2. Vol de minuit

Je m’étais souvent posée beaucoup de questions concernant le chat de Mamy’Riam. Pouvait-il utiliser la maga pour se déplacer ou était-il simplement très rapide ?

Les nombreux passages dans les portes de la maison allaient dans le sens de cette dernière possibilité mais quelquefois le doute me prenait.

S’appelait-il “Mister M“ ou “Mysterem“ ?

Peut-être que son nom en entier était Mr Mysterem mais que les gens suivant leur affinité avec lui l’appelé “Mister M“ ou “Mysterem“. Personnellement, je l’appelais toujours Mysterem…Sauf quand le bougre traversait orgueilleusement les couloirs tel un roi dans son château, là, je me permettais de le surnommer sarcastiquement Mister M.

Petite, je me demandais même si sa race s’écrivait “chat-nu-vert“ pour faire référence à la peau vert pale qu’il cachait sous ses longs poils.

Bien évidement j’avais tort, “chanuvers“ s’écrivait comme ça et cela avait pour volonté de faire référence aux motifs de galaxie présents sur son pelage.

Il y avait cependant un point par rapport ce chat sur lequel je n’avais jamais douté : j’étais affreusement allergique à ses poils qu’en fervent cousin de l’angora, il laissait tomber un peu partout.

— Atchoum ! lâchai-je bruyamment en passant par la trappe de l’animal.

— Chut ! Tu vas réveiller quelqu’un ! m’indiqua Mathéo qui était passé en premier.

Sérieusement ?

Apparemment pas au vu du sourire qui éclairait à présent son visage. Soupirant blasée, je lui donnais un petit coup d’épaule avant de le dépasser pour allumer la lumière et contempler un peu mieux le bureau de tante Elise…si bien sûr, on pouvait le nommer ainsi. A vrai dire, l’appellation de débarra aurait été plus approprié. A peine plus grand qu’un cagibi, la pièce n’avait aucune fenêtre et le peu d’espace disponible se voyait ronger par une immense armoire en acajou ainsi que deux bibliothèques murales. Il n’y avait pas non plus de meuble de bureau si on exceptait la chaise en paille accroché au-dessus de nos têtes tel une épée de Damoclès qui semblait servir d’abat-jour à la pauvre petite ampoule nue et grésillente.

— Alors on fait quoi ? On prend chacun un livre et on repart ? demandai-je en essayant de déchiffrer les titres des bouquins poussiéreux qui s’étalaient sur les étagères de la bibliothèque.

— Non, ça serait trop facile ! me répondit-il.

— Et ?

— Si c’est trop facile, les jumeaux ne nous accorderont pas le point.

J’allais lui faire remarquer que ce bizu… rite de passage n’avait jamais vraiment eu de règles. A la base, c’était Mégane qui avait défié les jumeaux Medfan de chiper un truc aux adultes avant leur rentrée à Sterrafanto pour prouver qu’ils étaient capables de faire un truc osé sans maga. Personne ne savait si ma cousine avait dû elle-aussi se prêter à l’exercice et à vrai dire tout le monde semblait s’en moquer. Peut-être que c’était à moi de lâcher du lest dans cette histoire.

— Et ça ? me questionna Mathéo en me désignant une babiole.

L’objet ­ une goutte de métal flottant dans une cloche en verre et attaché à un cordon, lui-même accroché à un socle par un clou ­ semblait à première vue n’être qu’un simple cale-livre quelque peu original. Néanmoins, le pavé posé dessus et le fait que ladite goutte soit collé contre la cloche indiquait qu’il ne s’agissait pas d’une décoration acheter Camyrax.

— Laisse tomber ! lui indiquai-je. La goutte en métal, ça doit être un gadget à Aïdan, ma tante a dû lui confisquer. On va avoir l’air malin si on lui ramène.

— Exact ! valida-t-il en jetant un rapide regard circulaire à la pièce. Y a vraiment rien à piquer ici.

En effet.

Je jetais à mon tour, un regard à la pièce espérant peut-être trouver un objet précieux qui aurait échappé à mon cousin quand mes yeux se posèrent sur…

— L’armoire ! m’écriai-je presque.

— Elle doit certainement être vide, me rappela platement Mathéo. Tu te souviens, la faille que vous utilisez pour aller de Paris à ici passe derrière.

— Oui ben justement c’est un passage pour Paris et pour l’autre bureau de ma tante, déclarai-je en ouvrant l’armoire.

Comme je m’y attendait, il se dessinait dans le fond, l’entrée d’un véritable bureau avec une chaise à roulette et un secrétaire sur lequel s’entassaient des papiers.

— Tu sais que t’es géniale, toi ? déclara Mathéo en commençant à rentrer dans l’armoire avant de rester bloquer à la limite de la nouvelle pièce.

Levant la tête, nous pûmes ensemble découvrir la magnifique pierre Blenk qui en créant un chant de force, nous empêchait de traverser jusqu’à l’autre bureau de tante Elise. Mathéo laissa alors tomber son regard sur moi : apparemment, il retirait intérieurement tout ce qu’il venait de dire sur mon génie. Ne voulant pas totalement perdre la face, je déclarai :

— On a qu’à enlever la pierre Blenk !

— Et tu sais faire ça, toi ? questionna mon cousin, dubitatif.

— Oui.

En fait, j’avais surtout vu Mégane le faire sur l’autre passage pour aller en douce à une fête se trouvant à Avamaga alors qu’elle devait rester à l’appartement de Paris. Mais si elle y arrivait, cela ne devait pas être si compliqué. Le dispositif pour maintenir la pierre en l’air semblait un différent de celui présent à l’autre passage mais ce n’était en aucun cas un obstacle insurmontable. Ayant finit d’analyser, le dispositif, je pus découvrir que mon cousin me regardait toujours avec suspicion.

Merci, la confiance règne !

— Aller, fais-moi la courte échelle ! finis-je par déclarer en commençant à monter sur les étagères de la bibliothèque.

S’avançant en marmonnant dans sa barbe, Mathéo tendit néanmoins ses mains pour que je puisse prendre appui dessus.

— T’es lourde ! commenta-t-il quand j’eus enfin posé mes pieds dans ses paumes.

— Et toi, tu me déconcentre, lui répondis-je, vexée.

Bon maintenant, à nous deux, pierre Blenk !

J’allais tenter de la récupérer mais aussitôt un fourmillement familier parcourut mon corps. Secouant vigoureusement les bras, je tentais de m’en débarrasser, en vain.

— A quoi tu joues ? Pourquoi tu bouges autant ? râla mon cousin.

— Une araignée, mentis-je alors que le fourmillement devenait de plus en plus important.

Pas maintenant ! C’est vraiment pas le moment !

Stressée, je finis par triturer ma mèche blanche mais soudainement dans mes mains, elle se mit à s’illuminer. Complétement surprise et déstabilisée, je finis par tomber en avant sur le champ de force. Je remontais alors mes mains pour essayer d’attraper la pierre. J’avais enfin réussi à la toucher quand le champ de force disparut me faisant complétement tomber et entrainant Mathéo avec moi dans ma chute.

Aïe !

AÏE !

Et certainement encore mille fois aïe.

Je ne saignais nulle part, je n’avais apparemment rien cassé, une bosse allait certainement apparaitre sur ma tête d’ici demain comme de nombreux petits bleus. Rien de grave en somme.

Mais qu’est-ce que ça faisait mal !

Mon action n’avait apparemment pas été vaine car m’aidant à me relever Mathéo s’exclama :

— Le champ de force a disparu, on peut passer ! Comment t’as fait ?

— Je sais pas, admis-je encore éberluée en m’avançant dans l’autre bureau de tante Elise.

Bien plus grande que la première pièce, celle-ci méritait vraiment l’appellation de bureau. Elle aussi avait ses murs rongés par des étagères murales (dont certaines remplies de livres) et une grande armoire (d’où je sortais). Mais cette fois-ci, cela n’allait pas aux détriments de son apparence. Même la fenêtre donnant pourtant sur l’immeuble d’en face n’arrivait pas à l’assombrir. Comme pour nous aider dans notre entreprise qui avait déjà été assez fastidieuse comme cela, un rayon de lune tombait pile sur un miroir transpatial qui le réfléchissant illuminait la pièce.

— Par quoi on commence ? me demanda alors mon cousin.

— Toi, tu fais les cartons rangés dans sur les étagères et moi le secrétaire ? proposai-je aussitôt.

— Oki, répondit-il en partant accomplir sa tâche tandis que je m’occuper du secrétaire.

L’ouvrant, je découvris un pot à crayon, quelques feuilles d’impôt et l’ordinateur de ma tante. Mes yeux lorgnèrent plusieurs longues secondes sur l’appareil. Si je le ramenais à Sarah et Aïdan, j’étais sûre d’être admirée et félicitée. Mais si je le prenais et que tante Elise s’en rendait compte, j’étais aussi sûre d’être punie à vie.

Dommage mais le jeu n’en valait clairement pas la chandelle.

— T’en es à où dans tes recherches ? demandais-je alors à Mathéo.

— Rien trouvé de très intéressant, y a un carton avec ton prénom dessus.

— Y a quoi dedans ? questionnai-je sans prendre la peine de me retourner pour aller voir moi-même.

— Une photo de classe de maternelle, gosse mignon, gosse mignon, gosse mignon… Oh, un troll ! Ah non, c’est juste toi, déso.

Il ne me fallait pas beaucoup d’effort pour imaginer le grand sourire qui avait dû s’emparer de son visage.

— Haha, très drôle mais c’est impossible j’étais trop choupie !

— Fais attention, le carton est grand, je peux encore trouver un truc gênant sur toi dedans.

— C’est ça, répliquai-je tandis que mes doigts se tapaient à la poignée d’un tiroir du secrétaire.

L’ouvrant je pus découvrir qu’il s’y trouvait plusieurs affaires que ma tante nous avait confisquer à Mégane et moi au fil des années.

Une véritable caverne d’Ali Baba ! pensai-je en prenant un paquet de bille pour le fourrer dans ma poche de pyjamas.

Je n’allais pas les ramener aux jumeaux techniquement les billes n’appartenait à ma tante mais parmi elles, il y avait un calot, ça valait donc le coup de les prendre…quitte à certainement les laisser dans un coin de ma chambre : j’avais arrêté de jouer aux billes l’année dernière.

Cherchant du toucher d’autres jouets que je pourrais récupérer mes doigts finirent par se heurter à un petit objet métallique. Le prenant, je découvris à la lumière de la lune qu’il s’agissait d’un médaillon attaché à un lacet de cuire et représentant un serpent doré tournant autour d’un argenté qui lui-même formait un huit allongé.

Enfin quelque chose qu’il pourrait être intéressant de ramener au jumeaux Medfan !

Ce bijou avait l’air bien trop précieux pour que ce ne soit qu’un accessoire fantaisiste que tante Elise aurait confisqué à sa fille.

— Regarde ce que j’ai trouvé ! m’exclamai-je à l’attention de Mathéo en me retournant, bras tendu avec le médaillon suspendu au bout des doitgts.

Je fus malheureusement accueillie par le silence, Mathéo n’était plus là.

Il a certainement dû retourner dans l’autre pièce !

J’allais l’appeler mais aussitôt mon regard se tomba sur le médaillon, au dos du bijou se trouvait des inscriptions. Elles étaient toutes dans une langue qui m’était inconnue mais au milieu de tous ces mots étranges, un se détachait des autres : Cincadya.

Mon prénom.

“Cindy“ n’était que le dimunitif du prénom fantaisiste que l’on m’avait donné à ma naissance.

Mais pourquoi alors mon prénom était-il gravé sur ce collier ?

J’avais dû rester trop longtemps stupéfaite par ma découverte car je fini par entendre la porte du bureau s’ouvrir et avant que je n’ai le temps de faire quoique ce soit, Tante Elise était devant moi, fulminante.

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Edouard PArle
Posté le 13/10/2021
Coucou !
La découverte du mystérieux médaillon est très intéressante et pose pleins de questions. La chute du chapitre est très bonne, j'imagine qu'on va avoir le droit à des explications dans le prochain chapitre.
Quelques remarques :
"pour faire référence à la peau vert pale" -> pâle
"A vrai dire, l’appellation de débarra" -> débarras
"le peu d’espace disponible se voyait ronger" -> rongé
"l’armoire avant de rester bloquer à la limite" -> bloqué
"pierre Blenk qui en créant un chant de force," -> champ de force
"la pierre en l’air semblait un différent" -> un peu différent
"Ayant finit d’analyser, le dispositif," -> ayant fini d'analyser le dispositif,
"tomber et entrainant Mathéo avec" -> entraînant
"tandis que je m’occuper du secrétaire." -> je m'occupais
"que ma tante nous avait confisquer à" -> nous avait confisqués
Un plaisir,
A très bientôt !
Katsia2003
Posté le 13/10/2021
Salut!
Merci pour ta lecture et tes remarques, ça fait plaisir. J'espère que les prochains chapitres te plairont aussi
A bientôt !
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