Chapitre 1

Par Isapass

Quand j’avais onze ou douze ans, je suis resté quelques mois dans une ferme. Les gens qui vivaient là m’avaient embauché pour des petits travaux. Cutler, ils s’appelaient. Ils disaient que l’âge les avait rattrapés et qu’ils étaient bien contents que le ciel m’ait envoyé pour les aider. La vérité c’est qu’ils m’avaient un peu pris en pitié et qu’ils m’ont gardé avec eux le gros de l’hiver. Heureusement d’ailleurs, parce que cette année-là, il a flotté pendant des mois. Une pluie froide qui tombait tout droit. C’étaient même plus des gouttes, ça coulait comme si quelqu’un, là-haut, vous déversait des seaux entiers sans s’arrêter. Quand je suis arrivé chez eux, j’étais trempé jusqu’aux os, et gelé. Je dormais dans des granges pourries depuis des semaines et j’avais pas mangé chaud depuis aussi longtemps. On pouvait même pas allumer de feu parce que tout était mouillé. Ils m’ont assis devant la cheminée, ils m’ont servi de la soupe, mais j’ai quand même mis plusieurs jours à me réchauffer et à arrêter de trembler. 

Ensuite, j’ai vécu avec eux jusqu’au printemps. Ils m’avaient donné une vraie chambre, dans la maison, avec un lit et des couvertures de laine. J’ai jamais aussi bien dormi. Ils étaient si gentils que j’avais du mal à croire à ma chance. La dame m’avait même offert un mouchoir avec mon nom brodé en belles lettres rouges : Samuel Carson. Je l’ai gardé longtemps. 

J’ai fait ce que je pouvais pour me rendre utile.  

Au printemps, les combats se sont rapprochés. Les Cutler, ils étaient bien trop vieux pour quitter leur ferme, mais ils m’ont dit de partir, qu’il ferait pas bon habiter là quand la ligne de front serait rendue tout à côté. J’ai repris la route et je me suis éloigné des grondements de canons. J’ai jamais su ce qu’ils sont devenus. Ils sont sans doute morts, à présent. De leur belle mort ou d’un tir d’artillerie. 

 

Quand j’habitais là-bas, Mrs Cutler me disait tout le temps des passages de la bible. Et elle me montrait aussi des livres d’images sur Jésus et Dieu, exprès pour les gosses. Elle m’a expliqué plein de choses. Elle m’a même appris un peu à lire, mais j’étais pas très doué.  

Dans ses albums, il y avait des beaux dessins d’anges. Ils faisaient plaisir à voir. Des enfants tout roses avec des grosses joues et des grandes ailes blanches. Mrs Cutler, elle m’a dit qu’ils étaient pas vraiment comme ça. Que les anges, ils pouvaient ressembler à n’importe qui, prendre l’apparence de n’importe quel être humain. Alors on les représentait comme ça, sinon, on aurait pas su que c’étaient des anges, sur le dessin. On aurait pu croire que c’était juste une personne normale. 

Je pensais qu’elle me disait ça pour me faire comprendre qu’elle et Mr Cutler étaient des anges. J’en étais persuadé d’ailleurs. Mais bien longtemps après, j’ai saisi qu’elle me préparait à ce que j’allais vivre. Est-ce qu’elle le savait ou est-ce que c’était juste au cas où ? N’empêche qu’elle avait raison : on peut rencontrer un ange sans le savoir. 

 

*** 

 

La première fois que j’ai vu Walter Cobb, j’avais trouvé une place pour les moissons dans une grosse ferme de la Golden Plate. Les combats s’étaient bien calmés à cette période, ou bien ils s’étaient portés plus loin, mais le pays était quand même bien ravagé. Un mois nourri et logé, ça se présentait pas tous les jours. Un gars avec qui j’avais partagé un souper dans une cabane en ruine m’avait donné le tuyau : Obard Farm. Ils embauchaient toujours à cette époque de l’année. Il suffisait de marcher trois jours vers le sud en traversant la Tohemwak. Quand j’ai demandé pourquoi lui il partait dans l’autre sens, il m’a répondu qu’il allait vers le nord. Il voulait tenter sa chance dans les grandes villes. Il avait entendu dire que là-bas, les usines employaient des milliers de personnes. Plus besoin de courir les chemins pour trouver de quoi gagner une misère. Ça m’a fait réfléchir un peu, mais je savais même pas à quoi ça ressemblait, une ville. J’ai rangé l’idée dans un coin de ma tête et je me suis pointé chez Obard où j’ai été pris presque sans discuter. 

Le patron, c’était pas le mauvais gars, à condition de pas économiser l’effort. Honnête, mais un peu radin. Il préférait recruter une armée de gamins comme moi : dans les quinze ans, taillant la route tout seuls. On coûtait moins cher que les hommes et on était plus faciles à faire obéir. Et puis des hommes, y en avait pas beaucoup : la plupart étaient partis se battre. Le régisseur et quatre contremaîtres encadraient une bonne cinquantaine de jeunes pour faucher, botter, charger dans les charrettes douze heures par jour sous un soleil de tous les diables. Les repas étaient chiches, mais au moins, ils étaient servis tous les soirs.    

 

Un matin, juste avant qu’on parte pour les champs, Mr Obard est sorti de son bureau en criant à son régisseur d’attendre le nouveau qu’il venait d’embaucher. On a tous écarquillé des yeux comme des roues quand le type en question a franchi la porte derrière lui. Une montagne. Même en se courbant, il passait à peine dans l’ouverture. Et pareil en largeur. Big boy était pas jeune, vu sa tignasse : il avait dû être blond, mais ses boucles commençaient à tirer vers le gris. J’ai pensé que le patron avait embauché un nouveau contremaître. J’ai même espéré que c’était pour remplacer Vanhorf, celui qui buvait comme un trou et qui avait le coup de pied au cul et la gueulante faciles. Mais quand le gars a redressé la tête, j’ai tout de suite compris que le sourire satisfait de Mr Obard avait rien à voir avec l’idée de se débarrasser de Vanhorf. 

Un cheval. C’est l’image qui m’est venue. Un de ces immenses clydes qui tirent trois ou quatre fois leur poids sans rechigner. Bruns, qu’ils sont, avec les jambes toutes poilues chaussées de balzanes jusqu’au-dessus du jarret et des grands yeux très doux. Ils pourraient vous broyer sous leurs sabots larges comme des seaux, mais ils le font jamais ; en fait, y a pas plus calme et obéissant qu’eux ; tout ce qu’ils veulent, c’est une caresse de temps en temps. D’ailleurs, posté à côté du bonhomme qui le dépassait de deux têtes, Mr Obard lui tapotait l’épaule comme il aurait flatté un bon bestiau de ferme. 

Le géant se tenait là tordant sa casquette entre ses énormes paluches, se balançant d’un pied sur l’autre.  

– Suis Walter Cobb, il a dit d’une voix profonde comme un puits.  

Quand il a caressé l’assemblée du regard, j’ai souri. Même pas pour me moquer : les coins de ma bouche sont remontés vers le haut sans me demander mon avis, et j’étais pas le seul. Y a aussi eu des ricanements. Faut dire, les gens ont pas l’habitude de voir autant de confiance et de bonté sur un visage d’adulte. Du coup, tous ceux qui se trouvaient là — y compris moi —, on a tous pensé que le gars était un peu benêt. 

Mr Obard venait de se payer une belle bête de somme, probablement pour un salaire de misère.  

 

Ça s’est vérifié dans les jours suivants. Walter Cobb, affecté dans la même équipe que moi, abattait l’ouvrage de trois hommes à lui tout seul. Sans compter qu’il arrivait à faire des choses que personne aurait crues possibles. Il soulevait à bout de bras des pierres énormes pour les déposer sur le bord des parcelles où elles ne gênaient plus. Il portait quatre ou cinq bottes de paille à la fois et les jetait négligemment dans la remorque. Et toujours ce sourire paisible collé sur sa figure, quoi qu’on lui demande.  

Grâce à Walt, notre équipe finissait plus tôt. On s’était déjà décrassé dans la rivière, puis allongé à l’ombre de la grange quand les autres groupes rentraient. Alors bien sûr, au bout de trois jours, ça a commencé à grincer. Les contremaîtres l’avaient mauvaise et leurs gars aussi. Surtout qu’on en rajoutait pas mal, à coups de « Aaah, quelle bonne sieste ! » ou de « Ben alors, vous avez traîné ! » 

Je peux les comprendre, j’aurais été vert, à leur place. Mais voilà, parfois on a du bol, et parfois non. En ce qui me concernait, j’en bavais pas mal, avec ma patte folle. Pas que ça me faisait souffrir — je marchais depuis tout gosse avec un pied en dedans à cause d’une fracture ressoudée de traviole —, mais ça m’aidait pas pour trouver à bosser. J’avais droit à des regards de pitié, mais ça empêchait pas les fermiers de me dire qu’ils avaient pas besoin de moi. Ou alors on finissait par m’embaucher en me faisant comprendre que c’était par charité, et avec des gages moitié moins élevés que ceux des autres puisque j’allais « forcément abattre moins de boulot ». C’était faux, j’en faisais tout autant, boiteux ou pas. Mais même quand j’avais fait mes preuves, le salaire grimpait jamais. À son arrivée, j’ai failli prendre Walter Cobb en grippe parce qu’il me fixait tout le temps. Ou plutôt, il regardait ma jambe. Jusqu’à ce que je me rende compte qu’il n’y avait pas de pitié dans ses yeux. Il voulait juste voir si j’avais besoin d’aide, je crois. Quand il a compris que c’était pas le cas, il a arrêté. Toujours est-il que là, dans l’équipe du contremaître le plus sympa, avec Walt, c’était mon tour d’être un peu vernis et j’avais envie que ça dure. C’était compté sans ce salaud de Vanhorf qui a été pleurniché auprès du patron. Le lendemain, Walter partait avec son groupe.  

 

Bizarrement, eux, ils ne finissaient pas avant les autres. Ça n’avait jamais été le cas : Vanhorf faisait trimer ses hommes comme des bêtes. Un type de ce groupe m’avait raconté qu’il roupillait à l’ombre en leur disant que si la parcelle était pas fauchée à son réveil, il dirait à Obard de tous les virer. Les contremaîtres — ça, je l’ai su qu’après — touchaient des primes pour chaque champ terminé. Du coup, Vanhorf, il se gagnait une petite fortune sur leur dos, c’était tout bénéfice pour lui.  

C’était pire après l’arrivée de Walter : il les obligeait à des résultats impossibles. Quand ils revenaient le soir, les gars étaient défaits, les plus jeunes tenaient à peine debout. Ils disaient que Walt finissait les journées tout seul ou presque. Il les déposait un par un dans la remorque de foin, soi-disant pour répartir les bottes, il leur donnait l’eau qui restait dans sa gourde et il recommençait le travail.  

À force, un des gars a dû s’arrêter, blessé au bras. Et bien sûr, c’est tombé sur moi pour le remplacer. J’ai bien essayé de parler à Vanhorf pour lui souffler que ma patte folle risquait de ralentir son groupe, mais il m’a rigolé au nez. J’ai pas insisté. 

Dès le lendemain j’ai pu voir de mes yeux que ce que j’avais entendu était pas exagéré. Non seulement Vanhorf en foutait pas une, mais en plus il nous promettait la porte ou de nous faire vivre un enfer — sûrement pire que d’être mis dehors — si on se crevait pas à la tâche. Un vrai fils de putain, y a pas d’autre mot. Avec Walter, il était carrément infect. Une ou deux fois, le géant s’était mêlé de lui donner des conseils pour le cheval ou l’endroit par où attaquer une parcelle. Il y avait pourtant mis les formes, en tordant sa casquette ; mais l’abruti s’était vexé et depuis, c’était devenu personnel. Il le traitait comme un chien, il lui aboyait des ordres, il le houspillait sans arrêt. Il l’appelait « simplet » ou « grand con ». Il lui crachait qu’il comprenait rien à rien, que sa mère avait dû le bercer trop près du mur, mais qu’elle aurait mieux fait de le cogner une bonne fois. Il lui disait aussi « le révérent des benêts », à cause des plaisanteries des premiers jours. C’est vrai qu’on s’était un peu marré quand on avait vu le grand Walt s’agenouiller au pied du tas de paille qui lui servait de lit, dans la grange où on dormait tous. Il avait collé ses deux grosses paluches l’une contre l’autre, courbé la tête et murmuré une prière sans s’occuper de personne. Comme un enfant. Par contre, moi qui pionçais pas loin de lui, j’ai moins rigolé, dans la nuit, quand je l’ai entendu parler dans son sommeil. Ça fichait la frousse, on aurait dit deux types qui s’engueulaient, sauf que les deux voix venaient de lui.  

En tout cas, l’histoire des prières avait dû arriver jusqu’à Vanhorf. Walt encaissait les mots doux sans broncher, pas même un froncement de sourcils. J’étais sûr qu’il en avait entendu des comme ça toute sa vie. Je dois dire que ça m’a aidé à supporter ceux auxquels j’avais droit. Moi aussi, j’y étais habitué, mais ce pourri de contremaître savait choisir ses mots : il m’appelait « une jambe », « le tordu » ou « le bancal », et même « la danseuse » ou « tord-du-cul » quand il avait éclusé sa bouteille. Avec la fatigue qui s’accumulait, le dos qui tirait, les mains à vifs, j’ai été souvent tenté de lui répondre. Soit ce que je pensais de lui, soit un coup de l’outil que je tenais. À chaque fois, le sourire calme du géant m’a rattrapé de justesse avant que je fasse ma connerie. 

 

Au bout d'une semaine et demi de ce traitement, l’équipe était à bout. Quatre gars avaient manqué des jours, incapables de se lever le matin. Même Mr Obard commençait à s’alarmer : il avait fait venir Vanhorf dans son bureau et le contremaître en était sorti furax. Du coup, on avait morflé encore plus.  

Un qui montrait aussi des signes d’épuisement, c’était le cheval qui tirait la charrette, Goldy. Une bonne bête alezane aux crins presque blancs. Plus tout jeune, mais très brave. Il soufflait comme une forge, son dos tremblait quand il devait remettre en branle son énorme remorque sur laquelle s’entassaient des montagnes de foin. Ça faisait quelques jours que Walter alertait Vanhorf, il lui demandait s’il pouvait dételer l’animal, le faire boire, pas le laisser en plein cagnard toute la journée. L’autre voulait rien savoir. Ça perdait du temps, il disait. Mais Big boy revenait à la charge sans se lasser, si bien que Vanhorf lui hurlait de s’occuper de son sacré canasson et d’arrêter de l’emmerder. Ça a pas suffi. Le bestiau déclinait à vue d’œil.  

Un soir, Walt et moi on était quasi les derniers à pouvoir marcher droit. Le soleil baissait déjà ; les autres avaient sûrement fini de souper. C’était ce seul moment de la journée où un souffle agitait les épis de blé et les hautes herbes. Un vent brûlant qui passait en une vague, comme un signal envoyé par la terre pour dire qu’on lui foute la paix. Je tenais Goldy par le mors en lui marmonnant des encouragements. C’était autant pour moi que pour lui. À côté de la carriole, Walt ramassait les dernières bottes et les jetait sur la pile. Loin derrière, les autres gars se traînaient, les yeux cernés, les bras ballants. Vanhorf était parti depuis un moment. Soi-disant pour s’assurer qu’on nous garde de la soupe.  

Et puis d’un coup, Goldy est tombé sur les genoux et il a plus bougé. Le pauvre vieux, bloqué par les traits de la remorque, il pouvait même pas se coucher. Il était coincé le nez par terre, la croupe en l’air, trop crevé pour se débattre ou essayer de se redresser. J’ai voulu défaire le harnachement, mais Walt m’a dit qu’il s’en chargerait pendant que j’allais chercher de l’aide. 

Quand je suis revenu, avec Vanhorf et Mr Obard, le géant nous a annoncé, les larmes aux yeux, que le cheval avait un antérieur cassé. Le patron a balancé sèchement que le coût de la bête serait prélevé sur les salaires de l’équipe.  

– Surtout sur le vôtre, Vanhorf, il a ajouté en lui tendant la carabine qu’il avait apportée.  

Quand il est parti, Walt a pris l’arme des bras du contremaître qui s’est laissé faire, probablement sous l’effet de la déclaration du patron — et de la gnôle qu’il tétait depuis le matin. Il a donné une caresse à Goldy et il a joint les mains pour murmurer une prière. Les gars qui attendaient autour rigolaient pas du tout, cette fois-ci. Y avait même des reniflements et des manches qui passaient en douce sur les yeux. Puis Big boy nous a demandé de reculer, et il a abattu le cheval. 

 

On est rentré en silence. L’histoire avait déjà circulé et, après avoir regardé nos trombines, les autres nous ont laissés tranquilles. On s’est débarbouillés, puis le reste de soupe a été englouti. Comme on allait se coucher, on a vu Vanhorf débouler dans la grange.  

– Hé, le grand con ! il a crié. 

Il avait dû continuer à picoler dans sa chambre parce sa voix était aussi pâteuse que s’il mangeait un gâteau au miel. 

– Et toi, le bancal ! Je vais pas perdre du fric parce que vous avez laissé ce bourrin marcher dans un trou. C’est votre faute, pas la mienne !  

Walt et moi on était debout, côte à côte. Il a foncé droit sur nous. Enfin, sur moi, en fait ; je devais lui paraître plus facile à menacer. Il a attrapé ma chemise et il m’a craché son haleine pleine d’alcool à la figure : 

– Alors ma part, je la prélèverai sur la vôtre. 

Autour de nous, les gars s’étaient levés les uns après les autres. Une assemblée silencieuse nous observait. Cinquante types qui savaient que le cheval n’avait pas marché dans un trou, mais que ce salaud l’avait crevé. Comme il nous crevait, nous. 

J’avais une furieuse envie de le frapper. J’ai même dû serrer les poings parce que Walter m’a posé la main sur l’épaule et m’a soufflé : 

– Non, Samuel Carson, non. 

Alors j’ai seulement lâché à Vanhorf : 

– Y avait pas de trou. Vous savez très bien que la pauvre bête est morte de fatigue.  

Il a encore avancé sur moi en me forçant à reculer.  

– T’oses me répondre, Tord-du-cul ? Dis donc petite merde, va falloir rester à ta place ou je te fais virer, hein. 

Les doigts de Walt se sont resserrés sur mon bras. Je bouillonnais, mais je savais ce que je risquais si je le frappais. 

– L’autre grand couillon, encore, il travaille bien, surtout pour ce qu’il coûte, mais une petite danseuse comme toi, ça serait pas une grosse perte ! 

Je tremblais des pieds à la tête à force de me retenir de lui envoyer mon poing dans la gueule. La grande patte de Walt est passée de mon épaule à celle de Vanhorf.  

– Pouvez pas dire ça, chef, il a dit de sa voix profonde comme s’il réprimandait gentiment un gamin. Samuel Carson, il en fait tout autant qu’les aut’. Et les gars d’vot’ équipe, y travaillent tous beaucoup.   

La gifle est partie. J’aurais cru que Vanhorf était trop saoul pour un mouvement aussi rapide, mais Walt avait à peine fini sa phrase que la main de ce fils de pute s’abattait en plein sur sa joue avec un claquement de fouet.  

Les doigts de Big boy se sont lentement décollés de son épaule pour retomber le long de son corps et le contremaître a reculé de quelques pas. On aurait dit que c’était lui qui venait d’en prendre une. Il était pas tranquille du tout. Ensuite plus rien, plus un bruit. Personne ne bougeait. Il se passait… quelque chose. Toute ma peau me piquait comme si l’air s’était chargé d’orage. Il me semblait même qu’un bourdonnement faisait vibrer l’intérieur de la grange. Ça sentait le brûlé. À en juger par les mouvements des yeux de l’autre ivrogne, j’étais pas le seul à avoir cette impression.  

Et puis on a entendu un craquement. Toutes les têtes se sont levées vers le palan qui se trouvait juste au-dessus de Vanhorf. Tous, sauf celui de Walter qui fixait toujours le contremaître avec son regard paisible. L’énorme pièce de bois a de nouveau émis un bruit sec. Il y a eu plusieurs exclamations parmi les spectateurs, mais pas un, pas même Vanhorf, n’a pensé à bouger. Faut dire que c’était impossible que le truc tombe : il était mortaisé dans les poutres de charpente et des chevilles grosses comme mon bras renforçaient la fixation pour pouvoir supporter le poids des sacs de blé et des bottes qu’on hissait jusqu’au grenier. 

Impossible et pourtant… Y a encore eu un grincement à arracher les oreilles, puis le palan s’est détaché d’un coup. J’ai fait un bond en arrière et Vanhorf est tombé en poussant des cris de goret. Un de ses pieds était coincé sous la poutre. Broyé. 

Walter Cobb n’avait pas bougé un cil. 

 

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aranck
Posté le 19/04/2021
Hello Isa,
Me voici enfin pour te faire un petit commentaire.
Il y a vraiment su Steinbeck dans ce début prometteur ! Cette ambiance de ferme à l'odeur de terre et de foin me plaît énormément.
Si je trouve le début sympa, j'avoue avoir vraiment accroché à partir de "La première fois que j’ai vu Walter Cobb,", car il me semble que le personnage décolle vraiment à ce moment-là et prend toute son ampleur.
La narration à la première personne te va bien, ainsi que cette façon de parler très populaire. Rien à voir avec les PL !
Quant aux personnages, je les trouve tous très bien croqués, de Samuel, le gamin encore plein de naïveté, à Walter, le costaud au coeur grand ouvert et à la tranquillité d'une montagne (qu'il ne faut pas trop gratter quand même si je comprends bien la fin... ;-) ) en passant par l'autre trouduc' de Vanhorf, puant à souhait ! C'est vraiment un de tes points forts les perso !
Le coup du cheval, ça aussi c'est une de tes spécialités, et encore une fois tu m'as fait saigner le coeur avec ce passage. Tu ne pourrais pas éviter de les faire mourir de temps en temps ?

Sinon, pour l'instant, je n'ai pas d'autres remarques, que des petits trucs par-ci par-là (beaucoup de virgules et de mais, mais (haha) peut-être est-ce volontaire ? (Je dis ça, parce que j'ai exactement les mêmes tics) :
« j’étais trempé jusqu’aux os, et gelé » : J’ôterai le virgule, il me semble que le « et » suffit.
« Ils m’avaient donné une vraie chambre, dans la maison, avec un lit » : j’ôterai « dans la maison », car ça paraît évident
« pour quitter leur ferme, mais ils m’ont dit de partir, », je remplacerai le « mais » par « alors », car il n’y a pas de véritable opposition.
« on aurait pas su que c’étaient des anges, sur le dessin » : j’ôterai la virgule.
« Les repas étaient « chiches » » est-ce vraiment le mot que Samuel aurait utilisé ?
« Un cheval. C’est l’image qui m’est venue. Un de ces immenses clydes qui tirent trois ou quatre fois leur poids sans rechigner. Bruns, qu’ils sont, avec les jambes toutes poilues chaussées de balzanes […] Mr Obard lui tapotait l’épaule comme il aurait flatté un bon bestiau de ferme. » Tout ce passage est excellent ! Très visuel ! (il ne faut pas une majuscule à Clyde ?)
"d’une voix profonde comme un puits" : superbe image !
« j’en bavais pas mal, avec ma patte folle » : j’ôterai la virgule
« j’ai été souvent tenté de lui répondre. Soit ce que je pensais de lui, soit un coup de l’outil que je tenais. » La seconde phrase est bizarre.
« Puis Big boy nous a demandé de reculer, et il a abattu le cheval. » J’ôterai la virgule ici.
« parce sa voix était aussi pâteuse que s’il mangeait un gâteau au miel. «  excellent !
Voili ! Bises et à bientôt !
aranck
Posté le 20/04/2021
Non, je me suis plantée sur la phrase "« Ils m’avaient donné une vraie chambre, dans la maison, avec un lit » : j’ôterai « avec un lit", pas "dans la maison", d'autant que c'est important, justement que ce soit dans la maison, mais le lit est superflu, même si le gamin le remarque.
Isapass
Posté le 21/04/2021
Salut Aranck ! Ca me fait plaisir que tu découvres mon duo :) Surtout que ton commentaire est encourageant ! ♥
Alors en effet, l'inspiration Steinbeck est difficile à nier, d'ailleurs tout le monde l'a vue. C'est pourtant loin d'être la seule. J'ai vu dans ton commentaire suivant que tu avais aussi reconnu La ligne verte. Il y a aussi une autre inspiration majeure qui n'est visible qu'un peu plus tard, donc je ne te la citerai pas pour ne pas te spoiler. On verra si tu la vois ;)
Tu n'es pas la première à me dire que l'incipit est moins abouti en termes de ton. Il a même laissé croire à certaines plumes que Sam était un peu simplet, ce qui est loin d'être le cas. Il faudra que je le retouche, mais peut-être pas tant que ça parce qu'il évoque aussi une période où Sam était plus jeune. Et même s'il raconte ce passage en même temps que le reste, on peut imaginer qu'il retombe un peu en enfance en y repensant. Ceci dit, certaines images et tournures méritent en effet d'être améliorées.
La narration à la première personne s'est imposée d'elle-même, surtout comme garde-fou : je me suis dit que Sam n'avait aucune raison de s'attarder sur ses propres introspections (c'est pas son genre et ça ferait peu naturel à la première personne), ce qui m'empêcherait d'en faire trop et m'obligerait à me focaliser sur les sensations, l'action et les descriptions pour faire passer les messages. Un exercice de "show don't tell", quoi !
Tant mieux si les personnages te touchent déjà : à vrai dire, l'histoire est vraiment bâtie autour d'eux. Je te l'ai peut-être déjà raconté, mais le personnage de Walter Cobb est issu d'un jeu du forum où il faut inventer un personnage à partir d'un nom et d'un âge donnés par quelqu'un d'autre. J'ai répondu à Gabhany qui avait proposé Walter Cobb, 49 ans (je crois), et ce personnage est revenu très vite me hanter ! Quant à Sam, il s'est imposé dès que je lui ai cherché un partenaire.
Le pauvre cheval, en effet, je n'ai même pas fait le rapprochement avec les PL, je dois être une grande malade... (le commentaire de Sorryf, ci-dessus, m'avait fait mourir de rire, d'ailleurs).
Je vais regarder tes remarques, mais pour l'instant, je me concentre sur le premier jet.
En tout cas, je suis ravie que ta première impression soit bonne !
aranck
Posté le 21/04/2021
Alors pour le coup, je n'ai jamais pensé que Sam était simplet. Je ne vois pas où on peut percevoir ça.
J. ROBIN
Posté le 20/11/2020
Coucou Isa ^^
Je viens de lire ce chapitre. Alors déjà, un constat : ca ma fait vraiment à penser à Des souris et des Hommes ^^ j'imagine que tu l'as lu et je ne sais pas si c'est fait exprès. Mais l'ambiance et même les perso, je les retrouves un peu à cette lecture. C'est amusant.
POur ce qui est du style, c'est propre, même si j'ai été surprise au début de cette voix maladroite, au mot maché, pour souligné le manque d'éducation du narrateur, j'imagine. Mais l'histoire et l'ambiance m'a vite happé et m'a fait oublier cela. On se retrouve bien projeté dans le contexte, dans ses longues journées de labeur sous le soleil.
Une chose qui m'a un peu perturbé : tu décrits Walter.... Enfin non, le narrateur, décis Walter comme un benêt. Sauf que, je le trouve plutôt réfléchis le garçons x) Gentil, qui manque sans doute de répartie de selph défense, mais il a bien agit en disant au narrateur de ne pas répondre Vanhorf, il réagit bien avec ses collègues blessés, fatigués, il a un côté presque paternel, finalement.
Au contraire, le narrateur, avec sa manière de parler, son regard parfois naif, fait naïf, voir un peu bêta parfois. Alors j'avais envie de lui crier dessus quand il disait que Walter était benet xD de lui dire : Oh, mec... apprend à lire, apprend à parler et fout lui la paix.
Du coup, ma reflexion en vient là : la plume originale et oralisé, personnalisé, c'est bien. Mais n'est-elle pas peut etre un peu trop du coup ?
Après si c'est ce que u recherches, que l'on ressente le côté aussi simple du narrateur, ça marche hein ^^
EN tout cas, a part cela, ça se lit très bien. Il y a vraiment l'ambiance du soleil couchant dans l'air lourd de l'ouest. Je ne sais pas trop a quel époque je suis, mais ca ne me choque pas. On voit vraiment cette histoire d'un point de vu interne et on s'interesse plus à ce qui va arriver au narrateur et walter, plutôt que ce qui se passe dans le monde. La survie au jour le jour, bien loin des grandes théories et des problème du monde ^^

Je repasse pour le suite.
Isapass
Posté le 20/11/2020
Bienvenue !
Tu n'es pas la seule à avoir remarqué l'inspiration Steinbeckienne ;) Ce serait difficile à renier ! Le plus drôle, c'est que j'ai dû le lire il y a 25 ans (oui, je ne suis plus toute jeune XD), mais l'ambiance est restée, ainsi que le personnage de Lenny. Il y a aussi d'autres sources d'inspiration, mais la plus notable (enfin pour moi) c'est La ligne verte de Stephen King, avec son extraordinaire personnage de John Caffey.
L'idée de choisir cette syntaxe imparfaite et le passé composé, en effet, c'était à la fois de montrer le manque d'éducation du narrateur, mais aussi de donner la sensation du langage parlé. Ceci dit, tu n'es pas la première à me dire que ça marche moins bien dans la première partie du chapitre. Il faudra que je le retravaille (on est sur du premier jet, là). Pour le reste, ça n'a pas l'air de gêner les lecteurs (enfin tu es la première à me dire que c'est un peu trop), donc j'avais dans l'idée de continuer comme ça. Le défi, c'est de rester sur un vocabulaire cohérent pour un narrateur sans éducation, sans trop appauvrir le texte pour autant.
Pour la description de Walter, tu as raison de le souligner, c'est la perception du narrateur, pas la mienne ;) Walt est perçu comme ça parce qu'il est gentil et que c'est inhabituel de l'être autant. Du coup, ça déstabilise ceux qui le voient. Mais moi je suis convaincue que s'il a bien des particularités, ce n'est pas un benêt. C'est plutôt qu'il est "simple", mais pas forcément dans le sens négatif du terme. Quant à Sam, il a 15 ans et il est seul depuis plusieurs années, donc forcément, il a des côtés naïfs, mais aussi des côtés aigris. Mais tu es la première à me dire qu'il fait un peu bêta. Si tu continues à lire, je veux bien que tu me dises si l'impression perdure ou si c'est juste au début.
Pour le contexte historique, je vais changer des choses. Au départ, je voulais brouiller les pistes justement, pour qu'on ne sache pas si ça se passait dans notre monde ou pas. Mais comme ce n'est pas indispensable et que ça a eu l'air de perturber les plumes qui m'ont lue, je vais virer les histoires de combats et j'ai décidé de fixer l'histoire autour de 1910 (sans forcément faire figurer de date, mais c'est mon point de repère quand je dois faire des recherches). Mais comme tu dis, le point de vue est très resserré sur Walt et Sam, et il est plus question de survie.
Merci beaucoup pour ta lecture et pour ton œil neuf sur mon texte !
J. ROBIN
Posté le 20/11/2020
Avec plaisir :) Maintenant que tu le dis, oui, je trouve que en effet la manière très oralisée de parler de Sam m'a surtout gêné dans la première partie. Il est certainement plus soft, après.
Et oui, j'avais pensé aussi à la ligne verte ^^
Makara
Posté le 22/09/2020
Coucou Isa :p Me voici sur Walter Cobb pour te botter l'arrière train^^ Mouah
Je me rappelle que tu m'avais lu le début du 1er chapitre, un jour de nouvel an (je crois) et j'avais été fortement alléchée^^

En terme de style, ça n'a rien à voir avec les PL et c'est très bien, car c'est nécessaire de se frotter à une autre manière d'écrire. ça fait du bien, même !
Je trouve que tu gères très bien cette première personne, d'ailleurs, tout est fluide, bien travaillé, c'est nickel !

Au début de ma lecture et, en fait, jusqu'à l'apparition de Walter Cobb, j'étais persuadée que ton narrateur était simplet, il m'a fait penser à Forest Gump.
Il y a une naïveté dans les actes et la narration (en particulier au début jusqu'à l'ellipse) qui est assez touchante. Puis on sent une évolution petit à petit et le narrateur s'affirme, semble grandir. Enfin on a la rencontre avec Walter, qui lui est présenté comme simplet.
Là, j'avoue que j'ai trouvé ça un peu cliché, le grand baraque simplet. Puis je me suis laissée emportée dans le récit.
La deuxième partie m'a cueillie en beauté avec ce récit du labeur quotidien et de la maltraitance que les ouvriers subissent. On s'y croirait, bravo !
Je pense que dans ce passage, tu pourrais plus insister sur Samuel et sur le fait qu'il soit au final l'un des plus résistants (il contrebalance son handicap), ça nous le rendrait encore plus sympathique.

Je me demande pourquoi tu ne choisis pas de faire de Walter Cobb un trisomique plutôt qu'un simplet ? J'ai l'impression que dans beaucoup de récits, les auteurs préfèrent se rabattre sur le simplet mais je pense que le récit serait bien plus riche avec un trisomique (c'est un avis perso, hein :p).

Ce qui m'a gênée avec le perso de Walter Cobb c'est qu'il semble avoir des pouvoirs. Et ça, ça me turlupine. Je n'arrive pas à savoir si je trouve ça trop bien ou atterrant... XD. J'ai peur que tu focalises l'intérêt sur ses capacités et non sur son caractère. En fait, j'ai envie qu'on le trouve extraordinaire car il est extraordinaire pas car il a des capacités hors du commun...
Bref, je n'ai qu'une possibilité pour savoir quelle direction tu vas prendre, lire la suite :p.
Sinon, le chapitre est bon dans son ensemble avec une bonne chute qui ajoute du suspense. Je situerai le texte dans la guerre de Sécession ce qui serait un bon arrière plan avec pleins de possibilités ! Je me demande s'ils vont être pris dans la guerre ça pourrait être cool !

Ah oui, l'ange c'est Walter ? :D

Bisous volants et à bientôt pour la suite
Makara
Posté le 22/09/2020
Rectification : C'était pas vraiment atterrant que je voulais dire qui est un terme trop fort, plutôt "attendu". Je me suis mal exprimée.
Isapass
Posté le 23/09/2020
Coucou Makara, c'est adorable d'être passée par ici.
Oui, je voulais m'essayer à la première personne, histoire de travailler sur le "show don't tell" : à la première personne, surtout avec un narrateur assez simple comme le mien, il n'y a aucune raison pour se lancer dans des grandes analyses psychologiques ou de grandes séances d'introspection. Je voulais être plus sur les émotions et leurs manifestations.
Tu es la première à me dire que Samuel paraît un peu simplet au début. Ça vient peut-être du fait que l'incipit évoque une période où il est encore enfant, alors que dans la suite, il a quinze ans. Ça me va que tu aies senti la différence en tout cas.
Quant à Walter, tu as dit le mot : il est présenté comme simplet. Mais c'est la perception des autres : il n'est peut-être pas si simplet que ça. Pour moi, il est plutôt mal adapté au monde dans lequel il vit parce qu'il n'a pas de filtre et qu'il est hyper sensible, et ça donne l'impression d'une certaine naïveté. Alors certes, c'est un peu cliché (je ne m'en cache pas : je m'inspire fortement des personnages de Lenny dans Des souris et des hommes, et de John Caffey dans La ligne verte), mais j'espère que ça n'en sera pas barbant pour autant.
Ton idée d'en faire un trisomique est intéressante, mais je t'avoue que je ne le sens pas vraiment. Surtout parce que comme je te le disais, je ne crois pas qu'il soit simplet (dans le sens où son cerveau ne "dysfonctionne" pas).
"En fait, j'ai envie qu'on le trouve extraordinaire car il est extraordinaire pas car il a des capacités hors du commun..." : mais j'ai bien l'intention de le rendre extraordinaire pour lui-même, quoi qu'il en soit ! ;)
Pour ce qui est de situer l'histoire temporellement, ce chapitre est trompeur : au début, je voulais laisser planer le doute sur le contexte, quitte même à le situer dans un univers différent du nôtre. Mais j'ai vu tout de suite que ça dérangeait pas mal de lecteurs.trices. Du coup je vais supprimer les références aux combats, et ancrer davantage le récit dans l'histoire. Donc ça se situe autour de 1910, même si je pense que je ne le dirais jamais. En tout cas, quand je fais des recherches, c'est ma référence. Du coup, au risque de te décevoir, Sam et Walt ne seront pas pris dans la guerre de Sécession (mais il y aura d'autres choses).

Je serais ravie et flattée de te revoir ici pour la suite, en tout cas !
Merci beaucoup pour ta lecture et ton commentaire, plein de bisous !
Jowie
Posté le 23/08/2020
Hey Isa !

Tu avais raison, c’est très différent des Princes ! Mais changer d’univers, c’est agréable aussi ^^
Ton style est agréable, fluide ; le texte se lit tout seul. On sent l’ambiance et la culture du lieu dans le choix du langage, dans le rythme, dans les réflexions du narrateur. J’aime bien le fait que celui-ci soit un personnage, on a l’impression de vivre les scènes avec lui. Et ça renforce le côté « légende » de Walter Cobb, qui, je n’en doute pas, se révèlera être une personne extraordinaire.
Je pense que le début (surtout avant les trois petites étoiles) pourrait être un peu plus vivant, peut-être en le réduisant à son essentiel ou alors en intégrant plus la personnalité du narrateur dans les phrases comme tu le fais plus tard 😊 Le début fait un peu trop « raconté », alors que par la suite, on a l’impression que Samuel nous parle avec ses propres expressions, des phrases coupées, bref, un style un peu plus oral. Je ne sais pas si mon explication est claire ^^’
Walter Cobb est immédiatement intéressant et attachant. Le contraste entre son immensité et sa douceur est très touchante. Bon euh, et sinon, je hais absolument cet horrible Vanhorf !
En lisant, je me demandais où tu nous mènerais vu que le but du narrateur (et des autres personnages) est de survivre et de trouver du travail. Ce n’est pas un problème ; je suis curieuse de voir qu’elle direction prendra l’histoire 😊
J’ai trouvé admirable que Walt essaie de calmer Vanhorf (au lieu de lui envoyer un poing dans la fraise), mais la fin m’a laissé perplexe et superexcitée !! Walter aurait-il des pouvoirs mentaux supersoniques (pardon, je m’emballe) ? Tu insistes bien que la poutre était fixée et que ce n’est pas normal qu’elle tombe. Aaaaah ce petit détail a très bien fonctionné sur moi ; il a éveillé ma curiosité et m’a donné envie de lire plus !
Vite, le chapitre 2 !

Remarques:
Je dormais dans des granges pourries depuis des semaines et j’avais pas mangé chaud depuis aussi longtemps -> je chipote mais le « depuis aussi longtemps » est un poil redondant à mon avis, surtout parce que si l’on place « depuis des semaines » à la fin, le sens reste le même ^^
les mains à vifs -> vif
On est rentré en silence -> j’aurais plutôt écrit « rentrés » mais pas sûre.
– Hé, le grand con ! il a crié. -> Je ne suis pas du tout habituée à lire des textes au passé composé alors peut-être que je me trompe mais j’aurais plutôt mis « a-t-il crié ». Ou alors peut-être qu’on peut mettre les deux ? En fait c’est plus une question qu’une remarque :D
Isapass
Posté le 23/08/2020
Ah ça me fait plaisir de te voir là ! Et je suis ravie de voir que l'histoire t'embarque même si elle est très différente des PL.
En effet, j'ai voulu m'essayer à la narration à la première personne. Contrairement à ce qu'on pourrait penser, ça m'a paru être un bon exercice pour éviter les longues introspections qui ont tendance à me jaillir des doigts XD Parce que quelqu'un qui raconte son histoire (ce qui explique aussi le "langage parlé") ne va pas faire sa propre psychanalyse, en principe, sinon ça ferait très peu naturel. Surtout que le narrateur n'est pas très éduqué, donc il va plutôt donner des impressions brutes, des émotions, mais ne va pas s'analyser. Du coup, même si c'est à la première personne, ça oblige à faire beaucoup plus de "show don't tell". Voilà pour le choix de la narration et du narrateur.
Tu n'es pas la première à me dire que le ton est moins naturel au début. Il faudra que je revois ça. Peut-être que c'est le plus-que-parfait, aussi, qui donne cette impression de discours rapporté et qui éloigne du texte ? Mais je ne vois pas comment je pourrais faire autrement. C'était aussi le but : comme c'est un souvenir, c'est normal que ça fasse raconté. En tout cas, je note. J'essaierai de trouver le ton que j'ai trouvé après.
Le personnage de Walter Cobb, il est inspiré de Georges dans Des souris et des hommes de Steinbeck, et de John Cafey dans La ligne verte de Stephen King. Mais les personnages très grands, les géants au grand cœur, doivent me fasciner un peu parce qu'il y en a dans tous mes romans XD
Et en effet, je n'ai pas lésiné sur les mauvais côtés de Vanhorf : il est franchement détestable !
Quant à la fin, surnaturel ou pas, je te laisse le découvrir ;)
Merci pour tes remarques, je les garde précieusement pour les corrections.
Merci pour ta lecture et ton commentaire. Je vais voir le deuxième (ceci dit, si tu les lis deux par deux, tu auras vite fait le tour : je n'en ai que 4 pour le moment !)
Olga la Banshee
Posté le 10/06/2020
Hello !
Ca y est, je viens enfin faire mon petit tour.
Bon, c'est fort sympathique ! Mais on sent que tu mets quelque temps à trouver le ton. Le début sonne plus artificiel, alors qu'ensuite ça devient fluide. J'ai envie de dire, normal quoi.
L'incipit mériterait d'être plus incisif.

Les deux phrases où j'ai tiqué :
" Soit ce que je pensais de lui, soit un coup de l’outil que je tenais." > y'a un truc qui ne marche pas j'ai l'impression
"sa voix était aussi pâteuse que s’il mangeait un gâteau au miel" > je sais pas pourquoi, ça fait bizarre dans la bouche du narrateur

Voilà ! see you see you
Isapass
Posté le 12/06/2020
Ah c'est marrant, je ne m'attendais pas à ce que tu me laisses un commentaire ici, va savoir pourquoi ! Mais c'est parfait !
Tiens, tu es la première à me dire que le début sonne moins bien que la suite. C'est purement dans la syntaxe ou aussi sur le fond, que ça te semble mou du genou ?
Je note pour les deux phrases (la première est effectivement moche, je souscris. Quant au gâteau au miel, c'est vrai que je pourrais peut-être trouver mieux).

Je viens juste de commencer SdE2. Je n'avais plus l'habitude mais dès les premières lignes, j'ai retrouvé ta plume qui m'emporte complètement. Qu'est-ce que tu écris bien ! En termes de niveau de langue, ça envoie du steack, quand même !

Merci pour ton passage et ton commentaire ici !
Des bises
Luna
Posté le 04/05/2020
Coucou Isa !

Comme tu le vois, finalement je viens d’abord faire un tour du côté de Walter Cobb, j’aime bien l’idée de pouvoir « accompagner » cette nouvelle histoire en suivant assidûment sa publication :)

Alors, attention, ça va être méga constructif : J’ADORE. Je ne sais pas quoi dire d’autre en préambule, vraiment, dès la première phrase tu m’as immergée dans ton histoire, un truc de fou xD Tu vas me revoir toute la semaine sur tes chapitres je pense ha ha !

Ta plume et cette narration à la première personne se marient vraiment bien. J’admire sincèrement, je n’ai jamais réussi à pondre quoi que ce soit de potable en utilisant la première personne. Ici on entre tout de suite en empathie avec le héros et on s’y attache d’ors et déjà. Dès les premiers mots on perçoit un peu sa manière d’appréhender la vie, ce qui a contribué à le construire (même si on ignore ce qui lui est arrivé avant ses onze ans). J’ai souri, j’ai frémi, je me suis révoltée contre Vanhorf et Mr Obard, j’ai presque pleuré (pauvre Goldy…) tout au long du chapitre. Tous les personnages qui sont dépeints jusqu’à présent sont déjà très vivants dans mon esprit. Le tout servi par une écriture vraiment belle, sans faute de rythme. On avale tout d’un coup ! Et cette conclusion de chapitre m’a estomaquée ! J’ai la sensation qu’il va peut-être y avoir un brin de fantastique derrière tout ça. C’est un élément que je ne pensais pas voir surgir dans cette histoire et c’est une surprise vraiment chouette. J’ai hâte de voir quelle suite tu vas y donner.

Alors en ce qui concerne le débat autour du contexte, je ne vais pas t’aider parce que moi j’ai un avis un peu divergent des autres plumes xD bon, disons que je vais nuancer. Tout est raconté par la voix de Samuel. Il est jeune, même si on ignore à quel moment il raconte son histoire, et ce qu’il nous décrit c’est un peu son état d’esprit à l’époque, les souvenirs qu’il en a… etc. Le fait qu’il ne détaille pas plus que ça la guerre, je trouve ça plutôt logique en fait. Il cherche même à l'éviter comme il le raconte. C’est un garçon qui a été visiblement malmené par la vie. Certes, on ne sait pas s’il a eu affaire à la guerre directement (est-ce que ses parents y sont morts ?), mais on a la sensation qu’il la vit un peu de loin. Par conséquent, le fait qu’il ne l’évoque pas plus que ça me paraît plutôt cohérent en fin de compte. On est de son point de vue et il nous apporte les informations qui lui semblent pertinentes pour qu’on comprenne son récit qui est personnel. Tout ça pour dire que si tu fais le choix de contextualiser davantage dans ce premier chapitre, je te conseillerais vraiment de ne pas perdre cet aspect-là qui rend le récit très crédible. Après pour avoir un avis finalisé sur la question, je pense qu’il faudra attendre la fin de l’histoire. À la rigueur, je referai un point à la fin ;)

Quelques chipotages (des petits détails franchement) :
>> « Quand je suis arrivé chez eux, j’étais trempé jusqu’aux os, et gelé. » : je ne suis pas sûre que la seconde virgule soit nécessaire ici étant donné qu’on a la conjonction « et ».
>> « On pouvait même pas allumer de feu parce que tout était mouillé. Ils m’ont assis devant la cheminée, ils m’ont servi de la soupe, mais j’ai quand même mis plusieurs jours à me réchauffer et à arrêter de trembler. » : je chipote, mais j’ai un peu tiqué ici à cause de la première phrase. En relisant plusieurs fois, je me demande si elle ne fait pas référence à ce que le narrateur expose juste avant, à savoir qu’il dormait dans des granges humides, mais puisqu’on enchaîne la suite sans précision particulière ça peut prêter à confusion.
>> « Quand j’habitais là-bas, Mrs Cutler me disait tout le temps des passages de la bible. » : il me semble, j’espère ne pas dire de bêtise, que lorsqu’on parle d’un ouvrage religieux en se référant spécifiquement à lui il faut toujours y mettre la majuscule. J’ai trouvé ce lien qui explicite l’emploi ou non de la majuscule si tu veux creuser la question (et vérifier que je n’ai pas compris de travers, avec moi on ne sait jamais) : http://bdl.oqlf.gouv.qc.ca/bdl/gabarit_bdl.asp?id=4516
>> « Ils pourraient vous broyer sous leurs sabots larges comme des seaux, mais ils le font jamais ; en fait, y a pas plus calme et obéissant qu’eux ; tout ce qu’ils veulent, c’est une caresse de temps en temps. » : ici c’est très personnel, mais je trouve l’emploi répété du point-virgule un peu laborieux, même si je comprends tout à fait que tu l’aies utilisé puisqu’il y a une relation logique entre chacune des propositions. Du moins, je trouve que ça alourdi un peu le texte par rapport au reste. Bien que tu utilises fréquemment des phrases complexes très bien construites, ça « casse » un peu la « cohérence » du reste. Un peu plus haut par exemple, au lieu d’utiliser le même procédé tu as recours aux points « Un cheval. C’est l’image qui m’est venue. Un de ces immenses clydes qui tirent trois ou quatre fois leur poids sans rechigner. » et ce n’est qu’un exemple parmi d’autres. Je trouvais que tu maîtrisais vraiment bien ce genre d’enchaînement et que ça collait bien à ton style.
>> « Mais voilà, parfois on a du bol, et parfois non. » : à partir de cette phrase, j’ai repéré plusieurs répétitions de « mais ». Oui tu te diras que je suis mal placée pour le souligner étant moi-même une accro aux adverbes (et à celui-là en particulier) xD mais (la preuve) puisque même moi je l’ai remarqué, je me suis dit que ça valait le coup de te le faire remonter ;)
>> « C’était compté sans ce salaud de Vanhorf qui a été pleurniché auprès du patron. » : petite coquillette à « pleurniché » -> « pleurnicher ».
>> « Tous, sauf celui de Walter qui fixait toujours le contremaître avec son regard paisible. » : je ne suis pas certaine que l’adjectif « paisible » soit le plus approprié pour qualifier Vanhorf à ce moment-là. Il est sûr de lui, il imagine que rien ne peut lui arriver, mais il était quand même un peu agressif juste avant, non ?

À très vite pour la suite :D
Isapass
Posté le 04/05/2020
Salut Luna, ça me fait plaisir de te voir là, et encore plus si ça te plaît ! Bon, alors pour l'assiduité, c'est vraiment gentil de ta part, mais j'avoue que c'est moi qui ne suis pas très assidue en ce moment. Je suis sur une très bonne lancée pour le tome 2 des PL, alors c'est vrai que je délaisse un peu Walter et Sam.
Mais quoi qu'il en soit, je continuerai, hein : moi aussi je l'aime cette histoire XD.
Rhoooo tous ces compliments, tu me fais rougir ! La première personne, c'était une première pour moi. En fait, je voulais quelque chose qui m'oblige à éviter les introspections de deux kilomètres dont j'ai tendance à abuser. Du coup, première personne et un narrateur assez simple (dans le sens "qui ne se prend pas la tête", pas dans le sens simplet !) : ça m'impose des garde-fous. Si Sam se met à s'autoanalyser, ça va paraître complètement déplacé. Du coup, je n'ai pas le choix, je dois mettre en oeuvre le fameux "show don't tell".
Alors, désolée pour Goldy, mais comme tu l'as peut-être vu dans le commentaire de Sorryf, plus bas, c'est un problème récurrent chez moi : je tue des animaux dans mes fictions... O_o Mais je jure que je n'en tue pas dans la vraie vie, hein !
Pour le contexte, en fait, suite aux remarques des autres plumes, j'ai décidé d'ancrer le récit dans l'Histoire et de plus coller à la réalité. Du coup, je vais supprimer le truc des combats. Ce sera à moi de trouver d'autres obstacles et contextes pour faire monter la tension. J'ai choisi de placer l'histoire en 1910, mais comme les persos vivent un peu au jour le jour, ce n'est pas très important, en fait. C'est juste plus pratique pour moi si j'ai des recherches à faire. Du coup, en 1910, il n'y a pas de combats ni de guerre aux états-unis.
Merci pour tes remarques sur la forme ! En fait, j'en ai déjà corrigé certaines dans mon fichier, mais je n'ai pas modifié ici. Je réponds juste à la dernière : ce n'est pas le regard de Vanhorf qui est paisible, c'est celui de Walt ! Ce serait peut-être plus clair si je mettais "de son regard paisible" au lieu de "avec son regard paisible" ?
Merci beaucoup pour ta lecture et ton commentaire très détaillé ! ♥
Luna
Posté le 06/05/2020
Ouh la la je me rends compte que c'est moi qui aie dû mal comprendre, en relisant la phrase avec le "regarde paisible" effectivement ça me paraît évident que c'est Walter (je suis un pue beaucoup dans la lune parfois). Mais c'est vrai qu'en utilisant "de" tu pourras peut-être éviter aux étourdis comme moi de passer à côté du sens. À toi de voir ;)

Ton choix pour cette histoire de contexte me paraît très bien pensée, ça colle parfaitement à l'ambiance qui ressort de ce chapitre et effectivement ça te permet d'évacuer des considérations géopolitiques/de guerre.

Allez, moi je me lance sur la suite, je n'ai pas pu lire hier mais là je n'en peux plus, il faut que je sache la suite !
Liné
Posté le 17/03/2020
Mais que c'est-y pas super, cet incipit au grand air avec des voyages, des chevaux, du travail pépouze à la campagne, quand on est confinées chez soi ? Hmm...

Plus sérieusement, j'ai adoré ce premier chapitre. Tout y est, la "voix" du protagonistes principal, le cadre, les personnages secondaires et leurs conflits, et surtout, celui qui donne son titre au roman et qui semble déjà bourré de plein de choses plus ou moins contradictoires, au moins en apparence (quelles choses je sais pas encore, il faudra que je lise la suite :-D)

On ne sait pas trop quand ni où on se situe : j'ai pensé à la période de la conquête l'Ouest avec les noms anglophones, et puis je me suis dis que ça pouvait tout autant être aujourd'hui mais dans des régions reculées. Ou bien non, rien de tout cela et on se situe dans un univers alternatif. Quoiqu'il en soit ce brouillage des pistes est très intriguant. (Peut-être que j'aurais besoin de me situer plus concrètement dans les chapitres suivants, et si c'est le cas j'hésiterai pas à te le dire ;-) ).

Seule petite critique (deféministe-sayétumeconnaismaintenant) : par deux fois (je crois), il y a des insultes à base de "pute", et je tique toujours parce que je me dis à chaque fois que ça participe à une "putophobie" inutile et invisible. Après ça a peut-être un lien avec la suite de l'intrigue (introduction d'un-e prostitué-e, par exemple) ?

En tout cas, ce chipotage à part, je suis partie pour poursuivre ma lecture ! A très vite ;-)
Isapass
Posté le 17/03/2020
Salut Liné ! Ca me fait plaisir d'avoir éveillé ta curiosité ;)
Je suis ravie que ce premier chapitre t'ait plu (malgré la torture des grands espaces si inaccessibles actuellement !). Les retours ont effectivement été encourageants, autant sur le narrateur que sur Walter que sur le style. Or, comme je m'essaye pour la première fois à la première personne, ça me rassure !
Tu n'es pas la seule à qui le contexte géographique et historique a posé problème : au départ, je voulais un décor qui ressemble aux grands états céréaliers des EU, à une période qui semblerait vaguement comprise entre la fin de la guerre de sécession et le début de la grande dépression. Mais comme je voulais que ce soit fictif, j'ai ajouté les combats pour brouiller les pistes. Finalement, il s'avère que ça les brouille trop et que ça pose trop de questions (ça sort le lecteur du texte). Du coup, je vais opter pour plus de vraisemblance (même si ça m'oblige à faire des recherches, ce qui me fait peur) et opter pour 1910 (ou à peu près). Donc je vais supprimer les allusions aux combats, puisqu'à ce moment-là aux EU, il n'y avait pas de guerre. DOnc pour les prochains chapitres, fais comme ci tu n'avais rien lu à ce propos :)
Très bonne remarque féministe :) En fait, j'ai cherché une insulte un peu forte qui "traverserait" les âges et qui ne soit pas trop typée et malheureusement, c'est celle qui m'est venue. J'essaierai de trouver autre chose !
Merci pour ta lecture et ton commentaire ! A bientôt
Gabhany
Posté le 05/02/2020
Hello Isapass !

J'étais trop curieuse de voir ce que tu avais fait avec Walter, et je dois te dire que j'ai adoré. Vraiment. Le ton, la façon dont tu dépeins les personnages, le prologue à propos des anges pour aboutir à la fin où Walter précipite une poutre sur le pied de l'autre abruti .... c'est extra, et j'ai vraiment hâte de lire la suite.
Je me suis demandé deux trois fois au début à quelle époque et dans quel pays on se situait, et quelle était cette guerre, mais finalement ça ne me dérange pas de ne pas savoir, j'ai été emportée par la suite et par les personnages.
Je lirai la suite très vite !
A bientôt !
Isapass
Posté le 06/02/2020
Salut Gabhany !
Ah, tu viens voir ce que ta création m'a inspirée ;)
Je suis ravie que ça te plaise. C'est très différent de ce que j'ai fait avant, mais je dois dire que ça m'inspire pas mal. Les princes liés, c'est une histoire complexe avec beaucoup de personnages et d'arcs narratifs, une douzaine de points de vue différents... J'avais envie de quelque chose de plus simple, plus court. Quelque chose qui ne nécessite pas de plan hyper précis et que je puisse écrire au fil de la plume. Alors c'est sûr que je vais un peu m'égarer et qu'il y aura sûrement à jeter et à réécrire, mais ça fait du bien de laisser un peu couler l'inspiration ! Et j'en profite aussi pour m'essayer à la première personne et pour travailler sur le fameux "show don't tell". Il faudra que je tienne sur la longueur (j'ai une fâcheuse tendance à me perdre dans les introspections de mes personnages...).
Pour le contexte, je crois que je vais supprimer les allusions à la guerre : je crois que ça égare trop. Et comme ce n'est pas fondamental, je vais faire autrement.
J'espère que le second chapitre te plaira aussi et que j'arriverai à écrire le suivant bientôt (j'ai la grippe, cette semaine et ça n'aide pas vraiment).
Merci pour ta lecture et ton retour encourageant !
Renarde
Posté le 25/01/2020
Coucou Isapass,

Comme tu avais parlé de Walter Cobb en réponse à un commentaire, j'ai été voir si tu avais commencé à publier. Ensuite, je me suis dit "Non, ne clique pas, pense à ta PAL". Bon, j'ai cliqué, "juste pour voir". Et là, je me dis "Ah, elle tente la première personne, excellent, je vais juste lire le début.".

Bon, tu t'en doutes, j'ai lamentablement échoué à ne lire que le début...

La première chose qui m'est venue à l'esprit en lisant, c'est que ton histoire était "Les Raisins de la colère" qui seraient entré en collision avec "La Ligne verte". J'ai lu après le commentaire de Sorryf, et je vois que je ne suis pas la seule à avoir fait le rapprochement entre ces deux œuvres (que j'adore) ;-)

Sinon, et là je suis en total opposé avec les autres visiblement : je n'ai aucunement besoin de savoir à quelle époque on se trouve et de quelle guerre il s'agit. La guerre est en toile de fond pour contextualiser, je n'ai pas besoin de plus (et c'est la miss qui a un Master en Histoire qui le dit XD).

Que dire ? J'ai franchement adoré.

Donc si tu n'avances pas sur le reste pour continuer Walter Cobb, tu es toute pardonnée ;-)
Isapass
Posté le 26/01/2020
XD désolée pour ta PAL ! Mais j'avoue que c'est plutôt flatteur de t'embarquer comme ça ;)
Oui, je crois qu'il serait vraiment difficile de cacher mes influences pour ce projet. Encore que je pense que mon inconscient est plus aller chercher dans Des souris et des hommes que dans Les raisins de la colère. Les deux personnages font d'ailleurs penser à Lenny et George (c'était involontaire de ma part, mais maintenant que j'assume, je pense que ça vaudrait le coup que je le relise pour éviter de plagier inconsciemment). Et en effet, la ligne verte. Bien vu !
Ah ça me fait plaisir que tu n'aies pas besoin de précisions sur le contexte. Ceci dit, après réflexion et lecture des autres commentaires, je pense qu'il est dangereux de conjuguer à la fois le flou sur le contexte ET les éléments qui pourraient laisser croire à des incohérences. Donc je crois que je vais enlever la référence à des combats, et je vais faire quelques recherches ou au moins relire/lire des œuvres qui se déroulent à la même époque parce que je commence déjà à me poser des questions qui vont m'obliger à des recherches (genre : l'ordre de grandeur d'un salaire journalier à l'époque ? En dollars, en cents ?... Ce genre de détails, je vais en avoir besoin). Et je t'avoue que je n'envisage pas cet exercice sans un peu de stress. Est-ce que c'est une période que tu maîtrises ? Je peux te poser des questions, éventuellement ?
Ravie que ça t'ait plu, en tout cas.
Les retours enthousiastes sont à double tranchant : ça fait évidemment très plaisir, mais aussi, ça met un peu la pression pour la suite XD.
J'ai presque fini le chapitre 2, vous me direz ce que vous en pensez !
Merci pour ta lecture et ton retour encourageant !
Renarde
Posté le 28/01/2020
Alors je m'étais spécialisée en Histoire contemporaine de la Suisse. En particulier la montée du nationalisme chez les féministes vaudoises entre 1900 et 1930.

Je vends du rêve, je sais XD.

Donc je suis complètement inutile pour le contexte de ton récit, malheureusement... Sinon, cela aurait été avec plaisir.

Et il faudra que je relise Des souris et des hommes, tiens....
Isapass
Posté le 29/01/2020
Ah oui, la montée du nationalisme chez les féministes vaudoises, même entre 1900 et 1930, ça va pas forcément m'aider pour ce projet... Peut-être pour un autre, qui sait ? ;)
Sorryf
Posté le 21/01/2020
NON NON ET NON ISAPASS QU'EST CE QUE TU AS ENCORE FAIT ? TU N'AS DONC RIEN APPRIS DE TES PRECEDENTS ECRITS ? PAS LE CHEVAL PUTAIN ! ON AVAIT DIT PAS LES ANIMAUX C'EST QUAND MEME PAS UNE REGLE COMPLIQUEE è.é
enfin... au moins la pauvre bête n'est pas morte en vain, puisque ça a tout déclenché :-(

"ce salaud de Vanhorf qui a été pleurniché auprès du patron." -> ayant un bac+12 en pleurnicherie, j'ai repéré la faute :D ! "pleurnicher"

Bon, et maintenant place à la constructivité !
Je pensais que Walter serait le héros/narrateur, j'aime bien que ce soit pas le cas ! Le héros est chouette, et je trouve que c'est un bon narrateur, j'aime beaucoup comme tu écris ! la première personne te réussit bien !

J'ai vu que Mary et Rachael situaient ton histoire pendant la guerre de Sécession... moi j'allais te dire qu'on se sentait en plein pendant la grande dépression, et c'est vrai que les combats m'avaient perturbée, alors j'ai pensé que c'était pendant une des guerres mondiales mais la ligne de front qui se rapproche ne collait pas si ça se passe aux states. J'ai vu dans ta rep de com que tu voulais pas situer dans le temps, je pense que cette allusion a la guerre qui se rapproche nous induit trop en erreur, du coup. Apparemment on est nombreuses a chercher a resituer le contexte des qu'on lit un truc xD ! et des combats ça va nous faire tenter de situer. Tu peux mettre qu'ils ferment suite a un décès, ou qu'ils ont hypotéqué leur terrain et que la banque les mets à la porte (comme dans les raisins de la colère... mais bon apparemment c'était méga courant) ou que la ferme est réquisitionnée en terrain d'entrainement militaire (si tu veux garder la guerre en arrière plan)(je sais pas si c'est possible mais bon), ça t'empêchera pas de rester floue, pas besoin de recherches historiques ! Mais je pense que tu peux t'attendre a ce que tout le monde, meme inconsciemment et meme si tu le dis jamais, s'imaginera aux USA au début du xxeme siècle (sauf si l'histoire évolue de manière à ce que ce soit impossible). Du coup ces combats perturbent, ça nous empêche de rester dans le flou dans lequel tu voudrais qu'on soit (d'apres ta rep de com a Rach).

Ce chapitre m'a beaucoup fait penser a Steinbeck (que je relis en ce moment), et aussi a la ligne verte, et un peu au dessin animé sur la ferme des animaux (LE CHEVAL BORDEL DE FUCK), bref, ça me parle ! et je pense que ça doit parler a pas mal de monde, ça touche a un imaginaire collectif, je crois. Et j'adore ! <3<3
j'ai vraiment été charmée par ce début, écriture et ambiance ! bravo !!

PS: du coup... ça va pour cette fois, tu es pardonnée pour le cheval. Mais ne recommence plus è.é
Isapass
Posté le 21/01/2020
O_o
Ah mais en fait, tu me fais prendre conscience que je suis une grande malade... Merde, j'ai encore buté un bourrin... Je... je sais pas quoi dire. Sans blague, j'ai même pas fait la relation : j'avais 150 possibilités à utiliser comme déclencheurs, et il a encore fallu que je dézingue une pauv' bête...
Bon ben, ça va devenir ma marque de fabrique, je crois : la fille qui tue un canasson par roman (minimum). Par contre, dans Starsailor, ça va être moins facile. Est-ce que j'ai le droit de buter une vache ou un chat, à la place ?
Bon tu es la troisième à tiquer sur les combats... Faut vraiment que je réfléchisse à ça. Le truc, c'est que je pensais m'en servir aussi plus tard, et en plus, en dehors du contexte "guerre ou pas guerre" (ça, à la limite, je peux m'en passer), il y a une autre implication assez structurante si je dois situer dans l'Histoire. Je en veux pas spoiler complètement, mais c'est en rapport assez direct avec la guerre de Sécession... Bref, vous êtes unanimes : faut que je me décide.
Rhooo, ça me fait trop plaisir que tu sites Steinbeck et surtout La ligne verte... Je dois dire que c'est une grosse part de l'inspiration (à tel point que j'espère que ça ne va pas trop se voir). Qu'est-ce qu'il m'a marquée ce roman ! Tu sais que je l'ai lu par épisode, dans sa version initiale ? J'avais 18 ans et j'étais animatrice en colo. Toute l'équipe d'animation se les arrachait.
Je citerais aussi O'Brother des frères Cohen, pour l'ambiance.
En tout cas, ça me fait plaisir que ça te plaise. Je te cache pas que j'ai bien eu la sensation de dépoter dans le chapitre 1 côté émotions, alors je galère un peu plus pour le 2... C'est en cours, on verra bien.
Merci de me suivre encore en tout cas, et merci pour ton comm qui m'a encore fait mourir de rire ;)
Sorryf
Posté le 21/01/2020
La ligne verte je savais meme pas que c'était un roman ! je connaissais que le film.
O'Brother je l'ai vu il y a looongtemps, je m'en souviens très peu mais je me rappelle que j'avais beaucoup aimé ! ça me donne envie de le revoir.
C'est vrai que ce chapitre 1 dépote ! je suis sure que le 2 sera super aussi !

Bon par contre, je te préviens : dans stairsailors je t'autorise a tuer une vache, mais si tu butes le chat ce sera la GUERRE è.é
Isapass
Posté le 21/01/2020
Ah non mais il faut le lire, la ligne verte, c'est obligatoire ! Je l'ai fait lire à Tac, tiens. Elle a aimé aussi (enfin aimé... ça lui a foutu un grand coup sur la tronche, quoi)
Nan, mais pas d'inquiétude pour le chat de Starsailor : si je faisais ça, mon neveu ne m'adresserait plus la parole (le modèle d'Ulys)
Mary
Posté le 15/01/2020
Bon, alors première réaction à chaud.... J'ADOOOORE ! MonDieu, ce premier chapitre envoie tellement du pâté ! Moi qui adore le western, c'est parfait !

Voilà, ça y est. Je reprends un peu ma contenance. Hum.

En vrai, j'aime vraiment vraiment beaucoup. D'abord parce que j'entends la voix de ton personnage, tout de suite. L'avantage de la première personne, c'est qu'on est tout de suite en contact avec ton narrateur, mais c'est pas donné à tout le monde de faire "entendre" ton personnage. Je pense que le langage parlé y fait beaucoup (et comme l'a souligné Rachael, ça compense très bien l'absence de dialogue au début). Le langage est riche et imagé, j'admire. Ça fait élégant tout en faisant "populaire" dans le bon sens du terme.
Une remarque concernant les "combats" dont tu parles. Je présume qu'il s'agit de la Guerre de Sécession? Peut-être faudrait-il le clarifier, parce que ça permet de situer précisément l'époque. Géographiquement tu es parfaitement au point, et même si on estime la temporalité, cela pourrait être pas mal de préciser. Tu prévois un lectorat précis?
En ce qui concerne Samuel, on s'en sent proche tout de suite - et je l'aime bien. Bien joué, au fait, le coup du mouchoir brodé ! Ça évite les présentations formelles et on a l'info principale. On voit que le gamin a pas eu la vie facile mais qu'il a su rester debout en prenant la vie comme elle venait (sans mauvais jeu de mots XD ) Ensuite, ton Walter Cobb. J'avoue, le coup des 2 voix dans son sommeil, j'ai été littéralement scotchée. Il sera bien plus complexe qu'il n'y paraît. Du coup, je sais pas du tout à quoi m'attendre, surtout avec la scène de fin. Est-ce qu'on est dans le fantastique? Mystère. En tous cas, j'ai appris ce qu'était un palan XD.

Et enfin, dernière remarque, peut-être la plus importante, je ne sais pas. TON ÉCRITURE. Je trouve la différence avec les PL frappante. Ta plume a gagné en force puissance dix mille (déjà que...) Tu as condensé les émotions, les descriptions et tu les as chargés. Tu as fait direct et efficace. Je sais pas si c'est moi, dans le mood du moment, le fait que j'aime le western ou quoi, mais là, ce n'est plus un chapitre, c'est une claque ! Alors continue, parce que je veux la suite !

Deux trois détails relevés par ci par là :
"Ils pourraient vous broyer sous leurs sabots larges comme des seaux, mais ils le font jamais ; en fait, y a pas plus calme et obéissant qu’eux ; tout ce qu’ils veulent, c’est une caresse de temps en temps." La phrase est peut-être un poil longue. Je couperais à "en fait".
"— je marchais depuis tout gosse avec un pied en dedans à cause d’une fracture ressoudée de traviole —," Tu peux faire sauter la virgule après l'incise
"Un vent brûlant qui passait en une vague, comme un signal envoyé par la terre pour dire qu’on lui foute la paix" Plutôt pour demander qu'on lui foute la paix? ou ordonner? Dire fait un peu trop passif il me semble.
Isapass
Posté le 15/01/2020
Eh ben dis donc ♥♥♥
Ton commentaire aussi il envoie du pâté, comme je te disais en MP, c'est plus efficace qu'un coup de pied aux fesses pour donner envie de continuer !
J'avais très peur, en fait, pour le langage parlé. C'est difficile à doser. C'est pour ça que j'ai réservé les ellipses avec des apostrophes partout pour les répliques de Walter Cobb parce que lire tout un texte comme ça, je le sentais pas trop. Du coup, j'ai supprimé les négations et les inversions des incises, mais c'est tout en fait. Ce qui est difficile, c'est de garder un vocabulaire qui ne fasse pas littéraire en évitant les répétitions (merci les dictionnaires de synonymes !). Par contre, je te dis pas la gymnastique pour passer des PL à ça !
Alors justement, les combats... comme je disais à Rachael, en fait je ne voulais pas forcément situer l'histoire dans une vraie période historique, tout en laissant planer le doute. Contrairement à vous deux, je n'envisage les recherches historiques qu'à reculons et en plus, je crains de manquer de matière sur la vie de tous les jours. L'objectif, c'est d'évoquer le contexte quand il est nécessaire à l'histoire, mais pas forcément avec une vue d'ensemble que n'aurait de toute façon pas mes personnages. Pour moi, c'est quelque part entre la guerre de Sécession et la crise de 29. Et les combats évoqués ne correspondent pas forcément à une guerre existante... Mais c'est peut-être dangereux.
De toute façon, j'écris cette histoire au fil de la plume, je n'ai que la trame, pas de plan, donc je vais voir au fur et à mesure si je m'en sors ou si je me tire des balles dans les pieds. Si besoin, je virerai les combats (même si a priori ça m'arrange pas)
Le lectorat, avec ce que j'ai en tête, je dirais YA. Plus de 14 en tout cas.
Le mouchoir brodé, figure-toi que mon narrateur n'avait pas de nom jusqu'à la fin du chapitre XD. Du coup, quand je l'ai enfin trouvé, je me suis dit que ce serait peut-être bien de le mettre un peu plus haut !
Bien sûr qu'il est un peu complexe, Walter Cobb, sinon ça ferait pas un roman ;) le titre (provisoire, certes), c'est quand même son nom ! D'ailleurs, je sens qu'on va me le raccourcir en WC...
Euh... maintenant que j'y pense, j'ai même pas vérifié palan, j'espère que j'ai pas raconté de bêtises !
Mon écriture... effectivement, rien à voir avec les PL. J'essaye vraiment de travailler le "show don't tell" et bizarrement, je trouve ça plus intuitif avec un narrateur à la première personne. Là, le gars est là pour raconter, il digresse de temps en temps pour expliquer ce qui s'est passé, mais a priori, il est pas du genre à se prendre le chou sur ses états d'âmes ou ceux des autres. Du coup, ça coule de source. L'idée c'est de faire un récit un peu "proche de la terre", tu vois ? Plus sur l'émotion que sur la réflexion. Je suis ravie que ça te fasse de l'effet en tout cas !
Tes suggestions sont très bonnes, je me les garde précieusement.
Un grand merci pour ta lecture et ton adorable commentaire.
Mary
Posté le 15/01/2020
L'avantage de laisser les combats flous, c'est que ça te laisse une marge de manœuvre considérable. Surtout si tu pars après dans du fantastique, ça peut même très bien le faire. Je comprends ta réticence sur les recherches, ça peut être fastidieux ;p

Non, non, le palan ne m'a pas choqué (une fois que j'ai googlé ce que c'était XD)

Je vois ce que tu veux dire au sujet de l'écriture à la première personne...car c'est exactement ce qui me pose question pour Noctis - mais on aura l'occasion d'en reparler. Telle que tu es partie, tu as l'air plus dans la démarche d'une écriture prise "sur le vif" et je pense que tu auras du mal à le rendre avec un POV extérieur.

Encore une fois, avec plaisir. On en reparle quand tu veux.
Mary
Posté le 15/01/2020
L'avantage de laisser les combats flous, c'est que ça te laisse une marge de manœuvre considérable. Surtout si tu pars après dans du fantastique, ça peut même très bien le faire. Je comprends ta réticence sur les recherches, ça peut être fastidieux ;p

Non, non, le palan ne m'a pas choqué (une fois que j'ai googlé ce que c'était XD)

Je vois ce que tu veux dire au sujet de l'écriture à la première personne...car c'est exactement ce qui me pose question pour Noctis - mais on aura l'occasion d'en reparler. Telle que tu es partie, tu as l'air plus dans la démarche d'une écriture prise "sur le vif" et je pense que tu auras du mal à le rendre avec un POV extérieur.

Encore une fois, avec plaisir. On en reparle quand tu veux.
Rachael
Posté le 15/01/2020
Quoi, mais personne n’a encore commenté ! Ça dort sur PA !
Je commence par le début (normal !) : j’ai beaucoup aimé la façon dont on fait la connaissance du personnage, on sent tout de suite que ça n’a pas été facile pour lui, que l’environnement n’est pas super non plus (guerre), mais qu’il a rencontré de la chaleur humaine sur son chemin. Cette transition avec les anges est très intrigante, et on comprend tout de suite que Walter Cobb ne va pas être une rencontre banale pour le personnage.
Après, on saute dans le temps, et on comprend que maintenant le personnage a dans les 15 ans, étant donné l’indication (une armée de gamins comme moi : dans les quinze ans) et la situation se précise, je dirais qu’on est aux Etats Unis au moment de la guerre de Sécession ?
Là apparaît Walter Cobb : la description que tu en donnes est très chouette, les deux personnages tels que tu les décris m’ont un peu fait penser aux deux personnages de « of mice and men ». D’ailleurs je trouve l’ambiance très steinbeckienne, que ce soit la description de l’exploitation des pauvres gamins, le « décor » ou le langage utilisé.
Justement, celui-ci est vraiment adapté à retranscrire les pensées et impressions du gamin, qu’on sent futé, mais pas très éduqué (de sa propre admission). Il y a une verve populaire, avec un emploi de mots familiers, qui passe très bien. D’ailleurs, cette verve fait que bien qu’il y ait peu de dialogues (sauf à la fin), ça ne manque pas, car le style de la narration est proche du langage parlé, puisque Samuel nous raconte lui-même l’histoire à la première personne (et c’est bien dosé entre ce qu’il raconte et les introspections où il nous livre ses pensées).
Bon désolée, ce n’est pas hyper constructif parce que je n’ai pas vraiment de critiques, j’aime beaucoup ce premier chapitre, et la fin nous donne à penser qu’il y a plus dans cette histoire que ce que tu en laisses voir dans ce premier chapitre. Je te trouve très inspirée sur ce début d’histoire ! Je dirais aussi qu’à un moment il faudra peut-être préciser plus le lieu et l’époque, mais ce n’est pas gênant de n’avoir jusqu’ici que des indications imprécises.

Détails
une semaine et demi : et demie
soit un coup de l’outil que je tenais : par un coup ?
Isapass
Posté le 15/01/2020
Rhooo la la ! C'est encourageant ! Merci !
Tu as bien tout compris pour l'âge en effet (je ne sais pas pourquoi je suis toujours réticente à l'écrire simplement...). Quant au contexte... tu me fais réfléchir ! En fait, l'idée était plutôt de ne PAS préciser ni la période, ni le lieu. Oui, oui, jusqu'à la fin. D'abord parce que les univers historiques me font extrêmement peur (je ne suis pas sûre d'avoir le même amour que toi pour les recherches, et en termes de vie courante, comme ça, j'ai peur de ne pas trouver grand chose, du coup si c'est pour raconter des conneries, je sais pas si ça vaut la peine). Ensuite parce que vu le niveau d'instruction et le type de vie des personnages, je ne sais pas si eux-mêmes ont vraiment les idées claires sur ces points. Et puis je trouvais ça intéressant, aussi, de laisser planer le doute, pour renforcer le flou qui va forcément envelopper l'histoire (est-il ? n'est-il pas ?...) et que je vais me faire une joie d'entretenir :)
D'ailleurs, en fait, telle que je l'imagine pour l'instant, ça ne correspond pas à une période, mais plutôt aux deux que tu as citées : guerre de Sécession/début vingtième. Je ne peux pas t'expliquer pourquoi sans te spoiler. Les lieux aussi sont fictifs.
Tu penses que c'est très gênant de ne pas préciser le contexte ?
En tout cas, ça me soulage que le ton et l'équilibre action/introspection sonnent juste. Je n'ai jamais écrit à la première personne et vu mon amour pour les introspections, j'avais vraiment peur. Quant aux dialogues : je n'en ai jamais écrit si peu XD Mais je me fais confiance : ils reviendront. Mes persos sont toujours bavards.
Honnêtement, je n'ai aucune idée du rythme auquel je vais progresser dans cette histoire. Surtout que j'y vais sans plan (j'avais envie de redevenir jardinière pour un petit projet). Mais je ne suis pas raisonnable comme toi : je poste au fur et à mesure, sans attendre d'être sûre que ça tient la route !
En tout cas, merci beaucoup pour ta lecture et ce premier commentaire qui fait chaud au cœur !
Rachael
Posté le 17/01/2020
Est-ce que c'est gênant de ne pas préciser le contexte : ben pas forcément, ça dépend de la suite... (je comprends que les recherches te gavent, même si moi, elles m'ont vraiment plu...).
Ah, j'ai oublié de dire que le choix du passé composé, ça marche super bien pour donner ce ton un peu familier et naturel qui colle bien à ton personnage...
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