Chap 17. Attaque surprise

« Gallius Rax est mort, l'empire a signé la paix. Cessez de vous battre ! Gloire à la Nouvelle République ! »

Les mots raisonnaient dans les hauts parleurs des drones qui survolaient ça et là les décombres. Ici flambaient les derniers vestiges de ses souvenirs. Mais la fillette n'avait pas conscience du sens de tout cela. Car, malgré les déclarations des drones, elle n'avait pas senti d'accalmie. Depuis combien de temps errait-elle ici, seule ? Sa marraine n'avait jamais voulu se réveiller, et alors qu'une alarme avait retentit à nouveau, elle avait senti un adulte la soulever et l'emporter loin d'elle. La fillette s'était débattue, criant après sa marraine de toutes ses forces.


Mais les tirs des rebelles avaient totalement désintégré la place.


Et désormais, tout n'était plus que cendres.
« Petite, tu ne dois pas rester ici. Tu as quelque part où aller ? »
L'enfant avait regardé le vieil homme qui l'avait mise à l'abri, mais ne su trop que répondre. Où aller ? Elle se souvenait de ce qu'Eurydice lui avait dit, elle devait aller sur Arkanis. Mais Arkanis était tombée aux mains des rebelles, ça aussi, elle l'avait entendu.


Où aller ?


Le vieillard haussa les épaules face à son manque de réponse et partit sans dire un mot. En temps de guerre, peu de gens s'encombraient de compagnons de route pour fuir. Et alors qu'elle était là, seule, son ventre commença à crier famine. Depuis combien de temps n'avait-elle plus avaler quoi que ce soit ? Beaucoup trop longtemps. Elle avait su s'hydrater en attrapant ça et là quelques reliquats d'eau croupie, mais il était plus que nécessaire maintenant de se demander que manger.
Et surtout, où ?
Enael avait réussi à prendre quelques affaires sur le corps de sa marraine et avait glissé le tout dans les poches de sa tunique en espérant que cela pourrait lui être utile un jour. Elle descendit les escaliers de l'immeuble où on l'avait mise en sécurité et traversa la place en courant sans même regarder le tombeau détruit d'Eurydice, et s'engouffra dans une ruelle sombre.
Elle avait compris qu'en passant par ces petits chemins, elle risquait moins d'attaques si bien aériennes que terrestres et surtout elle passait bien plus inaperçue.
Partir...
C'était ce qu'elle devait faire
Mais partir où.
Loin... Le plus loin possible.
Les cendres volaient autour d'elle comme de la neige, ils avaient beau dire que la guerre était finie, le feu lui ne s'éteignait pas.
Il ne s'éteindra jamais, dans nos cœurs, il brulera toujours.
Elle trébucha dans les débris, autour d'elle tout n'était plus que désolation. Et pourtant, cette voix enthousiaste raisonnait encore :

« Gallius Rax est mort, l'empire a signé la paix. Cessez de vous battre ! Gloire à la Nouvelle République ! »

L'enthousiasme, elle ne l'avait ressenti que là.
Un jeune garçon, un adolescent était en train de se disputer avec une jeune fille. Elle ne perçu pas ce qu'il se disait, elle voyait juste la jeune fille lui tendre une arme. Il pleurait, elle aussi.
Elle continua à marcher sans trop s'approcher, regardant la scène d'un air sinistre. Le garçon avait pris l'arme, il pleurait toujours. La jeune fille avait pris son visage dans ses mains et avait déposé un baiser sur ses lèvres puis s'était écartée. Elle se tenait là devant lui, ils pleuraient tous les deux. Le garçon avait brandi l'arme sur la jeune fille tandis qu'elle faisait le salut impérial.
Puis, il tira.

« Gallius Rax est mort, l'empire a signé la paix. Cessez de vous battre ! Gloire à la Nouvelle République ! »

Le corps de la jeune fille était tombé sur le sol.
Et le garçon se retourna, pris d'un sanglot, alors, à genoux dans les gravats, il brandit à nouveau l'arme.
Sur sa propre tempe cette fois.
Et le coup partit.
Enael détourna le regard avant que le corps du garçon ne tombe à terre. Son cœur s'était serré, du haut de ses cinq ans, elle avait senti la tristesse venant de ses jeunes gens... Etaient-ce parce qu'ils étaient tristes que la guerre soient finies ?
Ils ne voulaient simplement pas vivre dans un monde sans empire...
Elle avait accéléré le pas, seul comptait maintenant de se trouver de quoi survivre encore un peu.
Et partir, le plus vite possible.
Elle traversa l'une ou l'autre rue déserte. Partout le même paysage encore et encore. Le sol était jonché de cadavre et les drapeaux de l'empire flambaient dans le ciel. Elle poussa délicatement la porte d'une maison qui lui semblait déserte et entra. La porte étouffa les bruits de l'extérieur.
Des gens avaient vécu ici.
Il y avait encore sur la table, disposé çà et là, de la vaisselle utilisée pour le déjeuner. La fillette se rua sur la table, agita le premier sachet de nourriture en vain, puis se rue sur une boite qui devait autrefois contenir des biscuits. Elle aperçut quelques miettes au fond et les fit tomber dans sa bouche, essayant de n'en louper aucune.
Elle mourrait de faim.
Sur le côté de la table, un reliquat de beurre était posé dans une bulle, elle l'attrapa et le porta à sa bouche compulsivement, qu'importe le goût et la consistance, ce qui importait, c'était se nourrir.
Manger.
Elle lança un regard vers les armoires de garde mangé qui se trouvait dans la cuisine, bien trop petite pour y accéder, elle réfléchit rapidement à un moyen de les ouvrir. Poussant une chaise contre le plan de travail, elle grimpa et, malgré sa petite taille, parvint à ouvrir les armoires.
Vides.
Elle prit alors le risque de se mettre sur la pointe des pieds, car souvent les gens avaient l'habitude de ranger des réserves au-dessus des étagères. C'est là qu'elle la vit, là, devant elle.
Une boite de biscuit, pleine.
Les yeux de l'enfant pétillèrent, elle sentait déjà ses papilles se réveiller, imaginant le goût délicieux du biscuit à la fois sucré et salé glisser sur sa langue.
Soudain, un bruit sourd la fit sursauter. Une porte s'ouvrit violemment dans la pièce à côté. Enael entendit des bruits de pas et des voix d'homme s'élever à travers les murs.
*Des rebelles*
Elle descendit rapidement de la chaise, regardant autour d'elle, elle sentait la peur l'attraper à la gorge et lui couper le souffle. La jeune enfant se souvenait de ce que lui avait dit sa marraine, elle ne devait jamais les voir, jamais les regarder dans les yeux.
Se cacher.
Elle chercha du regard une tanière où se faufiler. Par réflexe, le dessous de la table s'était imposé, mais l'enfant avait rapidement écarté cette possibilité.
Trop facile.
Son regard se posa alors sur un magnifique buffet en bois, se glissa telle une couleuvre vers lui et ouvrit délicatement l'armoire alors qu'elle entendait les voix se rapprocher. Il y avait peu de place, mais elle avait peu de temps.
Elle se glissa à l'intérieur et ferma doucement la porte, retenant son souffle alors que les rebelles pénétrèrent dans la cuisine....

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Maintenant

« Vous m'envoyez au bagne, Sloane ?? »

Le ton de sa voix trahissait sa colère et sa déception, Hux était là, serrant les poings, le regard brillant d'une lueur étrange. Sloane quant à elle, se tenait là devant eux, annonçant ce qu'elle attendait de cette mission.
Enael avait lancé un regard en coin au général, comment pouvait-il considérer la supervision de ce projet comme une sanction ? A ses yeux, c'était certes bien plus loin des hautes sphères du Premier Ordre, mais cela restait d'une importance capitale.
« Considérez cela comme vous le souhaitez, Hux » Commença Sloane sur un ton monocorde. « Tant que vous menez à bien cette mission, je me fiche totalement de ce que vous pensez. Cet ordre vient du suprême leader et doit être exécuté, que vous le souhaitiez ou non. »
Il ravala sa colère, son visage était déformé par la contrariété, mais il ne dit mot se contentant de regarder Sloane s'éloigner en silence.

« Considérez cela plutôt comme ...un dépaysement, général Hux.
- Je me passerai de votre avis, Pryde !
»
Pryde s'éloigna à son tour, ne manquant pas d'adresser un sourire narquois derrière lui. Enael sentit alors un frisson lui parcourir le dos. Était-il en train de se moquer d'eux?
* Tu le payeras cher mon ami, crois -moi. » pensa-t-elle en le fusillant du regard. Ses yeux auraient été des blasters, nul doute que Pryde tombait raide mort sur le sol.

« Et vous êtes contente j'imagine ? »
Enael sursauta quand la voix de Hux s'éleva à nouveau dans la salle. Ils étaient désormais seuls et il ne s'était même pas retourné pour lui adresser la parole.
« Je vous demande pardon ?
- Si vous n'aviez pas attiré l'attention sur vous encore une fois, je ne serais probablement pas obligé de vous servir de tuteur !
»
Elle écarquilla les yeux, choquée.
« Parce que vous imaginez que c'est de ma faute !?
- Parfaitement !
» s'exclama-t-il en faisant volteface. Commençant déjà à se diriger vers la porte.
« Je n'ai rien à voir avec ça ! Et contrairement à ce que vous pensez je n'ai besoin de personne et certainement pas de vous pour me débrouiller ! Par contre, vous, vous préférez laisser la besogne à d'autres et en récolter les mérites ! »
Ce fut au tour de Hux de s'arrêter net, lui lança un regard acide.
« Comment o...
- Vous êtes là à vous imaginer partir au bagne ! Est-ce comme cela que vous voyez les soldats qui consacrent leurs carrières à ce projet, à votre projet ? Sachez que c'est grâce à eux s'il voit le jour pas à vous !
- J'ai supervisé ses recherches.
- Et eux appliquent, pendant que vous vous tournez les pouces !
- Je ne vous permets pas !
» hurla-t-il, le rouge montant à ses joues.
« Alors dans ce cas, vous ne voyez aucun inconvénient à réviser vos troupes sur place et à les superviser comme on vous l'a demandé ! Le problème est donc résolu ! »

Hux était piqué au vif, il lui lança un regard méprisant. Il ne l'admettra jamais, mais il savait au fond de lui qu'elle avait raison. Son rôle de superviseur du projet comprenait également le contrôle des troupes et des travaux et pas uniquement la diffusion des ordres.
« Eh bien, dans ce cas, je vais dire à Opan que je transfère mon commandement sur le Donnagher et nous pourrons partir sur le champ, amirale ! Vous n'y verrez aucun inconvénient j'imagine ? »
Elle resta un instant là, bouche bée.
*Échec et mat* pensa-t-elle.
« Vous êtes en train de me dire que vous allez transférer VOTRE commandement dans MON vaisseau ? »
Hux lui adressa un sourire moqueur
« Oh allons, Spencer, ce n'est pas "VOTRE" vaisseau, mais celui du Premier Ordre. Il doit donc servir à sa cause. »
Et sans un mot de plus, il quitta les lieux.
* Pauvre type* pensa-t-elle, seule, avant de quitter la pièce.

Sentinelle - Bordure extérieure

 

Sentinelle était à l'image de son ancêtre. Située sur une lune avoisinante à l'Arme, elle était composée de mur froid en béton et de très peu de fenêtre. Un bunker gigantesque dont la superficie se calculait en centaine de kilomètres carrés. Alors qu'ils parcouraient les grands couloirs de l'édifice, Hux et Spencer avait reçu beaucoup d'informations au sujet des stations de soutien. Elles avaient été créées dans le plus grand des secrets, lorsqu'on avait fini par déterminer quelle planète allait accueillir l'Arme. Inhabitées, les lunes avaient rapidement été conquises, puis transformées, malgré des circonstances climatiques parfois très délicates. Quant à la planète en elle-même, la population n'avait eu comme possibilité que de se soumettre ou mourir.
Elle regardait en coin le lieutenant Gibbs alors qu'il continuait ses explications. Elle avait du mal avec l'idée d'avoir soumis un peuple entier au projet du Premier Ordre, mais elle avait lu dans les rapports que l'Arme était indispensable pour le bien de la communauté et faisait partie des projets du Suprême Leader. Celui-ci avait pour but ultime de rassembler les nations sous une seule bannière et d'en finir avec l'anarchie de l'époque post-impériale.

Et sur cela, elle lui donnait raison.

Malgré son jeune âge, les nombreux livres qu'elle avait parcourus lui avait donné preuve que l'empire avait eu le mérite d'apporter une stabilité importante dans la galaxie. Elle avait évidemment passé en revue les épisodes majeures de son histoire et bons nombres d'entre eux étaient des guerres. L'empire et Palpatine avaient apporté une discipline dont manquait l'ancienne république et les planètes de la bordure extérieure. Aujourd'hui, ils étaient tous là pour retrouver cette quiétude et cette harmonie. Les nostalgiques, comme les idéalistes.

« Sentinelle est la principale station de soutien, mais comme vous le savez, il y en a une sur chacune des lunes qui gravite autour de l'Arme. Forteresse, Rempart et Barrage sont des stations intermédiaires, mais elles sont tout aussi importantes pour l'acheminement de matériaux et les testes en temps réel.
- Pourrons-nous nous y rendre également ?
» lança Enael très enthousiaste à l'idée de découvrir la fourmilière à l'œuvre. Hux quant à lui, lui lança un regard méprisant.
« Évidemment amirale, mais avant cela je souhaiterais vous présenter les systèmes de défense.
- De défense ?
»
Le lieutenant hocha la tête.
« Ce n'est pas car ce projet est incognito que nous devons être imprudent. C'est une leçon que nous avons retenu de votre grand père. » Il marqua une pause avant d'ajouter. « Le grand Moff était un homme de génie, j'aurais été si fier de travailler pour lui. » soupira-t-il.
Enael ne répondit pas. Hux avait remarqué que le visage de l'amirale s'était directement fermé comme une coquille d'huitre et ses traits paraissaient extrêmement tendus.
« Oh, oui, nous le savons très bien » lança finalement le général pour couper court à la conversation. « De quels types de défenses disposons-nous ici ? » continua-t-il.
« Eh bien, des boucliers pare-canon ionique évidemment, les derniers cris. Mais aussi une artillerie légère au sol avec une portée assez limitée ainsi que de troupes prêtes à intervenir en cas de difficulté.
- Je suis ravi de voir que rien n'est laissé au hasard.
- Absolument rien, Général Hux. Venez, je vais vous montrer le poste de commandement.
» Le lieutenant semblait euphorique. Partager entre la fierté de montrer sa station et l'idée de se trouver en présence d'officiers qui pourraient parler de lui en positif pour sa carrière future au sein du Premier Ordre.
Enael s'était laissée distancer, plongée dans ses pensées elle n'avait pas remarqué que les deux hommes avaient accéléré le pas. Sur elle, les regards des techniciens et des officiers se posaient tels des aimants. Chacun la regardait avec insistance, se demandant si elle ressemblait à son grand père ou non, scrutant sa démarche et son regard. D'autres la saluèrent en essayant de capter son attention et déjà elle entendait des murmures lorsqu'elle les avait dépassés.
Elle sentait un poids sur sa poitrine qui rendait sa respiration difficile, mais faisant un effort considérable en se concentrant, elle parvint à garder le contrôle de son angoisse et fini par rattraper le duo. Si elle pensa que tout était désormais derrière elle, l'arrivée dans la salle de commandement la fit légèrement flancher.
Tous les soldats présents, qu'importe leurs grades, se levèrent à leur arrivée, les saluant à l'unisson.

Elle sentit une vague de fierté s'emparer du général Hux tandis qu'elle fut saisie d'une intense panique. Elle ne s'attendait pas à une telle ferveur de la part de ses soldats. Tous étaient là depuis des années, en retrait de tout le reste et l'idée de voir arriver à eux des officiers de l'extérieur semblait avoir plongé la station dans une intense joie. Elle avait alors pris conscience de la vie qu'ils vivaient ici depuis des années, oubliés de tous.
*Ils attendent beaucoup de nous* pensa-t-elle en regardant la salle autour d'elle.
« L'amirale et moi-même vous remercions pour votre accueil » fit Hux d'un ton confiant alors que Spencer fut surprise de l'entendre parler pour elle. Avait-elle paru si mal à l'aise que cela pour qu'il se sente obligé de prendre la parole de la sorte ?
La visite s'était poursuivie sans encombre, dehors une tempête faisait rage sur la lune et les techniciens avaient profité de l'occasion pour raconter quelques anecdotes croustillantes dues aux conditions climatiques, pour le reste le protocole avait été respecté du début jusqu'à la fin.

Rien ne semblait dysfonctionner ici.

Les heures avaient défilé à une vitesse effrénée et Enael avait eu l'impression d'être spectatrice de sa propre vie, elle avait côtoyé Hux sans vraiment lui adresser la parole de toute la journée, se cherchant parfois du regard sans vraiment se trouver. Lorsque leurs yeux se croisèrent, rapidement ils se détachèrent l'un l'autre par volonté ou simplement car les circonstances les y obligeaient.

Elle était désormais seule face à elle-même. Le brouhaha avait fini par s'éteindre lorsqu'elle avait rejoint le Donnagher à l'aire de stationnement. Même si la station regorgeait d'endroit où dormir, elle avait préféré son vaisseau à tout autre endroit simplement car il lui procurait un sentiment d'apaisement.

Elle se sentait en sécurité.
Tel un loup elle avait rejoint sa tanière sans avertir qui que ce soit. Lewis avait constaté sa fatigue et ne lui avait pas posé beaucoup de question sur sa journée ici et lorsqu'elle avait demandé à être seule, il n'avait pas discuté.
Debout devant la fenêtre, elle regardait l'extérieur. La tempête avait cessé et elle pouvait constater par elle-même que le lieutenant avait raison lorsqu'il lui avait parlé de la vue sur cette lune. Devant elle s'étalait l'espace à perte de vue et des milliers d'étoiles parsemaient le ciel sombre et contrastaient avec le sol poussiéreux et l'ambiance grisâtre de cette planète. A l'extérieur devait régner le silence.

Cette journée avait été épuisante.

Quand elle repensait à tout ça, elle se demandait ce que ces hommes et ces femmes vivaient au quotidien ici, en permanence, à se côtoyer. En avaient-ils marre d'être si loin de toute civilisation ? Avaient-ils des proches avec qui ils communiquaient de leurs stations ou avaient-ils fini par se couper du monde définitivement ?

« Vous êtes donc là. »
Elle sursauta lorsqu'une voix familière s'éleva derrière elle. Le général Hux se tenait là de toute sa hauteur et s'avança lentement vers elle, les bras posés derrière son dos, son long manteau suivant le rythme de ses pas.

« Vous allez à nouveau m'envoyer au lit, général Hux ? » lança-t-elle sur le ton du sarcasme.
« Cela dépend juste de ce qu'il y a dans votre verre. »
Elle lança un regard surpris par la répartie soudaine de Hux, et lui montra sa tasse de thé d'un air narquois.
« Du thé amer de Tarin ? » lança Hux, d'un ton étrangement surpris.
« Vous connaissez ?
- Il m'arrive d'en boire...
» répondit-il en regardant l'horizon. « ...Souvent.»
Spencer sourit à son tour, elle ne s'attendait pas à partager ce genre de point commun avec le grand roux.
« Vous ne restez pas dans la station ?
- Je préfère amplement mon vaisseau.
- Vous vous réfugiez...
»
Le visage de l'amirale se déforma dans une grimace malaisante, ce qu'elle détestait le plus chez lui c'était cette façon qu'il avait de la saisir sur le fait et de la mettre devant ses propres vérités.
« Si vous le dites... » lança-t-elle, refusant de s'avouer vaincue.
« Je vous ai vue tout à l'heure, vous sembliez mal à l'aise. Est-ce le fait que l'on mentionne votre grand père qui vous dérange tant ?
- Vous êtes bien curieux, général.
»
Hux haussa les épaules, finissant par croiser les bras. Ne cherchant pas davantage à titiller sa patience.

« Votre rapport sur l'affaire Cardinal, c'était... Un énorme risque. »
Enael était surprise de l'entendre parler de ça maintenant, elle ne s'attendait d'ailleurs pas à ce qu'il revienne sur le sujet un jour.
« Je ne l'ai pas fait pour vous . » lança-t-elle sur un ton monocorde, regardant le vide. Elle se souvenait encore des paroles malheureuses qu'ils avaient eu juste après ce conseil et elle n'avait pas l'intention de se dévoiler si facilement.
« Je ne pensais pas à cela ! » conclu Hux sèchement, et alors qu'un silence lourd se posa sur eux. Enael décida de poursuivre.
« Je voulais simplement que les choses soient justes... » souffla-t-elle, elle sentit le regard de Hux se poser sur elle, mais elle décida de ne pas lever les yeux vers lui. Glissant une main dans la poche intérieure de son uniforme, elle sortit alors une boite en fer blanc ressemblant fort à celle que portait les officiers, à l'exception qu'elle était bien plus fine.
« C'est tout ce qu'il me reste. » lança-t-elle en tendant la boite à Hux. Celui-ci hésita un instant avant de la prendre et de l'ouvrir, dévoilant son contenu.

Il n'y avait pas grand-chose si ce n'étaient que deux photographies.
Sur l'une d'elle, il reconnaissait facilement l'homme qui y était, svelte, les traits anguleux de son visage lui donnaient une grande sévérité. Ses traits semblaient être aussi durs que la pierre, alors que ses cheveux poivre et sel étaient coupés extrêmement courts. Son uniforme impérial était impeccable et il était assis sur un siège à regarder le bébé qu'il portait dans ses bras.
Sur l'autre, il s'agissait d'un couple dont la jeune femme était le portrait craché de l'amirale Spencer.
« Vous n'avez donc aucun souvenir de votre grand père ?
- De personne. J'étais un bébé quand...On m'a mise à l'écart.
»
Hux resta silencieux à regarder les portraits avec attention. Il réalisait que si son passé familial était pénible, le sien était cependant tout à fait inexistant.
Elle n'avait aucune racine.
Il referma la boite sur les photographies et la rendit à sa propriétaire sans un mot.
« Ne leur en voulez pas. Chacun de nous n'a entendu que les exploits de votre grand père.
- Ce n'est pas cela...
»
Hux haussa les sourcils.
« C'est juste qu'ils en savent bien plus que moi sur lui.
- Libre à vous d'inverser la tendance.
»
Enael leva finalement les yeux vers lui, sans savoir que dire.

« Général Hux !! »

Ils se retournèrent quand ils virent arriver le lieutenant Gibbs d'un pas hâtif.
« Nous avons des nouvelles de Forteresse ! » s'exclama-t-il essoufflé.
« Très bien, dites leurs que nous arriverons demain pour l'inspection ! » lança Hux d'un ton autoritaire.
Mais le lieutenant resta là, à reprendre son souffle.


« Ce n'est pas ça général, on a un problème, Forteresse nous lance un appel de détresse. Ils subissent une attaque. »

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MissRedInHell
Posté le 17/12/2020
Hey ! o/

Comme d'habitude, ces flashbacks sont vraiment durs. Suicide, mise à mort... Et tout ça vu par les yeux d'une enfant. Elle a vraiment enchaîné épreuves sur épreuves à ce moment. En tout cas, je compatis beaucoup pour elle ;-;

J'aime bien cet changement de rapports entre Enael et Hux. Une fois, ça passe. D'autres fois non. En même temps, vu comment tout a commencé, dur que tout vienne d'un coup et c'est super agréable de les voir vraiment interagir, être plus intimes l'un avec l'autre. :3

Pour les corrections :
- "mais ne su trop que répondre" > sut*
Enaelyork
Posté le 20/12/2020
Leur relation est une véritable montagne russe. En même temps, ils ont traversé tellement de galères l'un l'autre que c'est compliqué de vivre les interactions sociales sereinement
Merci pour les corrections :D
MissRedInHell
Posté le 21/12/2020
C'est aussi pour ça que c'est cool que ça se fait petit à petit :D

Je t'en prie o/
Cora Lee
Posté le 07/11/2020
Bon, j'adore qu'ils se renvoient la balle et qu'après, ils dévoilent quelques secrets et sentiments.
Je me suis trompée, ils vont garder le même équipage et leur idylle discrète tombe à l'eau...
Je suis très curieuse de savoir comme Enael s'en est sorti après la mort de sa marraine !
Enaelyork
Posté le 15/11/2020
Je vais dévoiler tout ce passé au fur et à mesure. Peut être même devras-tu attendre le tome 2 pour en savoir davantage sur ce qui s'est vraiment passé et sur ce qu'est vraiment l'origine de Spencer ;)
Cora Lee
Posté le 15/11/2020
Oui, il faut garder le suspense ! Je me demande si elle ne s'est pas retrouvée avec des rebelles quelques temps...
Oly.vier
Posté le 02/11/2020
Le passage sur le double suicide est très troublant ! Ça doit marquer un gosse d'assister à ce genre de "scène"...
Entre Hux et Enael, c'est clairement du "je t'aime... moi non plus" ? ou je n'ai rein pigé ?
Enaelyork
Posté le 02/11/2020
C'est tout à fait ce genre de relation.
Oui c'est horrible. Difficile à cet âge là de comprends pourquoi les gens en arrivent là :(
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