20.En tout honneur

Par Lydasa.
Notes de l’auteur : Coucou,
Je vais réduire mon rythme de publication aillant remporter le NaNo je commence a fatigué sérieusement avec un rythme aussi élever. Je vais donc publier tout les deux jours minimum voire trois jours maximum. Je sais ou je vais avec cette histoire et avec ce chapitre il vous restes encore 8 a lire ainsi qu'un épilogue... et... un tome deux en préparation :p

Voilà trois jours que nous avons laissé l’île du crâne. Plus de trois jours que cette bataille, qui a laissé des traces dans le cœur de chacun d’entre nous, a eus lieu. Depuis je peux voir le regard bienveillant des membres de l’équipage se poser sur moi. Ils m’ont accepté parmi eux, ils se sont battus pour moi et aujourd’hui aux yeux de tous je suis officiellement un membre du Faucheur sombre, tout comme Elias et Grégoire. J’ai aussi remarqué que Conrad et Elias étaient encore plus fourrés ensemble.

 

— C’est moi ou Elias et Conrad… murmure Samuel.

— J’ai l’impression, répondis-je

— Elias a dormi dans sa cabine la nuit dernière, enchaine Grégoire.

 

On se tourne vers lui en même temps avec un sourire aux lèvres. Samuel bombe le torse en gloussant.

 

— Je vais aller cuisiner mon second ! Faite de même avec votre petit copain, ricane le capitaine.

— Tu es une vraie commère ma parole ? Gloussais-je.

— Disons que c’est juste la première fois que Conrad a un… coup de cœur. Il n’est pas du genre à… se poser alors que leur petite amourette dure depuis plus de trois jours est quelque chose d’exceptionnel.

 

On voit alors Samuel partir avec un grand sourire, ce qui décrédibilise le côté pirate sanguinaire. J’ai un rire amusé, un peu de joie sur le navire fait du bien après les derniers évènements de la semaine. Je regarde Grégoire, il me fait un grand sourire avant de me prendre par les épaules et de me faire une accolade virile.

 

— Bon écouter Raphaël, moi je préfère les femmes alors essaie pas de me coller à Marvine ou le vieux Jacobs.

— Je croyais que tu m’aimais ?

— Ouais, mais tu seras le seul mec dont je serais tombé amoureux. Je me trouverais bien une petite femme un de ces jours qui me fera une ribambelle de gamins.

— Si c’est le cas ne me demande jamais de les garder je n’aime pas les gosses, ricanais-je.

 

Il y a cependant un ombre à ce beau tableau. Alors que je regarde les membres de l’équipage, mes yeux se posent sur les prisonniers. Mes anciens frères d’armes, toujours un boulet à la cheville ils sont en train de récurer le pont. Je déglutis, arrêtant de rire, car l’un d’eux me lance un regard des plus sombre. Grégoire sent ma gêne et ne met pas longtemps à comprendre lui aussi.

 

— Nous sommes des traitres à leurs yeux… Murmure-t-il.

— Oui. Nous étions des soldats et nous sommes… devenus des hors-la-loi.

— Je ne me considère pas comme hors la loi. Nous sommes peut-être libres sur ce navire, mais nous ne sommes pas des pirates en soi.

— Moi je pense à ma mère, à ce qu’elle doit traverser actuellement à me croire mort.

 

Un silence s’installe, lui aussi ses parents doivent le penser mort. Il avait aussi une petite sœur qui n’avait que cinq ans, elle ne doit pas comprendre que son grand frère est parti pour ne jamais revenir.

 

— Samuel m’a dit qu’il nous fera accoster sur une ville portuaire un peu plus loin que la nôtre, tu pourrais aller voir tes parents comme ça toi aussi. Je suis sûr qu’il ne dira pas non, moi il le fait, car je lui ai demandé pour aller voir ma mère.

— Et je leur dis quoi ? Papa, maman, je suis sur un navire pirate, mais tout va bien…

— Tu n’as pas besoin de leur révéler tous les détails… juste leur montre que tu es toujours en vie.

 

Il me fait un petit sourire, avant de faire un petit oui de la tête. Elias s’approche à ce moment-là de nous, regardant un des prisonniers qui le fusille du regard.

 

— Hey, il y a Samuel qui a sauté du Conrad et qui m’a dit d’aller vous voir, lance-t-il en nous souriant.

— Ouais, il veut cuisiner Conrad pour savoir ce que vous avez fait hier soir dans sa cabine, glousse Grégoire.

 

On voit Elias piquer un phare et devenir extrêmement rouge avant de se mettre à grommeler dans sa barbe. On explose de rire face à sa mimique et on devine parfaitement ce qui s’est passé. Nous contrairement à Samuel, nous lui demanderons aucun détail sur leur câlin sous la couette. On s’approche tous les trois sur le bord du bateau, regardant l’océan. Nous avons finalement eu notre aventure, même si elle n’a pas débuté comme la plus belle des aventures. Nous avons quand même vécu des choses, parfois atroce et parfois super bien. On sait survivre sur une île, se battre contre des pirates et surtout, nous avons su nous faire respecter par des pirates.

 

— Hey les gars ! murmure un des prisonniers qui frotte le pont.

 

On se tourne en cœur vers lui, les sourcils froncés. Il s’approche de nous faisant mine de nettoyer le pont.

 

— Vous avez géré ! Vous avez réussi à gagner leur confiance.

 

Je me sens me décomposer. Certains pensent que nous jouons un jeu, que nous sommes toujours dans notre rôle de soldat. Que toute l’amitié que nous avons construite est qu’une façade pour gagner la confiance de nos ennemis ! Je me sens très mal, je me sens soudainement en porte à faux. Que suis-je sensé faire, reniez mes anciens frères d’armes ? Ou trahir ce qui semble être l’amour d’une vie ? Je baisse la tête, je sens la main de Grégoire dans mon dos me caresser doucement. Il a deviné mon mal être.

 

— Raphaël, avec les autres on se dirait que tu pourrais tenter de voler les clefs ce soir pendant qu’il dort ? Nous sommes censés accoster demain en Bretagne. On… aimerait profiter de ce moment là pour nous éclipser. On en peut plus nous en bas. Ou toi Elias, si ça se trouve Conrad a aussi des clefs… sinon bien jouer de se mettre le capitaine et son second dans la poche. On vous en saura toujours reconnaissance des sacrifices que vous faites pour nous.

 

Je relève les yeux pour regarde Elias, il fixe le mec avec un visage aussi blanc que le mien. Il se tourne vers moi, me regardant puis Grégoire. Tous les deux nous ne savons pas quoi faire, alors j’inspire un grand coup. Nous avons encore une chance de ne pas être des hors-la-loi, mais suis-je prêt à tout mettre en l’air pour sauver mon honneur ?

 

— On va établir un plan, murmurais-je. Mais ils ne doivent pas penser qu’on discute ensemble.

— Oui je comprends, on compte sur vous, dit-il en s’éloignant rapidement tout en nettoyant.

 

Je me retourne vivement, sentant mon estomac vrillé sans que je ne rende son contenu pour autant. Je ne me suis jamais senti aussi mal. Grégoire se penche à côté de moi. Elias n’est pas en meilleur état, complètement perdu dans ses pensées avant de se pencher lui aussi.

 

— On fait quoi ? demande Grégoire.

— Je réfléchis, réplique froidement Elias.

— Hey je n’y suis pour rien moi.

 

Le silence s’installe entre nous, avant que j’inspire un grand coup.

 

— On a qu’à… volé la clef, et faire comme si nous n’étions au courant de rien ? Genre ils se sont simplement enfuis et on n’a rien vu. On prend la clef, ce soir on leur donne dans la matinée, et le soir quand on accoste on reste avec l’équipage, ce qui ne nous implique pas, dis-je.

 

Il relève les yeux vers moi et Elias se met à ricaner.

 

— C’est censé être moi qui ponds les plans, glousse-t-il.

— Ouais, mais voilà c’est juste que d’habitude tu ne nous laisses pas le temps de le faire, répliquais-je.

— Je suis, répond Grégoire, ce plan ne me parait pas si idiot que ça. On se plait sur le Faucheur sombre… et puis comme ça, notre honneur est sauf en soi. Nous ne laissons pas tomber nos anciens frères d’armes et nous pouvons tout de même continuer notre nouvelle vis.

— Pas faux, je vais regarder vite fait dans la cabine de Conrad ce soir, fini par dire Elias.

 

Nous nous regardons avant de faire un signe affirmatif de la tête tous les trois. Mais une voix dans notre dos nous fait sursauter.

 

— Vous complotez quoi les jeunes, glousse Marvine

— Rien, répondons-nous en cœur, ce qui nous fait exploser de rire.

— Dans ce cas Grégoire, j’ai besoin d’un coup de main en cuisine !

 

Il se fait embarquer sans que nous ayons eu le temps de répliquer quoi que ce soit. Ne rejoignons alors Conrad et Samuel qui semble se prendre la tête près de la barre. Pour une histoire d’huile essentielle. Nous les regardons, les bras croisés attendant qu’il se rende compte que nous sommes là. Leur tête quand ils s’en aperçoivent est épique, ils nous font alors un sourire forcé et un rire nerveux.

 

— Pire que des bonnes femmes, lançais-je.

— Des commères qui parlent de soin aux huiles essentielles, renchéries Elias.

— On parle de quel genre de lubrifiant est le mieux, lâche Conrad.

 

Elias devient tout rouge ce qui me fait bien rire. Conrad ne semble pas vraiment avoir de filtre à ce niveau-là ce qui est assez drôle en soi. La journée passe, je sens le regard des prisonniers constamment sur moi, ce qui finit par me stresser pas mal. Jusqu’à ce que finalement le soir je regagne la cabine de mon capitaine. Je me glisse sous les draps avec lui et sans étonnement il ne peut pas se retenir de me sauter dessus. J’adore ce genre de moment, j’adore le sentir toute contre moi, mais j’ai la tête ailleurs malgré que je prenne un pied monumental.

 

— Tu es avec moi ?

 

J’ouvre les yeux, les écarquillant légèrement pour le regarder au-dessus de moi immobile.

 

— Oui pourquoi ?

— Bah… tu ne sembles pas aussi réceptif à ce que je te fais que d’habitude, fronce-t-il des sourcils. Dis-le si tu ne veux pas, je n’ai pas envie de te forcer, tu sais.

— Non continue… je… suis juste un peu plus fatigué que d’habitude, murmurais-je.

 

J’ai peur qu’il stoppe tout et qu’il se vexe, alors je donne tout ce que j’ai venant l’embrasser plus intensément. Heureusement cela semble fonctionner et on est repartie dans notre câlin. On finit par s’écrouler l’un et l’autre, je manque même de m’endormir bercer par le souffle régulier de son sommeil. Je me dégage doucement sans le réveiller. J’ai mal au ventre, ce que je vais faire c’est trahir la confiance de Samuel et je n’aime vraiment pas cette idée. Je commence à chercher sans faire un seul bruit, ouvrant les tiroirs avant de finalement trouver ce que je chercher. Le trousseau de clefs de la cale. Je sais que Marvine s’occupe de libérer les prisonniers pour les faire travailler et qu’il a un double. Alors Samuel ne soupçonnera pas que les clefs se soit fait dérober.

 

Je les cache dans une des poches de ma chemise avant de finalement revenir me coucher confortablement. Je n’ai malheureusement pas réussi à fermer l’œil de la nuit. Bien trop stressé par ce que je venais de faire. Je me sentais vraiment horrible de faire ça, comme il y a quelque semaine quand j’avais cédé aux avances de Samuel. Je me trouvais le cul entre deux chaises. Mon honneur de jeune recru de l’armée, et mon amour pour ceux du Faucheur sombre. J’avais appris à les connaitre, à savoir qu’ils étaient devenus ainsi à cause d’une raison bien précis. L’armée avait ses bons côtés, représentant la loi et la main du roi, mais elle faisait des erreurs comme pour le père de Samuel.

 

J’avais aussi peur d’une chose, c’est que je sois déclaré hors la loi. Que deviendrait ma mère ? Elle verrait la honte lui tomber sur les épaules, son fils étant devenu un moins que rien. Un pirate alors qu’il avait été formé pour les combattre. J’avais justement peur que l’armée la condamne pour être simplement ma mère. J’espère que lorsqu’ils seront libres ils raconteront aux autorités que nous les avons aidés, mais que nous sommes plus ou moins retenus de force. J’ai soudainement peur de tellement de choses qui pourraient arriver, pas pour moi, mais pour ma mère. C’est donc en cogitant à tout cela, que je n’ai même pas vu que le soleil se levait déjà.

 

— Tu n’as pas dormi, murmure la voix de Samuel.

 

Je me retourne, j’étais assis sur le bord du lit à regarder par les fenêtres, sans vraiment voir le jour.

 

— Si, un peu. Mais j’ai fait un cauchemar.

 

Il vient dans mon dos et m’entoure de ses bras amoureusement, venant m’embrasser dans la nuque. Cela me fait frissonner, fermant les yeux pour apprécier cette douce attention.

 

— Ce n’était qu’un cauchemar, me dit-il.

— Oui je sais, je dormirais mieux ce soir.

 

Peut-être pas, tout dépendra de comment les choses vont se dérouler ce soir. Car ce soir nous accostons sur le continent, les prisonniers auront les clefs et profiteront de ce moment pour s’échapper. J’espère qu’ils ne tueront personne, qu’ils vont miser sur la discrétion de leur évasion. Nous rejoignons alors le reste de l’équipage pour prendre le petit déjeuner avec eux, Elias et Grégoire me regardent en coin, je leur fais un sourire significatif et il comprenne que j’ai réussie à obtenir les clefs. Quelques heures plus tard comme à notre habitude on se rejoint sur un bord du navire tourner vers l’océan.

 

— J’ai le trousseau, murmurais-je.

— Donne-les-moi, me répond Grégoire, comme ça, ils ne te choperont pas avec.

— Mais si c’est toi qu’ils chopent ?

— Moi c’est moins grave, je n’ai rien à perdre a par ma liberté sur le navire. Vous deux vous avez beaucoup plus à perdre.

 

Je déglutis, il est prêt à prendre le risque à notre place. Grégoire est de ceux qui se sacrifie pour ce qui lui tiens le plus à cœur, et dans son cas c’est notre amitié a tous les deux. Je regarde Elias qui me fait un signe affirmatif de la tête. Je lui donne alors discrètement les clefs, il les met dans sa veste avant de retourner en cuisine aider Marvine. Je reste un peu avec Elias me torturant les mains, il posa la sienne sur mon épaule pour me calmer.

 

— Hey… ça va bien se passer, me dit-il avec un beau sourire.

— La dernière fois, ça ne s’est pas vraiment bien passé au contraire.

— Oui, mais les conditions étaient totalement différentes. Aujourd’hui… on a changé de camps.

— Oui, je ne sais pas en fait. Je ne sais pas si je suis vraiment prêt à tout sacrifier pour lui tu voies.

— C’est par ce que c’est le début de votre relation. En tout cas lui… a été prêt à tout pour toi, ne l’oublie pas.

 

C’est vrai cette bataille, la mort de Roberto, il a fait tout ça pour moi. C’est pour ça que je me sens si mal à le trahir, car c’est une trahison à donner les clefs pour que les prisonniers s’enfuient. Mais ils sont aussi mes anciens frères d’armes. C’est un dilemme bien trop lourd pour mes pensées.

 

— TERRE EN VUE A BÂBORD !

 

De cœur nous nous tournons pour voir la côte française se dessiner au loin. Je sens mon stress monter encore plus. Ce qui serait parfait c’est qu’ils se rendent compte que les prisonniers se sont échappés quand nous serons loin en mer ? Cela serait vraiment parfait. Samuel s’approche de nous et m’attrape possesivement par la taille pour me coller à lui. Il pose sur ma tête un tricorne en cuir. Je le regarde avec de grands yeux ne comprenant pas.

 

— Ça fait un moment que je l’ai acheté, je voulais te l’offrir… bien avant tout ça. Maintenant c’est chose faite, tu ne vas pas te balader en ville la tête nue tout de même, glousse mon beau capitaine.

— Merci, Samuel, il est tellement magnifique.

 

Il me vole un baiser avant de regagner la barre avec Conrad. En une heure à peine nous atteignons la côte avant de nous accoster aux quais à côté d’autre navire, plus ou moins imposant. Nous avons bien sûr replié l’étendard, pour ne pas hurler sur tous les toits que le Faucheur sombre est un navire pirate. Le bateau enfin solidement attacher, Samuel saute sur le pont le bras en l’air.

 

— Quartier libre pour tout le monde ! On fait un roulement moi et Conrad alors ne vous inquiétez pas !

 

Tout le monde semble ravi, il s’approche de moi, me prenant par la main il m’entraine vers la planche pour descendre du navire. Les pieds sur le quai je ressens une sensation vraiment étrange. Le sol ne bouge plus sous mes pieds, mais j’ai cette impression encore plus forte que sur le navire.

 

— Ça me fait bizarre murmurais-je.

— Oui ça fait un moment que nous sommes en mer, ça fait toujours un peu cette sensation. Bon aller je t’amène déjeuner dans un restaurant, j’ai envie de t’offrir un bon repas, juste tous les deux.

 

Son sourire me fait fondre, me faisant oublier immédiatement ce qui se trame en cale. Car oui je le sais ce qui se passe, les prisonniers se préparer à faire rapidement et discrètement. Je suis mon beau capitaine dans les rues de cette petite ville bretonne. J’aime beaucoup le style des maisons en pierre, il y a des femmes avec des tenus étranges qui se promènent, mais j’ai l’impression d’être revenu chez moi. Je m’attends presque à croiser ma mère dans un tournant d’une ruelle. Mais il va falloir descendre un peu plus vers l’Espagne pour arriver chez moi.

 

J’ai l’impression que Samuel connaît très bien cette petite ville, il sait parfaitement où il va. Nous arrivons dans une petite rue qui ne semble pas vraiment aussi riche que le reste. Nous entrons dans ce qui semble être une vieille chaumière délabrée. Mais une fois à l’intérieur je m’y sens étrangement bien. Une petite vieille vient prendre notre commande, la patronne et cuisinière de l’établissement. Quand elle nous apporte deux galettes complètes, je goute une boucher avant de lâcher un soupire satisfait. Je n’ai jamais aussi bien mangé depuis très longtemps, cette petite vieille est une cuisinière en or. Je ne le dirais pas à ma mère, mais elle semble cuisiner bien mieux qu’elle. J’ai un grand sourire et Samuel semble lui aussi aux anges.

Vous devez être connecté pour laisser un commentaire.
Vous lisez