A..

Par Clemy

Ses yeux, ayant retrouvé la joie d’une enfant ravie, illuminait son visage d’une joyeuse lumière. Elle regardait le spectacle se déroulant sous ses yeux avec un plaisir si évident qu’il lui donnait une aura particulière. Je sentais sa chaleur se répandre et me toucher.

Elle avait ce magnétisme naturellement. Quelque soit ses émotions, ça l’entourait d’un halo qui l’empêchait de passer inaperçue. Elle était ce genre de personne si profondément humaine, si bienveillante dans sa façon d’être, que naturellement, les gens la regardaient, se tournaient vers elle.

Que je le veuille ou non, cela avait également un effet puissant sur moi également. Je ne faisais pas exception à la règle pour mon plus grand bonheur. Je pleurais, m’énervais, riais de concert avec elle. Ses émotions devenaient miennes et l’un des objectifs de ma vie était de la rendre heureuse. Peu importait le temps, le coût et l’énergie. Elle le méritait tout simplement. Parce qu’elle le faisait déjà avec moi. Je me sentais chanceuse d’avoir une personne si prévenante dans ma vie.

Ce soir-là, lorsque je vis ses yeux illuminés de cette joie enfantine, je me dis que j’avais envie de voir ce spectacle tous les jours. Nous regardions ce biopic sur ce groupe qui avait bercé notre enfance, notre adolescence et nos vies d’adultes. Elle prenait le même plaisir que moi à faire aller son pied en cadence des musiques. Elle aussi vivait par procuration cet émerveillement de voir ce chanteur jouer une performance si absolument incroyable.

Outre le plaisir de regarder et écouter le film, j’appréciais à sa juste valeur de sentir l’émotion que dégageait son corps. On devait certainement se remémorer en même temps les souvenirs que les chansons provoquaient. Elle aussi devait avoir en tête la musique qui allait fort dans toute la maison. Elle devait certainement voir cette gigantesque chaine hi-fi dont les baffles déversaient à flot continu la musique si chère à notre cœur. Peut-être a-t-elle reconstruit comme moi le meuble du salon dans laquelle était rangée la machine, les fauteuils qui étaient dispersés ici et là, les fenêtres ouvertes qui apportaient une brise légère et qui soulevait légèrement les rideaux, la lumière du jour qui éclairait nos pas de danse et nos rires quand on se regardait faire. Se souvenait-elle de ces fois où, réfugiées dans sa chambre, elle à son bureau et moi au pied de son lit, je la regardais travailler et fredonner en même temps les airs que nous connaissions par cœur ?

Notre moment partagé à regarder un film, je l’ai trouvé beau. Une beauté simple, sans fioritures. J’ai aimé nos discussions pendant le film quand elle me posait des questions et que je rebondissais en racontant une anecdote. J’ai aimé nos commentaires qui commençaient invariablement par « tu te souviens… ». J’ai aimé le fait que le lendemain, on revive cette magie qui nous avait accompagné. J’ai aimé percevoir ce halo de joie sereine qui l’entourait malgré sa fatigue d’avoir eu une courte nuit. J’ai aimé voir se poser sur moi son regard empreint d’amour parce que je savais qu’elle pouvait me voir à mes différents stades d’évolution.

Alors que le moment est fini depuis longtemps, je te fais la promesse A. que nous en vivrons encore des moments comme celui-là. Ils seront beaux, simples, justes. Ils seront à nos couleurs, à notre image et à la hauteur de ce lien fraternel qui nous unie depuis plus de vingt-six ans maintenant.

On se le dit souvent, mais je te le dis quand même à nouveau… Je t’aime.

Vous devez être connecté pour laisser un commentaire.
Vous lisez