5 - Une nuit

Notes de l’auteur : Tw : scène sexuelle explicite.
Hello chers lecteurs, voici un chapitre avec du sexe assez descriptif. Émoustillez-vous bien !

Alex brûlait de désir pour Cali. Il n’ignorait pas qu’il se comportait comme un véritable irresponsable. Sans savoir pourquoi, il éprouvait même une vague sensation de danger. Ce dont il eut parfaitement conscience, par contre, c’est qu’à l’instant où ils entrèrent dans l’ascenseur qui menait à sa chambre, Cali cessa de jouer les timides et lui fit clairement comprendre ce qu’elle attendait de lui. Par chance, ils étaient sur la même longueur d’onde. Cependant, malgré ses nuits sauvages avec Serena, il n’était pas habitué à voir une femme afficher ainsi son désir.

Cali le plaqua contre le mur en miroir de l’ascenseur et l’embrassa avec passion, tout en commençant à faire basculer sa veste sur ses épaules. Elle mêla ses jambes aux siennes et pressa sa cuisse contre son sexe déjà érigé. D’un geste souple comme un pas de danse, il pivota de sorte que ce soit elle qui se retrouve contre le mur, puis il déboutonna son chemisier et admira son soutien-gorge. Découvrir que Cali portait des sous-vêtements de dentelle noire aurait dû le surprendre, mais ce ne fut pas le cas. Cela correspondait bien à la femme sur qui il fantasmait depuis des mois. Il prit son sein droit dans une main, puis en caressa l’aréole à travers la dentelle, avant de plaquer sa bouche dessus puis de commencer à le lécher et le sucer. En même temps, il lui écartait les jambes, enfouissant sa cuisse au creux de son entrejambe. Leurs respirations se faisaient déjà plus saccadées.

Lorsqu’il la souleva, Cali glissa contre le mur en miroir. Sa jupe relevée autour de ses hanches révéla qu’elle ne portait pas de collants ni de bas, rien qu’un petit string sexy, en dentelle noire lui aussi. Il poussa un gémissement et la tint plaquée d’une main contre le mur tandis qu’il se mettait à genoux, ses yeux se retrouvant juste à niveau du petit sous-vêtement. Alors, glissant un doigt entre ses cuisses, il en écarta la dentelle, mettant son sexe finement épilé à nu. Il n’y avait aucun doute quant à l’excitation de la jeune femme. Sa chatte était moite de désir, et son sexe ressemblait à un fruit mûr attendant juste le moment d’être cueilli. Il l’effleura avec douceur et le regarda s’épanouir telle une fleur, tandis que son clitoris semblait réclamer toute son attention. Qu’il lui offrit en commençant à le lécher. Cambrée contre le mur, Cali poussa un gémissement alors que l’ascenseur s’élevait vers le trentième étage. Elle avait enfoui ses mains dans ses cheveux châtains clairs et lui tenait la tête plaquée contre son bas-ventre. Il continua de lécher son clitoris, puis ses lèvres. Le parfum musqué de Cali, ses cris de plaisir, sa respiration rauque, tout augmentait le désir qu’il éprouvait pour cette femme. Son sexe avait la texture d’une délicieuse pêche juteuse et semblait vouloir l’entraîner vers les péchés les plus torrides.

Aussitôt, Cali noua ses chevilles derrière sa nuque et plaqua de plus belle son sexe contre sa bouche. Il savait qu’elle était proche de l’orgasme et faisait tout pour l’y entraîner, tout en prenant son temps. Son sexe était si chaud, si mouillé… Il continua à la lécher encore et encore, et lorsqu’il entendit son souffle devenir de plus en plus court, il prit de nouveau son clitoris entre ses lèvres et le suça avec vigueur. Aussitôt, Cali se mit à jouir. Ses jambes tremblèrent et ses cris résonnèrent dans la cabine de l’ascenseur, en même temps qu’un petit « ding » se faisait entendre.

Il songea qu’elle allait paniquer à l’idée que quelqu’un puisse les voir, mais elle se laissa au contraire emporter par les vagues de son orgasme avant de se laisser aller contre le mur, lui offrant une image des plus provocantes, ses cheveux en bataille, sa jupe relevée autour de sa taille, ses jambes toujours croisées derrière sa nuque. Elle lui sourit d’un air languissant tandis qu’il relevait les yeux vers elle.

— Eh bien, monsieur Wilton, on dirait que vous avez certaines spécialités…

Il lui sourit en retour tout en écartant ses jambes, tandis que les portes de l’ascenseur s’ouvraient sur le couloir. Ils se dirigèrent hâtivement vers sa chambre, il introduisit la carte et ouvrit la porte.

— Après toi, je t’en prie, dit-il en s’effaçant pour laisser Cali pénétrer dans son sanctuaire.

Elle respira un grand coup. Tout ce qu’elle voulait, c’était vivre ce moment, seulement ce moment. Tout oublier pour une nuit, rien que pour une nuit, le passé et le futur. Cependant, cela n’avait rien d’évident. Même pour une seule nuit, le passé et le futur étaient difficiles à oublier. Consciente de chacune des cellules de son corps, de la tension des pointes durcies de ses seins qui frottaient contre son soutien-gorge et de son sexe qui réclamait d’autres caresses. Elle frissonna. Cela faisait bien longtemps qu’elle ne s’était pas offert une aventure. Si longtemps, d’ailleurs, qu’elle avait l’impression de réagir de façon exagérée. La force de l’orgasme qu’elle avait eu dans l’ascenseur, juste au moment où la cabine s’était arrêtée, la troublait au plus haut point. Et même en cet instant, alors qu’elle tournait le dos à Alex, elle avait conscience de chacun de ses gestes.

— Tu as faim ? demanda-t-il dans un murmure.

Oui, elle était affamée. Et elle avait bien l’intention de lui montrer ce dont elle avait envie. Elle l’attrapa par la ceinture de son pantalon et l’attira à elle. Tandis qu’il se positionnait entre ses cuisses, elle se mit à lui retirer fiévreusement chemise et cravate avant de s’attaquer à la ceinture de son pantalon. Il l’embrassa avec passion tandis qu’elle baissait la fermeture Eclair et glissait sa main dans son boxer jusqu’à ce qu’elle sente enfin son sexe dans sa main. A présent elle pouvait se rendre compte de sa vigueur et de sa taille généreuse, et elle éprouva aussitôt l’envie intense de le prendre dans sa bouche. Elle l’encercla de ses doigts et commença à le caresser langoureusement. Alex sortit un préservatif de sa poche arrière et recouvrit son sexe du fin latex tandis qu’elle faisait glisser son pantalon sur ses hanches. Ensuite, ils continuèrent à se retirer mutuellement leurs derniers vêtements. Jupe, chemisier, T-shirt, caleçon, soutien-gorge volèrent en désordre jusqu’à ce qu’ils se retrouvent complètement nus.

La chambre était plongée dans l’obscurité – la seule lumière provenait d’un filet blanc sous la porte, et de la lune haut dans le ciel. Le dos de ses genoux frappa contre le lit. Sa bouche prenait la sienne, puis descendait sur son cou, ses seins, son buste tout entier. Il l’embrassait, la mordait jusqu’à son ventre. Il la fit s’asseoir sur le bord du lit. Toujours agenouillé devant elle, il écarta ses jambes. Ses mains caressèrent la peau douce de ses mollets, il embrassa ses cuisses. Sa bouche s’attarda entre ses jambes. Son goût envahissait sa bouche et son esprit. Tout le reste disparaissait. Putain, le pouvoir que cette femme a sur moi…

Il la poussa pour qu’elle s’allonge sur les draps et il se releva pour la rejoindre, lèvres et langue toujours sur son corps, ses mains, directives, dans ses cheveux. Alex promena ses lèvres sur ses seins, son ventre, sa mâchoire. Ses soupirs et ses gémissements emplissaient la chambre, se mêlant aux siens.

Ah ! M’enfoncer en elle et y rester pour toujours…

Ils embrassèrent fiévreusement, leurs mains se cherchaient et se serraient. Toujours plus proches. Leurs hanches bougeaient en rythme, sa queue glissait contre la chaleur humide de son sexe. Elle gémissait à chaque fois qu’il effleurait son clitoris.

Elle est si proche…

— Je crève d’envie d’être en toi tout de suite, murmura Alex dans son oreille.

Elle se cambra, prête à l’accueillir en elle. Puis, elle se retourna et les reins cambrés, lui offrant une vision d’un érotisme auquel elle savait qu’aucun homme ne pouvait résister. Alex l’attrapa par les hanches puis, se plaquant derrière elle, il enfouit son pénis entre ses cuisses et la pénétra d’un coup. Elle éprouva un plaisir immédiat. C’était si bon, si fort… Alex commença à aller et venir en elle, s’enfonçant chaque fois un peu plus, puis il lui lâcha la hanche de la main droite afin de pouvoir caresser son clitoris. Elle rejeta la tête en arrière et se mit à gémir tandis qu’il la pénétrait encore et encore et que le frottement de ses seins sur le matelas l’excitait de plus belle. Ses assauts se firent de plus en plus frénétiques, et elle se cambra afin qu’il la pénètre plus profond encore. Leurs deux corps semblaient obéir à un rythme qui n’appartenait qu’à eux, et leurs cris se répondaient, résonnant en écho.

— Encore… Plus fort Alexander. Oh ! Putain, gémissait-elle.

— Dis-le encore, fit-il dans un soupir en allant et venant en elle.

— Alexander !

Il avait envie de l’entendre encore et encore. Il se redressa sur ses genoux et  continu à la pénétrer plus fort, leurs mains emmêlées.

— Je ne m’en lasse pas…

L’orgasme pointait, il devait se retenir. Il avait été trop longtemps loin d’elle et rien de ce qu’il avait fantasmé ne lui arrivait à la cheville.

— Je veux t’avoir comme ça tous les jours, grogna-t-il, la bouche collée à sa peau en sueur. Comme ça et penchée sur mon bureau, à genoux, en train de sucer ma bite.

— Pourquoi ? grinca-t-elle entre ses dents. Pourquoi est-ce que j’adore quand tu me parles comme ça ? Tu es un tel salaud.

Il se pencha vers elle encore et  rit.

Ils bougeaient ensemble sans effort, leurs peaux transpirantes glissaient l’une contre l’autre. À chaque mouvement de son sexe en elle, elle relevait ses hanches pour être prise plus profondément. Elle commença à se resserrer. Elle était tout près. Ses cris étaient plus rauques. Il était au bord.

— Abandonne-toi, Cali, et jouis.

— Oh mon Dieu, Alex, grogna-t-elle. Dis autre chose.

Putain. Ses petits propos salaces l’existaient ! Il l’avait trouvé la femme idéale. Il allait la forger et lui faire accepter ses goûts particuliers.

— Tu es glissante et chaude quand tu es près de jouir, haleta-t-il. Ta peau rougit partout et ta voix devient rauque. Et ton visage est magnifique quand tu jouis.

Il la sentait respirer plus rapidement et se resserrer autour de sa queue.

— Tes lèvres de suceuse deviennent toutes douces et s’ouvrent quand tu t’approches, tes yeux me supplient d’y aller plus fort et putain, rien n’est meilleur que le bruit que tu fais quand tu finis par jouir pour de bon.

C’était tout ce qu’il lui manquait. Le désir revint si fort, si intense qu’elle pensa défaillir. Elle sentit les prémices d’un nouvel orgasme la submerger. Tout son corps se remit à trembler, à frissonner, elle s’abandonna, envahie par le tourbillon d’exquises sensations qu’il créait entre ses cuisses. Elle se cramponna désespérément à la couette, comme à une bouée, pour ne pas perdre pied. A ses vigoureuses poussées, elle comprit qu’il ne se contrôlerait bientôt plus. Elle sentit son corps puissant s’écraser contre le sien et son bassin se soulever tandis que son sexe l’écartelait sans merci. Elle se retenait au lit tandis qu'il l'éperonnait encore et encore, ses grognements mâles se mêlant à ses cris féminins dans une cacophonie de volupté.

Elle serait les mâchoires, se concentrant sur les sensations qui l'assaillaient, sur le plaisir de leur débauche. Son bassin qui percutait ses hanches étroites dans un claquement, le voile d'humidité sur sa verge chaque fois qu'il se retirait pour mieux s'enfoncer, ses fesses qui se soulevaient pour accueillir chaque assaut. Elle contemplait la manière dont ses seins pleins et lourds se balançaient à chaque secousse, leurs pointes rose pâle dures comme deux perles. Il accéléra le rythme. Elle l’entendit haleter, puis pousser de petits cris tandis qu’elle était saisie par la jouissance et se contractait autour de lui. D’un coup, il s'immobilisa, se retira. Alex la retourna sur le dos et la tira vers lui pour approcher ses fesses du bord du lit. Il se plaça entre ses jambes et les souleva pour les poser sur ses épaules. Soutenant son cul, il entra d'un coup, en grognant. Elle dut glisser les bras autour de son cou pour se stabiliser tant il la pilonnait de coups de reins puissants. Leurs visages n'étaient qu'à quelques centimètres l'un de l'autre. Renonçant à tout contrôle, il donna de tels coups de boutoir que le bois du lit cognait contre le mur. Elle ferma les yeux de volupté.

— Qu’est-ce que c’est que ça ? siffle-t-il entre ses dents serrées. Ses hanches frappaient contre ses cuisses, il la pénétrait à fond. Jamais été baisée comme ça, hein ? C’est vrai, tu ne serais pas si excitante si tu étais correctement baisée.

Pour qui se prend-il ?

— J’ai déjà eu mieux, lâcha-t-elle.

Il rit, un petit rire moqueur.

— Regarde-moi, ordonna-t-il.

— Non, répliqua-t-elle sur le même ton.

Il se retira pile au moment où elle allait jouir. Il fit descendre ses jambes de ses épaules, se laissa tomber sur elle de tout son poids, prit ses mains dans les siennes en les maintenant au-dessus de sa tête.

— Demande-moi de te baiser, répéta-t-il.

Elle voulait qu’il la baise, elle en crèvait. Elle baissa la voix et lui rendit son regard.

— Tu n’es qu’un sale con, monsieur Wilton.

— Dit « s’il vous plaît », mademoiselle Ainsworth.

— S’il vous plaît, connard !

Il glissa une main entre eux et trouva son point sensible qu'il titilla tout en s'enfonçant profondément jusqu’à la garde et en reprenant ses coups de boutoir tellement fort qu’elle aurait certainement des bleus. Le monde s'arrêta. Elle se sentit suspendu, comme si elle avait quitté son corps et avais été hissé au plus haut sommet du plaisir. Et là, son orgasme explosa dans un grand hurlement. Son corps emporté par un déferlement de vagues de plaisir. Il s'enfonça vigoureusement une dernière fois et renversa la tête en arrière en lâchant un long cri. Elle se sentit emporté par un torrent de sensations tandis qu'il se déversait à long traits brulants, sa verge palpitant jusqu'à ce qu'elle ait expulsé la dernière goutte de plaisir. L'espace d'un instant, ils semblèrent perdre connaissance tant l'extase était puissante.

Cali était allongée dans des draps de fin coton égyptien. Elle était nue, épuisée, et avait du mal à se concentrer sur autre chose que les délicieux fourmillements de son corps. Elle avait de légères griffures de barbe entre les cuisses, sur les seins, sur le menton. Ses genoux et ses coudes avaient encore les empreintes des draps. Ses seins étaient si sensibles qu’elle ne supportait même pas de recouvrir sa poitrine.

Comment pourrait-elle se passer des délices inouïs dont il l’avait comblée ? Elle sentit son estomac se nouer et préféra chasser cette idée de sa tête. Au même instant, il roula sur lui-même, se leva et gagna la salle de bains pour se débarrasser du préservatif. A son retour, il s’allongea contre elle. Instinctivement, elle plaqua son dos contre son torse et ses cuisses. C’était exquis ! Lovée tout contre lui, elle sentit brusquement une bouffée d’angoisse l’assaillir. Cette nuit était dédiée au sexe, pas aux câlins ni aux débordements d’affection après l’amour. Dans les bras d’Alex, elle se sentait soudée à lui par un lien étroit, trop intime qui l’effrayait. Elle se sentait désarmée, vulnérable. Elle avala sa salive. Elle préférait qu’il la prenne debout contre le mur, avec violence et frénésie, c’était moins périlleux que cet élan de tendresse auquel elle ne s’attendait pas. Cela ne lui ressemblait pas. Ce serait si facile de s’attacher à cet homme et d’envisager plus qu’une aventure sans lendemain avec un séduisant patron sur une île de rêve. Non, cela, elle ne se le permettrait pas. C’était trop dangereux. Tant sur le plan personnel que professionnel. Mal à l’aise, elle voulut s’écarter, elle avait du mal à respirer, elle avait besoin d’espace, mais il resserra ses bras autour d’elle. De toute évidence, il n’avait aucune idée des affres dans lesquels elle se débattait.

— Ne bouge pas, grogna-t-il. Je n’en ai pas fini avec toi. Donne-moi une demi-heure pour recharger mes batteries.

Une petite voix dans sa tête lui souffla qu’elle devait garder ses distances. Elle refoula un début de panique et s’efforça de garder la tête froide pour trouver le moyen de s’esquiver discrètement.

— Tu te prends pour un lapin ou quoi ? plaisanta-t-elle.

— Avec toi, on dirait bien que oui, rétorqua-t-il d’une voix somnolente.

Elle ne répondit pas. Un peu plus tard, quand l’étau de ses bras se relâcha, au rythme de sa respiration, elle comprit qu’il glissait dans le sommeil. Quant à elle, le souffle court, elle avait toujours l’impression d’étouffer, de manquer d’air. Elle était au bord de la syncope. Qu’est-ce qui lui passait par la tête ? Elle n’allait tout de même pas succomber à la tentation de passer la nuit dans son lit. Ce serait pure folie. Mais il y avait si longtemps qu’elle n’avait pas goûté à la chaleur douce et rassurante du corps d’un homme après l’amour… Non, ce n’était qu’illusion, pur fantasme. En attendant, il n’était pas question de sentiments ni de quoi que ce soit de sérieux entre eux. Elle ferait bien de se l’enfoncer dans le crâne. Au bout de quelques minutes, elle sentit ses muscles puissants se détendre tandis qu’un léger ronflement lui annonçait qu’il avait enfin sombré dans le sommeil. Alors elle repoussa son bras avec précaution, s’écarta et quitta le lit en hâte. Elle rassembla ses vêtements à tâtons dans le noir, enfila sa robe en vitesse sans même prendre la peine de remettre ses sous-vêtements, ramassa ses escarpins et se dirigea vers la porte sur la pointe des pieds. S’il l’entendit sortir de la chambre, à son grand soulagement, il ne tenta rien pour la retenir.

***

En entrant dans le restaurant où était servi le petit déjeuner, Alex eut la surprise d’y trouver Cali, assise seule à une table au fond de la salle, près d’une fenêtre donnant sur les jardins luxuriants de l’hôtel. Elle buvait son café tout en griffonnant dans son carnet, probablement des notes pour les futurs contrats. Lui-même avait consacré les premières heures de la matinée à sa propre communication, cherchant à tirer les meilleurs investisseurs. Son estomac criant famine, il se dirigea vers le buffet, commanda une omelette et emplit son assiette de bacon, fruits frais et autres délices. Il se versa un grand verre de jus d’orange, une tasse de café et emporta son plateau lourdement chargé à sa table.

A la façon dont elle s’était éclipsée pendant son sommeil, la nuit dernière, il ne savait pas trop sur quel pied danser. Le léger grincement de la porte qui se refermait l’avait réveillé et il avait su d’instinct qu’elle était partie. Il avait failli rejeter les draps et sauter dans son pantalon pour s’élancer à sa suite, et puis il s’était ravisé. Il n’allait quand même pas poursuivre une femme qui lui faisait clairement comprendre qu’elle ne souhaitait pas sa présence auprès d’elle. Non, il devait se remettre les idées en place. Ce qui se passait entre eux n’était pour elle qu’un petit flirt sans conséquence. Cela ne lui donnait pas le droit d’exiger d’elle autre chose que du sexe. Sauf qu’elle l’ensorcelait, le touchait au plus profond de lui-même. Il aurait menti en affirmant n’avoir cédé qu’à une simple pulsion sexuelle attisée par six long mois d’attente.

Après qu’ils s’étaient enfin abandonnés corps et âme à l’attirance qui les consumait depuis trop longtemps, le plaisir qu’ils s’étaient donné avait été inouï, il devait le reconnaître. La serrer dans ses bras après l’amour l’avait comblé et étrangement ému. Plus qu’une simple satisfaction physique, c’était plutôt une sensation de plénitude qu’aucune femme avant elle ne lui avait procurée… Pour être franc, il avait beau être déçu par sa fuite la nuit passée, il en comprenait la raison. Elle s’efforçait de conserver un semblant de normalité dans leur relation. Elle ne voulait pas commettre l’erreur de mélanger travail et sentiments, et risquer de mettre en péril son emploi.

Sans un mot, elle le regarda approcher par-dessus sa tasse de café. Avec ses cheveux noués en une épaisse queue-de-cheval, elle était si belle. Lumineuse en fait. Les trois orgasmes qu’il lui avait offerts la nuit dernière avaient sans doute quelque chose à voir avec le joli rose qui colorait ses joues. En tout cas, il se plaisait à s’en attribuer le mérite. Elle était vêtue d’un short blanc avec un petit haut en dentelle couleur parme, les pieds glissés dans une paire de tongs à paillettes qui ne détonnaient pas dans le décor. Un fruit exotique… pulpeux, dont il ne pourrait jamais se repaître. Il posa sans façon son plateau sur la table et s’assit en face d’elle sans lui demander la permission, de peur de se faire rembarrer sans autre forme de procès. Elle ne dit mot, mais le regard méfiant dont elle le gratifia était éloquent. Elle s’attendait visiblement à un interrogatoire en règle à propos de sa fuite précipitée après leurs ébats torrides de la nuit dernière. Heureusement pour elle, il n’en avait pas la moindre intention. D’ailleurs, il ne comptait même pas aborder le sujet, jugeant cette discussion totalement inutile. Par-dessus tout, il désirait alléger l’atmosphère et ne tenait pas à envenimer leurs relations qu’il voulait gaies, légères, enjouées. Tout sauf le blues du lendemain matin.

Il piqua sa fourchette dans son omelette et désigna son calepin du menton.

— Ça avance ?

A son grand soulagement, il vit les traits de Cali s’adoucir quelque peu. Il surprit un sourire sur ses lèvres. C’était encourageant. Signe que les choses redevenaient peut-être normales entre eux. Elle haussa les épaules.

— J’ai quelques idées pour des clauses et je me suis dépêchée de les noter de peur de les oublier. Si je ne les mets pas par écrit, elles m’échappent immédiatement. Je déteste ça. Eh bien, il y en a un qui meurt de faim, ce matin, on dirait, ajouta-t-elle sans transition en louchant sur son plateau débordant de nourriture.

A la pointe d’amusement qu’il surprit dans ses yeux, il comprit qu’elle voulait plaisanter. Elle avait l’air de savoir compartimenter vie professionnelle et vie privée bien mieux que lui, songea-t-il, hypnotisé par sa bouche dont il se remémora le goût exquis. Partout. Elle était délicieuse de partout. Il en avait à présent la preuve irréfutable… Il avala un morceau de bacon qu’il fit descendre à l’aide d’une bonne rasade de café et lui décocha un sourire vorace en haussant comiquement le sourcil.

— Que veux-tu, tu m’as mis en appétit, cette nuit.

Elle éclata de rire, les yeux fixés sur la tranche de melon qu’elle tenait à la main. Elle y mordit à belles dents et mastiqua avec application.

— A propos de cette nuit, je pense qu’on devrait fixer certaines règles…

— Très bien, approuva-t-il, attendant patiemment la suite pour voir ce qu’elle avait en tête.

Elle se ménagea une pause, le temps de se lécher les doigts du bout de la langue.

— Je veux être sûre qu’on soit sur la même longueur d’onde concernant notre relation, reprit-elle, sans se douter de la vague de désir brut que ce spectacle voluptueux déchaînait dans son entrejambe.

Il se contrôla à grand-peine. Pour le reste, il n’avait aucune objection. Au contraire. Cette demande était tout à fait raisonnable et allait grandement simplifier les choses.

— Rien ne filtrera de ce qui se passe entre ces quatre murs, dit-il, conscient de débiter une banalité, laquelle s’appliquait pourtant parfaitement à la situation. Je veux continuer notre relation. J’ai adoré la nuit dernière et je voudrais voir où cela nous mène à notre retour à Aurora. Mais nous ne devions pas mélanger travail et plaisir. Rester professionnel à Robotics mais en dehors, je te veux entièrement.

— D’accord, dit-elle en hochant la tête.

Il poussa un soupir de soulagement. Au fond, les règles avaient du bon. Ils avaient ainsi carte blanche pour aller au bout de leurs désirs et de leurs fantasmes pendant encore quelque temps.

— Parfait, cela nous laisse encore quatre jours pour en profiter pleinement sans contrainte, déclara-t-il.

Ayant terminé son fruit, elle s’essuya les mains et lui décocha un sourire charmeur, plein de promesses.

— J’espère bien. En attendant, j’ai une foule de choses à faire aujourd’hui pour préparer mes contrats. Quant à ce soir, nous avons le choix entre une soirée toge et un bal masqué. Tu as une préférence ?

— Oui. Une soirée à thème unique : toi. Toi, de toutes les manières possibles, répondit-t-il sans ambages.

Elle se mordit la lèvre, une étincelle de désir dansant dans ses yeux.

— Bon, alors, puisque tu as fait les choses à ta manière la nuit dernière, c’est à moi ce soir. Juste retour des choses. Tu es d’accord ?

Dévoré d’impatience, il s’enflamma instantanément. La journée promettait de se dérouler dans un état de frustration insupportable…

— J’ai hâte d’y être.

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