Ayden

Par Rimeko
Notes de l’auteur : Où on découvre une autre narratrice... :P
 

Galatea s'étendait à ses pieds.

Ayden Nathraich laissa son regard errer sur la ville et ses bâtiments qui, à cette distance, se fondaient les uns dans les autres. Les différentes zones se distinguaient clairement, toutefois – murs clairs et tuiles rouges pour les beaux-quartiers, pierre et ardoise pour les autres, et tout au bout, à la périphérie, la masse branlante des bas-fonds que la crasse barbouillait de noir. Sur la droite, accrochant les rayons aveuglants du soleil, rougeoyait le cuivre du Quartier des Usines, dissimulé çà et là par d’épaisses fumées recrachées par des cheminées toujours actives. Sur la gauche, étincelant comme une émeraude, se dressait le temple, perché sur un promontoire rocheux et flanqué des deux Tours où vivaient prêtres et prêtresses.

La jeune femme releva un peu la tête. Autour d'elle, bien plus proches et imposantes, se dressaient les Tours d'Améthyste, dont les silhouettes surmontées d'un soleil stylisé figuraient sur l’emblème de la ville. Chacune représentait un des piliers du pouvoir, de l’économie à la défense en passant par la science et la justice. De la Tour jaune, celle dont elle était la Haute-Dame, elle voyait toutes les autres – rose, rouge, bleue, grise, violette et blanche, plus celle des Losgaidh, en amérine, étonnant nuancier d’or et de zinzolin. Des petites passerelles les reliaient entre elles. La Citadelle surplombait le reste de la ville, à laquelle elle n’était reliée que par quelques ascenseurs et monte-chargeurs dissimulés à l’intérieur du promontoire rocheux. L’accès en était gardé nuit et jour – cela faisait partie des attributions d’Ayden d’y veiller, afin que personne d’en bas ne vienne troubler ceux qui vivaient là.

Et effectivement, même la constante rumeur de Galatea leur parvenait comme étouffée, lointaine, et parfois la jeune femme se surprenait à regretter qu’il en soit ainsi. Les derniers étages de la Tour, ceux destinés à la Haute-Famille en charge, demeuraient inhabités depuis la Nuit de Sang-Venin ; l’air y était pur et immobile. Seule une mélodie, lente et aiguë, s'élevait du piano dans la pièce avoisinante pour combattre le silence.

Puis la musique s’interrompit, bientôt remplacée par des pas qui se rapprochaient. Ayden garda son regard fixé sur les falaises du côté nord.

« Ça va être l'heure, tu sais », déclara doucement son cousin.

Elle acquiesça, toujours sans se retourner.

« Je sais.

— Si tu n'y vas pas, tu n'auras même pas l'occasion de faire entendre ta voix. »

Elle fit volte-face et le tissu vert de sa robe épousa son mouvement, révélant la courbe généreuse de sa cuisse. Dans une vingtaine de minutes commencerait le conseil hebdomadaire, où les Hautes-Dames en charge de chaque Tour étaient tenues de se rendre. Ainsi, les neuf femmes les plus puissantes de Galatea débattaient régulièrement des affaires de la cité… en théorie. En pratique, la séraphine qui leur avait fait l’honneur d’assister à la séance leur distribuaient ses ordres, et rares étaient les fois où elles osaient la contredire. Ayden s’y risquait, de temps en temps, en partie parce qu’elle n’avait plus grand-chose à perdre.

« Je vais y aller, Lukas, ne t'inquiète pas. »

Elle étendit les bras de chaque côté de son corps, laissant ses mains reposer sur le balcon sculpté dans une parodie d’assurance. Ses doigts pianotaient machinalement contre l’améthyste.

« Qu’est-ce qui ne va pas, Ayden ? »

Elle resta encore quelques instants silencieuse, son regard errant sur le mur couleur soleil.

« Hier, juste avant la cérémonie pour la nouvelle révolution, dit-elle finalement, quand la Grande Prêtresse a voulu me parler…

— Oui ?

— Dans la salle, il y avait aussi les séraphines, Symélène et Damariel Losgaidh. »

Lukas s’appuya contre le chambranle de la porte avec un soupir.

« Je crois voir où tu veux en venir…

—L’entrevue n’a pas duré longtemps, mais elle tenait à me rappeler qu’il n’y avait pas de représentante de notre famille dans le Haut Cercle. Ce sont ses mots exacts. Me “rappeler”. Comme si je pouvais oublier que j’étais celle qui était censée l’intégrer ! »

Elle désigna d’un geste agacé la couleur de son habit – vert, la couleur sacrée.

« Je te croyais exemptée de ce devoir vu… ce qui s’est passé. »

Elle haussa les épaules.

« Ils sont toujours capables de revenir là-dessus, surtout si les séraphines font pression par derrière…

— Par contre, elles ne comptent pas revenir sur notre mise sous tutelle, n’est-ce pas ? »

Après ce fiasco autour des Réformeurs, le groupuscule rebelle le plus actif de la ville, les Losgaidh avaient décrété qu’Ayden et Lukas n’étaient pas à même de diriger seuls la Tour Jaune, il y avait près de douze ans. Ayden en avait vingt, à l’époque, et elle venait à peine d’accéder au pouvoir à sa majorité, après la période de régence. Il avait été convenu, toutefois, qu’ils retrouveraient leur indépendance s’ils refaisaient leurs preuves…

« Je crois que la situation leur plaît bien, soupira Ayen. Entre l’effondrement de la Tour Violette et notre tutelle, ils n’ont plus qu’à se partager le pouvoir avec les Airgidhh.

— Et ce ne sont pas les autres citadins qui protesteraient.

— Je ne vais pas te contredire… »

Pendant un instant encore, son regard s’attarda sur Lukas. Ils se ressemblaient beaucoup, elle le savait – des boucles sombres encadrant un visage fin, le même nez aquilin, les mêmes prunelles dorées. Il y avait quelques détails cependant, à commencer par la peau plus sombre de Lukas, qui trahissaient leurs ascendances différentes. Ils étaient les deux derniers Nathraich, mais avant tout, aux yeux de la Citadelle toute entière, ils étaient des bâtards, des sang-mêlés.

Elle secoua la tête avant de se décoller de la rambarde :

« Je dois y aller.

— Ayden, à propos de… »

La jeune femme suspendit son mouvement. Lukas évitait son regard, la tête baissée, jouant machinalement avec la chaînette autour de son cou.

« Non, rien », lâcha-t-il finalement.

Ayden hésita quelques instants, ouvrit la bouche, la referma. Elle ne trouvait pas les mots. Elle leva le bras, effleura celui de son cousin. Ses doigts suivirent pendant un instant le tatouage qui s’y enroulait, jusqu’à effleurer une de ses cicatrices. Elle retira sa main, esquissa un sourire maladroit, puis quitta le balcon.

Elle venait de franchir la passerelle qui reliait sa tour à celle de la Justice lorsque son bracelet émit un petit cliquetis, l’informant d’un appel entrant. Elle amena son poignet à hauteur de sa poitrine, pressa un bouton et le bijou se scinda en deux, révélant un petit écran enchâssé au milieu du métal précieux. « Dame Jessalyne Airgidh », annonçait les minuscules chiffres bleutés. La jeune femme hésita un court instant, puis fit de son mieux pour ignorer la sensation désagréable au creux de son estomac et accepta la communication.

À sa droite, une portion du mur s’illumina soudain, puis un rectangle s’élargit et le visage de la Haute-Dame de la Tour Rouge se dessina petit à petit. Ses lèvres écarlates s’étirèrent en ce qui devait être un sourire, accentuant les rides qui creusaient ses joues.

« Bonjour ma belle. »

Sa voix se voulait caressante et en devenait poisseuse. Ayden serra les dents, se força à sourire à son tour.

« Bonjour Dame Jessalyne. 

— Comment vas-tu aujourd’hui ?

— Bien, mais je me rendais justement au conseil hebdomadaire, et… »

Son interlocutrice l’interrompit d’un geste de sa main aux longs doigts osseux. Un rubis ornait l’un d’eux.

« Le conseil est terminé. »

Les yeux de la jeune femme s’écarquillèrent légèrement.

« Que… Je… »

Elle prit une grande inspiration, déglutit difficilement.

« Mais… pourquoi ? reprit-elle. Il ne devait commencer qu’à quinze heures, dans dix minutes, et…

— Nous avons avancé l’horaire, à la demande de Dame Losgaidh. Tu n’en as pas été informée ? » s’enquit-elle en penchant légèrement la tête sur le côté.

Ayden dut se faire violence pour ne pas raccrocher brutalement.

« Non.

— Oh, quel dommage… Je suis désolée de ne pas t’y avoir vue, ma belle. »

Elle ne répondit pas.

« Que dirais-tu d’un rendez-vous à la fin de l’octane… solae, par exemple, hum ? Dans deux jours, si tu n’es pas trop occupée, bien sûr…

— J’ai le choix ? » lança-t-elle d’un ton faussement joueur.

Elle savait bien que le choix, elle ne l’avait pas. Jessalyne rit.

« C’est ce que je voulais entendre. À solae, alors… »

Sur un dernier sourire mielleux, elle coupa la communication. Ayden resta encore de longues minutes au milieu du couloir, le regard fixé sur le mur désormais aveugle. Un fourmillement parcourut son dos, le long de son tatouage, écho à l’étau dans sa poitrine qui ne s’était toujours pas desserré.

 

*          *          *

 

« Trente-trois, trente-quatre… »

Sa voix résonnait dans l’étroit escalier en colimaçon, tout comme le claquement de ses talons contre les marches irrégulières. Chaque pas faisait frissonner le tissu de sa robe.

« Quarante, quarante-un… »

Ses doigts effleuraient le mur légèrement humide. Le grain de la pierre contre sa peau lui semblait un repère rassurant, dans l’obscurité. Un souffle d’air froid faisait se dresser les poils sur ses bras nus.

« Cinquante-huit… »

La tête lui tournait, sans qu’elle sache si c’était à cause des spirales de l’escalier ou des ténèbres oppressantes. Les battements de son cœur lui semblaient plus forts que sa propre voix.

« Soixante-douze… »

Une odeur de renfermé assaillait ses narines. Personne ne semblait s’être enfoncé dans ses profondeurs depuis des années, peut-être même des décennies. Elle-même ne savait pas trop ce qu’elle faisait là. Cependant, un léger parfum attisait sa curiosité et la poussait à continuer à descendre – un mélange de fleurs et d’ambre, si familier et en même temps si lointain…

« Quatre-vingt-dix… »

Au-delà de cent, elle perdit le compte des marches et sa progression se poursuivit en silence. Petit à petit, des images naissaient dans son esprit. Elle savait ce qu’elle allait trouver au bout du chemin.

La pointe de ses bottes entra soudain dans la lumière alors qu’elle les posait sur la dernière marche. Elle leva la tête, plissa des yeux face à la lampe fixée au plafond. Comment pouvait-elle encore fonctionner, après tant de temps ? Des toiles d’araignée ornaient les coins de l’étroit vestibule.

Elle s’avança sur le sol nu, posa la main sur la poignée couverte de rouille, la fit pivoter. La porte s’ouvrit avec un grincement. Des plaques de mousse s’en détachèrent.

Pourtant, aussi contradictoire que celui puisse paraître, cette porte, elle l’ouvrait tous les jours.

Elle alla s’asseoir à même le sol, le dos appuyé contre la seconde porte, faite d’améthyste jaune celle-là, et en excellent état. Il y avait une petite grille à mi-hauteur. Elle l’entendit glisser sur son rail et résista à l’envie de se redresser pour jeter un coup d’œil par l’ouverture.

« Dame Nathraich.

— Gardienne. »

Ce n’était pas des mots qui s’échappaient de ses lèvres entrouvertes, mais un étrange sifflement, long et modulé. Et pourtant cela lui semblait aussi naturel que la langue humaine.

« Nous vous attendons.

— Je sais. Mais je ne vous trouve pas, je… je ne comprends pas. Que dois-je faire ?

— Écoute ton sang. Il saura te guider.

— Peut-être qu’il est trop faible. Je ne suis qu’une…

— … sang-mêlée, je sais. Cela ne te rend que plus forte. »

De longues secondes de silence s’écoulèrent. Elle passa la main dans ses cheveux bouclés.

« Que dois-je faire ? » répéta-t-elle.

Toujours le silence. Elle sentit une étrange chaleur croître dans sa poitrine.

« Répondez-moi ! »

Elle se tourna vivement, tenta d’apercevoir à travers l’ouverture quelque chose, n’importe quoi, un indice qui pourrait l’aider dans ses recherches… La grille se referma avec un claquement sec.

Ayden rouvrit les yeux. Au-dessus de sa tête se balançait mollement la soie de son lit à baldaquin sous la légère brise nocturne. La première lune correspondait au début du printemps, et l’air était assez doux pour qu’elle laisse la fenêtre ouverte la nuit. La silhouette à côté d’elle remua, mais elle n’y prit pas garde jusqu’à ce qu’une main vienne se poser sur son bras nu.

« Ça va ? »

La voix d’Isaya se réduisait à un murmure ensommeillé, à peine audible.

« Oui. Pourquoi cette question ?

— Tu fixes le mur depuis cinq bonnes minutes sans bouger, alors je me demandais à quoi tu pensais. »

Cinq minutes, vraiment ? Ayden se redressa un peu contre les coussins alors que ses doigts se mettaient à jouer avec ses cheveux. Ce rêve récurrent commençait franchement à l’agacer.

« Alors, à quoi tu pensais ? insista sa compagne.

— À rien de précis. »

Elle évitait de croiser son regard.

« Vraiment ?

— Oui. Pourquoi mentirais-je ? »

Isaya haussa les épaules, bâilla.

« À toi de me le dire. »

Elle n’avait même pas parlé à Lukas de ce rêve, alors elle ne comptait pas s’ouvrir à sa compagne de sitôt. Elle l’aimait bien – elle l’aimait même beaucoup – toutefois elle découvrait qu’elle ne lui faisait pas vraiment confiance – paranoïa ou instinct de survie, elle ne savait pas trop. Dans son esprit s’imposa soudainement le visage de Jessalyne Airgidh, accompagné du souvenir de leur rendez-vous. Demain…

« Il est quelle heure ? » demanda-t-elle abruptement.

La jeune femme à ses côtés rouvrit les paupières, grommela quelque chose puis se retourna pour attraper son digipad.

« Six heures du matin. »

Ayden repoussa les couvertures, frissonnant quand l’air frais entra en contact avec sa peau exposée, puis bascula ses jambes sur le rebord du lit.

« Tu te lèves ? »

Pour toute réponse, elle se mit sur ses pieds et marcha jusqu’à la salle de bains, où elle s’enferma. La lumière crue de l’ampoule la força à fermer les yeux quelques secondes. Elle ouvrit le robinet à tâtons, se passa les mains sous l’eau froide avant de s’asperger le visage. La serviette, laissée la veille sur le radiateur, était délicieusement chaude en comparaison.

Quand elle releva la tête, son reflet lui rendit son regard.

Elle effleura du bout des doigts la fine cicatrice qui allait du bord de ses cils jusqu’à son sourcil. Il y avait des jours où elle ne voyait qu’elle, au milieu de son visage, contrastant avec sa peau mate – elle, et son œil aveugle, d’une blancheur laiteuse. Avec ses cheveux désordonnés et son maquillage qui avait bavé, elle se sentit laide tout à coup. La céramique du lavabo était froide sous ses doigts, ses phalanges pâlissaient sous la pression. Elle ferma les paupières, se força à respirer tranquillement, jusqu’à ce qu’elle se soit ressaisie. Mécaniquement, elle commença à se préparer pour la journée, se focalisant sur sa tâche pour faire taire son esprit. Essuyer le khôl sous ses yeux. Attraper sa brosse, commencer à démêler ses boucles avant de les laver. Ôter ses sous-vêtements, placer sa serviette sur le bord de la douche. Avant d’y entrer, elle sourit au miroir, assez pour dévoiler l’éclat de ses dents.

Elle ne pouvait se permettre aucune faiblesse.

Une vingtaine de minutes plus tard, Ayden revint dans sa chambre, totalement nue à l’exception de la serviette qui contenait ses cheveux mouillés. Quelques gouttelettes s’attardaient sur sa peau, minuscules perles qui scintillaient dans la lumière de l’aube. Les rayons de l’astre levant, se diffusant à travers les murs d’améthyste jaune, nimbaient ses courbes généreuses d’une brume dorée.

« Tu ressembles à une déesse, comme ça, » murmura Isaya d’un ton appréciateur.

Ayden jeta un coup d’œil par-dessus son épaule alors qu’elle ôtait la serviette. Ses boucles, alourdies par l’eau, cascadèrent dans son dos, dissimulant son tatouage.

« Tu es encore là ? » lança-t-elle nonchalamment.

Sa compagne fronça le nez.

« Hé bien, oui. Ça te dérange ?

— Non... Je pensais simplement que tu serais déjà partie.

— Il n’est même pas sept heures, et… et puis j’espérais que tu viendrais te recoucher avec moi. »

Elle tendit une main en guise d’invitation, un léger sourire s’épanouissant sur son visage rond. Ayden l’observa quelques instants sans un mot. Son abondante chevelure crépue lui faisait un halo, les draps blancs un cocon qui mettait en valeur sa peau sombre. Elle la trouvait attirante.

« J’ai des choses à faire. »

Elle lui tourna le dos à nouveau, se penchant pour récupérer ses vêtements abandonnés la veille sur le rebord de la fenêtre. Pantalon noir moulant, débardeur vert – c’était sa couleur, qu’elle le veuille ou non. Tout en ajustant sa ceinture d’une main, elle ouvrit les rideaux de l’autre. Dans son dos, sa compagne protesta d’un gémissement contre l’arrivée impromptue de lumière dans la chambre.

« Tu peux rester si tu le souhaites, mais ne m’attends pas, je ne rentrerai pas avant ce soir. Bonne journée Isaya. »

Elle attrapa son sac et sortit sans attendre de réponse.

Le claquement de ses talons résonnait le long des couloirs vides. Elle résista à l’envie de compter ses pas à haute voix, comme elle le faisait dans son rêve, rien que pour rendre le silence moins écrasant. Comme d’habitude, la partie supérieure de la Tour Jaune était déserte – les citadins inférieurs vivaient dans les étages les plus bas – et la jeune femme descendit les étages sans croiser âme qui vive. Ceux qui y travaillaient n’étaient pas encore arrivés, et ils n’étaient plus que trois à y résider à plein temps – elle, Lukas, et la vieille femme qui occupait le poste de garante. Peut-être était-elle une Nathraich, elle aussi, cependant ses yeux étaient indiscernables derrières ses épaisses lunettes. Ayden lui avait déjà posé la question et elle n’avait reçu pour toute réponse qu’un mutisme anxieux. Elle en avait déduit qu’elle avait vécu la Nuit de Sang-Venin, et pendant un instant elle avait pensé en tirer des informations intéressantes, toutefois la gardienne demeurait résolument muette dès qu’elle se risquait sur ce terrain. Elle avait abandonné – elle sentait que cela ne servait à rien et que si elle continuait, elle risquait de frapper la vieille femme. Ses poings se serrèrent convulsivement à ce souvenir. Elle n’en pouvait plus de se heurter au même mur, encore et encore.

La jeune femme leva la main à hauteur de ses yeux, observant les empreintes en demi-lune que ses ongles y avaient laissé. Elle soupira, laissa retomber son bras… puis regarda autour d’elle.

Elle avait pensé aller à son bureau et s’occuper de la charge de documents qui s’y entassait, ou peut-être aller aux archives, tenter une nouvelle fois de déceler quelque chose d’intéressant qui lui aurait, par mystère, échappé les fois précédentes. À la place, elle se trouvait un étage trop bas, ou une dizaine trop haut, selon la destination qu’elle aurait finalement choisie, devant une entrée que personne ne franchissait plus. Elle posa la main sur la poignée et le froid du métal se communiqua à ses doigts. Peut-être était-ce pour cette raison qu’elle frissonna – elle essayait de s’en persuader, du moins. Puisqu’elle se trouvait là, autant le faire tout de suite. Soudain, son sac pesait plus lourd sur son épaule.

Lentement, Ayden fit tourner la clenche et poussa le battant d’améthyste jaune. Un instant, les images de son rêve lui revinrent en mémoire – mais cette porte-là ne possédait pas de grille ou d’ouverture de quelque sorte, et puis surtout elle pouvait la franchir. Des portes, elle avait l’impression d’en rencontrer à longueur de temps, dans la vraie vie et dans ses rêves – et pourtant toutes s’ouvraient sur des impasses.

Elle fit quelques pas au milieu de l’antichambre, le bruit de ses talons étouffés par le mince tapis aux couleurs passées. Elle pianota sur la porte suivante, la lumière de l’écran donnant une teinte verdâtre à sa peau dorée et creusant ses traits.

« Accès autorisé. Bienvenue, Haute-Dame Nathraich. »

 Elle enroula une de ses boucles autour de son doigt. Cela n’aurait pas dû être à elle de porter ce titre.

Une fois le seuil franchi, la jeune femme se retrouva dans un bureau de réception, somme toute assez similaire à celui qu’elle possédait à l’étage du dessus, à l’exception près de l’épaisse couche de poussière qui recouvrait la moindre surface. Elle laissa glisser ses doigts sur le bois d’une des étagères, poussée par l’étrange besoin de laisser une trace dans ce monde immobile. Elle osait à peine respirer.

Elle s’arrêta un instant, pencha la tête pour lire les titres des classeurs et cahiers qui s’entassaient sur les rayonnages. Des registres de compte, pour la plupart – elle les avait déjà feuilletés, et examiné plus avant ceux qui l’intéressaient, cependant elle n’avait rien trouvé de concluant. Elle referma sèchement le volume dont elle s’était saisi. Le petit nuage qui s’en échappa la fit éternuer. Elle se figea. Le son résonnait contre les murs, dans les salles vides, l’écho se répercutant comme une onde de choc. Elle déglutit difficilement, reprit sa progression à travers les appartements. Elle devait se rendre en leur centre. Ils appartenaient à sa famille, alors pourquoi s’y sentait-elle aussi étrangère ?

Elle s’arrêta au milieu du petit salon, sa destination, tourna sur elle-même. Ici, la plupart des meubles avaient disparu – il ne restait qu’un petit guéridon dans un coin, une table basse et une chaise à laquelle on avait arraché son revêtement. Au mur se trouvait un croquis jauni par les années, encadré, représentant la pièce telle qu’elle avait été – des divans, un épais tapis, d’imposants fauteuils, et surtout des gens, une dizaine de personnes, confortablement installées au milieu des coussins brodés. Ayden s’en approcha, détailla les visages, espérant contre toute attente reconnaître l’un d’eux, toutefois elle n’y glanait que quelques détails similaires à ses propres traits ou à ceux de Lukas. Elle n’avait pas connu tous ces gens. Son attention s’attarda sur la femme, debout au milieu de la scène, un verre de vin levé très haut. Que faisait-elle ? Donnait-elle un discours, récitait-elle un poème, racontait-elle une histoire drôle... ? Ses vêtements la désignaient comme la Haute-Dame de l’époque – Zeldarya, probablement, au vu de la date griffonnée en bas à gauche du dessin : an 413 après l’Anthélie. Quarante-deux années, ce n’était pourtant pas si long…

La jeune femme se retourna, balaya encore une fois du regard le salon laissé à l’abandon.

« Tout a tellement changé… »

Les derniers mots moururent sur ses lèvres. Elle ne se sentait pas le droit d’élever la voix dans cet endroit, toutefois le silence l’oppressait. Ici, dans ces appartements où elle était la seule à mettre les pieds depuis maintenant vingt-cinq ans, il lui semblait assourdissant.

Elle passa dans la pièce suivante et, sans prêter la moindre attention aux meubles retournés et fracassés qui en jonchaient le sol, s’avança jusqu’au miroir brisé, suspendu sur le mur d’en face. Au milieu de la poussière se devinait encore les mots qui y avaient été inscrits au marqueur indélébile. D’un geste mal assuré, elle l’essuya, recula d’un pas.

« Ici s’est achevée la Nuit de Sang-Venin. »

Elle sentit son cœur se serrer et elle baissa les yeux pour ne plus voir l’inscription. Juste en-dessous du miroir s’élevait un petit autel d’améthyste jaune, qui semblait luire doucement dans la lumière du jour. Elle s’agenouilla sur le sol, posa son sac devant elle, fouilla dedans pour en sortir neuf cierges longs et fins, d’un jaune délicat. Elle rapprocha le chandelier rituel, et pendant quelques minutes s’astreint à en ôter tout résidu de cire fondue, avant de placer les nouvelles bougies. La branche du milieu dépassait un peu des huit autres, conformément à une des reliques conservées dans le Temple. Quand Ayden les alluma, un à un, religieusement, des petites flammes vertes pointèrent à leur sommet, d’abord timides, puis plus assurées, s’élevant vers le plafond. Elles se reflétèrent dans les yeux vairons de la jeune femme juste avant qu’elle les ferme.

« À ceux qui ne sont plus là… »

Ses mains trouvèrent d’elles-mêmes le petit récipient placé derrière le chandelier. Elle n’avait pas besoin de voir pour savoir ce qu’il contenait : de petites perles de cendre jaunes, tout ce qui restait des défunts. Elle hésitait à les laisser là, à l’endroit où ils étaient morts, sauf qu’ils y avaient vécu également, que c’était leur maison, et que sûrement cela devait le rester.

« Que la paix soit sur vous, que la Déesse vous pardonne, ainsi qu’à nous. Bientôt nous vous emboîterons le pas, quand Elle le décidera. »

La jeune femme reposa les perles de cendre, prit une inspiration tremblante. Les mots consacrés, qu’elle répétait à chaque Première Lune, lui semblaient toujours aussi vides de sens. Les premières années, Lukas était venu avec elle, parce qu’elle était trop jeune, cependant maintenant il refusait de revenir dans ce qui avait été les appartements de leur famille. Pour elle, c’était plus facile. Elle ne les avait jamais vraiment connus.

Elle tendit le bras et ramena à elle le recueil posé à côté du petit autel, commença à en tourner lentement les pages. En-dessous des photos de chaque défunt avaient été écrits quelques paragraphes sur leur vie. Elle effleura les lettres du bout des doigts. Comment pouvait-on raconter une existence entière en si peu de mots ?

Elle revint au début et entama sa lecture. Elle savait d’expérience qu’elle mettait près de quatre heures à le parcourir en entier, le temps que mettaient les cierges à se consumer.

Au bout d’un certain temps, elle le reposa à côté d’elle, se leva pour se dégourdir les jambes et fit à nouveau face au salon dans son ensemble. Ceux qui l’avaient nettoyé avaient été consciencieux – le parquet d’un bois lumineux ne portait pas la moindre trace de ce qu’il s’était passé, sauf peut-être quelques rayures. Elle tenta de se représenter la scène, renonça bien vite. Pour commencer, elle n’en savait que trop peu sur ce qui s’était passé, et ensuite, elle n’était pas sûre de vouloir y remédier. Tout ce qu’elle désirait apprendre, c’était…

« Pourquoi ? »

Sa question se perdit dans l’air alourdi de poussière et d’immobilité. Elle resta encore de longues minutes debout au milieu de la pièce, comme pour attendre une réponse qui ne vint jamais, avant de se rasseoir devant l’autel.

Après tout, les morts ne parlaient pas.

 

 

 

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Isapass
Posté le 03/12/2020
Salut Rim !
J'avais lu ce chapitre tout de suite après avoir commenté (en direct XD) le précédent, mais je n'avais pas commenté, honte à moi. Je profite des HO pour continuer !
J'aime beaucoup le contraste de ce point de vue avec celui de Syam, parce qu'on a la sensation qu'on va avoir accès à tous les "niveaux" de ton univers, ce qui est très sympa. Le contraste ne s'arrête pas qu'au rang social, d'ailleurs, mais aussi à l'état d'esprit des personnages, ce qui est très bien sous-tendu par le rythme : plutôt rapide dans le chapitre précédent, beaucoup plus lent ici, comme pour illustrer l'immobilisme forcé de Ayden.
Il y a beaucoup de choses qui attisent la curiosité : l'histoire d'Ayden, son état de "sang-mêlée", la fameuse Nuit de Sang-Venin et l'histoire de sa famille, ce que lui veut Jessaline... Cependant, je t'avoue que j'ai été un chouia frustrée parce que j'ai eu l'impression que c'était presque trop en retenue. Je veux dire : tu tends plein de petits bouts de fils, sans qu'on puisse en saisir aucun. Du coup, à la fin du chapitre, ma raison sait que ce sera très riche et qu'il va y avoir plein de trucs à découvrir, mais je ne crève pas d'envie de tourner la page. Un peu comme si tu m'avais montré vite fait des plats appétissants, mais de trop loin et trop rapidement pour que leur fumet me parvienne et me donne envie de me jeter dessus.
J'ai cru que tu allais me donner un os à ronger dans la dernière scène mais même là...
Alors c'est peut-être juste moi, hein, j'ai besoin d'un fil rouge, même un faux, histoire de pouvoir essayer de deviner quelle piste tu vas me faire suivre. Peut-être que tout le monde n'a pas ce besoin.
Je pense qu'il ne manque pas grand chose, en fait. Déjà, je suis un peu gênée de ne rien savoir sur ce que cherche Ayden. On voit qu'elle se sent bloquée, mais on ne sait pas à propos de quoi. Du coup, pour moi, ça freine l'empathie pour elle : je ne peux pas éprouver ce qu'elle éprouve, puisque je n'en sais pas assez.

Bon, ceci dit, c'est du pinaillage, hein : c'est remarquablement écrit et je sens que ton univers va me laisser pantoise !

Je continue, bises !
Rimeko
Posté le 04/12/2020
Coucou Isa !
Alors, ça lit en loucedé je vois ? :P
L'avantage, c'est que tes remarques vont tout à fait dans le sens du projet de réécriture qui dort au fond de mon ordi xDD Autant effectivement c'est voulu qu'il y ait un fort contraste entre ces deux personnages, par l'âge et par leur expérience de vie, et qu'Ayden soit beaucoup moins libre de ces mouvements, autant... ouais, elle tourna carrément en rond dans ce chapitre, et c'est p'têt parce que j'avais aucune idée de quoi faire d'elle aussi tôt dans l'histoire xD
Tu parles de bouts de fil, et bien justement, je tâtonnai pour savoir lequel tendre aux lecteurices :P Je sais ce qu'Ayden cherche (encore heureux), je sais ce qui se passe par la suite, mais comme tu l'as si bien pointé, il me manque le fil rouge avec lequel lancer son histoire. C'est d'ailleurs mon problème en général, je pense "personnages" et pas "intrigue" ^^ Je pense quand même avoir trouvé, mais voilà, c'est cet arc particulièrement qui est en chantier...
Du coup merci beaucoup pour ton com', il me confirme que j'avais bien cerné le problème à régler, reste à.... eh bien, le régler :P Je file à ton autre com' !
Xendor
Posté le 07/12/2019
Bigre, le contraste est saisissant entre Syam et Ayden. Je suis également intéressé par ce parallèle entre les classes d'anges et les autorités de la cité d'améthyste. La Grande-Prêtresse serait-elle un chérubin à tout hasard ? En tous cas je compatis pour Ayden qui ne semble ni avoir voulu cette vi, ni les gens qu'elle cottoie. Bien entendu, je suis intrigué par la Nuit de Sang-Venin. Je crois que c'est sûrement une nuit du même genre que la Nuit de Cristal en Allemagne nazie, avant la seconde guerre mondiale. Une nuit où toute l'élite de certaines familles ont été mutilées et anéanties par les familles rivales. Enfin, je ne le saurai que dans la suite mais voilà mon idée.
Rimeko
Posté le 12/12/2019
Oui c'est clair que mes deux filles n'ont rien en commun XD
... Quel parallèle ? Et pourquoi un chérubin ? Je sais que j'ai vraiment pas été claire sur tout ce qui entoure le gouvernement de la Cité d'Améthyste (c'est, genre, le premier truc que je compte revoir à la réécriture), mais celle-là c'est nouveau :P Bon, du coup, je te fais les explications là : neuf familles, chacune associée à une tour, une couleur et une fonction, gouvernement Galatea. L'une d'elles, celle qui s'occupe de la Religion (Tour Verte), a un charadesign d'anges, tandis que les autres familles ont des apparences humaines (à l'exception de quelques couleurs d'yeux étranges).
Il y a peu de gens qui choisiraient d'être en théorie au pouvoir et en pratique de servir un peu de paillasson, en même temps :P Et oui, pour la Nuit de Sang-Venin, les grandes lignes sont assez claires (niak niak), tu verras après pour le reste, oui ;)
Je file à ton prochain com' !
Xendor
Posté le 12/12/2019
Je parlais de Chérubins parce que dans la Bible ce sont LES anges les plus proches de Dieu. Quand tu regardes les textes hébreux et chrétiens tu te rends compte que dans la hiérarchie ils sont juste en dessous de Dieu ... C'est pour cela que je me disais que comme tes prêtresses étaient aîlées et avaient beaucoup de pouvoirs, je me disais qu'en effet ce serait peut-être l'image de chérubins. Apparemment non, mais pas grave :)
Rimeko
Posté le 13/12/2019
J'avoue que je ne connais pas les textes bibliques si bien que ça (oui c'est un peu bête vu que la religion de Galatea est basée dessus... enfin, c'est plutôt comme si les habitants avaient retrouvé des morceaux de textes religieux de l'Ancien Monde et avait extrapolé par dessus, du coup je peux me permettre de ne connaître que les fragments en question XD)
Du coup non les prêtres et prêtresses sont plutôt humains, juste avec des ailes :P Même si ça arrange bien la Citadelle qu'on les considère comme des anges à part entière...
Xendor
Posté le 13/12/2019
En effet :/ plus le mensonge est gros, mieux ça marche
ChachaLaBaveuse
Posté le 10/05/2019
Salut Rimeko, j'ai lu ton chapitre depuis quelques jours, mais n'ai pas trouvé le temps de commenter.
C'est très bien, et on sent que cet arc narratif sera très différent de celui de Syam. J'ai aimé ce contraste entre la jeunesse et l'enthousiasme de Syam et le désespoir sourd d'Ayden que l'on sent écrasée sous un lourd passé.
J'ai évidemment envie de savoir ce qui s'est passé lors de cette fameuse nuit. Et ce que veulent dire ses rêves récurrents qui sont sans doute très importants pour qu'elle fasse avancer sa situation. On sent qu'en l'état, elle ne sait pas trop où trouver des ressources pour avancer.
Je reviendrai avec plaisir pour la suite de tes aventures.
Une petite remarque pour finir. J'aime beaucoup ton style et ce passage m'a gêné car il m'a paru ne pas correspondre à ta plume : "tout au bout, à la périphérie, la masse branlante des bas-fonds qui pourrait être colorée de par ses matériaux composites, mais que la crasse barbouillait de noir." le "de par" suivi du "mais que" m'ont gênée à la lecture et j'ai repris la phrase deux fois, ce que je n'ai jamais eu à faire sur le reste des deux chapitres. Et je pense qu'il y a un problème de concordances des temps. Je comprends parfaitement l'image mais je préférerais plus de légèreté dans la phrase. Ceci dit c'est évidemment toi l'écrivain et ce n'est qu'un petit bout de phrase dans un chapitre de qualité.
Très bonne journée 
Rimeko
Posté le 10/05/2019
Salut ! J'ai fait la même chose avec ton commentaire, donc on est quittes :P
Effectivement, les arcs narratifs sont très différentes les uns des autres ! Je suis contente qu'on sente bien la distinction entre les personnages en tous cas ^^ (Par contre, très exactement, ce sont les conséquences de ce lourd passé qui pèsent sur Ayden... Mais bon, je crois que c'est un peu explicité dans son deuxième chapitre. Et oui, on va en apprendre plus sur Sang-Venin, c'est un des points principaux de son histoire ;) )
J'aime bien ce que tu dis sur les "ressources pour avancer", parce que c'est effectivement ça, elle piétine en voulant agir, mais sans savoir quoi faire. Juste une petit inquiétude : ce n'est pas ennuyeux pour le lecteur ? (Quelqu'un m'avait fait la remarquer qu'elle semblait aussi un peu errer sans but à la fin du chapitre...)
Héhé, je n'aime pas cette phrase non plus - enfin, j'aime bien l'image, mais pas la façon de l'exprimer - et je me suis dit après l'avoir contemplée pendant cinq minutes en attendant l'illumination divine que boooooh ça passait... Ouais, toujours faire confiance aux lecteurs pour mettre le doigt sur ce qui cloche lol (C'est fort possible qu'il y ait un problème de concordance des temps aussi, je suis un peu un boulet avec la conjugaison)
Merci de ton passage en tous cas, ça me fait très plaisir <3
ClaireDeLune
Posté le 08/05/2019
Cocuou ! apr-s avoir lu le premier chapitre en fantôme je me décide à commenter...
J'adore cette histoire, ! le monde que tu proposes est très intriguant et original. Pour le moment je préfère Ayden à Syam; cette histoire de Nuit de Sang-Venin m'intrigue beaucoup. Hâte d'en savoir plus  !
Rimeko
Posté le 08/05/2019
Coucou ! Ravie de te voir par ici :) Et encore plus ravie que ça te plaise !
Ça me fait plaisir ce que tu dis sur l'univers, je crois que comme tous les auteur.e.s j'ai toujours un peu peur que ça soit, pas vraiment du plagiat, mais juste pas de la nouveauté quoi ^^
Et je t'avoue que j'aime beaucoup Ayden aussi :P (Même si ses chapitres sont les plus durs à écrire, arg) C'est drôle d'ailleurs, la deuxième personne qui a commenté ce chapitre disait préférer Syam ! Quant à la Nuit de Sang-Venin, le lecteur en saura progressivement de plus en plus (et les persos aussi en fait), vu que c'est un des points principaux de l'arc d'Ayden...
Merci de ton passage en tous cas, et rendez-vous au prochain chapitre ! ;)
Gabhany
Posté le 22/05/2019
Hello Rimeko !
VOilà un chapitre qui pose plein de mystères et de questions ! Qu'est-ce exactement que la fonction de Haute-Dame ? Qu'est-ce que la nuit de Sang-Venin ? Qu'est-il arrivé à la famille d'Ayden et de Lukas ? C'est très intrigant et je suis très curieuse d'en savoir plus.
J'ai juste un petit bémol, il y a peut-être un peu trop d'informations d'un seul coup. Entre le fonctionnement politique et ses intrigues, la nuit de Sang-Venin, le rêve, sa discussion pleine de sous-entendus avec son cousin... je pense que tu vas expliquer tout ça dans les prochains chapitres, mais peut-être peux-tu distiller un peu plus les infos sur plusieurs chapitres, au lieu de tout concentrer dans un seul ?
A part ça, ton style est toujours aussi agréable à lire, et ton monde a l'air complexe et foisonnant. Je vais lire la suite avec plaisir.
A bientôt,
Gab 
Rimeko
Posté le 22/05/2019
Hello Gab, ravie de te retrouver par ici ;)
... Je crois que mon monde est trop complexe en fait XD Surtout qu'il manque encore des infos apparemment : je pensais qu'on comprenait déjà ce que la fonction de Haute-Dame impliquait, par exemple... (En gros, les neuf Tours représentent chacune un aspect du pouvoir, par exemple l'économie, la science, etc, et les Hautes-Dames sont celles qui sont à la tête de chaque Tour, donc entre la seigneuresse et la ministre :P Tu avais compris ça, ou... ?)
C'est vrai qu'il y a beaucoup d'infos, j'en suis bien consciente, sauf que 1) j'ai besoin de les introduire assez vite, quand même, et 2) hé bien, d'un point de vue moins artistique, ça risquerait de faire un chapitre minuscule si j'en enlève (déjà, celui-là est plus petit que le premier, d'un bon millier de mots...) ; du coup je sais pas trop quoi faire :/ Parce qu'échanger des scènes entre les chapitres, je ne suis pas sûre que ça arrange les choses... Quoique. Je vais y réfléchir !
Je t'attends sur le troisième chapitre alors, et encore merci de ta lecture <3
Rachael
Posté le 02/06/2019
Ah, ah, des intrigues politiques… Bon j’avoue que ça reste nébuleux pour le moment… L’architecture du pouvoir et les fonctions des hautes-dames, c’est encore mystérieux pour moi. On dirait bien, cependant, que les autres cherchent à garder Ayden à l’écart, en changeant l’horaire du conseil par exemple.
Ayden est un personnage beaucoup plus mélancolique que Syam. Plus mûr aussi. On sent que des choses triste et marquantes lui sont arrivées, durant cette fameuse nuit Sang-Venin, sûrement, et que ce passé pèse sur elle. On dirait bien que ça a annihilé l’ensemble de la famille et qu’il ne reste qu’elle et son cousin (en tout cas, c’est ce que je comprends). Elle n’a même pas confiance dans sa compagne, c’est triste.
Il y a déjà beaucoup d’information dans ce chapitre, mais peut-être gagnerais-tu cependant à rendre plus clairs certains aspects, notamment liés au pouvoir. Après tout, ça ne fait pas partie des choses secrètes et il serait peut-être bon que le lecteur comprenne vite certains aspects de la politique de ton univers, afin de ne pas rester dans le flou, alors qu’il y a visiblement des choses qui se jouent au niveau politique et qu’on ne les capte pas trop pour le moment.
Sinon, c’est toujours bien écrit, dynamique et agréable à lire. Je trouve que ton écriture se bonifie !
Détails
La Citadelle surplombait le reste de la ville, auxquelles elle n’était reliée que par quelques ascenseurs : à laquelle (la ville)
lorsque son bracelet émis un petit cliquetis : émit
faite d’améthyste jaune celle-là : pourquoi « celle-là », tu ne dis rien sur d’autres portes avant.
Personne ne s’était enfoncé dans ses profondeurs depuis des années/ Pourtant, cette porte, elle l’ouvrait tous les jours : ce n’est pas un peu contradictoire ? (comme on ne sait pas encore que c’est un rêve, ça parait étrange…)
Rimeko
Posté le 02/06/2019
Hé bien, tu lis vite XD
Je me sens un peu bête ceci dit, parce que j'ai mis en ligne une version corrigée de ce chapitre, genre, une heure ou deux après ton commentaire... Bon, il n'y a pas beaucoup de changements, juste un peu plus d'explications autour du fonctionnement politique justement, et un petit passage qui explique qu'Ayden se rend dans les anciens appartements de sa famille pour une sorte de rituel funéraire (au lieu de juste se balader par là pour aucune raison valable).
Concernant plus précisément les ajouts sur la politique, puisque tu en parles :
- "Chacune [des Tours] représentait un des piliers du pouvoir, de l’économie à la défense en passant par la science et la justice."
- "Dans une vingtaine de minutes commencerait le conseil hebdomadaire, où les Hautes-Dames en charge de chaque Tour étaient tenues de se rendre. Ainsi, les neuf femmes les plus puissantes de Galatea débattaient régulièrement des affaires de la cité… en théorie. En pratique, la séraphine qui leur avait fait l’honneur d’assister à la séance leur distribuaient ses ordres, et rares étaient les fois où elles osaient la contredire. Ayden s’y risquait, de temps en temps, en partie parce qu’elle n’avait plus grand-chose à perdre."
- "Après ce fiasco autour des Réformeurs, le groupuscule rebelle le plus actif de la ville, les Losgaidh avaient décrété qu’Ayden et Lukas n’étaient pas à même de diriger seuls la Tour Jaune, il y avait près de douze ans. Ayden en avait vingt, à l’époque, et elle venait à peine d’accéder au pouvoir à sa majorité, après la période de régence. Il avait été convenu, toutefois, qu’ils retrouveraient leur indépendance s’ils refaisaient leurs preuves…"
Tu penses que ça suffit... ? Et oui, effectivement, les séraphines essaient de garder Ayden et Lukas à l'écart, parce que leur Tour était auparavant puissante et du coup la situation arrange plutôt bien les séraphines (qui sont donc les deux grandes dirigeantes, un peu commes les présidentes / reines) ^^
Déjà, Ayden a plus de quinze ans de plus que Syam, alors forcément :P Et puis en tant que dirigeante elle se doit d'être plus posée. Et oui, tu as bien compris pour la Nuit de Sang-Venin, même si des détails seront donnés plus tard ! (Exactement, Ayden ne l'a pas vraiment vécue, parce qu'elle était très jeune, mais oui ça bien fait d'elle une orpheline donc forcément...) Et oui aussi, sa relation avec Isaya (la compagneà est compliquée...
Au niveau des informations, tu n'as pas trouvé qu'il y en avait trop (quelqu'un m'a fait la remarque...) ?
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