4. Terrible pirate

Par Lydasa.

Cela faisait plusieurs mois que nous avions quitté la baie des roses en Espagne. Nous voulions regagner l’un de nos repaires où nous y avions laissé l’un de nos trésors. Dérober il y a quelque mois a une flotte anglaise que nous avions pris par surprise. C’était un grand coffre rempli exclusivement de diamants, ainsi que plusieurs petits coffres de monnaie de la reine. Comme nous voulions faire cap sur la Grande-Bretagne, nous voulions prendre de quoi faire notre bon plaisir dans les ports.

 

— Capitaine, il y a encore des rats dans la cale. J’en peux plus de ces saloperies de rongeurs, hurle mon cuistot.

— Et bien une fois arriver chez nous, tu te feras un plaisir de poser tes pièges et ta mort au rat, soupirais-je.

— J’en ferais un délicieux ragout crois moi.

— S’ils sont remplis de graine de poison, je n’en veux pas.

— Ah non je les capture vivant et je te les épluche vivant après, avec des oignons et des patates c’est un régal.

 

Je n’étais pas forcément emballé de manger un ragout de rat, même si Marvine avait un don particulier de rentre tout et n’importe quoi mangeable. Sur un navire c’était important d’avoir un cuisinier de cette qualité. Je savais que sur l’île où nous allions, il y aurait des crabes, mais surtout des lapins, des mangues et des bananes. De quoi remplir les cales et nous faire un regain de vitamine. Le vieux Roberto avait légèrement ses dents qui commençaient à tomber, bientôt Marvine devrait lui faire que des soupes. C’est pour ça des vitamines avec les fruits ne nous ferait pas de mal.

 

— Terres-en vu mon Capitaine.

 

En quelque fouler je me retrouve à la proue du navire, je sors ma longue vue pour apercevoir les récifs rocheux si particuliers de mon île. Il forme tout autour d’elle une muraille infranchissable qui déchire la coque des bateaux quand on ne sait pas y naviguer. Justement j’ai la désagréable surprise de voir la carcasse éventrée d’un demi-navire. J’imagine que la seconde moitié est surement au font de l’eau, ou éparpillé tout le long des plages. Je ne suis qu’à moitié étonné a vrai dire, il y a quelques jours nous avons essayé une tempête monstrueuse, cela faisait bien longtemps que nous n’en avions pas affronté une de cette force. Heureusement il semblait que l’orage se soit légèrement déchargé avant de nous atteindre. Nous venions de refaire toute la mise à terre du navire, cela avait plutôt réussi, car nous n’avions subi aucun dégât.

 

— Attendez-vous à avoir quelque invité surprise, en plus des rats, hurlais-je.

 

Mon second, Conrad, me rejoint et déploie sa longue vue, avant de se mettre à ricaner.

 

— Y’en a des pas très fut fut qui sont restés près de l’île pendant la tempête on dirait, ricane-t-il toujours son œil dans la longue vue.

— Ouais, c’est bien ça nous fera de la main d’œuvre pour nettoyer le pont. Un peu de sous quand on les revendra comme esclave au refuge des pirates, continuais-je.

— Ouais carrément j’en ai marre de récuré le pont si on a des esclaves ça serait le pied. Allez préparer vous tous à une possible embuscade, hurle-t-il au reste de l’équipage.

 

Mon second est un bel homme blond, avec des yeux gris fascinants. Il a coiffé sa chevelure en une multitude de dread, surmonté d’un chapeau tricorne en cuir noir. Lui et moi avons un peu le même style niveau coiffure, à part que je suis brun avec des yeux noirs. Je regagne ma cabine, préparant mon arme, la nettoyant soigneusement avant de la charger, la mettant à ma ceinture. Quand je ressors nous sommes presque arrivés sur l’île, on peut voir qu’un feu a été étains à la hâte, comme si des gens voulais cacher leur présence.

 

Un grand sourire étire mes lèvres, je suis excité par l’idée d’avoir un peu d’animation, il ne s’est clairement rien passé pendant plusieurs mois. J’ai envie de tâter du sabre et surtout trancher des gorges. Je ne suis pas réputé pour être un pirate de cœur, mon nom est sur toutes les langues, je suis Samuel Blackstone le pirate au regard noir. Certain me compare à barbe noir, a ses exploits et j’avoue être flatté par cela. Je n’ai aucune pitié pour mes adversaires, aucun sentiment à part pour mon équipage, mon navire et mes trésors.

 

Notre navire entre dans la caverne, un petit galion trois mat avec seulement une cinquantaine de canons au total. C’est un petit navire, mais très rapide, le « Faucheur sombre » laisse rarement ses attaquants le rattraper. Nous avons soit toujours réussie semer les plus gros navires de ligne, soit rattrapé les navires de commerce que nous prenions en chasse. Nous avions peint tout le navire en noir et les voiles étaient également noirs. Notre pavillon affichait une tête de mort, affublée de deux faux croisés. De toute évidence il était impossible de confondre notre navire avec un corsaire lambda ou un bateau marchant.

 

Certain de mes hommes se sont cacher en cale, en cas d’embuscade directement dans la caverne. Mais nous arrivons à nous amarrer sans subir d’attaque, il n’y a personne sur le quai et notre repère semble totalement vide. Je pose les pied-à-terre, allant directement à l’endroit où se trouvait mon coffre. C’est sans surprise que je n’y trouve plus rien à part quelque pièce abandonner à droite et a à gauche.

 

— Ratoune, hurlais-je.

 

Un de mes hommes arrive en trottinant vers moi, couinant un petit oui en baissant la tête face à moi. On le surnomme ainsi, car il a une tête de rats, des yeux globuleux, un nez pointu et une moustache disgracieuse. Il est aussi rond qu’une barrique et ses bourrelets flasques passent en dessous de son t-shirt tacher de gras.

 

— Ramasse les pièces qui trainent, mais ça dans un coffre, ordonnais-je.

 

Je me tourne vers mon second qui se gratte le menton.

 

— Je ne sais pas pourquoi, mais je sens que si on suit les pièces cela nous mènera jusqu’à la clairière.

— Oui j’ai l’impression aussi, on prend des chaloupes pour arriver par la plage dans ce cas, propose Conrad.

— Ratoune ramasse tout jusqu’à dehors.

— Mais… si je me fais attaquer ? couine-t-il pétrifier.

— Tu sais te battre, ils n’auront de toute façon pas le temps de t’attaquer, grognais-je

 

Nous le laissons à son sort, il est un peu le punching-ball de l’équipage. Le larbin à tout faire qui fait tout ce que personne ne veut faire. Nous ne l’avons jamais retenue, il reste à chaque fois avec nous, pas faute d’avoir essayé de le décourager. Je retourne près de mon navire, ordonnant à quelque homme de rester sur le bateau, alors que d’autre monte dans les chaloupes avec moi. Nous ramons jusqu’à l’extérieur de la caverne, sortant pour arriver sur le bord de la plage de l’autre côté. Nous débarquons sans un bruit, nous cachant dans la végétation environnante. On s’approche d’une sorte de camps de fortune, des hommes sont en cercle parlant tout bas.

 

Nous pouvons voir l’un de leurs éclaireurs courir vers eux en hurlant, ils annoncent que notre navire est arrivé. Tous partent en courant vers l’entrée de la caverne, laissant derrière eux seulement trois personnes. Je regarde Conrad, il fait signe à certains de s’occuper du camp pendant que nous prenons à revers ceux qui pensent nous faire une embuscade. Nous nous faufilons dans la végétation pour prendre à revers les embusquer. Ils ne sont qu’une trentaine, nous une cinquantaine les neutralités sera un jeu d’enfant.

 

Sans un bruit on se glisse derrière eux, ils ne semblent pas vraiment dégourdis. Pourtant il porte l’uniforme de l’armée, ils ne semblent pas suivre de directive et son désorganisée. Au moment où Ratoune sort de la caverne, ils bondissent tous en avant, le faisant se pisser dessus. Nous armons nos chiens avant de pointer nos canons dans leurs directions. Il se retourne vers nous, comprenant que leur tentative d’embuscade vient d’échouer. Je suis presque déçu, car ils se rendent immédiatement, aussi blanc que des linges. Ils ne sont armés que de quelques fusils et de lance, alors que nous sommes tous armée d’un pistolet et de calibre dix-huit.

 

— S’il vous plait, ne nous tue pas, supplie l’un d’eux en sanglotant.

 

Je les trouve tellement pitoyables, je fais signe à mes hommes de les ligoter. C’est à ce moment-là qu’un plus courageux que les autres tentes de tire sur un de mes compagnons, le ratant de justesse. Sans sommation je vise et lui tire une balle entre les deux yeux, sans le louper. Il s’écroule au sol lourdement, provoquant la révolte de certains, du moins ceux équipés d’arme à feu. Je sors mon sabre, marchant sans aucune crainte et fier droit devant moi. Alors que l’un d’eux pointe son arme sur moi, je le décapite d’un coup sec. J’entends des couinements apeurés autour de moi et en quelque seconde nous avons maitrisé la situation en tuant une bonne dizaine d’entre eux. Mon second arrive avec les trois hommes qui étaient restés à leurs camps ligotés.

 

Je fais un signe de tête de nous les laisser pendant que quelque homme part en éclairage pour débusquer d’autre naufragé qui se serait caché dans les environs. Nous les mettons tous en rang à genoux devant nous, certains nous fixe droit dans les yeux alors que d’autres sanglotent la tête basse.

 

— Vous êtes bien pitoyable pour des soldats du roi, ricanais-je. Vous vous attendiez à quoi ? Nous tuer, prendre notre navire et vous enfuir ? Avec seulement quelques armes ? Vous ne semblez pas assez entrainer, mais surtout pas assez prêt à mourir pour ça. Vous êtes surement tomber sur le seul équipage qu’il aurait mieux valu évite. Je suis le capitaine Samuel Blackstone.

 

Je fais les cent pas devant eux, les fixant un à un, avec ce sourire en coin qui me donne un air sadique. Je peux les voir se décomposer à l’annonce de mon nom. Certains d’entre eux connaissent surement ma réputation au vu de leur tremblement.

 

— Bonne nouvelle pour vous, vous allez monter à bord du faucheur sombre, avec nous. Mauvaise nouvelle, vous y monterez en tant qu’esclave. Vous ferez toutes les tâches les plus ingrates de notre navire, nettoyer le pont, faire notre repas, nous torcher le cul. Bref, vous vivrez confortablement dans la cale avec un joli boulet rouiller accrocher à votre cheville.

 

Je m’arrête devant un des soldats, un jeune garçon, pas plus de la vingtaine. Il a des cheveux noirs et courts, mais des yeux d’un vert tel une pierre précieuse. Il a des traits fins, une peau lisse malgré le fait qu’on voie qu’il a souffert d’un naufrage. Je sens immédiatement un trouble s’installer en moi, mon cœur vrille. Je reste quelque instant à le fixer droit dans les yeux, hypnotisé par leur couleur jusqu’à ce qu’il baisse le regard. Je ne sais pas trop ce qui s’est passé, mais j’ai l’impression d’avoir perdu une étrange bataille. Secouant la tête je reprends mes pas, essayant de passé a autre chose.

 

— Il y a-t-il certain d’entre vous encore assez courageux pour tenter de nous défier ?

 

Je me retrouve face à un mur de silence, jusqu’à ce que lui parle.

 

— On a déjà assez souffert comme ça, on n’a plus rien à perdre.

 

Je me retourne, il a la tête relevée, les yeux droits sur moi. Je m’approche d’un pas lent vers lui. Ses frères d’armes qui l’entourent commence à l’engueuler en murmurant. Lui disant de ne pas faire de vague et de se taire. Je me plante devant lui, il me fixe toujours droit dans les yeux. Je lui attrape le menton pour lui relever encore plus la tête.

 

— Tu crois que tu peux survivre avec seulement ta gueule d’ange, ricanais-je.

— Aller vous faire foutre.

 

Il en profite pour me cracher au visage, je me redresse, essayant le molare sur ma joue. Je regarde mon second et lui fais un signe de tête. Mes hommes embarquent tout le monde sans délicatesse. Je n’ai pas envie de tuer ce jeune homme, je ne sais pas pourquoi quelque chose m’attire dans son regard. Cela aurait été quelqu’un d’autre je lui aurais explosé la cervelle sans réfléchir. Le groupe rentre dans la caverne et mes hommes qui étaient partis en éclairage reviennent rapidement avec des nouvelles.

 

— Capitaine, il y a une vingtaine de personnes dans la crique, ils sont en train de construire un radeau.

— Très bien, tuez-les tous. On a assez d’esclaves comme ça, je ne veux pas à avoir à nourrir plus de bouches.

— Bien mon capitaine.

 

Une vingtaine d’hommes part pour aller s’occuper des derniers survivants. Nous avons au total capturé dix-neuf personnes, un bon score. Quand j’arrive dans la caverne, Conrad a déjà enchainé les prisonniers, laissant le rebelle aux yeux vert à l’écart, comme s’il savait que j’allais surement le tuer. Je vois ses deux amis le regarder avec inquiétude quand je m’approche de lui. Je l’attrape alors par les cheveux et lui tire la tête en arrière, collant mon canon dans sa bouche. À ce moment-là je vois la panique dans ses yeux et il se met à trembler légèrement.

 

— Il va falloir que tu comprennes quelque chose petit, qu’à présent ta vie est entre mes mains. Si je décide de te buter, tu finiras à nourrir les poissons. Tu devrais te sentir privilégier d’avoir survécu au naufrage de ton navire et de ne pas avoir ta cervelle sur le sol.

 

Il gémit paniquer, je voie ses mains lier trembler. Je retire délicatement le canon de ses dents, il ferme les yeux en serrant des dents, je peux voir une larme couler. Je le lâche et il se recroqueville sur lui-même, lâchant un sanglot. Le plus grand de ses amis, celui qui ressemble à un ours commence à me hurler dessus.

 

— Laissez-le… il est blessé.

— Ah oui ? Je n’en ai rien à faire, il a voulu faire le fier, qu’il soit blessé ou non il va comprendre qu’il vaut mieux baisser la tête devant moi. Tu as quelque chose à y redire ou tu veux rejoindre tes petits copains refroidis ?

— Non… mais s’il vous plait… je vous en supplie. Ne lui faites pas de mal.

 

Je me mets à ricaner, je m’approche de l’ours. Lui relevant la tête avec le canon de mon arme, sous son menton.

 

— Je vais te faire du mal à toi à chaque fois qu’il fera une erreur alors !

 

Je le frappe avec force, le faisant tomber au sol dans une gerbe de sang. Je peux voir l’une de ses dents voler plus loin, il lâche un gémissement gargouillis. J’entends l’autre se mettre à hurler en pleurant. Je retournant avec un sourire des plus satisfait, je m’approche de lui. Il a les larmes qui dégringolent sur ses joues et il me supplie de ne pas leur faire de mal. Je me mets accroupi devant lui, avec toujours ce sourire sadique sur les lèvres.

 

— Bien, leur bien-être ne tiendra qu’à toi alors. Tu te comportes bien, ils n’auront rien. Tu obéis docilement, je les laisserais tranquilles. Mais si tu oses me défier, me cracher à la figure où faire quoi que ce soit qui me contrarie… soit je les torture devant toi, soit je finis par exploser la tête de l’un d’eux. Tu es d’accord avec ça ?

— Oui… oui, je vous en supplie, ne le tuer pas, sanglot-il.

— Je ne le tuerais pas. Quel est ton prénom ?

— Raphaël…

— Bien, très bien Raphaël, tu as le sort de tous tes compagnons entre tes mains.

 

Je me redresse, regardant Conrad qui est assez amusé de mon petit jeu. Je fais toujours preuve d’imagination pour torturer les gens, ou pour en faire tout ce que je veux. Je fais un signe pour amener les prisonniers dans la cale du navire. Ils y seront enchainés immédiatement et n’aurons aucune possibilité de sortir, car ils seront en plus enfermés dans une cage de fer. Ratoune arrive vers moi, avec dans les bras l’un des coffres que nous avons récupérés.

 

— Je le mets dans le navire ?

— Oui dans la cale avec les prisonniers. Tiens si tu peux aller leurs cueillies quelque fruit pour leur repas, ordonnais-je.

— Oui bien sûr, pas de poisson ni de viande ?

— Non, on ne va pas non plus leur faire des repas gastronomiques ! Ce sont des prisonniers, prend des fruits pourris.

 

Je l’entends ricaner de façon grasse, je sais qu’il va se donner un malin plaisir à les faire chier ou a les traumatiser.

 

— Une dernière chose Ratoune… Donne de la viande à Raphaël.

 

Il me regarde avec une sorte d’étonnement avant de faire un oui de la tête et de partir dans la mission que je lui ai donnée. Conrad s’approche de moi, un sourire amusé sur les lèvres.

 

— C’est quoi ton plan avec… ton chouchou de prisonnier ?

— Comme tu dis, chouchou, je vais faire en sorte que tous ses petits copains le détestent au lieu de vouloir le protéger, dis-je avec calme, mais non sans sourire sadiquement.

— Tu es… mesquin Samuel.

— Merci. Je n’aime pas qu’on me crache à la figure. Il va comprendre ce que ça fait que de tomber sur l’un des pirates le plus craint des mers.

 

Je tourne les talons, voyant le retour de mes hommes de la crique. Ils sont couverts de sang portant la tête de leurs victimes. Ils font toujours ça pour me prouver qu’ils ont bien fait ce que je leur ai demandé. Ils me montrent fièrement les têtes.

 

— Hum parfait, mettez-les dans la cave pour attirer les rats pour que Marvine les attrape.

— Parfait capitaine, hurle mon cuistot dans un rire gras.

 

Conrad explose de rire. J’ai parfaitement demandé à mes hommes de mettre la tête des frères d’armes de nos prisonniers dans la cale avec eux. Ils vont donc avoir le droit à la vision d’horreur des têtes couper, mais aussi l’odeur de décomposition qui va surement arriver dans les jours à suivre. Marvin lui est ravie, car il va enfin capturer ses maudits rongeurs.

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