3. Avant la fin de l'hiver

 

Chapitre 3 - Avant la fin de l'hiver 

 

Lorsqu'Endrin ouvrit les yeux, il était encore tôt. La lumière du soleil perçait à l'horizon, pâle et timide comme un début d'hiver ; une faible clarté dessinait les contours des cimes de la forêt, au loin. Elle savait que ça ne durerait pas, cependant. En cette saison, le soleil débarrassait le paysage de son omniprésence estivale, et retournait se coucher dans l'après-midi, de plus en plus tôt chaque jour.

Endrin jeta un coup d'œil autour d'elle, remarquant avec un temps de retard que Frey et Andrev étaient déjà levés. Puis elle s'extirpa de ses couvertures et s'étira, face à la fenêtre. Dehors, la neige de la veille n'avait pas été assez épaisse pour tout recouvrir. Elle avait fondu pour la plus grande partie, abreuvant les mousses et lichens qui poussaient joyeusement entre les roches du sol ; le terrain était devenu dangereusement spongieux. Du côté des tentes, les Rassemblés auraient déjà dû être en train de s'activer à construire les passerelles de bois solidifié qui serviraient à circuler sans s'enfoncer dans la boue. Pourtant, quand elle tendit le cou, Endrin ne vit dehors qu'une poignée de nomades qui entretenaient de petits feux devant leurs tentes.

C'est alors qu'elle se souvint de l'arrivée du clan Belt, des blessures de Valle. Tout le monde devait encore être secoué. Peut-être les Rassemblés attendaient-ils l'aval des soigneurs pour rendre visite à la jeune shaman, comme ils le faisaient parfois quand quelqu'un se blessait - quand Frey s'était ouvert le menton, un bon nombre de personnes avaient défilé dans sa chambre, alternant remontrances et souhaits de prompt rétablissement.

Endrin fouilla dans plusieurs tas de linge avant de dénicher une tunique et des sous-vêtements propres, se débarrassa rapidement de ceux qu'elle portait encore et fit un brin de toilette. Elle finissait d'enfiler ses chausses de la veille, quand quelqu'un toqua doucement à la porte. Passant vivement sa tunique, elle tira le battant - Andrev était là, et il baissa les yeux en rencontrant les siens.

-       Désolé, dit-il comme elle l'invitait à entrer. J'avais laissé ma veste et mon couteau ici. Je ne savais pas si tu serais réveillée.

-       Je viens de me lever, dit Endrin.

Puis elle se tut, enfilant rapidement ses chaussures et un gros gilet, pendant qu'Andrev rassemblait ses affaires. Quand elle se redressa, il la regardait. Elle se leva prestement.

-       Je dois te dire... commença Andrev.

-       Tu peux m'aider à ranger ? demanda-t-elle en même temps, décidant de faire comme si elle ne l'avait pas entendu.

Il obtempéra sans difficulté, et ils empilèrent les matelas et les oreillers avant de les transporter vers la remise. Les rayonnages y étaient quasiment vides. Avec les vagues d'arrivées du Rassemblement hivernal, la plupart du matériel était utilisé ; il ne restait plus que des oreillers défoncés et des matelas trop fins. La pièce était plus vaste que la chambre d'Endrin, mais encombrée d'étagères et de corbeilles à linge, et il n'y avait qu'une seule lanterne, qui marchait mal, suspendue à un clou planté dans le chambranle.

Une fois les matelas déposés à leur place, Endrin entreprit de ramasser les plumes d'un oreiller qui jonchaient une des étagères basses.

-       Descends, dit-elle à Andrev, je vous rejoins tout de suite. Juste le temps de nettoyer ça.

-       ... D'accord.

Il fit demi-tour vers la sortie et Endrin respira, relâchant ses épaules un peu crispées ; puis elle baissa les yeux. Les plumes s'étaient répandues jusqu'en bas, sous l'étagère. Elle se mit à genoux pour les déloger toutes.

Andrev était resté dans l'encadrement de la porte. Endrin sentait qu'il l'observait. Quand les plumes se firent plus rares, elle se tourna vers lui, toujours agenouillée sur le sol froid, et soutint son regard.

Elle avait les yeux noisette et vert, ce matin-là. Le vert des mousses de la taïga, profondes, épaisses, moelleuses, les mousses des sous-bois qu'Andrev avait parcourus tout l'été durant avec son clan. Il cilla.

-       Est-ce que tu te souviens, demanda-t-il - et Endrin sut ce qu'il allait dire bien avant qu'il ne parle -, de ce que je t'ai dit l'année dernière, avant le départ ?

Elle acquiesça brièvement et détourna les yeux, ramassant les plumes restantes une à une.

-       Je ne voulais pas te gêner, mais... Je voulais juste que tu saches. Je le pensais vraiment, dit Andrev.

-       Je sais.

Il jeta un coup d'œil à la lampe, comme si soudain, l'obscurité était devenue embarrassante. Endrin rassembla les plumes dans l'oreiller éventré. Elle sentait le sang battre à ses oreilles.

-       Endrin...

Elle releva la tête. Cette fois, c'était ses yeux à lui, noirs, qui regardaient droit dans les siens, et malgré l'obscurité, Endrin voyait parfaitement la lueur qui y brillait - elle était là depuis toujours, chaque fois qu'il la regardait. Les yeux d'Andrev n'avaient jamais été tout bêtement noirs ; Endrin aurait pourtant peut-être préféré qu'ils le soient.

Il prit une courte inspiration, et une fois de plus, elle sut parfaitement ce qu'il allait dire, tout en le redoutant.

-       Je le pense toujours.

Elle cligna des yeux, les rabaissa lentement vers l'oreiller éventré, attrapa les dernières plumes rescapées.

-       Je le sais, finit-elle par répéter dans un murmure.

Après quelques instants, le pas d'Andrev s'éloigna de nouveau le long du couloir, pour de bon cette fois. La lumière de la lanterne vacilla puis s'éteignit tout à fait, laissant Endrin dans la pénombre avec son oreiller rempli de plumes poussiéreuses. Elle se releva, attacha soigneusement les bords de la taie pour que les plumes ne s'en échappent plus, et laissa le paquet dans une des corbeilles.

Dans le couloir vers sa chambre, Endrin croisa Rawen, la servante récemment arrivée à l'auberge, qui portait une pile de draps propres à bout de bras.

-       Il faudrait qu'on fasse du ménage dans la remise, cet après-midi, dit Endrin après l'avoir saluée. Il y a encore du monde qui arrive, et la plupart des matelas sont en mauvais état...

Rawen hochait lentement la tête. Endrin remarqua enfin son air soucieux.

-       Qu'est-ce qui se passe ?

-       Je... On ne vous a pas prévenue ? bafouilla Rawen.

Elle tiqua sous le vouvoiement. Rawen était nouvelle à l'auberge. À ses yeux, Endrin était la fille de l'aubergiste et il fallait lui montrer le respect qui s'imposait. Endrin espérait qu'elle finirait par faire comme tout le monde, sans s'encombrer de politesses inutiles, et surtout que quelqu'un lui apprendrait bientôt qu'elle n'était pas vraiment la fille d'Azar - ce qui était plutôt évident, quand on les comparait physiquement. Mais elle laissa ces pensées de côté pour questionner la servante.

-       Me prévenir de quoi ? Qu'est-ce qui s'est passé, Rawen ?

-       Je croyais qu'Andrev des Wa était monté vous le dire, s'excusa celle-ci. C'est que... Valle des Belt est morte pendant la nuit.

 

*

 

La salle principale de l'auberge avait rarement été aussi triste et silencieuse. Endrin prit son repas en échangeant à peine quelques mots avec les gens assis à proximité. Elle avait cherché les jumeaux Skoll du regard, mais ils étaient assis avec leurs parents, l'air grave ; quant à Andrev, même s'il y avait de la place à côté de lui, elle préférait l'éviter pour le moment.

Les hivers apportaient chaque année leur lot de pertes, mais il était extrêmement rare que quelqu'un périsse avant même que le Brasier soit allumé. Valle des Belt était un peu plus âgée qu'Endrin et ceux de sa génération, elle ne faisait pas partie de leurs proches, mais elle avait toujours été là, présente - comme les autres. En dépit de ses blessures, Endrin n'avait pas imaginé un seul instant qu'elle mourrait, d'abord parce qu'elle était entre les mains de shamans expérimentés, ensuite parce qu'elle était une shaman elle-même, même si elle n'avait que deux ans de pratique derrière elle. Et les shamans étaient censés être plus résistants, tout particulièrement aux blessures dues aux esprits. Endrin avait vu un jour le père Maam soigner lui-même la brûlure que lui avait faite un Brann lors d'une chasse en forêt.

Un silence respectueux, ponctué de murmures attristés, régnait dans l'auberge. Endrin s'employa à débarrasser les tables jonchées de miettes et de vaisselle sale, sans pouvoir s'empêcher de remarquer que la table sur laquelle Valle avait été soignée manquait à l'appel. Quelques minutes plus tard, la porte de l'auberge s'ouvrit pour laisser place aux chefs de clans et à l'aubergiste. Ils avaient la mine grave. Le silence sembla s'amplifier. Endrin posa sa pile d'assiettes et se rassit.

Les chefs du clan Belt s'avancèrent : Dunell, un vieil homme à l'épaisse barbe grise, et Garig, bien plus jeune, les épaules larges, le maintien rigide. Le grand frère de Valle. Ils furent aussitôt rejoints par les autres Belt, une dizaine de personnes, dont seulement deux femmes. Ils se prirent par les épaules et les mains, faisant cercle devant la grande porte.

Les chaises raclèrent le sol et chaque personne présente, chefs de clan, commis, chasseurs et shamans, chacun s'agenouilla en signe de compassion à la douleur du clan Belt.

Garig se détacha finalement du groupe pour s'adresser à l'assemblée.

-       Valle des Belt est morte des suites de ses blessures. Un Pan nous a attaqués en forêt, à plusieurs heures d'ici, et a tué quatre de nos montures. Nous nous sommes défendus selon les directives de Valle, nous avons chassé l'esprit - elle a insisté pour que nous ne le tuions pas, elle a... Ensuite seulement, ses blessures ont...

Sa voix se brisa. Dunell plaça une main réconfortante sur son épaule et fit un pas en avant pour poursuivre à la place de Garig.

-       Nous tenons à ce que ceci demeure son dernier acte dans la mémoire collective. Elle attachait beaucoup d'importance aux traditions. Elle était brave quand il fallait l'être, serviable, prudente. Elle était des nôtres.

Il s'éclaircit la gorge avant de reprendre.

-       Nous savons que nos shamans ont tout tenté pour la sauver. Sonja, Georg et les autres - merci. Grâce à vous, elle s'est éteinte sans souffrir davantage. Son corps a été déposé dans le Brasier. Puissent les Branns la mener là où elle est peut-être attendue pour continuer ; puissent-ils le cas échéant l'endormir du sommeil qui ne cesse pas.

À ces mots, les Rassemblés agenouillés levèrent les yeux pour croiser ceux des Belt. Leurs regards disaient les souvenirs, la compassion, le soutien. Endrin s'attarda sur les prunelles qui perçaient sous les paupières ridées de Dunell des Belt. Le vieillard, comme les autres, parcourut lentement la foule du regard, mais il ne croisa pas ses yeux. Quand il inclina la tête, Endrin se releva en même temps que tout le monde, sans rien dire.

Cette première partie de la cérémonie terminée, chacun alla là où le devoir l'appelait. Il y avait encore du travail pour dresser le camp, et la journée amènerait de nouveaux arrivants à loger et à nourrir. La cérémonie reprendrait ce soir ; d'ici-là, les Rassemblés pouvaient se permettre de ne plus penser à Valle des Belt. Chacun pourrait lui adresser son adieu en temps voulu.

Endrin aida les commis et les servantes à débarrasser et nettoyer toutes les tables. Ull et Andrev renflouaient les feux des cheminées, car l'air était glacial, sans pour autant qu'il y ait le moindre souffle de vent. Frey faisait partie du groupe d'aménagement du campement. Tous les shamans s'étaient regroupés près du Brasier pour procéder aux rituels supplémentaires qui s'imposaient. Le corps de Valle était à peine perceptible sous le tas de branchages qui atteignait une hauteur impressionnante. Azar avait échangé quelques mots avec le clan Belt, et mis à leur disposition plusieurs chambres confortables. Ils étaient tous épuisés.

L'aubergiste lui-même n'était pas en grande forme. Ce décès l'avait profondément chagriné ; il lui rappelait trop d'amis disparus, trop d'anciens deuils, et il n'était pas aussi doué que les Nordiques pour refouler sa peine. Il distribua des ordres à ses employés et passa quelques minutes appuyé contre une table, l'air éreinté. Avisant un commis qui haletait sous le poids d'un énorme morceau de viande, il se redressa pour lui prêter main-forte.

-       Laisse, Azar, lança Andrev qui venait juste derrière. Je m'en occupe. Va te reposer.

-       Je ne suis pas encore impotent, garçon, marmonna l'aubergiste.

Puis il soupira. Andrev hissa l'extrémité de la viande sur son épaule.

-       La nuit a dû être courte avec tout ça, répliqua-t-il. Tu peux te permettre une pause.

Azar hocha la tête avec un sourire sans joie.

-       Hm. Je vais dans mon bureau. Si tu croises Endrin, envoie-la moi, s'il te plaît, dit-il d'un ton éteint en prenant la direction de ses appartements.

Andrev et le commis transportèrent la viande jusqu'aux remises où on entreposait les denrées périssables. Les shamans y avaient tissé des sorts de gel et de confinement, ce qui permettait une conservation plus longue que la normale. Mais malgré ces précautions, la nourriture venait régulièrement à manquer en plein hiver, d'où la nécessité des expéditions de chasse et de pêche.

Ils fixèrent la viande à un crochet suspendu au plafond. Le commis remercia et repartit immédiatement en sens inverse. Andrev tenta sans grand résultat d'essuyer son épaule, là où le sang avait imprégné le tissu, et fit un détour par les cuisines, où il pensait pouvoir trouver Endrin. Il n'eut pas besoin de chercher longtemps. Elle était occupée à éplucher et tailler des légumes dans un coin, pour le repas de midi.

Il passa quelques instants à la regarder.  Tout était en train de devenir compliqué à cause de ce qu'il lui avait dit l'hiver dernier. La moindre phrase prenait une importance nouvelle, et chaque mot prononcé apportait tout un cortège d'incertitudes et d'hésitations. Elle n'aimait pas ça. Et il n'aimait pas ça non plus.

-       Endrin, appela-t-il en faisant un pas dans la pièce.

Elle sursauta en l'entendant, sans qu'il puisse déterminer si c'était la soudaineté du bruit ou bien sa voix à lui qui l'avait prise de court. Il continua :

-       Azar te cherche.

-       Ah. J'arrive.

Elle lui jeta un bref coup d'œil, sans cesser de couper ses légumes. Puis elle s'essuya les mains sur son tablier.

-       Tu es fâchée ? demanda Andrev à mi-voix.

-       Fâchée ? s'étonna-t-elle en se retournant pour lui faire face. Je pensais que c'était toi qui serais fâché.

-       Non. Pas du tout. Mais je n'aurais pas dû te dire ça tout à l'heure.

Endrin ne répondit pas. Elle dénoua son tablier et le laissa sur la table. Elle n'était pas agenouillée, cette fois, et il remarqua qu'il était devenu bien plus grand qu'elle.

-       ... Je voulais te le dire, expliqua-t-il maladroitement, mais c'était peut-être...

-       Je ne suis pas fâchée, l'interrompit Endrin.

Il garda le silence, attendant qu'elle poursuive.

-       Je ne sais juste pas quoi te répondre, marmonna-t-elle en détournant les yeux.

-       Désolé.

Elle eut un bref sourire, un peu navré. Andrev réfléchit quelques instants.

-       Je ne t'en parlerai plus, promit-il finalement. N'y fais pas attention, si c'est ce que tu veux. Mais je ne veux pas que tu sois mal à l'aise à cause de moi.

Endrin hocha la tête en regardant ses pieds.

-       Tu peux même oublier, ajouta-t-il. Je te laisserai tranquille. Tu fais comme tu veux.

-       D'accord, murmura-t-elle.

Ils restèrent sans parler encore un moment, puis Andrev répéta :

-       Azar te cherche.

 

*

 

L'aubergiste était installé dans le fauteuil de son bureau, face à la cheminée. Les bûches rougissaient, se calcinaient, le bois devenait braise, devenait cendre. Endrin poussa la porte sans toquer, comme elle en avait l'habitude.

-       Viens t'asseoir avec moi, réclama Azar en la voyant entrer.

-       Il y a du travail...

-       Endrin. S'il te plaît.

Le ton de sa voix était las, et il s'exprimait dans sa langue sudique. C'était assez rare, mais Endrin la comprenait et la parlait convenablement. Elle referma la porte et prit place sur un large tabouret de bois, aux côtés de l'aubergiste, sans toutefois lui faire face. Il était silencieux. Ça ne lui ressemblait pas.

-       Tu n'es pas trop fatigué ?

Il ne répondit pas. D'ordinaire, c'était pourtant lui qui faisait la conversation, pas le contraire. Endrin résolut de garder le silence, elle aussi.

Le feu craquait, projetant des gerbes d'étincelles dans le conduit de cheminée. Le sol était recouvert d'un épais tapis de fourrures cousues les unes aux autres. À l'opposé du foyer, une ouverture donnait sur la chambre d'Azar. Il n'y avait pas de porte, mais plusieurs rideaux de couleurs vives, comme cela se faisait au Sud. Au fond de la pièce, deux fenêtres donnaient sur la forêt.

En dessous trônait un large bureau en chêne, avec de nombreux tiroirs et de petites étagères où Azar rangeait soigneusement ses registres, ses notes, ses listes et tout ce qui concernait son travail d'aubergiste. Il gérait son affaire tout seul, à la fois intendant et tenancier, mais Endrin l'aidait toujours à dresser ses inventaires, et il pouvait compter sur ses plus anciens commis.

La pièce était plus longue que large, et chaque mur de côté était recouvert par une bibliothèque qui grimpait jusqu'au plafond. Il y avait de tout : romans, essais, manuels d'histoire ou de géographie, recueils de légendes, atlas, bestiaires, livres d'images, sans oublier un grand nombre de traités de sociologie, de philosophie ou de politique qui retraçaient les mœurs de peuplades issues des quatre coins du monde. Enfant, Endrin s'était promis de lire tous ces ouvrages, sans exception, et aujourd'hui encore, elle en empruntait plusieurs par semaine ; tous les livres de sa chambre venaient de là.

Elle avait laissé son regard s'égarer en direction des rayonnages, et s'aperçut soudain qu'Azar la détaillait, le front plissé. Elle ramena vers les flammes ses yeux noisette et gris foncé.

-       Comme tu es grande, ma petite fille, murmura l'aubergiste.

Endrin réprima un sourire.

-       Oui, ajouta-t-il après un moment, en nordiste cette fois. Oui, je suis fatigué.

Elle mit quelques secondes avant de comprendre qu'il répondait à sa question de tout à l'heure.

-       Je te prépare un thé ? Ou autre chose ? proposa-t-elle.

-       Non, Endrin, ce n'est pas le corps qui fatigue, ce soir, dit Azar en riant faiblement. C'est plutôt l'âme. C'est le moi de l'intérieur qui se sent vieux et abattu, aujourd'hui. Mais c'est normal. Tu es une grande fille, et je suis un vieil homme.

-       N'exagère pas... Tu es loin d'être vieux.

L'aubergiste soupira.

-       Pas assez vieux pour être sage, c'est certain. Et pourtant... L'hiver vient à peine de commencer, et voilà qu'il me prend l'envie de m'isoler dans mon bureau, bien au chaud, avec juste mon Endrin à mes côtés. Comme un vieillard misanthrope. Moi, l'aubergiste, l'hôte par excellence, tu te rends compte ?

-       Tu as le droit d'être fatigué de temps en temps, souffla Endrin. Et ce matin... ce n'est pas comme d'habitude.

-       C'est vrai, murmura tristement Azar. Pauvres Belt... Quand je vois ça, je... J'ai besoin de passer du temps avec toi, ma petite fille.

Endrin hocha la tête.

-       Je comprends. Je reste un peu, alors.

Ils se turent un moment. Le bois chuchotait en brûlant. Azar avait l'air somnolent.

-       Ma petite fille, répéta-t-il dans un murmure. Ça ne t'embête pas que je t'appelle comme ça, n'est-ce pas ? Je n'arrive jamais vraiment à savoir ce que tu en penses.

Endrin tritura la bordure de son gilet et répondit sans lever les yeux.

-       Non, ça ne m'embête pas du tout.

Azar sourit, l'air apaisé. Endrin hésita un moment avant de poursuivre.

-       Mais toi, Azar... Ça ne t'embête pas... que je ne t'appelle pas mon père ? demanda-t-elle, toujours sans oser le regarder.

L'aubergiste tourna vers elle un visage surpris.

-       Ça t'inquiète ? Mon Endrin, bien sûr que ça ne me dérange pas ! Je...

Il s'interrompit pour réfléchir.

-       Ça m'a fait envie, autrefois, je me souviens. Quand j'entendais les autres enfants appeler leurs parents. Mais les choses ne peuvent pas être aussi simples entre toi et moi, je suppose. Tu ne m'as jamais appelé pappa, et je n'ai jamais eu besoin de t'expliquer en quoi nous étions différents des autres. Tu comprenais tout.

-       Tu exagères encore, fit remarquer Endrin. Tu m'as quand même raconté certaines choses.

L'aubergiste hocha légèrement la tête, plongé dans ses souvenirs. Comme chaque fois qu'ils abordaient le sujet, un pli soucieux barrait son front. Comme chaque fois, Endrin sentait qu'il y avait autre chose à dire, mais que ce ne serait pas encore dit cette fois-là.

-       Peu importe, soupira-t-il. Tu m'appelles comme tu le souhaites. Je ne suis peut-être pas ton pappa, mais tu n'en es pas moins ma petite fille. J'espère que tu le sais.

Elle acquiesça, sans se risquer à répondre, les lèvres serrées. Azar se retourna vers les flammes et ils les contemplèrent tous les deux. Endrin triturait toujours le tissu de son gilet.

-       Il y a quelque chose que tu voulais me dire ? demanda Azar qui l'observait du coin de l'œil.

-       ... Je repensais juste à... ce n'est pas très important.

L'aubergiste l'encouragea d'un signe de tête.

-       Hier soir, Frey m'a demandé si... si je voulais devenir shaman, marmonna-t-elle.

Elle leva timidement les yeux vers Azar.

-       Et je n'ai pas su quoi répondre. Chaque fois que je pense à l'avenir, je ne suis jamais sûre de... - Ça bouge, lâcha-t-elle. Ça change tout le temps. Je ne sais jamais ce que je veux.

-       Ça ne fait rien, ma petite fille, l'apaisa l'aubergiste en levant la main. Tu as tout le temps. Tout l'hiver... Toute l'année. Tu as la vie entière pour décider de ce que tu veux en faire. Ne te tourmente pas, les réponses viendront...

Il soupira, l'air à nouveau exténué. Endrin garda le silence. Il était rare qu'elle se confie, même à Azar - et encore plus rare que lui parle de sa vie, de son passé. Ça l'aurait peut-être aidée, pourtant, à trouver sa propre voie.

-       Azar, interrogea soudain Endrin, comment as-tu su ce que tu voulais faire, toi ? Le Nord, l'auberge... Quand est-ce que l'idée t'est venue ?

L'aubergiste se raidit légèrement dans son fauteuil.

-       Eh bien... hésita-t-il. On ne peut pas dire que ç'a été très facile. Non, j'ai eu beaucoup d'idées différentes, quand j'étais jeune, et... Finalement, voilà... Le Nord avait une drôle de réputation, tu sais. Si on m'avait dit à l'époque que je finirais par y vivre, je ne l'aurais jamais cru.

-       Qu'est-ce qui s'est passé, alors ? Tu as changé d'avis.

Azar se redressa avec un malaise évident.

-       Oui, j'ai... changé d'avis. C'est un peu compliqué, Endrin. Je ne sais pas si c'est le bon moment pour ça...

Du bruit leur parvint des cuisines. Quelqu'un faisait sonner une cloche ; le repas allait bientôt être servi, ils avaient besoin de plus de monde. Azar en profita pour se lever.

-       Ce sera quand, le bon moment ? demanda Endrin.

-       Je ne... Bientôt, bientôt, marmonna Azar.

Au fond de lui, il savait qu'il n'y avait pas de bon moment pour ça. Il ne voulait tout simplement pas en parler - il voulait oublier. Mais l'expression d'Endrin était formelle ; elle n'en démordrait pas.

-       J'aimerais vraiment que tu me racontes, insista-t-elle doucement.

-       Oui, oui. Bientôt, répéta mécaniquement Azar.

Endrin fronça les sourcils, prête à répliquer ; mais Azar avait l'air las, fatigué comme jamais. Vieilli. Il y avait quelque chose de douloureux derrière ses réponses évasives, quelque chose qu'Endrin n'avait jamais vraiment pu cerner.

-       Bientôt, alors... Avant la fin de l'hiver ? proposa-t-elle sans trop y croire.

Azar grimaça, détourna les yeux. Elle attendit. Puis :

-       Avant la fin de l'hiver, accepta-t-il dans un soupir. C'est promis.

Elle hocha la tête, se prépara à partir ; l'aubergiste hésita un instant. Puis, se décidant, il passa affectueusement la main sur la tête d'Endrin, ébouriffant au passage les mèches entremêlées. Elle sourit en les remettant en place. Enfin, ils rejoignirent les postes où on avait besoin d'eux, chacun méditant la promesse qui venait d'être prononcée. 

 

Vous devez être connecté pour laisser un commentaire.
Cherry
Posté le 06/01/2021
Coucou ! Je continue ma lecture lentement mais sûrement entre deux indigestions de chocolat chaud XD

Ah la la, quelle ambiance ! L'histoire prend une tournure dramatique. Je ne m'y attendais pas du tout !
Et ce petit quelque chose entre Andrev et Endrin x) La lecture est fluide, simple et immersive. Je ne peux que te féliciter car l'ambiance est formidable. On sent l'ambiance Game of Throne ^^

En tout cas, la relation père-fille entre Azar et Endrin est très touchante.

A plus !
EryBlack
Posté le 09/04/2021
Je réponds très tardivement, désolée ! J'espère qu'entretemps, l'indigestion de chocolat chaud s'est arrangée, haha ^^'
Merci pour tes retours ! Aha, ça me surprend qu'on pense à Game of Thrones, je ne veux surtout pas y ressembler en fait, c'est tellement violent comme univers :'D Chez moi c'est le pays des bisounours en comparaison... et je préfère ! Mais bon, je vois le lien quand même en terme d'atmosphère, par rapport au Nord et à Winterfell ;)
Merci encore pour ces compliments qui me font très plaisir :)
C. Kean
Posté le 02/01/2021
Définitivement team Azar xD

Je reviens me glisser dans les couloirs et les activités de l'auberge. Il y a un côté opératoire dans ces routines qui reparaît dans ta plume par moment, mais je ne sais pas si c'est une mauvaise chose : c'est ce monde à ce moment et les mains d'Endrin font, défont, refont, rangent, découpent, préparent.
J'ai beaucoup aimé aussi la façon dont tu as traité le fait qu'elle ne réponde pas aux sentiment d'Andrev, que ce soit sans heurt, mais pas sans une certaine violence malgré tout, très humain.
Et la scène avec Azar tout perdu, tout fatigué, du love !

Je te laisse deux petites remarques croisées au cours de ma lecture :
* « Endrin s'employa à débarrasser les tables jonchées de miettes et de vaisselle sale, sans pouvoir s'empêcher de remarquer que la table sur laquelle Valle avait été soignée manquait à l'appel. » : tables/table

* « Les chaises raclèrent le sol et chaque personne présente, chefs de clan, commis, chasseurs et shamans, chacun s'agenouilla en signe de compassion à la douleur du clan Belt. » : chaque puis chacun se chevauchent.

A bientôt, et bonne année !
EryBlack
Posté le 09/04/2021
Salut Kean ! J'ai énormément de retard pour répondre aux commentaires, désolée d'avoir laissé celui-ci sans réponse :/ (J'ai aussi beaucoup de retard dans mes lectures, en fait j'ai concrètement disparu un moment >< je vais essayer de reprendre)
Je vois ce que tu veux dire par "opératoire", j'ai l'impression de toujours hésiter entre jouer ça à fond ou rendre le déroulement plus fluide. J'aime bien qu'on sente l'organisation derrière le côté un peu fouillis du Rassemblement. Je prends note que ça se remarque, en tout cas ! Merci pour ton ressenti sur l'échange avec Andrev et sur la scène d'Azar :) Ça fait toujours trop plaisir de sentir que les personnages prennent un peu vie pour les lecteurs !
Merci pour les remarques ! En fait, la deuxième était voulue, mais après réflexion, ça fonctionne bof ^^
Euuuh, ouah la vache je suis vraiment à la bourre xD bonne année à toi aussi, avec toutes mes excuses pour ce retard honteux ! Et merci encore !
Codan
Posté le 11/01/2020
Ce chapitre est excellent ! Tu parviens à faire évoluer tes différentes intrigues avec un bon rythme ! J'aime que tu ne dises pas tout, que tu montres plutôt, comme la relation entre Endrin et Andrev. C'est très bien fait, même si Andrev qui se prend des vents, c'est pas cool pour nos cœurs de lectrice.

J'aime aussi comment tu parviens à mettre en parallèle Azar et les autres, pour bien appuyer sur leurs cultures différentes. Aussi, j'aime beaucoup comment tu mets plein de sous-entendus sur la relation entre Endrin et Azar, du coup on se pose plein de question sur leur passé commun, et surtout sur le secret qu'Azar semble porter...

Bref, toujours aussi ravie de lire ton histoire !
EryBlack
Posté le 13/11/2020
Un bon rythme !! Pour une histoire aussi lente que celle-ci, c'est vraiment un compliment inattendu :'D Mais plus sérieusement, je suis très contente que ça t'ait plu. Montrer plutôt que dire, c'était mon grand défi pour cette histoire. Ce n'est pas facile de trouver les détails qui vont parler, porter une signification, parfois je trouve que j'en ai trop fait. Mais c'est un travail passionnant !
Merci encore beaucoup pour tes commentaires !
Envoleelo
Posté le 29/12/2019
Je continue !
Ton style est toujours un plaisir, et je te félicite pour l'égale qualité de tes chapitres. La lecture sur forum a ça de frustrant pour moi que je ne peux pas annoter à chaque petite remarque stylistique comme je le fais pour une bêta-lecture, mais ma foi...
J'aime vraiment tes personnages. Azar est attachant dans tout ce qu'il exprime et tout ce qu'il tait. C'est un personnage qui réussit le pari d'être mystérieux tout en étant extrêmement bavard ! Et je ne sais pas pourquoi mais j'ai le sentiment qu'il n'a pas fini d'en baver (c'est sûrement la promesse qui fait ça !).
Je suis triste pour Andrev qui s'est pris un vent. En même temps, je me dis que vu qu'Endrin a l'air d'avoir du mal à s'attacher, ce n'est pas si étonnant. Je suis très curieuse de l'évolution de ces deux personnages. J'aime beaucoup ta romance, très douce dans ses balbutiements.

"Elle avait fondu pour la plus grande partie, abreuvant les mousses et lichens qui poussaient joyeusement entre les roches du sol ; le terrain était devenu dangereusement spongieux."
Joyeusement, dangereusement... Ça fait beaucoup d'adverbes. Et ils n'apportent pas grand-chose ! Je crois t'avoir fait la même remarque dans le chapitre précédent et c'est vraiment drôle parce qu'on me le reproche souvent à moi aussi !
Comme je l'ai dit, à part quelques moments qui sont peut-être encore mal dosés dans leur précision, le tout est très agréable à lire. Difficile de lâcher un tel roman !
EryBlack
Posté le 13/11/2020
Je continue mes réponses tardives.
Merci beaucoup pour tous tes compliments ! J'aime beaucoup ce genre de personnage grande gueule qui tait l'essentiel. Quant à Andrev et Endrin, c'était important pour moi qu'on puisse avoir de sérieux doutes sur leur relation, d'ailleurs j'ai mis très longtemps à décider s'ils seraient vraiment ensemble ou non (enfin je dis ça comme si c'était bien décidé... c'est toujours pas vraiment le cas xD). Contente que ça te plaise en tout cas !
Arf, encore les adverbes ! Je vais surveiller un peu ma réécriture. Merci encore beaucoup pour ta lecture et tes commentaires adorables !
elikya86
Posté le 07/09/2018
Je suis en train de lire la Trilogie du grand retour et j’y prend un grand plaisir. Tu sais alterner la joie et la peine, le chaud et le froid, et les personnages sont très attachants. La relation entre Edrin et Alzar me plait beaucoup, ainsi que celle entre Edrin et Aldev. Tu les décris en toute délicatesse. Je ne compte pas m’arrêter ici, mais j’ai relevé une erreur de point de vue dans ce chapitre : Elle avait les yeux noisette et vert, ce matin-là. Le vert des mousses de la taïga, profondes, épaisses, moelleuses, les mousses des sous-bois qu'Andrev avait parcourus tout l'été durant avec son clan. Il cilla.
 En effet, tu te places du point de vue d’Edrin, donc tu ne peux pas switcher tout d’un coup sur celui d’Aldev le temps d’une phrase.
EryBlack
Posté le 07/09/2018
Bonjour Elikya, désolée d'avoir tardé à répondre, ton commentaire m'a échappé !
Merci pour tes compliments. Concernant les points de vue, on m'a déjà signalé ce passage que j'ai raccourci pour que le saut d'un personnage à l'autre ne soit pas trop important ; l'effet qui demeure, bien que généralement prohibé, est volontaire. Mon travail sur ce point n'est pas encore abouti, mais je souhaite donner à ce roman quelque chose de "cacophonique" (d'après la formulation d'un de mes lecteurs) et multiplier ce genre d'effets en les dosant correctement. En l'état, j'ai encore du pain sur la planche :) 
Merci pour ton passage et bonne lecture si tu décides de continuer ! 
Isapass
Posté le 11/04/2018
Bon décidément, tu as une nouvelle fan.
Ton style est épuré (dans le bon sens du terme) et il met vraiment en valeur l'histoire.
J'aime beaucoup l'ambiance du rassemblement, les personnages, à la fois frustes et chaleureux. L'univers dont on entrevoit seulement toutes les richesses, mais qu'on devine très prometteur.
J'ai particulièrement accroché sur ce chapitre parce que, si les deux premiers sont déjà excellents et plantent bien le décor et l'histoire, avec celui-ci, on entre dans l'intimité des personnages principaux. Et sans un mot de trop. Tu suggères sans vraiment dire : ça laisse supposer beaucoup de choses sans vraiment en être sûr et ça donne très envie d'aller plus loin. Je parle de ce qu'il y a entre Endrin et Andrev, bien sûr. Quant à la discussion avec Azar, on sent bien que c'est énorme, et on en a l'eau à la bouche.
On entre aussi dans l'émotion. Il y a l'annonce de la mort de Valle et la cérémonie. Mais aussi l'état d'esprit d'Endrin. Précédemment, on la suivait plus de l'extérieur. Là, on voit et on ressent par ses yeux, et on commence à s'identifier, ou au moins à s'attacher.
Je sais que tu es toute proche de ton envoi à Galli alors  je m'étais dit que je ne te ferai pas de retours qui risquaient de te mettre des doutes, mais de toute façon, il n'y en a pas ! 
Vraiment, j'aime beaucoup ce début ! 
EryBlack
Posté le 11/04/2018
Oh, haha merci beaucoup Isa ! Ça me fait très plaisir ^^
Tu n'es pas la première à accrocher vraiment à partir de ce chapitre-ci, si je ne me trompe pas. Ça me fait réfléchir à la manière dont ce début est découpé. Idéalement, ce serait bien qu'on accroche dès le départ, bien sûr, donc il y aurait peut-être quelque chose que je pourrais faire. Mais dans l'absolu, en tant que lectrice c'est rare que je sois immédiatemnt à fond dedans dès le chap 1, donc ce n'est pas non plus ma priorité. Intéressant d'y cogiter en tout cas !
Merci beaucoup pour tes compliments, ils me vont droit au coeur ! J'espère que la suite ne te décevras pas !
Carvage
Posté le 26/10/2017
Commençons par le plus désagréable, c'est-à-dire des suggestions de changements :
"Elle savait que ça ne durerait pas, cependant." Si placer un adverbe en fin de phrase passe à l'oral, il me gêne à la lecture, notamment "cependant" qui sert normalement pour les transitions ; le mettre en début de phrase me parait plus logique
"qu'Andrev avait parcourus tout l'été durant avec son clan" :  "tout l'été durant" est une formulation que je trouve agréable mais... elle est gâchée par le "avec son clan", la rime qui en résulte charge la fin d ela phrase qui pourrait s'arrêter à durant.
A mon gout, l'auxiliaire avoir et être sont trop utilisés dans ce chapitre, notamment dans le second paragraphe, ainsi que dans celui-ci :
"Les hivers apportaient chaque année leur lot de pertes, mais il était extrêmement rare que quelqu'un périsse avant même que le Brasier soit allumé. Valle des Belt était un peu plus âgée qu'Endrin et ceux de sa génération, elle ne faisait pas partie de leurs proches, mais elle avait toujours été là, présente - comme les autres. En dépit de ses blessures, Endrin n'avait pas imaginé un seul instant qu'elle mourrait, d'abord parce qu'elle était entre les mains de shamans expérimentés, ensuite parce qu'elle était une shaman elle-même, même si elle n'avait que deux ans de pratique derrière elle. Et les shamans étaient censés être plus résistants, tout particulièrement aux blessures dues aux esprits. Endrin avait vu un jour le père Maam soigner lui-même la brûlure que lui avait faite un Brann lors d'une chasse en forêt."
Répéter autant de fois les auxiliaires alourdit la lectur, de simples synonymes suffiraient à effacer cet effet de répétition que j'ai ressenti.
En ce qui concerne l'histoire, elle reste immersive, le rythme et l'usage de phrases plutôt longues y contribuent grandement (même si l'on sait que ces dernières posent problème à certains éditeurs et lecteurs).
La relation entre Endrin et Andrew reste en suspens, même si l'on pressant qu'Andrew a exposé ses sentiments affectueux à une Endrin peu réceptive. Enfin, on découvre un rôle plsu paternel pour Azar, qui gagne par la même occasion en profondeur.
 
EryBlack
Posté le 26/10/2017
Oh là là, tous ces "avoir" et "être"... Maintenant que tu le fais remarquer, je me demande comment j'ai pu ne pas m'en rendre compte !! Merci beaucoup de me l'avoir signalé, je vais très vite revenir dessus. En ce qui concerne le "cependant", tu as raison également ; en plus, au niveau du rythme, ça faisait bizarr avec la phrase précédente qui terminait par "...les contours des cimes de la forêt, au loin." (ça faisait deux trucs entre virgules à la fin de deux phrases qui se suivent, pas super joli) Du coup, j'ai modifié et ça dit maintenant : "Elle savait pourtant que ça ne durerait pas". Pour ta dernière remarque, j'ai modifié également : "qu'Andrev avait parcouru avec les Wa tout l'été durant." Je tenais à souligner le fait qu'il voyageait avec son clan, ça me paraît important pour montrer la différence entre lui et Endrin, qui est sédentaire. Mais effectivement, ce n'était pas très élégant comme ça. Merci beaucoup pour l'ensemble de tes remarques, tu as un oeil affûté !
Je suis contente que ça continue de te paraître immersif ^^ Effectivement, certaines choses restent longtemps en suspens, je ne suis pas très douée pour faire aller les choses trop vite, j'aime mieux poser et, comme tu l'as remarqué, creuser quelques personnages importants.
Merci pour ta lecture ! Si tu la poursuis, n'hésite pas à continuer à me faire part de tes remarques, je les trouve très pertinentes ! 
Praline
Posté le 31/05/2017
Bon Bonn bon me revoilà après avoir avalé les chapitres deux et trois. 
Je suis très triste de la mort de Valle, j'espère qu'on en saura plus sur ce fameux Pan. En tout cas, ils ont l'air résignés, ils acceptent la mort et respectent les esprits, c'est une belle harmonie avec la nature. Et ça rend la scène du matin (ch3) très touchante.
 
Zut Andrev se prend un vent en fait ! J'espère aussi que plus tard on connaîtra un peu plus les sentiments d'Endrin et ses raisons de ne pas lui répondre. (Bien sûr elle a le droit de ne pas l'aimer :3 et puis ça donne du piquant à l'histoire, sinon ça serait trop facile !)
 
Je suis aussi très curieuse d'en savoir plus sur cette fameuse Université. Si je ne m'abuse, peut-être qu'Endrin ou Andrev penserait à y aller? Huhu c'est excitant !
 
J'ai très envie de savoir pourquoi Azar est venu s'installer dans le Nord. Et de savoir pourquoi il a adopté Endrin, ce qui lui est arrivé. Bref, me voilà partie pour lire la suite incessamment sous peu !
 
Deux petites suggestions si tu me le permets  :
 
 "Ses yeux noisette et bruyère brillaient de fatigue " (ch2) : j'ai plutôt l'impression que les yeux se ternissent quand on est fatigué, qu'ils semblent un peu plus éteints. Qu'en penses-tu? 
 "Comme chaque fois qu'ils abordaient le sujet, un pli soucieux barrait son front. Comme chaque fois, Endrin sentait qu'il y avait autre chose à dire..." (ch3) : en fait la formulation "comme chaque fois que" est correcte, mais le "comme chaque fois" sans complément, pas trop. On dira plutôt "comme à chaque fois, elle sentait que..."
 
Voilà voilà ! Après les histoires d'or je viendrai sûrement lire la suite <3  
 
EryBlack
Posté le 31/05/2017
Re-coucou ! 
Oh, je suis contente que la mort de Valle ait pu te toucher. Comme c'est un personnage qu'on ne connaît absolument pas, je n'étais pas sûre que ça soit possible. Quant au Pan qui l'a tuée, autant te le dire tout de suite, je n'ai pas vraiment prévu d'en reparler - bien sûr, je parlerai des Pans en général, mais ce que je veux dire c'est que je n'ai pas défini de raison spécifique pour laquelle les Belt se seraient faits attaquer par ce Pan-là. J'ai voulu que les actions des esprits ne soient pas vraiment compréhensibles pour les humains, du coup ça n'aurait pas de sens si moi je savais parfaitement le pourquoi du comment... Ou en tout cas, c'est ce que je me dis ^^'
Haha, ça promis, tu vas continuer d'en entendre parler ^^ J'espère que ça ne sera pas trop chiant parce que ça n'évolue que très petit à petit, mais bon, comme tu dis, je voulais éviter la facilité. D'habitude, les "couples" se rencontrent pendant les histoires, alors que là ils se connaissent depuis toujours, donc déjà, ça implique que je fasse attention à pas mal de choses ! (et je sais pas si j'y arrive xD Mais je fais de mon mieux)
Ça aussi, tu devrais en savoir plus très vite ! Pareil pour Azar, d'ailleurs. Ces questions-là seront normalement traitées tout au long de la partie I, et hiii, j'espère que ça te plaira !
Merci pour tes sugestions ! Pour les yeux, ah c'est drôle, moi je sais que quand je me mets à fatiguer j'ai toujours les yeux plus humides que d'habitude, et qui brillent plus, du coup. Remarque, c'est vrai que quand ça dépasse la fatigue pour devenir de l'épuisement, ça devient très terne. Mais ici je pense qu'Endrin n'est pas épuisée, juste fatiguée, du coup je vais laisser comme ça ! Quant à ta seconde remarque, tu as probablement raison sur le plan grammatical, mais si je changeais ça, ça ruinerait la répétition du segment de phrase et je perdrais le rythme qu'elles ont >< C'est toujours embêtant, ce genre de chose, parce qu'autant je veux évidemment écrire de la manière la plus correcte possible, autant je suis prête à commettre des "petites erreurs" comme celle-ci sans aucun scrupule si j'estime que ça sert la "musique" du texte. Mais bon, il m'arrive aussi de changer d'avis, alors je note bien soigneusement la remarque et je me réinterrogerai là-dessus !
Merci beaucoup pour ta lecture <3 J'espère que la suite te plaira si tu poursuis ta lecture ! 
Fannie
Posté le 24/05/2017
Chapitre 3 :
<br />
...Et puis j’en lis encore un.
Comme Endrin évite la conversation avec Andrev, on sent bien qu’il y a un malaise. Lui aurait-il fait une déclaration d’amour, alors que ses sentiments ne sont pas réciproques ? Et comme, d’un autre côté, il y a Azar qui considère Endrin comme sa fille, alors qu’elle ne peut pas l’appeler « pappa », on dirait qu’elle a de la peine à s’attacher aux gens autant qu’eux s’attachent à elle.<br /> C’est étonnant qu’Azar soit subitement si las. On dirait que la mort de Valle le replonge dans son passé. Peut-être a-t-il perdu une fille, une femme, une sœur ? En tout cas, moi aussi, j’ai envie de savoir ce qu’il passe sous silence...
Coquilles et remarques :
réalisant que Frey et Andrev étaient déjà levés [s’apercevant, remarquant ou constatant ; dans ce sens, « réaliser » est un anglicisme à éviter. De plus en plus, il remplace toute une série de synonymes.*]
Quand elle releva la tête, il la regardait. Elle se leva prestement. [La proximité des verbes « releva » et « se leva » m’a fait tiquer.]
En-dessous trônait un large bureau en chêne [En dessous]
Elle mit quelques secondes avant de réaliser qu'il répondait à sa question de tout à l'heure. [avant de se rendre compte, de comprendre, de s’apercevoir*]
[En voyant le premier « pappa », je me suis d’abord demandé si ton doigt avait rebondi sur la touche, mais le suivant m’a confirmé que c’est le langage régional.]
Chaque fois que je pense au futur [Sous l’influence de l’anglais, on emploie souvent « futur » à la place d’ « avenir ». Cet usage est à proscrire selon l’Académie française : http://academie-francaise.fr/futur-pour-avenir ]
<br />
*Voici un extrait du dictionnaire de l’Académie française sous « réaliser » :
Par ext. Admettre comme réel en esprit. Il ne réalise pas encore pleinement sa perte. Si cet emploi, attesté chez d'excellents auteurs, de Charles Baudelaire à André Gide et François Mauriac, ne saurait être considéré comme fautif, l'utilisation abusive du verbe réaliser au sens affaibli de « se rendre compte » est en revanche un anglicisme à éviter. Ainsi, on ne dira pas : Il a réalisé qu'il devait partir, mais, par exemple : Il s'est aperçu, il a compris qu'il devait partir.
 
<br />
 
EryBlack
Posté le 24/05/2017
Coucou Donna !
Tes commentaires s'accumulent, j'essaye de me mettre un coup de fouet pour y répondre ce matin avant de partir au boulot !
Pour la conversation entre Endrin et Andrec, c'était effectivement ce que je souhaitais qu'on comprenne, sans pour autant le dire explicitement. C'est un choix motivé par le fait que ce "couple", contrairement à d'autres, se connaît déjà au début de l'histoire, et qu'un des deux au moins est déjà épris de l'autre ; je me dis que ça peut vite devenir ennuyeux si je reproduis trop les canons des histoires d'amour. Du coup, j'essaye de jouer un peu avec. Bref... Par rapport à Azar, j'aime bien l'interprétation que tu en tires. Je ne sais pas si Endrin a du mal à s'atacher aux gens, mais ce qui est certain c'est que si elle est attachée, elle a un peu de mal à le montrer ! Quant à tes idées sur l'effet que la mort de Valle produit sur lui, je crois que tu es la première à me soumettre une telle hypothèse ^^ Pour être tout à fait honnête, je ne sais pas ; mais c'est possible. Je n'ai pas creusé le passé d'Azar plus loin que ce dont j'avais besoin pour l'histoire (parce qu'il y aurait trop à inventer et à dire !), mais je sais au moins que sa vie n'était pas simple, et il est bien possible qu'il ait perdu des gens auxquels il tenait.
Concernant tes remarques, maintenant. Haha, si tu cites Baudelaire en exemple, je ne peux qu'approuver la remarque ! J'essaierai de limiter mon emploi de "réaliser" à l'avenir ; je pense que je l'utilise beaucoup parce que sa sonorité me plaît, mais comme tu le montres, il y a beaucoup de synonymes et je pense que ce mot aura plus de force si je l'utilise dans son sens "admettre comme réel en esprit", quitte à l'employer moins souvent. Merci donc de la remarque. Je vais également corriger le reste ! Pour "pappa", c'est écrit comme ça parce que c'est une graphie employé dans certains pays nordiques (la Norvège surtout, je crois).
Merci encore pour ta lecture attentive ! 
Jowie
Posté le 05/05/2017
P { margin-bottom: 0.21cm; } Salut !
OK. Andrev et Endrin sont décidément trop mignons et par ta faute, ils galopent maintenant dans mon cœur comme des petits poulains xD. J'aime beaucoup la façon dont on comprend ce qui s'est passé entre eux alors que rien n'est dit explicitement. Le pauvre Andrev me faisait de la peine... J'avais envie de secouer Endrin comme un prunier, mais en même temps, je comprends sa réaction. Elle le connaît depuis longtemps, peut-être qu'elle le voit plutôt comme un ami, un frère ? Et en lisant la fin du chapitre, on voit qu'elle se pose pas mal de questions quant à son futur. Pas facile de prendre position. MAIS QUAND MEME. Donne lui une chance, Endriiin  >.< !
Quoi qu'il en soit, je me réjouis de voir comment leur relation évoluera !
<br />
En lisant, je me suis demandée dans quel cadre temporel se passait ton histoire. Bon, on est d'accord que ton univers est fantastique et qu'il ne doit pas forcément se rattacher à une période historique précise. Au début de ma lecture, je situais les nomades dans une époque plutôt « passée, révolue », mais dans ce chapitre, tu mentionnes des traités de sociologie et le fait qu'Azar a un bureau, des concepts relativement modernes. Et maintenant que j'y pense, tu avais parlé de machines sudistes aussi, qui pourraient tout à fait être des machines médiévales, comme futuristes ! Comme je n'arrive pas trop à me situer et que je me pose beaucoup de questions, je me disais que tu pouvais m'éclairer :-)
<br />
Petite remarque :
Tu ne m'as jamais appelé pappa → papa ? (ou alors c'est une variante nordiste ? )
<br />
C'était un chouette chapitre, Ery ! Je me réjouis de découvrir la suite (et de savoir ce qu'Azar va dévoiler à Endrin!!!)
<br />
Bon weekend et à bientôt !
Jowie
<br />
<br />
EryBlack
Posté le 05/05/2017
Salut salut !
xDD Endrin et Andrev les poulains. C'est PARFAIT. Oserais-je m'excuser ? Hihi, je suis très contente que tu aies remarqué et apprécié ce truc du "non-explicite", ça date de la toute première version et j'aime bien que ça se soit fait comme ça. Vu que je démarre une histoire avec un amour déjà installé, plutôt que quelque chose qui va se construire tout du long, je trouvais ça important d'éviter les grandes déclarations guimauves. (M'enfin, je sais pas si ça change quoi que ce soit :') ) Concernant Endrin et la façon dont elle voit Andrev, je ne vais rien te dire, si ce n'est que ça se développera (trèèèès lentemeeeent xD) au fil du tome 1 et... ben du coup j'espère que ça marchera bien :'D 
Ah mais franchement, je suis super contente d'avoir tes ressentis et tes interrogations, c'est trop chouette parce que tu te poses pile les questions que je voulais qu'on se pose ! Je suis souvent impressionnée par "l'intuition de lecture" que possèdent certaines Plumes :D Alors, à propos de la temporalité, donc. Pour être tout à fait honnête, ce n'est pas super clair dans ma tête : vu que ça se passe dans un autre monde, je ne me suis pas fixé quoi que ce soit. Certains éléments de l'histoire sonneront moyenâgeux, voire antiques, quand d'autres pourront rappeler la première Révolution Industrielle. Je pense qu'il n'y aura rien de trop futuriste, par contre (en tout cas, c'est pas au programme pour le moment). Du coup, temporellement parlant, on peut dire que cette histoire est un peu comme un gros mélange. Je t'avoue que je me suis déjà demandé si ça ne poserait pas problème, mais jusqu'ici, j'essaye de faire attention à ce qui est crédible ou pas dans le décalage technologique Nord-Sud et tout ça, j'essaye de me demander si c'est possible qu'ils aient inventé tel ou tel truc alors qu'ils n'ont pas encore tel ou tel autre truc... Voilà voilà. J'espère que ça ne t'embêtera pas trop à la lecture, si c'est le cas, évidemment, je t'invite à me le signaler >.<
Effectivement, Pappa est une variante nordiste :D (Et pour maman, c'est Mom ^^) Mais merci de la remarque quand même !
Merci beaucoup pour ton commentaire, ça me fait très plaisir que tu me lises <3 J'espère que la suite te plaira !
À bientôt :) 
Nethy
Posté le 05/05/2017
Yaaaaaaaah ! J'aborde cette histoire comme le pirate avide de butin ! Et je dois dire que je ne suis pas déçu Erybouille ! Ça fait plaisir de te lire enfin (moà, paresseux ? Jamais !), et ça fait plaisir de lire cette histoire ! J'aime déjà tes personnages, l'ambiance qui se dégage de l'auberge, les mystères des esprits et l'Université qui pointe le bout de ses tours à l'horizon. Ton style est vraiment clair et travaillé, on sent que c'est une réécriture. Que dire d'autre ? JJ'en veux plus ! 
Bisouilles ! 
EryBlack
Posté le 05/05/2017
Haha, coucou Nëthy !
Je suis contente que l'abordage se passe bien, alors :D Merci pour tous ces compliments ! J'espère que la suite te plaira également si tu décides de poursuivre !
À bientôôôt 
Flammy
Posté le 14/07/2018
Coucou ! <br />Bon, je crève de chaud, c'est littéralement une horreur pour moi, petite créature du froid, de la nuit et de l'hiver. Quel meilleur moment donc pour lire l'Université ? Je crois que j'aurai jamais lu tes descriptions avec autant d'envie :p <br />Alors, ça faisait trèèèès longtemps que je n'avais pas lu, aussi je me réfère à une vieille version de quand tu étais jeune et fringante et que tu n'avais pas bac (en vrai, je sais pas si ça date de ça mais ça me fait rire ^^). Eh bien, ça a changé, et dans le bon sens ! Vraiment. <br />L'essence du texte est toujours bien là, ce qui m'avait plus, mais c'est beaucoup mieux maîtrisé je trouve ! Je me sens beaucoup moins perdue que lors de la première version, on suis mieux les éléments et on soit facilement le chemin pavé de petits cailloux blancs. Et on se laisse porter très facilement ! En plus, tu parviens à mettre quand même beaucoup de détails (les cheveux de Frey dans son assiettes), de petites anecdotes, de petites formulations jolies qui décorent le texte et l'histoire sans pour autant nous perdre, c'est très bien géré ! Parce que mine de rien, on peut vite noyer le lecteur sous les détails mais toi, tu pains juste un très joli tableau avec beaucoup de couleurs et de détails et on y apporte de l'attention que si on a envie <3 <br />Bref. Ce n'est que le début, mais je trouve qu'on saisit beaucoup mieux les enjeux que la première fois que j'avais lu. La relation ambiguë avec les esprits, le secret d'Azar, Endrin qui est bizarre. Bref, on saisit ça vraiment beaucoup plus rapidement. Je trouve aussi que c'est bien rythmé là, niveau action et progression dans l'histoire ! J'avais souvenir avec l'Université d'une histoire très contemplative, mais là il y a beaucoup de descriptions mais quand même, on ne s’ennuie pas, il se passe pleins de trucs et ça donne toujours envie d'aller lire le chapitre suivant et de voir ce qui va se passer ^^ Entre l'arrivée de tous les Nordistes, Endrin et Andrev qui se tourne autour, l'attaque de Pan et la morte... Ca dresse tout de suite un tableau avec beaucoup de détails et pleins de pistes, c'est cool ^^<br />D'ailleurs, petit point sur Endrin et Andrev, je trouve ça très cool leur relation, comment ils se tournent autour en essayant d'en dire le moins possible, tout en retenu et en délicatesse, j'ai trouvé ça très joli et très bien dosé, on comprend sans avoir besoin d'en dire trop <3 Bref, j'ai beaucoup aimé les passages avec eux deux et Azar pas subtil derrière. <br />Niveau écriture, c'est toujours autant un plaisir de te lire ! C'est vraiment fluide, ça se laisse lire tout seul <3 C'est vraiment cool ! J'ai quand même souri quand j'ai vu les points virgule, ça m'a rappelé des conversations :p <br />Bref, énormément de positif <3 Je sais que tu as beaucoup travaillé sur cette version, mais ça en valait vraiment le coup ! C'est vraiment très cool ^^ <br />Deux petits points un peu plus négatifs tout de même : *Même si je comprends bien que le premier passage, qui explique un peu tout avec Azar qui vient du Sud et tout, j'ai trouvé ça un peu artificiel. Je me rend compte que c'est nécessaire, mais c'est dommage car en-dessous du reste :/ *Parfois tu changes de narrateurs au cours d'un passage. J'ai remarqué, j'essaie moi-même d'éliminer tout cela de CE :p C'est dommage car ça perturbe un peu ce changement, même si je suis bien d'accord que c'est rudement pratique de pouvoir donner le point de vue de tous ceux qui participent à la conversation. Tu as fait ça notamment avec la conversation Endrin/Azar. Après, je chipote pour dire, mais c'est déjà je trouve un très bon texte que j'ai pris beaucoup de plaisir à lire et que je vais continuer avec joie <3 
EryBlack
Posté le 14/07/2018
Coucou Flammy ! Sorry d'avoir tant tardé à répondre >< Mais tant mieux si cette histoire frisquette a pu te rafraîchir en cette dure période :p 
Merci beaucoup pour tous ces compliments qui me font super plaisir ! Ton ressenti s'accorde au mien, moi aussi j'ai l'impression de mieux "tenir" tout ça et de réussir à me faire plaisir avec mon ambiance, mes descrip et blabla sans pour autant perdre de vue le lecteur et ses besoins, ni l'intrigue. Je suis trop contente si ça fonctionne bien ^^ Que ce soit au niveau du texte ou bien de ces "pistes", que j'essaye effectivement de semer un peu plus efficacement. Et pour Endrin et Andrev je suis toujours tellement ravie que ça plaise, cette relation un peu cheloue qui s'est bâtie toute seule :'D Vraiment, merci !
xD les points-virgules, eh oui, eh oui, on se refait pas, ahaha ! 
T'as pas tort pour le passage du début qui plante la situation. Ça fait un moment que ça me turlupine, parce que j'aime bof les histoires qui démarrent comme ça. J'ai essayé de le laisser le plus court possible, mais j'ai pas encore pris la décision que je préférerais parce qu'elle est compliqué à mettre en place : il faudrait qu je parvienne à distiller ces infos dans les autres chapitres, mais... je crois que j'ai la flemme, pour le moment :'D j'en peux plus de cette partie I. Enfin, il faudra que je m'y résolve un jour, je pense, parce que je suis du même avis que toi.
Pour ce qui est des changements de point de vue... Rah là là, c'est compliqué tout ça. À la fois je suis d'accord que c'est un des trucs à traquer dans une histoire, surtout quand on est "amateur", que ça fait toujours un peu bizarre et tout... Mais à la fois, ça colle avec ce que je voulais faire de cette histoire au niveau de la narration. On m'a dit une fois qu'il y avait quelque chose de "cacophonique" dans cette façon d'écrire, comme si toutes les voix des personnages se mêlaient, et je crois que c'est vraiment ça que je veux ! Le problème, c'est bien sûr que tant que je ne maîtriserai pas ça à la perfection (et je sais même pas si c'est possible xD) eh bien ces changements de point de vue auront effectivement une allure de, disons, fautes à corriger. Donc il faudrait que je retravaille (encore, toujours), mais j'aimerais bien réussir à conserver ça. Tu vois, par exemple dans cette conversation Endrin-Andrev, j'aime bien que le point de vue bondisse de l'un à l'autre parce que j'y vois plein de raisons : ils sont agités, Endrin préférerait peut-être se trouver ailleurs, Andrev lui aimerait bien savoir ce qu'elle pense... C'est mouvementé dans leurs têtes, quoi ! J'aimerais bien réussir à faire en sorte que ces changements de pdv fassent partie de ce qui illustre leurs états d'esprit respectifs. Mais bon euh... Clairement je me simplifie pas la vie et je serai peut-être forcée de renoncer à ça un jour :') Donc merci pour ta remarque, elle me sera utile en temps voulu !
Et un merci général pour ta lecture <3 J'espère que la suite te plaira aussi !
 
Vous lisez