Chapitre 1 : Le banquet

Par Cherry
Notes de l’auteur : Je suis tellement contente (et timide à la fois) de vous montrer mon premier chapitre :) J'ai hâte de recevoir votre avis et j'espère que vous l'aurez apprécié

La Cité Fleurie était connue pour être calme et toujours ordonnée. Séparée de la ville par un mur de pierres, elle empêchait aussi bien les intrus de pénétrer que les membres de la famille royale de s'échapper. Un garde était posté tous les cent mètres et chaque porte d'entrée et de sortie était minutieusement surveillée. On disait qu'elle était une forteresse imprenable, regorgeant de passages secrets et de cachettes.

Depuis les montagnes, on pouvait clairement voir que la Cité Fleurie était une ville au cœur même d'une ville. Elle contenait le palais royal, la salle du conseil des clans, sept parcs gigantesques, deux écoles comptant en leur sein les meilleurs professeurs du pays, une multitude d'artisans entièrement dédiés à la famille royale, un vaste cimetière, bon nombre de temples, des maisons luxueuses à chaque coin de rue et même un zoo. Les domestiques étaient dévoués à leurs maîtres et plutôt bien payés. Quant à la famille royale, elle n'était ni tyrannique ni décadente. En somme, plutôt neutre.

Il était encore tôt le matin quand un cri brisa le silence paisible de la Cité Fleurie. Un cri accompagné d'une claque magistrale et d'un chapelet d'insultes.

–          Doucement, May Gocy, doucement... tu es aussi susceptible que notre mère ! Ma parole, je pars pendant deux ans et quand je reviens tu es méconnaissable, fit un jeune homme en se frottant la joue.

–          Quelle mocheté ! Bon sang, mais qu'est-ce qui te prends, Cheng ? Retire tout de suite ça de ma vue ! Je vais mourir, bon dieu, je vais mourir... Gardes ! Venez immé...

–          Chut ! Calme-toi, ce n'est qu'une plaisanterie voyons.

–          Une plaisanterie ? Quand vas-tu enfin grandir ? Dix-huit ans et toujours rien dans le crâne ! proféra May Gocy en pointant un doigt accusateur sur son frère. Trouve-tu ça drôle de me réveiller avec cette horreur ?

Cheng prit un air offensé avant de porter dramatiquement une main à son cœur, comme atteint par une balle imaginaire. Sur son épaule, une mygale toute velue était en train d'agiter ses crochets. May Gocy eut un spasme de nausée.

–          Tu plaisantes ? Ce n'est pas une horreur, c'est une mygale et je l'ai dressée. Elle ne te fera jamais de mal et de toute façon le venin des mygales n'est pas mortel... Enfin je crois. Viens voir papa, Ci Ci, allez, allez ! Voilà, c'est bien ma fille... comme ça, tout doux... fit Cheng d'une voix débordante d'amour en caressant sa mygale. Tata May ne pense pas à ce qu'elle dit, elle est juste stressée pour demain...

Face à ce spectacle, May Gocy leva les yeux au ciel et maudit les dieux de lui avoir donné un grand frère pareil. Il avait beau avoir dix-huit ans, il lui arrivait parfois d'agir de manière puérile sans se soucier des conséquences. Cheng s'assit sur un tapis, sorti une balle de sa poche et la lança vers Ci Ci comme s'il était parfaitement normal de jouer avec une mygale comme on l'aurait fait avec un chien. May Gocy frissonna de dégoût avant de tourner les talons. Elle avait en horreur les insectes et plus particulièrement les araignées ainsi que tout ce qui y ressemblait. Son frère le savait et n'avait pas hésité un seul instant à exploiter sa phobie pour l'effrayer.

Il n'était pas encore sept heures du matin. Un voile de brume ondulait à travers les timides filaments dorés du soleil. Quelques coqs s’évertuaient déjà à réveiller la Cité Fleurie avec leur voix discordante. May Gocy pouvait très bien retourner dormir mais elle craignait que Cheng ne lui joua un autre mauvais tour. La mygale ne promettait rien de bon…

D'un rapide coup d'œil, May Gocy balaya la pièce. Elle avait été propre jusqu'à ce que Cheng fasse irruption. Des empreintes terreuses avaient terni le parquet et sa mini table en marbre était renversée pour servir d'aire de jeu pour Ci Ci. Cheng était désormais allongé sur le ventre en train de battre des jambes comme une demoiselle énamourée quand soudain, un détail intriguant captiva May Gocy.

–          Ton bras droit... Il est...

Cheng releva la tête, fier du petit effet qu'il produisait sur sa sœur. Il se redressa d'un bond et épousseta ses vêtements à l'aide de sa main métallique. May Gocy, sous le choc, se laissa tomber sur son lit comme si elle venait de prendre soixante ans d'un coup. 

Elle regarda alors son frère d'un autre œil. Pas celui avec lequel elle jugeait ses cousines et demoiselles de compagnie. Pas celui avec lequel elle évaluait la valeur d'un vêtement ou d'un bijou. Cette fois, May Gocy contempla vraiment son frère avec des yeux de nouveau-né. En l'espace de deux ans, son visage avait perdu la candeur de l'enfance, ses traits s'étaient durcis au contact d'un entraînement vif et rigoureux, ses cheveux étaient relevés en une queue de cheval stricte, l'éclat pétillant qui scintillait dans ses yeux avait disparu et son bras droit n'était plus qu'une prothèse métallique qui émettait des couinements stridents. Il y a deux ans, Cheng était l'incarnation même du chaos ; il était désormais un homme accompli. Une vague de nostalgie la saisit au cœur et à sa grande surprise, May Gocy sentit ses yeux lui piquer. Il arrivait que l'armée fasse des miracles...

–          J'ai perdu mon bras droit il y a un mois, lors du siège de Samka. Je m'en rappelle comme si c'était hier que l'un des leurs m'a arraché le bras avec son foutu sabre ! explosa Cheng en mimant avec ses mains chaque action. Il était tellement rapide que je n'ai rien vu venir... C'était... WAOUH ! Je ne voyais rien du tout ! J'entendais juste... pffiou et sploush... et ça faisait vlaaaam et ensuite mon bras est tombé au sol comme une masse.

... ou pas.

–          Ce n'est pas ton bras qu'ils auraient dû couper mais ta langue, rétorqua May Gocy en soupirant.

Cheng prit une expression scandalisée.

–          En fait, je retire ce que j'ai dit : tu es toujours la même langue de vipère.

May Gocy saisit l'un de ses oreillers et le balança vers son frère qui l'évita de justesse puis, imperturbable, elle se pencha vers sa coiffeuse pour préparer sa toilette matinale.

–          Qu’as-tu fait d’autre à l’armée ? s’enquit May Gocy d’un ton moqueur en peignant ses cheveux. Raccommodé des chaussettes ? Distribué de la soupe ? 

–          Récolté des informations sur l’ennemi. Tu savais que l’un des objectifs des Serviteurs de l’Aube est de briser le Mur ?

May Gocy coinça son peigne dans sa chevelure soyeuse.

Les Serviteurs de l’Aube. Un nom très poétique qu’un groupe de terroristes avait choisi avant de déclarer la guerre à toutes les familles royales du continent. Ils menaient une guerre acharnée contre les Hmong, n’ayant toujours pas expliqué l’origine de leur haine et rejetant constamment toutes les propositions de paix du roi Tou Nan. Chaque jour, May Gocy entendait des nouvelles encore plus inquiétantes que la veille : les terroristes se rapprochaient lentement mais sûrement. Il était impossible de récupérer le moindre centimètre de terre qu’ils gagnaient. Les plus pessimistes murmuraient qu’ils étaient de surpuissants magiciens et que personne n’avait encore réussi à les stopper.

Quant au Mur, il était l’unique protection contre les Sauvages, les premiers humains du continent dont la perversion n’avait d’égale que les trois cent vingt-quatre mètres du Mur. Autrefois, quand les Zaj pouvaient encore se métamorphoser en dragon et qu’ils maîtrisaient la magie, ils avaient châtié les descendants des premiers humains en les encerclant par un gigantesque mur de pierres. Ainsi, les Zaj avaient rétabli l’équilibre du monde et tous les peuples sur terre chantaient leurs louanges.

–          Impossible. Le Mur est incassable, affirma May Gocy en rejetant ses cheveux en arrière. Il est impossible de le modifier.

–          Et toi, tu as énormément changé, fit Cheng. Tellement changé.  

Cheng était arrivée dans les appartements de sa sœur dans l'espoir de retrouver la fillette de ses souvenirs : une petite silhouette maigrichonne, ornée de deux petits chignons, qui semblait rire tout le temps. La jeune femme qui se tenait devant lui était une étrangère. La taille svelte et la posture droite, May Gocy dégageait une autre impression. Elle avait des sourcils fins et bien épilés, une peau lisse et laiteuse, des yeux mordorés en amandes, des lèvres délicates, deux pommettes saillantes, un petit nez de biche et de longs cheveux noirs flottant sur ses épaules qui aurait fait pâlir de jalousie une déesse.

May Gocy savait que son physique avantageux pouvait lui apporter gros, c'est pourquoi soigner son apparence était une tâche qui lui tenait tant à cœur. Sa coiffeuse était un véritable lieu de culte pour sa beauté. Il y a quelques années, des jouets siégeaient dessus. Maintenant ils croupissaient dans l'ombre, quelque part dans une armoire.

–          Qu'est devenue le petit oiseau qu'on avait recueilli ? s'enquit Cheng en se jetant sur le lit de May. Et nos cousines se sont-elles toutes mariées ?

Il fallut à May Gocy un effort considérable pour ne pas hurler sur son frère qui venait de salir ses draps. Ses chaussures boueuses étaient en contact avec le tissu. Cheng la bombardait de questions sans s'inquiéter le moins du monde pour la gêne qu'il causait. Néanmoins, sa sœur inspira profondément et afficha un sourire de convenance quelque peu crispé.

–          Le petit oiseau qu'on a adopté est malheureusement mort entre les crocs des chiens de chasse d'oncle Feung, tu sais comment il est... Et non, aucune de nos cousines ne se sont mariées à l'exception de Joua. Enfin c'est plutôt un mariage arrangé, aucun soupçon d'amour, conclut sèchement May Gocy en s'étalant de la crème sur les bras.

–          En parlant d'amour, j'ai trouvé quelqu'un.

May Gocy se retourna subitement vers son frère. Ce dernier tenait Ci Ci au creux de ses mains et un sourire béat avait éclot sur ses lèvres fendues.

–          Qui est-ce ?

–          Elle est déjà mariée.

May Gocy lâcha un petit hoquet de surprise.

Ce n'était pas la première fois que Cheng s'éprenait d'une femme mariée. Cet idiot était obsédé par tout ce qui était interdit et avait provoqué plusieurs scandales. Il aimait jouer avec le feu sans se soucier des conséquences. En guise de punition, leur père l'avait expédié à l'armée. Apparemment, Cheng n'avait toujours pas retenu la leçon.

–          De toutes les femmes sur terre il a fallu que tu...

–          Je sais que c'est impossible mais je veux quand même...

–          Hors de question que tu éclabousse l'image de notre famille, déclara froidement May Gocy en pointant contre lui son peigne. Pour rappel : tu es le fils du prince héritier. Le roi compte énormément sur toi. Aujourd'hui notre clan sera réuni au grand complet pour discuter des festivités du Nouvel An, alors tiens-toi correctement. Ne mange pas tout le buffet, n'organise pas de concours de rots, ne laisse pas les enfants monter sur ton dos pour jouer au cheval, n'exhibe pas Ci Ci en public comme un trophée et par pitié, Cheng, par pitié, ne mentionne pas cette femme ! Cette réunion de famille est cruciale. Comment peux-tu te comporter comme un enfant alors que tu es un adulte ? Ce n'est plus le moment de plaisanter. Nos parents se font vieux, ils n'ont plus la force de nous dire ce que nous devons faire.

Ses paroles firent à Cheng l’effet d’une gifle amère. Une gifle qui le laissa sans voix.

–    Et maintenant je te prie de quitter ma chambre, je vais m’apprêter pour le banquet, ajouta May Gocy en lui tournant le dos.

Comprenant qu’il n’était plus le moment de plaisanter, Cheng retrouva son sérieux et rangea Ci Ci sous un pan de sa veste. Il se leva du lit, remit la petite table de marbre à l'endroit et se dirigea d'un pas rapide vers la porte. Avant de partir, prit par un élan de nostalgie, Cheng se retourna une dernière fois pour voir May Gocy ; celle-ci était en train de se poudrer le visage, totalement absorbée par son propre reflet.

Cheng ne vit qu'une inconnue. 

 

C'était dans le plus grand parc de la Cité Fleurie que le banquet du clan Zaj avait lieu. Il n'était pas encore midi mais il faisait déjà chaud. Aucun nuage n'encombrait les rayons du soleil et une douce brise soufflait régulièrement. Des tables avaient poussé sur la pelouse fleurie, un buffet démesuré reposait à l'ombre des palmiers, des enfants couraient partout en riant, les adultes s'étaient rassemblés pour trinquer en l'honneur du roi et les domestiques circulaient dans la foule pour distribuer des amuse-bouche. May Gocy était rayonnante. Toute pimpante, elle était vêtue d'une robe en soie rose et avait dissimulé ses pieds dans une paire de chaussure en tissus précieux. Par coquetterie, elle avait accroché à ses cheveux relevés en un volumineux chignon toutes sortes d'accessoires, tels que des chaînes en argent qui pendaient en guirlande sur son front, des fleurs blanches et des perles nacrées. Le résultat était sublime : May Gocy ressemblait à une poupée fragile et exquise, délicatement parfumée à l'eau de pivoine.

May Gocy ne jugea bon d'avaler que du thé malgré les gémissements de son estomac vide. Avec la méticulosité d’un mathématicien, May Gocy avait entamé un régime. Si elle prenait – ne serait-ce qu’un gramme – elle ne pourrait plus rentrer dans son costume de danse. Hors de question d’en arriver là après des mois de dur labeur.

Tout le monde tenait à complimenter la beauté de May Gocy. On lui jurait qu'elle était le portrait craché de son père mais qu'elle avait en revanche hérité de la grâce et de la prestance de sa mère. Ses cousines lui tournaient autour comme des abeilles auprès de leur reine. Après tout, elle était la fille du prince héritier, petite-fille directe du roi.

Maquillée et enveloppée dans sa superbe robe, May Gocy était l'image même d'une princesse. Chacun de ses gestes étaient gracieux comme ceux d’une danseuse. Elle glissait sur le sol aussi légèrement qu’un nuage sans le moindre bruit. Elle riait aux plaisanteries, saluait poliment les membres de sa famille qu'elle n'avait plus revu depuis l'an dernier, s'extasiait sur les tenues de ses cousines qui rougissaient de plaisir... Elle avait conscience d'être la vedette de la journée et que tous les regards étaient rivés sur elle. May Gocy dirigeait la conversation et était le sujet de toutes les discussions. Comme toujours depuis sa naissance.

–          N'oubliez pas, demain matin, mes cousines et moi allons danser pour l'ouverture du Nouvel An, rappela-t-elle avec son plus beau sourire. Ne ratez surtout pas notre performance, nous avons mis des mois à l'élaborer.

–          Mais bien sûr, pour rien au monde je ne raterai votre spectacle, croassa une vieille femme maigre et courbée comme un roseau.

–          Vos représentations sont toujours aussi incroyables, roucoula un homme qui fumait un cigare. Comptez sur votre oncle Seng pour y assister !

–          Je n'en vois pas l'intérêt.

Tout le monde se tourna vers la voix grave qui avait prononcé cette phrase.         

Une jeune fille était assise sur la pelouse, les coudes sur les genoux et la tête reposant sur ses mains. Vêtue d’un pantalon de soldat, elle disparaissait sous une immense veste en cachemire rouge où une longue tresse noire descendait en cascade sur son épaule. Ses étonnants sourcils broussailleux formaient un V interrogateur. Imperturbable, elle n’avait pas décollé son regard de May Gocy dont les lèvres avaient pris un pli sévère.

–          Et pourquoi donc, très chère cousine ? fit May Gocy en s'efforçant de garder un sourire affectueux.

–          C'est la même danse chaque année, répliqua-t-elle avec indifférence.

Une vague de murmures gagna les invités qui se demandèrent qui diable était cette gamine impertinente. Cheng, qui passait dans le coin, accourue auprès de cette fille pour la saluer avec allégresse. Il lui prit les mains et les secoua dans un bruissement de métal qui trahissait sa prothèse.

–          Gao-Jer ! Comment vas-tu ? Je savais que tu allais venir, pour rien au monde tu n'aurais raté un buffet pareil !

–          Et comment ! La nourriture valait le coup, avoua la jeune fille tout en attrapant un verre que proposait un domestique. Du champagne, du vrai. C'est exactement ça que je recherchais.

–          Ici, tu en auras à volonté ! J'ai eu raison de te forcer à venir cette année, éclata de rire Cheng quand soudain sa sœur le tira par le bras pour l'entraîner ailleurs. Quoi ? Mais qu'est-ce que tu veux, bon sang ?

Le visage de May Gocy était déformé par la rage. Elle était à des années lumières de la jolie et gentille princesse qui remerciait tout le monde. May Gocy jeta furtivement des regards à gauche puis à droite avant de parler à voix basse.

–          Pourquoi as-tu invité Gao-Jer ?

–          Le sang des Zaj coule en elle aussi. Elle est donc automatiquement invitée. Même les bâtards ont le droit de venir !

–          Et alors ? Tu sais très bien que je ne peux pas la supporter ! Et toi aussi, d'ailleurs, je pensais que tu ne l'appréciais pas !

–          J'étais dans l'escouade de son père lors du siège de Samka. Elle y était aussi, et très honnêtement Gao-Jer m'a impressionnée. Elle n'est pas la gamine mal élevée que tu penses.  Elle est une bien meilleure épéiste que son père et nous sommes naturellement devenus amis.

May Gocy jeta un coup d'œil derrière son épaule pour observer Gao-Jer, pas du tout convaincue. Cette prétendue « épéiste » ne se cachait pas pour manger tous les amuse-bouche sous les regards dégoûtés et moqueurs des membres du clan.

–          Sois indulgente envers elle, raisonna calmement Cheng. Sa mère lui adresse à peine la parole et son père n'a pas pu entrer dans la Cité Fleurie puisqu'ils sont en froid. 

–          Je me fiche totalement de son passé... Elle n'a rien à faire ici, qu'elle soit un membre du clan ou non. N'oublie pas toutes les fois où elle m'a humiliée en public ! Et puis demain sera un jour important puisque l'on va me demander en mariage !

La mâchoire de Cheng se crispa en même temps que sa prothèse métallique.

–          Quoi ? Tu vas... te marier ?

–          Oui, gros bêta. Je voulais te faire la surprise mais puisque tu as invité Gao-Jer, le plus beau jour de ma vie est complètement fichu.

–          Et qui vas te demander en mariage ?

May Gocy se pencha encore plus en avant et chuchota furtivement le nom de son futur époux.

–          Quoi ? s'écria Cheng. Kai du clan Lo ? (May Gocy posa un doigt parfaitement manucuré sur sa bouche.) Cet imbécile était avec nous à Samka. Il est aussi arrogant et narcissique que toi... Remarque, vous allez bien ensemble. Toutefois, je ne vois pas le rapport avec Gao-Jer.

–          N'oublie pas qu'elle est une Yang et que son clan a trahi le nôtre !

–          C'était il y a plus de deux mille ans ! s'égosilla Cheng.

May Gocy ne voulut rien savoir et retourna auprès de ses cousines qui toisaient Gao-Jer dans des chuchotements indiscrets. Cheng rejoignit son amie, une coupe de champagne à la main.

–          Excuse ma sœur, elle croit toutes ces idioties. Elle n'est jamais sortie de la Cité Fleurie.

–          Mon clan a vraiment une mauvaise réputation, souffla Gao-Jer en fixant son verre avec un intérêt soudain. Être punie pour un événement d'il y a deux mille ans...

–          Crois-moi, dès que j'arriverai au pouvoir je ferai tout pour changer cette situation. Fini le système privilégié des douze premiers clans ! Fini les sanctions envers les Yang ! Fini l'école !

Les deux amis éclatèrent de rire.

–          Sais-tu où est Pa Di ? s'enquit Gao-Jer en reprenant son sérieux.

–          Probablement encore dans son coin. Tiens, en parlant d'elle, voici ses parents.

Un homme moustachu, arborant un flamboyant costume orange, et une femme, emballée dans une robe vert pomme avec un interminable décolleté, se baladaient en riant aux éclats. La femme portait un exorbitant chapeau orné de plumes et de fleurs qui cachait ses yeux. On aurait dit qu’un îlot de terre s’était accaparé sa tête et menaçait de tomber à chaque instant. L'homme moustachu, lui, possédait une canne en marbre enrichie de diamants qui s’enfonçait dans l’herbe et laissait des trous dans le sol. Ces deux olibrius extravagants qui déambulaient dans le parc semblaient venir tout droit d'un autre monde. Tous les passants se retournaient sur leur passage, se demandant qui pouvait bien être ce duo singulier.

–          Son père est le neveu du roi. Il dirige une compagnie de chemin de fer transcontinentale, révéla Cheng qui était fasciné par le couple. On le surnomme "le roi du chemin de fer" et il est le troisième homme le plus riche au monde. Quant à sa mère, elle est l’unique héritière d’une famille de banquiers. Tu t'en rends compte ? Ils sont plus riches que le roi !

–          Et ils ne le cachent pas.

Les yeux de Gao-Jer se posèrent sur le roi qui était assis à l'ombre, entouré de ses enfants. Il n'était qu'un vieillard chauve, ramolli par le temps. Difficile de croire qu'il avait dix femmes, que quarante ans auparavant il menait une guerre acharnée contre la Chine, que cet homme était un Zaj redoutable qui parvenait à transformer ses ongles en griffes tranchantes. Le roi ressemblait à un homme quelconque avec un visage des plus ordinaires.

Gao-Jer chercha des yeux les autres membres de la basse-cour royale.

–          Tiens, c'est bizarre, où est le shaman du roi ? Il devrait être là, non ?

–          Il ne peut pas venir au Nouvel An cette année, révéla Cheng en s'adossant contre un arbre. Il siège au Conseil de Sécurité Internationale. Apparemment, la guerre contre les Serviteurs de l'Aube est redoutable et sa magie est efficace... On va se resservir ensemble au buffet ? À chaque fois que j'y vais, ma sœur me regarde de travers.

Gao-Jer, qui avait fini son verre de champagne, lui emboîta le pas en quête d'autre délices à tester. Elle tourna trois fois autour du buffet avant d'opter pour une cuisse de dinde rôtie. Puis elle s'empiffra d'un bol de phô bouillonnant, dévora avec appétit la moitié d'un gâteau de riz et engloutit sous les yeux impressionnés de Cheng une énorme coupe de glace. Mais May Gocy n'avait toujours pas lâché du regard son frère, ce qui eut pour effet de contraindre Cheng à n'avaler que des petits gâteaux en douce. Il dut attendre que sa sœur ait le dos tourné pour ingurgiter un plateau entier de samoussas.

Accostés par une bande d'enfants en quête de distraction, Cheng et Gao-Jer acceptèrent volontiers de jouer avec eux. Ils ne purent leur refuser une partie de cache-cache puis un concours de bras de fer ; Gao-Jer autorisa les plus jeunes à tresser ses cheveux et accepta volontiers la couronne de fleurs qu’ils avaient tissé. Cheng, gonflé par la fierté, laissa les enfants toucher son bras « incontestamment incassable ».

Fatiguée et bien repue, Gao-Jer se déroba aux enfants et décida de piquer un roupillon sur un banc à l'écart du bruit et de l'agitation. Alors qu'elle s'apprêtait à étendre ses jambes, elle heurta quelque chose. Gao-Jer se redressa aussitôt.

Une gamine maigrichonne, chétive, renfermée sur elle-même, le regard fuyant, semblait mal à l'aise dans sa robe couleur vert asperge. Olivâtre et recroquevillée, elle ressemblait à un légume fané. D'épaisses lunettes rondes comme des billes glissaient sur le bout de son nez aplati. Ses cheveux étaient attachés en une queue de cheval dont des mèches folles s'échappaient et retombaient sur son front acnéique. Gao-Jer se demanda qui était ce visage familier quand elle aperçut des taches de peinture sur ses doigts.

–          Pa Di ! Je me demandais où tu étais. Oh, excuse-moi, je suis vraiment bête ! Je ne voulais pas salir ta robe.

–          Ce n'est pas important, balbutia Pa Di, la tête baissée.

Gao-Jer examina de la tête aux pieds Pa Di. Cette dernière était sa cadette d'un an, pourtant elle ressemblait à une fillette de dix ans. Elle ne devait pas peser plus de trente kilos et faisait pâle comparaison face à ses parents qui étaient excentriques. 

–          Cela va faire trois ans que nous ne nous étions plus vues, je suis contente de te revoir, déclara Gao-Jer.

–          Moi aussi.

Pourtant, elle n'avait pas l'air aussi excitée que Gao-Jer. Depuis qu'elles avaient commencé à parler, Pa Di tordait nerveusement ses doigts tandis que ses pieds se balançaient d'avant en arrière.

–          Comment vas-tu ? poursuivit Gao-Jer.

–          Bien...

Pa Di n'était pas de nature bavarde. Engager la discussion n’était pas sa tasse de thé. Un silence de plomb s'abattit entre les filles, interrompu de temps à autre par les gargouillements du ventre de Pa Di qui n'osait pas se servir au buffet. Gênée, Gao-Jer ne savait plus sur quel pied danser. À chaque fois qu'elle tentait de relancer la discussion, elle avait l'impression de marcher sur des œufs. Dans ses souvenirs, Pa Di était plus enjouée.

–          Prête pour demain ? tenta Gao-Jer.

–          Non.

Gao-Jer comprit qu'il fallait rétablir la complicité d'antan qui s'était évanouie. Elle inspira profondément puis se lança :

–          Pa Di, tu n'as pas à être gênée ou réservée en ma présence. On peut se reparler comme avant, fini le protocole idiot ! Sors de ta coquille, je sais que tu n'es pas timide avec moi.

Pa Di était de profil, mais Gao-Jer vit ses lèvres esquisser une timide courbe. Mission réussie.

–          Je déteste le Nouvel An. Mais... tu sais, quelqu'un de très important va venir, dévoila Pa Di.

–          Qui ? s'intéressa Gao-Jer en se redressant aussitôt.

–          Un peintre très célèbre, surnommé l'Arlequin. Il ne viendra qu'au dernier jour, et j'ai hâte de le rencontrer.

–          Contente pour toi, fit Gao-Jer d'une voix sincère. D'ailleurs, en parlant d'invités, est-ce que le docteur Pi sera de la partie ?

Pa Di fronça les sourcils. Ce nom lui était familier. Mais le visage de ce docteur restait flou dans sa mémoire.

La luminosité baissa drastiquement dans l'atmosphère. De gros nuages gris entravaient les rayons du soleil. Un vent frais se déversa sur le parc, faisant voler la robe de Pa Di qui plaqua ses mains sur ses cuisses. Heureusement pour elle, leur banc était à l'encoignure de murs en bambous à l'abri des regards indiscrets.

–          Le docteur qui s'occupait de nous quand nous étions petites ? Non, il me semble qu'il a ouvert son propre cabinet à l'étranger. Il n'est pas sur la liste des invités. Mais je crois que son élève, le Professeur Nayann, sera là demain.

–          Son élève fera l'affaire. Merci pour ce renseignement. J'étais très proche du docteur quand j'étais petite, et je n'ai plus eu de nouvelles de lui depuis près de trois ans. Je m'inquiète pour lui, il ne doit plus être tout jeune maintenant... (Gao-Jer jeta un rapide coup d'œil à sa montre à gousset avant de la ranger furtivement) Bon, je vais devoir y aller. Je dois déballer mes affaires dans ma chambre. A plus tard, Pa Di !

Alors que Gao-Jer se levait d'un bond, Pa Di bataillait toujours contre le vent. Elle frissonna en sentant la bise s'engouffrer sous ses manches et effleurer son cou, la paralysant aussi vite que l'éclair. Elle en eu la chair de poule. Prenant son courage à deux mains, Pa Di avala difficilement sa salive puis se confessa :

–          Gao-Jer, je suis vraiment contente que tu sois là...

–          Parle plus fort ! Je n'entends rien, la coupa Gao-Jer qui avançait contre le sens du vent.

Pa Di mit ses mains en cornet autour de ses lèvres et cria de tous ses poumons.

–          Je suis très contente que tu sois là !

Gao-Jer se retourna et sourit à Pa Di en même temps que les rayons du soleil perçaient à travers les nuages gris.

–          Moi de même ! Demain, nous allons bien nous amuser…

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Pouiny
Posté le 11/04/2021
Il y a beaucoup de choses que j'aime dans ce chapitre, mais je pense que ce que j'aime le plus c'est tout ce que les dialogues ne disent pas. Les personnages parlent tout en ne s'exprimant pas vraiment, on ressent dans leur attitude et leurs paroles tout ce qu'ils ne peuvent ou ne veulent pas s'avouer : l'amour frère/soeur entre May et Cheng, la relation entre Gao-Jer et Pa Di ... Ils sont tous presque comme muselé par des institutions, des croyances, une étiquette de bonne conduite qui les dépasse ^^ Et je trouve ça vraiment bien écrit et mis en scène. Merci pour ce chapitre !
Cherry
Posté le 11/04/2021
il n'y a pas de quoi ;-) je me demandais ce qui t'avait tant plu ^^

pour moi les relations frère/sœur sont super importantes. Et oui, même si les personnages ne disent pas tout, leur corps s'exprime à leur place. C'est très implicite et explicite.
Je ne pensais pas créer un tel effet sur toi en tout cas ^^ mais je suis plus qu'heureuse de lire ce commentaire. Mille mercis

Cherry
Prudence
Posté le 10/04/2021
Hello :-)

J'adore la première partie avec May Gocy et sa discussion avec Cheng. J'aime bien ce côté piquant que tu réussis à incorporer dans leur dialogue. May m'intrigue (beaucoup) et je me demande comment elle va évoluer. Ce qui est sûr, c'est qu'elle a une répartie d'enfer xD
Quant à la description de Cheng, c'est vrai qu'elle se contredit un peu, peut-être peux-tu nous l'expliquer ? Nous dire pourquoi il semble plus mature et que le pétillement dans ses yeux a disparu, mais que d'un autre côté, il reste très joyeux et espiègle. Je ne pense pas être très claire, je crois que c'est juste l'histoire d'une phrase qui m'a un peu embrouillée x)

J'aime beaucoup l'ambiance que tu installes. Tes descriptions, je trouve aussi, sont très délicates et précises. ^^

Sinon, j'ai trouvé que le changement de point de vue n'était pas assez marqué/explicite?. Je me suis un peu perdue au milieu du chapitre en me demandant qui je suivais et qui était le(s) personnage(s) principal/aux. Au départ, je pensais que c'était May Gocy et j'ai un peu été déstabilisée de me retrouver dans le point de vue de Cheng puis de Gao. Peut-être ajouter des pensées "brutes" pour que ce soit plus clair ? Aussi, j'ai trouvé que les personnages de Cheng et Gao étaient moins approfondis, comme si tu survolais un peu leur psychologie sans t'y attarder. Changer de point de vue, je pense, ça veut aussi dire rencontrer de l'intérieur un nouveau personnage. Il sera sans doute différent qu'à travers les yeux d'un personnage externe. Ses réactions seront justifiées/expliquées par ses pensées, et par son vécu. Il sait pourquoi il dit ça, pourquoi il fait ça, il connaît ses motivations. Alors qu'un personnage externe ne le sait pas forcément, si bien que l'image qu'il a de lui dépend de la relation qui les lie entre eux, et sera empreinte de subjectivité.

Cela dit, Gao-Jer est un personnage intéressant. J'ai remarqué que son caractère sarcastique, ou ironique du moins, s'effaçait au fil des échanges. L'est-elle donc seulement avec May ? Car hormis au moment où on la rencontre pour la première fois, elle me semble ouverte, très sympathique et gentille (ce qui m'a surprise, quand même xD)
Quant à Pa Di, eh bien, j'ai trouvé sa description (la comparaison que tu fais avec un légume fané) très percutante. <3 Je pense que tu pourrais insister sur le lien d'amitié qui la liait à Gao, auparavant. Leur passé m'intrigue vraiment.

Tout m'intrigue, en fait. Hâte de rencontrer le roi et le prince héritier, de découvrir encore un peu plus l'univers, les personnages et l'histoire. D'ailleurs, je ne l'ai pas dit, mais j'ai trouvé qu'il y avait beaucoup d'humour dans ton texte - ça m'a beaucoup plu ^^
Brrref.
A plus tard !
Cherry
Posté le 10/04/2021
Prudence !

May est une de mes préférées ^^ je sais qu'il y a de la contradiction sur son observation sur son frère mais j'ai dû être maladroite en l'écrivant. A la réécriture je tâcherai d'arranger et de rendre cohérant la description. Mais même si l'éclat pétillant des yeux de Cheng a disparu,

Je voulais présenter les perso principaux, alors j'ai été rapide sur ce coup. C'est vrai, je n'ai pas beaucoup approfondit la psychologie de chaque perso mais chaque chose en son temps x) je préfère y aller doucement afin de ne pas vous perdre

Quant aux points vue, on m'avait déjà fait remonté que c'était brusque et j'en suis navrée >.< à la réécriture, je m'emploierai à marquer clairement qui est qui et qui fait quoi

Disons que Gao-Jer adore être sadique avec May ^^ elles ont un passé commun. Sinon, avec les autres, elle n'est pas autant sarcastique (enfin ça dépend)

Contente aussi de savoir que tu as apprécié la description de Pa Di. Quant à son passé avec Gao-Jer, je ne dis pas plus

Haha et l'humour marche ? tant mieux ;-) j'espère que la suite ne te décevras pas

Ciao !
Shangaï
Posté le 19/03/2021
Coucou, comme j’ai l’habitude de le faire je vais noter mes impressions à chaud au fur et à mesure de ma lecture. Ils se peut donc parfois que quelques remarques évolue au cours de ma lecture :)

Alors pour tes deux premiers paragraphe, on ressent ton envi de planter le décor. Tu le fais bien de manière concise et ton écriture est fluide. Toute fois, cela fait tous de même un peu bloque et ne nous fait pas entrer directement dans l’action. Personnellement cela ne me dérange pas vraiment, surtout que c’est court, mais il est souvent appréciable de découvrir le décor au fur et à mesure de la lecture avec les personnages notamment. Cela favorise à mon sens le Show don’t tell :) Voilà une suggestion donc : ne pas forcément parler de la cité tous de suite et distillé cela à petite touche.

Oh mon dieu une araignée ! Je compatis, je déteste les araignées x)

Il est surprenant qu’elle soit heureuse que son frère est perdu son bras, mais si je comprend bien elle est heureuse car elle estime que l’armée a fait de lui un homme. La bravoure et le sacrifice semble donc passer avant la santé :) Je tiens à préciser que mes remarques ne sont pas du tout négatives, c’est de l’observation ! ;)

J’ai beaucoup aimé la description de May ! Elle est splendide <3

Décidément j’aime beaucoup Cheng ! Il est drôle et espiègle et sacrément taquin avec sa soeur… Je suppose que voir une femme mariée n’est pas très bien vue !

Attention à ne pas en permanence répété May (…) cela est un peu lourd surtout après le paragraphe de la description du banquet. Il faudrait varier un peu les plaisirs (la jeune fille, la princesse, etc…). Peut-être que cette répétition est voulu ? Je pense précisement à ce passage : «Le résultat était sublime : May Gocy ressemblait à une poupée fragile et exquise, délicatement parfumée à l'eau de pivoine.
May Gocy ne jugea bon d'avaler que du thé malgré les gémissements de son estomac vide. Avec la méticulosité d’un mathématicien, May Gocy avait entamé un régime. »



Tes descriptions sont vraiment jolies et bien dosé, mais je pense tous de même qu’à certains moment tu pourrais nous faire vivre le moment plutôt que de le raconter. Par exemple : « Tout le monde tenait à complimenter la beauté de May Gocy. On lui jurait qu'elle était le portrait craché de son père mais qu'elle avait en revanche hérité de la grâce et de la prestance de sa mère. Ses cousines lui tournaient autour comme des abeilles auprès de leur reine. Après tout, elle était la fille du prince héritier, petite-fille directe du roi. » -> Ici tu pourrais le faire plutôt sous forme de dialogue, pour vraiment faire vivre la scène aux lecteurs.

Les femmes ont le droit de se battre ? C’est un point intéressant je me serai attendu au contraire :)



« inconstamment incassable » -> incontestablement, non ?



Il y a beaucoup de personnages mais je trouve que tu te débrouille très bien pour tous nous les représenter et c’est agréable car je n’ai pas de mal à bien retenir les noms et le physique de chacun. Bravo, ce n’est vraiment pas un exercice facile ! :)

Gao est une femme et pourtant elle a une montre à gousset… C’est décidément un personnage bien singulier et qui fait un peu tâche au milieu de tous les autres, ce n’est pas étonnant qu’elle ne soit pas appréciée. Enfin elle a pourtant l’air sympathique ! :)

Alors d'un point de vue global j'ai vraiment beaucoup aimé cette lecture. Ton écriture est très fluide et délicate. Elle est aussi très efficace !
Je vais me répéter mais je pense qu'à certains moment tu pourrais plutôt nous montrer les choses plutôt que de les raconter, surtout que tu le fais très bien.

J'ai juste eu un peu de mal à situé l'époque, probablement est-ce par ce que je ne connais pas bien la culture asiatique. Je m'en excuse d'ailleurs !

Encore une fois je trouve vraiment que tes deux premiers paragraphe déserve un peu ton texte et ne donne pas bien le ton. Je trouverai plus juste de conserver ta toute première phrase et d'enchaîner sur le bruit de la gifle, je trouve que cela serait justement plus percutant :) Nous avons tous le temps pour découvrir la cité !

Bien entendu ce ne sont que des suggestions, tu reste la chef à bord ! J'ai hâte de lire la suite :D
Cherry
Posté le 19/03/2021
Coucou Shangaï ! nous revoici dans l’espace commentaire :D

 Je ne comprends pas trop ce que tu veux dire quand par « distillé cela à petite touche ». Dans quel sens ? Des allusions par les personnages de la Cité Fleurie ?
 J’ai aussi les araignées en horreur, je trouve ça ré-pu-gnant
 Elle n’est pas heureuse de voir que son frère a perdu son bras mais elle considère que c’est plutôt un honneur de défendre sa patrie et donc que ça justifie… Je dirais qu’elle a été depuis toute petite élevée par cette idée. Eh oui la bravoure et le sacrifice passe avant la santé
 J’ai fait exprès de répéter le prénom de May dans ce paragraphe mais peut-être que je devrais changer ? je verrais lors de la correction
 Super idée de transformer ce passage de description en un dialogue ! J’y avais pas trop pensé mais je garde cette idée !
 Les femmes ont le droit de se battre mais elles sont minimes et mal perçues par la société
 Ne t’excuse pas de ne pas connaître la culture asiatique ^^ je tiens d’ailleurs à te préciser que l’époque de mon histoire est située au début du XXème siècle, quand l’Asie est en transition de l’époque féodal vers la modernité. J’ai été grandement influencé par la révolution culturelle
 Ne t’en fais pas, chaque remarque est la bienvenue ici 😊 à bientôt !
Cherry
Posté le 19/03/2021
* pas la révolution culturelle mais industrielle, je m'excuse >.< j'adore les univers steampunk
Shangaï
Posté le 19/03/2021
Je suis contente si mes remarques peuvent t'aider, mais encore une fois il est essentiel que tu fasses comme tu le sens ! Personnellement ce que je te dis ne gêne en rien la lecture :)

Je ne comprends pas trop ce que tu veux dire quand par « distillé cela à petite touche ». Dans quel sens ? Des allusions par les personnages de la Cité Fleurie ? -> Oui tu peux intégrer ça dans un dialogue ou nous faire voir tous ça au travers les yeux d’un personnage, Mya observait par la fenêtre... Plutôt que de récité la chose je trouve plus intéressant de l'inclure dans l'action, dans l'histoire :)
Cherry
Posté le 19/03/2021
je suis peut-être le seul maître à bord de ce navire mais chaque suggestion est d'une importance non négligeable pardi x)

oh je comprends mieux à présent !

merci encore pour ce généreux commentaire :)
Shangaï
Posté le 19/03/2021
Avec plaisir ! J'espère que cela t'aidera :)
ModesteContesse
Posté le 14/03/2021
Me voilà donc à la poursuite des aventures des héritiers de la grenouille !
Ce chapitre pose bien le cadre : la cité coupée du monde, les rivalités familiales, le passé du monde... Les personnages sont tous très différents et très bien dépeints ! J'ai un faible pour Gao-Jer, qui a l'air forte et téméraire ! Son parcours me fait penser à celui de Mulan : elle a servi à l'armée (alors que j'imagine que c'était pas commun pour une femme ?), elle ne semble pas avoir peur de ce que les gens pensent d'elle, elle n'a cure des convenances (enfin en tout cas c'est ce qu'elle dégage ^^)... J'ai hâte d'en apprendre plus sur elle et la vieille trahison de sa famille !
May Gocy est intéressante car on voit à travers elle la fille "esclave" de son statut et de la tradition. Tous les mots qu'elle dit, on dirait que ce ne sont pas ses mots mais des mots qu'elle répète parce qu'elle a passé des années à les écouter ^^ Je ne sais pas si c'est clair mais en tout cas moi j'ai cette impression !
Au fait, je me demandais : t'es-tu inspirée de la Cité Interdite de Chine pour écrire ta Cité fleurie ? La description est assez semblable et je trouverais ça super cool si c'était le cas (si c'est pas le cas c'est cool quand même hein ^^)!

Quelques trucs que j'ai remarqués (libre à toi de les prendre en compte ou pas, car certains sont purement subjectifs !) :
"En somme, plutôt banale." --> ce n'est que mon avis bien sûr, mais vu la façon dont tu décris la cité et ses habitants juste avant, je n'utiliserais pas le mot banal pour décrire la famille royale ^^ Même si elle n'est ni tyrannique ni adorable, j'entends bien, mais je ne sais pas, l'adjectif banal me semble étrange x) Ça va un peu à l'encontre de toute ta description précédente je trouve :) Pourquoi pas "neutre" ou "indifférent" ou quelque chose comme ça ?
"Tu plaisante ?" --> plaisantes
"c'est une mygale et je l'ai dressé." --> dressée :)
"les araignées ainsi que tout qui s'y rapportait." --> l'expression "se rapporter" à un animal sonne étrangement à mes oreilles ! J'aurais plutôt utilisé le verbe "ressembler" je pense ;)
"Un voile de brume froufroutait" --> c'est parfaitement personnel mais je trouve que le mot froufroutait fait "tache" dans cette phrase de description assez poétique et littéraire. Je pense que la phrase gagnerait en beauté avec un autre mot qui fait moins onomatopée ;)
"une queue de cheval strict" --> stricte
"cet homme était un Zaj redoutable qui parvenaient" --> parvenait
"Il dut attendre que sa sœur eu le dos tourné" --> eût / ait
"quand elle aperçut des tâches de peinture sur ses doigts" --> taches
"Elle frissonnât en sentant la bise" --> frissonna

Voilà, j'espère que ça t'aura aidée ! À bientôt pour la suite ;)
Cherry
Posté le 14/03/2021
salutations à toi ! je suis trop heureuse de te retrouver ^^ et merci pour tous ces petits conseils, tu as un œil de lynx dis donc. J'ai beau relire mille fois mon texte je ne détecte plus les erreurs...

et oui je me suis bel et bien inspirée de la Cité Interdite en Chine pour créer la Cité Fleurie ainsi que du film Disney Mulan (dont je suis fan au passage ! )
ModesteContesse
Posté le 14/03/2021
Contente que tu sois heureuse :)
Oh je n'ai pas vraiment un œil de lynx tu sais, ne t'inquiète pas ^^ En tout cas, pas pour mes écrits ! Pour ceux des autres peut-être ! L'objectivité est la clé à mon avis ;)

Je suis super contente de savoir que tu t'es bien inspirée de la Cité Interdite ! Ça me fascine tellement, j'ai vu plusieurs films sur ce sujet !! Et je suis aussi très fan de Mulan :D
Natsunokaze
Posté le 14/03/2021
Coucou !

Au début, je pensais que ce chapitre allait être long mais en fin de compte, il s'est lu très facilement, j'ai beaucoup aimé =)
Le personnage de May apparait assez détestable dans ce premier chapitre. Autoritaire, méprisante, arrogante... elle n'a pas grand chose qui la rend attachante pour l'instant mais d'un autre côté, je ne la déteste pas non plus parce que c'est ainsi qu'elle a été élevée. C'est une princesse, fille du prince héritier, je suppose qu'elle a été éduquée pour faire honneur à sa famille et qu'elle prend se rôle très à coeur, quitte à se priver de beaucoup de choses aussi. Du coup, je comprends qu'elle en vienne à mépriser ceux qui, contrairement à elle, se moquent bien de leur rang et de leur image et qui ne font que ce qui leur plait. Parce que, sans doute qu'au fond d'elle, elle les envie un peu =) Mais j'attends de voir comment elle va évoluer au fil du récit et on verra si elle s'endurcit encore davantage ou si elle s'adoucit.

En ce qui concerne son frère, je suis d'accord avec Mathilde Blue, je ne pense pas à Cheng comme à "un homme discipliné et obéissant" quand je vois qu'il réveille sa soeur avec une mygale exprès pour lui faire peur, qu'il traite ladite mygale comme son bébé, qu'il pille le buffet, s'amuse avec les enfants et se moque bien des convenance comme il le fait xD Il est tout sauf discipliné et obéissant, en fait. Et j'aime beaucoup ce type de personnage. Bon, tant qu'il aura sa mygale avec lui, je ne pourrais pas m'approcher de lui à moins de cent mètres mais en vrai, c'est plaisant de suivre un personnage qui se moque du pouvoir et qui fait ce qu'il a envie de faire tout en étant gentil et bienveillant ! Tout le contraire de sa soeur, en fait xD Comme quoi, la guerre ne l'aura pas franchement changé et c'est vrai que c'est un peu étrange parce que ce n'est pas le type d'expérience dont tu ressors sans séquelle. Lui, on a plutôt l'impression qu'il est parti en colonie de vacances pendant deux ans xD

Pour ce qui est de son amie, Gao-Jer (se souvenir des prénoms de chacun va être difficile au début, je ne te le cache pas ^.<) elle lui ressemble un peu, en plus effrontée, peut-être. On sent bien la rivalité qui l'oppose à May xD Ce qu'elle lui envoie dans les dents comme petite pique, j'adore ! Vas-y, meuf, ébranle donc son piédestal, ça nous fait trèèèès plaisir ! Je suis contente que leur expérience sur le champ de bataille leur ait permis de se rapprocher, Cheng et elle, et de se rendre compte qu'ils se ressemblaient plus qu'ils ne pensaient et qu'ils étaient tout à fait compatible comme amis ^^ Comme quoi, il ne faut jamais s'arrêter à la première impression. Et à la place de May, j'écouterai son frère quand il lui dit que son futur mari est un enfoiré parce que quelque chose me dit que, si elle l'épouse vraiment, elle pourrait en venir à le regretter plus tard. Car les mecs arrogants et sûrs de leur pouvoir ont tendance à ne pas trop apprécier que leur femme leur vole la vedette et exerce le pouvoir. Or May ne me semble pas le genre d'épouse qui s'écrase et qui se contente de broder au coin du feu >.>

Et enfin, Pa Di, qui est quand même celle dont on parle le plus dans le résumé et qui ne ressemble paaaaaas du tout à l'image que je me faisais d'elle ! Je l'aime bien aussi. Pour l'instant, elle est toute timide, toute fragile, pas sûre d'elle pour deux sous mais, justement, j'ai hâte de voir comment elle va évoluer, si elle va finir par sortir de sa coquille et s'affirmer. C'est le genre de perso qui ne paie pas de mine au début mais qui te réserve de bonnes surprises face à l'adversité, j'ai hâte de voir si ça se vérifie avec elle. Et puis, c'est une artiste, donc je l'aime direct x) En tout cas, je suis contente qu'elle s'entende bien avec Gao-Jer parce qu'elle a bien besoin d'une amie avec un caractère aussi fort pour l'épauler et la soutenir si besoin est ^^

Bref, pour l'instant, on a surtout droit à la présentation des personnages ainsi que des pouvoirs en présence, même si quelque chose me dit que tout ça va très vite basculé. Et j'ai hâte de lire ça. Mais vraiment, j'aime beaucoup ce monde, ce petit côté steampunk (avec le bras en métal de Cheng) et cette ambiance Chine antique (même si je sais qu'ils ne sont pas chinois ^.<) mêlée d'un peu de fantastique. Je continuerai donc ma lecture avec plaisir =)

A très vite !

Natsunokaze
Cherry
Posté le 14/03/2021
WAOUH

ça, c'était une belle analyse. Sincèrement je suis épatée. C'est tellement agréable de lire ce genre de commentaires ^^
effectivement, c'est plus un chapitre introductif donc il n'y a pas d'action et j'ai préféré présenter les acteurs un par un.
Mais je suis super contente que ça te plaise en dépit de la longueur (en gros c'est l'équivalent de six page Word). j'avais peur que la longueur rebute les gens mais finalement non !

ne t'en fais pas si tu ne retiens pas tous les prénoms, ce n'est que le début x) un conseil : accroche-toi

une chose est sûre : tu n'es pas prête pour la suite... je suis en train de rire en lisant ce que tu penses qu'il va se passer dans la suite * rire diabolique d'autrice*
Mathilde Blue
Posté le 23/02/2021
Coucou !

Désolée, je suis tellement à la bourre... Bref, me voici ^^ Je ne vais pas m’étendre sur ce qui concerne la stylistique au vu du remarquable travail abattu par A.C. Castelein, donc je vais plutôt te livrer mon ressenti sur ce premier chapitre !

C’est un très bon chapitre d’introduction, qui introduit parfaitement les personnages et les enjeux (ou une partie d’entre eux au moins). J’ai d’ailleurs été agréablement surprise par la richesse de ton univers, au début je m’imaginais plutôt un univers « médiéval » et entièrement fictif, mais je découvre le bras mécanique de Cheng ou encore les références à la Chine, du coup je me demande bien ce que cela va donner :p

En ce qui concerne les personnages, on parvient à bien visualiser la personnalité de chacun, et je suis curieuse de les voir évoluer tous ensemble ! On se doute que chacun a ses propres raisons d’agir, on se demande bien ce que cache Pa Di sous son apparence frêle et timide... En revanche, tu te contredis légèrement lorsque tu présentes Cheng (du point de vue de sa sœur) comme un personnage que l’armée a discipliné alors que ce n’est pas du tout l’impression qu’il renvoie ! J’ai d’ailleurs bien aimé le contraste entre Cheng et May ^^

Quant à l’intrigue, je me demande bien ce que cela va donner avec tous ces différents aspects que tu as montré ici ;)

À bientôt :D
Cherry
Posté le 23/02/2021
Pas de soucis prend ton temps ^^

ça me fait trop plaisir que ça te plaise (tu sais pas combien de temps j'ai passé à peaufiner ce chapitre)

May a jugé son frère en observant d'abord son apparence (parce que l'armée l'a changé physiquement ^^) avant de se rendre compte qu'elle avait tort

Ce n'est pas trop un univers médiéval... En fait j'ai imaginé ce monde en pensant à l'Asie au début du 20ème siècle, donc un monde en transition entre les traditions et la modernité.

à plus ici :)
Cocochoup
Posté le 09/01/2021
Ahh ça y est on rentre directement dans l'histoire.
Un premier chapitre bien intéressant avec une foule d'information sur l'univers existant et déjà des indices sur l'intrigue à venir !
Si je peux pinailler tu présentes Chang comme "Maintenant, il était un homme discipliné et obéissant"
Alors que j'ai plutôt l'impression que Chang est entre 2 âges, entre le soldat courageux qui a connu la guerre et le petit garçon espiègle qui aime encore faire des blagues et s'empiffrer au buffet 😅
En tout cas, tu installes bien tes personnages. On sent que Chang va être plutôt du côté progressiste et que May sera plutôt du côté conservatrice.
Cherry
Posté le 09/01/2021
Hey tu es rapide !! (c'est "Cheng" et non "Chang" ^^ )

Oui effectivement je voulais un contraste entre ces deux-là. Quant à la description sur Cheng, tu as raison. Je ferais mieux de balancer pour montrer qu'ils oscille entre l'enfance et l'âge adulte.
A plus !
robruelle
Posté le 20/12/2020
Hello !

Un bon chapitre pour débuter ton histoire
Un certain nombre de personnage entrent dans la danse, mais tu réussis à ne pas noyer le lecteur sous le flot d'information. Bravo pour ca

Castelein a fait un super travail en te faisant remonter toutes ses remarques dans son commentaire. Je ne vais donc pas faire redite sur les petits points à travailler.

Moi, il y a deux trucs en particulier qui m'ont marqué dans ce chapitre:
Tout d'abord, le bras mécanique ! Hoooo alors ça! Je me suis dit à ce moment là. "Tiens, cet univers a l'air plus complexe et cool que ce que je pensais"
Je pense que la suite va être chouette !

* La guerre avec la chine.
Là j'avoue que j'ai été surpris. Ton univers mêlent à la fois des lieux (et des pays pour le coup) qui existent dans le notre et des faits et des lieux qui n'y existent pas
C'est intéressant !

J'attend la suite :)
A+
robruelle
Posté le 20/12/2020
Ha oui, j'ai oublié juste un ptit truc :)
Les araignées ne sont pas des insectes, bien qu'on fasse souvent la confusion (le nombre de pattes n'est pas le même, entre autre)
C'est pas super embêtant et c'est un détail mais bon... :-P
si ca m'a sauté aux yeux, ca sautera aux yeux d'autres lecteurs :)
Cherry
Posté le 20/12/2020
merci pour le détail :)

je ne savais pas trop pour la mygale mdr alors maintenant je vais me renseigner davantage à ce sujet :)
je ne sais pas trop, mais je voulais mélanger notre monde au mien, et voir ce que cela donnerait au final. Si ça t'intéresse, tant mieux ça me fait plaisir. J'avais peur aussi que le lecteur soit submergé par les informations au point d'en perdre le fil

merci pour tes remarques, elles me sont très utiles ;-)
A.C. Castelein
Posté le 16/12/2020
Me voici pour la lecture de ton premier chapitre ! Tout d'abord, je dois dire que tu as bien posé l'ambiance et on a une image assez nette de chaque personnage dès le départ ; c'est le but d'un premier chapitre, et il est atteint. Tu poses les premières bases de ton intrigue, sans nous noyer pour autant.

On a envie d'en savoir plus, notamment sur Pa Di, qui contraste tant avec ses deux parents et qui semble vouloir cacher quelque chose.

Pour ce qui est des petites choses que j'ai pu constater :

Remarque générale : attention à la gestion des points de vue. On passe parfois, de façon maladroite (et sans doute involontaire) du point de vue d’un personnage à un autre.

« Ce n'est pas une horreur, c'est une mygale et je l'ai dressé »

Si je ne me trompe, il faudrait mettre « dresser » au féminin (accordé à « l’ » qui désigne la mygale)

« elle est juste stressée pour demain... »

Ici, le terme « stressée » et peut-être un peu trop moderne. Tu peux facilement le remplacer par « angoissée » ou « anxieuse »

« Cité Royale »

Cité Fleurie, non ? Ou il y a deux termes ?

« Il y a deux ans, Cheng était l'incarnation même du chaos. Maintenant, il était un homme discipliné et obéissant. »

Là, j’ai une petite incohérence. Au début du chapitre, Cheng est clairement montré comme un jeune espiègle… pas grand-chose à voir avec le côté discipliné, obéissant et militaire qui est indiqué ici. Comme tu décris le personnage dans ce paragraphe, on s’attend à quelqu’un de presque rigide, l’archétype du soldat

« dont la perversion n’avait d’égale que les trois cent vingt-quatre mètres du Mur. »

La formulation n’est pas très heureuse ici. Enfin, sauf si les 384 mètres de mur sont pervers…

« – Impossible. Le Mur est incassable, affirma May Gocy en rejetant ses cheveux en arrière. Il est impossible de le modifier.
– Et toi, tu as énormément changé, fit Cheng. Tellement changé. »

L’enchaînement ne se passe pas très bien ici ; on se demande un peu le rapport entre ce que dit May Govy et ce que répond Cheng. Ça collerait sans doute mieux avec une répétition assumée, du genre « Le Mur est incassable. Rien n’y personne ne pourra changer cela » « Ce qui a été changé, en revanche, c’est toi. » (bon, l’exemple est tout moisi, mais tu as compris l’idée)

« Cheng était arrivée dans les appartements de sa sœur dans l'espoir de retrouver la fillette de ses souvenirs : une petite silhouette maigrichonne, ornée de deux petits chignons, qui semblait rire tout le temps. La jeune femme qui se tenait devant lui était une étrangère. »

Il s’est écoulé combien de temps depuis leur dernière rencontre ? Parce que fillette évoque une enfant de peut-être 8 ou 10 ans, voire moins et jeune femme, quelqu’un qui aurait plus de 18 ans. Or, il me semblait avoir lu qu’ils avaient été séparé pendant 2 ans ?

D’ailleurs, attention au changement de point de vue dans ce paragraphe ; on est, depuis un long moment, du point de vue de May Gocy. Là, on passe du point de vue de Cheng, pour revenir à celui de May dans le paragraphe suivant.

« May Gocy était à l'image même d'une princesse »

Le « à » semble de trop

« éclata de rire Cheng quand soudain sa sœur le tira par le bras pour l'entraîner ailleurs. »

La formulation est assez lourde ; la phrase gagnerait à être reformulée

« J'étais dans l'escouade de son père lors du siège de Samka. Elle y était aussi, et très honnêtement Gao-Jer m'a impressionnée. Elle n'est pas la gamine mal élevée que tu penses. Elle est une bien meilleure épéiste que son père et nous sommes naturellement devenus amis. May Gocy jeta un coup d'œil derrière son épaule pour observer Gao-Jer, pas du tout convaincue. Cette prétendue « épéiste » ne se cachait pas pour manger tous les amuse-bouche sous les regards dégoûtés et moqueurs des membres du clan. »

Attention ici, je pense qu’un saut de ligne a été oublié 😉

« May Gocy ne voulut rien savoir et retourna auprès de ses cousines qui toisaient Gao-Jer dans des chuchotements indiscrets. »

« avec des chuchotements indiscrets. » ?

« Ces deux olibrius extravagants qui déambulaient dans le parc semblaient venir tout droit d'un autre monde. »
Le terme « extravagant » est de trop. Oh ! Et dans la phrase suivante, tu as une répétition passants/passage

« Fatiguée et bien repue, Gao-Jer se déroba aux enfants et décida de piquer un roupillon sur un banc »

Ici, l’expression « piquer un roupillon » paraît trop familière, par rapport au reste du texte

« Une gamine maigrichonne, chétive, renfermée sur elle-même, le regard fuyant, semblait mal à l'aise dans sa robe couleur vert asperge. Olivâtre et recroquevillée, elle ressemblait à un légume fané. D'épaisses lunettes rondes comme des billes glissaient sur le bout de son nez aplati. Ses cheveux étaient attachés en une queue de cheval dont des mèches folles s'échappaient et retombaient sur son front acnéique. Gao-Jer se demanda qui était ce visage familier quand elle aperçut des tâches de peinture sur ses doigts. »

Là, je ne peux pas m’empêcher de me demander : comment a-t-elle fait pour ne pas la voir ?

« faisait pâle comparaison face à ses parents qui étaient excentriques »

Y a un petit souci de formulation, je pense.

« La contradiction était hallucinante. »
Le contraste était saisissant ?

« Gao-Jer comprit qu'il fallait rétablir la complicité d'antan qui s'était évanouie. »

La phrase est un peu lourde

« Pa Di était de profile »

Attention à la confusion avec l’anglais ! Profil ne prend pas de « e » 😉

« – Le docteur qui s'occupait de nous quand nous étions petites ? Non, il me semble qu'il a ouvert son propre cabinet à l'étranger. Il n'est pas sur la liste des invités. Mais je crois que son élève, le Professeur Nayann, sera là demain.
– Son élève fera l'affaire. Merci pour ce renseignement. J'étais très proche du docteur quand j'étais petite, et je n'ai plus eu de nouvelles de lui depuis près de trois ans. Je m'inquiète pour lui, il ne doit plus être tout jeune maintenant... »

Qui dit quoi ?

« Gao-Jer jeta un rapide coup d'œil à sa montrer à gousset »
Sa montre à gousset

« Elle frissonnât en sentant la bise s'engouffrer sous ses manches et effleurer son cou, la paralysant aussi vite que l'éclair. »

Un peu maladroit

Voilà pour mes remarques !
Cherry
Posté le 16/12/2020
Waouh ça en fait un long commentaire XD
Merci énormément, je tiens compte de chacune de tes remarques qui sont les bienvenues :)
c'est vrai que j'ai du mal avec les points de vue, mais promis je retravaille !
en ce qui concerne l'âge de May Gocy, ils ne s'étaient pas vus depuis quelques années... Disons qu'elle fait plus âgée pour son âge x)
ah la la, et merci mille fois !
(j'aimerais en dire plus mais je risquerai de spoiler)
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