7. De la poudre au yeux

Par Lydasa.

Je fixe le jeune homme, un sourire aux lèvres. Il a l’arme pointée sur moi, armée prête à me tirer dessus. Je ne pense pas qu’il soit capable de le faire, il me parait bien trop innocent pour avoir les couilles de tuer un homme. J’approche de lui d’un pas et il se met à hurler.

 

— Ne t’approche pas ou je tire, me menace-t-il.

— Tu n’as pas le cran de le faire, tu es une jeune recrue, tirée sur un homme ou sur une bouteille pour l’entrainement n’est au pas la même chose, gloussais-je.

 

Je sais cependant que je n’ai aucune crainte même s’il décide de tirer. Cette arme qu’il vient de sortir de mon bureau n’est pas armée, mais aussi est défaillante. Voilà pourquoi je l’ai mise dans ce tiroir avec l’espoir d’avoir le loisir de la réparer. Elle n’est donc pas armée, il ne risque pas de me blesser avec. Je fais donc un nouveau pas dans sa direction, il se crispe, prenant l’arme à deux mains en tremblant. Il recule d’un pas, me suppliant de ne pas avancer plus. Je fais un autre pas et le chien vient claquer contre le bassinet de l’arme, ne provoquant aucune détonation. Je peux voir Raphaël se décomposer sur place. Ses larmes lui montent aux yeux, je peux y voir la peur grandir avec force alors que mon sourire s’étire. Il me balance l’arme à la figure, tentant de m’échapper et courant sur le côté. D’une main j’attrape l’arme la posant sur le bureau. Je sais que de toute manière il ne peut pas aller bien loin, soit il fuit sur le pont et se retrouve face à l’équipage, soit il saute par une des fenêtres de la cabine et se noie.

 

Il semble vouloir sauter, car il ouvre précipitamment l’une des fenêtres, je ne lui laisse pas le loisir d’en faire plus. Je l’attrape par la nuque et le tire violemment en arrière. Il tombe sur le sol en se cognant la tête, il tente de ramper sur le sol pour m’échapper, j’ai le temps de fermer la fenêtre avant de le retourner sur le dos. J’attrape ses deux poignets les bloquant au-dessus de sa tête, m’asseyant sur ses hanches pour le bloqué totalement alors que ma main viens encercle sa gorge.

 

— C’est comme ça que tu me remercies Raphaël ? En voulant me tuer ?

— Non je…

— Ne dis pas le contraire, si l’arme avait été chargée tu m’aurais tué. Cela t’aurait servi à quoi ? À part te mettre encore plus dans la merde, l’équipage est beaucoup moins sympa que moi.

 

Je le sens trembler, les larmes de terreur sur les yeux. Il s’attend peut-être à ce que je le tue, le torture ou je ne sais quoi d’autre. Je vais peut-être le torturé mais pas de la façon dont il s’imagine. Je me relève d’un coup, l’attrapant par les cheveux pour qu’il fasse de même. Je le traine hors de ma cabine, le poussant sur le pont ou il s’écroule la face la première. Quand il relève les yeux, il peut alors voir ses deux amis, les mains liées dans le dos et à genoux. Mes hommes les tenant en joue.

 

— Vous vous êtes passé le mot ? Ou était-ce l’un de vos plans ? demandais-je en m’avançant vers Raphaël.

— Non, on ne s’est pas consulté…

— Tu mens très mal Raphaël. Je suis un pirate, c’est moi qui connais les plans fourbes, pas toi et tes petits copains.

— Laissez-le, hurle son ami aux yeux bleus.

 

Je me mets à ricaner, m’approchant alors de lui, laissant mon chouchou au milieu du pont. Je m’accroupis à côté du jeune homme.

 

— Comment tu t’appelles toi ?

— Elias.

— D’accord et l’autre grand gaillard ? Comment tu t’appelles ?

— Grégoire monsieur.

— Oh, tu es bien formel toi. Aurais-tu peur de mourir ?

— Non… mais je vous en prie ne faites pas de mal à Raphaël, pigne l’armoire à glace.

— Pourquoi ? Pourquoi donc tenez-vous tant à lui ? Vous avez beau être ses meilleurs amis, je vous trouve bien protecteur avec lui ? Vous l’aimez, je veux dire l’aimer d’amour ?

 

Je les vois échange un regard, ouvrir la bouche comme deux poissons dans un bocal avant de regarder Raphaël qui semble perdu. Je crois avoir mis le doigt sur quelque chose. Ce petit trio est bien plus qu’une bande d’amis.

 

— Vous vous faites des histoires, murmure Raphaël, il n’y a rien de plus que de l’amitié entre nous.

— Vraiment ?

 

Je vois les deux garçons baissé la tête, j’ai comme l’impression qu’il ne ce n’est pas rendu compte vraiment de tout ça. Comme si pour lui ce n’était qu’une simple amitié un peu plus fusionnelle qu’à l’ordinaire. Même les deux autres ne lui en ont pas vraiment parlé. J’explose de rire, une vraie tragédie. Je m’approche alors de Raphaël, le forçant à se lever.

 

— J’annule notre pari Raphaël, le faite que tu es essayé de me tuer annule tout. Vous ne risquez pas de sortir de cette galère. Je vais m’amuser avec toi, devant leurs yeux. Je crois bien que ça sera pire, mais là je dois te punir. Rends-moi les vêtements que je t’ai donnés.

— Quoi ? Ici ?

— Oui tout de suite ou sinon…

 

Je m’approche d’Elias, dégaine mon pistolet et le pose sur sa tempe. Raphaël se décompose, se mettant a couiné de peur, me suppliant de ne pas le tué.

 

— Tu sais ce qu’il te reste à faire alors, tranchais-je en armant le chien.

 

Elias ferme les yeux, se mettant à trembler, Grégoire est tout aussi blanc que les deux autres la tête basse légèrement tremblants. J’adore voire les gens me supplier et avoir peur à se pisser dessus. Raphaël, pleurniche avant de finalement commencer à défaire les boutons de sa chemise. Un sourire satisfait apparait sur mon visage, Conrad lui semble amusé par la situation. Au moins tout ça fait de l’animation sur le navire. Mon petit prisonnier retire complètement sa chemise la pliant en la posant au sol, il se redresse et ne bouge plus.

 

— Le pantalon aussi, il ne semble pas t’appartenir.

— Mais…

— Je commence à avoir une crampe aux doigts.

 

Je le vois trembler encore plus, finissant par retirer son pantalon, se retrouvant ainsi nu devant tout l’équipage. Il se cache timidement ses parties intimes alors que tout le monde le siffle en hurlant qu’il a un joli cul. Mon sourire sadique ne peut pas être aussi grand, il est prêt à s’humilier pour ses amis. Je retire le canon de la tempe d’Elias, désarmant le chien avant de m’approcher de Raphaël.

 

— Parfait, regarde-tu ne devrais pas avoir honte regarde comment ça plait à tout le monde.

— Allez-vous faire foutre, crache-t-il.

 

Je l’attrape par les cheveux lui tordant la tête en arrière. Par réflexe il m’attrape le poignet avec ses mains pour ne pas tomber. Les membres de mon équipage sifflent encore plus avec des ricanements gras. Je regarde Conrad avec toujours mon sourire en coin.

 

— Bien balance ces deux-là dans la cale, trois jours sans nourriture. Ça leur fera les pieds. Quant à toi Raphaël tu vas être mon petit chien de compagnie attacher dans ma cabine docilement à manger le reste de mes repas.

 

Je le traine avec moi dans ma cabine, le poussant violemment dans le coin. J’attrape le lourd collier en acier avant de lui mettre, je le plaque contre le mur en le tenant fermement à la gorge sous le collier.

 

— Tu es vraiment qu’une petite merde. Je te proposais un plan qui aurait pu te sortir de cette condition. Toi aux chauds et tes amis a morflé, vu comment ils t’aiment ils auraient clairement pu endurer ça juste un mois. Mais tout ce que vous avez gagné c’est des conditions encore pires. Enfin surtout toi, je vais m’amuser à te torturer à t’humilier chaque jour. Je te sortirais sur le pont en te forçant à marcher à quatre pattes comme un chien.

 

Je m’éloigne énerver, non en fait je suis déçu. Je pensais qu’il allait profiter de ce que j’allais lui offrir. Le confort, les petites attentions. Je pensais que lorsque je m’étais penché vers lui dans le bain, il s’était passé quelque chose. J’y ai cru quelque instant, que lui aussi avait senti quelque chose entre nous. Je me suis trompé, j’étais prêt à devenir plus doux avec lui, mais je dois rester un pirate. J’ai cette réputation de n’avoir aucun sentiment, il ne faut pas que je me trouve perturbé par des yeux émeraude.

 

Je m’assois sur mon siège à mon bureau, regardant ma carte. Je n’ai plus aucune envie, je suis tellement perturbé. Je finis par me relever, encore en colère. Je sors de ma cabine laissant Raphaël seul, cette fois il ne pourra rien faire après tout, il hait bien attacher. Je descente à la cale, me plantant devant les prisonniers. Ils y sont tous, après la découverte des deux amis dans la réserve, tous ont été punis. Je me penche vers eux, restant derrière les barreaux.

 

— Vous êtes prêt à quoi pour Raphaël ? demandais-je.

 

Elias et Grégoire se redressent, s’approchant tous les deux des barreaux pour mieux me regarder. Je peux voir leur trait tiré et leur joue encore humide de larmes.

 

— A tout monsieur, murmure le plus grand.

— Que voulez-vous qu’on fasse ? Réplique Elias.

— Je veux…

 

Non c’est vraiment une mauvaise idée. Je voudrais qu’ils renoncent à lui, qu’ils le repoussent pour qu’il change d’avis qu’il ne regarde que moi. Mais cela voudra dire que je l’aurais manipulé, ce qui naitra de cette relation sera toxique. Il ne sera pas lui, ses sentiments ne seront pas heureux. Cela sera un second choix pour lui. Je crispe la mâchoire avant de me redresser et de renoncer à ce que je voulais.

 

— Non revenez, nous sommes vraiment prêts à tout pour lui… revenez capitaine, hurler Grégoire.

 

Sauf que je l’ignore, je préfère ne pas me retourner. Je croise Conrad sur le pont que me stoppe dans mon élan.

 

— Hey ça va ? Me demande-t-il sans cacher son inquiétude ?

— Ouais ça va. Parfaitement bien.

— Tu ne me la fais pas à moi.

 

Je détourne les yeux, c’est vrai qu’il me connait par cœur, il sait comment je fonctionne et réagis. Je lâche un soupire, finissant par regarder autour de moi si aucune oreille indiscrète ne nous écoute.

 

— Bien, je suis juste déçu, il a pris l’arme cassée dans mon bureau en pensant qu’elle était chargée et il m’a menacé avec.

— Tu crois quoi ? C’est un prisonnier, il cherchera à s’échapper.

— Ouais, mais… je me suis imaginé des choses. Il a une façon de me regarder, comme si… je lui faisais de l’effet et lui… putain ses yeux, ils sont hypnotisant, dis-je moitié rêveur.

— Ne me dis pas que tu es tombé amoureux ? Non je n’y crois pas, ça t’est enfin arrivé, toi le capitaine au cœur de pierre, glousse Conrad retenant le fou rire qui monte.

— Va te faire foutre.

 

Je détourne le regard et part en lui faisant un doigt d’honneur. Je l’entends finalement exploser de rire, ne retenant plus ses éclats de voix. Je grince des dents passablement énervées. Conrad est un bon second, mais il piétine les émotions et sentiments des autres. C’est ce qu’il a fait avec les miens, ne jouant avec moi que pour une pulsion sexuelle et rien de plus. Je lui ai pourtant tourné autour pendant un sacré moment, avant de finalement lâcher l’affaire, comprenant que je n’obtiendrais que son cul et jamais son cœur.

 

J’entre dans la cabine, faisant sursauter Raphaël qui se tasse un peu plus dans le coin, toujours entièrement nu. Je lui lance un regard noir avant de rejoindre mon bureau, tombant dans le siège dans un long soupire. Je me frotte le visage, retirant mon chapeau. Je pose les yeux sur mon prisonnier, il est recroquevillé sur lui-même ne me regardant même pas. Il a les jambes remontées contre son torse, essayant de se cacher comme il pouvait. J’essaie de me reconcentrer sur la carte, je n’ai pas rempli les dernières notes que j’ai prises, il y a quelques jours nous avons croisé une île déserte avec des fruits frais dessus.

 

Au bout de quelques heures très silencieuses, Conrad frappe à la porte. Il entre et referme la porte à clef derrière lui, je fronce des sourcils, il s’approche de moi avec un sourire pervers.

 

— Tu veux quoi ?

— Rien, pourquoi ? dit-il en s’avançant, s’asseyant sur mon bureau en croisant les jambes.

— Quand tu as cette expression, c’est toujours quand tu as quelque chose derrière la tête.

 

Il regarde alors Raphaël du coin de l’œil, avec un sourire malsain. Avant de se remettre debout et de se placer devant moi.

 

— Tu ne voudrais pas que je te soulage d’une certaine tension.

 

Il pose sa main sur mon entre-jambes sans aucune gêne. Je sursaute sans me contrôler, regardant Raphaël anxieusement. Il nous regarde étrangement, rougissant légèrement. Je repousse la main de mon second vivement. Celui-ci se met à genoux devant moi en s’humectant les lèvres.

 

— Arrêt tes conneries, grognais-je.

— Quoi, ça te gêne que lui regarde ? Après tout ce n’est qu’un chien, un prisonnier, on s’en fiche de ce qu’il pense. Si ?

— Tu es un enfoiré.

 

Il ouvre mon pantalon libérant immédiatement mon sexe encore flasque. J’essaie de le repousser, mais il m’empoigne mon membre commençant un mouvement de poignet. Je ne peux retenir un léger soupire de contentement. Je vois Raphaël, froncer des sourcils relevant la tête pour voir ce qu’il me fait. Conrad tourne la tête pour le regarder par-dessus son épaule se mettant à glousser.

 

— Tu te rinces bien l’œil ?

— Non je…

 

Raphaël rougit violemment, détournant les yeux. Je le regarde amuser, un sourire en coin. Finalement l’idée de Conrad n’est pas mal du tout, ça me fera du bien et je pourrais voir ses réactions. Je me mets plus confortablement dans le siège, me détendant complètement pour profiter du traitement que me réserve mon second. Il me prend alors en bouche, profondément jusqu’au fond de sa gorge. Je me sens gonflé instantanément. Je lâche un soupire de satisfaction, regardant en coin Raphaël qui nous fixe les joues rouges.

 

Je me laisse aller soupirant de plaisir de plus en plus. Je me sens gonflé, fixant toujours Raphaël. Ses yeux se plante dans les miens, il entre ouvre la bouche. Je lui fais un sourire me sentant monter petit à petit. J’agrippe les cheveux de Conrad et m’enfonce dans sa gorge violemment pour me libérer dans un gémissement de plaisir intense. J’ai joui en le regardant droit dans les yeux, je le voie haleter légèrement. Conrad se retire en se léchant les lèvres.

 

— Te savoir observer t’excite plus que d’habitude, glousse mon second.

— Peut-être, et toi Raphaël tu es excité aussi ?

— QUOI, mais non… couine l’intéressé.

 

Conrad se redresse et se dirige droit sur lui, attrapant ses poignets il le fait se lever de force et nous pouvons voir tous les deux qu’il est effectivement excité. Mon second se met à glousser sadiquement, me regardant en lâchant mon prisonnier.

 

— Ça te dit d’en voir plus ? Propose Conrad en ricanant.

 

J’ai un sourire en coin, pourquoi pas suivre ce plan. Raphaël se met à couiner, se recroquevillant pour se cacher comme il le pouvait. Finalement je me relève, remettant mon pantalon en place, je fais un signe de la main à Conrad pour qu’il arrêt ses bêtises.

 

— Ça suffit, laisse-le, grognais-je.

— Quoi tu vas me laisser sur ma faim ?

— Je ne sais pas trop à quoi tu joues, mais je n’ai pas envie que tu passes tes envies sur mon prisonnier.

— Je ne pensais pas forcément avec lui, mais avec toi mon cher capitaine.

 

Je lâche un soupire, je ne sais pas quoi pensé, mais finalement je lui indique la porte. Il lâche un ricanement avant de se diriger docilement vers la sortir. Je me tourne vers Raphaël un grand sourire aux lèvres avant d’aller vers la baignoire. Je me déshabille sans gêne me plongeant dans l’eau dans un soupire de satisfaction. Dans un sens je suis plutôt satisfait, cela veut dire que les hommes lui font de l’effet et que moi, je lui fais de l’effet.

 

Après mon bain je me remets à mon bureau, Marvine frappe à la porte quelque instant plus tard. Il me sert un bouillon de viande, surement de rat, avec des légumes qui nous restaient, des carottes et des patates. Il y a aussi quelque morceau de crouton et du compté. Le cuisinier se tourne vers Raphaël m’interrogeant du regard.

 

— Non ne lui donne rien, il aura mes restes, enfin si je ne mange pas tout, dis-je en remuant la main concentrée sur ma carte.

 

J’entends l’estomac de mon prisonnier gronder, un sourire étire mes lèvres. Je pense que je vais bien m’amuser à le tourmenter ainsi. Je prends mon repas ne laissant que quelque cuillère, aucun morceau de viande juste quelque bout de crouton. Je lui pose au sol, sans rien d’autre me déshabillant pour aller me coucher. Prenant tout mon temps pour qu’il puisse admirer la vue, du coin de l’œil je le vois me regarder. Finalement il m’a peut-être déçu, mais je ne le laisse pas indifférent. Tout n’est pas perdu, je garde un infime espoir qu’il finisse par me voir autrement qu’un pirate sanguinaire.

 

Peut-être que je m’y prends mal, j’en suis certain. L’attacher nu et l’humilier devant mon équipage n’est pas une façon très orthodoxe de séduire quelqu’un. Mais j’ai été déçu par son comportement, je ne m’attendais pas à ce qu’il veuille me trahir aussi vite. Savoir aussi que ses amis l’aiment bien plus qu’un ami m’a perturbé. Je suis réputé avoir un cœur de pierre, alors vouloir le cœur de quelqu’un n’est pas une chose que je sais faire. Je suis plus habitué à voler des trésors que l’amour des autres. Je sais que je suis maladroit, j’essaie à ma manière de lui faire plaisir, mais je marche sur des œufs. Je ne peux pas me montrer faible, car j’ai très bien compris qu’il est capable de me planter un couteau dans le dos, à tout moment. Peut-être que si je lui offre mes bras, il se laissera apprivoisé.

Vous devez être connecté pour laisser un commentaire.
Vous lisez