4. Ely

            Parfaitement alignée avec les cinq autres domestiques dans le couloir de l’entrée, Ely se tenait droite, crispée par l’enjeu de la soirée. Les poils de ses bras se hérissaient sous l’effet de l’atmosphère électrique qui courait sur les murs rapprochés du couloir. Sans bouger la tête, elle balaya du regard la tenue portée par les cinq autres.

            En première ligne, Marie inspirait et expirait par petites inspirations saccadées pour contenir sa généreuse poitrine dans le décolleté ajustée de sa robe noire. Un tablier blanc ficelait son épaisse taille. Son teint rougeot et son front luisant, laissait deviner l’inconfort de son habit.

           A coté d’elle, Jean n’avait pas l’air plus à l’aise avec le col jabot de sa chemise blanche qui engloutissait sa gorge. Il était bien plus à l’aise les pieds dans la terre, un râteau à la main pour entretenir les jardins et dompter les herbes folles.

            Ely se mordit la langue pour s’empêcher d’esquisse un sourire quand ses yeux tombèrent sur la pauvre Emilie. Elle ne cessait de passer et repasser de ses mains moites, le fragile tissu couleur lilas de sa robe, donnant naissance à de nombreuses trainées humide et de faux plis. Dans une dernière tentative désespérée de remettre son jupon en place, l’un de ses ongles accrocha l’étoffe, la filant sur toute sa largeur. La main coupable se laissa tomber ballante et sans vie le long de son corps. Emilie si amoureuse des jolis tissus, elle qui prenait tant de plaisir à laver, repasser, plier les linges de la maison et les toilettes de la Maîtresse… Son cœur avait dû se déchirer en même temps que le tissu du jupon.

            David et Serge se tenaient au fond du couloir, agglutinés l’un contre l’autre. Leur chemise blanche avait échappé au col à jabot mais ne paraissait pas confortable pour autant, tant elles paraissent rigides. Les boutons en nacre semblaient souffrir de résister à la pression insistante de leur ventre proéminant et le tissu laissait entrapercevoir leur bedaine velue.

            Sur le perron de la maison, la Maîtresse trépignait en attendant ses invités. Sous le large auvent, les flammes dansaient dans les lanternes, et la soie de sa robe absorbait la lumière vacillante, qui s’échappait par petites étincelles, faisant chatoyer la profonde couleur émeraude. La taille affutée par le corset, les épaules dénudées et bordées de fines lignes de perles de cristal scintillantes, le port de tête fier, rehaussé par un chignon haut sophistiqué, mettait en valeur ses cheveux d’un noir jais. Sous une apparence altière et raffinée, nul n’aurait pu soupçonner la violence qu’elle aimait tant exercer sur Ely.

            Les mains jointes, le regard impatient, la Maîtresse prenait un plaisir non dissimulé à exciter la curiosité des nombreux voisins qui s’étaient agglutinés dans toute la rue. Lentement, sa tête pivota sur la droite, faisant balancer imperceptiblement ses boucles d’oreilles pendantes dorées. Un faible écho de bruit de sabots frappant le sol pavé était parvenu à ses oreilles.

            La marée de curieux se sépara en deux bras, d’où émergea une calèche richement décorée, tirée par un attelage composé de quatre étalons majestueux. Leur robe marron luisait de sueur, des volutes de fumée s’échappaient de leurs naseaux éreintés, tandis que le cocher dirigeait fermement son équipage pour finalement s’arrêter devant le perron. L’attention de la Maîtresse étant entièrement tournée vers eux, Ely en profita pour se décaler légèrement du rang et observer les premiers invités arriver.

            Le cocher sauta de son siège pour se précipiter devant la porte de la calèche dorée à l’or fin, et déploya de petites marches. L’air solennel, le corps au garde à vous, sa main saisit fermement la poignée et ouvrit la porte pour laisser sortir son éminant propriétaire. Un pied délicatement chaussé d’un soulier en soie noir, orné d’une broche brillant des feux de mille diamants, se posa sur la première marche. Le deuxième pied le rejoignit. Dans l’embrasure de la porte, une haute silhouette se déplia pour sortir de la calèche et descendre la dernière marche qui le séparait du sol.

            Tous les regards étaient fixés sur lui, glissant sur son costume d’une élégante sobriété et son haut de forme qui soulignait parfaitement l’ovale de son visage. Le gris perle du taffetas de sa tenue mettait en valeur sa large carrure. Il ne semblait pas faire cas de l’attention dont il était l’objet. D’un geste gracieux, sa main épousseta l’une de ses épaules, tandis que l’autre était posée sur le pommeau finement ciselée et argentée de sa canne sculpté dans un bois précieux.

            Ely ne voyait que le dos de la Maîtresse, mais aux tressaillements de ses épaules délicates, et aux petits muscles de sa nuque qui frémissait, elle la savait tendue. C’était bien la première fois qu’elle la voyait ainsi.

Il y a finalement un peu d’humanité dans cette bête sauvage s’étonna Ely.

              — Cher ami, soyez le bienvenu. Mon humble demeure est la vôtre.

            Les yeux de l’inconnu balayèrent la façade de la maison avant de s’attarder un instant sur la robe et le décolleté de son interlocutrice, puis son buste se pencha très légèrement en avant dans un semblant de salutation et répondit d’une voix hautaine et distante.

             — C’est un plaisir, Madame de Chavard.

            La Maîtresse l’invita d’un mouvement de bras à la suivre à l’intérieur de la maison et ensemble, ils prirent la direction de la salle de réception, Ely fermant la marche. Les cinq autres domestiques restèrent en place, Jean sur le perron, pour accueillir les prochains invités, les autres dans le couloir, pour les accompagner auprès de leur hôtesse.

            Ely se focalisa sur le doux froufrou qui émanait de sa robe, pour éviter de se laisser submerger par un stress teinté d’excitation. Depuis qu’elle travaillait ici, il n’y avait jamais eu de réception d’organisée.

            Les battants en bois sculptés des portes du salon étaient grands ouverts, et la Maîtresse s’introduisit dans la pièce suivit de près par son prestigieux invité, pour s’installer dans l’un des nombreux sofas à leur disposition. Ely s’installa discrètement dans un des coins, attentive au moindre geste indiquant que sa présence était requise pour le service des liqueurs ou mignardises. Ayant passée son après-midi à se reposer, elle n’avait pas eu le loisir d’apprécier les préparatifs exécutés par les autres domestiques. Et c’était la première fois qu’elle pénétrait dans ce lieu. Le lustre possédait plusieurs étages composés de multiples de pampilles de cristal qui éclaboussait d’une lumière étincelante et scintillante, les arabesques des moulures du plafond. Un parquet point de Hongrie habillait le sol, il n’y avait pas eu d’économie sur la cire d’abeille pour le rendre éclatant. Sa surface soigneusement lustrée, renvoyait maladroitement la silhouette des meubles et au milieu de la pièce était déposée un tapis aux motifs enlacés, dont l’épaisseur avalait tous les bruits de pas.

            Peu à peu, les invités arrivèrent. Certains en petits groupes, d’autres en solo. Tous arboraient des tenues d’une apparente simplicité, mais qui par la finesse et les détails parsemés, laissaient deviner le statut privilégié de leur propriétaire. Ely, attentive à la moindre gestuelle de la Maîtresse, devina au mouvement de l’index de sa main droite qui pendait nonchalamment de l’accoudoir du sofa, qu’il était temps pour elle de prendre son service.

            Les pieds effleurant le sol, elle se dirigea vers la console où avaient été disposé les rafraichissements. Une par une, elle déposa avec précaution les flutes de cristal sur le plateau argenté. Sans trembler, elle souleva l’ensemble et se faufila parmi les invités pour qu’ils puissent se désaltérer.

            Au fil des coupettes qui se vidaient, l’atmosphère, elle, se réchauffait.

            Quelques éclats de rire sonores s’élevèrent au-dessus du brouhaha de discussion. Les joues des Dames perdaient de leur pâleur pour gagner en couleur, tandis que dans l’œil de ses Messieurs une étincelle au lueur canaille, commençait à émerger. Nombreux de leurs regards glissaient sur la gorge profondément mise en valeur de la Maîtresse, qui s’amusait follement de la situation. Et pendant que leur esprit s’enfonçait dans son décolleté, elle multipliait les questions indiscrètes, leur arrachant quelques secrets qu’ils n’auraient jamais dévoilé sans ce diabolique mariage d’alcool et de chair.

            La Maîtresse était tout aussi douée avec les femmes, et Ely ne pouvait s’empêcher d’admirer sa facilité à camoufler son mépris pour elles. Pas d’œillade ou de lèvres faussement gonflées de désir… La technique était tout autre. Elle venait flatter leur égo en se montrant ignorante, innocente. Belle et bête. Un loup caché sous les traits d’un agneau.

            Les gorges se désaltéraient et les langues se déliaient.

Ecoute Ely c’est pour toi

            Un léger étourdissement faillit lui faire lâcher son plateau. C’était la même voix entendue après sa sieste. Un froncement de sourcil stoppa net sa réflexion. La Maîtresse regardait avec agacement le verre vide de son invité, celui arrivé en premier, qu’elle n’avait pas lâché de la soirée. Ely se dépêcha de reprendre son service.

             — Et ce chuchoteur alors… que s’est-il passé, dîtes moi tout Armand… je suis certaine qu’avec votre position privilégiée à la cour du roi… murmura la Maîtresse, posant ses coudes sur ses genoux, laissant le loisir à son voisin de se perdre dans cette vision d’un décolleté généreusement offert.

            Malgré toute la discrétion enrobant sa voix, un lourd silence se propagea autour d’eux. Les Dames se rapprochèrent, certaines n’hésitant pas à s’assoir au pied du voisin de conversation de la Maîtresse. Les Messieurs quant à eux, se tenaient immobiles, les moustaches tendues et les oreilles attentives. Echauffé par l’alcool englouti et tous les regards braqués sur lui, cet homme se leva et se lança dans un long monologue, excitant la curiosité de chacun, semant un piètre suspens dans son discours, tout en faisant virevolter sa canne au pommeau argenté.

            Ely le remercia intérieurement, car après plusieurs heures à piétiner et à porter le plateau lourdement chargé, ses bras se tétanisaient pendant que ses pieds fleurissaient de cloques et d’ampoules au contact prolongé de ses souliers neufs. Mais peu lui importaient ces désagréments. Elle était parfaite ce soir. Elle reprit sa place au coin de la pièce, près de la console où étaient déposés les rafraichissements et observait de loin ce Armand gesticulant dans tous les sens tout en captivant son auditoire. A cette distance, elle ne pouvait entendre ce qui se disait, et ça ne l’intéressait pas. Alors que tous les yeux étaient dirigés sur lui, Ely s’aperçut qu’un des hommes postés derrière la Maîtresse, la regardait fixement. A plusieurs reprises dans la soirée, leur regard s’était croisé. Sa tenue était légèrement différente des autres convives. Plus coloré, plus décoré, plus ostentatoire. Elle avait déjà vu ce type d’étoffes vendu au marché. Les marchands se vantaient de les ramener des frontières les plus lointaine du royaume. Elle se demanda si lui aussi venait de là-bas.

Regarde et écoute Ely c’est pour toi.

            Un éclair de migraine d’une violence incroyable éclata dans sa tête. Pendant quelques instants, sa vision et son ouïe s’évaporèrent. Et dans ce sombre intervalle, un flot de flashs d’images et de mots surgissant de nulle part, dévalèrent dans son esprit.

Kidnappé, Chuchoteur, deuil, Roi, nouveau, torture, mystère…

            Et à ces mots en désordre s’entremêlaient les lacets en soie du corset d’une robe émeraude, le cristal délicat d’une flute vidée et un éclat argenté virevoltant dans les airs. Ely avait la sensation que son crâne était pris dans un étau infernal, se resserrant peu à peu, jusqu’à ce que les os de ses tempes douloureuses cèdent sous la pression. Brutalement, elle retrouva la vue et l’audition. Cette soudaineté lui fit perdre l’équilibre. Son pied trébucha dans l’angle du tapis et sans réfléchir, sa main droite chercha un appui auquel se raccrocher pour se stabiliser mais ne rencontra que l’anse du plateau argenté déposer en équilibre sur le rebord de la console.  Le bruit sourd de ce large plat frappant le sol, fut suivit par une cascade sonnante et fracassante du cristal des flûtes s’explosant à toute allure contre le parquet. La lumière du lustre se reflétait dans le liquide répandu sur le parquet, et ricochait contre les éclats de cristal qui scintillaient comme une rivière de diamant.

            Les joues devenues écarlates, les jambes tremblantes, les oreilles bourdonnantes, Ely ne s’aperçut pas que tout le monde avait cessé de parler. Elle ne s’aperçut pas que tout le monde la regardait médusé. La seule chose qu’elle voyait, c’était les pupilles noires de la Maîtresse qui s’élargissaient. Deux grands cercles infiniment sombres où elle avait la sensation de tomber encore et encore, à grande vitesse sans espoir, sans filet. Ce regard qui lui transperçait l’abdomen et ravivait la flamme de ces cicatrices.

            Le visage impassible, il s’échappa de sa bouche un petit rire amusé. Rapidement les autres personnes de l’assemblée l’imitèrent et en peu de temps une vague de fou rire secoua la salle.

            — Mesdames, Messieurs, ma domestique vient de sonner l’heure du dîner ! - s’exclama la Maîtresse.

            David et Serge qui attendaient dans le couloir, ouvrirent les deux battants de la salle à manger dans une parfaite coordination. Se plaçant de part et d’autre de la porte, ils inclinèrent la tête au passage de chacun des invités. Peu à peu la salle de réception se vida, laissant Ely et la Maîtresse seule. En tête à tête. Dans le couloir, elle vit l’inconnu à la tenue coloré lui jeter un dernier coup d’œil avant de se désintéresser d’elle tandis que David et Serge fixaient obstinément le plafond. Des frissons prenaient naissance à la racine des longs cheveux ondulés d’Ely, s’engouffrant dans sa gorge asséchée pour se disperser en milliers d’aiguilles acérées entre son ventre nauséeux et son cœur terrorisé.

           — La soirée est terminée pour toi, Emilie prend le relais. Va te coucher, je te verrais demain - chuchota doucement la Maîtresse, avant de partir rejoindre ses convives.

            Elle lui tourna le dos dans un mouvement brusque, la soie de ses jupons fouetta l’air, et le courant d’air provoqué firent céder les jambes d’Ely. Ses genoux s’écrasèrent mollement contre le tapis, puis ce fût le tour de ses mains, de son buste, de ses joues. Etendu de tout son corps sur le sol, son regard fixait la porte de la salle de réception, où le fantôme de la silhouette de la Maîtresse, la menaçait.

            Cette phrase si anodine prononcé dans un souffle, était rempli de promesses aux couleurs les plus sombres que son fidèle martinet allait tenir avec grand plaisir. Il n’avait jamais failli. Jamais. L’esprit brisé, recollé et modelé à grand coups de fouet, Ely se releva et prit le temps de ramasser chacun des morceaux de cristal brisés, d’éponger le liquide qui avait coulé sur le parquet puis de ranger les flûtes survivantes dans l’armoire à vaisselle. Un pli de rideau à remettre en place, le coin du tapis à repositionner dans le bon angle, des petits tapotements délicats de la main pour regonfler les coussins des sofas, qu’elle réaligna avec soin. Comme si prolonger sa présence dans ce lieu et en prendre soin, pouvait effacer ce qui venait de se passer. Comme si le temps pouvait s’arrêter pour que demain n’arrive jamais.

            De l’autre coté du couloir, Ely entendait les bouches pleines de gibiers rôtis s’esclaffer, le bruit des fourchettes raclant bruyamment les assiettes, le cristal des verres qui chantaient sous les vibrations des points excités qui frappent les tables. Un dernier regard sur la salle de réception, elle referma les portes. Elle ignora les regards désolés et fuyants de David et Serge puis remonta lentement le long couloir.

            Une marche après l’autre, l’esprit anesthésié, elle gravit l’escalier qui menait à sa chambre. Arrivée au pied de son lit, dans cette pièce désespérément vide, elle se déshabilla doucement. Il était inutile de se dépêcher. Les autres se trouvaient encore au rez-de-chaussée, à leur poste. Elle plia avec tendresse sa jolie robe aux couleurs sucrées et la déposa délicatement sur sa table de chevet. Du bout des doigts, elle caressa les extrémités de ses cicatrices qui couraient sur ses flancs et qui commençaient tout juste à dégonfler et à blanchir.

Vous aurez bientôt de nouvelles copines fût la seule pensée que son esprit torturé put formuler.

            Après avoir revêtue sa large chemise blanche, Ely se glissa sous la couverture. L’odeur de lessive lui apportait un peu de réconfort, comme si cette sensation de propre venait laver ses péchés, venait laver l’obscurité de sa vie. Par les battants de la fenêtre toujours ouverts, les étoiles clignotaient à leur rythme et la brise venait caresser les joues d’Ely, faisant évaporer la sueur de son front, née de la peur du lendemain. Chaque grincement de lattes, la faisait frémir. Pourtant elle savait que la Maîtresse ne viendrait pas la chercher avant le lever du soleil. Elle savait que la Maîtresse aimait cette attente, insoutenable pour l’une, excitante pour l’autre. Elle savait que ce moment faisait partie de la punition. Elle savait que demain, la fatigue de cette courte nuit, allait exacerber la douleur. Ses mains s’agrippèrent à la couverture épaisse, son nez s’enfonça dedans à la recherche de réconfort et elle resta immobile, quelques minutes ou quelques heures.

            Et cette nuit-là, dans ses rêves, Ely hurla.

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L.A Marin
Posté le 30/04/2020
Très intéressant. Je me demande si l'histoire d'UJU n'est pas décalée dans le temps... Peut-être que ce que décrit UJU s'est passé dans un passé très lointain. Ma théorie est que maintenant il s'est "assagi" et ne se lie plus à tout le monde. Il semble toutefois vouloir créer un lien avec Ely. Je ne sais pas vraiment pourquoi; mais c'est intrigant. En tout cas je pense qu'il n'est plus le pervers sadique décrit dans les premiers chapitres, mais plutôt un Dieu vidé, qui s'ennuie. Je verrais bien si ma théorie s'avère exacte ou non dans la suite de la lecture
Cocochoup
Posté le 30/04/2020
Coucou à toi et bienvenue par ici ❤️
Ravie que l'histoire t'intéresse ! Ta théorie est intéressante.... Mais tu comprendra que je ne dirais rien 😉
Isapass
Posté le 29/04/2020
Bon, je sentais bien que tout n'allait pas se finir dans les meilleures conditions pour Ely. Ca n'a pas loupé !
En tout cas, bravo pour l’ascenseur émotionnel : au début, on sent bien que c'est aussi la fête pour les domestiques, y compris pour Ely même si elle a un peu la pression. Elle aussi se délecte des beaux costumes, des lumières, des invités prestigieux. Certainement plus parce que ça diffère du quotidien que pour ce qu'il représente vraiment, d'ailleurs, puisque apparemment, elle n'a que faire des ragots de la cour du roi.
J'ai aussi noté qu'elle était non seulement observatrice mais qu'elle connaît sûrement aussi bien sa maîtresse que sa maîtresse la connaît. Du coup, elle est familiarisée avec ses manipulations de séduction et d'extorsion de secrets. Ce qui me laisse penser qu'elle saura reconnaître se genre de comportement si elle est amenée à se rendre... à la cour, par exemple ? :)
Les murmures sont toujours là, mais on en sait pas beaucoup plus pour le moment. On a quand même la confirmation que les voix l'incitent à s'intéresser à l'histoire du chuchoteur (mais sur ça non plus on en sait pas plus). Je me demande si ces voix ne font pas un peu exprès de lui faire perdre ses moyens. Si c'est UJU, ça serait bien le genre !
Quoi qu'il en soit, la chute du plateau est une catastrophe pur Ely, aucun moyen d'en douter. Et comme elle, on en stresse par avance !
Bref, j'ai trouvé le chapitre très bien articulé et je suis déjà en empathie avec Ely (je ne peux pas dire à ce stade si je la trouve attachante parce que je n'en sais pas assez sur elle, mais quoi qu'il en soit, je suis en empathie).

Sur la forme, j'ai remarqué pas mal de répétitions (mais j'ai bien compris que c'était un premier jet alors peut-être que tu n'y fais pas encore très attention). Exemple : "Leur chemise blanche avait échappé au col à jabot mais ne paraissait pas confortable pour autant, tant elles paraissent rigides." (deux fois "paraître".
J'ai aussi remarqué un petit tic d'écriture : il y a des virgules placées à des endroits où elles ne se justifient pas, et notamment devant tes verbes (par exemple : "où le fantôme de la silhouette de la Maîtresse, la menaçait."). Or, il n'est vraiment pas recommandé de séparer un verbe de son sujet par une virgule, sauf si c'est pour ajouter une précision entre virgules (exemple : "où le fantôme de la silhouette de la Maîtresse, gigantesque, la menaçait.").
A très vite !
Cocochoup
Posté le 29/04/2020
Oh oui les répétitions les coquilles tout ça tout ça... Je compte investir dans antidote quand j'aurai fini cette histoire. Ca me promet de longues heures de tortures 😅😅
Et oui je sais pas pourquoi je fourre des virgules à tout va ! J'aime bien les virgules faut croire 🙈
Xendor
Posté le 11/04/2020
Coucou Corinne,
Ce chapitre m'est déjà beaucoup plus supportable qu'avec Uju. Je compatis vraiment pour Ely. L'avoir en personnage principal ne me déplaît pas, et dans la peau d'une domestique encore moins.

Je trouve que c'est une bonne chose de l'avoir prise du côté des petites gens, des opprimés. Je trouve cela même admirable. Elle n'a aucun talent pour s'en sortir à part des pensées qui viennent lui pourrir la vie. Son histoire est infiniment plus intéressante que celle d'Uju, franchement.
Cocochoup
Posté le 11/04/2020
Merci d'avoir pris le temps de continuer ta lecture.
C'est un parti pris de faire justement des chapitres plus long pour Ely, de prendre plus le temps de raconter...
_HP_
Posté le 20/03/2020
J'aime beaucoup Ely, c'est un personnage fragile, marquée par ce fouet depuis on ne sait combien de temps.
J'ai hâte de savoir qui est cette voix, et qui est cet homme qui la regardait ^^

"dans le décolleté ajustée" → ajusté
"Leur chemise blanche avait échappé au col à jabot mais ne paraissait pas confortable pour autant, tant elles paraissent rigides." → paraissaient / j'aurais mis 'elle paraissait rigide', car au début de ta phrase tu dis 'leur chemise blanche', au singulier ^^
"s’introduisit dans la pièce suivit de près" → suivie (peut-être mettre une virgule après pièce ^^)
"de multiples de pampilles de cristal qui éclaboussait d’une lumière étincelante" → 'de multiples pampilles, non ? ^^ / éclaboussaient
"ses Messieurs une étincelle au lueur canaille" → il me semble que c'est 'ces' ^^ / "une étincelle au lueur canaille" ? 🤔
"Nombreux de leurs regards" → nombre, je crois ^^
"leur regard s’était croisé" → il me semble qu'on l'écrit au pluriel, "leurs regards s'étaient croisés" ^^
"Plus coloré, plus décoré, plus ostentatoire." → je pense que ça décrit la tenue : 'colorée', 'décorée' ^^
"les plus lointaine du royaume." → lointaines
" Etendu de tout son corps sur le sol," → étendue
"Cette phrase si anodine prononcé dans un souffle, était rempli" → prononcée / remplie
"sous les vibrations des points excités qui frappent les tables." → je suppose que tu parlais des invités qui frappaient la table de leurs mains serrées : poings ^^ / frappaient
"fût la seule pensée" → fut
" Après avoir revêtue sa large chemise blanche, " → revêtu
Cocochoup
Posté le 21/03/2020
J'ai oublié de te dire merci pour toutes les coquilles que tu as relevés ! Ça va beaucoup m'aider ❤️
_HP_
Posté le 21/03/2020
Je sais que même si tu le dis pas, tu le penses 😋
Soah
Posté le 16/03/2020
J'avais lu quelque part sur tu trouvais Ely creuse. Je ne suis pas d'accord. Je trouve qu'elle a tout d'une enfant qui a été maltraitée depuis son plus jeune âge. Qui sait qu'elle ne doit pas faire de vagues et a qui on jamais offert le loisir de grandir/développer des goûts.
Je suis assez intriguée par les voix qu'Ely entend. J'espère qu'elle évitera la punition d'une manière où d'une autre.
Madame de Chavard a été a l'école des Corbeaux on dirait, elle a l'air douée pour soutirer des informations avec son charme ho ho ho :'D

J'espère que la suite sera tout autant prenante ! Il a plein de formulations très jolies et inspirantes dans ton texte.
Cocochoup
Posté le 16/03/2020
Ah ah peut être bien que Mme de chavard est une ancienne Corbeaux :)
Ça me rassure ce que tu dis sur Ely, que son attitude est cohérente avec son vécu !
Renarde
Posté le 07/03/2020
Coucou CorinneChoup,

Avant toute chose : j'aime beaucoup Ely et je ne trouve pas qu'elle est trop creuse. Elle a un comportement tout à fait logique et rationnel vu ce qu'elle subit au quotidien. Et je déteste sa maîtresse...

Sinon, ce chapitre est très éclairant pour moi, mais sur un tout autre sujet qui n'a rien à voir avec ton histoire. Je trouve personnellement qu'il y a trop de descriptions. Et je pense que si tu lisais mon histoire, tu trouverais sans doute qu'il n'y en a pas assez.
Et fondamentalement, il n'y a pas de "trop" ou de "trop peu", il y a des sensibilités différentes. Je n'ai pas besoin d'une myriades de détails sur les vêtements, sans doute parce que dans la vraie vie, je ne m'intéresse absolument pas aux habits et à la mode (du coup, pareil dans les fictions). Et de ce que j'ai lu des commentaires précédents, au contraire, cela a aidé à visualiser la scène et donc été apprécié.
Voilà, désolée d'avoir étalé mes réflexions personnelles au milieu de tout cela, mais si tu aimes faire ce type de description, tu trouveras toujours des gens pour qui ça fonctionne et d'autres moins.
Donc écris comme tu aimes ;-)
Cocochoup
Posté le 07/03/2020
Salut Renarde,
Merci pour ton retour. Je pense quand même que je devrais revoir le dosage sur ces 1ers chapitres sur les descriptions. Je venais de découvrir comment décrire et je pense que je me suis quand même emballée !
Il y a un juste milieu à trouver et je le ferai à la ré écriture 😁
Jupsy
Posté le 06/03/2020
Coucou !

Je suis de retour dans ma lecture. Je dois t’avouer que je suis un peu triste car j’espérais vraiment, vraiment que notre jeune demoiselle allait réussir à éviter le fouet… Sauf que non. Je n’ose même pas le châtiment que va lui réserver sa maîtresse le lendemain.

Comme je te l’ai dit sur le discord, je ne trouve pas que la partie de Ely est creuse. Je trouve même que cela colle assez au personnage. Ici, on prend le temps d’observer le décor qui nous entoure, ce qui donne sans doute un côté passif à Ely. Ce n’est pas illogique vu qu’Ely est battue par sa maîtresse, qu’elle doit calculer chacun de ses mouvements pour ne pas la contrarier et donc se transformer en petit souris pour éviter les coups. Nul doute que si elle se montrait trop active, elle serait sans doute déjà morte.

En fait pour moi Ely est une orpheline traumatisée par les coups et qui cherche juste à survivre en adoptant la meilleure attitude qui soit. C’est parfaitement compréhensible lorsque la Maîtresse est décrite. Elle apparaît clairement comme un prédateur et un sujet de peur pour Ely. En plus, les voix ne l’aident pas vraiment puisqu’elles la mette clairement en difficulté devant les invités de sa maîtresse. C’est terrible.

Bref, un chapitre qui nous clairement trembler pour le sort d’Ely. (dont l’évolution m’intéresse plus que celle d’UJU;) )
Cocochoup
Posté le 06/03/2020
Ahhh merci Ju ! Ça me fait chaud au cœur pour ma petite Ely. Tu as complètement compris sa psychologie ou elle tente de se faire la plus discrète possible tout en observant son environnement pour tenter de survivre :)
PetraOstach - Charlie O'Pitt
Posté le 08/02/2020
Oh noooooon ! J'ai trop peur pour Ely :'(
Je déteste la Maîtresse et cette lourdeur menaçante qu'elle fait peser sur Ely.
Le moins que l'on puisse dire c'est que tu donnes des émotions à ton lecteur. Il y a quelque chose de particulier dans ton style de narration qui donne l'impression d'être avec le personnage, dans sa bulle et même de faire partie de l'action.
J'ai envie de la protéger cette petite Ely !
C'est très réussi, bravo ;)
Cocochoup
Posté le 08/02/2020
Je suis contente si tu as apprécié ce chapitre. J'avais un peu peur que toutes les descriptions soient un peu lourde à lire !
UnePasseMiroir
Posté le 07/02/2020
Nous retrouvons donc la pauvre Ely... après la dernière phrase du chapitre 1, j'étais persuadée qu'il était impossible qu'il ne se passe pas quelque chose durant cette réception où elle devait être parfaite... cette voix dans son esprit est réellement intrigante, et je soupçonne un lien avec les fameux Chuchoteurs ! J'espère que quelque chose va la sauver du martinet de sa maîtresse T_T je sais pas pourquoi je sent que le monsieur Armand aura un rôle dans cette affaire...
Et Alice Lath l'a déjà dit, mais ton style est toujours aussi excellent et fourmillant de détails qui donnent l'impression de vivre la scène ! Bravo !
Cocochoup
Posté le 08/02/2020
Ton intuition était bonne pour Ely, et oui le sort s'acharne contre elle...
À voir dans les prochains chapitres si tes autres theories se révéleront vraies :)
Alice_Lath
Posté le 27/01/2020
Mais Madame de Chavard, cte grande folle haha, elle n'a pas intérêt à toucher à Ely. En tout cas, j'ai adoré le soin apporté au vocabulaire ainsi que sa grande précision ("les pampilles" ahalalala, quel régal!). La scène se déroulait vraiment sous mes yeux, j'avais l'impression d'y être, au milieu de cette réception. Tu as vraiment un très beau talent pour les descriptions. En tout cas, ce monsieur en costume a l'air fort intrigant, je me pose des questions sur le lien avec le chuchoteur maintenant haha
Cocochoup
Posté le 28/01/2020
Contente que ça t'ai plu, j'avais un peu peur que ce chapitre soit lourd à lire à cause de toutes les descriptions... Et sur le fait qu'il n'y ait pas beaucoup d'action....
Merci de ton passage ici :)
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