đź’• CHAPITRE 1 đź’•

Comme chaque matin précédent celui-ci, il y avait encore ce même raffut au sein même du Palais. Une longue ligne de gens, entassés les uns derrière les autres, attendant que les portes du Bureau déignent enfin s’ouvrir. Les domestiques, dans l’habitude, zigzagaient entre les passants, cherchant à se frayer un chemin et espérant qu’enfin, cette vulgaire comédie cesse un jour, mais cela ne dépendait que du bon vouloir d’une seule et même personne : La princesse Méryl. Héritière, bien malgré elle, au trône, la jeune femme ne semblait pas vouloir arrêter de conduire ses affaires au sein même du palais pour le plus grand déplaisir de tous. Chaque journée, de nouvelles personnes venaient et affluaient des quatre coins du royaume car la Princesse mettait un point d’honneur à accueillir quiconque se présentait à sa porte.

Personne ne comprenait d’où lui venait cette obscession soudaine de vouloir se mêler des affaires de coeur du royaume quand l’avenir de ce dernier dépendait entièrement d’elle. C’était comme si elle s’était prise de passion pour les histoires d’autrui, et ce, malgré son propre et catastrophique mariage.

Car oui, la princesse était mariée et cela, personne ne l’ignorait, sauf elle-même peut-être. Ils ne se voyaient guère ou très peu durant des occasions particulières. Ils n’échangaient pas et préféraient très largement s’ignorer mutuellement, mais tandis que le Prince James faisait de son mieux pour tenir le royaume à bout de bras, s’occupant d’affaires qui n’étaient guère non plus les siennes, sa très jeune épouse se prélassait dans un canapé, écoutant récits après récits.

Ils s’étaient mariés sans s’aimer comme ils vivaient sans se désirer mutuellement. Lui avait accepté cela comme un marché en retour de quoi il se verrait obtenir tout ce qu’il désirait et elle l’avait accepté comme étant une punition divine car le mariage était la condition pour pouvoir être, d’ici la fin de l’année, couronnée Reine. Or Méryl n’en avait que faire. De la politique, des finances, de l’Histoire, des traditions, des uses et des coutumes. Méryl, comme toute jeune femme rêvait du grand amour et faute de pouvoir vivre le sien, elle vivait à travers les histoires des nobles et des bourgeois.

Quand enfin, sur l’heure du midi, une pause lui fut permit, Méryl sortit de son propre salon, fatiguée, usée et assoiffée. Elle passa de longues minutes à s’étirer, passant de positions disgracieuses en positions disgracieuses, se mouvant dans tous les sens tel un chat pour enfin rejoindre les jardins dans lesquels une collation lui avait été préparée. Il n’y avait rien de plus important que cela : L’amour et la nourriture. Si elle l’avait su d’ailleurs, elle aurait épousé le cuisinier du palais plutôt qu’un homme dont elle peinait encore à reconnaître la silhouette parmi une foule.

- Encore une matinée fort chargée, Votre Altesse, vous devez vous sentir épuisée.

Lola était ce qui s’apparentait le plus à une amie. Dame de compagnie depuis près de cinq ans, elle faisait partie du cortège du Prince quand celui-ci est arrivé au palais. Etonnament, Méryl pensa plusieurs fois qu’elle devait très probablement être sa maîtresse mais non. James ne lui donnait pas plus d’intérêt qu’il n’en donnait à la fourmi qu’il venait d’écraser sous sa botte.

- Je ne saurais dire. Je ne me sens pas particulièrement fatiguée, mais je dois bien admettre que la journée s’annonce chargée.

- Vous avez aidé de nombreuses personnes encore ce matin ! J’ai même cru voir Monsieur Crampbell ! Madame n’était-elle pas déjà cliente ?

Pauvre Lola. Elle n’avait décidemment rien comprit à ce qu’était une véritable vie de couple. Mais il était vrai que Monsieur et Madame Crampbelle étaient devenus de réels habitués. Elle, venait deux fois par semaine recueillir de précieux conseils quant à son lit conjugal tandis que Monsieur a commencé à venir il y a de cela deux mois maintenant, probablement suite aux efforts fournis par Madame. Bien que cela soit un secret, Monsieur Crampbell s’était trouvé fort content quand Madame Crampbell avait réussi à faire de leur nuit un moment pour le moins...excitant et il cherchait tout bonnement à lui rendre la pareille.

Car si certains clients de la Princesse n’étaient restés qu’aux prémices de leurs amours, d’autres, au contraire, avaient d’ores et déjà bien avancés. La majorité du temps le problème que rencontraient les gens venant la trouver était dû à une mauvaise communication mais il y avait aussi des problèmes d’érection ou d’incapacité à produire un héritier pour la lignée. Ce qui se disait dans le «Bureau» de le Princesse aurait largement de quoi faire rougir plus d’une jeune demoiselle comme Lola, mais pour Méryl, il y avait un petit côté excitant et à la fois pervers que de se savoir mêler de façon si intime à certains. Même si globalement, tout le royaume savait pour l’entreprise personnel de la princesse, personne ne se doutait qu’elle était à même de fournir potions, filtres et petits jouets pouvant pimenter bien des nuits s’annonçant froides. Ainsi, sa réputation de marieuse ou bien même d’héroïne était toute faite. Toute faite, mais guère appréciée. Méryl était la princesse, l’héritière, la fille unique du Roi et par conséquent une jeune dame dès plus respectable et admirée. Or, elle n’avait que faire de ses diverses étiquettes et faisait même tout son possible pour les fuir. Tout comme son mari.

- Avez-vous vu...Son Altesse récemment ? demanda Lola en hésitant

Il n’était pas inconnu par certains domestiques qu’aborder la question du Prince était un sujet fort fâcheux et ils étaient même connu de tous qu’il valait mieux ne pas aborder le sujet du tout. Pourtant, Lola s’y risquait et elle n’eut pour seule réponse qu’un regard détaché et menaçant.

- J’ai terminé de déjeuner, je m’en retourne travailler. Ne prends pas la peine de me déranger. Je te ferais signe si j’ai alors besoin de quoique ce soit, signala la Princesse

Elle ne portait évidemment aucune chaussure, déhambulant complètement pieds nus à même le sol rougeux du jardin.  Ses doigts passèrent de fleurs en fleurs et de branches en branches, caressant avec espoir la venue prochaine du printemps. L’hiver avait été particulièrement long et froid et voir les jardins se remplir de nouveau de vie lui fit particulièrement plaisir. Méryl aimait ces jardins comme elle aimait la personne qui les lui avait offert : Sa mère lors de son huitième anniversaire. Bien que la Reine soit décédée depuis une dizaine d’années à présent, la jeune princesse aimait croire que son esprit vivait à travers chaque abeille, chaque oiseau et chaque fourmi venant se poser par ici. C’était là son endroit préféré. Son sanctuaire de paix. Là où elle venait se réfugier après chaque dispute avec son père ou bien chaque silence de son époux. Pendant un temps, elle se souvient avoir cherché son affection, mais hélas, jeune et éprise qu’elle était, rien ne pouvait l’aider à surmonter le mur gigantesque devant lequel elle s’était retrouvée confrontée.

- Votre Altesse.

Plusieurs domestiques la saluèrent, s’inclinant devant elle alors que ses pieds furent recouverts de terre et que le bas de ses jupons fut déchiré de part et d’autres en traversant l’herbe fraîche. Tous avaient prit l’habitude de la voir ainsi. Débraillée. Désordonnée. Comme si tout son être était fait pour ressembler à une de ces fées sortant tout droit d’un buisson. Par moment, il lui arrivait même de revenir avec le corps couvert d’herbe, de feuilles et parfois de boue et cela n’aurait pas été choquant, si la Princesse n’approchait pas de ses vingt ans. Encore aujourd’hui et malgré son corps d’adulte, elle semblait se comporter comme une enfant boudant devoir et responsabilités.

A peine installée de nouveau sur son canapé préféré, prête à se remettre à l’ouvrage, la porte s’ouvrit brusquement mais elle ne le lui adressa pas même un regard. Pas un domestique ne s’aventurerait à la déranger et elle avait dit plutôt à Lola de ne pas s’approcher non plus alors il n’y avait que deux personnes capables de se risquer à ses foudres. L’un deux étant en déplacement diplomatique, il n’en restait plus qu’un.

- Qu’ai-je méfait ai-je encore commit pour vous voir ainsi arriver sans même prendre le temps d’être annoncé ? demanda-t-elle d’un ton plus élevé

Elle n’eut pour seule réponse qu’un silence avant d’entendre le claquement au sol de deux semelles soigneusement collées à une paire de bottes noires dont elle ne connaissait que trop bien le propriétaire. Son regard passa alors de cette même pair au yeux noirs de jais qui la dévisageait sévèrement.

Il pouvait être dit beaucoup de choses sur le Prince James, mais sa beauté naturelle pouvait faire bien des jalouses. De longs cheveux noirs constamment attachés en un chignon bas, un visage aussi pâle qu’un matin de neige et de grands yeux noirs servant probablement d’entrée vers son âme. Si tenté qu’il en avait une car le Prince ne supportait ni l’indiscipline, ni le chaos, ni tout ce qui pouvait faire défaut à un cadre strict et ordonné. En somme, tout l’opposé de Méryl et sans doute avait-elle fait exprès d’accentuer ses plus mauvais traits expréssement dans le seul et unique but de le contrarier.

- Le Palais est encore plongé dans l’anarchie et cela ne peut continuer davantage. J’ai été extrêmement patient avec vous, mais vous devez arrêter de suite votre...cirque.

Et évidemment, ces deux-là ne pouvaient ni se voir en peinture, ni s’entendre.

- Est-ce un ordre que j’entends ? reprit-elle plus calmement, Ne me faites pas rire, voyons.

- Ne vous rendez-vous pas compte de ce que vous provoquez au sein même du Palais ? Pensez-vous vous trouver dans une foire paysanne ? Le Palais royal est un lieu saint !

- Que Dieu me préserve, j’oubliais que je vivais dans un couvent ! Heureusement que votre grande sagesse est là pour me rappeler à l’ordre Mon Père, cracha la Princesse sans retenue.

Il n’y avait aucune émotion bienveillante ou signe de douceur provenant de cet homme. Seulement une conduite stricte et autoritaire. Cependant, James n’était Prince et titré que parce qu’il avait épousé une Princesse et c’était là le seul point qui jouait en sa défaveur et il en avait parfaitement conscience.

- Sommes-nous constamment obligés de nous battre, James ? Nous nous voyons une fois par mois et je n’entends de votre bouche que reproches, méprise et insultes quand vous êtes dans vos bons jours. Cela devient lassant.

- Ne vous comportez pas comme une enfant et alors, peut-être, j’envisagerais de reconsidérer le peu d’estime que j’ai pour vous. Vous êtes une insulte envers votre lignée, les efforts fournis par tous ceux avant vous afin de faire de ce royaume ce qu’il est aujourd’hui. Vous vous donnez en spectacle par simple esprit de contradiction parce que vous n’êtes pas capable de faire autre chose que cela.

Il y avait une part de vérité dans sa méchanceté et bien que Méryl en soit aujourd’hui une habituée, l’entendre de nouveau de vive voix ne lui faisait pas plaisir. A dire vrai, jamais une union n’avait été aussi malheureuse et rien de ce qu’elle pouvait faire, dire ou bien même fournir ne semblait suffisant pour lui.

- Vous êtes d’une gentillesse à couper le souffle, releva la jeune femme

- Et vous d’une gratitude remarquable. Je me tue jours et nuits à combler votre absence, à m’occuper de votre travail et vous prenez tout cela pour un jeu. Un simple jeu. Vous n’êtes digne ni de votre rang, ni de la couronne qui vous attends, maudit-il

- Pour une fois nous sommes d’accord sur quelque chose ! Vous savez ce qui serait juste ? Que l’on me déshérite et que vous preniez une amante.

Ce n’était qu’une vérité parmi tant d’autres. Si James avait une maîtresse, cela ferait maintenant des années qu’il aurait eu un enfant. Un héritier. Héritier que Méryl refusait coûte que coûte de lui donner. Ils n’avaient passés qu’une nuit ensemble, celle suivant leur union et elle avait été tout bonnement horrifique. Bien qu’il ne se soit rien passé entre eux, ils étaient restés enfermés dans la même pièce, s’ignorant pendant dix longues heures. Elle avait tenté de le séduire mais même un tronc d’arbre aurait eu une meilleure réaction que son nouvel époux. A croire qu’il était fait de marbre, comme le disait certaines rumeurs le concernant.

- Vous êtes révoltante ! s’empressa-t-il de dire avant de se détourner d’elle, Comment osez-vous aller jusqu’à baffouer une union sacrée faite devant Dieu ?

- Oh pitié, épargnez-moi cela ! Vous osez me parler d’union sacrée quand vous n’avez même eu le courage d’accomplir votre devoir !

- Je vous demande pardon ?

- Vous m’avez parfaitement entendu ! Vous êtes restés là, dans votre fauteuil, me repousant comme si j’étais la chose la plus dégoûtante et monstrueuse que vous n’avez jamais eu à voir ! Vous vous complaisez dans votre petit rôle de seigneur uniquement parce que vous n’avez pas le courage d’annoncer notre séparation. Honnêtement, James, je suis peut-être une enfant car je m’amuse d’un rien et que je prends du plaisir dans les choses simples de la vie, mais vous...vous n’êtes pas un homme.

Le ton était monté si rapidement que Méryl pouvait encore ressentir sa colère et sa rage stagnant dans les tréfonds de sa gorge. Jamais encore elle n’avait osé lui parler ainsi, lui faire part de ses propres sentiments et émotions car elle était restée persuadée que l’ignorer était une sage décision. Ignorer son existence même ferait de lui qu’un cauchemars de plus parmi ceux qu’elle avait déjà. Malheureusement, les cauchemars disparaissent au petit matin, mais James non.

- Vous voyez, il n’y a pas que vous qui sait dire des méchancetés. Mais sans doute devrais-je vous remercier car vous avez été un exceptionnel professeur durant ces cinq dernières années.

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Audrey.L
Posté le 22/01/2023
Salut ! Bon premier chapitre :) J'aime beaucoup les Ă©changent entre MĂ©ryl et James, leur relation est pleine de piquants !
En ce qui concerne l'intrigue, j'aime beaucoup le fait que celle-ci tourne autour de "l'entreprise" de Méryl et de sa volonté à devenir une marieuse. Je sens qu'on va rencontrer de sacrés anecdotes avec elle...
En tout cas, j'ai hâte de lire la suite !
ManonSeguin
Posté le 23/01/2023
Hello !
Merci beaucoup ton commentaire me va droit au coeur :) Et niveau échanges, tu vas être servie, je m'amuse beaucoup à écrire leur dialogue et à essayer de faire en sorte que leur relation s'améliore ahah
Aryell84
Posté le 16/01/2023
Bonjour !
J’avais déjà lu The Ruler Game, et je suis contente de retrouver un de tes univers, tu as l’air d’avoir le don de pondre des histoires qui me plaisent ;) Tu plantes bien le décor, et la dynamique entre les deux personnages est intéressante (même si j’aurais apprécié un peu plus de développement : notamment le fait qu’elle lui dise enfin tout ce qu’elle pense de lui pour la 1ère fois au 1er chapitre, ça fait un peu artificiel parce qu’on n’a pas vraiment eu le temps de sentir la pression monter).

Sinon sur la forme, je rejoins Eska, il y a pas mal de maladresses et de lourdeurs, notamment des redondances : un conseil que j’applique personnellement c’est, avant d’utiliser un adverbe, vérifier que l’idée traduite par l’adverbe n’est pas déjà dans ma phrase, ou si je peux pas juste changer le verbe ou l’adjectif pour transmettre l’idée en question sans rajouter un adverbe.

Voilà toutes les coquillles et maladresses que j’ai relevées :
- « déignent » → daignent
- « cette obscession » → obsession
- « s’occupant d’affaires qui n’étaient guère non plus les siennes » → guère les siennes non plus
- « un marché en retour de quoi » → c’est redondant (le principe d’un marché c’est qu’il a quequle chose en retour d’autre chose) donc plutôt « un marché grâce auquel »
- « des uses et des coutumes » → des us et coutumes
- « une pause lui fut permit » → permise
- « étonnament, Méryl pensa plusieurs fois qu’elle devait très probablement être sa maîtresse mais non » → étonnamment, et l’adverbe et bizarrement placé, ce qui est étonnant c’est que Lola ne soit pas la maîtresse du Prince non ? Sinon pour « pensa », ce serait plus juste du dire « avait pensé », et le « très probablement » est superflu, car c’est déjà exprimé avec « devoir » (et ça t’éviterait d’avoir de adverbes en -ment dans la même phrase)
- « Je ne me sens pas particulièrement fatiguée » → 2 paragraphes plus haut c’est écrit le contraire
- « elle n’avait décidemment rien comprit » → décidément et compris
- « tandis que Monsieur a commencé » → avait commencé (dans un récit au passé, on n’utilise jamais le passé composé, qui exprime le passé du présent)
- « il y a de cela deux mois maintenant » → avait, et le « de cela » est redondant avec « maintenant »
- « d’autres, au contraire, avaient d’ores et déjà bien avancés » → soit « avaient avancé », soit « étaient avancés »
- « produire une héritier pour la lignée » → « pour la lignée » est redondant à mon avis (c’est le principe d’un héritier)
- « aurait largement de quoi faire rougir plus d’une jeune demoiselle » → de même « largement » et « plus d’une » se répètent
- « il y avait un petit côté excitant et à la fois pervers que de se savoir mêler de façon si intime à certains » → ^plusieurs problèmes de construction : excitant et pervers à la fois (mais peut-être que le « à la fois » est superflu), et « de mêler de façons si intime à certains » → à mon avis il faudrait dire « se mêler […] des affaires de certains »
- « tout le royaume savait pour l’entreprise personnel » → au sujet de / connaissait l’existence de, et personnelle
- « pouvant pimenter bien des nuits s’annonçant froides » → il y a deux participes présent d’affilée
- « Il n’était pas inconnu par certains domestiques qu’aborder la question du prince était un sujet fort fâcheux et ils étaient même connu de tous qu’il valait mieux ne pas aborder le sujet du tout » → ce n’est pas « aborder la question du prince » qui est un sujet fâcheux, mais le prince tout seul, il était, et répétition du mot « sujet ».
- « déhambulant » → déambulant
- « chaque fourmi venant se poser par ici » → je sais que tu parles d’oiseau juste avant mais du coup ça fait bizarre, et plutôt « par là » que par ici
- « pendant un temps, elle se souvient avoir cherché son affection » → est-ce que tu veux dire qu’elle évoque ce souvenir pendant un temps à ce moment-là, ou qu’elle se souvient avoir pendant un temps cherché son affection ?
- « s’inclinant devant elle alors que ses pieds furent recouverts » → alors que ses pieds étaient…
- « as un dopas un domestique de n’aventurerait » → aucun
- « et elle avait dit plutôt à Lola » → elle venait de dire à Lola
- « qu’ai-je méfait ai-je encore commit » → quel méfait, commis
- « cette même pair » → paire
- « Il pouvait être dit…., mais sa beauté naturelle pouvait » → répétition
- « si tenté » → si tant est, et pour la concordance « si tant était »
Sur la question de l’âme du Prince, à part le fait qu’il est psycho-rigide, tu devrait peut-être développer sur ce que Méryl entend par « avoir une âme » ou pas.
- « vous devez arrêter de suite... » → tout de suite (de suite fait trop familier pour le niveau de langage du prince)
- « bien que Méryl en soit aujourd’hui une habituée » → cela ne va pas avec la concordance des temps
- « la couronne qui vous attends » → attend
- « me repousant » → repoussant
- « il n’y a pas que vous qui sait » → qui savez

Voilà, hâte de lire la suite, et bon courage pour l’écriture !!!
Eska
Posté le 12/01/2023
Bonjour ManonSeguin,

Ton premier chapitre est plein de bonnes choses, Meryl est un personnage très intéressant dont je suis vraiment curieux de connaitre le développement. Tu prends le temps dans ton exposition de poser des enjeux clairs, et de situer tes personnages dans un cadre cohérent. Le dialogue entre le James et Méryl est plein d'acrimonie et de colère larvée, c'est bien rendu !

Si je peux me permettre toutefois, ton texte est vraiment desservi par ta ponctuation et ça peut perdre les lectrices et lecteurs ! Tu haches et étires beaucoup tes phrases ce qui finit par te porter préjudice.
Prenons par exemple ton premier paragraphe :

"Comme chaque matin précédent celui-ci, il y avait encore ce même raffut au sein même du Palais. "
-> Ici beaucoup de lourdeurs et une répétition, tu peux remanier un peu ta phrase tout en conservant son sens. Quelque chose dans le gout de " Comme chaque matin, le palais résonnait de son raffut habituel." ou peut être "Ce matin encore, un raffut assourdissant envahissait le palais.

" Une longue ligne de gens, entassés les uns derrière les autres, attendant que les portes du Bureau déignent enfin s’ouvrir. "
-> Attention à la concordance des temps, tu commences au passé simple et ici tu mets du participe présent, ça ne colle pas ! Il existe ds correcteurs gratuits en ligne qui peuvent t'aider à isoler ces petites erreurs par lesquelles nous passons toutes et tous !

" Les domestiques, dans l’habitude, zigzagaient entre les passants, cherchant à se frayer un chemin et espérant qu’enfin, cette vulgaire comédie cesse un jour, mais cela ne dépendait que du bon vouloir d’une seule et même personne : La princesse Méryl. "
-> N'hésites pas quand tu te relis, à imaginer que tu sculptes ton texte. Ton premier jet est une façon de poser plein de matière sur la page, tes idées en somme. La relecture peut te servir à travailler cette matière comme on sculpte une statue. Ca peut aider se demander si on peut dire la même chose avec moins : tout ce qui peut être retiré d'une phrase sans altérer son sens ou son impact est probablement inutile. Ici, trop de virgules, de propositions qui se répondent mal entre elles, ta phrase finit par boiter !

Sans la modifier, on peut déjà l'alléger en la scindant à l'aide d'un point :
" Les domestiques, dans l’habitude, zigzaguaient entre les passants, cherchant à se frayer un chemin et espérant qu’enfin, cette vulgaire comédie cesse un jour." <- Juste ici
"Mais cela ne dépendait que du bon vouloir d’une seule et même personne : La princesse Méryl. "

On souffle déjà un peu ! Néanmoins, tu peux choisir certains termes, qui vont épurer ta phrase et l'amener à quelque chose de plus fluide. Par exemple :
" Les domestiques, dans l’habitude, zigzaguaient entre les passants, cherchant à se frayer un chemin et espérant qu’enfin, cette vulgaire comédie cesse un jour."
Que dit ta phrase ? Les domestiques sont épuisés par l'agitation que provoque la princesse de façon quotidienne. Tu veux marquer le fait que cela se répète dans le temps en choisissant "Dans l'habitude" et "enfin" ainsi que "Cesse un jour". Tu insistes donc trois fois sur cette idée dans ta phrase. Ca fait beaucoup ! Imaginons que l'on enlève deux de ces trois éléments.

" Les domestiques zigzaguaient entre les passants, cherchant à se frayer un chemin et espérant que cette vulgaire comédie cesse un jour."

On trouve une phrase beaucoup plus simple, qui garde son sens, et transmet les mêmes sensations ! N'hésite pas par ailleurs à relire tes phrases à voix haute en marquant tes virgules, cela peut aider à sentir le rythme d'une phrase, et voir quand l'on en met trop ou pas assez.

Si tu connais quelqu'un d'un peu calé en français, n'hésites pas à entrer un peu plus en détail avec cette personne sur la mécanique derrière tes phrases, je pense que cela pourra t'aider énormément !

Tout cela étant dit, ne te décourages pas, écrire est un long apprentissage, et tu as déjà plein de qualités notamment celle de savoir commencer une histoire et poser des personnages intéressants, l'essentiel est donc la. ne te reste plus qu'a huiler un peu plus tes textes pour qu'ils gagnent en force et en fluidité ;)

Hate de lire la suite et de voir où nous emmène cette relation qui promet d'être tumultueuse !
ManonSeguin
Posté le 15/01/2023
J'étais tellement persuadée de t'avoir répondu que je m'apperçois que ce n'est pas du tout le cas !! Pardon !
En tout cas, mille merci pour ton commentaire. En fait, j'écris majoritairement sur un coup de tête et je publie ce que je fais sans correction ni relecture, mais j'ai copié ton commentaire dans un petit document et une fois le récit terminé, je pense que je lui ferais un sort :)

Par contre, mon pauvre, tu vas t'arracher les cheveux avec mon écriture car ça part vraiment dans tous les sens ! :)
Eska
Posté le 15/01/2023
Ah ! si c'est du premier jet alors, pas de soucis !
Je continuerais ma lecture en gardant cela en tête. Par ailleurs, pour avoir feuilleté un peu tes autres œuvres, j'ai pu constater qu'une fois corrigés tes textes n'avaient pas ces petites coquilles :)

Merci pour ta précision ! Mon cuir chevelu devrait rester tranquille du coup :D
ManonSeguin
Posté le 16/01/2023
Ahaha oui ! Après je sais que j'ai encore pas mal de défauts dans ma façon d'écrire mais j'essaye petit à petit d'y pallier :) En tout cas désolé encore si tu tires les cheveux ! :')
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