9 - Une découverte

Notes de l’auteur : Attention, c'est encore sanglant. Tw: description du corps.

Un agent de police attendait la commandant Joséphine Cooper dans le patio. La radio se tut d’un coup quand elle coupa le moteur. Elle fouilla dans la boîte à gants, à la recherche de sa veste. Elle venait directement de chez sa petite amie et elles ne sortaient pas ensemble depuis assez longtemps pour que Jo ait des affaires chez elle.

L’agent attendit patiemment qu’elle s’examine dans le rétroviseur et passa une main sur ses cheveux en bataille. Elle peina à s’extraire de la voiture. Elle était encore un peu courbatue à cause du match de squash qu’elle avait disputé la veille.

- Il est atroce celui-là, annonça le policier.

Jo l’avait compris rien qu’en regardant l’officier en faction. Il transpirait à grosses gouttes malgré le vent glacial.

- Arnold, c’est ça ?

- Agent Arnold Peebody, commandant, confirma l’homme.

- Prenez une pause si vous voulez. Allez boire un café.

- Non, merci, ça va aller.

- Alors conduisez-moi au corps.

Le bar de Robotics grouillait déjà de salariés, tous nerveux et encore sous le coup de gueule de bois. Pour l’instant, les seules informations dont ils disposaient étaient qu’une foule de policiers, de directeurs et de gardiens se réunissaient autour de la chambre de l’assistante de direction. Le couloir avait été bouclé. Ceux qui occupaient les autres appartements avaient été priés de quitter les lieux.

A son arriver, tous se tournèrent vers Jo. Ils avaient vu assez de séries policières pour savoir que la femme en costume était l’inspectrice chargé de l’enquête. Jo les observa avec attention, doutant cependant que son intuition la mette déjà sur la voie. Il n’y avait là qu’un groupe de membre du personnel. Ils étaient attablés, voir avachies, un verre d’aspirine devant eux. Jo et l’agent quittèrent l’endroit et montèrent l’escalier qui menait aux appartements de fonction. C’était là, au premier étage que se trouvait la chambre de la victime.

- La femme de chambre l’a trouvée ici.

Avec Peebody, elle passa sous le cordon de police qui isolait la scène du crime et approcha de l’homme qui attendait à côté de la porte d’Amanda. Une petite flaque de vomi s’étalait juste devant la porte. Jo baissa les yeux puis les releva vers Anderson, les sourcils froncés.

- Pas moi, se défendit le capitaine avec son gros accent du Connecticut. J’ai un estomac d’acier. C’était un des gardiens, le petit avec une grosse moustache.

- On dirait que la moitié de la société est venue voir.

- On peut dire ça, commandant. La femme de chambre, une certaine madame Webb, a trouvé le corps à huit heures et demie ce matin.

- Où se trouve-t-elle maintenant ?

- Avec le capitaine Ames, dans une des chambres du bâtiment. Elle prend sa déposition.

- Et que s’est-il passé après que madame Webb a trouvé le corps.

- Elle est allée le dire à la loge d’entrée. Ces abrutis ne l’ont pas crue et ils sont venus voir par eux-mêmes. D’où le vomi. Ils ont fini par appeler une ambulance et la police, aller savoir pourquoi. Vous comprendrez en voyant le corps que les ambulanciers n’ont pas pu faire grand-chose. Nous sommes arrivés à… s’interrompit-il pour fouiller dans ses notes. A huit heures cinquante-deux. A cette heure-là, le bruit avait attiré certains curieux. Mlle Wilcox et Mr Wilton se trouvaient également sur les lieux.

- Ils ont vu le corps ?

- Pas sûr. On les interroge en ce moment.

- D’accord. Autre chose ?

- Pas encore. Vous voulez entrer ?

Toute ce que vit Jo lorsqu’elle pénétra fut du sang. Sur le mur, une grande giclée dessinait un arc et quelques gouttes recouvraient le mur adjacent. Une petite mare s’étendait également sur le tapis blanc à long poil. Puis elle vit le corps sur le lit. Comme au ralenti, elle tourna la tête vers Anderson. Elle n’eut pas le temps de formuler sa question.

- Non, commandant, la tête n’a pas encore été retrouvée.

 

A partir de là, la journée fut une course contre la montre. Le meurtrier était peut-être encore sur l’île. Il fallait rapidement interroger tout le monde.

A 10h34, ce fut le tour de Ben Hobbes. Il était installé dans un appartement attenant à celui d’Amanda, réquisitionné pour les interrogatoires par la police. Ben était nerveux, s’agitant sur sa chaise et suant à grosse goutte. La capitaine Anderson louchait légèrement, ce qui déconcertait les suspects, parce qu’ils ne savaient pas œil regarder et Anderson en jouait. Il tournait parfois la tête de façon à déstabiliser la personne interrogée. Il aimait les garder sur le qui-vive.

- Alors comme ça, vous n’étiez pas à la soirée ? demanda Jo pour la dixième fois.

- Non ! répéta Ben. Je vous l’ai expliqué, il fallait que je termine un travail, je faisais des heures sup. Je suis un régime strict pour la nourriture et je ne bois pas. Et puis, je ne supporte pas la foule.

- Un british qui n’aime pas l’alcool ! Vous seriez bien le premier, se moqua Anderson.

- Je ne suis pas Anglais, je suis Galois, siffla-t-il entre ses dents.

- Et vous étiez dans votre appartement pendant tout ce temps. Personne ne peut le confirmer ? Et vous n’avez rien entendu qui venait de la chambre de votre collègue Amanda ?

- Je vous l’ai déjà dit ! J’ai terminé mon travail vers onze heures et je me suis couché juste après. J’étais épuisé. Je suis insomniaque et je prends des somnifères. La musique du bar était à fond, on l’entend d’ici, alors j’ai mis des boules Quiès. Le lendemain, je me suis réveillé que quand votre officier a frappé à ma porte.

A ce moment-là, le capitaine Ames rentra dans la pièce et demanda à parler à Jo en privé. Les deux femmes sortirent dans le couloir et s’isolèrent dans un coin.

- Une chose me tracasse. Comment sait-on qu’il s’agit bien d’Amanda Sterling ? Le corps est certes dans sa chambre, mais vu l’état du cadavre, ça pourrait être n’importe qui, non ?

- En effet. L’analyse ADN nous en dira plus, mais ça prendra quelques jours. Je vais demander au médecin légiste de chercher des marques distinctives : grains de beauté, tatouages… Mais de toute façon, il faudra attendre les tests ADN pour être certains.

- D’accord, dit-elle en s’efforçant de réprimer un sourire. Comment vont tes courbatures ce matin ? T’es prête pour une autre leçon de squash ?

- J’ai d’abord besoin de tes massages…

Elles ne pouvaient pas s’embrasser ici, pas pendant le service. Alors Jo lui attrapa l’index. Elles se sourirent puis repartirent chacune de leur côté.

12h31. Les parents d’Amanda furent prévenus de la probable mort de leur fille. Mme Sterling ne crut pas les policiers et s’évanouit.

14h33. Cali Wilton fut interrogé à son tour. Elle raconta sa soirée qui s’était déroulée sans incident. Elle avait passé la nuit avec son mari dans leur penthouse au-dessus des bureaux de la direction. Quand ce fut terminé, elle ne désirait qu’une seule chose, retrouver Alex. Elle voulait savoir s’il allait bien et qu’il la prenne dans ses bras en lui disant que tout ceci était un cauchemar. En traversant la pelouse, elle entendit une rumeur qui s’élevait du jardin. Serena faisait les cent pas. Elle cachait ses yeux et criait que ce n’était pas possible, que c’était trop injuste. Tracy et Léo essayaient de la calmer, mais il était évident qu’ils n’y arriveraient pas. Cali regarda un moment la scène de drame qui se déroulait, parfaitement surjouée comme au théâtre. Puis, elle continua sa route. Elle le retrouva dans le hall, il venait, lui aussi, de sortir d’interrogatoire. Elle se jeta dans ses bras.

19h45. La docteur Ethan Cooper arriva dans le commissariat de police. Il avait passé la journée à fêter Thanksgiving avec sa future belle famille et sa fiancée, le coup de téléphone avait dérangé sa paisible journée de repos. Il salua sa cousine, qui se trouvait à l’autre bout de la pièce en compagnie d’Ames, un dossier à la main.

- Merci d’être venu, Coop. Tu as mangé ?

- Je comptais m’arrêter à Little Chef mais le restaurant est fermé pour travaux.

- Allons à la cantoche alors.

Ethan précéda Jo. Il s’inquiétait du caractère urgentissime de l’affaire. Les deux cousins quand ils se retrouvaient, ils passaient un bon moment à se raconter des choses sans importance. Aussi, Ethan fut surpris de trouver Jo aussi sérieuse, aussi professionnelle et si peu bavarde. La cantine était calme malgré l’heure du diner. C’était un jour férié et le personnel était partie dans leur famille. Seul un service minimum était assuré. Ils commandèrent des toasts et du café et allèrent s’asseoir tout au fond, le plus loin possible de l’unique caissière.

- Je t’écoute, lança Ethan en essuyant ses lunettes avec sa cravate.

Jusqu’à présent, tout ce qu’il savait c’était que Jo travaillait sur un meurtre et qu’elle avait besoin de son avis.

- C’est une salariée de Robotics. L’assistante du PDG Alexander Wilton. Son corps a été retrouvé ce matin par la femme de ménage. Le cadavre est en très mauvais état. Ça va être un véritable cauchemar pour trouver des pièces à conviction sur place. Si elle a été tuée par un collègue, les empreintes ne nous serviront à rien, vu qu’il y a de fortes chances que l’assassin ait déjà été invité dans la chambre. La jeune femme était connue pour sa liberté sexuelle.

Elle fit une pause pour mordre dans son toast et avaler une gorgée de café.

- Si elle a été tuée par quelqu’un qu’elle connaissait, évidemment.

- Tu ne le penses pas ?

- C’est juste que la scène du crime me rappelle une photo que j’ai vu un jour : celle de Mary Ann Nichols.

- Wouah ! C’était si terrible ?

Mary Ann Nichols était la première victime de Jack l’éventreur.

- Tu penses qu’il pourrait s’agir d’un tueur en série ? reprit-il.

Jo prit une nouvelle bouchée avant de répondre.

- Non. Pas encore en tout cas. Mais ça ne m’étonnerait pas si ça se reproduisait. En fait, j’ai bien peur que ce soit le premier. Enfin, je ne sais pas, c’est toi l’expert. C’est pour ça que je t’ai appelé. Je voudrais que tu jettes un œil sur les clichés, que tu me dises ce que tu en penses.

Elle glissa le dossier à son cousin, qui écarta sa tasse. Sans raison particulière, ou peut-être parce que Jo avait cité le meurtre de Mary Ann Nichols qui datait de 1888, Ethan s’attendait à voir des photos en noir et blanc. Mais, elles étaient en couleur et le rouge du sang mêlé à la couleur jaune de la graisse et au blanc des os, agressa sa vue. Le corps d’Amanda Sterling était déchiqueté sur son lit. Les draps sous elle étaient couverts de sang. Elle était nue, ses habits déchirés avaient été jetés à terre. Son corps avait reçu plusieurs coups de couteau qu’on aurait dit qu’on l’avait fait passer plusieurs fois à travers une vitre. De longues marques rouges fendaient ses bras, ses cuisses et ses mollets. Son buste était couvert de bleu. Elle avait été décapitée. Une rose rouge, dont l’unique épine, avait été piquée dans son sein gauche.

- Tu as une cigarette ? demanda Ethan.

- Tu ne vas pas vomir ?

- Jo, donne-moi une putain de clope, bordel !

Elle lui tendit une avec un briquet. Ethan l’alluma et ouvrit la fenêtre. Il se pencha au-dehors et tira plusieurs longues bouffées. Ça faisait huit mois qu’il avait arrêté, mais il en avait besoin. Au bout de plusieurs minutes, il se sentit un peu mieux et ses épaules se détendirent. En voyant l’état de son cousin, Jo se leva, rassemblant les photos pour les ranger dans le dossier.

- Viens Coop, dit-elle en posant sa main sur son l’épaule. Sortons d’ici.

Ils marchèrent un long moment sans parler. Lorsqu’ils furent loin du commissariat, Ethan pris une autre cigarette et se tourna enfin vers elle.

- Ça va faire les gros titres ce soir, commença-t-il.

- C’est clair…

- Un cauchemar pour toi…

- Tu m’étonnes. Mille deux cents suspects potentiels. Les trois quarts d’entre eux avaient l’intention de passer les fêtes d’action de grâce en famille ce week-end. Toutes tes idées ou réflexions, tout ce que tu pourras me dire me sera d’une grande utilité.

- Tu sais, je ne suis pas très expérimenté dans ce domaine. Ça fait trois ans que je suis à Beverhill mais tu n’es que le troisième officier qui me demande de l’aide sur une affaire en cours en tant que profiler, et dont on ne tient pas le coupable.

- Je compte sur ton génie, plaisanta Jo. Tu as bien suivit des cours de criminologie quand on était à la fac ensemble ?

- Oui bien-sûr, tu le sais bien. Je rembourse encore aujourd’hui mon crédit universitaire.

- Bon, alors tu devrais pouvoir t’en sortir !

Ethan sourit. Alors qu’ils regagnaient le commissariat, Jo lui passa le dossier.

- Appelle-moi quand tu auras lu. Dis-moi ce que tu en penses.

- Bonne chance, Jo, lança Ethan en lui donnant l’accolade.

Il sauta dans sa voiture et repartit. En route, il alluma la radio. Les journalistes parlaient déjà que de l’affaire.

 

***

 

Ethan était au téléphone, dans son bureau de Beverhill. Il avait devant lui quatre pages couvertes de notes. A l’autre bout du fil se trouvait sa cousine. Elle était dans l’appartement de sa petite amie. Devant elle, son poulet massala était en train de refroidir.

- Bien ! Ethan jeta un œil à ses notes se demandant par où commencer. Je pense que tu devrais chercher le meurtrier parmi le personnel de Robotics. Ce n’est pas un type qui l’a vue dans la journée et qui a décidé de s’infiltrer dans le bâtiment au risque de se faire repérer par les autres résidents. Ce meurtre présentait au niveau de risque très élevé même pour un employé qui avait de bonnes raisons de se trouver dans ce couloir. Le meurtrier est-il venu là avec l’intention de tuer ? Oui, sans doute. Je suis persuadé qu’il a apporté le couteau avec lui. Il l’a d’abord violé et ce qui assez rare, par la voix anale. Homosexualité refoulée ? Ou a-t-il lui aussi subit ce genre de violence ? Je pense que oui. En tout cas, c’était avant sa mort, il a voulu joué avec elle avant de la tuer. Il n’aura sans doute pas eu de relation sexuelle post-mortem. Il a ensuite tranché la gorge de sa victime, ce qui a sans doute causé sa mort. Mais, je ne suis pas sûr qu’il voulait qu’elle meure vite. Il n’a probablement pas eu le choix, vu que les cris d’Amanda auraient facilement pu être perçus par ses voisins. Je suis convaincu qu’il aurait préféré la garder en vie pour la torturer s’il en avait eu le loisir. D’un autre côté, on a l’impression que la motivation première était la mutilation, si on considère l’état du corps. Donc, son but, après avoir pris son plaisir pervers, c’était plutôt de s’amuser à couper, disséquer, détruire alors on peut comprendre qu’il l’ait tuée aussi vite. C’était plus simple de s’acharner sur un corps inerte et silencieux. La rose sur sa poitrine est sa carte de visite. Pourquoi cette fleur? C'est la représentation de l'amour. Mais ça doit signifier quelques choses pour lui. Enfin, il était couvert de sang, il s’est peut-être lavé dans la salle de bains.

- La police scientifique y fait des analyses de la tuyauterie, bref tout ce qui pourrait offrir un indice, commenta Jo.

- Excellent. Donc le tueur est quelqu’un qui connaît la victime et qui la voit tous les jours. Il est obsédé par elle. Tu dois chercher un homme qui la connaissait mais qui n’était pas un intime. En fait, vu la complexité du meurtre, c’est quelques choses que le tueur a programmé depuis un moment. Jo, ce type la détestait vraiment. Et on ne peut même pas dire s’il la connaissait. Il a projeté quelque chose sur elle. J’ai bien peur qu’il ne tarde pas à trouver une autre fille qui lui provoque la même chose. Les jeunes femmes de l’île feraient mieux d’être prudentes.

- Tu dirais que notre meurtrier ressemble à quoi ?

- Je ne peux pas te donner de description physique. Je l’imagine très intelligent mais pas minutieux. Il s’ennuie vite. Il a des relations superficielles mais ne révèle jamais sa vraie personnalité. Il a enfoui sa colère et ses frustrations, mais elles peuvent exploser à tout moment. Demande aux employés qu’ils connaissent quelqu’un qui s’énerverait subitement et de façon disproportionnée. Il doit consulter des ouvrages criminels et médicaux, sans doute truffés d’illustrations qui satisferont ses fantasmes pervers qu’il transfert sur sa victime. Je pense aussi qu’il s’inspire de Jack l’éventreur, peut-être un imitateur du vingtaine-et-unième siècles ? Son disque dur aussi doit contenir des images atroces, de mutilations et de violes. Il est fort probable qu’à un moment de son histoire, il se soit senti humilié par une fille, peut-être qu’il n’arrive pas à avoir une érection à cause d’une homosexualité refoulée ou peut-être a-t-il éjaculé trop vite ? La fille avec laquelle il était a pu se moquer ou en parlé autour d’elle, l’humiliant. Quoi qu’il en soit, il nourrit depuis une haine profonde des femmes et un besoin de les dominer. S’il a une petite amie, ce dont je doute, elle doit être très effacée et soumise. En tout cas, il ne vit pas avec quelqu’un qui met son intelligence à l’épreuve.

- J’interroge pratiquement tous les gens qui ont approché Amanda, est-ce que tu pourrais me conseiller sur la façon de les interroger ?

- Le coupable ne parlera pas. Pas si tu discutes simplement avec lui, pas au cours d’une conversation ordinaire. Il ne parlera que s’il pense que tu l’as coincé et que tu vas le coffrer.

- Super !

- Oh, une dernière chose : il a sûrement gardé la tête. C’est son trophée. Je t’épargne les détails de ce genre de type peut faire avec une tête coupée, mais quand tu l’auras trouvé, la tête d’Amanda ne sera pas loin, certainement dans son congélateur ou dans sa baignoire au milieu des glaçons.

- Je suis impatiente de la voir ! lança Jo, cynique. Ecoute, Coop, je te remercie vraiment du temps que tu y as passé. Si on a un suspect solide, pourras-tu venir nous donner quelques conseils pour l’interrogatoire ?

- Bien sûr. Si je peux aider.

Après des échanges de banalités pour prendre des nouvelles des uns et des autres, ils raccrochèrent. Ames attendait Jo vienne finir son diner. Comme elle restait sur le canapé, elle vint la rejoindre. Elle lui frotta le dos et caressa sa joue. Jo lui prit la main pour l’embrasser, le regard perdu.

- Tu dois manger, avertit-elle. Tu as besoin de prendre des forces. Tu ne veux pas quand même pas que je gagne encore la prochaine fois au squash ?

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