Après la bataille

Par Kalten
Après la bataille Le champ de bataille était jonché de cadavres. On ne pouvait faire un pas sans marcher sur un corps sans vie. Seul le bruit de suçons que faisaient ses bottes à chaque pas dans la boue brisait le silence pensant qui s’était installé. Des cendres flottaient encore dans l’atmosphère, entrant dans les poumons provoquant ainsi quelques quintes de toux sèche, étouffante. Toute la plaine n’était qu’un vaste terrain boueux où des arbres calciné s’élevait difficilement vers le ciel couvert de nuage d’un blanc cassée. On n’y trouvait plus aucune herbe, plus aucune présence de vie, animal, végétale et humaine… Le jeune capitaine essayait de croiser le moins souvent possible le regarde vide de ses anciens compagnons de bataille, de voir ces corps mutilé, éventré, tranché de tout part de voir tout ce sang que la boue finit lentement par absorber…Les mouches commençaient déjà à envahir tout la plaine. Dans quelques jours, tous les cadavres ne seront plus qu’un immense nid qui aideront aux générations futur de mouche et autre insecte de grandir confortablement. L’odeur de sang et de cadavre en putréfaction lui mettait le cœur au bord des lèvres. A cet instant, il aurait donné n’importe quoi pour être le plus loin possible d’ici… Pourtant il voulait être sure. Il voulait le voir de ces yeux. Il avait ordonné à plusieurs de ces hommes d’aller sur le champ de bataille avec lui, pour voir s’il n’y avait pas des rescapés ; même si il savait parfaitement qu’il y avait peu de chance d’en trouver… Le combat avait été long et terrible. Il revoyait encore quelques images du combat auquel il avait participé quelques heures avant. Ce n’était que par flash mais tous aussi horrible les une que les autres. Du sang giclant d’un ventre, une tête se détachant du reste de son corps, un soldat se faisant transpercé par une épée, une flèche s’enfonçant dans la chaire, les hurlements de rage, de douleur ; des gémissements d’agonies. Le capitaine ferma ses yeux et passa sa main tout le long de son visage, comme cela pouvait enlever ces images de la tête. Le plus désagréable restait encore à venir : regrouper tout les cadavres, qu’il soit ami ou ennemi, les empiler les uns sur les autres et les brûler. Le jeune homme détestait ces moments là car c’est dans ces instants qu’on sent la Mort. L’odeur de chaire humaine brûlé lui soulevait le cœur et ne le rendait que plus conscient encore que la vie se brisait si facilement… -Capitaine Kwel ! Cria un soldat .Nous avons trouvé un survivant ! Ces paroles sortir le jeune homme de ses réflexions et lui mirent un peu de baume au cœur. Si il en trouvait un peu être qu’il en trouverait d’autre. Le capitaine s’approcha rapidement du soldat accroupit près du rescapé. Kwel senti son cœur se serré. Le survivant qu’il avait trouvé n’était autre que son lieutenant. Il s’accroupit et posa une main sous la nuque de son camarade pour essayer de sortir au moins sa tête de la boue. -Vorln, appela le capitaine avec précipitation, Vorln tu m’entends ? -Bien sure…répondit faiblement le lieutenant, je ne suis pas sourd…Mais par contre…je ne vois presque plus rien…Il fait nuit ? Le cœur de Kwel se sera encore d’avantage. Il était en plein milieu de l’après midi et bien que le soleil soit caché les nuages, il faisait encore claire. Le capitaine vit rapidement que son compagnon avait une profonde blessure aux cotes et à la jambe droite. Il se vidait de son sang lentement mais sûrement. -Nous…avons gagné ?demanda Vorln le regard vide. -Oui répondit Kwel, nous avons réussi à les repousser vers les montagnes. -Je te l’avais bien dit…que…ma stratégie allait…marcher. Poursuivit le lieutenant un sourire narquois. Vorln eu un petit rire rapidement coupé par une quinte de toux et une grimace de douleur. C’était bien Vorln ! Même à la porte de la Mort, il ne pouvait s’empêcher d’être sarcastique ! Kwel et Vorln n’on jamais été vraiment en accord parfait. Chacun une vision des choses bien différente de l’autre. Chaque discutions pouvait se conclure par un duel que se soit pour des sujet d’ordre militaire ou sur des sujets sans importance. Bien que Kwel soit capitaine et donc, son supérieur, Vorln le prenait toujours en quelque sorte, de haut. Critiquant toujours sa façon de dirigé ses hommes et ses combats mais de manière subtile qui frisait le conseil de guerre. Mais Kwel appréciait cela. Il avait besoin de quelqu’un comme Vorln. Trop de responsabilité était sur ces frêles épaules qui menaçaient de se briser à n’importe quel moment. Ses supérieurs avaient nommé Vorln son lieutenant sans qu’il en soit au courant et il avoue qu’avec le temps, il avait commencé à apprécier ces sarcasmes et ses critiques. Avec lui, il était toujours sure de prendre la bonne décision et qu’il pourrait continuer d’avancer sans crainte. Même si il y avait cette sorte d’amitié entre eux, cela n’empêchait nullement quelque fois de « bonne engueulade ». Vorln fini par reprendre difficilement son souffle mais avec un étrange sourire aux lèvres. -Je crois que là…je ne vois vraiment plus rien… Kwel ne savait plus quoi dire. Il ne pouvait que regarder son lieutenant mourir doucement. -Ne cherche pas d’excuse pour ne plus pouvoir planifier les combats avec moi ! s’exclama soudain Kwel. La réalité l’avait frappé de plein fouet. Il allait devoir se débrouiller seul pour la suite. Il ne pouvait rien faire pour changer se qui se passait devant lui. Il ne pouvait empêcher tout se sang de couler de la blessure de son camarade. Il était impuissant. Face à ce sentiment d’inutilité il senti de la colère monté en lui. -Je t’interdis de mourir ! C’est un ordre ! Je suis ton Capitaine ! Tu me dois au moins obéissance ! Criait presque Kwel en agrippant fermement la tunique de Vorln, essayant lâché la nuque de celui-ci. -Ne fais pas…de caprice comme ça…gamin… La voix du lieutenant s’éteignait de plus en plus. Kwel n’en était que plus énervé. -Je ne suis pas un gamin ! On va soigner tes blessures et quand tu pourras te lever, je te promets que je te fous mon point dans la tronche pour avoir insulté ton supérieur ! Un sourire sarcastique naquit de nouveau sur les lèvres du mourant. Kwel senti les dernières forces de son lieutenant le quitter lentement. Il sentait littéralement la vie de son camarade glisser entre ses doigts. Le corps de Vorln se faisait de plus en plus mou, jusqu'à être sans vie…Kwel resta quelques secondes sans voix, les yeux écarquillés sur le cadavre de son lieutenant qu’il tenait encore par la tunique. Il était seul. Il n’y avait plus de Vorln pour l’aider. Il était mort. Cette simple idée l’énerva de plus belle. Kwel se sentait en quelque sorte trahie. On le laissait prendre des décisions trop grandes pour lui. Il n’a jamais voulu de tout ça. Il en avait assez. Le seul qu’il l’aidait vraiment était maintenant mort. La colère pure l’enveloppa. -Salop ! Fils de putain ! J’espère que la Déesse des Ames te recrachera ! Et que tu reviendras pour que je puisse te botter le cul comme il se doit ! Criait Kwel en secouant le corps de Vorln avec rage. Merde ! Tu ne devais pas crever ! Tu ne devais pas crever ! Pas avant que la guerre soit finie ! Connard! Kwel fini par lâcher le cadavre et se leva brusquement. Il passa une main devant ses yeux, et respira lentement, essayant de calmer sa fureur. Il devait se reprendre. Il n’aurait jamais du montrer ses faiblesses devant ses hommes. -Que faisons nous capitaine ? demanda timidement un soldat. Il eu un silence pesant pendant lequel Kwel se calma et réfléchi. -Ramener une vingtaine d’homme et dite leur de nous aider à rassembler tout les cadavres. -Et le corps du lieutenant ? -Je m’en charge personnellement…dit doucement Kwel en regardant le ciel. Une colonne de fumé s’éleva dans le ciel et l’odeur de chaire brulé envahi toute la plaine. Bien qu’il ne fût pas près du tas de corps, Kwel sentait parfaitement l’odeur de la Mort. Le capitaine était parti à cheval, partant avec le corps de son camarade avec lui. Le jeune homme s’était arrêté dans un coin tranquille à l’écart de la bataille où il avait creusé de ses mains la tombe de son lieutenant. Le temps que l’odeur de chaire brulé se dissipe dans l’aire, Kwel resta tout ce temps à coté de la tombe de Vorln, sans dire un seul mot, sans verser une seule larme…
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Arabella
Posté le 10/06/2008
Très touchant. Ton texte me fait penser à un livre que j'ai lu " le chemin des ames" merveilleux je te le conseil. En tout cas, ce texte ( plus long que l'autre...Ca c'est bien héhé) est tout aussi bien quoi que...J'aurais plus insisté sur la description du champ de bataille, j'aurais fait soit quelque chose de plus sanglant et moins personnelle, soit l'inverse, trouvé une manière de parler de la bataille de façon bien plus personnelle et très peu sanglante. La j'ai l'impression d'avoir le popotin entre deux chaises xD. Enfin, j'aime beaucoup la fin aussi. Bisou l'amiReponse de l'auteur: Merci ^^\r\nC\'est vrai, du point de vu de la description du champs de bataille j\'aurais du dés le départ insisté sur plusieurs choses ( et d\'ailleur c\'est ce que je vais faire ^^) \r\nMerci encore pour ton commentaire qui va me permettre d\'amélioré mon texte, pour ça merci encore ^^\r\nBisous
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