Ayden (3)

Par Rimeko
Notes de l’auteur : Ça faisait longtemps, hein ? :P

 « Vous êtes le surveillant de la section ? »

Le jeune homme releva la tête et l’observa pendant un instant, surpris de se retrouver nez-à-nez avec une Haute-Dame, puis il s’inclina légèrement, main sur sa poitrine, son regard respectueusement baissé. Le mouvement dévoila le tatouage sur sa nuque, juste à la base de ses cheveux noirs – le pommeau d’une arme à l’ancienne.

« Oui, c’est exact, répondit-il enfin. Que puis-je faire pour vous, Dame ? »

— Je voudrais seulement m’entretenir avec les personnes travaillant sur le dossier des non-humains.

— Y a-t-il un problème avec leur travail ?

— Non, tout va bien. J’aurais juste un point à revoir avec eux. »

Parce qu’il se pourrait bien que l’un d’eux ait « juste » mis le doigt sur quelque chose qui le dépasse…

Ayden suivit le jeune homme à travers les couloirs de la Tour Jaune. Ils croisèrent une ou deux portes entrouvertes, d’où s’échappaient des rumeurs de conversation, mêlées au ronronnement des équipements. Elle aimait bien cet étage et son animation – même si celle-ci diminuait aussitôt que les employés se rendaient compte de sa présence.

« C’est ici, Dame. Dois-je vous attendre ?

— Ce n’est pas la peine, je connais le chemin.

— Oh, euh, oui, bien sûr, ce n’est pas ce que j- »

Elle lui jeta un regard navré.

« Ce n’était pas un reproche. Bonne journée à vous. »

Il bafouilla une réponse qu’elle n’écouta pas.

Sitôt qu’elle eût poussé la porte de la pièce de travail, quatre paires d’yeux se tournèrent vers elle, puis s’arrondirent sensiblement. Deux citadins se levèrent d’un bond et la saluèrent, bien vite imités par une autre femme puis, encore un peu après, par le quatrième occupant de la pièce, un petit adolescent aux yeux bridés.

« Bonjour à tous, commença-t-elle une fois le battant refermé derrière elle. Je tenais tout d’abord à vous remercier du travail de qualité que vous fournissez ici, et… »

Elle fit une courte pause, se demandant si elle en avait assez fait au niveau des civilités.

« Et, reprit-elle, je voudrais parler à celui ou celle d’entre vous qui s’est intéressé aux changelins. »

Un bref silence paralysa la pièce, avant que la citadine se redresse et pointe une de ses collègues avec un certain air de satisfaction sur son joli visage :

« C’est elle ! »

Ayden se tourna lentement vers elle et haussa un sourcil.

« Je crois qu’elle aurait pu se désigner elle-même, n’est-ce pas… Malvina, c’est ça ?

— Euh… Oui… »

Un raclement de chaise détourna son attention. La brunette que Malvina avait désignée s’était levée et, la tête baissée, fixait le pad tactile en face d’elle. Sa main droite enserrait nerveusement son poignet gauche.

« Comment tu t’appelles ?

— Nour-el-Houda, Dame.

— Et c’est donc bien toi qui as rédigé le mémo sur les changelins ?

— Oui, c’est moi, mais il n’est pas fini… »

Ayden lui sourit.

« Ce n’est pas grave. Tu veux bien me suivre à l’écart ? »

La brunette leva enfin les yeux sur elle, puis hocha la tête. Ayden avisa alors l’adolescent qui l’observait intensément depuis qu’elle avait mentionné les changelins. Non, l’adolescente. Elle soutint son regard pendant quelques instants, jusqu’à ce que la jeune fille rougisse et retourne précipitamment à son écran. Elle secoua la tête.

« Viens, Nour-el-Houda. »

Elle l’entraîna dans une pièce avoisinante encore vide, puis la fit asseoir d’un geste, elle-même restant debout, appuyée contre une table.

« Il y a une ligne qui m’a interpellée dans ce que tu as écrit, celle où tu mentionnes la Tour Violette. Peux-tu m’en dire plus à ce sujet ?

— Je… Je suis désolée, je n’aurais pas dû en parler dans mon rapport, je n’avais pas de preuve concrète, et…

— Hé, ce n’était pas une critique, bien au contraire. Dis-moi ce que tu as trouvé, que ça soit vrai ou non, je saurais bien faire le tri par la suite. »

Elle leva la main pour toucher le bras de Nour-el-Houda dans un geste qui se voulait rassurant, mais se ravisa quand elle vit l’expression craintive de la jeune femme.

« Je… »

Elle s’arrêta, prit une grande inspiration, comme avant de plonger.

« J’ai simplement trouvé dans les archives plusieurs notices de recherche en provenance de la Tour Violette a sujet des changelins, c’est tout. Elles datent toutes de l’an 372, quelques mois avant l’effondrement… Il est aussi fait mention d’études scientifiques réalisées sur ces créatures.

— Dans quel but ?

— Certaines recherches semblent avoir pour but de les recenser, comme ce que nous essayions de faire aujourd’hui. Les tests portaient essentiellement sur leur génome, à ce que j’ai compris. J’imagine qu’ils essayaient de comprendre ce qui leur conférait leurs… capacités.

— Hum. Ce qui est bizarre, c’est que ce ne soit pas la Tour Bleue qui s’en soit chargée… réfléchit Ayden à haute-voix. Normalement, ils s’occupent de tout ce qui a trait à la science et aux techniques.

— Il semblerait qu’il y ait aussi eu une affaire entre la Tour Violette, la Garde ou la police, ce n’est pas très clair, et les changelins… ajouta Nour-el-Houda.

— Toujours en l’an 372 ?

— Oui.

— Et pourquoi n’est-ce pas clair ?

— Le compte-rendu de l’opération a été perdu, il n’en reste plus qu’une ligne de référence dans un registre d’activités. Je n’en sais pas plus, Dame, je suis désolée.

— Très bien. Continue ton travail, et envoie-moi directement si tu trouves quelque chose d’autre à ce sujet, n’importe quand. Oh, et aussi, parles-en au minimum de personnes possibles. Ce n’est probablement rien d’important, mais nous devons être prudents. »

Nour-el-Houda acquiesça diligemment.

« Bien. Je vais te raccompagner à ton poste alors.

— Oh, Dame, ce n’est pas la peine, je-

— C’est sur ma route. »

Une nouvelle fois, les deux citadins et l’adolescente aux cheveux courts relevèrent la tête sitôt eut-elle franchi le pas de la porte. Ayden se tourna vers la brunette qui l’accompagnait pour échapper à leurs regards.

« Merci de m’avoir accordé de ton temps, Nour-el-Houda.

— Oh, mais ce n’est rien, Dame, c’était un honneur. Et… Non, rien.

— Dis toujours, je t’en prie.

— C’est juste que… »

Du coin de l’œil, Ayden vit la jeune fille se pencher légèrement vers elles comme pour mieux les entendre.

« J’ai juste eu l’impression, expliqua la brunette, que je n’étais pas la seule à faire des recherches sur ce sujet en ce moment… Enfin, vous devez avoir d’autres employés travaillant sur le sujet, c’est tout. Je vous avais dit que ce n’était rien, conclut-elle avec un petit rire forcé. »

Non, tu es normalement la seule…

Alors que Nour-el-Houda regagnait sa place, le regard d’Ayden tomba à nouveau sur l’adolescente aux yeux bridés, qui avait distinctement pâli.

« Tu te sens bien ?

— Oui…

— Alors tu ne verras pas d’inconvénient à m’accompagner dans le couloir, n’est-pas ?

— … Non, Dame, pas du tout. »

Les traits de son visage restaient impassibles, cependant ses yeux dardaient à droite et à gauche, comme si elle cherchait désespérément une échappatoire.

« Est-ce que tu sais quelque chose au sujet des changelins ? demanda Ayden de but en blanc dès qu’elles furent dans le couloir.

— Non, je… absolument pas… Enfin, je travaille à côté de Nour, et… de Nour-el-Houda… donc elle me parle un peu de ce qu’elle trouve, enfin, non, elle ne me dit pas grand-chose, mais on discute un peu, quoi, et… »

Les derniers mots moururent sur ses lèvres.

« Tu me mens. »

Elle releva brusquement la tête devant l’accusation, chercha le regard d’Ayden, hésita un instant entre son œil aveugle et celui à la prunelle dorée, revint au carrelage sous leurs pieds.

« Non, » s’entêta-t-elle.

Ayden ne dit rien.

« Je… j’ai juste entendu des rumeurs, dans les quartiers inférieurs, à propos des changelins. Je n’avais jamais entendu ce mot avant, alors en entendre soudain parler à la Citadelle, juste après, ça… ça m’a fait bizarre, c’est tout. Et je suis curieuse. Pardonnez-moi. »

Y avait-il autre chose ? Ayden enroula lentement une de ses boucles autour de son index, sans bouger, sans parler, avant de décider qu’elle n’en apprendrait pas plus aujourd’hui.

« Quel est ton nom ?

— Syam, Dam- Syam-Aspara.

— Quand as-tu commencé ton travail ici ?

— Il y a trois jours.

— D’accord. Tu peux retourner travailler. »

 

* *          *

 

Le soleil se couchait sur Galatea. Ses derniers feux ensanglantaient le ciel, balafré çà et là par des lambeaux de nuages, et allongeaient démesurément les ombres de Tours d’Améthyste. Au pied de l’une d’elle, fracturée de son sommet jusqu’au sol, comme frappée par la foudre, se tenait une deux minuscules silhouettes, la tête levée en direction de l’incendie céleste.

Ici aussi, le silence régnait.

Lukas avança de quelques pas et Ayden lui emboîta le pas, se crispant légèrement alors que le claquement de ses talons troublait l’espace immobile, puis se retourna pour balayer une dernière fois l’esplanade déserte du regard, à l’affût du moindre mouvement. Le vent s’était levé et la pénombre semblait onduler sous son souffle, les derniers éclats du jour dansaient sur les parois translucides, s’y diffractaient à l’infini. Elle cligna plusieurs fois des yeux. Tout lui paraissait bouger, glisser furtivement à la périphérie de son champ de vision, s’évanouissant dès qu’elle tournait la tête. Elle prit une inspiration un peu tremblante. Son esprit devait lui jouer des tours.

La main de son cousin effleura son bras, l’encourageant à le suivre. En franchissant la porte principale de la Tour Violette, elle eut la très nette impression qu’ils étaient tous deux des intrus. Rien n’interdisait pourtant de pénétrer dans l’édifice abandonné – l’entrée n’en était pas même verrouillée – seulement personne ne s’y risquait. On le disait hanté.

Elle jeta un coup d’œil aux ascenseurs vétustes, décida qu’elle n’avait absolument aucune envie de rester prisonnière d’une cabine en métal de quelques mètres cube, et retint Lukas qui se dirigeait vers eux. Elle lui désigna d’un signe de tête les escaliers, la gorge trop nouée pour parler. Elle avait l’impression que sa respiration résonnait dans l’espace réduit, se réverbérant contre le mur jusqu’en haut, comme pour avertir la Tour de la présence d’un être humain en son sein. Ses bottes laissaient des empreintes de pas derrière elle, imprimées dans l’épaisse couche de poussière. Comme à son habitude, elle commença à compter les marches, se rendit compte au bout de quelques minutes qu’elle comptait les battements de son cœur à la place. Il pulsait tout contre sa peau. Elle porta la main à sa ceinture, ses doigts cherchant la crosse rassurante de son paralyseur à travers le tissu satiné de sa chemise.

Si les appartements désertés de la Tour Jaune ne manquaient jamais d’instiller en elle un étrange mélange de tristesse et de nostalgie, ici elle n’avait qu’une envie : faire demi-tour. Le silence l’engluait, l’effrayait, comme s’il ne servait qu’à dissimuler une menace tapie dans un recoin, noyée dans la pénombre. Elle sentit les doigts de Lukas chercher les siens, s’y accrocher. Elle lui jeta un regard en coin. Lui aussi avait peur.

Peut-être qu’au moins, cette fois, elle trouverait des réponses.

La veille au soir, après qu’elle eut rapporté à Lukas son échange avec les deux filles des beaux-quartiers, ils avaient décidé d’aller jeter un œil dans la Tour Violette, abandonnée soixante-dix-neuf ans plus tôt. Ayden y était déjà allée, bien sûr – une autre Haute-Famille disparue, du jour au lendemain, forcément cela avait éveillé son intérêt. Cependant, alors qu’auparavant elle y avait erré sans but précis, sursautant au moindre bruit suspect, ce soir-là ils avaient une piste, un objectif. Ils avaient délimité quelques espaces à explorer, pour commencer, et elle espérait enfin trouver un élément digne d’intérêt, une clé pour avancer au lieu de tourner en rond.

« Ayden, » entendit-elle alors qu’elle s’apprêtait à entamer une nouvelle volée de marche.

La main de Lukas la retint.

« On y est. »

Un petit panneau indiquait qu’ils avaient en effet atteint le sixième étage. Un petit nuage de poussière se souleva lorsqu’ils poussèrent le battant, qui ne manqua pas de protester bruyamment contre cette intrusion, et fit éternuer la jeune femme. Elle garda la main plaquée contre son visage, un peu effrayée du bruit qu’elle venait de faire.

« Il n’y a personne.

— Alors pourquoi tu chuchotes ? » répliqua-t-elle sur le même ton.

Lukas semblait avoir voulu s’en convaincre lui-même. Comme il ne bougeait plus, elle le contourna et fit quelques pas dans le couloir, observant les pièces qui s’ouvraient à droite et à gauche, si semblable aux étages des employés dans sa propre Tour qu’elle en frissonna. Une fine couche terne recouvrait tous les meubles, en estompait les contours, rendait l’air dense et comme ouaté. Quelques grains poudroyaient dans la lumière du jour déclinante.

Au hasard, Ayden porta son dévolu sur une pièce à sa gauche et en passa le seuil. Les fenêtres, situées bien en face du soleil qui s’abîmait derrière la roche, laissaient entrer un flot de rouge s’étalant sur le sol en une large flaque luisante. La jeune femme s’empressa de tourner les talons. Elle rejoignit Lukas qui, accroupi dans une salle avoisinante, tentait visiblement de remettre sous tension les postes d’accès au réseau – ils avaient l’air trop vieux pour qu’elle les appelle « ordinatrices ».

« Ayden, tu peux le faire ?

— Quoi ?

— Ces deux câbles là, il faut juste les brancher ensemble, mais ça nécessite deux mains.

— Ah, oui. »

Il se décala pour la laisser accéder aux câbles en question. Une fraction de secondes après, un discret bourdonnement emplissait la pièce, montant graduellement en intensité alors que les postes se remettaient difficilement en marche.

« Je n’en reviens pas qu’ils fonctionnent encore, s’étonna-t-elle en s’approchant de l’un d’eux. Euh… Comment je l’allume ?

— Il y a un bouton derrière l’écran.

— Bien vu. »

La jeune femme tira une chaise à elle, s’y installa en tailleur et commença à fouiller dans le disque mémoriel.

« Il est quelle heure ? s’enquit Lukas après un certain temps de recherches silencieuses.

— À peine onze heures. Si tu me dis que tu en as marre, je te balance ce clavier, et crois-moi il a l’air lourd. »

Elle cliqua encore un peu partout pendant quelques minutes, puis capitula :

« Bon, okay, moi aussi j’en ai marre. Il n’y a rien ici ; enfin, rien de plus que ce qu’on peut trouver sur n’importe quelle ordinatrice chez nous. On continue ? »

Son cousin acquiesça avec un peu trop d’enthousiasme.

Le temps d’éteindre à nouveau le secteur, ils étaient de retour dans la cage d’escalier. La frustration et l’ennui commençait à remplacer l’angoisse – après tout, ils avaient déjà passé plus d’une heure dans la Tour abandonnée et n’y avaient vu rien d’autre que leurs propres peurs projetées devant eux par leur imagination. Ayden ne se préoccupait plus du claquement de ses talons sur le sol, ni du volume de sa voix, elle se surprenait à plaisanter avec Lukas, s’aventurant même jusqu’à se moquer de leur malaise initial.

Les éclats de son rire se répercutèrent le long des marches, renvoyés en écho, semblables brutalement à un bruit de verre brisé. Il mourut dans sa gorge, et elle jeta un regard inquiet à son cousin. D’un commun accord, ils décidèrent de se taire à nouveau.

Leur prochaine étape se trouvait une dizaine d’étages plus haut encore, dans l’étage des ambassades, comme ils les appelaient à la Citadelle, c’est-à-dire les bureaux des représentants des autres Tours. Après tout, Nour-el-Houda, l’employée qu’elle avait questionnée, ne lui avait-elle pas révélé l’existence d’anciens tests scientifiques sur les changelins ? Nul lieu n’était alors mieux indiqué que l’ambassade de la Tour Bleue, celle en charge des sciences et techniques…

Ayden sortit un passe-partout des poches de son pantalon, l’inséra dans la serrure. La clé ne tourna pas.

« C’est fermé ?

— Je ne sais pas. J’ai l’impression que le mécanisme est cassé. »

Elle fronça le nez, fit une nouvelle tentative, sans succès, puis décida d’essayer d’actionner la poignée, en désespoir de cause.

La porte s’ouvrit.

« Qu’est-ce que ça veut dire ? »

Elle tira un peu le battant et se pencha pour examiner le pêne.

« J’ai l’impression qu’elle a été forcée.

— Tu penses que quelqu’un serait rentré par effraction ? Mais… pourquoi ? Et qui ?

— Qu’est-ce que j’en saurais, moi ? »

Elle ouvrit totalement la porte, et ils durent bien se rendre à l’évidence : quelqu’un s’était introduit dans l’ambassade de la Tour Bleue, probablement pour y dérober quelque chose, à en juger par le désordre qui y régnait. Des registres papier, des disquettes et leurs contenants, des maquettes, des tiroirs, des disques mémoriels ; tout cela jonchait le sol dans la plus grande anarchie.

« Par la Déesse… »

Ayden fit quelques pas, se frayant prudemment un passage du bout du pied. Le mur sur sa gauche avait été éventré et les câbles qu’il protégeait avait été mis à nu – probablement pour avoir accès à un canal physique protégé.

« Tu es déjà venue dans cette pièce, pendant tes premières explorations ?

— Oui, brièvement. Et tout était normal. Ce… tout cela… C’est récent. »

Elle fit une pause, réfléchissant.

« Tout comme les rumeurs au sujet des changelins dont parlait cette employée, remarqua-t-elle.

— Tu ne penses quand même pas que ce serait lié ? Cela semble…

— Je m’en fous de savoir à quoi ça ressemble, s’agaça-t-elle, et je ne pense rien du tout. J’essaie juste d’y comprendre quelque chose.

— Pardon. »

Ayden ramassa un dossier à ses pieds, le feuilleta brièvement, le reposa sur le bureau avoisinant.

« Il faudrait savoir ce qui a été pris… Mais comment ? Peut-être que… Non…

— Tu réfléchis à haute voix, ou tu attends une réponse de mon part ?

— Un peu des deux, répondit-elle. Disons que si tu as une idée, n’hésite pas. »

La jeune femme s’approcha du poste d’accès au réseau encore miraculeusement intact, en chercha la touche d’allumage. Des traces de doigts se devinaient dans la couche de poussière qui recouvrait le processeur.

« On dirait qu’il a servi récemment.

— Peut-être qu’ils s’en sont servis pour lire les disquettes qu’ils ont trouvé », suggéra Lukas.

Il l’avait rejointe, posant familièrement sa main sur son épaule pour se pencher sur l’écran.

« Oui, là, regarde, « recharger les derniers documents », ça pourrait nous- »

Elle sentit nettement ses doigts se crisper tout contre sa peau.

« Qu’est-ce qu’il y a ? demanda-t-elle, soudain inquiète.

— Chut. »

Elle réfréna les questions qui lui venaient aux lèvres, tendit l’oreille elle aussi.

Il y avait des voix, distantes et étouffées, mais bel et bien présentes, et humaines, des voix qui ne souciaient pas d’être entendues ou non – des voix qui se rapprochaient, accompagnées du bruit de lourdes chaussures sur le sol.

« Tu penses qu’ils savent qu’on est là ?

— J’espère que non…

— Ils n’essayent pas d’être discrets, remarqua-t-elle. Ils doivent se croire seuls. »

Quelle était la probabilité que d’autres intrus décident de s’aventurer dans la Tour Violette, au beau milieu de la nuit ? Les agents d’entretien ne passaient qu’à la fin de chaque Lune, elle avait bien vérifié, s’ils passaient seulement. Cet édifice abandonné n’intéressait plus personne… en théorie.

Peut-être des squatteurs ? Enfin, des squatteurs qui auraient réussi à rester dans l’enceinte de la Citadelle après le couvre-feu… Ou des jeunes en manque de sensations fortes ? Ce n’était probablement rien, ils n’avaient qu’à rester cachés là, sans faire de bruit, et tout ira bien, et-

« Il faut éteindre la lumière.

— Vraiment ? » couina-t-elle d’une petite voix qui n’était pas la sienne.

Elle n’eut pas le temps de protester plus avant que la pièce soit plongée dans le noir. Elle recula, très doucement, en gardant ses pieds au sol pour éviter de trébucher, jusqu’à sentir la présence rassurante du mur dans son dos. Elle s’accroupit, ramena ses genoux tout contre la poitrine, les yeux écarquillés pour tenter de percer l’obscurité. Ses doigts, de part et d’autre de son corps, cherchèrent un objet tangible auquel se raccrocher.

Une main lui toucha la jambe, remonta jusqu’à son bras.

« Je suis là. »

Ayden lui adressa un signe de tête reconnaissant, même s’il ne pouvait pas le voir, et pria pour qu’il ne s’éloigne pas. Aussi ridicule que cela puisse sembler, elle avait peur du noir – de découvrir qu’elle était seule quand la lumière reviendrait, comme des années auparavant, cette nuit où elle avait vu sa mère pour la dernière fois. Elle secoua la tête pour chasser les souvenirs, se concentra plutôt sur les sons qui lui parvenaient de l’extérieur. Toute la Tour semblait vibrer d’une agitation qu’elle n’avait pas connue depuis des décennies.

« Ils ne doivent pas être montés plus haut, il n’y a plus de traces de pas dans l’escalier après. »

La voix, féminine et bien trop proche, avait résonné nettement dans le couloir vide. La jeune femme avait envie de vomir.

« Ils nous cherchent, » murmura Lukas à côté d’elle.

Elle inspira profondément, sortit son arme de sa ceinture et se remit sur ses pieds.

« Non, reste là, si on reste cachés ils…

— S’ils sont vraiment là pour nous, ils vont venir. »

Ce n’était pas le moment de paniquer. Elle força son cousin à se relever lui aussi.

« Il y a plusieurs sorties, il nous suffira d’être prudents. »

Elle chercha son bras, puis ses doigts, s’assurant qu’il avait bien dégainé lui aussi. À petits pas, elle retraversa la pièce, prenant bien garde à ne pas faire de bruit, ce qui n’était pas aisé au vu du désordre de la pièce. La poignée pivota sans un bruit, la porte s’entrebâilla juste un tout petit peu. Ayden y jeta un coup d’œil, tendit l’oreille, s’enhardit à pousser un peu plus le battant pour vérifier si l’autre partie de couloir était également vide. C’était maintenant ou jamais. Elle se retourna vers Lukas.

« La voie est libre. »

Il s’avança à contre-cœur. Sa peau sombre avait pris une teinte terreuse, et elle ne put empêcher son regard de dériver jusqu’aux cicatrices visibles sur son bras, jusqu’à sa main inerte.

« Ils ne nous attraperont pas, je te le promets, » déclara-t-elle, alors même qu’une petite voix au fond d’elle lui criait tout le contraire.

Il hocha la tête, la rejoignit enfin à la porte, et elle lui attrapa le poignet pour l’entraîner à sa suite. L’étage semblait à nouveau désert, ou alors ses autres occupants étaient particulièrement silencieux.

Par pitié, faites qu’on s’en sorte, s’il-Vous-plaît.

Même si elle n’était pas sûre que la Déesse écoutât vraiment les supplications des mortels, cela ne coûtait rien d’essayer, n’est-ce pas ? Elle en serait presque devenue une croyante convaincue, parce qu’ils atteignirent l’avant-dernier palier sans avoir croisé personne. Il leur restait deux étages à dévaler, avant de retrouver le rez-de-chaussée, puis la porte, et la sortie, enfin, et-

La porte du palier juste en-dessous d’eux s’ouvrit à la volée, heurtant violemment le mur, et le fracas se répercuta jusque dans la colonne vertébrale d’Ayden. Pendant un instant d’horreur, elle resta paralysée, puis elle cessa de réfléchir, fit volte-face, ses mains trouvèrent une poignée, l’actionnèrent, et elle se jeta dans un couloir, encore un, sans même vérifier s’il était vide ou non. Elle commença à courir. Son arme pesait lourd dans sa main et elle s’y raccrochait de toutes ses forces.

Ce ne fut que lorsqu’un bruit de course dans son dos lui fit jeter un regard en arrière qu’elle découvrit que Lukas ne l’avait pas suivie. L’homme derrière elle arborait une espèce d’uniforme gris, un masque, et il tenait un paralyseur, en tous points exact au sien. Elle s’arrêta, dérapant sur le carrelage, leva sa propre arme en même temps qu’elle se retournait, fit feu. La cartouche éclata sur la poitrine de son poursuivant, mais la décharge fut entièrement absorbée par sa combinaison. Ayden visa rapidement, réglant du pouce la puissance de l’arme, l’index sur la détente. Son second tir toucha l’homme en pleine tête, et il s’effondra. Deux autres arrivaient derrière lui.

Une balle, une vraie balle, fit éclater le mur à quelques centimètres de la tête de la jeune femme, une seconde lui érafla le bras. La douleur et la surprise la firent lâcher son paralyseur. Elle n’entendit même pas le choc de l’objet contre le sol, les oreilles encore bourdonnantes à cause des détonations. À travers sa vision étrécie par la panique, elle aperçut un tournant, s’y jeta, en espérant ne pas arriver dans un cul-de-sac. Il y avait une porte de sortie, à l’autre bout, et elle piqua un sprint, s’arrêta in extremis, sa main heurtant brutalement le mur, ouvrit le battant et s’engouffra dans les escaliers. D’autres balles fusèrent, là où elle s’était trouvée une fraction de secondes plus tôt.

Plus que deux étages à dévaler, et elle avait le souffle court, son cœur cognait contre ses côtes, elle dérapait sur les marches dans sa hâte, mais elle pouvait le faire, elle n’était plus très loin, elle-

Une main frôla son épaule, juste au-dessus de sa blessure, elle en vit l’ombre à la périphérie de sa vision. Elle se tourna, se saisit un peu par miracle du bras de son adversaire, le tordit pour lui faire lâcher son arme. Le paralyseur passa entre deux barreaux de l’escaliers et alla se perdre plusieurs mètres plus bas.

« Salope ! »

Emportée par son élan, l’autre femme l’avait percutée de plein fouet, et elles vacillèrent toutes les deux pendant quelques instants, avant de basculer en arrière. Ayden eut simplement le temps d’apercevoir une troisième personne, quelques marches plus haut, avant que le monde tourne tout autour d’elle, le bas remplaçant le haut en une cacophonie de gris poussière et de rouge douleur, avant de virer résolument au noir.

Quand elle revint à ses sens, le corps sans vie de la femme emplissait tout son champ de vision. La blancheur macabre de son crâne ressortait au milieu du sang, là où sa tête avait heurté l’angle aigu d’une des marches. Ayden écarquilla les yeux alors que sa situation lui revenait brutalement à l’esprit, en même temps que les signaux de son système nerveux. Elle étouffa un gémissement, serra les dents, tenta de se redresser. Sa main dérapa, le choc se répercuta jusque dans son épaule. Mais si elle ne se relevait pas, si elle ne bougeait, elle-

Un genou heurta son dos, la clouant au sol, alors que le canon glacé d’une arme venait se loger dans sa nuque, entre deux de ses vertèbres.

« C’en est fini pour toi, Dame Nathraich. »

Son titre n’avait jamais sonné aussi ironique. Ayden essaya de remuer, de se débarrasser du poids qui pesait sur elle, sans succès. Son corps ne répondait plus qu’à moitié, tandis que sa vision se tâchait à nouveau de noir. Alors, c’était la fin, vraiment ?

Une vague brûlante la parcourut, se concentra dans son dos, sur sa peau, puis un peu au-dessus, comme si… comme si les frontières de son corps se modifiaient. Est-ce que cela signifiait qu’elle était morte, que son âme sortait de son corps ? Pourtant, la douleur demeurait, bien réelle, et le cri qui lui vrilla soudain les oreilles l’était également. La pression de son adversaire se relâcha et la jeune femme ne prit pas le temps de réfléchir plus avant, rassemblant le reste de ses forces pour le repousser tout à fait. Elle s’éloigna à quatre pattes, en direction de la porte de sortie de la cage d’escalier, puis risqua un coup d’œil en direction de son assaillant. Il y avait deux petites marques dans son cou, semblables à celles que laisseraient les crochets d’un serpent. Ayden écarquilla les yeux. Est-ce que… est-ce que son pouvoir familial venait vraiment de s’éveiller ?

Elle secoua la tête, regrettant aussitôt son mouvement alors qu’un flash douloureux explosait à l’intérieur de sa boîte crânienne, puis entreprit de se relever en s’aidant du mur. Elle ne devait pas rester là. Elle ramassa le paralyseur de celle qui l’avait entraînée dans sa chute puis, abandonnant les deux cadavres derrière elle, retrouva enfin le hall. Son instinct lui criait de s’en aller immédiatement, de mettre le plus de distance possible entre elle et cette maudite Tour, sauf qu’il y avait Lukas.

Elle se refusait malgré tout à remettre les pieds dans les escaliers où elle avait failli mourir. Elle se dirigeait vers ceux qu’ils avaient empruntés en arrivant quand quelqu’un la retint par le bras. Son sang ne fit qu’un tour, elle brandit son paralyseur, index sur la gâchette, se figea. Son bras retomba, les larmes lui montèrent irrésistiblement aux yeux.

« Tu es blessée ? s’inquiéta Lukas.

— Ça va aller… Et toi ?

— Je vais bien, mais il faut qu’on parte d’ici immédiatement. »

Elle ne demandait pas mieux.

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Xendor
Posté le 07/12/2019
Mmmm. Je suis trop hypé pour tout te dire. Cette impression de grand complot que tu transmet me met en ébulliton. C'est sûr de chez sûr, il y a vraiment quelque chose de pourri dans ce monde. J'espère qu'Ayden y survivra
Rimeko
Posté le 15/12/2019
Waw, ça me fait vraiment plaisir que tu accroches comme ça ! Et oui, plus ça avance, plus le lecteur apprend que c'est la merde :P
D'ailleurs, encore merci pour tes coms, c'est un plaisir de les lire et d'y répondre <3
Makara
Posté le 07/09/2019
n excellent chapitre, très bien écrit ! J'étais trop contente de voir ayden et syam se rencontrer même si c'est assez bref. J'espère qu'elles vont se revoir. La deuxième partie dans la tour est trépidante avec cette partie de cache cache ;). Alors le pouvoir de ayden s'est réveillé ? Je n'ai pas trop compris en quoi il consistait ? Peit être que c'est elle, l'inferno au final bien qu'elle soit déjà un peu âgée. Cela aurait du sens que ce soit une haute famille (ils peuvent plus facilement se cacher ou manipuler les autres !) en tout cas il y a pas de mysteres, c'est super ! Je préfère ce déroulement dans le choix des chapitres et personnages que celui que j'avais imprimé car tu relances bien l'action et l'intrigue avec ce chapitre. Il te reste des chapitres sous le coude ou tu dois te remettre à ecrire ? Pleins de bisous volants <3
Makara
Posté le 07/09/2019
Il y a pas mal de mystères (erreur de frappe) lol
Rimeko
Posté le 08/09/2019
Les différents narrateurs vont interagir un peu les uns avec les autres, oui, histoire de donner l'impression que je raconte bien une seule et même histoire (lol), mais je ne crois pas qu'ils restent très longtemps ensemble (du moins pas dans le tome 1).
Contente que la scène d'action soit bien passée ! Quant au pouvoir d'Ayden, il y a un aspect que j'aurais dû plus expliquer dans les premiers chapitres : les membres de chaque Haute Famille ont un pouvoir particulier, plutôt mineur et plus ou moins secret. Ils s'en servent notamment pour justifier qu'ils soient au pouvoir. Les pouvoirs d'Ayden et Lukas ne se sont encore jamais (ou presque) manifestés parce qu'ils sont des sang-mêlés, donc elle commençait à "perdre espoir" :P Du côté j'imagine que tu penserais moins facilement qu'elle est non-humaine / inferno avec cette info, non ? Ceci dit, cette hypothèse ne me déplaît pas... (Dans tous les cas j'adore lire les hypothèses des lecteurs !!)
Et oui, je suis contente que tu approuves ce choix, il fallait que ça bouge un peu ! Quant aux chapitres restants, je n'ai plus que celui d'Ezra que tu as déjà lu, et la moitié de celui de Loup (le chapi 10) , donc il faudrait quand même que je me remettre à écrire un jour ou l'autre !
Makara
Posté le 07/09/2019
n excellent chapitre, très bien écrit ! J'étais trop contente de voir ayden et syam se rencontrer même si c'est assez bref. J'espère qu'elles vont se revoir. La deuxième partie dans la tour est trépidante avec cette partie de cache cache ;). Alors le pouvoir de ayden s'est réveillé ? Je n'ai pas trop compris en quoi il consistait ? Peit être que c'est elle, l'inferno au final bien qu'elle soit déjà un peu âgée. Cela aurait du sens que ce soit une haute famille (ils peuvent plus facilement se cacher ou manipuler les autres !) en tout cas il y a pas de mysteres, c'est super ! Je préfère ce déroulement dans le choix des chapitres et personnages que celui que j'avais imprimé car tu relances bien l'action et l'intrigue avec ce chapitre. Il te reste des chapitres sous le coude ou tu dois te remettre à ecrire ? Pleins de bisous volants <3
Rimeko
Posté le 08/09/2019
Commentaire en double :P
Gabhany
Posté le 05/09/2019
Hello Rimeko !
Oh là là quel chapitre ! La rencontre entre Ayden et Syam et la fin en mode film d'horreur (mais pourquoi vous vous êtes séparés Ayden et Lukas ? Vous savez bien que le groupe de 1 c'est pas bon, pas bon du tout !), c'était excellent ! Ayden est donc sur la bonne piste si on a essayé de la tuer. Je me demande qui est derrière tout ça ? Jessalyne, vu que c'est elle qui lui a donné cette mission ? Hâte de lire la suite !
Rimeko
Posté le 05/09/2019
Hello !
Film d'horreur, carrément ? XD Je voyais plus ça comme une scène d'action "normale" moi ! Bah je suis contente d'avoir pu te faire au moins un peu flipper tout de même hein (Non je ne suis pas sadique, mais... tu vois quoi) Et pour le groupe de 1, j'crois qu'ils ont un peu paniqué lol (puis je voulais avoir Ayden seule pour la scène finale dans les escaliers, mais en évitant le cliché du "séparons-nous ! c'est tellement une bonne idée !")
C'est... plus compliqué que ça :D
Merci de ton com' en tous cas !
Gabhany
Posté le 05/09/2019
J'espère que tu n'y as pas vu une critique ;) je disais film d'horreur car les pas qui approchent, la fuite dans les couloirs et tout, mais c'est une bonne scène d'action ! ;) et le coup du groupe de 1, c'est bien amené hein, je ne jugeais pas, c'est une vieille blague que j'aime bien ^^
Rimeko
Posté le 05/09/2019
Ah oui non t'inquiète pas je n'avais pas pris ni l'un ni l'autre pour une critique ! Le truc du film d'horreur ça m'a juste fait rire, de toutes façons je voulais que cette Tour ait l'air angoissant et tout donc ça passe bien :P Et j'avoue que j'aime bien cette blague aussi !!
Sorryf
Posté le 03/09/2019
C'est vrai que ça faisait longtemps ! Mais tu nous replonge dans le bain très vite !
La première partie du chapitre est super, j'étais un peu hystérique de la rencontre entre Ayden et Syam !! j'adore ce genre de moments dans les fictions !
J'ai repété une petite incohérence, je crois : quand Ayden entre dans les bureaux, les 4 personnes se lèvent. Un peu plus loin tu met qu'il y a un bruit de raclement de chaise quand Nour se lève après avoir été dénoncée. Mais dans ma tete elle était déjà debout du coup !

La 2eme partie du chapitre c'était la tout de l'horreur !! Bonjour le stress ! heureusement les deux s'en sont sortis en un seul morceaux... enfin il sont pas encore sortis, mais j'espère que ça va aller. Ayden a trop la classe !!!
Rimeko
Posté le 04/09/2019
Yo ! J'ai des lectrices super-soniques dites moi <3
Oui, moi aussi ! Puis les arcs de mes narrateurs sont globalement plutôt indépendants les uns des autres, donc il faut bien que j'introduise quelques rencontres pour que ça ait l'air d'une seule histoire globale lol
Et oui, tu as raison pour la petite incohérence ! Enfin, dans ma tête ils s'étaient rassis rapido, mais bon, je vais peut-être pas leur faire travailler les squats et laisser Nour debout comme une grande XD
Ravie que le stress soit bien passé héhé, j'avais quelques doutes par rapport à cette scène d'action (comme tout scribouillard je crois, mais chut) ! Et qui te dit qu'ils sont en un seul morceau ? (Non, je rigole, ils sont blessés, oui, mais on va éviter de tuer / mutiler des persos dès les premiers chapitres mdr)
Merci de suivre toujours cette histoire en tous cas !!
ClaireDeLune
Posté le 02/09/2019
Oh là là, ça se complique... Pour Syam et pour Ayden ! (Elle a des pouvoirs ? Ça a l'air intéressant tout ça...)
Le suspens est très bien dosé dans ce chapitre, ça s'accélère jusqu'au bout... Dans une atmosphère de plus en plus sombre et inquiétante. J'aime bien le décor de cette Tour abandonnée. La hiérarchie sociale un poil complexe me fait réfléchir à chaque fois ("genre, elle elle est placée où par rapport à elle ?") Mais ça montre juste que c'est bien fichu !
Rimeko
Posté le 02/09/2019
Waw tu as été rapide pour le commentaire dis-moi !
Oui, l'intrigue commence à bien se nouer de ce côté-là :P (Et oui, toutes les Haute-Familles ont un pouvoir bien à elles, qui diffère pour chacune, sauf que jusque là celui d'Ayden ne s'était pas manifesté et elle doutait même d'en avoir à cause de son statut de sang-mêlé. Ce sont de "petits" pouvoirs ceci dit, personne n'est capable de mettre le feu à une baraque par la force de la pensée par exemple. Je pense préciser ça mieux pendant les corrections !)
Je suis contente que le rythme passe bien, ainsi que l'ambiance ! Je me suis bien amusée à décrire cette Tour ^^
... ça montre aussi que c'est tellement clair dans ma tête que j'oublie souvent que ça ne l'est pas pour le lecteur XD En gros, Ayden est à la tête d'une des neuf Tours, ce qui ferait techniquement d'elle une des neuf personnes les plus influentes de tout Galatea, sauf qu'avec le décès de sa famille et tout et tout elle est sous tutelle et n'a au final qu'une marge de manœuvre très réduite.
Merci de ton commentaire en tous cas !!
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