28. L'Autre-Part

Par tiyphe

Lucas

Alors que tout le monde se retrouvait autour du jeune Créateur, encore assis et sous le choc, Louise brisa finalement le silence :

— Je ne comprends pas.

Lucas leva des yeux remplis de larmes vers la Princesse.

— Tom ne fait plus partie de ce monde, Louise. Il est parti. Il a disparu. Je l’ai ressenti, là.

Il pointa un doigt sur sa poitrine qui lui faisait atrocement mal. Il avait l’impression qu’on lui avait arraché le cœur.

— Mais il n’y a pas d’autres mondes, s’étonna la Créatrice.

Le jeune homme ne répondit pas. Il était sûr de lui. Tom avait été envoyé quelque part et il devait, plus que jamais, le retrouver. Il allait se relever lorsqu’une nouvelle douleur le jeta à genoux. Cette fois, il ressentit comme un déchirement dans son dos.

— Qu’est-ce que c’est que ça ? s’étrangla Hans qui revenait avec les deux autres, de nouveau sur leurs pieds.

La souffrance disparut rapidement. Lucas regarda derrière lui. Il fit alors les mêmes yeux effarés que ses compagnons. Deux grandes ailes, d’un peu plus de trois mètres d’envergure, s’élevaient dans son dos. Elles s’ouvrirent d’elles-mêmes, manquant de faucher Johny.

— Mais qu’est-ce que c’est que ça ? répéta Lucas, complètement désemparé.

Elles étaient entièrement noires, comme celles d’un corbeau. Les longues plumes contrastaient avec la blancheur du paysage.

— Tom, murmura le jeune homme.

Il se retourna vers ses compagnons effrayés et plaça ses mains devant lui pour les rassurer.

— Je pense qu’elles me viennent de mon frère, essaya-t-il de les apaiser. On dirait qu’il me les a fait naître avant de disparaître, peut-être pour que je le retrouve.

— Comment ça ? demanda Sibylle, qui semblait la moins apeurée.

Elle s’approcha du Créateur et toucha les plumes du bout des doigts. Lucas frissonna. Il sentait la caresse comme si elle était sur sa peau.

— Elles sont magnifiques, admira la jeune femme.

Lucas mit près d’une heure à rassurer les deux hommes et la Princesse qu’il n’était pas dangereux. Il n’en savait pas plus sur l’origine de la couleur ou pourquoi son frère les lui avait imaginées, mais il était persuadé que cela venait de lui. Il le sentait au fond de lui. Le vide dans sa poitrine s’était doucement comblé, pas entièrement, mais il était moins profond. C’était comme si une part de Tom se trouvait avec lui.

— C’est impossible, insista Louise. Pourquoi et surtout comment Tom aurait-il pu te créer des ailes ? On ne peut pas ajouter des membres comme ça à un Occupant, nous avons essayé !

Le nez de la dirigeante commençait à devenir rouge tandis que l’air se chargeait d’électricité.

— Écoute, Princesse, tenta Lucas. Je n’ai pas les réponses à tes questions. Apparemment, mon frère et moi avons des capacités supplémentaires à votre pouvoir. Je ne dis pas ça en mal, se rattrapa-t-il en apercevant les filaments bleutés se former sur les phalanges de la jeune femme. Sûrement que ça a un lien avec l’époque dans laquelle nous avons vécu, nous voyons et imaginons les choses différemment.

Après plusieurs minutes, Louise finit par calmer l’énergie qui courait le long de ses doigts. Son visage était cependant encore coloré lorsqu’ils se décidèrent à poursuivre le chemin pour retrouver Tadjou. Plus vite seraient-ils de nouveau au complet, plus rapidement ils pourraient chercher Tom, argumenta Lucas. Ce dernier ramassa sa carte et reprit son rôle de guide. En tête, il sentait les regards fixés sur son dos.

Lui-même se posait une multitude de questions. Où était Tom ? Était-il en danger ? Pourquoi lui avait-il fait don de ces ailes ? Est-ce qu’elles lui permettraient de le rejoindre ? Saurait-il s’en servir ? Mentalement, il se représenta ses nouveaux membres et réussit à les faire bouger, ouvrant et refermant ces deux bras de plumes noires. Pouvait-il voler ?

Ses pensées furent vite interrompues. Il s’arrêta net, tout comme le reste du groupe. Apparaissant de nulle part, face à eux se dressait un rempart de plusieurs mètres de haut et de quelques centaines de kilomètres de long. Il renfermait une cité moderne, composée d’immenses immeubles. Le mur d’enceinte était en métal gris et une ouverture les laissait apercevoir des habitants s’affairer dans leur quotidien, marcher de bâtiment en bâtiment, s’apostropher.

***

Sibylle

Sibylle n’arrivait pas à détacher ses yeux de la cité. Des buildings, de plus en plus proéminents, s’élevaient vers le ciel. Les tours de plusieurs centaines d’étages s’étendaient à l’horizon. Elles étaient toutes couvertes de fenêtres ou servaient d’immenses spots publicitaires. Peu d’espace les séparait, sauf celles qui étaient les plus éloignées du groupe. C’étaient également les plus hautes. Celle au milieu de la dernière rangée semblait mesurer près de cinq kilomètres. La jeune femme n’en avait jamais vu d’aussi grande. Comment une telle structure pouvait-elle tenir ?

— Quel est cet endroit ? demanda Hans.

Un silence se fit, alors qu’ils se posaient tous la même question. Le mur métallique faisait le tour de cette étrange ville. Il paraissait si bas par rapport à toute cette élévation.

— Je… Je ne comprends pas, balbutia Louise. Est-ce que quelqu’un ici avait connaissance de cette cité ? Est-ce comme les souterrains ? C’est Jeanne qui l’a créée, sans m’en parler ?

Personne ne répondit. Tour à tour, les membres de l’expédition s’observèrent, comme en attente d’une affirmation de la part de l’un d’entre eux.

— Je ne crois pas que ce lieu fasse partie de l’Entre-Deux, osa Johny. Nous avons traversé les plaines vides qui sont normalement infranchissables. Pour quelles autres raisons les Êtres Supérieurs auraient-ils placé des frontières à notre monde si ce n’est pour nous cacher qu’il en existe un autre ? Peut-être même plusieurs ? Nous ne savons rien de la vie après la mort, à part ce qu’ils veulent nous apprendre.

Attentive, Sibylle avait suivi les théories de l’homme avec intérêt. Il avait probablement raison. Nul n’était allé aussi loin, sinon ils en auraient la connaissance. La jeune femme à la chevelure de feu observa la Princesse. L’instant d’avant, elle était habitée par la colère de voir un objet vivant apparaître dans le dos de Lucas et à présent elle était interdite. Paralysée, les yeux grands ouverts et rivés sur les buildings de métal et de verre, elle ne prononçait plus un mot.

— Je ne comprends pas, finit-elle par formuler d’une voix éraillée, se répétant pour la troisième fois de la journée.

Elle se tourna vers Lucas, de la frayeur dans son regard émeraude.

— Qui es-tu ? Pourquoi es-tu là ? Qu’attends-tu de nous ? Est-ce une nouvelle étape de la mort ? Vais-je un jour revoir Jeanne ? déballa-t-elle, sans respirer.

Elle prit sa tête entre les mains. Elle semblait terrorisée et désemparée. Surpris, le jeune Créateur s’approcha d’elle, voulant la rassurer.

— Louise…, chuchota-t-il.

La Princesse se dégagea, refusant son contact. Sibylle et les deux hommes restaient déroutés face à la situation. Hans tenta de reconcentrer tout le monde sur leur objectif :

— En attendant de résoudre ces énigmes, Mademoiselle Louise, nous devrions continuer notre chemin afin de trouver Tadjou. Ensuite, nous rentrerons à la maison. Je ne me sens pas à l’aise dans cet endroit, conclut-il en jetant des coups d’œil inquiet autour de lui.

Le groupe se décida finalement à traverser l’ouverture donnant sur les rues de la cité, le traceur du jeune Dominicain s’y trouvant. Perdue dans ses pensées, Louise se tenait le plus à l’écart possible de Lucas et semblait essayer de retrouver son calme. Personne ne paraissait garder le rempart, alors, dans un silence des plus gênants, ils purent se faufiler dans la ville sans se préoccuper d’être interrogés ou arrêtés. À la seconde où Sibylle franchit le passage, elle sentit une différence de températures considérable. Habituée aux fortes chaleurs des plaines, elle frissonna en ressentant la fraîcheur environnante. Elle ne fut pas la seule à remarquer ce changement. Autour d’elle, la Créatrice abattait un nouveau châle de soie sur ses épaules et Hans frictionnait ses bras nus. Lucas et Johny paraissaient aussi indifférents qu’elle.

Refusant un vêtement chaud de la part de son partenaire, la jeune rouquine observa les alentours. Elle commençait à s’accoutumer au climat finalement agréable. Face à eux se trouvait une longue avenue menant au plus haut et plus large des immeubles. Les premiers bâtiments, près d’eux, ne faisaient qu’une soixantaine d’étages et semblaient peu récents en raison de leurs aspects moins brillants et abîmés.

Alors que les compagnons avançaient avec prudence, ils découvraient de petites ruelles qui s’engageaient entre les tours. Elles étaient étroites et ne pouvaient laisser passer qu’une voiture. Sibylle s’étonna de ne pas en apercevoir. En fait, il n’y avait que des piétons, très nombreux, qui ne faisaient pas attention à eux. Ils semblaient tous se diriger vers la tour la plus élevée.

La jeune femme reçut un petit coup dans les côtes, c’était Lucas. Il pointait son doigt vers le ciel.

« Regarde, lui dit-il. Elles sont là. »

Il avait dû sentir sa question muette puisqu’il lui montrait un trafic de véhicules volants. Le garçon semblait un peu embarrassé et tentait d’agir le plus normalement possible. Il observait Louise du coin de l’œil, sûrement pour vérifier si la Princesse était toujours troublée, pensa Sibylle. Cette dernière leva la tête vers le flot de circulation. Les voitures parcouraient les rues et traversaient les croisements sur plusieurs niveaux. Elles ressemblaient beaucoup à celles qu’avait connues la jeune femme. Les formes étaient cependant plus arrondies et à la place des pneus se trouvaient comme des réacteurs permettant à l’engin de rester en suspension dans les airs. Sibylle s’attarda un instant les yeux ébahis devant ce rêve devenu réalité.

Depuis sa tendre enfance, elle avait regardé les films futuristes montrant des robots humanoïdes, des intelligences artificielles ou encore des véhicules flottants au-dessus du sol. Elle s’était réfugiée dans le cinéma de science-fiction et les livres du même genre alors que sa mère célibataire sombrait dans la drogue et la dépression.

À travers le trafic, le groupe pouvait apercevoir de hauts écrans qui recouvraient les immeubles. Ils affichaient principalement des spots publicitaires montrant des hommes et des femmes d’une beauté magnétique. Les annonces proposaient plusieurs vêtements, produits ou activités et également des messages concernant de la chirurgie plastique. Certains slogans sur les panneaux attirèrent particulièrement le regard de Sibylle :

“Laissez votre corps devenir votre meilleur accessoire.”

“Une incision pour la perfection !”

“Vous ne voulez pas être une réalité dans la vie des autres, vous voulez être une apparition.”

Tout était présent pour pousser les habitants de cette ville à la consommation et à la possession d’une physionomie parfaite. Là où les membres du groupe posaient leur regard, ils pouvaient entendre distinctement la réclame présentée. Un peu plus loin, une femme géante à la peau hâlée et aux yeux en amandes se dandinait sur un immeuble en racontant sa propre expérience :

“Si j’ai pu me rendre indispensable, vous en êtes également capable ! Susciter la jalousie ? J’en ai fait une habitude. Même mon reflet me demande mon secret.”

Un rire cristallin accompagna les paroles de la sublime créature. Sur un autre écran, un homme apparaissait torse nu et exhibait ses abdominaux tout en brandissant un gâteau :

“Un corps parfait pour un bonheur parfait. Chocolatique, la barre énergétique minceur au chocolat qui transforme votre ventre en tablettes. Choisissez la morphologie de vos rêves !"

Personne ne fit de commentaires, mais chacun jetait des coups d’œil étonnés, voire dégoûtés autour d’eux. La jeune voleuse se demanda comment le bonheur pouvait se résumer à l’apparence. Et puis elle se souvint que sur Terre, les gens considéraient l’argent comme une source de réussite et donc de satisfaction.

« Suivons ces gens. », décida Louise, faisant sortir Sibylle et le reste du groupe de leurs pensées.

Lucas approuva l’idée par télépathie en étudiant sa carte. La Princesse sursauta en entendant la voix dans sa tête, mais reprit vite son visage impassible qu’elle essayait de garder. Tadjou semblait se trouver là où la population se rendait. Tout en avançant, Sibylle observait, du coin de l’œil, son partenaire recréer leur environnement en hologramme. De façon précise, il apposait chaque bâtiment qu’il voyait avec le nombre d’étages associé. Tout était minutieusement reproduit à une échelle réduite.

« Comment fais-tu cela ? », lui demanda la jeune femme, curieuse.

« J’y pense dans ma tête et ça apparaît tout simplement. », lui répondit-il.

Cela paraissait tellement magique pour l’ancienne voleuse. Elle sourit à son compagnon. Une part d’elle voulait oublier les plans de son ancêtre. Elle commençait à s’attacher à Lucas et, contrairement à Louise, il ne l’effrayait pas. Elle était même intriguée d’en savoir plus sur ses pouvoirs, sur la découverte de cette cité et si tout avait un lien. Elle ne désirait plus le séduire pour le manipuler, dans le dessein d’aider Jacques à devenir le nouveau dirigeant de l’Entre-Deux. Tout en marchant, Sibylle y réfléchissait. Elle évitait de penser trop fort, ne devant pas se faire entendre des autres. Personne ne devait savoir qu’elle était là pour leur faire du mal et non pour participer aux recherches permettant de retrouver le jeune Tom. Mais après toutes ces épreuves où ils avaient dû se serrer les coudes tous les six, elle hésitait. Vers qui voulait-elle être loyale ? Vers son ancêtre, devenu fou à cause du pouvoir ou envers des personnes qui commençaient à l’apprécier à sa juste valeur ?

Elle bouscula celui qui se trouvait devant elle. Le groupe venait de s’arrêter. Hans ne lui fit pas de remarque, mais posa un doigt sur sa bouche. Sibylle passa la tête par-dessus l’épaule du colosse. La bande s’était cachée dans la dernière ruelle avant le grand boulevard devant la plus haute des tours. Les personnes qu’ils suivaient, ainsi que celles venant de toutes parts, s’infiltraient dans le bâtiment. Des véhicules semblaient pénétrer dans le building par des ouvertures, plusieurs étages au-dessus de leur tête.

« Tadjou est dans cet immeuble. », signala Lucas en montrant l’indicateur du jeune Dominicain.

« Nous allons devoir nous mêler à la foule. », intervint Johny.

Le Créateur acquiesça tout en cherchant l’approbation de la Princesse. Cette dernière avait les yeux sur les hauteurs et ne répondit que d’un hochement de tête.

« Nous devrions peut-être changer nos habits dans ce cas, pensa Sibylle pour ses compagnons. Regardez-les. Étonnant qu’on ne nous ait pas déjà remarqués. »

En effet, les différences vestimentaires entre leur petit groupe et les habitants de cette étrange cité futuriste étaient flagrantes. Particulièrement la robe de Louise qui était moins bouffante que celles qu’elle portait au château, mais assez complexe et représentative de la mode d’une autre époque. La jeune femme à la chevelure de feu se demanda comment la Créatrice pouvait bouger aussi facilement avec un tel attirail. Son corset semblait si serré et elle n’avait pas beaucoup de marges de mouvement avec cette jupe munie d’un arceau. Les garçons pouvaient peut-être se fondre dans le décor à moins de ne pas être aussi couverts qu’ils l’étaient. Quant à elle, son short en jean et son débardeur vert ne correspondaient pas non plus à la mode de cette cité.

Ce qui dérangeait le plus était le ton des couleurs. Leurs vêtements étaient trop fades, les nuances étaient trop mates. Les femmes et les hommes de cette ville portaient des tissus aux teintes métalliques, parfois brillantes. Sibylle admira les argentés, les bleus acier, les ocres pailletés, les bronzes, les dorés. Cela correspondait parfaitement aux décors des lieux où tout était construit de fer et d’autres alliages.

« Sibylle a raison, changeons-nous. », approuva Louise, d’un ton presque abrupt.

Elle se retourna dans l’obscurité de la ruelle. Près d’une minute s’écoula avant qu’elle ne se présente à nouveau à la lumière. Elle avait conservé son corset et des manches plus courtes. La jupe de sa robe descendait en dessous du genou avec une fente sur le côté, laissant apercevoir une cuisse jamais dévoilée. Le tout était moulant et montrait des formes insoupçonnées à cause des vêtements amples habituels. De longs triangles, d’un métal couleur vert émeraude, se dessinèrent sur l’étoffe de batiste argentée et fine, marquant le relief de sa poitrine et de ses hanches. Alors qu’elle se tournait vers Sibylle, des bottes de cuir noir à talons montèrent jusqu’à ses mollets, cachant ses chevilles nues l’instant d’avant. Ses cheveux bruns se tressèrent et se nouèrent dans un diadème en chevrons argentés, laissant quelques mèches dépasser volontairement.

« Viens avec moi. », lui fit-elle, en aparté.

La jeune rousse jeta un regard vers les garçons qui semblaient tous baver devant la nouvelle image de la Princesse. Elle soupira et donna un coup de coude dans l’estomac de Lucas, avant de suivre la Créatrice.

« Que souhaites-tu ? », lui demanda-t-elle par la pensée.

Sibylle réfléchit un instant. Elle avait une photographie exacte de ce qu’elle voulait. Grâce à la bille de télépathie, elle lui transmit la tenue qu’elle imaginait pour elle.

« Déshabille-toi. », lui conseilla la Princesse.

La jeune femme s’exécuta. Peu pudique, elle retira ses vêtements jusqu’à se retrouver torse nu et en lingerie. Louise rougit un instant devant ses formes généreuses. La Créatrice sembla se reprendre et se concentrer. Sibylle sentit alors une caresse le long de son corps. Le tissu glissait sur sa peau tout en se matérialisant, la faisant frissonner. De la même façon, ses cheveux s’élevèrent dans les airs et s’emmêlèrent dans un chignon complexe étiré vers le ciel. Une mèche bouclée tomba sur son épaule nue. Louise lui fit alors signe de se regarder dans la vitre éclairée en face d’elles.

Sibylle s’avança. Elle était comme elle s’était imaginée. Un haut en satin vert foncé était retenu sur ses omoplates par de petits fils noirs qui se croisaient comme les alvéoles d’une ruche dans son dos nu. Devant, il laissait apercevoir son nombril avant de tomber en pointe sur les côtés. Son short en jean avait été troqué contre une jupe courte dans les mêmes tons et matières que le haut. Elle était plus longue sur un pan. Et de l’autre, un cordon noir s’enroulait autour de sa cuisse jusqu’au genou. Louise avait ajouté sa touche personnelle en plaçant des plumes colorées dans la tignasse rousse de la jeune femme.

Cette dernière se tourna vers la Princesse.

« Waouh, Louise. C’est magnifique. », la félicita-t-elle.

« Merci, mais je n’ai fait que reproduire tes pensées. », répondit la Créatrice, qui semblait à présent plus détendue.

Elles se sourirent avec respect et retournèrent près des hommes. Ceux-ci s’étaient également changés. Johny portait une longue tunique en nid-d’abeilles sans manches et au col relevé. Dans un bordeaux brillant, elle descendait en pointes asymétriques sur les cuisses. Son pantalon jodhpurs, évasé au-dessus du genou, tombait sur des bottines prune.

Hans, lui, était entièrement vêtu de cuir plus ou moins épais, dans des nuances de gris et de noirs lustrés. Il portait un simple tee-shirt moulant, montrant ses muscles saillants, sous un veston court. Ses puissantes cuisses étaient habillées d’un short long et large. Des bottes de militaires kaki complétaient la nouvelle tenue du colosse. 

Quant à Lucas, il avait changé son polo et son blouson pour un haut à col roulé et cintré au-dessus des hanches. Possédant seulement des emmanchures, son maillot était bicolore. Le tulle ocre flamboyant descendait plus bas que la partie obsidienne sur un pantalon droit et bleu comme une nuit sans étoiles. Cependant, ses grandes ailes apparaissaient toujours dans son dos. Aussi noire que celle d’un corbeau, elle sortait de sa tunique où deux trous avaient été taillés volontairement.

Sibylle les pointa de son doigt.

« Comment vas-tu faire avec ça ? », demanda-t-elle à son partenaire.

Le garçon lui montra dans l’avenue une femme portant une couronne dorée de près d’un mètre de haut, puis un homme avec des épaulettes dont les piques étaient aussi hauts que des épées. Lucas passerait inaperçu à côté de personnes habillées de la sorte. Le groupe décida alors de suivre le mouvement pour entrer dans le grand immeuble recouvert d’un écran publicitaire affichant dans des coloris métalliques et une police d’écriture très carrée : « L’Autre-Part ».

 ***

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Sorryf
Posté le 30/01/2020
Woaaaa il y en a des choses a dire sur ce chapitre O.O !

je commence par le pinaillage :
-"Elle s’était réfugiée dans le cinéma de science-fiction et les livres du même genre alors que sa mère célibataire sombrait dans la drogue et la dépression." -> je trouve que le "célibataire" est superflu, je sais pas pourquoi

- "Il s’arrêta net, tout comme le reste du groupe. Apparaissant de nulle part, face à eux se dressait un rempart de plusieurs mètres de haut et de quelques centaines de kilomètres de long." J'ai du mal a comprendre. Une aussi grande cité ils auraient du la voir de super loin non ? Ou alors il y avait de la brume, du sable ?? Comment elle a pu poper comme ça devant eux ?

- J'ai perso trouvé les descriptions de vêtements un peu longues, mais bon j'ai vu dans ta rep de com que c'était important pour toi. Ca sera utile pour les fanarts au moins xD

- "L'Autre-Part"-> ce nom est super !!

Cette nouvelle ville est très intrigante. J'ai plusieurs théories : 1. est-ce que des siècles sont passés sur terre, ce monde est un "nouvel entre deux" pour les gens du futur ?
2. Est-ce que c'est un entre-deux parallèle, ce qui expliquerait qu'il y ait si peu de nouveaux arrivants dans l'entre-deux ?

mais la question cruciale que je me pose c'est : S'ils sont dans un autre monde, peuvent-ils mourir ? Nan parce que moi j'aimais beaucoup qu'ils puissent pas mourir, c'était du stress en moins lol ! j'étais pas inquiète pour Tadjou mais maintenant je le suis un peu.

et des remarques en vrac sur les chapitres précédents :
- Pourquoi les gens ont si peur ? Parce qu'ils ont vu le bien et le mal ? Parce que Louise a disparu ? qu'il y a des nouveaux créateurs ? j'ai un peu de mal a comprendre ce qui les effraie tant, les entités sont venues en paix.

- Je note ce nouveau perso, Tyméo, qui me fait hésiter entre agacement et attendrissement. Est-ce qu'on va le revoir ? La gardienne est super, et j'aime bien son début de romance avec Jeanne (teeeeeeeeellement mieux que le JeanneXjacques pouah beurk)

- Tom est donc en enfer... purée T.T mais je vois du positif la-dedans : déjà, il va retrouver Nout et la ramener j'espère ! Ensuite, je pense qu'une ame qui se retrouve en enfer sans le mériter sera pas torturée, quand meme. Meme en enfer il y a une justice è.é (regarde moi qui essaie de m'auto-convaincre xD)
tiyphe
Posté le 30/01/2020
Coucou Sorryf ! Un super fanart et un super commentaire en 2 jours ! C'est Noël ? <3

A propos de tes pinaillages ;) :
- Je note pour le célibataire, effectivement ça alourdit la phrase. Comme je compte développer plus Sibylle dans le chapitre qui porte son nom, je pourrai préciser cette information à ce moment. C'est juste pour expliquer que son père n'est pas/plus là et sa mère l'est juste physiquement. Mais ça peut être expliqué plus tôt !

- Alors oui ça pope de nulle part... xD Non mais effectivement bonne remarque, faut que je trouve comment amener ça du coup, mais la cité apparaît un peu comme ça xD (c'est l'oeuvre des plaines vides, en fait, mais je ne sais pas trop comment l'amener du pdv de qq1 qui en a aucune idée)

- Ah mince pour la descri des habits, c'est un truc que j'aime beaucoup, je verrai si ça peut s'alléger, mais sinon désolée ^^' Grave en fait, moi je pense à vous dans mes descriptions, c'est juste pour avoir des fanarts :P !

- Eheh merci pour l'Autre-Part :D J'aime beaucoup tes théories et tu auras certaines réponses dans la suite ;) Pareil pour ta question cruciale, la suite te le dira !

Pour tes remarques en vrac :
- Bonne remarque, encore ;), alors oui la venue du Bien et du Mal est assez impressionnante, et aussi parce qu'il y a pas mal de changements alors que tout se passait très bien. J'y pensais déjà avant que tu fasses la remarque, mais du coup tu me confirmes qu'il faut que j'insiste plus sur le fait qu'avant l'arrivée de Tom et Lucas tout "allait bien". Jamais il n'y a eu de nouveaux Créateurs, jamais une des dirigeantes n'avait disparu, jamais des animaux avaient été créés...

- Tyméo est un bonus, je ne peux pas en dire plus, on ne le revoit que dans le tome 2, c'est une sorte de guest quoi xD
Jaïra <3<3<3<3<3<3

- "Ensuite, je pense qu'une ame qui se retrouve en enfer sans le mériter sera pas torturée, quand meme. Meme en enfer il y a une justice è.é (regarde moi qui essaie de m'auto-convaincre xD)" -> En vrai, j'aime beaucoup cette idée !! Mais je ne peux pas te dire si c'est le cas ou non ;P

Un immense merci Sorryf !!!!! <3 Tes commentaires sont des pépites :D
Draguel
Posté le 27/09/2019
J'ai buggé. xD

On passe de l'Entre-Deux qui accumule les siècles qui défilent à l'Autre-Part et sa ville futuriste. Je n'ai pas été complètement surpris par cette nouvelle parce que j'ai cru voir l'info "science-fiction" quelque part mais la soudaineté prend quand même de court :D Je ne sais pas ce que ce mélange peut donner donc je reste ouvert à la découverte :D En tout cas ce chapitre me donne de quoi réfléchir et même quelques bribes de réponses à d'anciennes interrogations :p

Il suffit de voir ma photo de profil pour voir que j'aime les anges alors autant te dire que je suis fan des ailes de Tom et de Lucas xD Une utilisation sympathique de la Création ^^
J'aime aussi particulièrement la description des habits que tu fais. Je ne m'y connais pas dans ce domaine mais j'avoue prêter attention et me réjouir quand je vois (ou dans ce cas imagine) des belles tenues styles médiévales, victoriennes ou futuristes :D Merci Tite Kubo pour m'avoir ouvert à cet intérêt :D
tiyphe
Posté le 01/10/2019
Hey !
Tu es le premier à relever ça et je suis contente de voir que ça perturbe un peu ;) J'espère que tu auras des réponses ou au moins des bribes de réponses par la suite :D

Tom et Lucas font vraiment n'imp avec la Création xD Mais oui, moi aussi j'aime beaucoup leurs ailes :3

Ahah no problem pour les vêtements. J'aime beaucoup décrire les habits, je trouve important de visualiser les choses. Je me suis rendue compte qu'on imaginais facilement des vêtements communs à notre environnement quand ils ne sont pas décrits (ce que j'ai fait pour Tom et Lucas par exemple), mais comme certains personnages ont des habits vraiment différents (comme Louise) de notre époque (ou même ici dans l'Autre-Part), je trouve ça important d'insister sur ça ;)
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