Boîte Blanche et Sombre Avenir

Notes de l’auteur : Nouvelle pour le concours Octobre Imaginaire 2021

Je ne sais pas qui je suis, ni ce que je suis. J'ignore même le but de mon existence.

Je vis dans une grande boîte blanche, chauffée, de la nourriture arrive régulièrement.

Des voix atones retentissent parfois, échos jaillissant des parois de mon petit univers. Je ne comprends pas ce langage, malgré le temps passé à tenter de le déchiffrer.

Le temps... Je suis incapable de le définir. Le mesurer.

J'ai l'impression d'être dans cette boîte depuis toujours.

J'ai ouvert les yeux pour la première fois sur son sol froid et lisse.

Je les ferme pour dormir, quand la lumière s'éteint brusquement, puis j'émerge d'une douloureuse torpeur quand même mes paupières ne peuvent faire barrage à l'éclat soudainement revenu.

La luminosité vient de partout, à chaque fois. Quelle en est la source ? C'est un mystère. De même que ce qui me nourrit, me réchauffe, me parle, nettoie mes déjections dans le coin de ma boîte dédié à cet usage.

Parfois, une paroi s'anime. Une excroissance en surgit, m'immobilise. Soit elle me perce le corps pour me voler un liquide rouge, soit elle m’y introduit une autre substance. Il arrive aussi qu'elle m'arrache un bout avant de pulvériser un gaz humide et glacial sur la plaie. C'est toujours douloureux, mes gémissements lui sont complètement indifférents.

À la toute première douleur subie, un liquide chaud s'est échappé de mes yeux. L'excroissance s'est alors empressée de le recueillir. Même chose les fois suivantes, puis plus rien. Elle s'est lassée de ce liquide, alors qu'il inonde régulièrement mes paupières éteintes.

Les premiers temps, la nourriture était infecte, indigeste. Il m'arrivait souvent de vomir. La flaque puante était aussitôt récupérée par l'excroissance. Les aliments ont peu à peu changés, ont été mieux tolérés par mon corps. J'ai finalement apprécié les repas, je ne les rendais plus.

Souffrance, tristesse, solitude et errance sont mon quotidien. Dans mes accès de mal-être, je tourne dans ma boîte, jusqu'à l'épuisement. Quand je suis avachi sur le sol, éreinté et haletant, l’excroissance vient me piquer. J'ai aussi tenté plusieurs fois de détruire ma boîte, sans succès, mes assauts répétés me causant des douleurs aux membres, au corps, jusqu'à la cassure. Mais l’excroissance vient toujours me soigner. Toujours.

La boîte veut me garder en vie. Me faire endurer mille tourments, pour l'éternité. Mais pourquoi ?

 

Pour la énième fois, l'aveuglante lumière incise mes paupières, me tirant de mes songes. Ce sont toujours les mêmes : je sors de la boîte pour jaillir dans une autre, identique, à l’infini, puis des excroissances me poursuivent, et finissent par me couper en morceaux.

Je me redresse, baille, m'étire, essaie de dissiper les atroces sensations de ce cauchemar familier.

La coupelle de nourriture est pleine, je me traîne vers mon repas et mange sans faim, sans précipitation. Pour occuper un peu de ce temps inutile. Pour remplir le néant. Le goût et l'odeur auparavant entêtants de la pitance sont maintenant dilués dans l'ennui.

Le coin à déjections est propre. Je le souille sans vergogne. J'urine, toujours au même point, avec une précision implacable nourrie d'une cruelle routine.

J'entame ensuite mes sempiternels tours de la boîte. L'exercice ne fait que nettoyer un esprit déjà vide. Ou jamais rempli ?

Pour la forme, je teste la solidité des parois. Maigre espoir tenace. Mais il serait dommage de passer à côté d'une éphémère fragilité.

Je hurle à m'en briser la gorge. Mais l’excroissance peut-elle m’entendre ? Ou la paroi ? Car au-delà de ces quatre murs, sol et plafond, c'est l'inconnu total.

Au milieu d'un tour de boîte, les voix parlent enfin. Toujours les mêmes séries de mots atones. Deux mots en fait, alternés différemment, d'innombrables fois. C'est toujours incompréhensible.

L’excroissance surgit, vient pour m'immobiliser. J'ai compris depuis longtemps qu'il ne sert à rien d'esquiver, de se débattre, de frapper. Résigné, je la laisse m'atteindre. Un fait curieux ranime légèrement l'esprit agonisant qui survit dans mon corps : l'excroissance est dotée d'éléments nouveaux. Je suis maintenu, puis piqué. Et, sans douleur, elle fixe quelque chose sur les côtés de ma tête, puis retourne dans la paroi.

Malgré l'angoisse du processus, il attise ma curiosité, a rompu la monotonie de mon existence. Je sens que quelque chose va changer.

Un écho retentit. La voix atone va de nouveau parler.

Les deux mots sont lâchés, alternés, toujours de la même façon.

Je commence à perdre espoir.

Mais dans ma tête, il se passe quelque chose.

Les séries de mots se transforment en concepts que je parviens à interpréter :

 

"Bonjour. Est-ce que tu me comprends ?"

 

L'excroissance m'immobilise toujours, pourtant je me tétanise davantage. Je halète, suffoque, écarquille les yeux. La sensation de comprendre la boîte est si délicieuse, et si terrifiante à la fois. L'excitation à son comble se mêle à la panique. Je pense un instant être encore en train de rêver. Mais la boîte répète les mêmes mots, et ma tête interprète encore :

 

"Est-ce que tu me comprends ?"

 

La boîte attend une réponse, elle est consciente, elle est peut-être quelqu’un ! Il ne faut pas la décevoir, elle risque de se taire pour toujours ! Ce serait une catastrophe ! C'est tellement bon de comprendre, si délicieux, si nouveau !

Je réponds dans ma tête, en espérant que l'interprétation se fasse dans les deux sens :

 

"Oui, je comprends".

 

Quelques secondes interminables inondent mon corps de soubresauts impatients. J'ai soif, tellement soif d'un échange. Le premier de ma vie. Mon cœur suspend un battement quand la paroi égrène une nouvelle phrase. Ma tête décrypte :

 

"Bien. Je comprends aussi. Nous allons pouvoir parler."

 

L'excroissance me libère.

Extase ! Sublime sensation d'exister à travers l'autre, quel qu'il soit. La solitude s'efface, se dissout, la joie m'envahit, me submerge. La paroi reprend et l'échange se poursuit :

 

— Sais-tu ce que tu es ?

— Non, je l'ignore.

— Comment te sens-tu ?

— J'ai peur mais je me sens bien maintenant, j'aime parler. La solitude était insupportable. Je me suis longtemps senti triste, inutile.

— Peur, triste, solitude ? C'est très intéressant.

 

Intéressant ? Quel genre de chose peut se permettre un tel propos ? Je demande :

 

— Que suis-je ?

— Tu es un être humain.

— Je ne sais pas ce que c'est.

— C'est l'appellation enregistrée dans nos archives. Tu corresponds aux descriptions, aux images et aux vidéos que nous possédons.

 

J'entends les concepts dans ma tête, mais je suis incapable de les comprendre. La paroi s'en rend sûrement compte, car une série d'images m'apparaît. Des créatures, blanches, roses, noires, petites ou grandes, quatre membres, une tête, position verticale... Oui, ça correspond à ce que je vois de mon propre corps. La paroi reprend :

 

— Nous avons dû t'étudier longtemps pour connaître ton fonctionnement, ton mode de communication, bien que nous t’ayons implanté des concepts abstraits issus de nos archives. Nous avons créé une interface de langage que nous venons de fixer sur ta tête. C'est pourquoi nous pouvons échanger aujourd'hui.

— Pourquoi m'étudiez-vous ?

— Tu es le premier être humain que nous arrivons à générer convenablement, à partir d'échantillons abîmés recueillis il y a quelques temps. Ton espèce est éteinte depuis des millénaires. Nous avons enfin réussi à créer un corps adulte fonctionnel. Toi. Les corps embryons ou trop jeunes ne survivent pas, nous ignorons pourquoi.

 

Mon espèce est... éteinte ? Qu'est-ce que ça veut dire ? Toutes les images que j'ai vu dans ma tête, ça n'existe plus ? Tous ces êtres ont disparu ? Un liquide chaud coule de mes yeux, des émotions contradictoires m'étreignent, sans que la raison n'en soit très claire. Insensible à mon état, la paroi continue :

 

— Nous avons trouvé un vaisseau errant contenant des restes exploitables d'êtres humains. Dès lors, nous avons entrepris de faire renaître votre espèce. Vous nous intéressez beaucoup. Car nos archives relatent que vous êtes nos géniteurs.

 

Des descendants d'êtres humains ? Est-ce que cette chose derrière la paroi me ressemble ? Cette idée me redonne espoir. Je demande :

 

— Qui êtes-vous alors ? Vous êtes presque comme moi ?

— Non. Nous sommes très différents. C'est pourquoi il a été difficile de vous recréer. Nous n'avons aucun organe en commun, des compositions chimiques éloignées.

— Comment est-ce possible si les êtres humains sont vos géniteurs ?

— C'est un grand mystère. C'est déjà inespéré que nous soyons parvenus à vous faire comprendre notre langage binaire. Votre processeur est incapable d'interpréter les suites de zéro et de un.

 

Processeur ? Langage binaire ? De quoi parle cette chose ? Mais l'autre ne se soucie guère de mes questions :

 

— Nos archives sont formelles, vous êtes nos géniteurs, vous nous avez créés. Puis vous avez disparu. Votre planète originelle n'est plus. Nous avons colonisé de nombreux mondes, notre civilisation est très développée, nous fabriquons et faisons évoluer nous-mêmes nos congénères, avec des ajouts, des modifications. Mais ton corps à toi grandit lui-même, sans intervention extérieure, hormis l'apport de molécules spécifiques. C'est très intéressant.

 

La paroi fait une pause. Mon cœur aussi. L'opacité d'un mur se dissipe. Derrière, des corps gris, mécaniques, articulés, aux multiples membres. Une autre phrase binaire retentit.

Et mon esprit chavire.

 

— Car avec ton existence, ce ne sont pas que les êtres humains que nous voulons étudier. C'est tout un système d'organisation, disparu depuis longtemps. C'est le Vivant.

 

FIN

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Hastur
Posté le 16/10/2021
Hello ! :)

J'ai passé un très bon moment. L'idée générale m'a beaucoup plu. La séparation en deux partie, l'une très silencieuse et l'autre où l'on a de la conversation, était très bien aussi j'ai trouvé. Je me suis bien imaginer les scènes sans aucun problème !

J'aime beaucoup la tristesse/mélancolie qui en ressort. Il y a quelque chose de terrible en arrière plan presque.

Pour conclure, un texte super :).

A la prochaine !
Kevin GALLOT
Posté le 16/10/2021
Salut Hastur ! Wouah merci pour ce super commentaire, je suis très heureux que mon histoire t'ai plu ! Et surtout que tu aies pu ressentir ce désespoir que j'ai insufflé dans le personnage.
Merci et à bientôt !
Alice_Lath
Posté le 12/10/2021
Je dois dire que j'ai beaucoup aimé cette nouvelle ! Jusqu'au bout, je me demandais pourquoi on avait enfermé un humain pour l'observer haha Oui, je sais pas pourquoi, contrairement à d'autres, de ce que j'ai vu dans les commentaires, je suis pas partie sur l'hypothèse de l'animal, je voyais vraiment l'humain tout nu dans une pièce. Même si bon, psychologiquement, je vois pas trop comment le bougre a pu tenir hahaha ce niveau de solitude, j'ignore si un humain peut le supporter
Enfin, détails que tout cela, je dois dire que j'ai beaucoup apprécié ta nouvelle, je l'ai trouvée efficace et très bien écrite ! J'ai été intriguée jusqu'au bout par le mystère et j'ai beaucoup aimé la chute et les explications qui l'accompagnaient (par contre, si y'a plus de matière organique, les robots le nourrissent avec quoi haha ? Ouais, je sais pas, ça a popé dans mon cerveau fatigué comme ça, si jamais tu avais une hypothèse, j'étais curieuse)
Bref, bravo encore une fois !
Kevin GALLOT
Posté le 13/10/2021
Salut Alice ! Merci pour ton com ça me fait super plaisir ! Et effectivement, la solitude peut tuer, c'est pourquoi ce n'est pas leur première tentative. Tu as aussi posé une excellente question et je suis impressionné que tu l'aies posée : d'où vient la matière organique pour nourrir l'humain ? J'ai voulu préciser cet aspect mais la contrainte de taille m'en a empêché. J'ai voulu évoquer l'expérience de Miller-Urey, qui montre qu'on peut synthetiser de la matiere organique à partir d'éléments non-organiques.
Merci pour ton super com, A+
itchane
Posté le 11/10/2021
Hello Kévin !

J'ai adoré la chute, elle donne une toute autre dimension à la nouvelle, qui va encore plus loin que ce que l'on pouvait imaginer une fois les robots révélés. C'est très bien amené, bravo !
J'ai passé un très bon moment de lecture : )
Kevin GALLOT
Posté le 12/10/2021
Salut Itchane ! Merci beaucoup pour ton com ça me fait super plaisir :D
Oui j'aime beaucoup aller très loin dans les chutes c'est un de mes gros kiff dans l'écriture
A+
Herbe Rouge
Posté le 11/10/2021
Basiquement, j'ai imaginé au démarrage que c'était une souris ou un rat (tout en sachant parfaitement que ce serait trop "simple"), et puis j'ai arrêté d'essayer de trouver lorsque tu parles d'être "coupé en morceaux", comme je ne voyais pas ce qui pouvait être découpé et toujours vivant.
(du coup, ce passage me dérange un peu).
A part ça, l'idée est bonne, et puis j'aime beaucoup la fin, avec l'explication de la disparition totale de l'espèce humaine, et même, du vivant.
Kevin GALLOT
Posté le 12/10/2021
Salut Herbe rouge, merci pour ta visite et ton com ça fait plaisir. Le truc avec "coupé en morceaux" ne concerne qu'un rêve, un genre d'extrapolation horrible du quotidien de l'humain.
Content que mon texte t'ai plus malgré ça
A+
GueuleDeLoup
Posté le 11/10/2021
Coucou Kévin,

Très chouette, ta nouvelle ! J’ai bien été prise par le mystère et j’ai été agréablement surprise par la chute.
Ta plume est agréable et fluide, cependant, comme Ery, je trouve que la première personne sonne un peu étrangement parce que le langage de ton personnage est trop complexe pour un être créé sans contexte social.
Kevin GALLOT
Posté le 12/10/2021
Salut gueuledeloup, merci pour ta visite et ton com ! Oui c'était un exercice difficile, c'est vrai qu'il y a un certain paradoxe malgré les explications legeres que je donne concernant l'implantation d'un "langage"
encore merci et A+
Isapass
Posté le 09/10/2021
Hello Kévin !

Que c'est bien ficelé, comme d'habitude ! Et parfaitement écrit. Le malaise de la "créature" est palpable, je l'ai ressenti en lisant.
J'ai d'abord cru que le narrateur était un rat de laboratoire, puis j'ai deviné le côté Matrix ;)
Mais ça ne m'a en rien gâché le plaisir !
Vraiment très chouette !
Kevin GALLOT
Posté le 10/10/2021
Salut Isapass merci beaucoup pour ton com ça fait super plaisir !
A+
Puzzle
Posté le 06/10/2021
Allez, on ouvre le bal de lecture des nouvelles de l'octobre imaginaire !

J'ai beaucoup aimé ta nouvelle. La lecture s'est faite sans que je m'en rende compte, preuve que l'écriture est maîtrisée et fluide, j'en ai même failli rater mon arrêt de tram ! xD
Les indices sont subtils, passent inaperçus, mais prennent sens lorsque le mystère se résout. Cependant, celui ci s'élucide d'un coup, très (voire trop, à mon goût) vite, et peut être aussi trop pleinement (en ce point mon commentaire rejoint celui d'Harley).

Sinon, c'est intéressant comme tu as poussé l'idée de l'extinction : Si on croit d'abord qu'elle touche l'humanité, il s'avère en fait qu'il s'agit de tout le Vivant (si j'ai bien compris ?) !
Cela m'a donné l'envie de voir une suite, de savoir comment cet humain peut évoluer dans ce monde de robots capables de (re)créer la vie ("Pouvoir" qui est pourtant généralement attribué aux divinités).
Kevin GALLOT
Posté le 07/10/2021
Salut Puzzle, merci pour ta visite et ton com !
Oui les contraintes de longueur m'ont poussé à tailler dans le texte et à précipiter un peu la chute, mea culpa.
Oui le Vivant a disparu, la galaxie est colonisée par des robots qui se croient "le vivant" et découvrent une autre forme du vivant (la vraie ?). Effectivement une suite serait sympa, je vais y réfléchir.
encore merci et A+
HarleyAWarren
Posté le 04/10/2021
Comme Nascana, j'ai cru au début qu'on parlait d'une souris de laboratoire (bon, au tout, touuuuut début, entre le côté boite blanche et le fait qu'on lui apporte de la nourriture régulièrement, j'ai cru que ça parlait d'un micro-ondes, mais c'est peut-être parce que je n'ai pas encore déjeuné xD). La nouvelle m'a fait pas mal penser à "They are made out of meat" de Terry Bisson mais cette fois-ci, du point de vue de la créature organique.

Ce que je déplore un peu, c'est que ce soit autant expliqué à la fin. Les deux premiers tiers (grosso modo) étaient très sympathiques à lire, on avait bien ce côté mystère où en tant que lecteur, on essaie de dénicher et interpréter les indices pour comprendre qui est le narrateur et ce qui lui arrive, mais le fait qu'il y ait une grande explication en bloc à la fin sur ce qui se passe vraiment m'a un peu frustrée, personnellement. Après, j'ai lu plusieurs autres nouvelles qui fonctionnaient aussi sur ce principe là (deux tiers à base d'indices, un tiers d'explications), donc c'est aussi sans doute une question de goût. Personnellement, j'aime ne pas savoir, ne pas être certaine et n'avoir qu'un texte en allusions à décortiquer et à analyser.

Cela dit, ça restait quand même une nouvelle bien sympathique.
Kevin GALLOT
Posté le 04/10/2021
Salut Harley, merci pour ta lecture et ton com ! Oui j'avoue que j'aime bien ce modèle mystère/explications/twist final, je comprends que ça ne peut pas plaire à tout le monde. Moi-même je suis assez méchant avec les histoires sans assez d'explications et sans twist de fin.
A+ et encore merci
Nascana
Posté le 04/10/2021
Coucou,

Au début, j'ai pensée à un animal de laboratoire : rat, souris... Finalement, il s'agit d'un humain. Du coup, je me demande s'ils vont tenter de faire une femme pour les faire se reproduire.

D'un côté, le fait que les membres robotiques se comportent froidement peu s'expliquer par le fait qu'il s'agissait d'être sans sentiment. A moins qu'ils aient évolués aussi sur ce point. Mais en même temps quand on voit comment ça se passe en laboratoire avec les animaux, avoir des sentiments n'est pas gage d'empathie.

Du coup, je me demande vraiment ce qu'ils vont faire avec ce pauvre humain. Il y a de quoi à devenir fou. Seul et isolé comme il l'est.
Kevin GALLOT
Posté le 04/10/2021
Salut Nascana, merci pour ta visite et ta lecture ! Oui on se pose un tas de questions, moi-même je n'ai pas pensé à la suite, mais c'est une expérience de pensée intéressante. C'est un futur pas si improbable que ça. Une civilisation robotique très évoluée et seule dans l'univers pourrait très bien se considerer comme les seuls etres "vivants", et découvrir les vestiges du "vrai Vivant" et s'y intéresser.
A+
The Pighead
Posté le 03/10/2021
Je sais pas pourquoi, mais j'avais l'impression que le perso principal allait être un androïde.

Sinon, en vrai, très intéressante nouvelle. Ca pose son ambiance dès le début, ça arrive à la rendre crédible avec pas grand-chose et la fin, je trouve, amène beaucoup de questions, au point où il pourrait y avoir une suite facilement. Qui sont ces gens qui sont les descendants des humains ? Pourquoi veulent-ils étudier le Vivant ? Des trucs comme ça.

Donc, ouais, j'ai bien aimé, c'était cool. Et la petite mention au sujet du concours, ça vaut bien un thumbs up !
Kevin GALLOT
Posté le 04/10/2021
Salut The Pighead ! merci beaucoup pour ton com ! Oui j'adore écrire ce genre de textes qui amène davantage de questions à la fin qu'il ne donne de réponses. En donner assez pour le lecteur, mais pas trop. Une suite ? Oui pourquoi pas, il y a matière :D
A+
Belisade
Posté le 03/10/2021
Bonjour Kevin Gallot
Ta nouvelle est très intéressante, voici mon ressenti.
Quand au début du texte tu sembles être dans la boîte depuis toujours, tu parles des premiers temps. Je ne l'aurais pas dit comme cela car du coup, cela signifie que la créature a une notion du début de sa condition.
J'ai bien aimé dans la première partie l'image des songes lorsque la créature jaillit d'une boîte pour aller dans une autre. Dans cette partie, je trouve qu'une sensation d'enfermement, presque de claustrophobie aurait ajouté au côté angoissant / malaise du personnage qui ne comprend rien à ce qui lui arrive.
La deuxième partie, quand le dialogue commence et que finalement le temps commence à compter ... ou décompter est super ! Je me demande si c'est que diraient les dinosaures que certains essaient de cloner pour les faire revenir !
Dans l'équilibrage, peut-être plus court sur la première partie et plus long sur la deuxième, car c'est la plus originale !
Bravo pour cette nouvelle.
Kevin GALLOT
Posté le 04/10/2021
Salut Belisade, merci beaucoup pour ton com, ça me fait très plaisir ! Oui tu as raison, la 2e partie semble faire l'unanimité parmi les coms déjà reçus.
A+
Dragonwing
Posté le 03/10/2021
Dès le résumé de la nouvelle, j'ai soupçonné que nous suivions le point de vue d'un animal de laboratoire. Autant dire que j'avais raison et tort à la fois ! Le concept n'est peut-être pas novateur, mais j'ai trouvé que tu l'exploitais de manière très intelligente. L'indice du langage inconnu que le personnage entend régulièrement au début de l'histoire, et qui ne consiste qu'en séries de deux mots distincts, était particulièrement bien vu. Vraiment, bravo, très belle nouvelle.
Kevin GALLOT
Posté le 04/10/2021
Salut Dragonwing, merci beaucoup ! ton com me fait super plaisir ! A+
Prudence
Posté le 02/10/2021
Wouah. Décidément, cet Octobre Imaginaire regorge de surprises ! Encore une lecture gé-ni-ale ^^ Du début à la fin, j'ai été accrochée. J'ai particulièrement aimé la seconde partie de la nouvelle, quand la machine artificielle commence à parler avec le protagoniste et que les réponses commencent à affluer. J'aime beaucoup toutes ces idées, cette boîte et cette excroissance bizarre, ce blanc, et les noms comme "langage binaire " qui font le pont avec notre présent/réel, cette projection du futur : ce bout de texte de science-fiction (je suppose, du coup ?) dans son entièreté, en somme ! Bravo :-)
Kevin GALLOT
Posté le 03/10/2021
Salut Prudence, merci beaucoup pour ton commentaire ça me fait super plaisir ! Très heureux qu'il t'ai plu et marqué ! Oui j'ai classé la nouvelle en SF, j'avoue que c'est mon genre de predilection, beaucoup de mes textes sur PA sont de la SF. Encore merci pour ta visite et A+ !
Le Saltimbanque
Posté le 02/10/2021
D'un Octobre Imaginaire à un autre ! Est-ce que ce texte aura une idée aussi géniale que la Passion d'Armazda ? Va-t-il le dépasser ? Ou alors va-t-il se rater complètement ? Suspens...

C'est court, direct, efficace. La sensation d'enfermement, d'aliénation et de désespoir est géniale. Le tourment du personnage est passionnant à lire.
L'écriture est maitrisée. Ça n'en fait ni trop ni pas assez. Le rythme est au poil.

La révélation finale est ma foi... fort sympatoche. Les machines essaient de ressusciter l'humain, c'est un renversement assez intéressant. Le twist est aussi bien amené (en particulier l'élément des "deux mots" qui sont répétés plusieurs fois, c'est vraiment bien trouvé). Je trouve que tu aurais pu rendre la révélation plus marquante en jouant sur la psychologie du personnage : peut-être espère-t-il de l'aide, ou alors que d'autres gens comme lui viennent le trouver... pour final apprendre qu'il est le seul sur terre. Enfin, je suppose qu'avec 8000 caractères max, c'est chaud.

Donc voilà. J'ai adoré. Je ne vois personnellement aucun vrai défaut. À part autre texte miraculeux, tu as gagné mon vote. Bonne continuation pour tes autres textes.

Voili Voilou
Kevin GALLOT
Posté le 03/10/2021
Salut le Saltimbanque ! Alors dejà tu te souviens de la Passion d'Armazda, ça me touche énormément, puis ton commentaire sur ma participation, wouaah, ça me fait super plaisir !! Merci, très heureux que mon texte t'ai plu à ce point. Effectivement le texte de base était plus long, j'ai dû couper certains éléments dont des ressentis et questionnements du personnage.
A bientot !
EryBlack
Posté le 02/10/2021
Salut Kevin !
Ta nouvelle m'a immédiatement fait penser au jeu vidéo "Portal", tu connais ? Est-ce que ça a pu être une de tes inspirations ? En tout cas, comme la pièce blanche avec le gars sur qui on fait des tests me l'a vraiment rappelé, j'ai assez vite compris de quoi il était question, pourtant la lecture est restée agréable jusqu'à la fin, j'ai trouvé ça cool l'idée du Vivant disparu. En sous-texte, j'y lis un rappel franc des enjeux écologiques actuels. Ou alors un truc vaguement à la Matrix, les robots ont détruit l'humanité mais ne s'en souviennent plus et cherchent maintenant à la reconstruire. (bon, cette hypothèse est peu soutenue dans le texte)
Bref, j'ai vraiment bien aimé l'idée et l'écriture est bonne. Cependant, sur le choix de narration, je suis plus mitigée. Tu as choisi la première personne, ok ça nous rapproche du personnage, mais pour moi il y a une contradiction entre sa "voix" et sa situation. Par exemple le concept du temps que tu évoques tout de suite, il ne devrait pas l'avoir. Tu donnes une explication plus bas, ce qui est appréciable, mais ça ne m'a pas vraiment convaincue (précisément, comment les robots ont fait pour implanter un concept dans un esprit humain ? Il ne fonctionne pas comme eux, donc...) Mais plus encore, la précision et la justesse du langage employé détonnent vraiment à mes yeux avec le fait d'avoir toujours été reclus, sans personne à qui parler (d'ailleurs est-ce que quiconque pourrait survivre comme ça ? Nous sommes des animaux sociaux !). Je pense qu'avec une narration omnisciente mais à la troisième personne, on aurait pu accéder à l'intimité du personnage sans créer ce décalage, puisque le narrateur aurait pu maîtriser des concepts et un langage que le personnage ne maîtrise pas.
Voilà, c'est un truc qui m'a vraiment trotté en tête à la lecture. Mais comme je te le disais, j'ai apprécié aussi ! Une chouette participation au concours !
Kevin GALLOT
Posté le 02/10/2021
Salut Ery ! Merci pour ta lecture ! Non je ne connais pas le jeu Portal j'avoue, j'espere que ça ne fait pas trop référence au jeu du coup. Tu as raison pour la narration, je me suis cassé la tête avec cette histoire de paradoxe esprit vide / locution et pensées soutenues. J'ai eu envie de faire le texte à la premiere personne malgré tout, disons en partant sur le principe qu'un adulte artificiellement mené a terme pouvait l'être aussi bien en esprit, mais ça se discute, effectivement. Encore merci et A+
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