Chapitre 1

Paris – 16 décembre 2018
Maison de Maria Davis
Chambre d’Alexandra

« Il est où le bonheur ? Il est oùùùù ????
Il est où ?
Il est où le BONHEUR ? IL EST OÙ ???? »

Ça ?!

C’est la sonnerie que j’utilise tous les matins pour me réveiller. Je sais, cette chanson est démodée, mais également très agaçante. Surtout quand on l’écoute tous les jours depuis plus de deux ans. Il faudra que je pense à la changer un de ces jours. Même si Christophe Maé est l’un de mes chanteurs favoris. Il y a tout de même des limites.
L’esprit encore endormit, il me fallut plusieurs secondes pour mettre la main sur ce maudit téléphone. À cause des vibrations, cet engin s'était déplacé à l’autre bout de ma table de nuit.

Une vraie galère. Non seulement pour l'atteindre, mais aussi pour l'éteindre.

Autant que vous le sachiez tout de suite, je ne suis pas "vraiment" le genre de personne très matinal si vous voyez ce que je veux dire.  Comme la plupart des gens, j'aimais faire la grâce mâtiné. Pouvoir profiter de mon lit. M'emmitoufler sous la couette encore chaude. En particulier lorsque j'avais passé une bonne partie de la nuit à travailler sur un article. 
Les feuilles de notes éparpillées un peu partout dans ma chambre et mon ordinateur portable qui trôner au bout de mes pieds sont de parfaits témoins. 

Je m’allongeai sur le dos et m’étira tout le corps.

« On dirait qu’il va faire beau aujourd’hui », pensai-je en voyant les rayons du soleil traverser les rideaux de ma chambre.

Une minute ! Je me redressai soudainement osant à peine croire ce que mon cerveau essaya de me faire comprendre.
Nous étions en pleins milieux du mois de décembre ! Alors, comment cela se faisait-il que je puisse voir le jour aussi nettement ? D’habitude, lorsque je me réveille pour me rendre au boulot, il faisait encore sombre. Mon regard se tourna automatiquement vers la pendule ronde qui était accrochée sur le mur qui me faisait face.

Cette dernière affiché 10 h 30 !

En une seconde, mon sang ne fit qu'un tour, mon cœur accéléra la cadence et une sueur froide et moite inonda mon corps. 

L'horreur !

— Oh noon !!! Ce n’est pas vrai !!!

En rassemblant mes affaires, j'insultai mon téléphone de tous les noms possible et imaginable et je sortis de ma chambre en quatrième vitesse. En me dirigeant vers la salle de bain, je bousculai Chloé qui venait à peine d’en sortir.

— Doucement ! Qu’est-ce qui t’arrive ? Me demanda-t-elle à travers la porte.

— Je suis en retard !

— Ce n’est pas une raison pour bousculer les gens de si bon matin !

— Désolé, ce n'était pas dans mes intentions ! Mais je suis vraiment à la bourre, cette saleté de téléphone portable ne m'a pas réveillé en temps et en heure. Téléphone dernier cris !

Tu parles ! Plus c'est moderne et moins ça fonctionne comme on le voudra !

Autre petit truc à savoir sur moi, lorsqu’en proie à un énorme stresse comme maintenant, je suis un vrai moulin à parole. 

— Tu peux me dire pourquoi tu es aussi pressé ce matin ? Ne me dis pas que tu as un rendez-vous galant ? Remarque, mieux vaut tard que jamais ! Me taquina-t-elle sur un ton moqueur.

C’était tout Chloé. Depuis que j’avais fait une croix sur les hommes, « Madame » tentait par tous les moyens de me faire changer d’avis. En prétextant que ce n’était pas dans l’ordre naturel des choses. Mais lorsque j’avais pris une décision, croyez-le ou non, il fallait vraiment se lever de bonheur pour que j’y renonce.

— Rêve pas ! Ça n'arrivera pas !

— Oh ! A ta place, je ne parierai pas là-dessus !

Pour la petite histoire, nous étions amies depuis notre entrée au collègue. Nous avons fait tout notre parcours scolaire et professionnel ensemble. La seule différence est que j’avais suivi une formation de journaliste spécialisé dans les faits divers et qu’actuellement je travaillais pour un magazine web. Tandis que Chloé était devenue reporter photographe en free-lance. Elle passait son temps à voyager à travers le monde pendant que moi je traquais les histoires de meurtres, de vol, de disparition… et j’en passe.

Ce qui avait pour conséquence qu’on ne se voyait plus autant qu’avant. Cependant, à chaque fois qu’elle faisait un saut à Paris entre deux reportages, ma grand-mère et moi, nous nous faisions un plaisir de la recevoir chez nous.

Dans notre maison familiale.

— Qu'est-ce que tu veux dire par-là ? Demandai-je enclenchant l'eau chaude de la douche. 

— Tu verras ! Sinon tu vas enfin me dire pourquoi tu te presses autant ce matin ? Ce n'est pas dans tes habitudes !

— Tes voyages te font perdre la mémoire ma vieille ! Je te rappelle que je travaille aujourd’hui. Dans un bureau. Contrairement à toi, je ne suis pas une globe-trotteuse. J'ai des horaires à respecter ! 

À peine avais-je prononcé ces mots que je l’entendis rire aux éclats. Intrigué par son comportement, j’entrouvris la porte et aperçu Chloé pliés en deux sur les escaliers qui menait aux deuxièmes étages.

— Qu'est-ce qu'il y a de si drôle ? 

N’obtenant aucune réponse de sa part, je refermai la porte. Après tout, j'avais autre chose à faire.

— OK ! Tu sais quoi ? Tu me le diras ce soir quand je rentrerai du boulot !

— C’est parce qu’on est Dimanche Patate !

Chloé avait beaucoup de mal à prononcer ces mots sans bafouiller. Mais, en entendant cela, quelque chose se déclencha dans mon cerveau. Comme une sorte lumière qui venait brusquement de s’allumer. Vous savez, comme dans les Cartoons. Malgré mes doutes, je pris mon smartphone que j’avais déposé avec le reste de mes affaires près du lavabo.

En le déverrouillant, mon écran s’alluma aussitôt.

 

10 : 40
Dim. 15 décembre

 

Maintenant je comprenais mieux pourquoi cet appareil ne m’avait pas réveillé en temps en heure. Je l’avais programmé ainsi. Du lundi au vendredi, je me levai vers 6 h, alors que le week-end j'avais quartier libre.

Sur ce coup-là, je devais avouer que mon amie avait raison.

J’étais vraiment une « PATATE ».
 

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