29. Doute et colère

Par tiyphe
Notes de l’auteur : Bonsoir mes petits lecteurs ! Bonne année !
Bon, j'avoue, j'ai menti, on ne retrouve pas Lucas dans ce chapitre, mais promis dans le suivant il sera là !
Bonne lecture ! Des gros bisous !! <3
(PS : ce chapitre sera amené à échanger de place avec le précédent afin de garder l'alternance entre l'Entre-Deux et l'Anti-Chambre)

Johny

Johny quittait le long couloir faiblement éclairé de teintes chaudes et séduisantes. Même après cette séance de relaxation comme il aimait l’appeler, il ne se sentait pas détendu. L’homme passa près du Grand Théâtre en roulant ses épaules courbaturées, sans que cela change quelque chose à ses douleurs. Il jeta un œil par l’ouverture drapée des mêmes rideaux de velours que la scène. L’endroit était désert. Le silence qui y régnait était inhabituel et sinistre.

Les Occupants descendaient plus rarement dans les souterrains qu’auparavant. Les pièces et les concerts avaient pourtant repris ces derniers jours, mais le lieu se fréquentait bien moins qu’avant l’attaque. Les spectateurs craignaient un nouvel attentat, alors même que la coupable avait été arrêtée. Quant aux comédiens superstitieux, et ils étaient nombreux, ils avaient décidé que l’estrade, les coulisses ou les gradins étaient à présent maudits. 

Encore dégoulinant de sueur, Johny avait envie d’une douche. Il aurait pu la prendre avec ses compagnons de chambre, mais il se sentait nauséeux et essoufflé. Ses vêtements lui collaient à la peau et la chaleur qui l’avait envahie précédemment commençait à se transformer en frissons désagréables. Il avait besoin d’air, du vrai air, pas celui qui circulait dans les souterrains. Des mèches chatouillaient son front jusqu’à son nez. Il les dégagea avec si peu de conviction qu’elles investirent de nouveau leur terrain, amenant plus d’importunes.

Se grattant négligemment le bouc, le trentenaire se dirigea alors vers la sortie la plus proche, les idées brouillées et le regard brumeux. C’était la première fois depuis qu’il était mort qu’il se trouvât fiévreux, comme s’il était malade. Pourtant, il ne l’était pas. C’était seulement lié à l’angoisse de la réunion qui avait eu lieu trois heures plus tôt.

Juste avant d’entrer dans le bureau, Cacilda lui avait demandé d’être attentif et d’observer le comportement de ses parents durant ce point hebdomadaire. Cette requête avait commencé à l’inquiéter d’emblée. Qu’est-ce que la fille des dirigeants cherchait ? Et surtout, pourquoi voulait-elle espionner Isabella et Roan ? Ces questions, Johny se les posait encore, tandis qu’il longeait des salles de danse animées.

Le trentenaire s’était alors assis à la table, droit comme un piquet. Cacilda lui avait lancé plusieurs regards noirs afin qu’il se détendît. Elle avait dû regretter assez vite sa demande, Johny n’avait rien d’un espion. Mettre les pieds dans le plat, c’était ça sa spécialité. Suivant les situations, cela pouvait être amusant. Mais à cet instant, il avait su que cela serait catastrophique qu’il fît une bévue. Il n’avait donc rien dit de toute la réunion.

Les hautes températures des forges lui firent subir une bouffée de chaleur alors qu’il fuyait ce couloir qu’il adorait habituellement. Les cheminées d’évacuations dirigées vers l’étage du dessus permettaient d’alimenter des saunas, hammams et jacuzzis que l’Occupant fréquentait aussi souvent que le quartier du désir. 

Roan avait fait un tour des derniers débordements, plus répandus qu’à l’accoutumée avant de laisser la parole à sa femme. Johny n’avait rien remarqué d’étrange, sans savoir si c’était la boule dans son ventre qui l’avait empêché de noter quoi que ce soit ou si Cacilda s’était fait des films. Cette dernière avait continué de lui jeter des coups d’œil, comme pour s’assurer qu’il suivait bien la conversation.

Il avait cru enfin pouvoir se décontracter lorsque la fillette avait demandé à son père :

— Peux-tu m’affirmer que tu ne me caches rien, Roan ? avait-elle prononcé en détachant chaque syllabe.

Autour de la table, les Occupants présents avaient tous deviné que la question n’en était pas une. Pendant de longues secondes, les iris ambrés de Cacilda avaient défié ceux de l’ancien commerçant. Ce dernier s’était alors avachi dans son siège, mal à l’aise. Si la jeune fille s’était adressée à son père plutôt qu’à sa mère, c’était bien parce que le premier ne savait pas mentir. Le couple de dirigeants s’était à leur tour observé, échangeant certainement au travers de leur oreillette.

C’était bien évidemment Isabella qui avait répondu à la place de son mari. Elle avait assuré à sa fille qu’ils ne lui cachaient rien et Johny avait pu se détendre. Cependant, Cacilda n’avait pas lâché l’affaire si facilement.

— C’est à papa que je m’adresse, pas à toi, avait-elle indiqué avec un calme glacial.

Johny ne l’avait jamais vue interpeller ses parents de cette façon. Ceux-ci avaient dû être tout aussi étonnés puisqu’ils avaient inventé une histoire de crise d’adolescence tout en riant jaune de ce comportement. Ce fut ce détail qui crispa de nouveau le trentenaire. Cacilda n’était plus une adolescente, loin de là. Elle faisait partie des personnes les plus sages qu’il connaissait, malgré une grande espièglerie lorsqu’elle se trouvait avec lui.

Le reste de la réunion avait été tout aussi polaire que pouvaient l’être les ours vivant sur la banquise du Groenland. Les nausées de Johny s’étaient installées progressivement et s’étaient éternisées jusqu’à la fin de l’assemblée. Isabella avait coupé court aux accusations soi-disant non fondées de sa fille afin de clore les derniers points importants. Puis elle s’était retirée avec son mari, prétextant avoir beaucoup à faire.

— Alors ? s’était adressée Cacilda tout bas à l’intention de son partenaire, tandis que les Occupants se levaient et quittaient la pièce un à un. Tu n’as pas remarqué comme leur comportement est étrange ?

Johny l’avait observée avec des yeux ronds. Elle ne ressemblait en rien à une jeune fille de 12 ans quand elle lui lançait ce regard perçant. C’était une femme qui avait autant de présence et de prestance, voire plus, que sa mère. L’ancien marin s’était senti tout petit face à elle, alors qu’il la dépassait d’au moins une tête et demie.

Il avait finalement plus bégayé que répondu franchement. Admettre l’attitude dérobée de ses patrons, cela revenait à les trahir. Mentir à sa partenaire, c’était la tromper, elle. Sa loyauté avait été mise à rude épreuve à cet instant et Johny en était encore traumatisé tandis qu’il parcourait à grandes enjambées le large couloir près de la surface. L’homme n’aspirait qu’à profiter des choses qui le faisaient vibrer ou à servir les dirigeants des sous-sols afin de garder ces choses en lieu sûr. 

Il avait finalement prétexté un cours de bachata, alors qu’il ne pratiquait que la kizomba, et s’était enfui vers le quartier du désir. Quelques heures plus tard, il sortait des souterrains à l’arrière de la Grande Académie. 

L’air libre. Enfin.

Johny inspira profondément. Il avait envie de fumer. Une cigarette aurait peut-être l’effet d’embrouiller assez son cerveau pour qu’il arrêtât de penser, mais il n’en possédait pas. Le tabac existait de la même façon que l’alcool dans l’Entre-Deux et était tout aussi rare. En demandant aux bonnes personnes, l’ancien marin aurait pu facilement se fournir, mais la paresse l’envahissait autant que l’angoisse.

Après un long râle frustré, Johny se décida finalement à quitter le bosquet de verre qui masquait le chemin vers les sous-sols. Fallait-il recontacter Cacilda ? Elle ne l’avait pas poursuivi hors des souterrains, mais elle devait être inquiète. Elle méritait une réponse, non ? se demanda l’homme. Il se tourna en direction des bouleaux étincelants dans la lumière. L’envie de retourner là d’où il venait pour dévoiler à Roan et Isabella les intentions de leur fille le démangeait tout autant.

Que devait-il faire ? Johny était incapable de prendre une décision. Les conséquences ne lui semblaient pas dramatiques, mais ses convictions en prendraient un grand coup. C’était peut-être égoïste, mais il ne pourrait plus vivre avec lui-même s’il perdait les valeurs que son père lui avait inculquées durant son vivant et qu’il aimait suivre depuis tout ce temps. Qui pourrait comprendre cette idéologie ? À qui pouvait-il se confier, si ce n’était pas à Cacilda ?

« Jo, tu es à la surface ? », demanda une grosse voix à travers sa bille de télépathie.

— Hans ! s’exclama le trentenaire tout haut, surprenant des Occupants qui traînaient non loin de lui.

Pourquoi n’avait-il pas pensé tout de suite à l’ancien maçon ? Il était celui qui serait le plus à même de le comprendre. Son choix du moment était parfait.

« Je viens de sortir. Tu veux qu’on se voie ? », répondit Johny avec une voix plus tremblante qu’il ne l’aurait souhaité.

« Oui, je suis dans l’académie. », précisa Hans.

Johny remarqua le ton inquiet de son ami, ce qui n’était pas habituel. Cela eut pour effet de lui faire oublier complètement ses propres soucis. Il se gratta son bouc broussailleux et tenta une fois de plus de dompter les quelques mèches aimantées par son front luisant. 

« Un problème, Hans ? interrogea le trentenaire. Tu es avec Tadjou ? »

Le silence lui répondit. Johny avait tout à coup très froid. Pourtant la température était toujours la même dans l’Entre-Deux. Ce nouvel ascenseur émotionnel crispa l’ancien marin. Il gérait mal les sentiments négatifs, surtout lorsqu’il était seul. Il fut soulagé d’entendre son ami dans l’oreillette :

« Retrouve-moi dans mes appartements. »

La voix habituellement grave et posée venait de monter d’une octave. Ce fut le signe pour Johny de se hâter. Quelque chose clochait et Hans en était si bouleversé qu’il n’arrivait pas à s’exprimer. Le trentenaire ravala une nausée et se massa la nuque pour se détendre. Sa peau glissait sous ses doigts. Il se sentait sale, mais n’avait pas le temps de retourner chez lui, sous le sol. Il hésita à se jeter dans une fontaine au centre des cactus de verre, mais trop d’Occupants se promenaient à cette heure de la lumière. 

S’il s’était trouvé dans les souterrains, Johny n’aurait pas résisté à la tentation de l’eau fraîche se déversant en cascade sur son corps nu devant d’autres personnes. Mais le monde du dessus n’était pas prêt à observer un tel spectacle. Beaucoup avaient gardé leurs idéaux et leurs visions de la pudeur après la mort, à l’inverse de l’ancien pêcheur. Quoiqu’il en fût, celui-ci ne pouvait se présenter de la sorte devant son ami.

Johny s’engagea alors vers l’aile-dortoir du haut bâtiment coloré et décida de se rendre dans la chambre d’un des professeurs permanents de la Grande Académie. À cette heure-là, ils devaient sûrement enseigner l’histoire, les sciences ou un autre sujet aussi peu intéressant pour le Norvégien. Ce dernier connaissait bien les lieux pour avoir aidé Tadjou et Hans à les imaginer et à les construire, alors il se glissa dans le second quartier qu’il rencontra. 

Il ne s’y attendait pas, mais l’odeur qui régnait dans l’appartement l’envahit instantanément. Cette senteur dont il avait tant l’habitude calma ses nausées progressivement. L’amour et la chaleur des corps se mélangeaient aux épices subtiles de brins d’encens. Les sons de plaisirs partagés attirèrent l’importun à travers le couloir jusqu’à une porte entrouverte. 

À travers l’embrasure, Johny devina un couple sur un lit défait. L’envie de les rejoindre se fit plus fort que tout le reste. S’il s’était trouvé dans le sous-sol de l’Entre-Deux, les amants l’auraient accueilli certainement avec joie. Mais cela se faisait-il également à la surface ? s’interrogea Johny. Hans le ramena à la réalité alors que le trentenaire poussait doucement la porte.

« Jo, t’en es où ? Dépêche-toi, s’il te plaît. », ajouta-t-il avec empressement. 

Le concerné s’éloigna de la chambre et se secoua. Tant pis pour la douche. Johny aperçut des vêtements au sol qui devaient appartenir au couple, jetés précipitamment. Il souleva un large tee-shirt imprimé de petits crânes entourés de roses.

— Ça fera l’affaire, commenta Johny en échangeant avec sa chemise tachée de sueur.

Il récupéra un jean baggy qu’il serra du plus qu’il pût avec la ceinture de cuir qui y était glissé. Les vêtements semblaient faire deux fois sa taille, mais le choix lui était limité. Il plia les siens et les déposa sur la commode du couloir, décidant de revenir faire l’échange plus tard, avant de s’élancer vers les étages supérieurs. 

Hans avait choisi de s’installer dans la Grande Académie afin d’être proche de son nouveau lieu de travail et de Tadjou. Il occupait un studio proportionnel à son envergure de géant lui permettant d’accueillir ses amis ou des membres de sa famille facilement. L’unique pièce était meublée d’une table basse presque aussi haute qu’une table de salle à manger et d’une multitude de fauteuils récupérés d’Occupants qui n’en voulaient plus. En face de la large baie vitrée, un imposant buffet renfermait des bouteilles de différents alcools ou autres boissons que Johny lui rapportait des souterrains.

L’endroit était familier pour ce dernier. Il s’y sentait comme chez lui pour y avoir passé de longues heures avec ses deux nouveaux compagnons. Pourtant, cette fois, lorsqu’il passa le pas de la porte, il sut que quelque chose était différent. L’espace était plus sombre que d’habitude. Des rideaux opaques cachaient le somptueux panorama sur les jardins et des sièges avaient été renversés ou poussés par un bulldozer qui arpentait la pièce sans remarquer les dégâts qu’il y faisait. 

Johny n’avait jamais vu Hans dans un tel état. L’homme soufflait comme un buffle, ses traits étaient tirés par l’anxiété et ses muscles contractés par la colère. Il ne semblait plus lui-même. Et à cet instant, Johny eut peur de son ami, peur qu’il pût lui faire du mal, qu’il ne se contrôlât pas. L’ancien marin longea le mur afin de se manifester dans un rayon de lumière rebelle qui laissait apercevoir de petits tourbillons de poussière provoqués par le géant.

Lorsque ce dernier fit demi-tour, il repoussa un vieux siège qui ne résista pas au choc. Les accoudoirs arrondis en bois se détachèrent comme une feuille morte de sa branche et roulèrent sous la table, étonnamment encore debout. Cela fit sursauter Johny qui tremblait en observant son ami. Ce mouvement dut passer dans le champ de vision du colosse puisqu’il remarqua finalement le trouillard.

Le visage d’Hans se figea instantanément. Une expression de surprise laissa doucement place à de la sérénité, avant de s’écarquiller d’étonnement.

— Jo, je suis désolé, se décomposa le géant en levant ses mains devant lui. 

Il avança brusquement en direction du trentenaire pour s’excuser, mais se prit les genoux dans la table, lui faisant lâcher un râle de douleur. Johny n’avait pas bougé. Il hésitait à fusionner avec le mur dans son dos, afin de disparaître. Malgré tout, il ne put retenir un sourire moqueur quant à la maladresse du grand gaillard. C’était la journée des émotions contradictoires, pensa-t-il.

— Je me suis laissé emporter par la colère, mais elle n’est pas dirigée contre toi, balbutiait Hans en massant ses articulations. Je… Je réparerai ces fauteuils, marmonna-t-il en contemplant les dégâts.

L’Occupant du dessus poussa les assises abîmées dans un coin de la pièce et releva celles qui étaient miraculeusement intactes. Ses traits s’étaient définitivement adoucis et Johny relâcha sa tension d’un faible soupir. Il se décida alors à donner un coup de main son ami. Si Hans s’était retrouvé dans un pareil état de colère, il devait y avoir une raison et celui du dessous espérait pouvoir l’aider du mieux qu’il pouvait à gérer cette rage.

— Raconte-moi, requit Johny en s’avachissant sur une banquette.

Inconsciemment, les deux hommes s’étaient mis à l’opposé l’un de l’autre, séparés par la table basse-haute. Hans se triturait les doigts. Il passa une main sur son crâne presque rasé, puis soupira bruyamment.

— Commence par le début, l’encouragea l’ancien pêcheur.

— Tu as raison, dit enfin Hans.

Il leva un regard étrange sur son ami, à moitié torturé et rempli de haine.

— La petite Chloé, celle qui a attaqué les souterrains, le dortoir et le château, ajouta-t-il. C’est une de mes descendantes.

Johny ne sut pas quoi répondre à cela. Il s’attendait à tout sauf à ce genre de déclaration. Qu’était-il censé faire de cette information ? Hans était-il déçu qu’une Occupante ait craché sur le nom de sa famille en faisant souffrir tant de personnes ? Les yeux rivés sur ses doigts entrelacés, le géant poursuivit :

— Je l’ai rencontrée à plusieurs reprises. C’est une jeune fille qui n’a pas eu une vie facile et qui a besoin d’aide. J’ai essayé de lui donner ce que je pouvais.

— Je suis sûr que tu as fait ce que tu as pu, intervint Johny, inconscient de ce qui se tramait dans le large crâne.

Hans lui envoya un regard mauvais, le même qui avait effrayé l’ancien marin l’instant d’avant.

— Justement, non, claqua-t-il sa langue contre son palais. Je n’ai pas su être présent au bon moment. Et maintenant, je ne peux plus rien faire pour elle !

Le colosse s’était levé et parcourait de nouveau l’espace à présent dégagé. Il remplissait tellement de place que le plafond paraissait étonnamment bas et les murs tout proches.

— Je suis allée la voir dans sa cellule, continua-t-il en élevant la voix. Elle semblait morte. Plus qu’on ne peut l’être, précisa-t-il. Je suis sûre que Lucas, les Grands Occupants, même ta copine, font des expériences sur elle.

— Je n’ai pas de copine, murmura Johny les yeux écarquillés.

Mais Hans ne l’entendait pas, il marmonnait sur l’état de sa descendante et théorisait sur ce que le conseil était capable de faire. Plus il faisait des allers-retours, plus la table était poussée vers Johny qui finit par relever ses jambes sur la banquette. Il n’avait pas la moindre idée de comment rassurer son ami.

— J’y suis retourné tout à l’heure, ne décolérait pas Hans. Ils lui ont rasé ses longs cheveux. Et ils ne sont pas arrêtés là, non. Ils lui ont même brûlé le crâne ! cria-t-il en s’immobilisant face à l’homme tétanisé sur son siège. 

Johny tenait ses jambes contre lui, comme il avait tenu la bouée qui lui avait donné un sursis avant de mourir dans les eaux gelées de la Mer de Norvège. 

— Elle est réveillée, mais ne dit plus un mot, enchaînait Hans. Elle semble complètement traumatisée, mais personne ne me laisse l’approcher. Je suis sûr qu’il se passe des choses pas nettes dans ces cachots, conclut-il en s’affalant sur un fauteuil qui craqua sous son poids.

Un long silence s’installa. Johny crut même que le géant s’était assoupi dans son siège. Il ne bougeait plus et avait fermé ses paupières. Seul son large buste se soulevait régulièrement.

— Est-ce que ta copine t’a dit quelque chose ? demanda-t-il subitement en ouvrant les yeux. Je l’ai souvent vue traîner dans les cachots, peut-être qu’elle est de mèche avec Lucas ou que c’est elle qui tire les ficelles.

Ce fut à Johny de rester muet. Il tenta de discerner les arrière-pensées de son compagnon dans cette question. Lui demandait-il vraiment si Cacilda, sa partenaire des souterrains, sa meilleure amie, sa confidente, était une psychopathe, une tortionnaire, une manipulatrice ? Pourquoi tout le monde se méfiait-il de tout le monde ces derniers temps ?

***

Une ombre

Au dernier étage de la Grande Académie, dans l’appartement d’un homme si haut et si large qu’on le surnommait le géant, une ombre se glissait paresseusement par la baie entrouverte. Elle s’introduisit sous le rideau opaque et longea le trait lumineux. Sur le sol, il n’y avait plus de démarcation éclairée, uniquement la nuit.

L’ombre avait parcouru un si long chemin depuis qu’elle avait été arrachée de son hôte précédente. Si long, qu’elle était affamée, assoiffée, vorace. Vide d’émotions, l’ombre s’en nourrissait. Dans cette pièce, il y avait deux hommes. Le géant et le gringalet. La colère et le doute. Ces victuailles étaient un phare pour elle. Elle n’avait plus qu’à choisir l’émotion qu’elle allait posséder.

Trop préoccupées, les proies ne virent pas l’ombre s’approcher, se faufiler, serpenter, camoufler toutes les lumières. L’ombre s’infiltra silencieusement dans sa victime, afin de commencer son repas.

***

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Sorryf
Posté le 22/01/2021
Oooh mais c'est Johny !! Tu es pardonnée pour l'absence de Lucas, j'adore Johny ! En plus il revoit Hans, cette bonne vieille team du tome 1 qui se reforme <3 (je les shippe de fou xD)
Je suis contente que quelqu'un se préocupe du sort de la petite Chloé, purée c'est horrible ce qu'ils lui font ! Okay elle a déconné mais quand meme T.T

Non, l'ombre, va-t-en !!! laisse mon OTP tranquille T_____T Bordel.

(HS mais je rigole en imaginant le malheureux a qui Jojo a piqué les fringues qui va se retrouver avec rien d'autre pour se rhabiller que des habits dégueu et trop petits pour lui xDDD)
tiyphe
Posté le 22/01/2021
Si je suis pardonnée alors ! Tout va bien XDD
La bonne vieille team du T1 <3 (ce ship je ne m'en remets pas mdrrr)

Biiiiin en soi, Lucas a libéré Chloé de ce qui la possédait, c'est plutôt une bonne chose, non ?

Pour ton HS xD merci de l'avoir relever ! Johny c'est un peu le perso où je peux me permettre de partir en complet what the fuck et placer des trucs marrants xD
(Avoue, si tu aimes bien Johny, c'est parce que tu peux le surnommer Jojo ! :PPP)

Encooooore merciiii <3 j'aime trop tes commentaires <3
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