24. Contrôle

Par tiyphe

Conan

Dès que Lucas reçut le premier filament irisé dans l’épaule, son corps entier se statufia et tout sembla se dérouler au ralenti. Un nouveau projectile l’atteignit au pied, mais le jeune homme ne ressentait déjà plus la douleur. En fait, il ne ressentait plus rien du tout, il semblait avoir perdu toute son humanité. Conan essayait d’analyser les informations qu’il recevait du cerveau et de l’organisme de son logeur. Il ne comprenait pas, rien n’était ordonné. Pourtant, il avait l’habitude de voir son descendant se laisser distraire facilement. Mais cette fois, c’était différent.

Le garçon semblait complètement habité d’un instinct primitif, voire animal. Ses besoins répondaient à des pulsions naturelles comme sa propre conservation, celle de ses petits ou encore celle de son espèce. Cela n’avait aucun sens. Lucas n’avait pas d’enfants. Et puis pourquoi se sentait-il concerné par sa survie ou celle des autres alors qu’il était mort ?

Lucas, réveille-toi, tenta de le secouer Conan.

Aucune réaction. L’ancêtre ne percevait qu’une immense nécessité de se nourrir ainsi qu’une envie irrépressible de se reproduire. Le mélange des deux était particulièrement dérangeant et l’aîné n’espérait qu’une chose : se libérer de cette image. Il devait concentrer son attention ailleurs. L’habitant ne pouvait pas se soustraire entièrement aux désirs du Créateur, mais il pouvait toujours exploiter ses cinq sens.

L’odorat lui indiquait que le feu d’artifice venait étonnamment de se lancer. Le toucher lui permettait de comprendre que Lucas perdait du sang le long de son épaule et que le liquide visqueux coulait également sur les plumes foncées qui n’avaient pas été épargnées. L’ouïe lui signifiait que c’était la cohue autour d’eux, de nombreux Occupants hurlaient et fuyaient la cérémonie. Conan ne s’attarda pas sur le goût qui était peu utile dans ce genre de situation.

Lorsqu’il se focalisa alors sur la vision, le temps sembla s’accélérer. L’homme regretta presque aussitôt de ne pas s’être contenté des pensées de son descendant. Afin de protéger Lucas, Louise venait de se jeter devant lui, faisant dévier le lien ivoirin qui était destiné au cœur du Créateur et qui le frôla finalement de peu. La jeune femme n’offrait que son dos à son ancien amant, mais ce dernier reconnut chaque muscle qui se contractait. Elle avait mal, elle était en colère et lui, il avait envie de crier. Pourquoi avait-elle fait cela ?

Conan fulminait. Il se sentait impuissant. C’était comme voir Louise essayer de monter sur l’estrade de la place centrale, être rattrapée par son garde et emmenée de force loin de lui tandis que le bourreau poussait le tabouret sous ses pieds. Pourquoi le souvenir de sa mort lui revenait tout à coup ? s’interrogea l’homme. Vivait-il ce que la jeune fille avait subit lors de son exécution ? Il était lui-même retenu à l’écart et forcé à regarder la peine capitale.

Observer la Princesse disparaître fut un des pires sentiments qu’il avait éprouvés depuis sa pendaison. Il tenait apparemment encore beaucoup à elle, ou était-ce la tendresse de Lucas envers la dirigeante qui avait ravivé de lointains souvenirs ? Mais à cet instant, Conan ne voulait qu’une chose : prendre possession du corps du Créateur afin d’attraper Louise avant qu’elle ne disparût. Il était prisonnier d’une enveloppe qui n’était pas la sienne, qui ne lui répondait pas, qui était éteinte et voulait s’en arracher.

À sa grande surprise, son souhait se réalisa. Lucas n’étant plus du tout lui-même, Conan put alors prendre les rênes. L’ancêtre avait l’impression de s’installer dans un siège confortable qui s’harmonisait parfaitement avec lui. Il ressentait chaque cellule avec un plaisir certain, n’ayant pas possédé de corps depuis 474 ans. Les liens pâles n’avaient aucune influence sur sa mobilité, puisqu’il n’était pas Lucas. Il put se dégourdir les doigts et les orteils, comme s’il explorait de nouvelles sensations.

Enivré, Conan découvrit la paire d’ailes qui habillait le dos de son descendant. L’agitation autour de lui faisait frémir les plumes de corbeau qui ne demandaient qu’à être utilisées. Alors l’homme plia doucement ses genoux, développa le membre qui n’était pas empalé et se lança d’une grande impulsion vers le ciel. Comme espéré, les entraves se brisèrent tandis qu’il s’envolait. Blessé d’un côté, celui qui se prenait pour Icare dut se redresser à plusieurs reprises avant de pouvoir garder un cap convenable après la guérison.

L’instinct bestial de son cohabitant faiblissait de plus en plus à présent qu’il n’était plus embroché, Conan le sentait. Le garçon se réveillait et il allait réaliser qu’il n’était plus au contrôle de son corps. Ils ne pouvaient pas être deux pour ce rôle et le quasi-cinq-centenaire en avait conscience. C’était pourquoi il profitait au maximum de l’excitation que lui procurait le vol.

Conan ! s’exclama Lucas. Que fais-tu ? Que s’est-il passé ?

L’ancêtre sourit, il était vrai que la provenance de la voix était particulièrement étrange.

T’as vu !

Décidément, le Créateur n’était indubitablement pas capable de se concentrer sur les choses les plus importantes. Conan se positionna en sur place au-dessus de la cour du château afin de constater les dégâts causés par la jeune altiste et surtout d’exposer la scène dramatique à son logeur. De si haut, les deux parents ne pouvaient pas évaluer le nombre de victimes. Néanmoins, l’aîné crut voir des Occupants ayant pris l’initiative de sauver ceux qui étaient pétrifiés par les cheveux de la musicienne.

Tu penses vraiment ça de moi ? s’étonna Lucas qui semblait comprendre le principe de la cohabitation en étant l’observateur de l’esprit de l’autre. Eh, mais attends. Tu voles ! Repose-moi tout de suite ! exigea alors le garçon.

— Ah ! Tu as découvert la vue, se moqua gentiment Conan.

C’était sa voix. Il venait de prononcer des mots en utilisant sa langue et ses cordes vocales.

Désolé de te décevoir, intervint Lucas. Mais ce sont mes cordes vocales et ma langue que tu empruntes. Tu sais que je ne veux plus voler. Alors, repose-moi, s’il te plaît, supplia le garçon.

Cependant, Conan s’exaltait de bonheur. Il battait des ailes, faisait des pirouettes dans le ciel, appréciait la sensation d’exister. Il avait une enveloppe corporelle et pouvait en faire ce qu’il désirait. C’était jouissif.

Pose-moi ! ordonna le jeune homme dans son ventre. Je ne plaisante plus.

Et cela, Conan le ressentit. Alors qu’il survolait le rempart de près, il manqua d’atterrir sur le mur d’enceinte en catastrophe. Il redressa au dernier moment en donnant un grand coup d’aile vers le plafond noir pendant que des Occupants s’écartaient sur son passage. Tandis qu’il montait haut dans le ciel, une puissance invisible l’attirait vers le sol. Peu à peu, Lucas reprenait le contrôle et l’ancêtre n’était pas assez fort pour résister.

Rends-moi…, commença le garçon.

— Mon corps ! termina-t-il de sa propre voix.

Conan fut alors comme tiré en arrière, aspiré jusqu’à la place qu’il occupait auparavant. Il perdit l’usage de tous les membres de son cohabitant et fut réduit à observer la chute de ce dernier. Lucas mettait trop de temps à récupérer sa mobilité. Il tombait et allait s’écraser au sol s’il ne réagissait pas.

Lucas ! Utilise tes ailes ! s’emporta l’ancêtre. Tu vas mourir à cette hauteur.

L’homme avait été traumatisé des révélations de son descendant concernant les effets secondaires d’un décès dans l’Entre-Deux. Il ne désirait pas que son logeur les subît. Cependant, Lucas refusait catégoriquement d’avoir recours à ses membres de plumes tout en regardant l’étendue noire comme la nuit se rapprocher de plus en plus. Son cerveau était en ébullition, il cherchait une solution à cette situation.

« Plik ! », hurla-t-il à l’intention de son ami d’acier.

Le robot, qui devait se trouver non loin de lui, apparut presque aussitôt. Quatre bras s’extirpèrent tout aussi rapidement de sa carapace métallique. Ils saisirent fermement son concepteur aux épaules et aux cuisses, sans abîmer les ailes. Le dessus de son corps ovale s’ouvrit et une grande hélice en sortit. Conan crut que cela n’allait pas suffire, mais Plik souleva le Créateur en faisant tournoyer ses pâles vigoureusement.

L’atterrissage fut moins douloureux que prévu. Si l’aîné avait pu expirer de soulagement, il l’aurait fait à plusieurs reprises. Il aurait même été en hyperventilation tant il avait tremblé en imaginant les différentes conséquences les plus terribles. Finalement, les sensations fortes, c’étaient très peu pour lui surtout lorsqu’il ne contrôlait pas. Lucas s’accroupit afin de reprendre son souffle, il était lui aussi assez secoué.

Plik retira délicatement son accroche. Ses bras et l’hélice se rangèrent parfaitement dans la coquille qui se lissa alors complètement. Le robot était incroyable, pensa Conan afin de dévier son attention. Heureusement qu’il avait été là. C’était exactement ce que Lucas avait en tête à cet instant. Le Créateur remercia son ami métallique avant de se relever pour observer son environnement.

Il s’était posé non loin de l’estrade où gisait la jeune fille qui était la cause de toutes ces attaques. Les images de Louise disparaissant devant eux revinrent aux deux parents. Alors que Lucas semblait éprouver de la tristesse quant à la volatilisation de son amie, Conan ressentait de la colère. Il était clair que Chloé était responsable et elle méritait d’en subir les conséquences.

Sans avoir connaissance des idées de son ancêtre, Lucas monta sur la scène et s’avança jusqu’à la criminelle. L’adolescente était en position fœtale au milieu de la spirale noir et blanc qui habillait le sol fait de bois. Sa longue chevelure pâle l’auréolait tandis que Conan n’y voyait qu’une arme qui blessait les Occupants. Étonnement, le Créateur trouvait le tableau joli, il semblait peiner à réaliser qu’une si jeune personne pouvait être responsable de ces horreurs.

Reprends-toi Lucas, intervint l’habitant. Elle doit être enfermée et jugée !

— Mais ce n’est qu’une enfant, souffla le garçon.

L’estrade avait été vidée de ses musiciens, Lucas était seul. Louise n’étant également plus là, il n’avait pas la moindre idée de ce qu’ils devaient faire. Était-ce sa responsabilité de condamner les criminels de l’Entre-Deux en l’absence des deux dirigeantes ? La Princesse lui avait assez bien fait comprendre que son rôle n’était que de l’ordre de la Création, pas du pouvoir sur les décisions importantes de ce monde.

Il pensa alors à Roan. L’homme gouvernait les souterrains avec sa femme. Peut-être auraient-ils des conseils à lui donner ? Le garçon tapa du poing dans sa main. Conan l’observa interpeller un Grand Occupant afin d’enfermer Chloé dans le cachot du château tandis qu’il se dirigeait vers les souterrains, persuadé d’avoir trouvé la solution.

Pourquoi Roan ? s’étonna l’ancêtre. Et pourquoi n’essaies-tu pas de retrouver Louise ? Elle a disparu devant tes yeux, n’es-tu pas plus inquiet que ça ?

Lucas passa un groupe de personnes qui se rassuraient les unes les autres avant de pouvoir répondre à voix haute :

— Je suis complètement effrayé à l’idée que Louise ne soit plus là. Mais la connaissant, elle aurait voulu que je stabilise la situation de l’Entre-Deux avant de la secourir. Je n’ai vraiment pas envie de penser au fait que je suis seul à présent alors je vais chercher de l’aide. Roan est un dirigeant, il peut nous prêter main-forte.

Tu sais que tu n’es pas seul, tenta de le rassurer Conan.

— Je sais, mais tu vois ce que je veux dire, réagit le Créateur.

L’homme devinait très bien, mais se sentait tout de même un peu vexé. Il croyait que leur complicité s’était améliorée avec le temps. Il comprit alors la raison de l’animosité de son descendant envers lui. Le garçon ne digérait pas la possession de son cohabitant. La perte de contrôle avait été un mauvais moment pour lui et le souvenir le hantait encore, il en tremblait intérieurement. Cela l’empêchait de vraiment prendre conscience de la situation ainsi que de la disparition de Louise.

C’était en ayant un aperçu de ces pensées que Conan réalisa alors que lui n’avait connaissance que de cela : être spectateur des actions d’un autre, tout du moins depuis les deux dernières années. Manipuler le corps de son descendant avait été une bouffée d’air frais, mais pour Lucas cela avait été un étouffement. La culpabilité se mélangeait avec l’envie de recommencer, plus longtemps que la fois précédente. Le quasi-cinq-centenaire se promit d’en discuter avec le garçon, persuadé d’être capable de le faire changer d’avis afin de tous deux partager cette enveloppe qu’ils habitaient.

***

Roan

Isabella était en pleine réunion. Elle essayait de gérer des soucis de logistiques concernant un spectacle de cirque qui devait avoir lieu dans les semaines suivantes après la Grande Compétition du dessus. Roan observait avec fierté la conviction de sa femme qui ne fléchissait jamais face aux épreuves qu’elle rencontrait. Ils se trouvaient dans un des bureaux favoris de la famille au centre de leur demeure. La large table permettait à plusieurs Occupants de s’y asseoir et l’espace autour était rempli des différents membres de la troupe.

Un adolescent qui paraissait âgé de 16 ans mentalement menait la conversation face à Isabella, exposant le problème. Des trapèzes s’étaient rompus à cause apparemment de l’usure lors d’une répétition alors qu’ils venaient tout juste d’être livrés. Heureusement que des filets de protections étaient présents à ce moment-là, sinon les acrobates auraient été gravement blessés, voire tués.

— D’où provient ce matériel ? demanda le garçon qui se nommait Qiang.

Il était grand pour son âge et sa musculature était imposante. Son rôle dans le cirque était de porter ses compagnons avant de les lancer dans les airs, ce qu’il faisait avec beaucoup de facilité. Si son apparence pouvait impressionner, il avait un tempérament plutôt calme et sage. Ce qui n’était pas le cas de sa partenaire Phoenix. Elle semblait être sur le point d’exploser. À 28 ans, elle était physiquement l’opposé de l’adolescent. Petite et frêle, elle pouvait se glisser dans des boîtes facilement grâce à ses contorsions qui épataient à chaque fois le public.

— Je vous ai procuré tout votre équipement en allant le chercher directement au-dessus, répondit alors Isabella qui fouillait dans ses papiers. C’était une commande faite à des artisans qui sont censés s’y connaître. Je ne comprends pas qu’ils aient cédé aussi rapidement.

— C’est inadmissible, intervint Phoenix. Je suis sûre qu’ils ont fait exprès !

Qiang posa une main immense sur le bras minuscule de sa partenaire. Mais alors que Roan pensait que c’était pour lui intimer le silence, l’adolescent se tourna vers Isabella et dit d’une voix aussi calme que rauque :

— Je suis d’accord. Ce n’est pas la première fois que le matériel envoyé du dessus a des défauts nous faisant risquer notre santé. Seul celui fabriqué dans les souterrains semble être de qualité. Et pourtant, lorsque nous voyons le travail du Créateur pour la Grande Compétition, il est difficile de comprendre pourquoi nous sommes ainsi lésés.

« Roan, es-tu disponible ? », fit la voix de Johny dans l’oreillette du concerné.

Le quarantenaire soupira discrètement.

« Qu’y a-t-il ? », préféra-t-il demander.

« Il y a eu une nouvelle attaque, intervint Cacilda qui suivait apparemment l’échange. Lucas est avec nous, il veut s’entretenir avec toi et maman. »

« Ta mère est occupée, j’arrive. », répondit Roan après un petit moment de réflexion.

Il n’était pas utile ici. Il s’était juste mis sur le côté pour observer l’échange, car il n’avait rien d’autre à faire sur le moment. Phoenix s’était lancée dans un grand débat avec Qiang alors le codirigeant des souterrains en profita pour prévenir son épouse. Isabella acquiesça en silence avant de se reconcentrer afin de ne perdre aucune information sur la situation.

Roan sortit donc de leur maison et se dirigea vers une pièce où s’étaient installés Cacilda, Johny et Lucas. C’était un petit salon privatif permettant aux Occupants de discuter entre eux, par exemple. Il était modestement meublé de fauteuils confortables et d’étagères remplies de livres ou jeux de société en tout genre. Certaines assises flottantes du Créateur avaient été distribuées dans ce genre d’endroit et c’était sur l’une d’elles que le garçon s’était installé.

À l’arrivée du quarantenaire, Lucas se redressa dans sa bulle bleu ciel.

— Roan, merci d’être venu aussi vite, déclara-t-il.

— Je t’en prie, répondit l’homme. Raconte-moi tout. Qu’est-ce qui t’amène ?

L’intéressé relata la cérémonie d’ouverture, puis l’attaque. Roan ne connaissait pas très bien la fameuse Chloé responsable du carnage, mais sa description lui rappela qu’il l’avait déjà croisée dans les souterrains. Il allait lui demander ce que la criminelle était devenue, ce qu’il en avait fait, lorsque Lucas lâcha :

— Et Louise a disparu.

— Comment ça “ Louise a disparu ” ? s’étrangla Johny.

Le Créateur baissa le regard sur ses mains dont il ne savait pas qu’en faire. Des larmes coulaient silencieusement sur ses joues. Cacilda se leva et vint poser ses doigts sur ceux de Lucas, afin de le calmer.

— Tu veux dire comme les quatre Occupants dans le Grand Théâtre et les deux enfants du dortoir ? essaya-t-elle de comprendre.

Le garçon hocha la tête. L’Entre-Deux avait perdu ses deux dirigeantes, ce qui expliquait qu’il ne restait plus que lui, un jeune homme présent depuis à peine trois ans qui ne connaissait rien à la politique.

— Sais-tu si d’autres personnes ont disparu ? interrogea de nouveau Cacilda, certainement inquiet pour ses amis du dessus.

Lucas haussa les épaules.

— Pourquoi venir nous voir ? demanda alors Roan. Pourquoi ne pas t’être adressé aux Grands Occupants ?

Son interlocuteur leva enfin son regard clair vers le quarantenaire. Il semblait dévasté et complètement perdu. L’ancien marchand eut pitié de lui à cet instant. Lucas renifla et s’essuya le nez d’un revers de manche. Il paraissait si jeune, si égaré, si seul. Comment allait-il gérer cette situation ? Cela se présentait impossible, imagina Roan.

— Je… Hum, se racla-t-il la gorge. Je pensais que tu pourrais peut-être m’aider. Je ne sais pas vraiment quoi faire. J’ai déjà tant de travail pour essayer de contacter ceux qui ont disparu, je ne peux pas m’occuper également de la direction d’un monde.

L’homme réfléchit un instant. Son regard croisa celui de sa fille. Cacilda hocha la tête afin de lui montrer qu’elle était d’accord, peu importait la décision qu’il prendrait. Johny avait l’air absent, les paupières fermées, mais Roan savait qu’il était en train de demander des nouvelles à ses amis, se rassurant de leur santé et de leur présence dans l’Entre-Deux. Il ouvrit alors les yeux et s’exprima :

— Je viens de discuter avec Tadjou et Hans qui étaient à la cérémonie, expliqua-t-il. Louise est l’unique victime ce qui est soit une bonne soit une mauvaise nouvelle, selon les personnes. Je suis désolé, s’adressa-t-il à Lucas avant de poursuivre. Chloé a été emmenée dans les donjons du château. Je croyais d’ailleurs que vous ne les aviez pas reconstruits, s’étonna le trentenaire.

— Une idée de Louise, soupira le Créateur.

Un lourd silence se fit entre les quatre Occupants. Roan avait pris sa décision. Il communiqua alors avec Isabella afin de la mettre au courant de la situation et d’avoir son approbation.

« Ça ne me plaît pas trop, lui répondit-elle rapidement. Mais je te fais confiance si tu penses que c’est la meilleure solution. Je dois te laisser, Phoenix me regarde bizarrement. »

Roan sourit en imaginant la scène avant de remarquer les yeux inquiets dirigés vers lui. Il se reprit et annonça :

— Je suis d’accord pour t’aider, Lucas. Je suis tout de même persuadé que les Grands Occupants sont aptes à bien faire leur travail, mais je laisse Cacilda t’accompagner au-dessus. Elle représentera les souterrains avec Johny lors du jugement de la jeune fille responsable des attaques. Je compte sur eux pour soutenir notre position et nos valeurs.

***

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Sorryf
Posté le 26/08/2020
Je n'aime pas du tout, mais alors pas du tout voir Conan au commandes du corps de Lucas è.é (même si c'était quand meme grisant, quand ils volent). Je suis soulagée que Lucas ait réussi à reprendre le contrôle, et j'ai un peu peur que ça se reproduise ! depuis quelques chaps Conan est un peu remonté dans mon estime, mais je lui fait toujours absolument pas confiance :x

J'aime bien que Lucas soit allé chercher de l'aide chez ceux du dessous, je les aime bien. J'espère que c'était la bonne décision !

Quand il leur raconte ce qui s'est passé, il termine par "Louise a disparu" j'ai trouvé ça un peu bizarre, c'est l'info qu'il devrait donner en premier, vu que c'est ça qui l'a bouleversé le plus et que c'est l'élément le plus important.

Chloé... je sais pas, j'arrive pas à lui en vouloir :-( j'espere qu'elle va pas finir ses jours (... façon de parler) enfermée dans le donjon
tiyphe
Posté le 26/08/2020
Coucou Sorryf <3

Ton commentaire me fait trop plaisir :3

J'ai bien aimé décrire Conan qui prend contrôle du corps de Lucas ahah ! Mais c'est vrai que pauvre Lucas, ce n'était pas une expérience des plus agréables ! Ouf, Conan s'en rend compte à la fin !

Super si tu aimes le fait que Lucas aille vers Roan, je crois qu'il se sent un peu seul là >< j'sui pas hyper sympa avec lui !

Je note pour ta remarque sur le fait que Louise a disparu, j'y ai pensé d'ailleurs, il va falloir que je développe un peu plus le sentiment de Lucas par rapport à ça, parce qu'il a déjà vu Sibylle disparaître devant lui, je pense que je peux faire un parallèle (que Conan ne comprendrait pas trop du coup ;)).

Ah Chloé ! Ça va être la problématique de Lucas : "j'en fais quoi ??!", source de conflits, de discussions ! Il va falloir que je me renseigne sur les avocats, jury, jurés et cie ;) Imagine un tribunal dans l'Entre-Deux xD !
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