2. Oncle Vecner

Les vacances d’été touchaient à leur fin. Mavel, peu enthousiaste à l’idée de retourner en classe, s'enfermait peu à peu dans une humeur taciturne. Il se préparait à subir le récit exagéré des aventures de Freddy le jour de la rentrée, et à devoir élaborer de nouvelles stratégies afin d'éviter Paul et sa milice. Pour ne rien arranger, il entrait au lycée, et devrait donc composer avec ce nouvel établissement dont il ignorait tout. Il ne serait peut-être même pas dans la classe de son seul et unique ami, et cette simple hypothèse lui arracha un frisson. Entrer au lycée, cela signifiait redevenir le petit nouveau, dans une école plus grande où se pavanaient sûrement des Paul par dizaines.

Désormais, son radio-réveil indiquait vingt heures. Séparé de l'angoissante rentrée des classes par une simple nuit de sommeil, le garçon paressait, allongé en travers de son lit. Il perdait son regard en l'air, ignorant le plafond, comme s'il cherchait un passage vers un monde meilleur, quelque part au-delà des étoiles. Un monde sans Paul et sans cours d’athlétisme.

De bruyants gargouillis d'estomac le déconcentraient à intervalles réguliers. Il savait que malgré son goût prononcé pour les macaronis au fromage, se resservir plusieurs fois n’était pas un comportement lucide. Mais comme toujours, il avait cédé à la tentation.

Une vibration résonna dans ses tympans. Mavel redressa sa tête brune et fixa son ventre avec insistance. Le bruit venait d’ailleurs, n'est-ce pas ? Impossible que son maigre estomac soit responsable de ce vacarme ! Il tendit l’oreille, et détecta un grincement, suivi du claquement sec d’une porte et de pas précipités. Il se détendit. Ce n’était pas son ventre, voilà qui le rassurait. Barricadé dans sa chambre, il ne parvenait pas à entendre ce qui se racontait en bas, mais il était certain que la personne avec qui sa mère parlait n’était pas Pantoufle. Ni même le gros Gérard, leur voisin du dessous, qui passait parfois se faire dépanner un litre de lait. C’était la voix de son oncle Vecner, qui ne leur avait pas rendu visite depuis des lustres. Mavel bondit de son lit. Oubliée, la digestion chaotique ! Adieu, les voyages mentaux interstellaires ! Il ouvrit sa porte à la volée, et dévala l’escalier à toute vitesse. Dans le salon, il retint sa respiration et observa le couloir qui menait à l'entrée de leur appartement.

Lyra était en présence d’un homme particulièrement agité. Malgré ses cheveux noirs désordonnés et sa barbe de plusieurs jours, Mavel reconnut son oncle. Les yeux de ce dernier balayaient l’appartement, et sa main droite, secouée de tremblements, triturait le verrou. Le garçon amorça un pas dans sa direction, mais s'interrompit. Il se passait quelque chose d'anormal. Vecner se cachait sous une cape grise et un chapeau de feutre, son teint était blafard, et ses cernes marquées. Il ne dégageait rien de l’homme enjoué qui l’amenait tous les étés à l’aventure aux quatre coins de la France. Vecner aperçut son neveu, mais se détourna de lui pour plaquer son oreille contre la porte. Le garçon s'interrogea, inquiet. Que se passait-il ? Lyra se tenait aide comme un piquet, les bras crispés. Elliot, dans l'encadrement de la porte de son bureau, affichait un regard vide, visiblement interrompu en pleine séance de programmation. Vecner finit par se détendre.

‒ On dirait que je les ai semés, déclara-t-il.

Il déposa son chapeau sur le portemanteau, embrassa sa sœur – toujours pétrifiée – sur la joue, puis s’orienta vers le salon. Lorsqu’il parvint à hauteur de Mavel, il lui adressa un large sourire et lui ébouriffa les cheveux.

‒ Salut, bonhomme ! Heureux de te voir ! lança-t-il avec panache.

« Voilà », pensa le garçon. C’était comme ça que son oncle agissait en temps normal.

Ils s'installèrent ensemble au salon. Lyra et Mavel occupaient le canapé, et attendaient le retour de Pantoufle, parti préparer du thé. Pendant ce temps, l’oncle Vecner baissait les stores, les yeux rivés sur les rues alentours. Mavel trouvait son attitude inquiétante. Un sentiment que partageait sa mère, bien plus tendue que d'habitude. Le visiteur revint s’asseoir sur le fauteuil lorsqu’Elliot revint de la cuisine, un plateau dans les mains. Il accepta la tasse que lui tendait son beau-frère, et prit une profonde inspiration.

‒ Je suis désolé de débarquer à l'improviste. Je ressemble à un sans-abri et je suis un peu paranoïaque en ce moment, je ne voulais pas vous effrayer, s'excusa-t-il.

« Raté », songea le jeune homme.

‒ Paranoïaque ? releva Lyra, suspicieuse.

Vecner se mordit la lèvre et passa les doigts dans sa barbe. Mavel sourcilla. 

‒ Où est tante Cléa ? C'est elle qui a des soucis ? s'inquiéta-t-il.

‒ Non mon grand, ta tante se porte comme un charme.

‒ Quel est le problème, dans ce cas ? intervint Elliot.

‒ Ils sont de retour. Ma soeur sait déjà de qui je parle.

Lyra crispa son bras sur l'accoudoir, les yeux écarquillés.

‒ Tu ne veux pas parle de… ? Non ! C'est une mauvaise blague ! 

‒ Le Conclave de l’Oubli est à nouveau actif. Je ne plaisanterais pas à ce sujet, affirma l'oncle Vecner.

Lyra déglutit avec difficulté.

‒ Tu m'avais dit qu'ils étaient hors d'état de nuire ! reprocha-t-elle, les yeux humides.

Vecner écarta les bras en signe d’excuse.

‒ C’est qui le Concl… ? commença Mavel, avant d’être interrompu par sa mère.

‒ Va demander de l’aide, bon sang ! Je suis sûre que Braams saurait quoi faire ! Lui et…

Vecner leva la main pour la stopper dans son élan.

‒ Non ! Lyra, c’est hors de question. Braams fait tout ce qu’il peut pour tenir le Village loin des problèmes depuis vingt ans. Je refuse de l'impliquer.

Mavel se trémoussa sur le canapé. Il ne comprenait pas un traître mot de leur discussion, en revanche, le nom qui venait d'être prononcé lui semblait familier.

‒ Quand vous dites Braams, vous parlez de monsieur Fortesprit ? tenta la garçon.

Surprise, sa mère se tourna dans sa direction. Pantoufle recracha son thé sur la table basse avec plus d’efficacité qu’un arrosage automatique, et Vecner bondit de son siège pour lui saisir l’épaule.

‒ Tu connais Braams ? Comment ? Depuis quand ? le pressa-t-il de répondre.

‒ C'est arrivé l’autre jour, à la benne, je sortais les poubelles et…

L'adolescent s'interrompit. Il ne souhaitait pas évoquer sa mésaventure avec Paul et sa bande. 

‒ Nous avons un peu discuté. Il cherchait quelqu'un, termina-t-il sobrement.

Lyra se leva du canapé pour faire les cent pas, les bras croisés. Son index tapotait sa manche, et elle pinçait les lèvres, comme toujours lorsqu’elle réfléchissait. Mavel commençait à prendre peur. Avait-il bien fait de parler de cette rencontre ? Après quelques secondes, Lyra s’adressa à son frère :

‒ C’est une coïncidence ?

Vecner relâcha son étreinte de l’épaule du garçon, devenue douloureuse.

‒ J’imagine. Braams n’aurait pas contacté Mavel sans te prévenir, Lyra. Il devait ignorer à qui il s’adressait. Mais tu sais comme moi ce que cela signifie. Il a localisé un nouveau Rêveur dans le coin.

Il fit signe à Mavel de se lever.

‒ Tu as remarqué quelque chose d’inhabituel, avant ou après ta rencontre avec monsieur Fortesprit ?

‒ J’ai vu une porte en fer, sur la place. C’est assez commun, une porte, mais je crois que celle-ci n’avait rien à faire là. Enfin, je délire peut-être, j’ai souvent l’esprit ailleurs…

Sa mère lui fit non du doigt, et son oncle imita son geste du chef.

‒ Tu peux voir les Portes ! C’est pour ça que Braams est venu ! Le nouveau Rêveur qu’il a détecté, c’est toi ! Il t’a donné rendez-vous ?

Mavel acquiesça, dérouté. À quel genre d’histoire saugrenue se retrouvait-il mêlé ?

‒ Ce soir après vingt-trois heures, répondit-il. Sur la place Vercingétorix. Pourquoi ?

Vecner exulta, le poing fermé en signe de victoire.

‒ Excellent ! Sœurette, tu permets que j’aie une discussion en privé avec le petit ? Il a… deux ou trois choses à apprendre, si tu vois ce que je veux dire.

La larme à l’œil, elle acquiesça, et se rua vers son fils pour le prendre dans ses bras avec force. Elle le relâcha au bout d’une minute, et renifla bruyamment. Mavel se laissa faire, immobile. Il ne comprenait pas ce qui déclenchait de l'émotion chez sa mère. Elliot entraîna Lyra sur le canapé. Elle se lova contre lui, tandis qu’il la réconfortait et caressait tendrement ses cheveux blonds. Vecner, de son côté, composait du mieux qu’il le pouvait entre un air grave et une joie mal dissimulée. Il invita son neveu à passer devant, et le garçon le conduisit jusqu’à sa chambre d’un pas hésitant. Tout le monde adoptait un comportement absurde. Est-ce qu’il s’était endormi pendant sa digestion ? Cela pouvait être un rêve sans queue ni tête. Ce ne serait pas le premier. Pourtant, tout semblait trop vrai. Au fond, il savait qu’il ne dormait pas, et il trouvait ça effrayant.

Durant plusieurs minutes, qui s'écoulèrent comme des secondes aux yeux de Mavel, l’oncle Vecner partagea avec lui des révélations aussi folles que passionnantes. Dans un autre contexte, Mavel aurait pensé qu'il s'agissait d'une mauvaise blague. Nombreux étaient ceux qui se servaient de son goût pour l’imaginaire, pour lui faire croire des choses insensées, avant de le ramener sur terre d'un rire gras et cruel. Mais ce soir-là, tout était vrai. Son oncle ne se moquait pas de lui. Il ne l'avait d'ailleurs jamais fait. A vrai dire, c'était l'oncle Vecner lui-même qui avait fait naître la passion de Mavel pour les arts de l'esprit, bien des années auparavant.

‒ Je voulais faire de toi un rêveur, souffla-t-il.

Mavel désigna ses étagères et haussa les épaules afin de signifier la réussite de cette entreprise. Mais son oncle se mit à rire.

‒ Je ne parle pas des rêveurs qui observent les nuages dans l'espoir d'y discerner la forme d'un dragon. Il s'agit de quelque chose de plus grand. Je voulais que tu deviennes un Rêveur capable de confronter l'imaginaire et le réel, de les mêler avec aisance, au point de voyager de l'un à l'autre. Je voulais faire de toi un voyageur destiné à sillonner des lieux qui restent inaccessibles au commun des mortels. Comme moi.

‒ Comme toi ? Qu'est-ce que tu veux dire ?

‒ Les Rêveurs, expliqua Vecner, disparaissent totalement du monde réel pour s'aventurer physiquement dans les terres oniriques. 

Il lui narra sa surprise, lorsqu’un homme âgé muni d’une ceinture bardée de fioles, l’avait abordé au camping de la Motte, presque trente ans plus tôt. 

‒ J'avais pris ce type comme un fou, et je me suis enfui. Un peu comme toi lorsque tu as croisé monsieur Fortesprit, quand on y pense, remarqua-t-il.

Seulement, le jeune Vecner avait voulu se barricader dans le bâtiment le plus proche, et avait ouvert la première porte qu’il avait trouvée.

‒ Hasard ou destin, peu importe, il s'agissait d'une porte similaire à celle de que tu as aperçu sur la place Vercingétorix. Une porte qui, en théorie, n'existe pas. Je me suis retrouvé propulsé dans le plan onirique, et  j'ai déduit que, soit le vieil homme aux fioles n'était pas fou, soit nous l'étions tous les deux, conclut-il avec nostalgie.

Mavel souriait, pendu à ses paroles.

‒ Tu as fais quoi, ensuite ?

‒ L'homme aux fioles et d'autres Rêveurs m'ont inscrit à un apprentissage, là-bas, en dehors du monde réel. Ils ont informé mes parents, et j'ai quitté la maison familiale. C'est aussi ce qui t'attend, si tu décides de rejoindre monsieur Fortesprit ce soir.

Le garçon se trouva soudain en proie à la panique. Quitter ses parents ? Ce soir ! Non, c'était bien trop effrayant ! D'un autre côté, si on lui avait proposé, quelques jours plus tôt, de troquer le lycée des Arceaux contre un séjour prolongé dans les rêves, il aurait accepté sans la moindre hésitation. Les sourcils froncés, il réfléchissait à un compromis. Ne pourrait-il pas rentrer à la maison le soir ? Vecner secoua la tête de gauche à droite, l'air navré.

‒ Ce n'est pas moi qui dicte les règles, bonhomme. Depuis toujours, les jeunes qui partent en apprentissage onirique vivent là-bas à plein temps, au moins pendant les années d'études. Mais tu auras des permissions, pour Noël et les vacances d'été !

Mavel pesait le pour et le contre. Son envie contre sa peur. Il avait déjà pris sa décision, mais refusait de la formuler. Il lui restait beaucoup de questions poser à son oncle. Bien assez pour gagner du temps et rassembler le courage qui lui faisait encore défaut.

‒ Donc, si j’ai bien compris, toi et moi, nous sommes des Rêveurs, mais pas maman ni Pantoufle ?

‒ C’est exact, personne dans la famille, si l’on exclut ta tante Cléa, évidemment. Je l’ai rencontrée… là-bas.

‒ Et les Rêveurs ont la faculté de voyager dans… comment tu as appelé ça ?

‒ Le plan onirique.

‒ On y est quand on dort ?

Vecner soupira.

‒ Non, ça me semble évident. Quand tu dors, tu es dans ton lit, tu ne sillonne que ton propre inconscient. Pour accéder à l'imaginaire commun, tu as besoin d’une Porte, et de tes petites jambes.

Mavel déglutit. Il trouvait cette explication à la fois parfaitement logique et excessivement loufoque.

‒ Pourquoi les autres ne voient pas les Portes ? Pourquoi maman et Pantoufle savent tout ça, mais ne peuvent pas faire comme toi ?

‒ Comme nous, corrigea son oncle. Seuls ceux qui ont une imagination foisonnante peuvent voir les Portes et les traverser. En ce qui concerne tes parents, des évènements survenus il y a vingt ans m'ont forcé à leur en toucher quelques mots. C'était un cas particulier. En général, nous gardons le secret, qui nous croirait, de toute façon ?

Mavel acquiesça. Il était déjà stupéfait que ses parents aient accepté de gober ça. D’ailleurs, ce qui avait poussé son oncle à tout leur révéler à l’époque avait-il un lien avec ce qui avait effrayé sa mère plus tôt ?

‒ Il s'est passé quoi, il y a vingt ans ? demanda le garçon.

‒ Ce serait trop long à expliquer ce soir. Mais si tu empruntes la même route que ton vieil oncle, tu l'apprendras très vite !

Il s'interrompit pour observer Mavel.

‒ A moins, bien sûr, que tu ne préfères découvrir les palpitants mystères du lycée des Arceaux ? Qui suis-je pour te juger…

Mavel ne fut pas dupe, et perçut l'ironie qui dégoulinait de chacun de ces derniers mots. Il fusilla son oncle du regard, puis reprit la discussion.

‒ Monsieur Fortesprit dirige une sorte d’école ?

‒ Il dirige la Confrérie des Rêves, pour être précis. C’est une alliance de Rêveurs regroupés dans un lieu que l'on surnomme "le Village". Et, à l’heure actuelle, c’est là-bas qu’est dispensé le meilleur enseignement ! Mais il t’expliquerait ça mieux que moi.

Vecner se leva du lit de son neveu et inspecta la pièce. Le bureau du jeune homme attira son attention. Il souleva une feuille vierge et un crayon. En dessous se cachait un croquis dessiné de la main de Mavel, qui représentait une créature informe, munie de multiples tentacules, et dont la gueule béante dévoilait plusieurs rangées de crocs acérés. Malgré le trait hésitant et indélicat, le monstre d'ombre et de fumée demeurait effrayant.

‒ C’est toi qui as imaginé cette chose ?

Mavel acquiesça d’un signe de tête distrait.

‒ J’espère ne pas le croiser sur le plan onirique, il n’a pas l’air commode, commenta Vecner en esquissant un léger sourire.

Mavel fut incapable de savoir s’il était sérieux. Les endroits auxquels accédaient les Rêveurs abritaient-ils des choses dans ce genre ? Après tout, elles existaient par le biais de l’imaginaire et des rêves des gens, alors, s’il suivait le peu de logique qui persistait encore dans son esprit troublé, cela semblait fort probable.

Vecner s’intéressait désormais au tiroir. Il en retira un cahier de vacances vert foncé. Les deux complices échangèrent un regard empreint de nostalgie. C’était l’un des souvenirs de leurs aventures d’été aux quatre coins du pays. Il comportait des dessins, des photos, et des récits embellis à propos de leurs journées. Son oncle n’eut cependant pas le loisir de l’ouvrir. Au salon, la sonnerie du téléphone retentissait. Vecner fila vers l’escalier à toute vitesse. Mavel referma son tiroir, et le suivit.

Le combiné entre les mains, Vecner avait repris son air grave. Lyra et Elliot qui, toujours sur le canapé, s’étaient redressés, intrigués. L’appel fut si bref que lorsque Mavel arriva au pied de l'escalier, Vecner reposait déjà le téléphone.

‒ C’était Cléa, annonça son oncle. Le Conclave est en route, elle a reconnu leurs agents près de la gare. Nous n'avons plus beaucoup de temps.

Il porta sa main dans sa barbe, et commença à se ronger les ongles. Mavel sentit lui aussi la peur ressurgir au creux de son ventre. Soudain, Lyra se leva, et hurla sur son frère :

‒ Mais tu vas nous dire pourquoi ils comptent débarquer chez nous, bon sang ?!

‒ Ils ont commencé par me retrouver, moi. La semaine dernière, ils sont venus me cambrioler.

Mavel remarque que sa mère était devenue livide.

‒ Ils t'ont volé l'Artefact ? parvint-elle à articuler.

Son frère indiqua que non.

‒ Ils venaient pour ça, mais ils n'ont rien trouvé. Logique, puisque je ne l'ai plus depuis des années.

Elliot fronça les sourcils.

‒ Qu'est-ce que tu veux dire ?

‒ Qu'il est ici depuis tout ce temps, annonça Vecner.

Les tempes de Lyra se teintèrent de rouge.

‒ Cet objet de malheure est… CHEZ NOUS ? cracha-t-elle, folle de rage.

Elle approcha de son frère, et pointa son index sur sa poitrine.

‒ Donne-moi une seule bonne raison de ne pas te flanquer dehors !

L'oncle Vecner affichait désormais un air coupable. Il ressemblait à un petit garçon après une remontrance.

‒ Ecoute, Lyra, à l'époque, il n'y avait pas de danger, alors j'ai…

‒ UNE - SEULE - BONNE - RAISON ! répéta-t-elle d'un ton menaçant.

‒ Je sais comment arranger ça.

La mère de Mavel se radoucit quelque peu. Elle recula d'un pas, et croisa ses bras sur sa poitrine.

‒ Bien, je t'écoute.

L'oncle Vecner fit signe à Mavel d'approcher. Ce dernier était resté au pied des marches, tétanisé, pendant toute la durée de l'échange.

‒ Tu as toujours le collier porte-bonheur que je t'ai confié lors de notre séjour en Auvergne ?

Le garçon acquiesça et sorti le vieux dé des plis de son t-shirt.

‒ Oui, il est là, pourquoi ?

‒ Parce que c'est l'Artefact dont nous parlons.

Cette fois, une véritable dispute éclata. Lyra, appuyée par Elliot, incendia son frère. Comment avait-il osé confier un objet dangereux à un enfant ? Et si le Conclave de l'Oubli s'en était pris à lui avant ? Ou qu'il l'avait perdu ? Mavel n'avait jamais vu ses parents aussi furieux. Vecner encaissa les attaques sans mot dire. Lorsque Lyra interrompit son flot d'injures et se détourna de lui, il plaida coupable.

‒ C'était irresponsable de ma part, je ne le nierais pas. Je n'imaginais pas que le Conclave reviendrait d'entre les morts. Je suppose que j'espérais même que Mavel l'égare un jour, pour que notre famille soit débarassée de ce fardeau. Mais aujourd'hui, nous en sommes là. L'Artefact est en sa possession, et le Conclave va chercher à s'en emparer.

Submergée par ses émotions, Lyra éclata en sanglots.

‒ Alors reprends ce foutu pendentif, et disparais ! supplia-t-elle.

‒ Je ne peux pas, avoua Vecner. Les hautes sphères du Rêve font la sourde oreille. Je suis le seul à me dresser contre le Conclave. Mavel doit garder l'Artefact.

‒ Tu veux le faire tuer ? Pitié, Vecner, reprends-toi !

‒ Il ne lui arrivera rien. Ce soir, il rejoindra Braams. Il sera sous la protection de la Confrérie des Rêves, au Village. Pendant ce temps, je reste avec toi et Elliot, le temps que le Conclave se désintéresse de vous.

‒ Et ensuite ?

‒ Ensuite, avec Cléa, nous tiendrons la promesse que nous nous sommes faite il y a vingt ans. Nous partirons en chasse des membres de cette organisation pour l'éradiquer, une fois pour toutes.

Mavel, bras ballants, fixait son oncle. La colère et la peur de sa mère s'emparaient de lui peu à peu, et les questions se bousculaient dans sa tête.

‒ C'est quoi l'histoire autour de ce pendentif ? Et c'est qui, ce Conclave ? demanda-t-il.

‒ Si je rentrais dans le détail maintenant, tu n’y comprendrais rien.

Mavel répondit par une moue déçue. Il espérait un peu plus d'informations.

‒ C’est dangereux, ce truc ? demanda-t-il en inspectant le dé suspendu à son cou plus précautionneusement que d'habitude.

‒ Ça ne va pas exploser, si c’est ta question. Entre de mauvaises mains, et si des conditions bien précises sont réunies, il peut se montrer dévastateur. Mais en l’état, tu ne risques rien. Ce n’est qu’un dé accroché à une ficelle.

Mavel remarqua que son oncle choisissait ses mots avec soin, afin d'éluder certains détails et ne pas lui donner trop d'informations au sujet du Dé.

‒ Je dois en faire quoi, alors ?.

Lyra attrapa un mouchoir dans la boîte posée sur la commode, près du téléphone, et renifla bruyamment. 

‒ Le garder avec toi, rien de plus, expliqua Vecner.

‒ Ces gens qui cherchent l'Artefact, ils ne feront pas de mal à maman et papa ?

‒ Je ne le permettrais pas, promit Vecner.

Mavel fit le vide dans sa tête pour balayer de force ses peurs et ses doutes. Sa mère approcha et le prit tendrement dans ses bras. Elle toucha le Dé de ses doigts fins, et refit passer le collier sous le t-shirt de son fils. Elle lui sourit avec tendresse et fierté.

‒ Il vaut mieux cacher ça », conseilla-t-elle.

Vecner fit signe à son neveu de le rejoindre :

‒ Ne révèle à personne ce qu’est ce pendentif, compris ? Le Conclave ignore la forme que revêt l'Artefact, et c'est notre principal atout.

‒ Oui, promis. Mais tu ne peux vraiment pas me dire ce que c’est ? insista le garçon.

Vecner sourit tristement, et céda :

‒ La chose à l’origine du plus grand cataclysme que le plan onirique ait connu.

‒ Charmant, ironisa le jeune homme.

‒ Si le Conclave s’en empare, la suite sera pire encore.

Mavel avait encore beaucoup de questions. A défaut de toutes les poser, il choisit celle qui semblait la plus importante.

‒ C’est quoi, ce Conclave ?

Vecner grimaça.

‒ Une sorte de secte qui considère les Rêveurs comme une élite supérieure aux gens comme tes parents. Là encore, tu en apprendras plus au Village, si tu poses les bonnes questions.

Il consulta sa montre à la hâte.

‒ L’heure tourne, et Braams n’hésitera pas à partir sans toi !

Vecner posa sa main sur son épaule avec affection. Lyra prit à nouveau Mavel dans ses bras, imitée par Pantoufle. Mavel renifla et essuya une larme sur sa joue. Quelques instants plus tôt, il s’inquiétait de sa digestion et de la rentrée au lycée. Désormais, il s’apprêtait à quitter sa demeure en compagnie d’un individu loufoque, pour rejoindre un monde dont il n’avait jamais soupçonné l’existence.

Le plan établi par Vecner était simple : Elliot allait l’accompagner au rendez-vous avec monsieur Fortesprit pour qu’il puisse rejoindre le Village avec le Dé. Vecner se ferait repérer dehors peu après pour attirer leur attention. Ils le pourchasseraient, persuadés que l’artefact était encore en sa possession. Mavel trouverait la stratégie de son oncle cohérente, mais pas dénuée de défauts. Et si le Conclave menaçait ses parents pour forcer Vecner à leur livrer l’Artefact ? D’ailleurs, pourquoi ne l’avaient-ils pas déjà fait ? « Ils œuvrent dans l’ombre, se révéler au grand jour de cette façon ne leur serait pas profitable », avait assuré Vecner. Le seul danger selon lui était que Mavel soit découvert avant de rejoindre le Village, ce qui pourrait éveiller les soupçons sur lui et fragiliser leur ruse. Pour cette raison, ils quittèrent l'appartement avec une grande prudence.

L’adolescent trottinait à pas feutrés dans la cour intérieure de l’immeuble, en compagnie de Pantoufle. Ce dernier retourna dans la cage d’escalier. Entre la cour et la porte qui donnait sur la rue se trouvait une petite ouverture flanquée de barreaux. Elle était trop étroite pour que quiconque la traverse, à part peut-être un oiseau ou une souris, mais suffisante pour surveiller l’extérieur. Il y glissa un regard, et revint en hâte. Il faisait des moulinets avec ses bras en direction de Mavel. Ils devaient se cacher, et vite ! Ils s’accroupirent tous deux dans un recoin du patio, derrière de vieilles palettes humides et abîmées qu’un résident avait laissées là. Le ciel était nuageux, ce qui plongeait l’endroit dans une obscurité presque totale. Depuis le couloir ou l’entrée, ils étaient invisibles. Ils tendirent l’oreille, et entendirent des cliquetis. Quelqu’un crochetait la porte. Si massive soit-elle, elle n’était pourvue que d’un vieux verrou, et ne résista pas longtemps. Le bois grinça, et Pantoufle posa son doigt sur sa bouche. Ils retinrent leur respiration.

Les intrus apparurent devant l’ouverture qui menait à la cour. C’était des hommes vêtus de noir. Mavel remarqua que le premier était très barbu, tandis que l’autre affichait un menton glabre, fin et osseux. Ils promenèrent le faisceau d’une lampe torche vers la cour, puis se dirigèrent vers l’escalier. Soulagés de ne pas avoir été cernés par une inspection plus approfondie, Mavel et Elliot patientèrent quelques secondes, puis sortirent de leur cachette. Ils quittèrent l’immeuble en silence par la porte que les deux intrus avaient laissée entrouverte. Son père anticipa la perspective d’un autre homme resté dehors pour faire le guet, et sortit le premier. Mais la rue était déserte. Il lui fit signe de le rejoindre, et ils pressèrent le pas hors de l’impasse des Trois Songes. Dès le premier croisement, ils se mirent à courir aussi vite qu’ils le pouvaient en direction du point de rendez-vous.

Sur place, ils discernèrent rapidement la silhouette de monsieur Fortesprit, qui les attendait adossé à la benne, son chapeau sur la tête. Il tenait sa canne au manche argenté de la main droite, et fixait une montre à gousset. Lorsqu’ils ne furent plus qu’à quelques mètres de lui, il leva les yeux dans leur direction, alerté par leur pas de course.

‒ Je commençais à penser que tu ne viendrais pas, garçon ! maugréa-t-il.

Les poumans en feu, Mavel fut incapable de répondre. Les quelques centaines de mètres qui séparaient son immeuble de la place avaient suffi à mettre son endurance à rude épreuve. Courbé, les mains appuyées sur les genoux, Elliot n’en menait pas plus large. Monsieur Fortesprit réajusta son manteau, et passa devant eux, pour s’arrêter près de la porte en métal qui avait malmené les pensées du jeune homme pendant des jours.

‒ Alors, on y va ?

Mavel avait cru être décidé, mais il hésita tout à coup. Est-ce que son oncle allait réussir à s’enfuir et à éloigner les agents du Conclave ? Le plan lui avait semblé implacable au départ, mais désormais, le doute l’assaillait. Après tout, ils avaient pénétré dans le bâtiment.

‒ Dites… on peut avoir des nouvelles d’ici lorsque l’on est au Village ? demanda-t-il, le ventre noué par le stress.

L’homme au chapeau sourcilla.

‒ Tu connais déjà le Village ?

‒ Oui, mon onc… enfin, quelqu'un m'en a parlé.

‒ Ma foi, tant mieux, ça me fera moins de choses à expliquer. Pour répondre à ta question, oui. Nous pouvons communiquer avec l’extérieur depuis le Village. De façon indirecte, un peu comme le courrier, mais sans facteur, ni timbre. Pas du tout comme le courrier en fait. On peut partir ? Nous ne sommes pas en avance.

Mavel hocha la tête. D’une légère pression dans le dos, Pantoufle l’encouragea à rejoindre monsieur Fortesprit près de la porte. Ce dernier l’ouvrit. Derrière, tout était noir, comme si quelque chose empêchait la lumière de filtrer. L’homme s’appuya des deux mains sur sa canne :

‒ Après toi, je t’en prie.

Mavel avança, et tendit une main tremblante pour toucher le vide. Il ressentit une douce caresse, comme s’il avait effleuré un tissu très fin. Il adressa un dernier regard à Elliot, qui lui sourit. Le garçon se rappela que son père ne voyait même pas la porte. De son point de vue, il allait juste disparaître à l’intérieur d’un mur. Il prit une profonde inspiration, et franchit le seuil. Monsieur Fortesprit lui emboîta le pas, et posa sa main sur la poignée intérieure.

‒ Passez le bonjour à Vecner de ma part, s’il est encore dans le coin ! glissa-t-il.

Puis il referma la porte.

Mavel fit ses premiers pas de l’autre côté. La porte ne l’avait pas conduit à l’intérieur du bâtiment qui bordait la place Vercingétorix, mais au coeur d'un grotte. Monsieur Fortesprit posa une main sur son épaule.

‒ Bienvenue au Bazar de Bourgon ! clama-t-il d’une voix théâtrale. On l’appelle aussi le Passage, et c’est le seul chemin direct pour cette Contrée depuis le monde réel. Viens, garçon, nous sommes attendus !

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Herbe Rouge
Posté le 12/11/2022
Il y a clairement de gros côtés "Harry Potter" sur ce chapitre. Ceci dit, c'est toujours aussi bien écrit et j'ai toujours envie de cliquer sur "suivant" et hâte de voir comment cela va évoluer :)
JeannieC.
Posté le 11/11/2022
Toujours un ton très agréable à tes dialogues. Ils campent bien les personnages et distribuent comme il faut les informations pour l'intrigue. Le départ de Mavel est sacrément brutal et tout plein de choses en même temps lui tombent dessus. Mais au moins va-t-il pouvoir vivre sa vie loin des Paul.
D'ailleurs, malgré la froideur entre Mavel et les parents, tu arrives à humaniser ceux-là. C'est un bon point.
Bon, de gros côtés Harry Potter dans les éléments et la structure de l'histoire. La découverte d'un institut, de pouvoirs, d'artefacts. Il y a aussi le schéma assez classique du personnage en mode "tu sauras plus tard, c'est compliqué" et qui ne veut pas lâcher les infos. Heureusement elles arrivent quand même assez vite. :) Par ailleurs, il faut voir sur le long terme hein - et il y a une petite dose d'humour dans ta plume qui fait passer les clichés.
Pantoufle qui recrache son thé ahah xD
Helasabeth
Posté le 10/11/2022
Coucou me revoilou !
J’ai bien aimé les dynamiques familiales, particulièrement le moment où le papa rassure sa compagne. Ça leur donne un peu d’humanité à tous les deux, c’est mignon. :3 De manière générale, j’ai beaucoup aimé cette discussion, elle donne plus de corps aux personnages et je peux donc dire que j’aime beaucoup la mère et l’oncle !
Bon, par contre, le fait que l’oncle refuse deux fois de lui expliquer en disant que ce serait trop compliqué (ce qui me fait grincer perso) mais le fasse finalement m’a laissée perplexe. Et dans le plan de Vecner d’ailleurs, que fait sa sœur ?
Encore une fois, j’ai pinaillé :
« Désormais, son radio-réveil » : le « désormais » me semble de trop
Pour les gargouillis qui le dérangent, y’a pas que les gargouillis normalement, il devrait avoir mal au ventre ou chais pas (le fromage me rend malade donc je ne sais pas quelle sensation on a quand on en a abusé x)) Pareil pour le questionnement sur l’origine du bruit ensuite, c’est amusant mais il l’aurait senti si ça venait de lui, ça se sent les gargouillis.
« Il tendit l’oreille, » : la virgule est de trop je pense
« Il se détendit. Ce n’était pas son ventre, voilà qui le rassurait. » : mais qu’il se passe des trucs chelous chez lui, aucun souci ? x)
Toujours pas fan du « pantoufle ».
« « Raté », » : toujours virgule dans la parenthèse pour moi. (et pareil pour plus tard, après « profitable ».
« Concl… ? » : juste « … »
« Pantoufle recracha son thé sur la table basse avec plus d’efficacité qu’un arrosage automatique » xDDDD
« Son index tapotait sa manche, » : pas de virgule
« J'avais pris ce type comme un fou » : pour un fou, non ?
« j'ai déduit que, soit le vieil homme aux fioles n'était pas fou, soit nous l'étions tous les deux, conclut-il avec nostalgie. » xDDD
« A moins, bien sûr, que tu ne préfères découvrir les palpitants mystères du lycée des Arceaux ? Qui suis-je pour te juger… » Ok, je l’adore xD
« Mavel referma son tiroir, » : pas de virgule
« Lyra et Elliot qui, toujours sur le canapé, s’étaient redressés, intrigués. » : manque un « semblaient » ou le « qui » est en trop (je préfère la deuxième option, qui serait moins lourde).
« bon sang ?! » : juste « ? »
« remarque » : « remarqua ». Après, tu peux faire l’économie du « Mavel remarqua », je pense.
« de malheure » : « de malheur »
« je ne le nierais pas » : nierai
« Mavel remarqua que son oncle choisissait ses mots avec soin, afin d'éluder certains détails et ne pas lui donner trop d'informations au sujet du Dé. » : la phrase est du point de vue de Mavel vu le début donc la seconde partie n’est pas logique dans sa tête.
« alors ?. » : juste « ? »
« Lyra attrapa un mouchoir dans la boîte posée sur la commode, près du téléphone, et renifla bruyamment. » : pourquoi attraper un mouchoir si c’est pour renifler et non se moucher ?
« cacher ça », » : guillemet en trop
« A défaut de » : « À »
« ‒ L’heure tourne, et Braams n’hésitera pas à partir sans toi ! » : oui ‘fin ils avaient trois heures de marge quand même !
« Les poumans en feu » : « poumons »
« De façon indirecte, un peu comme le courrier, mais sans facteur, ni timbre. Pas du tout comme le courrier en fait. » : lui aussi, je l’adore xD

Hâte de savoir la suite ! À peluche ! :D
Nanouchka
Posté le 06/11/2022
◊ Ce deuxième chapitre m'a plus fait penser à Harry Potter, en fait, avec les révélations anciennes, l'école de magie, le visiteur d'ailleurs qui nous emmène sur un autre plan d'existence, et l'arrivée dans un lieu de passage.
Dans le détail :
◊ "Lyra se tenait aide comme un piquet, les bras crispés." -> raide
◊ "Tu ne veux pas parle de… ?" -> parler
◊ "Est-ce qu’il s’était endormi pendant sa digestion ?" -> Pas sûre que t'aies besoin de ces quelques phrases, l'étrangeté et la tension du moment sont déjà claires, et t'as utilisé le même questionnement pour la benne. Ohhh, à moins que ce soit lié au fait qu'il soit Rêveur, et du coup tu fais des allusions au sommeil pour ça ?
◊ "D'un autre côté, si on lui avait proposé, quelques jours plus tôt, de troquer le lycée des Arceaux contre un séjour prolongé dans les rêves, il aurait accepté sans la moindre hésitation." -> Il y a pensé le soir-même en réalité, genre 30 minutes avant ce dialogue, non ? Quand il était dans sa chambre à redouter la rentrée.
◊ "Quand tu dors, tu es dans ton lit, tu ne sillonne que ton propre inconscient." -> sillonnes
◊ Le tête-à-tête avec Vecner m'a semblé un peu linéaire et 'trop facile' dans le sens où les réponses viennent gratuitement, alors qu'on n'a pas besoin d'en savoir autant pour se lancer dans l'aventure, je me dis, et on aura tout le loisir de résoudre mystère après mystère au fur et à mesure.
◊ L'inspection de la chambre par Vecner et la découverte du dessin me semblent un peu tardives dans la conversation / sont tombées un peu comme un cheveu sur la soupe pour moi. Peut-être que le dessin est accroché au mur et attire son regard ?
◊ "Mavel remarqua que son oncle choisissait ses mots avec soin, afin d'éluder certains détails et ne pas lui donner trop d'informations au sujet du Dé." -> Pas convaincue que t'aies besoin de cette phrase non plus.
◊ "Je ne le permettrais pas" -> permettrai
◊ "Il vaut mieux cacher ça »" -> pas besoin du guillemet
◊ "Les poumans en feu" -> poumons
Edouard PArle
Posté le 05/11/2022
Coucou !
Je m'étais déjà fait la remarque dans le premier chapitre que ton histoire me faisait penser par certains aspects à Harry Potter que ce soit au niveau du style que du traitement des personnages (je ne sais pas l'expliquer mais ça sens que tu y es attaché). Ce 2e chapitre permet un parallèle évident, l'oncle a des airs de Sirius Black, le départ dans l'école de magie rappelle Poudlard et la troupe d'hommes en noir ressemblent beaucoup à des Mangemorts. Je sens que cette lecture va me rappeler pas mal de bons souvenirs de lecture ^^
Mais tu apportes d'autres éléments que je trouve intéressants : la magie des rêves et le concept des rêveurs notamment.
Mes remarques :
"‒ Cet objet de malheure est… CHEZ NOUS ?" -> malheur
"Mavel trouverait la stratégie de son oncle" -> trouvait ?
Je continue ma lecture !
LionneBlanche
Posté le 27/10/2022
Recoucou, Tom !

Eh bien, cette histoire promet ! j’aime la façon dont ça s’engage, et puis, voyage dans des rêves, franchement, le rêve ! ^^ Surtout que Mavel va pouvoir échapper aux Paul. Mais du coup, c’est vrai que c’est brutal, il n’a même pas une valise ! Et puis il n’est pas sûre que le plan va marcher et la confrérie était déjà chez lui. J’ai peur pour sa mère…
Le seul petit point qui m’a interpellé dans ce chapitre, ce serait les adieux, ou du moins, leurs absences entre Mavel et ses parents. Bon, je suppose qu’il y en a eu mais que tu ne les a pas raconté, mais je dois reconnaitre que ça m’a un peu manqué.

Dès qu’on voit l’oncle arriver, on sait qu’il va se passer quelque chose, déjà, parce que tu nous avais déjà indiqué qu’il était un personnage important, mais aussi parce qu’il débarque dans un drôle d’état après une longue absence, et pile la veille de la rentrée, juste avant l’étrange rendez-vous nocturne de Mavel. Et puis on comprend qu’il était poursuivi et la conversation intrigue. Le conclave de l’Oubli ? Je me suis demandé ce que c’était, devinant que c’était aussi très important. j’ai de suite reconnu le nom de Braams, comme Mavel et je suis soulagée qu’il ait posé des questions sans nous faire lambiner. ^^
En tout cas, je trouve bien joué les émotions de Mavel qui semble perdu, comme il se doit. J’aime aussi comment c’est ficelé.

J’ai eu un peu peur ensuite, dans la chambre, avec le premier paragraphe, que tout soit déjà dit et qu’on n’apprenne rien. S’aurait été vraiment cruel ! ^^ Mais heureusement, il n’en était rien. Les informations sont bien amenées, posés, compréhensives. Si l’adolescent hésite, je te garantis que moi, j’étais de suite pour qu’il aille dans cette école et qu’on puisse y suivre ses aventures !
Grace aux mentions précédents, on comprend direct, avant même que ce soit dit, que le dé est l’artefact. L’oncle nous laisse apercevoir le côté sombre de l’objet, juste assez pour qu’on comprenne qu’il vaut mieux qu’il ne tombe pas entre de mauvaises mains, sans trop en dévoiler et nous embrouiller non plus, en nous laissant du mystère pour plus tard. Ce n’est pas évident pour distiller et le caractère urgent de la situation te sauve. ^^

J’accroche bien à ton histoire, je passe un bon moment et je vais de suite attaquer le chapitre 3 et tenter de me refreiner pour le 4. Mais je t’ajoute dans ma Pal. ;)
Wendy_l'Apprent
Posté le 14/09/2022
Hello,
Ton histoire me rappelle tellement Harry Potter, ça fait plaisir, mais ça ne me rajeunit pas, ahah. En tous cas j'aime beaucoup, je vais m'atteler aux prochains chapitres (je m'excuse d'avance pour mon rythme irrégulier, j'ai du mal à trouver le temps :/ ).

J'ai relevé quelques petites coquilles :
"Lyra se tenait aide" : se tenait Raide
"Tu ne veux pas parle de" : parleR
"j'ai déduit que" : j'en ai déduit que
"l’on exclut ta tante Cléa" : si on exclut, je ne pense pas qu'il faille mettre de "l'".
J'espère t'avoir aidé un peu ! :)

À bientôt !
Théa Chevêche
Posté le 04/09/2022
Ça fait bien une dizaine d'années que j'ai lu Harry Potter, mais j'ai des réminiscences en lisant cette histoire. C'est pas un problème pour moi cela dit, étant donné que ton histoire reste assez différente sur le fond. J'aime beaucoup le concept des Rêveurs qui peuvent accéder à l'imaginaire commun (si j'ai bien compris), c'est original et ça peut mener à plein de choses intéressantes. Je trouve ton écriture fluide, les événements s'enchaînent assez rapidement et c'est facile à lire. J'aurais peut-être développé un peu plus les sentiments qu'éprouve Mavel à l'idée de quitter tout ce qu'il connaît.

Je trouve tes personnages bien caractérisés, sans les décrire très précisément tu arrives quand même à leur donner une présence et à les rendre attachants. J'ai l'habitude des descriptions un peu longues, mais là, avec seulement les éléments les plus importants, tu arrives à en dire assez pour les rendre singuliers. Par exemple le chapeau haut-de-forme et la canne de Fortesprit, juste ce qu'il faut pour imaginer son look (et ce n'était probablement pas du tout l'inspiration, mais il me fait penser à Baron dans Le royaume des chats du Studio Ghibli).
Feydra
Posté le 19/08/2022
On entre dans le vif du sujet avec toutes ces révélations ! La dimension onirique créée par les rêves et l'imagination, en voilà un endroit qui promet de grandes aventures. Le personnage de Lyra a une forte présence : ces réactions sont naturelles et bien mises en évidence par ton écriture. C'est dommage que le père soit aussi effacé.
On sent une inspiration Harry Potter dans ce chapitre.
J'ai repéré quelques fautes de frappe :
- "Il perdait son regard en l'air, ignorant le plafond, comme si ce dernier s'il n’existait pas et qu’il cherchait un passage vers un monde meilleur, quelque part au-delà des étoiles." --> Cette phrase ne veut rien dire.
- Vecner finit par se détendit.
- Tu ne veux pas parle de… ?
- Avait-il bien fait de parler de cette rencontrer ?
- Ne pourrait-il pas suivre rentrer à la maison le soir ? --> Il manque des mots ?
Encore merci pour ce moment de lecture.
Tom Bragulat
Posté le 19/08/2022
Merci d'avoir lu la suite ! =)

J'ai corrigé à l'instant les fautes que tu as relevées. Il faut croire que lorsque j'ai reformulé certaines phrases pendant la dernière étape de réécriture, je n'avais pas les yeux en face des trous ! Merce de les avoir relevées ! =)

Tu as raison, le père est assez effacé. Je n'ai pas su l'inclure correctement dans le chapitre pour lui donner un peu plus de présence. Il a tendance à être en retrait, certes, mais là, il l'est peut-être un peu trop. J'essaierais de remédier à ça lorsque je retravaillerais ce chapitre !

Oui, les inspirations Harry Potter seront très nombreuses tout du long de l'histoire. C'est la saga qui m'a donné envie d'écrire à l'époque, alors je m'en suis beaucoup inspiré.
J'essaie en quelque sorte de créer un univers qui y fasse penser tout en restant original, et en prenant une direction bien différente pour l'histoire.

Je publierais la suite bientôt, j'ai déjà douze chapitres terminés en réalité, mais les mettre ici au compte goutte me permet de les retravailler un peu en même temps ! ^^
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