20 Août 21h10

Par Hylm
Notes de l’auteur : Un escroc dit aussi que "les humains ne veulent pas la vérité, ils veulent la certitude que ce qu'ils pensent est vrai", ou encore "Le faux a plus de valeur que la vérité dans son essai délibéré d'être vrai". Même si ça sonne très bien, je pense qu'une seule de ces citations est vraie, et j'en suis certain.

20 Août 21h10

 

La nuit peut être pénible en ville, même loin des principales routes, c'est pourquoi vers 21h10, Dante Vincent de son vrai nom, est réveillé. Je n'entends pas qu'un bruit soudain l'a tiré de son sommeil, mais bien qu'il n'arrive pas à fermer l’œil. Pourtant ce n'est pas faute d'avoir essayé, il a changé de position, fait de la méditation, bu environ l'équivalent du lac du Loch Ness en « petit verre d'eau après je vais dormir » - le fait que tous aient été des verres d'eau reste à vérifier cependant- même les somnifères ne semblent pas agir. Sa situation est compréhensible, à vrai dire il se passe beaucoup de choses pendant ce temps-là dans l’hôtel et les voisins font un peu de bruit certes... C'est pourquoi il décide que quittes à être réveillé, autant qu'il aille gueuler un bon coup auprès de ses voisins pour le bruit qu'ils font, au moins ça le confortera que s'il n'arrive pas à dormir, et bien ça ne sera pas de sa faute.

Il sort donc dans le couloir en tenue de nuit (un magnifique pyjama rayé bleu et gris au passage) et garde même son petit bonnet de nuit, offert par sa grand-mère pour ses 40 ans. Quelle ne fut pas sa surprise de croiser en sortant de sa chambre une jeune fille tout en manteau et avec sa capuche sur la tête malgré le fait qu'on soit en intérieur et qu'en Août on ne garde pas un grand manteau, en intérieur ou pas.

« Que faites-vous jeune fille ? Je n'arrive pas à trouver le sommeil avec tout ce bruit. Tiens donc mais c'est un bien grand sac que vous avez-là !

-Oh je suis navré monsieur, toutes mes excuses je ne voulais pas vous réveiller, je vous assure que j'ai fait de mon mieux pour ne pas faire trop de bruit...

-Vous m'avez l'air pâle comme un linge, seriez-vous malade ?

-Oh non pas du tout ! Enfin si mais pas maintenant en particulier, enfin je veux dire... Je suis atteinte d'intolérance aux UV depuis ma naissance, c'est pourquoi je dois garder ce manteau tout le temps et que ma peau est aussi pâle...

-Je vois, vous me rassurez. »

Cette discussion avait eu le mérite de calmer M.Vincent. Maintenant ce n'était plus la colère mais la compassion qui le tenait éveillé, car il faut bien le dire, même quand on est un grand patron responsable de la faillite et/ou de la disparition de plusieurs autres entreprises, salariés compris, on ne reste pas insensible à une jeune fille blonde chétive, pâle comme la craie qui essaye tant bien que mal de porter un sac trop lourd pour elle.

« Avez-vous besoin d'aide jeune fille ?

-Ne vous en faites pas monsieur je suis sûre de pouvoir me débrouiller toute seule, laissez-moi juste le temps de reprendre mes forces et vous allez voir... »

S’ensuit un effort aussi ridicule qu'adorable de la part de la jeune fille pour soulever le grand sac.

« Allons ne faites pas l'enfant, je vais m'en charger, on ne dirait pas mais je vais régulièrement faire du sport avec mon secrétaire, il faut bien s'entretenir ! Allez donnez-moi ça...Humf ! Ma pauvre amie, vous n'aviez aucune chance, ce sac est beaucoup trop lourd pour une frêle jeune femme comme vous !

-Merci monsieur ! Je ne sais comment vous remercier, je vous réveille puis je vous fais porter mon sac, ce n'est pas correct...

-Ahahah, c'est tout naturel, il faut s'entraider dans la vie »

Essayant de cacher tant bien que mal que le sac est plus lourd qu’un âne mort, M. Vincent relance la discussion. La suite traîne et n'est pas réellement intéressante, à base de 'et votre famille ?' ou de 'il fait chaud non ?' et autres banalités. M. Vincent était alors fier de lui et n'hésitait pas à montrer l'étendue de sa force, ne se plaignant jamais du poids du sac, malgré le fait qu'à son âge on ne porte pas de charges aussi lourdes sans précautions.

« Vous voilà arrivée madame, ce chariot devrait vous faciliter la tâche à l’extérieur à partir de maintenant, y'a-t-il autre chose que je puisse faire pour vous ?

-Non c'était déjà très gentil de votre part. Je vous souhaite une bonne nuit, grâce à vous je devrais arriver chez mon père à temps.

-Transmettez-lui mes salutations et félicitations d'avoir une jeune fille aussi bien élevée, mais rappelez-lui qu'il ne devrait pas imposer de tâches aussi fatigantes à une personne de votre âge.

-Je n'y manquerai pas ! Bonne soirée ! »

La jeune fille part alors en utilisant le chariot tandis que M. Vincent, fier de sa bonne action s'autorise un repos mérité dans un fauteuil de l'entrée de l’hôtel. Il lutte pour ne pas s'endormir ici, et en conclue qu'il est temps d'aller dormir pour de bon. Il repense à combien il a été utile à la jeune fille en manteau, et combien cet effort lui sera valorisé avec un sommeil réparateur bien mérité. Il se lève et se dirige vers les escaliers quand le duo de jeunes hommes qui avaient reconduits mademoiselle Evelyne Vincent à sa chambre rentrent. Il les salue et eux font de même. Ils lui demandent ensuite où se trouve le gérant de l'hôtel, ce à quoi il leur répond qu'il n'en sait rien mais qu'il a croisé le jeune employé à l'accueil il y a 10 min. Il referme la porte de sa chambre et s’allonge dans le lit.

Ainsi se conclut la nuit de M. Dante, bien loin des tracas des petits gens qu'il a aidé et il sombre dans un sommeil profond. Pendant 2 heures environ, avant d'être réveillé par quelqu'un frappant à la porte.

 

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