Chap 1 : L'empereur des Braises

Par Achayre
Notes de l’auteur : Premier jet brut, non retravaillé - 19 janv 2023

 

Mardi 9 mars 1897 - Londres

A toute heure du jour ou de la nuit, le dernier étage de l’arche inversée de l’Institut Driscoll dominait le quartier de Chelsea. Sertit entre l’Hôpital Royal et la Tamise, l'édifice en forme de fer à cheval supplantait la tour de l’horloge du Palais de Westminster. Une manière pour le Comte Oswald James Driscoll de rappeler aux parlementaires que son pouvoir prévalait sur le leur. D’autres promoteurs, peu avisés, s’étaient sentis pousser des ailes en déposant des dossiers pour des gratte-ciels à l’américaine. Un envol aussi bref que celui d’Icare, trahi par la cire versatile des cachets administratifs. Aucun officiel n’osait faire de l’ombre à Oswald. Seuls les dirigeables étaient autorisés à dominer l’institut, dans le ciel de Londres, et chacun d’entre eux arborait le nom de Driscoll sur ses flancs.

Certes, il se reconnaissait comme sujet de la reine Victoria, également impératrice des Indes, cependant, à l’âge de quatre-vingt-sept ans, Oswald Driscoll dirigeait son propre empire. Un groupe industriel éponyme dont les usines tournaient à plein régime, y compris dans des contrées farouchement opposées à la Grande-Bretagne. S’il ne régnait pas par droit divin, Oswald possédait une chose d’une valeur supérieure à un sacre : le brevet permettant la fabrication d’une source d’énergie jusque-là inégalée. Unique inventeur des Braises de Driscoll, leur exploitation à travers le monde lui rapportait des sommes indécentes. Argent qu’il investissait soigneusement dans des projets complémentaires afin de s’assurer une fortune colossale qu’aucun expert comptable n’aurait su chiffrer avec exactitude. Ses concurrents, pour le peu qui cherchaient à le défier, renonçaient rapidement tant il excellait à entraver leurs espoirs ou à s’approprier leurs idées novatrices.

Dehors, la nuit avait transformé le voisinage en un parterre de lumières éparses. Un fond d’air frais harcelait les passants, trempés par les pluies presque incessantes. Un inconfort que Pashupati Singh était ravi de ne pas ressentir. Depuis que l’indien de vingt-et-un ans travaillait pour la famille Driscoll, le nombre d’heures par semaines qu’il passait dans le froid ou sous une averse se comptaient sur les doigts d’une main. Le Comte Driscoll n’était pas un homme au grand cœur, mais l’on pouvait vivre confortablement dans son ombre, dès lors que l’on jouait selon ses règles. En tant que secrétaire du vieil empereur des affaires, Pashupati jouissait régulièrement de ses largesses.

— Pash, mets-nous un peu de musique, réclama le milliardaire.

— Oui, Monsieur.

Le jeune homme se rendit auprès du phonographe installé dans une niche de la bibliothèque et s’empressa d’y introduire le disque favori de son employeur. Le Comte Driscoll écoutait essentiellement du Wagner et portait une affection particulière à son opéra : la Walkyrie. Une œuvre dont il possédait un enregistrement de chaque acte, répartis en une longue série d’extraits. Pashupati n’aurait su dire combien de fois il avait relancé celui de l’Enchantement du Feu. Le disque, lui-même, montrait des signes de fatigue, à force d’être parcouru quotidiennement par l’aiguille de l’appareil.

Ce soir-là ressemblait à beaucoup d’autres. Le Comte avait congédié le reste du personnel et les deux hommes demeuraient seuls à l’étage. Enfin libéré du ballet continuel des employés et des courtisans, Oswald profitait de son journal, un CigAir aux lèvres. L’épais tube creux en aluminium bourdonnait à chaque inspiration. Ce gadget faisait partie de ses acquisitions les plus lucratives. Pour une raison officiellement inconnue, le taux d’oxygène dans l’air pointait à la baisse depuis une dizaine d’années. Un drame écologique qui avait poussé un homme brillant, mais sans le sous, à développer toute une gamme d’aides à la respiration. Une aubaine pour Oswald qui avait trouvé, là, l’occasion de se tailler une réputation de bienfaiteur à l'international, pour une somme modique.

Ces dispositifs avaient rapidement remplacé les cigares et autres cigarettes dans les poches des vestes de l’aristocratie et des bleus des ouvriers. Oswald tirait dessus par plaisir plus que par nécessité. Il appréciait la saveur de menthe poivrée, ajoutée aux volutes de la nouvelle série. Contrairement aux logements de ses employés les plus modestes, son bureau disposait d’une jauge individuelle qui indiquait en permanence la concentration en oxygène dans la pièce. Celle-ci pilotait une hélice élégamment intégrée dans la baie vitrée donnant sur sa terrasse privée. Au moindre signe de manque, le mécanisme se mettait en marche et assurait un apport d’air extérieur.

— Des rats ! s’exclama Oswald en faisant claquer son journal sur l'accoudoir de son fauteuil.

— Je préviens tout de suite le service d’entretien, Monsieur, s’empressa d’intervenir Pashupati, déjà lancé en direction du tube acoustique dédié.

Une dizaine de tubes en laiton étaient disséminés dans le bureau, chacun destiné à diffuser des ordres aux différents services répartis aux étages inférieurs. Le plus long d’entre eux parcourait l’édifice en forme de fer à cheval jusqu’à sa base, puis remontait dans la tour siamoise pour desservir l’appartement du fils d’Oswald. Raccourcie d’un étage par rapport à celle coiffée par son bureau, cette branche de l’Institut Driscoll rappelait symboliquement que son héritier demeurait sous la coupe du patriarche de la famille. James Oswald Driscoll était le candidat naturel à la succession de son père, mais, pour l’heure, il devait se contenter d’un rôle en arrière-plan.

— Pas ce genre de rats, se moqua le Comte. Je parle du président français et de sa cour de bourgeois endimanchés.

— Le président Faure m’a pourtant semblé être un homme charmant lors de votre entrevue, la semaine dernière.

Pashupati faisait mine de ne pas souffrir, mais le tibia du secrétaire avait terminé sa course en percutant l’angle de la table basse non-loin du tube qu’il cherchait à rejoindre. Déclamer des banalités à propos de leur visiteur lui permit de déguiser sa grimace de douleur en une expression d’étonnement.

— Il l’est, acquiesça Oswald, mais, alors que cet âne m’a abreuvé d’excuses pour faire baisser la contribution de la France à nos investissements, voilà qu’il parade à grands frais en tenue d'apparat.

— Indécent et mal venu, approuva le secrétaire en sortant son carnet.

— Notes que l’Institut Driscoll n’accordera que deux pourcents de réduction pour le second semestre, au lieu des cinq initialement proposés. Des garanties supplémentaires seront exigées et des terrains dans leurs colonies devront nous être cédés. Je déteste que l’on me prenne pour un con.

La vulgarité seyait à la langue du Comte Driscoll. Elle rappelait, sans ambages, qu’il avait mené une vie d’aventurier jusqu’à ses trente ans et son succès dans les affaires. On n’en attendait pas moins dans la bouche d’un homme qui avait traversé l’Amazonie en aérostat à une époque où cela relevait de l’exploit quasi suicidaire. De ce périple, Oswald avait ramené la formule qui serait à l’origine des Braises portant son nom, ainsi qu’une paire de balafres. Deux cicatrices parallèles qui barraient toute sa joue droite, à l’horizontal. Sans elles, son visage souffrait d’une singulière banalité.

— Puis-je vous suggérer une tasse de thé pour faire passer le goût de cette déconvenue ?

— Hum… non, pas d’eau de chaussettes à cette heure, grogna Oswald. Sors le Brandy et sers pour deux.

Pashupati savait que le Compte parlait d’une double dose à son usage personnel. Lors de sa première semaine de travail dans ce bureau, il s’était mépris et avait rejoint son employeur avec un second verre, pour lui. Le rire sardonique qui avait secoué Oswald, en le voyant faire, résonnait encore dans la mémoire du jeune indien. Jamais plus il ne se montrerait si innocent.

L’air d’opéra jouait fort au point que la vibration du cornet métallique du phonographe était visible à l'œil nu. Oswald Driscoll était un peu sourd et se fichait bien d’indisposer son entourage. D’une poigne ferme, il arracha le verre des doigts de son secrétaire.

— Réserve une table dans le restaurant du cinquième étage et informe le Premier Ministre que je l’attendrais pour midi et quart, reprit le milliardaire.

— Je vais contacter son cabinet. Il ne sera sûrement pas disponible, mais…

— … mais le marquis de Salisbury trouvera le temps d’être ponctuel à ma convocation, sans quoi il perdra sa précieuse place avant le souper, l’interrompit Oswald.

— Il en sera fait ainsi, opina Pashupati.

Leur échange fut interrompu par le passage d’un gigantesque dirigeable à une trentaine de mètres de la terrasse. A la vue de cet engin hors norme, le Comte s’extirpa de son fauteuil en grimaçant et clopina jusqu’à l’extérieur. Pashupati le regarda faire avant de lui emboîter le pas. Son employeur avait connu des heures plus glorieuses. Les nombreuses photographies, qui peuplaient les meubles dispersés dans le bureau, racontaient une jeunesse vigoureuse et aventureuse. De cette époque, il ne restait plus, sur le corps du vieil homme, que des stigmates. Ses muscles rongés par le temps, l’Oswald de dix-huit cents quatre-vingt-dix-sept se résumait à une carcasse sèche et boiteuse, tordue par les affres courants pour qui s’éternisait sur cette terre.

Il marqua une pause, le temps pour Pashupati de le dépasser et de tirer sur la poignée de la porte. Le cadre, contenant le grand panneau vitré de droite, coulissa dans son rail, au son de feutrines frottées l’une contre l’autre. Ce bruit subtil fut aussitôt écrasé sous l’oppressant vrombissement des turbines du dirigeable. De par sa forme particulière, l’Institut Driscoll offrait un place de choix pour y stationner de prestigieuses embarcations. A cette heure tardive, l’Aeliana, fleuron des dirigeables britanniques, amorçait ses manœuvres d'amarrage.

Des milliers de mètres cubes d’hydrogène, prisonniers de sept couches de toile, soutenaient une nacelle ouvragée avec audace. Véritable navire volant, capable d’amerrir au besoin, cette dernière reprenait les courbes majestueuses des bâteaux. Le bois rouge de sa coque était gravé d’arabesques complexes, rehaussées par des incrustations en laiton. A force de polissages successifs, le métal rutilait comme de l’or. Le ballon oblong, d’un gris perlé aux extrémités, était drapé d’une bannière rouge sombre, elle-même brodée du nom des Driscoll. Oeuvre d’art autant que prodige technologique, le géant du ciel se faufilait avec grâce entre les deux tours de l’institut. La mégalomanie d’Oswald ne connaissait aucune limite.

Derrière les hublots, Pashupati distinguait les curieux qui se bousculaient afin d’admirer l’architecture inhabituelle de l’édifice. Chaque passager devait peser si lourd dans l’économie européenne qu’un incident pousserait des villes entières à la ruine. Il existait, dans les bas quartiers, des gens qui espéraient qu’un tel événement tragique se produise, mais Pashupati, lui, rêvait de faire partie de ce monde où les convenances et les lois devennaient des concepts négociables.

— As-tu déjà vu quelque chose de plus beau ?

— Non, Monsieur, admit le secrétaire. Je ne crois pas avoir déjà mis les pieds à bord d’une telle merveille. Comptez-vous participer à la prochaine traversée ?

Le Comte Driscoll fut pris d’un rire méprisant.

— J’ai volé pendant des années. Suspendu dans le vide, dans des rafiots qui te donneraient des cauchemars. Que sais-tu de la peur que l’on éprouve, le cul posé sur le moteur de l’hélice à espérer qu’il ne rende pas l’âme avant l’heure ?

— Rien, Monsieur.

— Alors, quel plaisir prendrais-tu à te pavaner en sécurité, derrière moi, sur le pont de l’Aeliana ?

— Celui de marcher parmi les grands de ce monde, murmura Pashupati, incertain de pouvoir se permettre une telle familiarité.

— Tu ne dois pas rêver d’être dans les chaussures d’un autre, Pash, le réprimanda Oswald. La Vie te tient par la gorge, alors prend lui ce qu’elle te dois ou laisse-la t’étrangler.

La brutalité du conseil coupa le souffle au jeune homme. Orphelin, né à Bhopal, Pashupati s’estimait déjà chanceux d’avoir été recueilli par les œuvres de charité de l’Institut Driscoll. Au milieu des centaines de pupilles ainsi tirés de la misère, il s’était hissé à une excellente place, dans un pays aux antipodes de ses origines. Aucun autre orphelin de l’institut ne pouvait se targuer d’une réussite similaire. Malgré cela, aux yeux de son employeur, Pashupati restait un figurant sans envergure. La haine qui se mit à bouillir dans ses veines n’était pas dirigée contre Oswald, mais contre sa propre incapacité à s’élever au sommet du monde.

— Voilà ! ponctua le Comte Driscoll. Garde cette rage allumée dans le fond de tes yeux. Sers-t’en pour alimenter ta volonté de réussir. N’offre au monde que ce qu’il est prêt à t’acheter.

— Monsieur, je…

— …reste un serviteur dévoué, lui coupa-t-il à nouveau la parole. Crois-moi, j’en suis navré. J’étais persuadé d’avoir recruté quelqu’un capable de percer le plafond de verre qui l’écrase.

Dédaigneux à souhait, Oswald marcha sur l’amour propre de Pashupati jusqu’à son bureau. K.O. debout, ce dernier tremblait comme une feuille prise dans une tempête. Sa réussite ne valait rien. Le roi des employés de bureau ne portait qu’une couronne en papier.

— Mon parcours est exceptionnel, protesta Pashupati.

— Tu te contentes d’une victoire symbolique, sans voir qu’elle est futile. Nous reprendrons cette conversation demain matin. D’ici là, réfléchis bien : est-ce ton ambition qui est médiocre ou toi qui n’est pas capable de mieux ?

Modelé par des années d’éducation centrée sur l’admiration et la dévotion à la famille Driscoll, Pashupati ne parvenait pas à protester davantage. Tandis que son esprit s’épuisait à trouver des arguments implacables, ses pieds le conduisaient automatiquement vers la sortie. L’opposition entre ses actions et ses pensées lui étrillait l’âme. A croire qu’il était sous hypnose et assistait à la scène depuis un corps piloté par une conscience extérieure. Pashupati se vit ouvrir la porte et sortir du bureau du Comte, contre sa volonté. Une fois seul dans l’intimité de l’antichambre, le jeune indien se mordit l’intérieur de la joue jusqu’au sang. Ne pas revoir ses ambitions à la hausse reviendrait à accepter l’insulte proférée par son employeur. Mais comment faire, dans ce monde où chacun est appelé à rester à la place qui lui a été assignée ?

De l’autre côté de la porte, le phonographe jouait toujours le disque de Wagner. L’air d’opéra se diffusait dans plusieurs parties de l’Institut Driscoll via les tubes acoustiques. En cuisine, le chef d’astreinte nettoyait ses ustensils. En l’absence d’invités, il savait que ses talents ne seraient pas sollicités jusqu’au petit déjeuner. Plus bas, à la conciergerie, l’employé avait glissé un torchon dans le cône évasé à l’extrémité du tube pour ne pas être dérangé pendant sa sieste. Un choix qui lui vaudrait d’être limogé par son superviseur si ce dernier venait à l’apprendre.

A l’inverse de cet employé, le Comte Driscoll ne prévoyait pas de fermer l'œil de si tôt. Son dos lui faisait souffrir le martyr s’il avait le malheur de s’allonger. Il resterait donc dans son fauteuil jusqu’à ce que l’épuisement se charge de l’endormir, le front sur une pile de documents. Son CigAir à la bouche, Oswald reprit la lecture du Petit Parisien, un quotidien français qu’il recevait avec à peine une demi-journée de retard sur sa publication. L’article à propos de la parade du président Faure l’ayant mis de méchante humeur, il froissa la page et la jeta hors de sa vue. Un encart publicitaire attira son attention. Il y était question d’une foire scientifique qui se tenait actuellement à Paris. Inspiré par le succès de l’Exposition Universelle de dix-huit cents quatre-vingt-neuf, ce genre d’événement se révélait parfois un excellent vivier dans lequel piocher de nouvelles innovations. Oswald entoura la publicité en rouge, avec l’intention d’y missionner l’un de ses experts.

Un courant d’air fit rouler la boule de papier froissé et distilla sa déplaisante fraîcheur entre les pieds du Comte. Le vieux milliardaire avait abandonné ses souliers vernis pour le confort d’une paire de pantoufles garnies de laine de mouton, et pourtant, il eut la sensation qu’une bête sournoise lui mordait les orteilles. Son premier réflexe fut de foudroyer du regard la porte menant à l’antichambre. Pashupati n’était plus là pour se faire réprimander.

— Pash, la baie vitrée ! vociféra Oswald. Elle ne va pas se refermer toute seule !

Malgré l’évidence énoncée, le Comte fut surpris d’entendre glisser la feutrine de la porte donnant sur la terrasse. Quelqu’un venait d’écarter le panneau de verre, juste assez pour introduire son buste dans la pièce. Au même instant, Pashupati fit irruption dans le bureau. Occupé à ruminer le sermon de son bienfaiteur, avant de regagner son appartement, il avait perçu son appel derrière la musique.

Sur sa droite, il découvrit la présence d’une silhouette masculine inconnue. L’homme braquait un tube en bois en direction du Comte. Les cheveux et le bas du visage de l’intrus étaient dissimulés sous un carré de tissu brun. Pashupati ne put voir que ses yeux noirs et froids. La détermination qui en émanait suffit à tétaniser le secrétaire. L’intrus fit passer l’extrémité du tube sous son masque et souffla dedans.

Une longue aiguille creuse traversa le bureau en un battement de cils et se ficha dans le torse d’Oswald. Son forfait accompli, l'agresseur battit en retraite sans prononcer un mot. Pashupati se précipita auprès du blessé et l’aida à se redresser.

— Monsieur, vous allez bien ?

Loin de se laisser abattre, le Comte attrapa le morceau d’aiguille qui dépassait de sa poitrine et tira pour l’en extraire.

— L’Amazonie, murmura-t-il, terrifié, en étudiant le projectile primitif dans la paume de sa main. Comment est-ce possible ?

— Monsieur, répondez-moi, lui hurla Pashupati.

— Impossible ! Ils sont tous morts, affirma Oswald en prenant son secrétaire à témoin.

— Je ne sais pas de quoi vous parlez, Monsieur. J’appelle un médecin.

Bien que la blessure parut insignifiante, à prime abord, le Comte fut soudain pris de spasmes. Pashupati se persuada que son employeur venait d’être exposé à un puissant poison et se rua sur les tubes acoustiques. Par erreur, il cria dans celui qui débouchait à la conciergerie, mais n’obtint aucune réponse. Le tube pour contacter l’infirmier se trouvait juste à côté.

— De l’air… supplia Oswald.

Tel un poisson hors de l’eau, le Comte s’efforçait de trouver l’oxygène indispensable à sa survie. Il sortit deux CigAirs, du tiroir de son bureau, et se mit à aspirer leur contenu. Rien n’y fit, la douleur ne disparut pas.

Pashupati se retourna, attiré par une odeur âcre de fumée. Celle-ci provenait de son employeur. Une flamme avait fleuri au milieu de son torse et s’étendait en dévorant ses vêtements et sa peau. Cinq secondes plus tard, il prenait feu de la tête au pied et se consumait telle une torche humaine. Les cris de douleur s’arrêtèrent bien avant la combustion. Ainsi s’éteignit le Comte Oswald James Driscoll, l’empereur des Braises.

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ClementNobrad
Posté le 13/02/2023
Bonjour Achayre,

Jolie petite entrée en matière. L'ambiance est prenante et ce roi des Braises bien antipathique ! Avant qu'il ne se prenne sa flèche venue droit de l'Amazonie, je trouvais son passé trop mystérieux pour ne pas être saupoudré d'animosité. Son voyage et sa découverte de la source de sa richesse ne pouvait être qu'issus que d'une magouille ou la morale du personnage a du faire fi des peuples sur place. Pas étonnant qu'il ait laissé des rancœurs et des ennemis derrière lui :)

Tout ça se lit très bien, tu nous happes rapidement dans ton monde et ton intrigue. On devine toutes les intrigues qui s'offrent à nous, le jeune secrétaire trouverait il là le moyen de faire voler en éclats le plafond de verre de ses ambitions? C'est l'occasion !

Hâte de découvrir tout ça

Je suis sur telephone, j'ai pas réussi à relever toutes les coquilles que j'ai vues. Je te fais part juste des dernières :


"Orteilles" > orteils

"Dix huit cents...." > pas de S car le nombre n'est pas fini après (par deux fois)

"ustensils" > ustensiles

Au plaisir de lire la suite
Achayre
Posté le 16/02/2023
Hello :) Désolé pour ce retour tardif, mais la fatigue est forte cette semaine.
Merci pour ton commentaire. Content de voir que mon style est toujours aussi attirant.
A chaque nouveau projet, je me lance dans quelque chose de plus gros et plus complexe. Cette fois, j'ai mis la barre haute alors j'ai du réduire le rythme des publications afin de pouvoir traiter l'univers correctement.

Au plaisir de se croiser à nouveau :)
TiteTeigne
Posté le 26/01/2023
Et bien, un nouveau monde, une nouvelle histoire, de nouveaux personnages ! Une fois teasé, j'attendais de lire ce nouvel opus avec impatience et enfin me voici devant mon écran.
Pour le monde déjà, on est tout de suite immergé dans les folies industrielles. On y dénote que l'auteur a su méler des éléments historiques avec des idées tout droit sorties de son imagination florissante. Une saga mécanique et écologique dans un siècle des grandeurs, cela m'intrigue ! D'autant plus que la narration commence sur les chapeaux de roues. Un meurtre dès le premier chapitre, on est tout de suite happé. Richesse, écologie, pouvoir... Que des éléments bien imbriqués pour nous attraper dans les mailles du filet. Il va encore falloir attendre chaque semaine pour la suite !!
Deux personnages se dessinent, déjà bien cernés et placés au coeur de l'histoire. D'autres apparaissent, encore un peu mystérieux. Des petites préférences s'installent et je ne peux qu'esquisser un sourire au décès du plus détestable. Mais en même temps, quoi de plus intriguant que sa mort au vu des éléments dévoilés ? On en veut plus et c'est donc un premier jet bien amené ! Je note la référence de l'Aeliana ;) Cette nouvelle épopée me fait penser au dessin de Lady Mechanika et j'ai hâte d'en lire plus. Je ne relève pas de points précis, juste que cette première accroche a fait son job sur moi :) Bon début et bon courage pour la suite !

Et deux petits points :
- alors prendS lui ce qu’elle te doiT(s)
- la sensation qu’une bête sournoise lui mordait les orteil(le)s.
Achayre
Posté le 27/01/2023
Merci m'dame :)
Content de te revoir par ici.
Cette aventure sera très différente de la précédente et la méthode de travail également. Je fais beaucoup plus de préparatifs ce qui me prend pas mal de temps. Il y a également un univers bien plus grand et complexe à construire et décrire donc les chapitres vont sortir un peu moins vite :)

A bientôt
Vous lisez