à la fois c'est un tout petit peu lourd, mais j'arrive pas trop à mettre le doigt sur ce qui cloche… (je suis d’une très grande utilité je sais… ^^)
Ton style est vraiment bon, quelques petites maladresses parfois, mais rien de grave ! Voici mes petites remarques (j’ai essayé de ne pas faire de redites avec les autres commentaires) :
- « à cette exclamation de voix joyeuse » → y a une petit truc qui me dérange, je crois que c’est à cause de la proximité avec l’expression « éclat de voix », peut-être qu’il n’y a pas besoin de mettre « voix » ? et mon tropisme germanique me pousse à mettre l’adjectif avant mais peut-être que je me trompe sur ce coup ^^
- « un nouveau grognement émana des couvertures » = très joli !
- « elle assena une petite tape sur la montagne de couverture de sa main ridée » → je pense que ça serait plus correct en mettant « de sa main ridée » avant « sur la montagne... »
- « Noble comme Roturiers » → Nobles
- tu répètes 2 fois « rien à voir » par rapport à la sœur de Mathilde
- « ses habits d’hommes » → d’homme
- je crois qu’une broche se fixe sur les vêtements, si tu veux un accessoire pour les cheveux, peut-être qu’un peigne ou une épingle serait mieux ?
- y a une opposition entre « alanguie » et « agitait nerveusement » pour la mère de Mathilde, elle ne peut pas être alanguie et nerveuse à la fois (ou alors faut que tu expliques en quoi sa nervosité ne trouble pas sa posture)
- je trouve qu’il y a une petite incohérence avec l’admiration que Mathilde ressent pour ses grands-parents, parce que leur mariage semble surtout être un mariage arrangé/de raison, et c’est plutôt l’intérêt qui semble les avoir poussés à enfreindre ce tabou, du coup à moins de rajouter une petite histoire d’amour, je trouve ça pas très cohérent avec le personnage de Mathilde qu’elle les admire pour ça…
- « ça y est » → ça rompt la concordance des temps, ou alors tu mets toute la phrase au présent comme du discours direct
Voilà, j’ai hâte de lire la suite j’essaierai de prendre le temps pendant les vacances !!
A très bientôt !!!
Bisous <3
Emmy Plume
Posté le 17/12/2020
Hello Aryell
je suis contente que tu es eu le temps de me poster un commentaire. Tu y as mis la peine, ça me touche.^^
J'ai corrigé les quelques coquilles que tu m'as signalée. Après, j'ai vérifié, donc je peux affirmer qu'on peux bien dire une broche (à cheveux, s'entend). Une vrai galère pour taper une recherche cohérente sur google, tu n'imagines pas XD
Et oui, le "ça y est" est hors concordance des temps, mais c'est justement ce qui le met en valeur. on est dans les pensées de Mathilde (raison du "ça" et pas du "cela"). Je crois que ça s'appelle un "présent de narration". Enfin, c'était l'idée du moins ^^'
Et pour les grands-parents, c'était un mariage d'amour ;)
... du coup je suis allé préciser dans le texte parce que je suis d'accord, c'était vraiment pas claire)
j'espère que les chapitres suivants éclaireront ta compréhension du Test (c'est littéralement le chapitre suivant, donc pas de panique).
A bientôt pour la suite, donc
bises eauviviennes
Emmy
KatiaB
Posté le 11/12/2020
Bonjour Emmy !

Déjà bravo, très joli premier chapitre, qui m'a intriguée et intéressée.

Du point de vue des personnages :
- Je trouve la personnalité de Mathilde attachante et intéressante, clairement maladroite dans ses relations, je suis curieuse de la connaître mieux. Sa description physique est très belle aussi. Ma seule difficulté a été de me représenter une fille de 18 ans. Je ne sais pas exactement pourquoi, mais l'image que je m'en fais est beaucoup plus jeune... A voir si ce sentiment perdure à la suite de ma lecture.
- Pour Claudia, je l'ai bien aimée mais j'ai été un peu gênée par sa "voix". Je trouve que d'une réplique à l'autre elle n'a pas toujours le même niveau de langage, et du coup j'ai eu un peu de mal à me la représenter.
- Pour la mère de Mathilde, pour moi c'est parfait, même si un peu caricatural. J'ai une image assez précise du personnage, qui attise déjà mon antipathie (faut dire que tu as mis le paquet !)

Du point de vue des description :
J'en ajouterais un petit peu en terme de lieu. On ne sait pas grand chose du décor autour de Mathilde (du coup mon cerveau m'a imposé une image de Privet Drive - Rien à voir a priori mais voilà... c'est sans doute symptomatique d'un petit manque de ce côté là).

Du point de vue de l'intrigue :
- Tu attises la curiosité avec cette histoire de Test. On ne sait pas exactement en quoi cela consiste, et je trouve ça pas plus mal, cela donne envie d'aller lire le chapitre suivant !
- Ma seule crainte c'est de me retrouver face à quelque chose de déjà vu (type Divergente, version steampunk), mais je ne me prononcerai que lorsque j'en saurais plus. Et en même temps, un Divergente steampunk, ça pourrait être bien cool...
- J'ai l'impression que se dessine de façon assez claire le fait que Mathilde possède déjà une forme de pouvoir dans sa musique. La façon dont elle captive son auditoire est très flagrant. Ca me laisse penser qu'elle possède une sorte de magie, tout comme son beau-frère quand il a fait son discours de mariage. Du coup, soit je me plante et c'est tant pis pour moi, soit j'ai raison et, dans ce cas-là, à toi de voir si tu tiens à ce que tes lecteurs soient interpellés dès le départ par ce détail (qui me semble ne pas du tout en être un, de détail).
- Autre point qui a peut-être "trop" attiré mon attention, c'est que tu dis à plusieurs reprises que le Test est une formalité et "qu'elle reviendra ensuite à la maison". Le fait de le répéter nous fait bien sentir que... ben en fait non, elle ne reviendra pas.
- Attention au vocabulaire imaginaire. Je pense que le dosage est correct, mais veille à ne pas noyer ton lecteur tant qu'il n'est pas immergé dans ton univers. N'oublie pas qu'on arrive devant une page blanche quand on ouvre un roman de fantasy, et trop de nouveau vocabulaire d'un coup risque de nous perdre.

D'un point du vue de l'écriture :
- Tu as une jolie plume, tes phrases sont belles, tu as un vocabulaire varié et agréable. J'ai réussi à me concentrer sur la lecture en "oubliant" ta plume, ce qui est bon signe, parce que ça veut dire que tes mots sont au service de ton histoire, et pas l'inverse.

- J'ai relevé quelques maladresses, étourderies ou coquilles, je te les mets là:
- usage de "ça" au lieu de "cela" en dehors des dialogues, qui tranche avec le style élégant de ton texte.
- Répétition de "journée" dans " — Allons, s’attendrit la vieille femme, le Probatio est un jour de fête, surtout pour ceux qui, comme vous, ont atteint leur dix-huitième année. C’est votre journée journée, profitez-en donc."
- "la Capital" (au masculin au tout début du texte)
- "monture" et "remonta" dans la même phrase donnent une impression de répétition
- "aurait donner" au lieu de "aurait donné"
- « Mathilde se voyait encore applaudir, sa mère essuyer une larme émue et le sourire aux anges de sa sœur. » Il y a un petit problème de syntaxe, parce que le verbe de la phrase est "se voyait" (et pas juste "voyait"), du coup pour l'associer à "sa mère" je trouve ça un peu dérangeant, et encore plus avec la partie non verbale du "le sourire aux anges de sa soeur"
- « la crainte d’être l’unique avec cette opinion » je trouve ça maladroit le "avec cette opinion"
- «  mais qui avait laissé Mathilde avec un sentiment d’inconfort dès qu’il était question des Mauves » j'aurais dit "qui avait laissé à Mathilde un sentiment d'inconfort (ou de malaise ?) dès qu'il..."
- "sa robe crème aux motifs mordorés étendu" il faut écrire "étendue"
- le mot "stress" s'écrit sans e et détonne un peu avec le style de ton écriture je trouve.
- « pour que le son trop fort ne rappelle pas sa mère au salon » j'ai buté sur cette phrase. Je crois qu'il manque le verbe "éviter" pour que la syntaxe soit correcte ("pour éviter que...")
- J'ai été étonnée que sa mère seule ne puisse pas l'entendre jouer du piano alors que, manifestement, TOUTE la maisonnée l'entend depuis les jardins jusqu'à la chambre de sa mère où se trouve Claudia. Mais tu sais mieux que moi si c'est ou non une incohérence !

Voilà, je vais m'arrêter là. Merci en tout cas pour ce partage, je suis curieuse de découvrir bientôt la suite !
Bon courage pour l'écriture et à très bientôt !!

Katia
Emmy Plume
Posté le 11/12/2020
Merci pour ton commentaire... et quel commentaire!
ça me touche que tu aies mit autant de temps pour m'écrire. Je me trompe peut-être, mais tu as l'air de faire des études littéraires (ou du moins d'aimer en faire la critique XD)
Et comment te répondre... car tu m'as dit tant de chose; je ne sais pas trop par où commencer. Merci pour tes compliments sur ma plume, c'est toujours agréable, d'autant plus que je suis encore très peu expérimenté.
J'ai cru comprendre que tu déplorais un manque de description. Il est vrai que je ne décris pas beaucoup l'environnement de Mathilde, mais c'est surtout par crainte d'en faire trop. J'avoue avoir un peu peur de lasser mon lecteur ^^'
Pour ce qui est des personnages, je fais de mon mieux, aussi toutes les critiques constructives sont les bienvenues ;) J'ai bien conscience qu'ils ne sont pas parfaits.
Ensuite, si tu t’inquiètes pour l'intrigue, sache que j'ai bien en tête quelque chose de différents de Divergent (le second chapitre t'en apprendra plus ;) ) et que de manière générale, j'essaie de dépasser le cliché au maximum (mais bon, on fait ce qu'on peut). J'espère d'ailleurs ne pas t'avoir mise sur une fausse piste quant à la musique. La manière dont je la décris est tirée de ma propre sensibilité ^^'
Merci pour les coquilles soulignées, cela m'aide beaucoup à soigner mon texte.
J'espère que la suite répondra à tes attentes, ou du moins te plaira.
A bientôt,

Emmy
KatiaB
Posté le 11/12/2020
Je ne fais absolument pas d'études littéraires mais j'ai disons... un esprit méthodique (chiante et rigide diraient mes proches !). Et j'avais besoin d'organiser mes idées et mes notes pour te donner un retour clair, d'où l'effet "commentaire de texte", désolée !
Surtout, mon commentaire n'est que ça : un commentaire ! Tu restes seule maîtresse à bord et donc tu as parfaitement le droit de ne tenir compte d'acune de mes remarques ! C'est toi le boss !
Pour les descriptions, je comprends tout à fait ton point de vue. Là encore, ma seule sensibilité me dit que de belles descriptions ne sont jamais ennuyeuses. Et tu n'as pas besoin d'écrire des tonnes de paragraphes pour donner une idée du décor, il suffit de choisir des détails percutants.
Pour les clichés, je te comprends tout à fait. Il est important de savoir en revanche qu'on ne peut pas tous les éviter, surtout que certains sont très efficaces !
Pour tes personnages, je t'ai donné mon ressenti en pointant ce qui pouvait être éventuellement retravaillé, mais je t'assures que je les ai beaucoup aimés. Tu les caractérises vite et de façon très efficace !
J'espère ne pas avoir l'air d'une je-sais-tout, parce que mes propres écrits sont truffés de défauts !
Bref, je vais de ce pas lire le chapitre 2 ;)
Emmy Plume
Posté le 11/12/2020
Ne t'inquiète pas, je prends tes conseils comme ils sont et je comprend tout à fait que tu aie un esprit organisé et méthodique (c'est une chance, pas un défaut!). Je suis contente de te voir dédier gratuitement du temps à mes écrits, et c'est ce que je trouve formidable sur Plume d'Argent. N'hésite surtout pas à me faire des retours à ta façon, ils sont très instructifs ;)
Bonne lecture pour le reste et à bientôt ^^
Casssice
Posté le 06/12/2020
L'idée d'intrigue semble originale, le chapitre est mené de manière à ce que le lecteur ai envie de lire la suite. Mais la plume semble un peu hésitante (pas de panique c'est juste parce que c'est le début) pour donner un avis purement personnel qui n'engage que moi, je pense qu'il manque quelques descriptions de décors, pour ce rendre compte dans quoi vit l'héroïne, son statut social, si elle aime sa demeure ou non (comme on est de son point de vue, c'est assez facile, du genre: "l'horrible papier peint à fleur du salon, mais dont sa mère était pourtant très fier" sans doute parce qu'il marque une certaine richesse. c'est un exemple au hasard qui n'est pas dans ce que tu as écris) et au niveau des personnages, on voit clairement la différence entre l'héroïne et sa servante(?) mais la différence de caractère entre elle et sa mère n'est pas suffisamment marqué à la fin du chapitre leur deux personnalités se mélangent un peu, le rapport de force change brutalement, on ne sait plus qui doit avoir l’ascendant sur l'autre (cela peut changer au fil de l'histoire, mais si c'est au milieu du chapitre, cela peut faire bizarre. L'écriture est assez belle. ce n'est que le début, mais j'ai hâte de voir quand l'histoire aura plus profondeur ^^
Emmy Plume
Posté le 11/02/2021
Hello Cassice !

Oui, je sais, ça fait un bail que j'aurais dû répondre à ton commentaire, mais il m'avait échappé, et ce n'est qu'aujourd'hui que je le découvre (honte à moi ! )

Bref, je voulais te remercier de ces remarques constructives. La Mémoire des Sylphes est un roman en cours d'écriture (et que je rédige de semaine à semaine avec quelques chapitres d'avance ;) De ce faite, je suis ouverte aux critiques qui se présentent, qui me permettent de m'améliorer.
Pour ce qui est des descriptions, on m'a fait la remarque dans un autres commentaire de ce chapitre, et je me suis attaché à y travailler dans les chapitres suivants. J'espère que mes efforts ont comptés, et qu'ils te satisferont plus ^^'

En tout cas, merci encore de m'avoir donné ton avis !

A plus tard =^v^=

Emmy
MarineLayne
Posté le 06/12/2020
Bonjour Emmy Plume !

Très curieuse de ton premier chapitre, je suis enfin venue le découvrir :)
On sent que ton univers est très ambitieux et qu'il a été très travaillé, tu nous offres déjà beaucoup d'informations dessus ! Je l'avoue, il reste pour moi assez flou, mais je me doute bien qu'il sera plus détaillé dans les prochains chapitres. Les descriptions des personnages sont très bien menées, pour quelqu'un de visuel comme moi c'est parfait pour bien les imaginer.

Ce Test m'intrigue... je n'ai pas tout saisi à ce qu'il apportera concrètement, mais encore une fois ce n'est que le début !

Au niveau des coquilles, j'ai relevé pas mal de "ça", peut-être tu devrais essayer de les remplacer par des "cela", c'est un langage un peu plus soutenu, dans les descriptions en tout cas. Pour les dialogues, c'est moins dérangeant.

Voilà pour moi, j'attends la suite maintenant !
A bientôt
Emmy Plume
Posté le 06/12/2020
Merci MarineLayne !
Je suis moi aussi très visuelle (j'ai pour habitude de dessiner mes personnages et les scènes que j'écris) alors je suis contente que tu y trouves ton bonheur.
Ne t'inquiètes pas pour le Test, le deuxième chapitre devrait t'éclairer un peu plus ;)
j'espère que ce voyage dans mon univers te divertira
A bientôt pour la suite ^^
Pluma Atramenta
Posté le 05/12/2020
Salut Emmy Plume !

Grande fan de Steampunk, je jetais un coup d'œil rapide sur les nouveautés de cette catégorie et... Je ne suis absolument pas déçue de ma trouvaille ! Dès le premier paragraphe, j'ai compris le potentiel de cette histoire, qui promettait d'être entraînante. (Oh, oh je sens que je vais me régaler de la suite !) J'ai également cru voir (mais peut-être m'ai-je trompé) une grande fan de description à travers tes mots, ce qui me plaît déjà ! Vois-tu, on a pour habitude de m'appeler Celle-qui-vénéère-les-descriptions-et-qui-te-le-répète-à-chaque-commentaire, ou autre pseudo comme ça... J'ai d'ailleurs trouvé ta manière de décrire les cheveux de Mathilde très singulière, on arrive merveilleusement bien à se les représenter : fins et fluides comme de l'eau... ;)
Je viens aussi avec quelques remarques, bien que j'ai déjà trouvé ce premier chapitre d'une extrême fluidité :

- Côté présentation : Mettre ton texte en mode "justifié" favoriserait les conditions de lecture :)

- Coquillette : "escaliers en colimaçons" ("Colimaçon" s'écrit sans s)

- Remarques tout subjectives : 1) Tu décris beaucoup tes personnages certes, mais peut-être pas assez son lieu de vie. A quoi ressemble sa chambre, par exemple ? S'il s'agissait d'un roman réaliste, il n'y aurait sans doute rien à tirer de cette description. Or, parce que ton roman est de la Fantasy, je trouve peut-être plus "juste" qu'on est droit à une exposition des lieux, apparemment bien différents des nôtres. (C'est quoi mon pseudo déjà ? XD) 2) Je trouve également le dosage d'informations peut-être pas assez maitrisé. Je veux dire que tu n'exposes peut-être pas suffisamment la situation à ton lecteur. On comprend très bien Mathilde, (déjà super attachante !) son envie folle de devenir musicienne malgré le désaccord de sa famille, mais cette histoire de Test... J'avoue que ça m'a un peu dépassée. Qu'est-ce exactement ?
Je sais qu'en tant qu'auteur, nous devons amener les informations petit à petit et c'est chouette que tu y aies pensé toi aussi, mais à mon avis, tu as essayé de les amener un peu trop petit à petit x) Une plus grande clarification est à entreprendre :)

Ne te décourages surtout pas sur mes nombreuses remarques. (que je répète, sont ABSOLUMENT subjectives) Si je t'adresse ce commentaire, c'est parce que j'aime ton style, j'aime déjà ton intrigue et parce que, tout simplement, j'ai envie de t'apporter mon aide <3 Tu te dis "débutante", mais je te trouve déjà bien à l'aise avec les mots - des mots très prometteurs d'ailleurs ! J'espère vraiment le meilleur pour la suite tandis que hop ! Ton histoire bondit dans ma PàL <3

Bonnes inspirations !
Pluma.
Emmy Plume
Posté le 06/12/2020
Merci, Pluma, pour ton enthousiasme ^^
Je ne sais pas si je suis très à l'aise avec les looooongues descriptions, mais il est certain que j'affectionne les mots bien choisis, et imagés. J'hésite souvent à décrire l'environnement, mais j'ai parfois l'impression que ça ralentit trop le récit (je cherche encore le dosage parfait ^^')
Bref, il ne faudra pas s'étonner si je tâtonne un peu de ce côté là (promis, j'essaie de m'améliorer).
je vole corriger la coquille que tu m'as signalée et un grand merci de m'apprendre qu'il est possible de "justifier" mon texte (hé oui, novice sur PA).
A bientôt pour la suite ^^

Emmy
Hastur
Posté le 05/12/2020
Hello !

Quelle écriture. C'est riche, fluide, rien à redire. Tu tailles superbement tes personnages. Ils marquent par leurs manies et leurs caractères. Tu ne nous noies pas sous les éléments de ton univers, tu distilles ça tranquillement. C'est très appréciable :).

Etant musicien à mes heures perdues, j'ai été très sensible à tous les passages évoquant celle-ci, et particulièrement le paragraphe final qui m'a presque tiré une petite larme. Je me suis dit, c'est peut-être la dernière fois qu'elle joue du piano avant longtemps et cela a fait vibrer mon petit coeur ^^.

J'ai pris des petites notes en cours de lecture que je te mets en dessous :
"à regarder s’entrelacer les engrenages de la mécanique"
mécanique est déjà présent un peu plus haut. Le supprimer pourrait être pas mal.

"Tu penses aller à un enterrement peut-être ?"
PAF ! 1-0 pour môman ! J'ai beaucoup ri à cette réplique ^^

"d’une poignée d’heure"
d'heures ?

"pour ne pas que le son trop fort"
je n'arrive pas à savoir si c'est juste. J'ai buté à la lecture.

"l’asseau du clavier"
l'assaut ?

En tout cas félicitations pour ce premier chapitre. Une belle histoire s'annonce et il me tarde de la suivre :)
Emmy Plume
Posté le 05/12/2020
merci beaucoup pour ton retour ^^
je vais m'empresser de corriger les coquilles que tu m'as très justement soulignées. isolées du texte, elles font vraiment mal aux yeux ^^'
Je suis musicienne moi-même (enfin, amateur, pas pro) et je suis heureuse de voir que ce petit passage traduit l'effet voulu !
A bientôt pour la suite ! ^^
Brétie
Posté le 04/12/2020
Un style enlevé et poétique, le décor planté avec élégance, un univers qui laisse le lecteur en attente: autant d'ingrédients qui donnent envie de se laisser guider dans le monde de Mathilde!
A suivre...
Bravo Emmy Plume!
Emmy Plume
Posté le 11/02/2021
Merci pour ce jolie commentaire, très encourageant.
J'espère que mon univers te plaira autant qu'à moi et que ce voyage te fera rêver =^v^=

Emmy
Zoju
Posté le 04/12/2020
Salut ! J'ai été intrigué ce matin pour la couverture et le résumé de ton histoire qui me parlait bien. Je me suis laissée tenter et je ne le regrette pas. Un premier chapitre bien sympathique à lire. Le dernier paragraphe lorsque Mathilde joue au piano et que tout le monde l'écoute est très beau. Ta manière d'écriture est agréable et j'ai beaucoup aimé les descriptions, surtout des personnages et de leur vêtements, que tu as mis tout au long du texte. C'est marrant que Claudia ne dise pas le "ne" quand elle fait de la négation dans ses phrases.

En ce qui concerne le personnage de Mathilde, à la fin de ce premier chapitre, on se fait déjà un peu une idée de qui elle est et on s'attache déjà. C'est quelqu'un qui semble savoir ce qu'elle veut, mais qui malheureusement connait de nombreux obstacles.

Pour ton univers, tu en dis peu, mais les informations que tu nous donnes nous permettent de le visualiser notamment avec les îles, mais beaucoup de questions se posent. Cela donne envie d'en savoir plus.

Enfin, il y a l'histoire. A peine commencé et on se pose déjà de nombreuses questions sur ce fameux tests et ce qu'il amène. Tu piques notre curiosité.

Juste une petite remarque. Je pense que tu as fait un doublon de journée dans cette phrase de dialogue " — Allons, s’attendrit la vieille femme, le Probatio est un jour de fête, surtout pour ceux qui, comme vous, ont atteint leur dix-huitième année. C’est votre journée journée, profitez-en donc."

Quoi qu'il en soit, c'est un bon premier chapitre qui nous donne envie de connaitre la suite ! Curieuse de la lire ! :-)
Emmy Plume
Posté le 04/12/2020
Merci pour ton commentaire et cet avis si détaillé !
ça m'aide à savoir quels sont les bons points de mon texte, et, soyons honnête, ça fait un bien fou!
Tu as particulièrement bien saisi l'ambiance et les intentions de mon premier chapitre, et je dois avouer que j'ai maintenant assez hâte de partager la suite. C'est aussi un challenge, parce que maintenant que j'ai créé des attentes, j'espère bien pouvoir être à la hauteur. ^^
Merci aussi de m'avoir signalé ce doublon, je me suis empressée de le corriger.
Encore merci pour tes encouragements!
A plus tard donc, pour connaître la suite \^^/
Ben Baker
Posté le 04/12/2020
Salut!

J'ai beaucoup apprécié ce premier chapitre. Tu as réussi à rendre ton personnage attachant tout en donnant un premier aperçu du monde dans lequel Mathilde évolue. Je me suis d'ailleurs imaginé cette dernière un peu comme Tuesday dans "Carole et Tuesday" (peut-être que tu connais).
En bref, je trouve ce début réussi et je te souhaite une bonne écriture pour la suite!
Emmy Plume
Posté le 04/12/2020
Merci pour ton commentaire!
Je ne connais pas "Carole et Tuesday", mais je suis allée voir à quoi elle ressemble. Je confirme ton intuition, ma Mathilde ressemble beaucoup à cette Tuesday, sans la frange et avec des lunettes ^^
ça m'a d'ailleurs donné envie de découvrir cet animé ;)
merci encore pour tes encouragements,
A bientôt pour la suite !
Ben Baker
Posté le 04/12/2020
L'animé est pas mal. Le ton est parfois un peu léger, mais par les temps qui courent, un peu de légèreté ne peut pas faire de mal! Et je ne sais pas dans quelle mesure le talent de musicienne de Mathilde aura de l'importance plus tard dans ton récit, mais qui sait, tu y trouveras peut-être un peu d'inspiration!
Prudence
Posté le 04/12/2020
Bonjour !

Je passe par ici, car ce chapitre m'a transportée. Du début à la fin. J'aime beaucoup le personnage que tu dépeins, déjà très profond comme sa gouvernante. Cela se sent dans leurs échanges. Et les descriptions que tu fais sont très légères et sensibles <3 J'aime beaucoup l'alliage steampunk et petits airs de science-fiction-dystopie avec le Test.
J'ai une seule petite remarque : l'emploi du mot "ado" m'a fait tiqué, car, nous sommes plongés dans un monde se rapprochant du 19e siècle réel et ce mot, plutôt récent, nous en ressort un peu brutalement.

J'ai adoré l'amour que porte Mathilde pour le violon et le piano et le "vous passez vos journées sur ce bout de bois" m'a fait rire. Son avis sur le Test est aussi très bien "justifié", et ça apporte une note d'humour originale. Je me suis très vite attachée à Mathilde !

Autrement, j'aime bien les expressions ponctuelles et plutôt bien dosées dans le récit, elles sont drôles... Voilà, voilà.

Ah, et, je trouve le personnage de la mère bien fait, quoi que un poil cliché, je trouve qu'il se démarque au fur et à mesure de la progression du récit.

A plus tard pour la suite !!!
Emmy Plume
Posté le 04/12/2020
Merci beaucoup Prudence !
ça fait plaisir de recevoir un premier avis aussi positif ! Cette histoire me suit depuis plusieurs années, et pouvoir avoir enfin un avis extérieur est extrêmement enrichissant. Ta perception de mes personnages et ta manière de l'exprimer m'ont touché, et vraiment motivé. ^^
Et puis bon, je suis tout-à-fait d'accord avec toi, le mot "ado" fait un peu tâche. En me relisant, je l'ai effectivement trouvé décalé par rapport à l'ambiance.
J'espère satisfaire tes attentes avec la suite.
A plus tard, donc, pour le chapitre 2 ;)
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