Chapitre 1 - Charlie's Angel

Notes de l’auteur : Attention - Contenu mature (language vulgaire, violence)

Si vous avez une idée de titre pour ce chapitre après lecture, n'hésitez pas.

Pour plus d'immersion, j'y ai glissé des notes de morceaux que vous pouvez écouter aux moments énoncés. Youtube, Deezer, Spotify... sont vos amis.
Il n'y a pas forcément besoin de mettre le son très fort. C'est juste une musique de fond.
Tout dépend de vos préférences et de votre gêne.
Peu importe votre rythme de lecture, vous pouvez mettre le morceau en 'repeat 1' (clic droit -> Loop sur Youtube).
Pour celles et ceux qui tenteraient l'expérience, n'hésitez pas à me faire vos retours.
Si les paroles vous gênent, je peux, par exemple, mettre des musiques sans partie chantée.

Merci aux plumes du forum pour les encouragements reçus !

Et pardon d'avance à tous les Kévin ! Je devais trouver un prénom començant par K-.
Sans rancune ^^' ?

Bonne lecture !

Chapitre 1 - Charlie's Angel

Deux minutes avant Minuit.

La lune, à moitié pleine, dévoile gentiment ses formes à travers les nuages. Elle éclaire avec parcimonie une ruelle légèrement délabrée et complètement déserte… mis à part 3 messieurs qui s’y engagent d’un pas pressé. En même temps, normal qu’il n’y ait pas un chat dehors à cette heure-ci.

Et les promeneurs de chiens sont déjà rentrés chez eux, bien au chaud. Mais certains irresponsables ont tout de même laissé une trace malodorante de leur passage. L’animal n’est pas en cause, bien sûr. Ce sont leurs maitres qui les laissent transformer les rues en véritable champ de mines. Franchement, ce n’est pas si compliqué de se mettre à la place des autres. Pensez un peu à celui ou celle qui finira immanquablement par…

‘’Et merde !... Fais chier, bordel !’ s’exclame, d’un ton plus qu’irrité, le type qui marche en tête du groupe. Il fixe brièvement sa chaussure en grimaçant, puis repart d’un pas vif.

D’ailleurs, sa taille, relativement en dessous de la moyenne, contraste fortement avec celles des 2 colosses qui le suivent. Malgré tout, ils ont tous les 3 le même accoutrement ; ils portent un chapeau couleur bordeaux et un long manteau de cuir noir. Et ils semblent se diriger vers le seul établissement éclairé au bout de la ruelle : Le Charlie’s.

Le son d’une petite clochette retentit juste avant le bruit sourd de la porte d’entrée dont ils enfoncent le pas. C’est un bar assez spacieux. La couleur vive des tables et des chaises du bar en noyer massif, bien qu'usés par le temps, se marient bien avec le blanc cassé des murs et du plafond. Ce qui donne au lieu une allure rustique mais charmante.

Au fond du bar, le jukebox est en train de jouer :

[Mungo Jerry – In the Summertime]

Il n’y a que quelques poivrots affalés sur les chaises hautes, près du comptoir à gauche de l’entrée. Deux d’entre eux ont déjà rejoint les bras de Morphée. Le dernier vient tout juste de terminer sa pénultième bière et s’apprête à les rejoindre. Son taux d’alcoolémie est beaucoup trop élevé pour pouvoir prêter attention aux nouveaux arrivants. Le barman, qui finit de ranger les verres propres, se relève et apparait, comme par magie, de derrière le bar. De grands yeux bruns. Une coupe dégagée auréolée d’une belle calvitie, arborant une belle moustache, bien fournie. Il entame sur ton courtois :

‘Qu’est-ce que je vous sers, gentlem… ?’

Puis il s’interrompt en voyant les 3 affreux pointer leurs armes à feu dans sa direction. Le barman reste calme.

- Les mains en l’air ! Et que ça saute !’ lui crie le petit teigneux.

Ce qui dégageait habituellement une ambiance chaleureuse vient de tourner subitement au western. Le barman pose lentement le verre qu’il tenait dans les mains, ainsi que son torchon, puis obéit au gangster. Il remarque la balafre sur la joue de son ‘interlocuteur’, puis s’aperçoit que celui-ci vient de souiller le sol qu’il venait juste de nettoyer. Dépité de l’impolitesse civile croissante, il ne peut pas s’empêcher de laisser un léger ‘Urgh !’ s’échapper.

- Ecoute moi-bien, Charlie…, poursuit l’autre.

- Non, moi c’est Joe, l’interrompt le barman.

- Quoi ?! Il me semble qu’y avait écrit ‘Charlie’s’ sur l’enseigne !

- Oui. Vous savez lire. Mais moi, c’est Joe. Charlie s’est tiré, il y a 1 semaine. Du jour au lendemain, sans prévenir. Depuis, plus de nouvelles.

- Bon, on verra ça plus tard. En attendant, Charlie doit du fric à notre patron. Un sacré paquet de fric. Dans tous les cas, faut bien que quelqu’un paie sa dette. Alors je te propose 3 choix, fiston :

Soit, tu nous files le fric, cash !

Soit, tu nous laisses le bar en compensation et on efface l’ardoise.

Soit… mes frères et moi, on te plombe bien comme il faut, ici et maintenant… ET on prend le bar en compensation. Alors à moins que t’aies envie de finir en passoire, je te conseille de vite te…

- Mais vous allez la fermer, oui ! On s’entend plus pisser.’

Cette voix féminine provient du fond de la pièce. Elle est suivie par un bruit de chasse d’eau, puis par celui d’un robinet, et enfin celui d’un séchoir automatique. Ceux qui sont extrêmement bruyants. Au bout de 20 secondes interminables, une jeune femme sort finalement des toilettes en poussant les portes battantes avec le revers d’une batte de baseball, et avec une certaine nonchalance, tel un cowboy dans un saloon.  

D’origine africaine. Pas plus de la trentaine à priori. Un corps fin et athlétique. Elle arbore un visage pétillant, un regard intense, des lèvres pulpeuses. Sa chevelure, en grande partie cachée par sa casquette des Oakland Athletics, laisse cependant deviner quelques dreadlocks. Elle porte un large débardeur, principalement blanc et vert, bariolé de petites motifs bleus, rouges et jaunes. Plus bas, un short de sport de couleur verte également. Enfin, elle tient dans son dos, le long de ses épaules, une longue batte de baseball de couleur noire. Tandis que du bras gauche se prolonge une deuxième batte identique à la 1ère, à l’exception près que celle-ci est entièrement blanche.  

- C’est qui cette traînée ? interroge amèrement Kévin.

- Celle qui va vous botter le fion bien comme il faut, à toi et tes 2 porte-couilles.'

Les 3 lascars explosent de rire et continuent de viser Joe.

'Et toi, t’es qui ? reprend-elle.

- Je m’appelle Kévin, annonce-t-il fièrement. Voici mes frères : King… et Kong.’

À ce moment-là, elle jette un coup d’œil aux 2 autres énergumènes et commence à se questionner. La petite teigne possède un nez plus fin, un front plissé, ainsi que qu'une tentative vaine de moustache et de micro-barbichette. Ses ‘frangins’, malgré une superbe barbe blonde du côté de chez King, se ressemblent comme 2 gouttes d’eau ; un large front, de profonds sourcils, une mâchoire immense… Ah oui, Pardon ! Et aussi 120 kilogrammes de muscles et de testostérone.  

 - Nous sommes les redoutables Triple K !' termine fièrement Kévin.

Sur ces mots, il prend une pose ‘triomphante’ en formant un K avec ses bras et ses jambes. Ses deux comparses ne bougent pas d’un iota et le regardent avec un regard dépité.

Un doux silence commence par s’installer. Puis Kong finit par l’interrompre :

- (tousse)… Demi-frère… (tousse encore plus fort).

La demoiselle éclate de rire. King et Kong commencent à glousser timidement. Kévin se retourne, furieux. Sa tête est rouge comme une tomate bien mure. King et Kong s’arrêtent subitement et se mettent à regarder ailleurs.

- Ça tombe bien, les miens s’appellent Ping et Pong, dit-elle en présentant ses 2 battes. Vous allez bien vous enten…' ‘BAM !’ – ‘DING !’ – Huh !

Tout s’est passé très vite :

Avant que la demoiselle n’ait pu finir sa phrase, Kévin avait déjà tiré sur elle. Dans un réflexe fabuleux, elle a paré le coup avec une de ses battes (Ping, pour info). La balle a rebondi alors sur une des pales du ventilateur suspendu avant de venir se loger dans l’épaule de Kévin, fort surpris.

Pendant quelques secondes, le temps semble suspendu. 

La douleur finit par envahir Kévin et du sang commence à tacher sa chemise. Il laisse tomber son calibre, puis s’écroule également au sol.

Un silence apparait, suivi d’un léger bruit métallique. Le jukebox change de disque et se met à jouer :

[Rolling Stones – Jumpin’ Jack Flash]

À ce moment-là, les jumeaux se tournent vers elle et commencent à vider le chargeur de leurs fusils mitrailleurs. Celle-ci fait tournoyer frénétiquement ses 2 battes de baseball et pare toutes les balles avec succès. Elles voltigent dans tous les sens, fracassant les bouteilles et trouant le mobilier. Par miracle, aucune n’atteint les clients endormis, ni le barman qui croulait à plat ventre sous le bar, recevant régulièrement des morceaux de verre brisés sur le dos.

Les 2 balourds, à court de munitions, finissent par jeter leurs armes à terre et commencent à foncer frénétiquement sur elle. Elle lance alors une de ses battes dans les airs pour la frapper telle une balle avec l’autre. La batte file tout droit en direction du front épais de King et le percute dans un magnifique ‘DONG !’ métallique, lui faisant perdre son chapeau. Il s’arrête net dans son élan avec un ‘Argh !’ de douleur et couvre son visage avec ses mains.

Tandis que Kong, lui, continue sa course et s’apprête à infliger un énorme crochet du droit. La jeune femme esquive aisément le coup sur le côté tout en armant sa jambe, puis décoche un violent coup de pied dans son service 3 pièces. À ce moment, les yeux de Kang semblent sortir de leur orbite tandis qu’il s’agenouille en tremblant, son chapeau à terre, les deux mains entre les jambes. C’était une position très étrange ; un mélange entre une prière et une demande en mariage. A peine relève-t-il la tête qu’il découvre la jeune femme en train d’armer sa batte comme pour tirer le prochain home-run. La taille du projectile n’a pas l’air de la gêner. Mais juste avant qu’elle puisse finir son mouvement, une chaise volante la percute de plein fouet avec une force redoutable.

La chaise se brise en plusieurs morceaux qui volent en éclats au contact, tandis que la jeune femme est projetée dans les airs. Sa casquette, propulsée par le choc, s’envole également. La demoiselle tombe violemment au sol quelques mètres plus loin. Elle commence à se relever péniblement, un peu sonnée. Sa chevelure d’ébène se déploie dans son dos tel de longs brins de blé. C’est là qu’elle voit le sourire narquois de King, jubilant après le résultat de son lancer. Il tient également dans sa main la batte de baseball qu’il s’est prise quelques instants plus tôt dans la tête. Elle voit aussi Kong prendre le temps de ramasser son autre batte au sol. Elle l’avait lâché durant le vol plané. Tout en la regardant au sol, ils affichent un large sourire, satisfait et vicieux. La jeune femme les fixe aussi du regard, en prenant un air sérieux. Elle ne semble pas découragée, bien au contraire. Tout en prenant le temps de reprendre sa respiration, elle récupère sa casquette, et, tout en se relevant, essuie le sang qui coulait lentement le long de son front, puis esquisse un léger sourire à son tour :

‘Mmmh, ça commence à devenir intéressant…’ jubile-t-elle.

Un léger bruit mécanique se profile au loin. Et le jukebox entame un nouveau morceau :

[The Dead South - In Hell I'll Be In Good Company]

Toujours le sourire aux lèvres, elle commence à marcher lentement vers eux. Cette fois-ci, c’est King qui se met à courir brusquement, bouscule Kong et lui passe devant. Arrivé à la portée de la demoiselle, il lui porte un coup de batte horizontal. Elle se baisse avec grâce pour l’éviter, arme ses poings et fléchit ses appuis avant de lui asséner 2 rapides directs dans les obliques que lui présente son adversaire. Elle avait déjà anticipé le coup de genou qu’il allait lui asséner en retour et recule en courbant le dos. Il se prépare à lui asséner un nouveau coup horizontal. Mais elle le bloque avant qu’il prenne son élan avec un coup de coude au niveau de son poignet. Cela fragilise la poigne avec laquelle il tient la batte. Elle enchaine avec un coup de pied relevé qui désarme King. La batte rebondit sur le plafond, puis sur son crâne chauve avant de retomber miraculeusement dans les mains de son adversaire. De nouveau dans les mains de sa propriétaire, celle-ci profite du bref instant où King est sonné pour lui asséner un violent coup de batte à la mâchoire. Une de ses dents virevolte dans une giclée sanguine. La puissante frappe le projette sur une des tables du bar. Devant le poids imposant du colosse et la force de l’impact, la table se brise en 2 dans un grand fracas et assomme King.

Mais elle n’a pas le temps de souffler que déjà son frère, se tenant juste derrière, s’avance avec les bras levés et s’apprête à lui asséner un puissant coup vertical. Elle le bloque en présentant la sienne en garde horizontale, mais la force incroyable du gorille la projette au sol. Kong profite de sa position de faiblesse et s’apprête à lui asséner de nouveau une nouvelle frappe. Mais elle le prend de court et lui assène un rapide chassé dans l’intérieur du genou. Ce coup stoppe immédiatement le géant et lui fait mettre l’autre genou à terre.

Elle profite de ce court répit pour se relever. De là, s’ensuit une frénétique séries de coups et de parades entre les 2 combattants, qui résonne telle une cacophonie métallique à travers le bar. Après une esquive sur le côté, elle finit par obtenir une ouverture sur le flanc de son adversaire. Elle frappe au niveau du thorax, esquive sa contrattaque, moleste sa cuisse, puis son mollet. Les impacts retentissent dans un bruit sourd. Dépassé par la douleur et la colère, le géant se met à faire de grands gestes. Ses mouvements sont de plus en plus imprécis et vains. Elle réussit à passer derrière lui et à lui cogner le visage. Le colosse ne se décontenance pas. Il arme à nouveau la batte.

* C’est bon, fini de jouer, * se dit-elle.

Elle pare son dernier coup, puis s’abat de toutes ses forces sur son coude, lui faisant instantanément lâcher l’arme dans un grand cri de douleur. Elle frappe à nouveau, mais cette fois-ci, au niveau de son épaule, très exactement à l’embouchure des deltoïdes. Ce qui pour effet de lui disloquer le bras dans un claquement. Le choc est violent. Kong se tient fermement le bras, en gémissant et hurlant. Il entend alors un puissant cri, rempli de désespoir :

‘NOOOON !’, s’écrie King qui venait de se rétablir.

Kong n’a pas le temps de relever la tête qu’elle ne se trouve déjà plus sur ses épaules. Elle part se loger dans les toilettes en claquant les portes dans un grand fracas. La trajectoire est parfaite. La demoiselle laisse échapper un immense cri de joie : ‘Yes ! Dans le mille !’

La musique s'arrête. Un silence terrible se créé. 

Dans un excès de rage, King se débat à travers les débris de bois. Avec un élan formidable, Il se lève et se précipite sur elle. La jeune femme s’avance calmement et assène un coup sec du revers de la batte dans le plexus solaire de son adversaire. Celui-ci se retrouve subitement à quatre pattes, le souffle coupé. Elle récupère alors son autre batte et commence marteler frénétiquement le colosse à ses pieds. Elle lui inflige plusieurs coups dans le dos… avant… et après qu’il ait terminé au sol.

Jusqu’à ce qu’elle entende un léger cliquetis. Elle jette alors un rapide coup d’œil vers l’entrée et remarque le pistolet braqué dans sa direction, à l’autre bout du bar. Par pur réflexe, elle place sa batte en diagonale et pare la balle qui vient se loger directement dans l’autre épaule de Kévin. Celui-ci lâche tout d’abord un cri étouffé, puis son pistolet, et finit par s’allonger sur le dos. Les bras légèrement en croix, il se met à fixer le plafond. Il entend le bruit des pas de sa némésis qui se rapprochent.

- Ouh ! Je vois qu’on a affaire à un tenace, dit la jeune femme. Je t’avais oublié, toi.'

Elle lui explose la main avec un coup sec et puissant. Kévin est pris par surprise. Il hurle jusqu’à l’égosillement.

'Ça, c’est pour être sûr que tu vas te tenir tranquille 1 minute, dit-elle calmement. Maintenant, dis-moi qui est ton patron et où je peux le trouver !

- Aargh ! Tu vas me le payer, sale négresse !!’

À ces mots, la jeune femme fronce les sourcils, puis finit par lui sourire aimablement :

- Oh, mais quel vilain mot ! Si seulement tu savais le nombre de fois que… Mais venant d’une sous-merde dans ton genre, cela ne me choque plus. C’est la couleur qui te dérange ? Tu préfères le rouge ?

Sur ces mots, elle piétine le poignet ouvert du gangster. Celui-ci hurle de plus belle. Elle commence à marteler son talon à la mesure des syllabes qu’elle prononce :

- Com… ment… se… nomme… ton… pa… tron ?!’

La jeune femme appuie fort avec son talon sur le bras de l’homme mutilé.

Dans un ultime cri de rage et de douleur, il vocifère les mots ‘Don Camillo ! Don Camillooo !!’

Autant de larmes coulent de ses yeux que de sang de ses blessures.

- Et où je peux le trouver ? Réponds-moi !!'

Il tente de balbutier quelques mots, en vain.

Au bout d'un moment, Joe ressort timidement la tête du bar. Au fur et à mesure qu’il découvre les corps et l’état de son bar, son visage se tend de plus en plus... horrifié par le spectacle mortuaire auquel il est en train d’assister... en se demandant si tout cela est bien réel. Pris de panique, en pleurs, il finit par crier :

- Pitié ! Par Pitié !! Ne me faites pas de mal !'

Elle ne le regarde pas. Elle prend quelques respirations puis lui dit sereinement :  

- Relax, Max. Vous croyez vraiment que si j’en avais après vous, je serai intervenue avant qu’eux, vous zigouillent ?    

- Non moi, c’est… Mais… qu’est-ce… qu’est-ce que vous allez faire ? interroge-t-il, terrorisé.

- Cela ne vous regarde pas’, dit-elle d’un ton sec. (Elle prend le temps d’inspirer) ‘Pfff…De toute façon, si je les avais laissés partir, ils seraient revenus. Ces pourritures-là ne s’arrêtent jamais. Et ne changent jamais.

- Mais…

- Quoi ?!’ Oh ! Alors ça ne vous gêne pas que ces hommes aient tenté de vous tuer. De ME tuer à de multiples reprises. Mais au lieu de me remercier pour avoir sauvé votre foutue vie, ça vous gêne que je les aie tués ?! Non, mais les hommes des fois, je te jure …’

Elle serre le poing et commence à se diriger vers la sortie.

- Attendez… euh. Merci, euh… Mais, qui êtes-vous ? balbutie Joe, tout tremblant.

- Mon nom est Personne (elle sourit). Enfin, tu peux m’appeler ‘Batte-Woman’ si ça te chante. Ou un truc du genre. Je m’en fous.’

Sur ces mots, elle sort du bar sans daigner regarder en arrière. Le barman reste figé et tremble de tous ses membres.

Un certain calme commence à s’installer.

Un des clients finit par sortir doucement de sa torpeur, jette un coup d’œil aux environs, puis finit par se tourner vers le barman. Avec toute la finesse d’un homme de 3 grammes, il lui dit :

‘ Hey Joe… Hic !... Dis donc, Faut pas te… Burp !.. Faut pas te chercher des noises à toi, hein ?’

Puis, il repose sa tête sur le bar et retourne à l’état de larve inanimée.

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AudreyLys
Posté le 01/10/2022
Coucou GentleGeek !
Je viens de découvrir le premier chapitre de cette fameuse histoire « pleine de violence » et j’aimerais te faire part de quelques remarques. Spoiler : je ne la trouve pas si violente que ça (beaucoup moins que mes propres écrits par exemple xD)
Je ne vais pas répéter ce qu’on dit les autres commentateurices, dans l’ensemble je suis assez d’accord (sauf pour ce qui est de l’usage des adverbes - beaucoup considèrent qu’il faut suivre la recette « ne pas en mettre » alors que moi j’en mets beaucoup et on ne m’a jamais dit que mon style était mauvais), notamment sur la scène d’action qui gagnerait à être sans plus courte et moins détaillée. Pour les description de personnages en eux même je recommande d’utiliser la personnification et de la métonymie, cela peut aider à les dynamiser^^
Je n’ai pas pu écouter les musiques que tu as proposé puisque j’étais dans un lieu public pour lire donc je ne pourrais pas faire de remarque à ce sujet là ^^’
Concernant la violence, on sent l’influence manga/BD et Tarantino (en tout cas ça a l’air ), on voit qu’elle est dirigée vers des mauvaises personnes. Je ne trouve pas que ce texte légitime la violence, sa violence débridée même si elle est jubilatoire. Pari réussi je dirais !
Sinon j’aime beaucoup la différence entre le titre et la couverture qui laisse attendre a un livre sur la cuisine pour se retrouver avec une scène orientée western ^^
C’est tout pour moi, au plaisir de te lire ~
GentleGeek
Posté le 03/10/2022
Hello AudreyLys :),
Un énorme MERCI pour ton retour ^^.
Comme beaucoup l'ont dit dans le topic sur le forum, la violence peut prendre plusieurs formes. Dans ce chapitre, la violence ''physique" se dévoile un peu à la fin, mais je prévois de l'utiliser aussi sous d'autres formes dans la suite de l'histoire.
Les scènes de combat impliquent la notion de rythme et tu as raison ; je dois trouver le subtil mélange entre les phrases courtes et celles plus détaillées (vive les adverbes ^^).
Merci pour le conseil concernant les descriptions. Cela devrait les améliorer.
Et pour la couverture et le titre, ils sont temporaires à la base, mais c'est vrai que cela ajoute un petit contraste sympa xD.
Au plaisir de te lire !
JeannieC.
Posté le 29/09/2022
Hey, salutations ! :D
Très intriguée par ton projet sur le forum, me voici pour découvrir ça. (Ahah, et la malédiction du prénom Kévin x) )

Quelques petites bricoles d'abord au fil de la lecture :
>> "Elle éclaire en parcimonie" > avec parcimonie ?
>> "En même temps, normal qu’il n’y ait pas un chat dehors à cette heure-ci…" Attention à ne pas user et abuser des points de suspension, ça peut atténuer leur effet. Là, c'est la deuxième fois qu'il y en a en un petit paragraphe introductif et autant les premiers me semblent efficaces, autant ceux-ci, perso je les ôterais.
>> "Ce sont leurs maitres qui les laissent transformer les rues en véritable champ de mine." > maîtres - mines
>> "s’exclame, d’un ton plus qu’irrité, le type qui marchait en tête du groupe" Pourquoi présent et imparfait dans la même phrase ?
>> "contraste fortement avec celles des 2 colosses qui le suivaient. Malgré tout, ils ont, tous les 3," > les chiffres se mettent plutôt en toutes lettres - sauf dans le cadre des adresses, des dates, des numéros de rois et quelques exceptions
>> "Le barman pose lentement le verre qu’il tenait dans les mains," Là aussi attention, présent et imparfait, soucis de concordance
>> "Un corps fin et athlétique. Elle arbore un visage pétillant et fin, un regard intense, des lèvres pulpeuses." > répétition de "fin"
>> "cette trainée" > cette traînée
>> "* C’est bon, fini de jouer, * se dit-elle." > pourquoi des étoiles ? Cela irait en italiques plutôt non ?
>> " je serai intervenu avant qu’eux" > intervenue
>> Et dernier point, toujours côté forme : attention à ne pas abuser des adverbes et des participes présent. Il y en a vraiment beaucoup, notamment dans les paragraphes de la baston.

Boooon, en bien c'est un premier chapitre fort sympathique ! Il y a peut-être juste le moment de la bagarre qui gagnerait à gagner en concision, en énergie, en rythme. Des phrases plus courtes, moins de participes, et tu n'es pas obligé de décrire absolument tous les mouvements par le menu.
Mais sinon, l'ambiance est accrocheuse et je suis aisément rentrée dedans :) J'aime bien cette ambiance western déjanté. Et le côté un peu cradingue, les dialogues bruts de décoffrage, la fille qui crie depuis les chiottes ce genre de détails. Plusieurs moments m'ont fait sourire aussi, la "batte-woman", la référence à l'Odyssée avec "Mon nom est Personne", tout le début sur les chiens, la description des poivreaux dans le bar...
Je guette la suite ;)
Au plaisir !
GentleGeek
Posté le 29/09/2022
Hello JeannieC.,
Merci infiniment pour tes retours.
J'ai corrigé les écueils que tu as mentionnés. Merci ! J'avais beau relire plusieurs fois, je ne les voyais pas, c'est fou ^^ !
Et oui, je retravaille encore les scènes de combat afin de les rendre plus fluides et captivantes. C'est plus dur à retranscrire qu'en BD, c'est sur xD.
Ravi que l'ambiance t'aies plu.
J'espère que la suite plaira ^^.

Au plaisir de te lire également !
Aramis
Posté le 27/09/2022
Yoooo, je viens de découvrir ce premier chapitre, quand on parlait de rapport à la violence je ne sais pas pourquoi, j'ai imaginé que tu te lançais dans quelque chose de très sérieux alors que pas du tout hahahaha, c'était une surprise assez amusante, et j'ai bien rigolé.

Je sais qu'on t'a déjà souligné les changements de temps, pour le coup il n'y a pas trop de façon de temporiser ça... Du coup même remarque que Peridotite à ce sujet !

Ensuite je me permets une remarque concernant la description du combat : on retrouve vraiment le côté absurde, tarantinoesque, c'est cool et fun ! Peut-être pourrais-tu dans certains passage, aborder la description de manière moins factuelle. C'est une suggestion : en cinématographie, évidement on voit tous les mouvements (et encore) donc on a une continuité de mouvement qui visuellement est super, mais à l'écrit, décrire chaque acte ne fonctionne pas toujours aussi bien dans la représentation que s'en fait le lecteur. C'est un peu la différence entre décrire une pièce en mode "l'escalier était peint en bleu, la rampe était blanche et portait des moulures" ou une ambiance "l'escalier qui menait au grenier ressemblait à l'image qu'elle se faisait de celui montant au paradis" (j"écris absolument n'importe quoi pour l'exemple)
Dans les scènes de combat, n'hésite pas à alterner les descriptions factuelles avec des métaphores ou des descriptions plus générales. Je pense à un exemple assez concret, qui est le combat de Bussy contre ses ennemis, à la fin de La dame de Monsoreau, de Dumas !
Si je ne fais pas sens n'hésite pas, je ne me paraît pas super claire hahaha

Voilà mon retour ! A bientôt !
GentleGeek
Posté le 27/09/2022
Yoooo Aramis,
Merci beaucoup pour ta lecture et ton retour.
J'ai trouvé cela clair en te lisant :).
Je suis ravi que tu aies pris du plaisir à lire cette 1ère version.
Oui, je pense que je vous ai trop pris pour des bisounours, niveau violence xD. Pour une 1ère scène, j'ai encore du mal à 'placer le curseur', mais je vais affiner cela :).
Complètement pertinent ton commentaire sur les descriptions. Je vais, en effet, retravailler à fond les parties de combat pour les rendre plus fluides.
Merci pour la référence. J'irai lire ça !
Merci encore et j'espère que la suite te plaira !
Peridotite
Posté le 27/09/2022
Coucou GentleGeek,

Comme promis, je te laisse un petit commentaire, plus précis que mon MP.

Je reviens donc t’embêter avec ces quelques soucis de style que je mentionnais. C’est rien de fou, je trouve que ton texte est bon, mais les corriger permettrait de tout bien fluidifier :

- La concordance des temps :
Il est en général impossible d’utiliser à la fois un temps puis un autre pour décrire, c’est une erreur de français. Par exemple :
‘’Et merde !... Fais chier, bordel !’ s’exclame, d’un ton plus qu’irrité, le type qui marchait en tête du groupe. Il fixe brièvement sa chaussure en grimaçant, puis repart d’un pas vif.

Tu as un verbe à l’imparfait qui traîne là, il faut le mettre au présent selon moi (ou alors les autres au passé), comme le reste, ou tu brises la concordance des temps.

- Au début, je trouve qu’il manque une petite description pour bien donner le ton et ancrer où nous sommes. J’hésite en un western et un post-apo ou alors un western post-apo ? Cela pourrait être clarifié si tu le veux.

- Comme je te disais en MP, je te conseille d’oter certains adverbes. Qu’il y en ait un ou deux qui traînent, ce n’est pas grave du tout, mais là, il y en a beaucoup et ils alourdissent les phrases. Par exemple : « Ce qui dégageait habituellement une ambiance chaleureuse vient de tourner subitement au western. Le barman pose lentement le verre qu’il tenait dans les mains, ainsi que son torchon, puis obéit au gangster. »

Tu as 3 adverbes dans 2 phrases, c’est trop selon moi.

Je suis en train d’appliquer certains conseils d’écriture à l’anglo-saxonnes, comme ceux décrits sur ce site : https://lecturesensible.fr/2022/06/06/utiliser-show-dont-tell/
Je suis d’accord avec la partie sur les adverbes, d’où mon conseil. T’inquiète, je fais les mêmes bourdes. Les enlever dynamiserait le récit (ce n’est que mon humble avis).

- Attention aux tirets et guillemets des dialogues. Je te conseille de googler pour revoir tout ça. Tu as 2 façons de faire, guillemets + tirets ou juste les tirets. Les tirets doivent être des tirets quadratins, comme ça — et non le celui-là –
Aussi, on utilise des guillemets « à la françaises » = « », qu'on oppose aux tirets anglais = " "

- J’ai remarqué que tu avais choisi de laisser les chiffres en numérique. C’est possible, mais attention à ceux qui commencent une phrase. Selon les règles, tu peux bien écrire « il y a 3 cowboys » mais en début de phrase, tu ne peux pas mettre « 3 cowboys se curaient le nez. », tu dois écrire « Trois cowboys… »

Comme je te le disais en MP, je te conseille de jeter un rapide coup d’œil aux comics Walking Dead pour te pencher sur le personnage de Michonne qui ressemble à Batte-Woman. Je n’ai pas vu la série, j’ai tenté les premiers épisodes qui ne m’avaient pas plu, mais les comics sont bien (malheureusement, il y en a 50 mille).

J’attends de lire les prochains chapitres avant de t’envoyer mes remarques de fond (si elles t’intéressent). Pour l’instant, je trouve ça bien. Je retrouve l’ambiance à la Tarantino bien retranscrite et j’ai eu plaisir à découvrir ton texte.


Pour Dead South, leur tournée est juste finie, ils sont passés en France en avril par là. Ils reviennent en Allemagne en novembre cas où : https://www.viagogo.com/ww/Concert-Tickets/Country-and-Folk/The-Dead-South-Tickets
GentleGeek
Posté le 27/09/2022
Coucou Peridotite,
Merci infiniment pour ces échanges !
J'ai déjà fait une 1ère refonte pour les temps et l'éradication des adverbes.
J'ai 'check' le lien que tu m'as envoyé. C'est vraiment super. Merci !
J'en referais une pour fluidifier les passages de combat et corriger la ponctuation.
Oui, je vois maintenant le personnage de Michonne de Walking Dead. Je comprends le rapprochement ^^. Les barbelés ne seraient pas un mauvais rajout xD.
C'était un peu volontaire de ma part de ne pas donner trop d'indications du lieu. C'était prévu pour le chapitre 2 ;). Tu me diras si ça suffit ou non :-).
Dommage pour les Dead South, je me tâte pour l'Allemagne ^^.
Encore Merci pour tout !!
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