4. Mal de crâne

Par Lydasa.

Rowan

 

Je ne sais pas quoi pensé, je suis totalement perdu. Je pensais trouver Yale partout, dans n’importe quel bar, mais pas celui-ci. D’après Max, le barman, il y viendrait souvent. Sauf que je ne l’ai jamais croisé depuis le temps que moi aussi je fréquente l’établissement. Je suis à me demander si par tout hasard nous nous sommes retrouvés ici en même temps. Comment on n’a pas pu se croiser, bordel ?

Une chose est sur c’est qu’il c’est écroulé comme une merde dans la ruelle. Avant que sa tête ne touche le sol, j’ai eu le temps de le rattraper. Je comprends mieux ses gueules de bois monstrueuses qu’il se tapait quand il revenait le lendemain d’une crise de colère. Je le soulève sans effort, le plaçant sur la banquette arrière du véhicule. Avant de rentré dans la boite j’ai reconnu sa moto, se con y a fait gravé ses initial aussi. Je l’ai mise dans la benne du pick-up et je suis parti le chercher. Quand j’ai vu le mec avec qui il se dandinait, je ne pensais pas qu’il avait si mauvais gout en matière de pigeon. Il devait surement le dragué pour se trouver une chambre pour la nuit. Du coup il va finir dans ma chambre d’amis.

Anton m’avait envoyé le chercher dès qu’il avait disparu du manoir. Encore une fois je jouais aux nounous, il m’avait aussi gentiment demandé si je pouvais l’héberger chez moi, qu’il ne finisse pas à dormir dans la rue. Mon appartement se trouve a Santa rosa. J’ai choisi cette ville au Nouveau-Mexique, entre Albuquerque et le Texas pour mes jours off ou, j’allais me défouler dans des bars qui me ressemblais. C’était normalement mon nid à moi, mon cocon de sécurité pour échapper à la pression du club. On avait tous un appartement en plus d’une chambre au manoir. Certain ne vivait que dans leur appart, d’autre comme moi l’utilisait pour se reposé loin des soucie du club.

En arrivant devant chez moi, je soupire de soulagement, il n’a pas vomi sur le tableau de bord. Il est voterai contre la vitre a ronflé. Je me gare dans le sous-sol, laissant sa moto dans la benne de mon véhicule. Je prends son sac, puis lui sur mon épaule comme un sac a patate. J’habite au cinquième, me glissant dans l’ascenseur, je ne pris pour croisé personne. Mais au rez-de-chaussée, Madame Printel monte. Quand elle me voit avec Yale sur l’épaule, elle ouvre grand les yeux.

— Je crois qu’il a trop bu, me justifiais-je.

— Il a de la chance d’avoir un ami comme vous, le pauvre, j’imagine, pas son mal de crâne demain.

Cette petite dame est exceptionnelle, elle rigole tout le temps et ne semble absolument pas gêner par mon physique. Après tout on ne peut pas se tromper, je suis un biker, une légère barbe et une veste de cuir avec le logo de mon club. Je suis presque sûr que je pourrais sortir avec un cadavre dans un sac poubelle sur l’épaule, cela ne la choquerait pas. Même si nous ne sommes pas dans un quartier craignos, les gens ne me regardent pas trop bizarrement.

J’entre dans mon appartement, posant mon gros paquet sur le lit de ma chambre d’amis. Je lui retire ses chaussures avant de le glisser sous la couette. Il se met en boule sur le côté en grognant, mais ronfle tout de suite. Par sécurité je place une bassine à côté du lit, avec un vers d’eau et un doliprane. Je ne serais peut-être pas réveillé quand il émergera.

Pour ma part je me pose enfin sur mon canapé, me perdant dans mes pensées. Yale est gay, c’est un putain de gay comme moi. Sauf que ça absolument personne et surement pas Anton n’est au courant. Je pense qu’il devait finir à l’Effex quand il fuyait. Voilà pourquoi on ne le trouvait jamais, il finissait dans le seul endroit ou on ne le cherchait pas. Je ne sais pas trop comment j’ai fini par y aller. Il aurait pu être n’importe où, mais cette fois j’avais anticipé. Un traceur GPS sur sa moto. Ça a été bien pratique n’empêche.

Je me passe les mains dans les cheveux nerveusement, je crains son réveil, comment va-t-il le prendre. Il ne m’aime clairement, alors que je sache pour son homosexualité va surement le faire entrer dans une rage sans nom. Je regarde l’horloge de mon salon, une heure du matin. Il ne doit pas tenir la marré pour être aussi cuit a cette heure là, à moins qu’il y soit allé très fort. Je décide de prendre une douche et de me coucher. On verra demain, si ça se trouve il ne va pas émerger avant midi, j’ai le temps de dormir un peu. Par sécurité je ferme ma porte d’entrée à clef et les planque dans ma propre chambre.

Le lendemain comme je l’avais imaginé, Yale ronfle toujours en boule sous la couette. Ça sent le phoque dans la chambre, comme dans la sienne au manoir. C’est dingue comment on peut dégager une telle odeur quand on picole trop. J’aime bien boire, mais j’ai horreur de boire à ce point. Habillé d’un simple jogging en coton, je vais dans ma cuisine préparer le café. Normalement je dors a poile et me balader le matin dans la même tenu ne me dérange pas. Sauf que là, je vais éviter le spectacle à mon invité.

Après avoir fait couler le café et servie un mug, je m’assois dans mon canapé, regardant les nouvelles sur ma tablette. Il semblerait qu’un de nos concurrents a été démantelé par la police, suite à une saisie monstrueuse de drogue à la frontière du Mexique. À vrai dire c’est une action de notre part, nous avons fait exprès de piéger les Black Eagles pour les faire tomber, nous avons laisser cette garnison pour la police. Après tout nous les avions prévenus une fois de ne pas marcher sur nos platebandes, mais ils ont continué à attiser la colère du dragon.

— Salut mec, tu pais un café à ton plan cul d’hier soir

Quand je me retourne et qu’il se rend compte que c’est moi, il devient encore plus blanc qu’il ne l’ait déjà.

— Alors non, on n’a pas couché ensemble, mais je peux te payer un café quand même.

Je lui fais un sourire amusé, avant de me lever et de prendre une tasse pour lui. Il s’approche avec méfiance de moi. S’asseyant sur l’un des tabourets du comptoir de ma cuisine. Je lui pose sa tasse devant lui, faisant mon plus beau sourire.

— De donc tu ressembles a une meuf, c’est pour ça que…

— Arrêt je t’ai trouvé a l’Effex !

Il se tait, toujours aussi blanc. Soudainement il se lève et cour dans la salle de bain que j’ai laissée ouverte. Je l’entends rendre ce qu’il n’a surement plus dans l’estomac. Il revient, avec cette fois un peu plus de couleurs. Il se rassoit sur le tabouret, n’osant pas me regarder dans les yeux.

— Tu m’as suivi ?

— J’ai placé un traceur sur ta moto.

— Putain tu es sérieux ? Et ma vie privée bordel, tu n’as pas le droit de faire ça.

— Comme toi de dire quelque chose d’horrible a ton père au point de le faire pleurer.

Il se tait à nouveau, les yeux toujours bas, ses mains autour du mug. Je sens son malaise, je ne sais pas si ses tremblements son du a l’alcool ou a son mal-être. Il relève les yeux vers moi, je remarque qu’ils sont embrumés de larme.

— Je suis pas gay hein… j’étais juste trop torché…

— Arrêt tes conneries Yale, je comprends que tu ne veux pas que ça se sache, mais ne me prends pas pour un con. J’ai vu ta moto garer devant, Max dit bien te connaitre et tu te frottais à un mec en lui tripotant le paquet.

Il se met à trembler de plus en plus et les larmes coulent sur ses joues.

— N’en parle pas a mon père je t’en supplie.

— Pas la peine de me supplie, je ne vais pas lui dire. C’est ton problème si tu es dans le placard ou non. Juste, n’essaie pas de me raconter de connerie. Mais je t’assure, tu devrais parler a ton père tu serais étonné de son ouverture d’esprit.

Il joue avec son mug, le faisant tourner entre ses mains nerveusement. J’imagine très bien que c’est le bordel dans sa tête, un mec qui ne peut pas encadrer est au courant de son plus gros secret. Ses larmes ne coulent plus, mais il est sur les nerfs. Je lâche un soupire, peut-être que je vais faire une connerie, sauf qu’il me fait pitié.

— Tu sais Yale, je connais très bien Max.

Il ne semble pas réagir, avant de se figer et de relever les yeux doucement vers moi.

— Tu… connais Max ?

— Oui, depuis le temps que je vais a l’Effex on est presque pote.

Il bug face à moi, me regardant avec des yeux de poisson mort. Puis je les vois s’ouvrir de plus en plus, il lève son mug à ses lèvres, buvant une gorgée de son café.

— Attends… mon père est au courant pour toi ?

— Oui.

Je crois qu’il a planté, comme un ordinateur avec une page bleu. Le temps qu’il redémarre, j’ai le temps de me reprendre un café et d’en boire deux gorgées. Il reprend connaissance, si on peut dire ça, avant de me regarder de haut en bas, soulevant un sourcil.

— Pourtant d’après que tu aimes les vieilles crouteuses ? me lâche-t-il.

— Oh c’est bon, j’ai juste dit à une brebis qui me draguait lourdement que si je ne me tapais pas les filles du club c’est par ce qu’elle était trop jeune à mon gout. Il n’y a pas grand monde qui sait pour moi au club. Mais tu serais vraiment étonné Yale, si tu arrêtais de te braqué dès qu’on essai de te parler.

Il boit son café, reposant sa tasse vide, il me la tend timidement. Je comprends qu’il veut d’autres cafés que je lui ressers. Il semble complètement perdu le pauvre, la gueule de bois n’aide pas. Puis finalement je lâche un soupire.

— Tu peux rester ici, le temps que tu remettes tes idées en place. Au lieu de te trouver un mec au hasard, ici au moins tu peux te mettre à l’aise.

— Merci… en faite tu es un mec bien.

Je ne retiens pas mon sourire, venant de lui c’est vraiment un beau compliment qui sonne comme des excuses. Je finis par retourner sur mon canapé, reprenant ma tablette pour joué a candy crush. Sans le regarder, je lâche avec un sourire amusé.

— Par contre si tu restes ici, aères ta chambre et prends une douche, tu sens le phoque encore une fois.

Je l’entends ricaner, il file dans la salle de bain faisant ce que je lui demande. Sauf que quand il resort, il a juste une serviette autour de la taille. Il me fait un sourire gêné.

— Je me rends compte que… ce que j’ai mis dans mon sac c’est juste des vestes, mais aucun pantalon.

J’explose de rire, allant dans ma chambre pour lui prendre un caleçon et un pantalon et de lui donner. Quand il les attrape, je le vois légèrement rougir en fixant le caleçon. Je péfère ignorer sa réaction, j’espère que suite a mes révélations il ne va pas se faire de fausses idées. Je pose ma main sur son épaule.

— Ne te fais pas d’idée… J’aime les vieux.

Il lève les yeux vers moi et explose de rire, je pense qu’il a capté mon ironie. Il se détend d’un coup, finalement après avoir parlé les barrières sont tombées. Après nos révélations, comme quoi la communication est importante. Je ne vais pas m’immiscer dans ses problèmes avec son père, mais je comprends beaucoup mieux. Lui en tout cas semble libéré d’un poids avec moi.

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